{"id":7546,"date":"2015-01-21T15:43:42","date_gmt":"2015-01-21T13:43:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7546"},"modified":"2015-03-06T11:55:59","modified_gmt":"2015-03-06T09:55:59","slug":"a-propos-d-ecclesiologie-la-co-territorialite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/droit-canon-2\/a-propos-d-ecclesiologie-la-co-territorialite\/","title":{"rendered":"A PROPOS D&rsquo;ECCLESIOLOGIE : LA CO-TERRITORIALITE"},"content":{"rendered":"<p>Etat des lieux de l&rsquo;Orthodoxie en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle<\/p>\n<p>Comment l&rsquo;Eglise Orthodoxe vit-elle son eccl\u00e9siologie en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, tel sera l&rsquo;objet de mon propos. Ou plut\u00f4t telle sera la difficult\u00e9 de d\u00e9velopper ce propos, tant la situation qui en d\u00e9coule me semble complexe et par moments, assez chaotique en ce qui nous concerne, nous les Orthodoxes du monde entier et assez exasp\u00e9rante en ce qui concerne ceux du dehors, qui nous regardent faire et agir et qui se demandent, en se moquant parfois de nous, si vraiment l&rsquo;Eglise Orthodoxe est encore \u00ab\u00a0une\u00a0\u00bb comme le pr\u00e9tendent ses dignitaires et ses th\u00e9ologiens dans les diff\u00e9rentes rencontres pan-orthodoxes et oecum\u00e9niques.<\/p>\n<p>Par essence, l&rsquo;Eglise Orthodoxe a toujours \u00e9t\u00e9 eucharistique et, en ce qui concerne le lieu de son implantation, territoriale. La d\u00e9termination g\u00e9ographique d&rsquo;une Eglise, \u00ab\u00a0locale ou \u00e9tablie localement\u00a0\u00bb est l&rsquo;unique cat\u00e9gorie de l&rsquo;eccl\u00e9siologie paulinienne tout comme celle aussi de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;eccl\u00e9siologie patristique qui s&rsquo;en suivit. Pour \u00eatre plus pr\u00e9cis, l&rsquo;Eglise a pour point de r\u00e9f\u00e9rence eucharistique l&rsquo;autel de chaque Eglise locale, laquelle constitue l&rsquo;ic\u00f4ne du Royaume. Car le crit\u00e8re permettant de d\u00e9finir une communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, un corps eccl\u00e9sial ou une circonscription eccl\u00e9siale a toujours \u00e9t\u00e9 le lieu, un lieu o\u00f9 l&rsquo;on c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;eucharistie j&rsquo;entends et jamais une cat\u00e9gorie raciale, culturelle, nationale, ritualiste ou confessionnelle. L&rsquo;eccl\u00e9siologie orthodoxe est fond\u00e9e donc sur le principe, si vous me permettez cette expression, de l&rsquo;Eglise eucharistiquement et localement \u00e9tablie.<\/p>\n<p>Ainsi par exemple, Paul s&rsquo;adressera \u00e0 l&rsquo;Eglise de Dieu qui est \u00e0 Corinthe (1 Cor 1,2) ou aux Eglises de la Galatie (Gal 1,2) et non pas \u00e0 l&rsquo;Eglise corinthienne ou galatienne. Dans le premier cas en effet, il s&rsquo;agit toujours de la m\u00eame Eglise mais incarn\u00e9e en diff\u00e9rents lieux ; dans le second cas il ne semble pas qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la m\u00eame Eglise, puisqu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de lui adjoindre un adjectif pour la d\u00e9finir et la distinguer d&rsquo;une autre. Autrement formul\u00e9 : dire l&rsquo;Eglise de Finlande ou d&rsquo;Estonie, c&rsquo;est affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la m\u00eame Eglise, localement \u00e9tablie en Finlande ou en Estonie ; dire l&rsquo;Eglise finlandaise, ou estonienne ou serbe, ou russe ou grecque etc., risque de lui faire perdre son assise locale \u00ab\u00a0canonique\u00a0\u00bb, exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que lorsque, par exemple, nous disons pour des raisons confessionnelles : l&rsquo; Eglise arm\u00e9nienne, r\u00e9form\u00e9e, \u00e9vang\u00e9lique, catholique, anglicane ou luth\u00e9rienne. Le canon 28 du IVe Concile Oecum\u00e9nique, tant d\u00e9cri\u00e9 par tel ou tel th\u00e9ologien orthodoxe contemporain, est certainement celui qui affirme avec une grande clart\u00e9 que toute la Terre est, en puissance et en pratique, lieu de l&rsquo;Eglise, laquelle est appel\u00e9e \u00e0 devenir lieu des rassemblements eucharistiques. C&rsquo;est tellement vrai que si l&rsquo;on \u00e9tudie de plus pr\u00e8s et objectivement ce 28e canon, on comprend qu&rsquo;il donne au patriarche oecum\u00e9nique de Constantinople, en ses qualit\u00e9s de primat et de gardien de l&rsquo;unit\u00e9 de toute l&rsquo;Orthodoxie, la diaconie de former des Eglises locales, pr\u00e9sentes ou futures, hors des territoires des Eglises localement \u00e9tablies, tout en leur garantissant leur unit\u00e9 eccl\u00e9siologique mono-juridictionnelle. Ainsi le 28e canon du IVe Concile Oecum\u00e9nique instaure pour le patriarcat oecum\u00e9nique de Constantinople une juridiction eccl\u00e9sio-canonique unique dans les r\u00e9gions situ\u00e9es hors du territoire des Eglises d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablies localement mais n&rsquo;en fait pas de lui une Eglise universelle.<\/p>\n<p>J&rsquo;ajoute encore que les injonctions de ce canon ne sont pas d&rsquo;ordre administratif mais d&rsquo;ordre mystique au sens de l&rsquo;Eglise comme \u00ab\u00a0myst\u00e8re\u00a0\u00bb du Ressuscit\u00e9 : dans un m\u00eame lieu, tous les orthodoxes doivent s&rsquo;int\u00e9grer eucharistiquement en corps du Christ par le t\u00e9moignage apostolique d&rsquo;un seul \u00e9v\u00eaque, d&rsquo;o\u00f9 la prescription du IVe Concile Oecum\u00e9nique : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas deux m\u00e9tropolites dans une m\u00eame province\u00a0\u00bb. En clair, lorsque les fid\u00e8les sortent des fronti\u00e8res canoniques de leur Eglise localement \u00e9tablie, c&rsquo;est-\u00e0-dire lorsqu&rsquo;ils sortent de leur mono-juridiction, laquelle ne s&rsquo;exerce qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res canoniques, ils deviennent automatiquement membres du corps eccl\u00e9sial du lieu de leur s\u00e9jour qui, lui, fait partie int\u00e9grante de la m\u00eame, de la seule et unique Eglise, l&rsquo;unique Corps du Christ.<\/p>\n<p>Pour cette raison, ni l&rsquo;argument de la modernit\u00e9, ni celui du plus grand nombre, ni celui de l&rsquo;h\u00e9ritage cuturel, ni aucun autre d&rsquo;ailleurs g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les tentations que suscite ce monde, ne peuvent entrer en ligne de compte pour remettre en cause les prescrptions conciliaires qui touchent pr\u00e9sentement notre sujet.<\/p>\n<p>Parce que l&rsquo;Eglise est le Corps du Christ, parce que J\u00e9sus-Christ est le m\u00eame hier et aujourd&rsquo;hui et pour tous les si\u00e8cles (H\u00e9breux 3,8), parce qu&rsquo; \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ce Corps eucharistique qu&rsquo;est l&rsquo;Eglise, c&rsquo;est le m\u00eame Dieu qui fait tout en tous et le m\u00eame et unique Esprit qui r\u00e9partit les dons propres \u00e0 chacun (1 Cor 12\/4,11), rien ne s\u00e9pare ni ne distingue l&rsquo;Eglise des premiers si\u00e8cles de celle de nos temps pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Au cours du 1er mill\u00e9naire de l&rsquo;\u00e8re chr\u00e9tienne, les canons et l&rsquo;ensemble de la Tradition canonique de l&rsquo;Eglise ne connaissent qu&rsquo;une seule et unique \u00ab\u00a0Eglise r\u00e9pandue \u00e0 travers tout l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb. Toute autre r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siale, contraire ou parall\u00e8le est inconcevable. L&rsquo;Eglise du premier mill\u00e9naire est \u00e9tablie sur le principe de l&rsquo;Eglise locale en communion avec les autres Eglises locales &#8211; historiquement les patriarcats de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et J\u00e9rusalem ainsi que l&rsquo;Eglise autoc\u00e9phale de Chypre &#8211; ce qui met en \u00e9vidence \u00ab\u00a0l&rsquo;Eglise catholique de Dieu, l&rsquo;Eglise r\u00e9pandue \u00e0 travers l&rsquo;Univers (c.57\/Carthage-419)\u00a0\u00bb. Cela en vue d&rsquo;\u00e9viter aussi bien la co-territorialit\u00e9 que l&rsquo;absorption eccl\u00e9siale. Ainsi par exemple, lorsque l&rsquo;Eglise de Chypre fut forc\u00e9e de s&rsquo;exiler pour un temps \u00e0 l&rsquo;Hellespont, territoire canonique de l&rsquo;Eglise de Constantinople, celle-ci, pour ne pas absorber l&rsquo;Eglise de Chypre, int\u00e9gra l&rsquo;Hellespont \u00e0 cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Autrement dit, l&rsquo; \u00ab\u00a0Eglise r\u00e9pandue \u00e0 travers l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb suppose : a) l&rsquo;existence de plus d&rsquo;une entit\u00e9 eccl\u00e9siale distincte ; b) la communion de ces entit\u00e9s eccl\u00e9siales entre elles. Sans elles, on ne peut pas avoir d&rsquo; \u00ab\u00a0Eglise r\u00e9pandue dans l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb. Ce sont ces conditions qui, conciliairement, eccl\u00e9siologiquement et canoniquement, d\u00e9finissent la seule et unique Eglise \u00ab\u00a0\u00e0 travers tout l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans les canons eccl\u00e9siaux du premier mill\u00e9naire, \u00ab\u00a0Eglise r\u00e9pandue \u00e0 travers tout l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb ne signifie pas \u00ab\u00a0Eglise universelle\u00a0\u00bb. Ce terme apparait au deuxi\u00e8me mill\u00e9naire, initialement dans la Tradition catholique romaine, apr\u00e8s la rupture de communion de 1054. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment :<\/p>\n<p>-d&rsquo;abord \u00e0 la suite des Croisades (1095-1204), dont l&rsquo;action politique consistait \u00e0 fonder arbitrairement et manu militari des Eglises sur les territoires d&rsquo;Eglises d\u00e9j\u00e0 localement \u00e9tablies en Orient, notamment \u00e0 J\u00e9rusalem. Cette action constitua une ing\u00e9rence anti-canonique (co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siale) au sein de l&rsquo;Eglise de J\u00e9rusalem, dont la pr\u00e9existance eccl\u00e9sio-canonique remonte au premier mill\u00e9naire de la communion des Eglises, en fait, pratiquement \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, sinon un peu avant que celle l&rsquo;Eglise de Rome ;<\/p>\n<p>-ensuite la restauration eccl\u00e9siastique du Patriarcat latin de J\u00e9rusalem (1847) et l&rsquo;Encyclique papale du 6 janvier 1848 \u00ab\u00a0Aux Chr\u00e9rtiens d&rsquo;Orient\u00a0\u00bb par laquelle le pape exhortait les peuples des Patriarcats orthodoxes d&rsquo;Orient, \u00e0 commencer par celui de J\u00e9rusalem, \u00e0 entrer dans l&rsquo;Eglise de Rome, parce que les autres Patriarcats n&rsquo;\u00e9taient pas unis avec lui (sic) et \u00e0 embrasser les nouveaux dogmes de l&rsquo;Eglise catholique romaine. Le concile de Vatican I (1870), convoqu\u00e9 par le pape Pie IX, faisant fi de l&rsquo;encyclique des Patriarches Orientaux, qui s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9unis en concile \u00e0 J\u00e9rusalem en 1848 et qui reprochaient au pape son ing\u00e9rence (co-territorialit\u00e9), sa tentative d&rsquo;ali\u00e9nation du corps eccl\u00e9sial et sa pr\u00e9tention de vouloir imposer son autorit\u00e9 th\u00e9ologique exclusive dans les questions dogmatiquers, ce concile donc de Vatican I va aboutir \u00e0 un concept totalement inconnu de la Tradition canonique de l&rsquo;Eglise du 1er mill\u00e9naire, \u00e0 savoir celui d&rsquo;une hyper-juridiction, autrement dit d&rsquo;une juridiction eccl\u00e9siale mondiale sur tous les chr\u00e9tiens et tout l&rsquo;Univers.<\/p>\n<p>Ainsi, au cours du 19e si\u00e8cle, \u00e0 deux moments diff\u00e9rents, en 1848 (concile de J\u00e9rusalem) et en 1872 (concile de Constantinople), la co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siale est condamn\u00e9e par voie conciliaire en tant qu&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie eccl\u00e9siologique. Et il en est de m\u00eame pour l&rsquo;hyperjuridiction ou juridiction mondiale.<\/p>\n<p>Cette tendance croissante vers l&rsquo;universalisme eccl\u00e9sial nous la voyons appara\u00eetre \u00e9galement dans les Eglises et communaut\u00e9s protestantes, plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 partir du milieu du 20e si\u00e8cle. Toutefois, il s&rsquo;agit d&rsquo;un constat et non d&rsquo;une critique, cet universalisme eccl\u00e9siastique protestant pr\u00e9sente une particularit\u00e9. Des Eglises de m\u00eame type et de m\u00eame confession s&rsquo;unissent (Eglise mondiale luth\u00e9rienne, Eglise mondiale \u00e9vang\u00e9lique,etc&#8230;) mais en m\u00eame temps elles se contentent facilement de pratiquer entr&rsquo;elles un con-f\u00e9d\u00e9ralisme des confessions plut\u00f4t que de rechercher les fondements eccl\u00e9siologiques d&rsquo;une communion eccl\u00e9siale. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;universalisme eccl\u00e9sial montant, qui s&rsquo;impose dans leurs milieux et multiplie les \u00ab\u00a0Eglises universelles\u00a0\u00bb protestantes parall\u00e8les, n&rsquo;est pas propice, ce me semble, \u00e0 les encourager dans le sens d&rsquo;une vision d&rsquo;union et de communion des Eglises.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ces constations pr\u00e9liminaires, qui me paraissent n\u00e9cessaires et indispensables pour la suite de mon expos\u00e9, venons-en maintenant \u00e0 ce qui se passe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de notre propre Eglise Orthodoxe.<\/p>\n<p>Le concile tenu \u00e0 Constantinople en 1872 pronon\u00e7a aussi une autre condamnation, celle de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie du \u00ab\u00a0phyl\u00e9tisme\u00a0\u00bb, d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0la formation d&rsquo;Eglises particuli\u00e8res ne recevant que les fid\u00e8les d&rsquo;une m\u00eame nation, en excluant ceux des autres nationalit\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le phyl\u00e9tisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire la distinction fond\u00e9e sur la diff\u00e9rence d&rsquo;origine ethnique et de langue, et la revendication ou l&rsquo;exercice de droits exclusifs de la part d&rsquo;individus et de groupes de m\u00eame pays et de m\u00eame sang, peut avoir quelque fondement dans les \u00e9tats s\u00e9culiers, mais il est \u00e9tranger \u00e0 notre propre ordre eccl\u00e9siastique. Dans l&rsquo;Eglise chr\u00e9tienne, qui est une communion spirituelle destin\u00e9e \u00e0 prendre ensemble toutes les nations dans l&rsquo;unique fraternit\u00e9 du Christ, le phyl\u00e9tisme est quelque chose d&rsquo;\u00e9tranger et de totalement incompr\u00e9hensible. La formation, dans un m\u00eame lieu, d&rsquo;\u00e9glises particuli\u00e8res fond\u00e9es sur la race, ne recevant que les fid\u00e8les d&rsquo;une m\u00eame ethnie et dirig\u00e9es par les seuls pasteurs de m\u00eame race, comme le veulent les adeptes du phyl\u00e9tisme, est un \u00e9v\u00e8nement sans pr\u00e9c\u00e9dent. Chaque Eglise ethnique cherchant ce qui lui est propre, le dogme de l&rsquo;Eglise \u00ab\u00a0une, sainte, catholique et apostolique\u00a0\u00bb re\u00e7oit un coup mortel. Si les choses sont ainsi &#8211; et, malheureusement, elles le sont &#8211; le phyl\u00e9tisme se trouve en contradiction manifeste avec l&rsquo;esprit et l&rsquo;enseignement du Christ, et, plus encore, s&rsquo;y oppose&#8230;<\/p>\n<p>Pourtant, le phyl\u00e9tisme est devenu pr\u00e9sentement monnaie courante au sein de l&rsquo;Eglise Orthodoxe. Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ?<\/p>\n<p>Au XIXe si\u00e8cle, le recul de l&#8217;empire ottoman et la pouss\u00e9e du mouvement des nationalit\u00e9s am\u00e8nent la multiplication des Etats nationaux dans l&rsquo;Europe du Sud-Est. Chaque nation orthodoxe revendique et \u00e9tablit d&rsquo;autorit\u00e9 &#8211; sauf la Serbie qui obtint au pr\u00e9alable l&rsquo;assentiment de Constantinople &#8211; son ind\u00e9pendance eccl\u00e9siastique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que la politique et le nationalisme inversent l&rsquo;\u00e9chelle traditionnelle des valeurs : la nation n&rsquo;est plus prot\u00e9g\u00e9e et d\u00e9fendue par l&rsquo;Eglise ; c&rsquo;est l&rsquo;Eglise qui devient une dimension de la nation, un signe d&rsquo;appartenance nationale et qui donc doit servir l&rsquo;Etat. En fin de compte, l&rsquo;autoc\u00e9phalie traditionnelle tend \u00e0 se transformer en autoc\u00e9phalisme, \u00e0 la fois absolu et homog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Ainsi l&rsquo;autoc\u00e9phalisme se th\u00e9orise peu \u00e0 peu. Il affirme que le fondement de l&rsquo;eccl\u00e9siologie n&rsquo;est pas, n&rsquo;est plus le principe eucharistique, mais le principe ethnique et national.<\/p>\n<p>1870, premier concile du Vatican ; 1872, concile de Constantinople ; Deux rapports au langage : une Eglise affirme de mani\u00e8re \u00e9clatante une pratique contestable (la juridiction universelle) ; l&rsquo;autre couvre d&rsquo;un langage juste une pratique non moins contestable (l&rsquo;ethno-phyl\u00e9tisme) mais en sens inverse. Et finalement et l&rsquo;une et l&rsquo;autre, Catholique et Orthodoxe, sont aujourd&rsquo;hui co-responsables de la dissolution de l&rsquo; \u00ab\u00a0Eglise r\u00e9pandue \u00e0 travers tout l&rsquo;Univers\u00a0\u00bb du premier mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>A partir de 1920 les Orthodoxes du monde entier adoptent, particuli\u00e8rement dans les espaces d&rsquo;une pr\u00e9sum\u00e9e \u00ab\u00a0Diaspora\u00a0\u00bb, ce qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 conciliairement comme h\u00e9r\u00e9sie eccl\u00e9siologique, \u00e0 savoir la co-territorialit\u00e9 anti-eccl\u00e9siologique et anticanonique. Pour justifier eccl\u00e9siologiquement ce comportement, leurs Eglises nationales officialisent statutairement, surtout \u00e0 partir de 1980, une juridiction ethno-eccl\u00e9siale mondiale, \u00e0 l&rsquo;instar et \u00e0 l&rsquo;image de la juridiction mondiale catholique romaine vaticanienne qu&rsquo;elles avaient condamn\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment par voie conciliaire.<\/p>\n<p>Eglise \u00ab\u00a0locale\u00a0\u00bb de nos jours signifie pour beaucoup d&rsquo;Orthodoxes \u00ab\u00a0Eglise nationale\u00a0\u00bb. Par cons\u00e9quent, la question de ce qu&rsquo;il est d&rsquo;usage d&rsquo;appeler la Diaspora orthodoxe constitue l&rsquo;un des probl\u00e8mes les plus graves auxquels l&rsquo;Eglise orthodoxe est actuellement confront\u00e9e. D&rsquo;autant qu&rsquo;elle est le vecteur le plus actif du phyl\u00e9tisme, puisque, pour ce qui est de son organisation, ce qui semble primer ici, c&rsquo;est de La r\u00e9aliser non plus selon l&rsquo;eucharistie et la conciliarit\u00e9 &#8211; un seul \u00e9v\u00eaque, une seule eucharistie, un seul Corps &#8211; mais selon l&rsquo;ethnie et des pr\u00e9f\u00e9rences politico-religieuses, c&rsquo;est-\u00e0-dire id\u00e9ologiques. L&rsquo;id\u00e9ologie marxiste et communiste quant \u00e0 elle, en se servant, pour les besoins de sa politique ext\u00e9rieure, des Eglises et de leurs ressortissants que par ailleurs elle pers\u00e9cutait chez elle sans vergogne, laissera \u00e0 l&rsquo;Orthodoxie, apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, un bien douloureux et particuli\u00e8rement catastrophique h\u00e9ritage ethno-phyl\u00e9tique. Je ne puis m&#8217;emp\u00eacher de mentionner aussi la fameuse th\u00e9orie du territoire canonique culturel, et \u00e0 sa suite toutes les cons\u00e9quences n\u00e9fastes qu&rsquo;elle a suscit\u00e9es sur le plan eccl\u00e9siologique. Comme s&rsquo;il fallait substituer le vide id\u00e9ologique, caus\u00e9 subitement par la chute du marxisme-communisme, par une autre vision mondialiste, celle-l\u00e0 \u00e0 caract\u00e8re ethno-eccl\u00e9sial.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, la Diaspora semble devenir de plus en plus un enjeu entre les Eglises autoc\u00e9phales au lieu d&rsquo;\u00eatre le lieu providentiel o\u00f9 l&rsquo;Eglise Orthodoxe se doit de manifester son unit\u00e9 et son universalit\u00e9.<\/p>\n<p>Lors de son allocution d&rsquo;ouverture de la 4e conf\u00e9rence panorthodoxe pr\u00e9conciliaire (Gen\u00e8ve-juin 2009), le M\u00e9tropolite Jean de Pergame a eu enti\u00e8rement raison de rappeler que l&rsquo;organisation traditionnelle de l&rsquo;Eglise \u00e9tait fond\u00e9e sur le principe de la territorialit\u00e9 et non pas sur celui de la nationalit\u00e9. Il a tr\u00e8s bien relev\u00e9 le fait que la multiplicit\u00e9 et le chevauchement de diff\u00e9rents dioc\u00e8ses orthodoxes ethniques finissent par scandaliser les consciences des fid\u00e8les orthodoxes et pas seulement d&rsquo;eux&#8230; Sans conteste, cette conf\u00e9rence fut int\u00e9ressante et riche en nombreuses promesses. A-t-elle pour autant suffisamment approfondi dans sa r\u00e9flexion l&rsquo;\u00e9quation \u00ab\u00a0ethnicit\u00e9-catholicit\u00e9\u00a0\u00bb? J&rsquo;avoue que les paragraphes 2\/c et 5 des r\u00e9solutions adopt\u00e9es me laissent assez perplexe : le premier souligne la cr\u00e9ation d&rsquo;assembl\u00e9es \u00e9piscopales dans les \u00ab\u00a0Pays de Diaspora\u00a0\u00bb, pour manifester et renforcer l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Eglise Orthodoxe ; le deuxi\u00e8me insiste sur le fait que, toujours dans ces m\u00eames \u00ab\u00a0Pays de Diaspora\u00a0\u00bb, chaque juridiction pourra ind\u00e9pendamment des autres d\u00e9velopper ses propres relations et entretenir des rapports directs avec les organisations de son choix, qu&rsquo;elles soient gouvernementales, civiles, religieuses ou autres&#8230;<\/p>\n<p>N&rsquo;est-ce pas contradictoire, du moins si l&rsquo;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;allocution introductive du M\u00e9tropolite Jean de Pergame ? Les Orthodoxes ont toujours le chic d&rsquo;utiliser le fameux argument de l&rsquo;Economie pour relativiser, en se basant sur le pr\u00e9texte d&rsquo;une tol\u00e9rance aussi transitoire qu&rsquo;interminable, les d\u00e9viations canoniques que g\u00e9n\u00e8re la Diaspora du point-de-vue eccl\u00e9siologique, notamment en mati\u00e8re de co-territorialit\u00e9, et ce, bien entendu, en opposition flagrante avec le principe eccl\u00e9siologique et seul canonique de la territorialit\u00e9 mono-juridictionnelle.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi Eglise et Diaspora ne peuvent \u00eatre que des termes et des r\u00e9alit\u00e9s oppos\u00e9es et incompatibles. Le terme \u00ab\u00a0\u00a0\u00bbdiaspora\u00a0\u00bb d\u00e9signe en effet une entit\u00e9 ayant un point de r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cis et unique dans le monde entier (Etat, fronti\u00e8res ethno-\u00e9tatiques), tandis que l&rsquo;Eglise a pour point de r\u00e9f\u00e9rence eucharistique l&rsquo;autel de chaque Eglise locale, laquelle constitue l&rsquo;image du Royaume, ainsi que je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9 au d\u00e9but de mon expos\u00e9. C&rsquo;est la pr\u00e9sence permanente de cette image du Royaume qui exclut la pratique de la diaspora au sein de l&rsquo;Eglise. La question si controvers\u00e9e de la \u00ab\u00a0diaspora orthodoxe\u00a0\u00bb est en fait, du point de vue eccl\u00e9siologique, un mythe parce que la mono-juridiction d&rsquo;une Eglise patriarcale ou autoc\u00e9phale ne peut s&rsquo;exercer qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de ses propres fronti\u00e8res canoniques puisque, hors de celles-ci, se trouve une autre Eglise \u00e9tablie localement, et ainsi de suite, sur toute la Terre.<\/p>\n<p>Et voici que, deux ans apr\u00e8s, en 2011 et toujours \u00e0 Gen\u00e8ve, fut convoqu\u00e9e une nouvelle conf\u00e9rence panorthodoxe pr\u00e9conciliaire. Son \u00e9chec, pass\u00e9 pudiquement sous silence par les Eglises autoc\u00e9phales concern\u00e9es, m&rsquo;a donn\u00e9 la nette impression que, ce qui pr\u00e9occupait davantage les \u00e9v\u00eaques r\u00e9unis, c&rsquo;\u00e9tait le prestige de leurs Eglises nationales plut\u00f4t que le t\u00e9moignage de l&rsquo;Evangile du Christ pour les hommes de notre si\u00e8cle. Quelques deux ou trois mois plus tard, seul l&rsquo;Archev\u00eaque de Chypre eut le courage d&rsquo;en tirer publiquement les cons\u00e9quences. Tant il est vrai que le bacille du nationalisme et de l&rsquo;autoc\u00e9phalisme, cette b\u00eate qui ne s&rsquo;endort jamais et qui est si apte \u00e0 subir des mutations selon l&rsquo;environnement qu&rsquo;on lui propose, ne cesse de continuer \u00e0 s&rsquo;alimenter et \u00e0 se maintenir bien en \u00e9veil dans la sph\u00e8re de l&rsquo;Orthodoxie universelle. Il est significatif de rappeler que cette conf\u00e9rence n&rsquo;a m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame de produire un communiqu\u00e9 de cl\u00f4ture final comme si, pr\u00e9sentement, les Orthodoxes \u00e9taient dans l&rsquo;incapacit\u00e9 de vivre entr&rsquo;eux une v\u00e9ritable conciliarit\u00e9 et d&rsquo;admettre pour eux la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;existence d&rsquo;un \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb d&rsquo;unit\u00e9, de coordination et d&rsquo;initiative tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 compris et pratiqu\u00e9 au cours du premier mill\u00e9naire et par la suite, pratiquement jusqu&rsquo;en l&rsquo;an 1990.<\/p>\n<p>Pour rappel : cette conf\u00e9rence se proposait entr&rsquo;autres choses de revoir les modalit\u00e9s de la proclamation de l&rsquo;autoc\u00e9phalie. Ce qui bien-entendu sous-entend aussi la question de l&rsquo;exercice de la primaut\u00e9 au sein de l&rsquo;Eglise, le r\u00f4le du \u00ab\u00a0premier\u00a0\u00bb \u00e9tant pr\u00e9pond\u00e9rant pour la proclamation et la promulgation de l&rsquo;autoc\u00e9phalie.<\/p>\n<p>Prenons d&rsquo;abord la question de la primaut\u00e9. Avec les th\u00e9ologiens byzantins et les innombrables t\u00e9moignages orientaux du premier mill\u00e9naire, on doit admettre un \u00ab\u00a0minist\u00e8re p\u00e9trinien\u00a0\u00bb dans l&rsquo;Eglise universelle, par analogie entre la fonction du primat parmi les \u00e9v\u00eaques et celle de Pierre comme Ap\u00f4tre. A condition de souligner de m\u00eame l&rsquo;interd\u00e9pendance du primat et de tous les \u00e9v\u00eaques. Une fois encore on pense au 34e canon dit \u00ab\u00a0apostolique\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0il convient que les \u00e9v\u00eaques sachent qui est le premier d&rsquo;entre eux et le reconnaissent comme t\u00eate, qu&rsquo;ils ne fassent rien en dehors de leurs propres \u00e9glises sans en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 avec lui (lors de la rencontre des primats \u00e0 Constantinople au mois d&rsquo;octobre 2008, le patriarche Ignace d&rsquo;Antioche, lan\u00e7a cette phrase \u00e0 ses pairs : \u00ab\u00a0Nous avons un premier et nous savons o\u00f9 il se trouve\u00a0\u00bb)&#8230;mais que le premier non plus ne fasse rien sans en d\u00e9lib\u00e9rer avec tous les autres&#8230;Car c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il y aura unit\u00e9 de pens\u00e9e et que Dieu sera glorifi\u00e9&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La primaut\u00e9 ou \u00ab\u00a0priorit\u00e9\u00a0\u00bb universelle est donc fondamentalement service de la communion des Eglises. Primaut\u00e9 d&rsquo;honneur, si l&rsquo;on veut, \u00e0 condition de pr\u00e9ciser que l&rsquo;honneur implique responsabilit\u00e9 et pr\u00e9rogatives r\u00e9elles. Dans l&rsquo;Eglise orthodoxe, la primaut\u00e9 revient \u00e0 l&rsquo;Eglise de Constantinople, de par les dispositions canoniques et une longue exp\u00e9rience historique. C&rsquo;est bien ce qu&rsquo;affirmait Jean Meyendorff, lorsqu&rsquo;en 1978, il \u00e9crivait :\u00a0\u00bbIl est incontestable que la conception orthodoxe de l&rsquo;Eglise reconnait la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un leadership sur l&rsquo;\u00e9piscopat universel, d&rsquo;une certaine autorit\u00e9 de porte-parole de la part du premier Patriarche, d&rsquo;un minist\u00e8re de coordination sans lequel la conciliarit\u00e9 est impossible. Du fait que Constantinople, nomm\u00e9e aussi \u00ab\u00a0Nouvelle Rome\u00a0\u00bb, \u00e9tait la capitale de l&rsquo;Empire, un concile Oecum\u00e9nique a d\u00e9sign\u00e9 son \u00e9v\u00eaque &#8211; selon les modalit\u00e9s pratiques de l&rsquo;\u00e9poque &#8211; pour cette position de leadership qu&rsquo;il a gard\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, m\u00eame si l&rsquo;Empire n&rsquo;existe plus. Et le Patriarcat Oecum\u00e9nique de Constantinople n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pourvu d&rsquo;oecum\u00e9nicit\u00e9, \u00e9tant toujours en relation avec la conscience de l&rsquo;Eglise. Dans les ann\u00e9es chaotiques que nous traversons, l&rsquo;Eglise orthodoxe doit certainement utiliser le leadership sage, objectif et faisant autorit\u00e9 du Patriarcat Oecum\u00e9nique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9 : la primaut\u00e9 n&rsquo;est pas un honneur vide ; elle n&rsquo;est pas non plus, au sein de l&rsquo;Eglise Orthodoxe, \u00ab\u00a0une papaut\u00e9 orientale\u00a0\u00bb. Le Patriarche Oecum\u00e9nique n&rsquo;a pas la pr\u00e9tention d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0un \u00e9v\u00eaque universel\u00a0\u00bb. Il ne revendique aucune infaillibilit\u00e9 dogmatique, aucune juridiction imm\u00e9diate sur tous les fid\u00e8les. Il ne dispose d&rsquo;aucun pouvoir temporel. Son service est d&rsquo;initiative, de coordination et de pr\u00e9sidence, toujours avec l&rsquo;accord des autres Eglises autoc\u00e9phales. La primaut\u00e9 est indispensable pour assurer l&rsquo;unit\u00e9 et l&rsquo;universalit\u00e9 de l&rsquo;Orthodoxie. Depuis la disparition de l&rsquo;Empire, elle assume le r\u00f4le d&rsquo;Eglise \u00ab\u00a0convoquante\u00a0\u00bb. Elle est enfin un recours pour les communaut\u00e9s en situation exceptionnelle et dangereuse.<\/p>\n<p>En second lieu, ne perdons pas non plus de vue ces deux \u00e9v\u00e8nements pr\u00e9cis, que nous a transmis le second mill\u00e9naire et qui ont largement contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9figurer le paysage eccl\u00e9siologique de notre Eglise.<\/p>\n<p>Le premier, l&rsquo;importance prise par l&rsquo;Eglise de Russie \u00e0 travers les si\u00e8cles. A commencer par le th\u00e8me de la \u00ab\u00a03e Rome\u00a0\u00bb, apparu au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle, apr\u00e8s la chute de Constantinople. Ce th\u00e8me, formellement condamn\u00e9 par les conciles de Moscou de 1666-1667, a \u00e9t\u00e9 repris dans les ann\u00e9es 2000 avec une grande insistance par les th\u00e9ologiens russes eux-m\u00eames. Il semble actuellement \u00eatre retomb\u00e9 dans une sorte de l\u00e9thargie sauf chez certains m\u00e9dias occidentaux, surtout au sein de l&rsquo;Eglise Catholique, qui, soit par ignorance de la chose orthodoxe soit intentionnellement, continuent de l&rsquo;utiliser lorsqu&rsquo;ils veulent d\u00e9signer le Patriarcat de Moscou. Sans conteste, le mal a \u00e9t\u00e9 fait et il persiste secr\u00e8tement dans les consciences.<\/p>\n<p>Le second est bien entendu le mouvement moderne des nationalit\u00e9s. Aussi douloureux que cela puisse \u00eatre de le dire, \u00ab\u00a0l&rsquo;autoc\u00e9phalie des Eglises nationales, aux XIXe et XXe si\u00e8cles, sous l&rsquo;influence d&rsquo;une sensibilit\u00e9 s\u00e9cularis\u00e9e, celle du nationalisme, a tendu vers une quasi-totale ind\u00e9pendance, v\u00e9ritable nationalisme religieux, avec, le plus souvent, \u00e9crit le Pr Olivier Cl\u00e9ment, dans le cadre de l&rsquo;autoc\u00e9phalie, un rapport du centre et des \u00e9v\u00eaques qui ne diff\u00e8re pas tellement de la pratique romaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces deux \u00e9v\u00e8nements ont tout naturellement transform\u00e9 de facto l&rsquo;Eglise Orthodoxe en un ensemble d&rsquo;Eglises nationales unies certes par la foi, les sacrements, la tradition canonique (pour combien de temps encore&#8230;), mais de plus en plus ind\u00e9pendantes les unes des autres.<\/p>\n<p>Les h\u00e9r\u00e9sies, h\u00e9las, ont toujours la dent dure et longue!<\/p>\n<p>Soyons pour une fois honn\u00eates et reconnaissons, sans aucune ambigu\u00eft\u00e9, que le syst\u00e8me de l&rsquo;autoc\u00e9phalie, tel qu&rsquo;il est pratiqu\u00e9 aujourd&rsquo;hui au sein de l&rsquo;Orthodoxie, a cr\u00e9\u00e9 de tels dysfonctionnements qu&rsquo;il d\u00e9bouche purement et simplement sur l&rsquo;anarchie. Une anarchie qui finira, si l&rsquo;on ne prends pas garde, par imposer une eccl\u00e9siologie nouvelle ; une eccl\u00e9siologie de morcellement, calqu\u00e9e sur celle du Protestantisme et non plus sur celle qui nous a \u00e9t\u00e9 l\u00e9gu\u00e9e par les canons de nos saints et grands Conciles Oecum\u00e9niques.<\/p>\n<p>Tant il est vrai que ce qui n&rsquo;est pas transfigur\u00e9 finit par se d\u00e9figurer n\u00e9cessairement \u00e0 un moment o\u00f9 l&rsquo;autre de l&rsquo;Histoire, surtout quand les fl\u00e9aux proviennent de l&rsquo;int\u00e9rieur, de nous-m\u00eames, et non de l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Finalement, c&rsquo;est bien ce que craignait Saint Basile le Grand qui est arriv\u00e9 :\u00a0\u00bbJe suis bien attrist\u00e9, \u00e9crivait-il (c.89), de ce que les canons de nos P\u00e8res soient d\u00e9sormais laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9 et que toute observance exacte [acribie] soit bannie de nos Eglises. Je crains que peu \u00e0 peu cette n\u00e9gligence ne s&rsquo;accroisse et qu&rsquo;une totale confusion ne s&rsquo;instaure dans les affaires de l&rsquo;Eglise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comme en r\u00e9ponse \u00e0 Saint Basile, le point 5 du r\u00e9cent communiqu\u00e9 de la Synaxe des Patriarcats anciens et de l&rsquo;Eglise de Chypre qui vient d&rsquo;avoir lieu au Phanar (3 septembre 2011) d\u00e9clare ce qui suit :\u00a0\u00bb&#8230;suite \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements survenus r\u00e9cemment dans le territoire de l&rsquo;Eglise Orthodoxe, la Synaxe a soulign\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour toutes les Eglises Orthodoxes de respecter et de se circonscrire strictement dans les limites g\u00e9ographiques de leurs juridictions respectives ainsi que cela leur fut d\u00e9fini par les saints canons et le Tomos de leur fondation\u00a0\u00bb. Je doute cependant que, dans l&rsquo;imm\u00e9diat, cette sage exhortation soit suivie d&rsquo;effets en raison des nombreux d\u00e9rapages qui ne cessent de s&rsquo;accumuler et qui n&rsquo;incitent pas \u00e0 plus de modestie.<\/p>\n<p>D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;importance pour nos Eglises de r\u00e9actualiser et de mettre en pratique, chacune du mieux de son d\u00e9sir de metano\u00efa, la fameuse parabole du Fils prodigue. C&rsquo;est \u00e0 cette seule condition, me semble-t-il, que l&rsquo;Eglise Orthodoxe sera capable de relever d&rsquo;un seul coeur et d&rsquo;une seule bouche les grands d\u00e9fis de ce monde, qui ne cessent de frapper \u00e0 sa porte.<\/p>\n<p>Seulement apr\u00e8s une authentique m\u00e9tano\u00efa.<\/p>\n<p>Pour que, malgr\u00e9 notre immense indignit\u00e9, nous soyons \u00ab\u00a0finalement un jour, en Dieu, ce qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9\u00a0\u00bb (1Jean 3,2).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>+STEPHANOS, M\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l&rsquo;Estonie<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>BIBLIOGRAPHIE :<\/p>\n<p>&#8211; Olivier Cl\u00e9ment : &#8211; a) \u00ab\u00a0Rome autrement \u00a0\u00bb &#8211; DDB \/ Paris 1997, &#8211; b) \u00ab\u00a0Le Patriarcat de Constantinople\u00a0\u00bb (article in www.orthodoxa.org).<\/p>\n<p>-Archim.Grigorios D.Papathomas : &#8211; Etudes et Conf\u00e9rences : a) \u00ab\u00a0Les quatre niveaux \u00e0 d\u00e9sinence commune de la Polyarchie anti-eccl\u00e9siologique\u00a0\u00bb; b) \u00ab\u00a0Les Eglises plurielles et l&rsquo;unification europ\u00e9enne (une perspective orthodoxe) &#8211; Cluj-Napoca, le 11.9.2007 ; c) \u00ab\u00a0La condamnation conciliaire, au 19e si\u00e8cle, de la Co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siale des Eglises de Rome (1848) et de Bulgarie (1872), et ses ramifications sur l&rsquo;\u00e9volution de la Primaut\u00e9 romaine (\u00e0 partir de 1870) et de la \u00ab\u00a0Diaspora orthodoxe\u00a0\u00bb (\u00e0 partir de 1920). -Kiev, le 5 novembre 2009.<\/p>\n<p>-M\u00e9tropolite de Tallinn Stephanos : &#8211; a )\u00a0\u00bbConstantinople, Nouvelle Rome et Patriarcat Oecum\u00e9nique\u00a0\u00bb, article in www.orthodoxa.org ; b) \u00ab\u00a0Constantinople et Diaspora\u00a0\u00bb, communication au Phanar, ao\u00fbt 2008 ; c) \u00ab\u00a0L&rsquo;Eglise orthodoxe et l&rsquo;Unit\u00e9 des Eglises : vers une communaut\u00e9 solidaire au sein d&rsquo;une Europe unie ? (essai de r\u00e9flexion th\u00e9ologique)\u00a0\u00bb &#8211; Velehad, le 29 juin 2007 ; \u00ab\u00a0Olivier Cl\u00e9ment et l&#8217;emergence de l&rsquo;Orthodoxie en France\u00a0\u00bb &#8211; Paris, le 16 janvier 2010.<\/p>\n<p>-Site orthodoxe grec d&rsquo;information religieuse \u00ab\u00a0amen.gr\u00a0\u00bb: &#8211; Theodor Petrov : articles en grec : a) \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9trange voyageur\u00a0\u00bb, le 1er ao\u00fbt 2011; b) \u00ab\u00a0Opera Bouffe ou com\u00e9die-farce interno-orthodoxe\u00a0\u00bb, le 12 ao\u00fbt 2011.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etat des lieux de l&rsquo;Orthodoxie en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle Comment l&rsquo;Eglise Orthodoxe vit-elle son eccl\u00e9siologie en ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, tel sera l&rsquo;objet de mon propos. 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