{"id":7654,"date":"2015-01-22T15:28:12","date_gmt":"2015-01-22T13:28:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7654"},"modified":"2015-03-06T12:06:55","modified_gmt":"2015-03-06T10:06:55","slug":"le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/","title":{"rendered":"Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise dans la tradition orthodoxe"},"content":{"rendered":"<p>Chaque fois que sur un sujet je dois parler du \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb je me trouve en grande difficult\u00e9. Qu&rsquo;est-ce que le \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb ? Comment le d\u00e9terminer ? Sur quelles bases et \u00e0 partir de quelles sources ?<\/p>\n<p>Les orthodoxes n&rsquo;ont pas de Vatican Il o\u00f9 puiser. Ils n&rsquo;ont pas leur confession d&rsquo;Augsbourg et ils manquent de l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;un Luther ou d&rsquo;un Calvin pour leur donner leur identit\u00e9 confessionnelle.<\/p>\n<p>Les seules sources qu&rsquo;ils poss\u00e8dent en fait d&rsquo;autorit\u00e9 leur sont communes avec le reste des chr\u00e9tiens : la Bible et les P\u00e8res. Comment peut-on d\u00e9terminer une position qui soit sp\u00e9cifiquement orthodoxe sur la base de ce qui est commun avec les non orthodoxes ?<\/p>\n<p>Il semble que le point de vue sp\u00e9cifiquement orthodoxe n&rsquo;est pas une r\u00e9flexion que l&rsquo;on puise \u00e0 des sources sp\u00e9ciales, mais tient \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation des sources qu&rsquo;ils partagent avec le reste des chr\u00e9tiens. Les orthodoxes diff\u00e8rent des catholiques romains et des protestants en ce qu&rsquo;ils abordent des sujets comme celui de l&rsquo;Eglise sous un angle qui est typiquement caract\u00e9ristique de leur mentalit\u00e9.<\/p>\n<p>Ils ont leurs propres pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques, qui sugg\u00e8rent aussi une certaine probl\u00e9matique et une certaine m\u00e9thode qui ne sont pas toujours famili\u00e8res aux non\u2028orthodoxes. Quand, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du d\u00e9bat \u0153cum\u00e9nique, on en vient au dialogue entre orthodoxes et non orthodoxes, la chose importante est toujours les pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques et non les th\u00e8ses concr\u00e8tes. Ces derni\u00e8res ne sont que les d\u00e9veloppements logiques des premiers.\u2028Peut-\u00eatre n&rsquo;y a-t-il pas de domaine du discours th\u00e9ologique o\u00f9 cette observation se r\u00e9v\u00e8le aussi vraie que dans le cas de l&rsquo;eccl\u00e9siologie.<\/p>\n<p>A la question \u00ab qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;Eglise ? \u00bb, tout ce que je puis dire en tant qu&rsquo;orthodoxe d\u00e9pend enti\u00e8rement des pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques par lesquels j&rsquo;y arrive. Ainsi, je puis dire que pour un orthodoxe l&rsquo;Eglise n&rsquo;est pas une institution, mais un \u00e9v\u00e9nement, ce qui semble protestant \u00e0 des oreilles catholiques romaines. Ou bien je puis dire le contraire, \u00e0 savoir que l&rsquo;Eglise est une institution et non pas un \u00e9v\u00e9nement, ce qui cr\u00e9e une confusion totale chez l&rsquo;auditeur \u0153cum\u00e9nique.<\/p>\n<p>En effet, des termes comme \u00ab \u00e9v\u00e9nement \u00bb ou \u00ab institution \u00bb ou m\u00eame \u00ab Eglise \u00bb peuvent signifier des choses compl\u00e8tement diff\u00e9rentes selon les pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques qui se trouvent \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une exp\u00e9rience plut\u00f4t longue des discussions \u0153cum\u00e9niques, j&rsquo;en suis venu \u00e0 la conclusion qu&rsquo;au lieu de s&rsquo;efforcer de se mettre en accord sur des th\u00e8ses th\u00e9ologiques concr\u00e8tes, nous devrions essayer de nous mettre d&rsquo;accord sur des principes th\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cela il suffit d&rsquo;appliquer la pure logique, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;en tirer les cons\u00e9quences jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous en arrivions \u00e0 voir et \u00e0 dire les m\u00eames choses. Le r\u00e9sultat pourrait \u00eatre surprenant, car nous pourrions d\u00e9couvrir que nous parlons tous soudainement une langue diff\u00e9rente de celle qui nous a divis\u00e9s durant des si\u00e8cles ; en d&rsquo;autres mots : que nos formulations th\u00e9ologiques confessionnelles h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9 sont devenues d\u00e9sormais sans int\u00e9r\u00eat ni usage ; que ce pourrait \u00eatre, en fait, une crainte inconsciente qui nous emp\u00eache de nous en prendre aux pr\u00e9suppos\u00e9s plut\u00f4t qu&rsquo;aux th\u00e8ses concr\u00e8tes ; la crainte que notre identit\u00e9 confessionnelle puisse en mourir.<\/p>\n<p>Et nous ch\u00e9rissons et cultivons tant notre identit\u00e9 confessionnelle que nous pr\u00e9f\u00e9rons une \u00ab diversit\u00e9 r\u00e9concili\u00e9e \u00bb \u00e0 une identit\u00e9 de vue totale et enti\u00e8re. Tel est aujourd&rsquo;hui selon moi le malaise du mouvement \u0153cum\u00e9nique.\u2028Commen\u00e7ons \u00e0 traiter notre sujet par l&rsquo;affirmation de certains principes th\u00e9ologiques de base qui sont cruciaux pour la mani\u00e8re de voir orthodoxe. Et demandons-nous d&rsquo;abord si nous pouvons tomber d&rsquo;accord sur eux. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;alors que nous pourrons parvenir \u00e0 une discussion correcte de nos diff\u00e9rentes positions concr\u00e8tes sur le sujet.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques de base<\/b><\/p>\n<p><b>L&rsquo;eccl\u00e9siologie doit \u00eatre situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du contexte de la th\u00e9ologie trinitaire.<\/b> Nous devons commencer par une distinction claire des Personnes dans la Trinit\u00e9, sur laquelle insistent les P\u00e8res cappadociens (Saint Basile, saint Gr\u00e9goire de Nysse, saint Gr\u00e9goire de Nazianze, saint Amphiloque d&rsquo;Iconium, \u00e9v\u00eaques th\u00e9ologiens du 4\u00e8 si\u00e8cle, originaires de Cappadoce). Le P\u00e8re est une Personne, diff\u00e9rente de celle du Fils, et de m\u00eame l&rsquo;Esprit. L&rsquo;Eglise existe avant tout parce que le P\u00e8re, en tant que Personne distincte, veut qu&rsquo;elle existe. Ce sont l&rsquo;initiative et le bon plaisir du P\u00e8re qui l&rsquo;ont amen\u00e9e \u00e0 l&rsquo;existence. Et plus que cela, c&rsquo;est aussi au P\u00e8re, en tant que Personne diff\u00e9rente du Fils, qu&rsquo;elle sera finalement ramen\u00e9e quand le Fils lui soumettra toutes choses. Ainsi l&rsquo;Eglise, du point de vue \u00e0 la fois de son origine et de sa destin\u00e9e, est-elle avant tout \u00abl&rsquo;Eglise de Dieu\u00bb puisque pour la Bible Dieu c&rsquo;est le P\u00e8re, avant d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;Eglise du Christ, ou celle de tel ou tel endroit.\u2028Comme l&rsquo;a montr\u00e9 L. Cerfaux, il y a de nombreuses ann\u00e9es, l&rsquo;image premi\u00e8re de l&rsquo;Eglise se rattache au g\u00e9nitif \u00ab de Dieu \u00bb. Peut-\u00eatre pouvons-nous tous tomber d&rsquo;accord l\u00e0-dessus. Mais nous verrons plus tard si nous pouvons aussi tomber d&rsquo;accord sur les cons\u00e9quences logiques de cela.<\/p>\n<p><b>La christologie doit \u00eatre conditionn\u00e9e de mani\u00e8re constitutive par la pneumatologie<\/b> (Pneumatologie, eschatologie, eccl\u00e9siologie : doctrines concernant le Saint Esprit, les r\u00e9alit\u00e9s derni\u00e8res, l&rsquo;Eglise&#8230;).<\/p>\n<p>Cela demande \u00e0 \u00eatre analys\u00e9 un peu plus. Nous reconnaissons tous l&rsquo;importance du Saint Esprit en christologie. Personnellement je n&rsquo;accepte pas l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;Occident ait toujours \u00e9t\u00e9 \u00ab christomoniste \u00bb, comme l&rsquo;en ont souvent accus\u00e9 les th\u00e9ologiens orthodoxes. Mais ce n&rsquo;est pas assez de reconna\u00eetre l&rsquo;importance du Saint Esprit. Il faut dire de quelle mani\u00e8re le Saint Esprit est actif dans l&rsquo;\u00e9conomie du Fils. Et sur ce point les d\u00e9tails deviennent d\u00e9cisifs.\u2028Pour certains (et m\u00eame pour des traditions enti\u00e8res) l&rsquo;Esprit joue le r\u00f4le d&rsquo;agent du Christ. Il est le portier qui ouvre la porte et laisse aller jusqu&rsquo;au Christ. Il est celui qui pr\u00e9pare nos c\u0153urs \u00e0 \u00e9couter la Parole de Dieu et \u00e0 y acquiescer (\u00e0 elle ou \u00e0 lui) dans la foi. Il est l&rsquo;animateur ou encore l&rsquo;\u00e2me du Corps du Christ. En tout cela, cependant, on oublie qu&rsquo;il est avant tout celui qui fait que le Christ est ce qu&rsquo;il est, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00abChristos\u00bb Christ. Il donne au Christ son identit\u00e9 personnelle, puisque c&rsquo;est de l&rsquo;Esprit que le Christ na\u00eet et que c&rsquo;est par l&rsquo;Esprit que le Christ est ressuscit\u00e9 des morts. Il est important de toujours se rappeler que dans la r\u00e9surrection du Christ, la mort n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 surmont\u00e9e en vertu d&rsquo;une certaine communicatio idiomatum (Communication des idiomes : expression th\u00e9ologique qui d\u00e9signe l&rsquo;union des deux natures divine et humaine en l&rsquo;unique personne de j\u00e9sus Christ, et par suite l&rsquo;attribution des propri\u00e9t\u00e9s de chacune \u00e0 sa personne, en vertu de cette union hypostatique) des deux natures du Christ, que ce n&rsquo;est pas un miracle de la nature divine du Christ, mais bien le r\u00e9sultat de l&rsquo;intervention de l&rsquo;Esprit. Le Christ tant historique\u2028qu&rsquo;eschatologique doit son identit\u00e9 (non pas son bene esse, mais son esse) \u00e0 l&rsquo;Esprit. Et l\u00e0-dessus aussi nous pouvons facilement tomber d&rsquo;accord. Mais de nouveau nous devrons voir plus tard si nous pouvons aussi \u00eatre d&rsquo;accord sur les cons\u00e9quences eccl\u00e9siologiques.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Eglise ne tire pas son identit\u00e9 de ce qu&rsquo;elle est mais de ce qu&rsquo;elle sera.<\/b> L&rsquo;eschatologie est absolument cruciale pour l&rsquo;eccl\u00e9siologie. On l&rsquo;a longtemps oubli\u00e9. D\u00e9sormais, on ne peut plus la n\u00e9gliger, en ce temps d&rsquo;apr\u00e8s Johannes Weiss o\u00f9 nous vivons et dans lequel l&rsquo;eschatologie a acquis en dogmatique la place de premier chapitre, plut\u00f4t que celle de dernier, dans la th\u00e9ologie tant catholique romaine que protestante. Il faut sur ce point souligner un autre d\u00e9tail significatif. je regarde ce d\u00e9tail comme d\u00e9cisif pour l&rsquo;eccl\u00e9siologie. Quand nous parlons de l&rsquo;importance de l&rsquo;eschatologie, nous l&rsquo;imaginons parfois comme la fin du p\u00e8lerinage de l&rsquo;Eglise. A mon avis, nous devons concevoir les \u00abeschata\u00bb comme le commencement de la vie de l&rsquo;Eglise, l&rsquo;arch\u00e9, ce qui produit l&rsquo;Eglise, lui donne son identit\u00e9, ce qui la soutient et l&rsquo;anime dans son existence. L&rsquo;Eglise n&rsquo;existe pas parce que le Christ est mort sur la Croix, mais parce qu&rsquo;il est ressuscit\u00e9 des morts, ce qui signifie : parce que le Royaume est venu. L&rsquo;Eglise refl\u00e8te le futur, l&rsquo;\u00e9tat final des choses, et non un \u00e9v\u00e9nement historique du pass\u00e9. Nous verrons avec plus de d\u00e9tails les cons\u00e9quences de cela.<\/p>\n<p><b>Il y a, enfin, la dimension cosmique de l&rsquo;eccl\u00e9siologie.<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise n&rsquo;est pas une communaut\u00e9 d&rsquo;\u00eatres humains sans relations avec le cosmos non personnel. Le salut est destin\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation enti\u00e8re qui est assujettie au joug de la mort ; et jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la mort soit \u00e9limin\u00e9e du cosmos tout entier, il ne peut y avoir de salut pour les \u00eatres humains. C&rsquo;est cela qui rend la c\u00e9l\u00e9bration des sacrements et sp\u00e9cialement de l&rsquo;eucharistie si cruciale pour l&rsquo;Eglise, plus cruciale peut-\u00eatre que la pr\u00e9dication de la Parole. Car les sacrements impliquent toute la cr\u00e9ation dans l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;Eglise et non seulement les hommes et l&rsquo;Eglise devient par l\u00e0 le c\u0153ur m\u00eame et le noyau de la destin\u00e9e du monde. Tout ceci prend une signification particuli\u00e8re pour la compr\u00e9hension de l&rsquo;Eglise comme \u00ab Myst\u00e8re \u00bb et \u00ab signe \u00bb, comme nous le verrons plus loin.<\/p>\n<p><b>Principes pour l&rsquo;eccl\u00e9siologie<\/b><\/p>\n<p><b>L&rsquo;Eglise et la Trinit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>La question eccl\u00e9siologique n&rsquo;est pas seulement affaire de dialectique entre le Christ et l&rsquo;Eglise. C&rsquo;est aussi la question d&rsquo;une certaine dialectique entre le Christ et le P\u00e8re. Cela affecte toute la perspective de l&rsquo;eccl\u00e9siologie. Permettez-moi d&rsquo;\u00eatre plus explicite en me servant de la question suivante comme illustration de ce point un peu subtil et pas si facile \u00e0 saisir.\u2028Quand l&rsquo;Eglise prie Dieu, qui prie ? Dans une probl\u00e9matique fond\u00e9e sur la dialectique Christ-Eglise qui est normalement la probl\u00e9matique que nous rencontrons dans les discussions th\u00e9ologiques (Cf. les expos\u00e9s d&rsquo;A. Birmel\u00e9 et P. B\u00fchler au Colloque, Ir\u00e9nikon 1986, pp. 401 et 482 ss.) on suppose qu&rsquo;il y a d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 une communaut\u00e9 appel\u00e9e \u00ab Eglise \u00bb qui est humaine, et de l&rsquo;autre une personne appel\u00e9e \u00ab Christ \u00bb qui est divine. Ainsi la dialectique chalc\u00e9donienne (le Concile de Chalc\u00e9doine (451) a enseign\u00e9 que les deux natures du Christ sont unies en lui sans confusion ni s\u00e9paration. Elles demeurent distinctes, sans se fondre \u00abcontre le monophysisme\u00bb) de la nature humaine et divine est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eccl\u00e9siologie et la question se pose de savoir si l&rsquo;Eglise est suffisamment distingu\u00e9e ou non du Christ. Mais la question de savoir qui prie dans l&rsquo;Eglise est beaucoup plus complexe et nous m\u00e8ne loin de la dialectique Christ-Eglise.\u2028Quand l&rsquo;Eglise prie le P\u00e8re, c&rsquo;est le Christ qui le prie pour nous et avec nous. Ceci est particuli\u00e8rement \u00e9vident dans les pri\u00e8res eucharistiques qui depuis le tout d\u00e9but \u00e9taient adress\u00e9es au P\u00e8re (y compris la pri\u00e8re du Seigneur qui \u00e9tait eucharistique). Comme telles ces pri\u00e8res ne sont entendues par Dieu que parce qu&rsquo;elles lui sont offertes par son Fils unique. Mais c&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 impossible, si ce n&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 que le Fils, le Christ, s&rsquo;est identifi\u00e9 lui-m\u00eame si fortement avec la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale que toute s\u00e9paration, ou m\u00eame distinction dans ce cas-ci, rendrait ces pri\u00e8res sans signification et sans fruit. Comment peut-on alors parler d&rsquo;une dialectique entre le Christ et l&rsquo;Eglise ? Si les deux ne sont pas identifi\u00e9s, la pri\u00e8re eucharistique perdra sa signification comme pri\u00e8re de l&rsquo;Eglise adress\u00e9e au P\u00e8re par le Fils. Dans ce cas les trois \u00e9l\u00e9ments :\u2028Eglise &#8211; Christ &#8211; P\u00e8re\u2028devront \u00eatre vus comme formant une dialectique entre :\u2028Eglise + Christ &#8211; P\u00e8re\u2028et non pas comme formant une \u00ab trialectique \u00bb, car la pri\u00e8re ne \u00ab fonctionnerait \u00bb pas.\u2028Bien s\u00fbr, le Christ n&rsquo;est pas seulement celui qui prie avec la communaut\u00e9, mais aussi celui qui, si\u00e9geant aupr\u00e8s du P\u00e8re, re\u00e7oit les pri\u00e8res (Cf. au 12\u00e8 si\u00e8cle le d\u00e9bat avec Nicolas de M\u00e9thone, etc., et aussi la liturgie de saint Jean Chrysostome). Et pourtant le fait que la pri\u00e8re de la communaut\u00e9 n&rsquo;est pas autre chose que la pri\u00e8re du Christ ne peut pas \u00eatre compris autrement que comme \u00e9tant \u00e0 ce moment une totale identification du Christ avec l&rsquo;Eglise. Toute autre conception ferait du Christ une sorte de m\u00e9diateur interm\u00e9diaire, une troisi\u00e8me personne qui d&rsquo;abord \u00e9couterait l&rsquo;Eglise qui lui parle, puis comme un messager transmettrait la pri\u00e8re au P\u00e8re.\u2028Ainsi la dialectique intra-trinitaire \u00e9carte l&rsquo;eccl\u00e9siologie Christ-Eglise et conduit \u00e0 une identification du Christ avec l&rsquo;Eglise dans ce cas particulier. Il me semble qu&rsquo;une \u00e9tude un peu profonde des documents liturgiques montre que l&rsquo;eucharistie a toujours \u00e9t\u00e9 comprise comme l&rsquo;acte ou l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement dans lequel l&rsquo;identification de l&rsquo;Eglise avec le Christ atteindrait sa pleine r\u00e9alisation, et que c&rsquo;est pour cette raison que dans l&rsquo;Eglise ancienne la pri\u00e8re eucharistique n&rsquo;\u00e9tait adress\u00e9e qu&rsquo;au P\u00e8re et que seules les communaut\u00e9s eucharistiques \u00e9taient des \u00ab Eglises \u00bb au plein sens du mot.\u2028C&rsquo;est en raison de cette nature particuli\u00e8re de la pri\u00e8re eucharistique (pri\u00e8re adress\u00e9e au P\u00e8re par le Fils) que l&rsquo;Eglise peut jouir elle-m\u00eame de tous les privil\u00e8ges dont jouit le Christ. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 ce moment de l&rsquo;eucharistie qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00ab sainte \u00bb et que ses membres \u00e9taient \u00abaguio\u00ef\u00bb du fait qu&rsquo;ils avaient part aux \u00abaguia\u00bb (les choses saintes). La saintet\u00e9 de l&rsquo;Eglise est ainsi en relation avec l&rsquo;identification entre la T\u00eate et le Corps qui se produit au moment o\u00f9 la T\u00eate (le Christ) offre au P\u00e8re les pri\u00e8res de la communaut\u00e9. A ce moment le pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 serait consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;image du Christ en vertu du fait qu&rsquo;il ferait de mani\u00e8re visible ce que la T\u00eate, le Christ, fait de mani\u00e8re invisible, \u00e0 savoir offrir au P\u00e8re les pri\u00e8res de la communaut\u00e9 et la communaut\u00e9 elle-m\u00eame. Ce pr\u00e9sident acquerrait ainsi lui-m\u00eame des pr\u00e9rogatives qui appartiennent au Christ. Nous sommes ici aux racines m\u00eames de la th\u00e9ologie de l&rsquo;\u00e9piscopat, th\u00e9ologie qui devient incontournable une fois que l&rsquo;on identifie de cette mani\u00e8re l&rsquo;Eglise avec le Christ.\u2028L&rsquo;eucharistie \u00e9carte-t-elle toute dialectique entre le Christ et l&rsquo;Eglise en vertu du fait qu&rsquo;une autre dialectique prend place ici, celle du P\u00e8re &#8211; Christ + Eglise ? J&rsquo;ai mentionn\u00e9 plus haut que le Christ n&rsquo;est pas seulement celui qui prie mais aussi celui qui re\u00e7oit les pri\u00e8res eucharistiques. Cela sugg\u00e8re que l&rsquo;eucharistie n&rsquo;\u00e9carte pas enti\u00e8rement la dialectique Christ Eglise. Si nous \u00e9tudions les pri\u00e8res des anciennes liturgies eucharistiques et que nous les analysons en profondeur, nous voyons qu&rsquo;elles sont marqu\u00e9es de la dialectique suivante : quand, par exemple, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque entre \u00e0 l&rsquo;Eglise pour commencer la liturgie, il est salu\u00e9 par le peuple comme le Christ lui-m\u00eame venant en ce monde dans sa gloire (Deute, proskun\u00e8s\u00f4men, venez, prosternons-nous : formule qui insinue la pleine identification entre l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et le Christ). Imm\u00e9diatement, toutefois, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque transf\u00e8re la pri\u00e8re au Christ, comme s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas lui-m\u00eame le Christ. Ainsi aux yeux de son peuple, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque est le Christ ; mais \u00e0 ses propres yeux il ne l&rsquo;est pas : il adresse sa pri\u00e8re au Christ pour lui-m\u00eame, mais il l&rsquo;adresse au P\u00e8re (comme s&rsquo;il \u00e9tait le Christ) pour le peuple.\u2028Quelle complexit\u00e9 dialectique ! Dans cette perspective la question de savoir si l&rsquo;Eglise est humaine ou divine para\u00eet bien na\u00efve. En fait, elle est les deux en m\u00eame temps. Par l\u00e0 elle ressemble au Christ chalc\u00e9donien. Mais ceci n&rsquo;est possible que parce qu&rsquo;il y a une dialectique personnelle entre le P\u00e8re et le Fils, qui permet au Fils d&rsquo;\u00eatre autre que le P\u00e8re et d&rsquo;\u00eatre du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;homme dans la pri\u00e8re eucharistique. L&rsquo;insistance des P\u00e8res cappadociens sur la distinction et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 pl\u00e9ni\u00e8re des Personnes trinitaires est d\u00e8s lors un pr\u00e9suppos\u00e9 essentiel pour une compr\u00e9hension correcte du Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Eglise et le Christ<\/b><\/p>\n<p>Plus haut nous avons soulign\u00e9 qu&rsquo;il est important de consid\u00e9rer l&rsquo;Esprit comme constitutif de l&rsquo;identit\u00e9 du Christ et non simplement comme quelqu&rsquo;un qui l&rsquo;assiste. Si on applique cela \u00e0 l&rsquo;eccl\u00e9siologie, les implications en sont tr\u00e8s importantes. En premier lieu, cela signifie que l&rsquo;identit\u00e9 du Christ est conditionn\u00e9e par l&rsquo;existence du \u00ab multiple \u00bb. L&rsquo;Esprit est un Esprit de \u00ab communion \u00bb et son \u0153uvre premi\u00e8re consiste \u00e0 ouvrir la r\u00e9alit\u00e9 pour qu&rsquo;elle devienne relationnelle. L&rsquo;Esprit est incompatible avec l&rsquo;individualisme. Parce que n\u00e9 de l&rsquo;Esprit, le Christ est inconcevable comme individu ; il devient automatiquement un \u00eatre relationnel. Mais un \u00eatre relationnel tire son identit\u00e9, sa personnalit\u00e9, de sa relation avec les autres. Une personne isol\u00e9e n&rsquo;est pas une personne. Le caract\u00e8re spirituel de l&rsquo;\u00eatre propre de Dieu ne r\u00e9side en rien d&rsquo;autre que dans la nature relationnelle de son existence : il n&rsquo;y a pas de P\u00e8re sans qu&rsquo;il y ait un Fils et sans l&rsquo;Esprit. Et puisque le Dieu unique est le P\u00e8re, et non pas la nature divine ou \u00abousia\u00bb, l&rsquo;identit\u00e9 m\u00eame de Dieu d\u00e9pend de la relation du P\u00e8re avec des personnes autres que lui-m\u00eame. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00ab un \u00bb dont l&rsquo;identit\u00e9 ne soit conditionn\u00e9e par le \u00ab multiple \u00bb. Et si cela s&rsquo;applique \u00e0 l&rsquo;\u00eatre de Dieu, il faut \u00e9galement que cela puisse s&rsquo;appliquer au Christ.\u2028Cette d\u00e9sindividualisation du Christ est, \u00e0 mon avis, la pierre d&rsquo;achoppement de toutes les discussions eccl\u00e9siologiques dans le mouvement \u0153cum\u00e9nique. L&rsquo;insistance de certains sur une distinction tranch\u00e9e entre le Christ et l&rsquo;Eglise pr\u00e9suppose une compr\u00e9hension individualiste du Christ. Un tel Christ pourtant ne pourrait pas \u00eatre l&rsquo;\u00eatre spirituel qui incorpore tout en lui-m\u00eame, il ne pourrait pas \u00eatre le premier-n\u00e9 d&rsquo;une multitude de fr\u00e8res (Rom. 8,29), le premier-n\u00e9 de toute la cr\u00e9ation dont parle l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Colossiens (1, 15). L&rsquo;\u00ab un \u00bb sans le \u00ab multiple \u00bb serait un individu qui ne serait pas touch\u00e9 par l&rsquo;Esprit. Il ne peut pas \u00eatre le Christ de notre foi.\u2028Pour parler de l&rsquo;identit\u00e9 du Christ, il faut recourir \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de \u00ab personnalit\u00e9 corporative \u00bb. Cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte et propos\u00e9e par des ex\u00e9g\u00e8tes modernes tels que Wheeler Robinson, Pedersen, de Frain, et d&rsquo;autres. Elle constitue un scandale pour nos esprits occidentaux, mais elle semble \u00eatre la clef de l&rsquo;intelligence de la Bible. A la diff\u00e9rence de nous autres, l&rsquo;esprit s\u00e9mitique n&rsquo;a pas de peine, par exemple, \u00e0 penser Abraham comme quelqu&rsquo;un dans lequel sa \u00absemence\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire toutes les g\u00e9n\u00e9rations apr\u00e8s lui, est incluse et forme sa propre identit\u00e9 personnelle. Ou bien Adam comme un \u00eatre tout \u00e0 la fois un et multiple. Ou encore le Serviteur de Dieu d&rsquo;Isdie, le Fils de l&rsquo;homme de Daniel, etc., comme \u00eatre tout \u00e0 la fois un et multiple. Pourquoi avons-nous tendance \u00e0 \u00e9viter cette mani\u00e8re de penser quand nous en venons au Christ, l&rsquo;\u00eatre corporatif par excellence ? Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise consiste surtout dans le myst\u00e8re de l&rsquo;\u00ab un \u00bb qui est \u00ab multiple \u00bb, non pas l&rsquo;\u00ab un \u00bb qui est d&rsquo;abord \u00ab un \u00bb et ensuite dans les \u00abeschata\u00bb devient \u00ab multiple \u00bb, mais bien de l&rsquo;\u00ab un \u00bb qui est \u00ab un \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire unique, et \u00ab autre \u00bb pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il est en relation avec le \u00ab multiple \u00bb. C&rsquo;est l&rsquo;unit\u00e9 du Christ avec l&rsquo;Eglise qui fait que le Christ est distinct de l&rsquo;Eglise, juste comme dans le myst\u00e8re de l&rsquo;un et du multiple ou dans le myst\u00e8re de la personne, plus on est uni, plus on devient autre, plus on devient diff\u00e9rent.\u2028Tout ceci signifie que la christologie est inconcevable sans l&rsquo;eccl\u00e9siologie. Ce qui est en jeu est l&rsquo;identit\u00e9 m\u00eame du Christ. L&rsquo;existence du corps est la condition n\u00e9cessaire pour que la t\u00eate soit t\u00eate. Une t\u00eate sans corps n&rsquo;est plus une t\u00eate. Si le Christ ne tire pas son identit\u00e9 de sa relation avec l&rsquo;Eglise, d\u00e8s lors ou il est un individu \u00e0 l&rsquo;isolement d\u00e9moniaque, ou il doit \u00eatre envisag\u00e9 seule ment sous l&rsquo;aspect de sa relation au P\u00e8re. En ce dernier cas cependant, nous risquons de devenir monophysites en eccl\u00e9siologie. Le \u00ab moi \u00bb du Christ, bien s\u00fbr, est le \u00ab moi \u00bb \u00e9ternel qui s&rsquo;origine dans sa relation filiale \u00e9ternelle avec le P\u00e8re. Mais en tant que Christ incarn\u00e9 il a introduit dans cette relation \u00e9ternelle un autre \u00e9l\u00e9ment : nous autres, le multiple, l&rsquo;Eglise. Si l&rsquo;Eglise dispara\u00eet de son identit\u00e9, il n&rsquo;est plus le Christ, bien qu&rsquo;il soit encore le Fils \u00e9ternel. Et pourtant le \u00ab Myst\u00e8re cach\u00e9 avant les si\u00e8cles \u00bb dans la volont\u00e9 du P\u00e8re n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;incorporation de cet autre \u00e9l\u00e9ment nous-m\u00eame ou le multiple dans la relation filiale \u00e9ternelle entre le P\u00e8re et le Fils. Ce Myst\u00e8re ne se ram\u00e8ne \u00e0 rien d&rsquo;autre qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Eglise, communaut\u00e9 eschatologique<\/b><\/p>\n<p>Tout comme le Christ, \u00eatre qui inclut tout, \u00ab personnalit\u00e9 corporative \u00bb, est une r\u00e9alit\u00e9 eschatologique qui existe dans un \u00e9tat de conflit avec la cr\u00e9ation d\u00e9chue dans l&rsquo;histoire, de m\u00eame l&rsquo;Eglise, parce qu&rsquo;elle tire son identit\u00e9 du Christ, est jet\u00e9e dans un monde hostile au Christ et \u00e0 elle-m\u00eame, et elle est contrainte \u00e0 vivre en conflit avec lui. En menant son existence historique, l&rsquo;Eglise appara\u00eet aux yeux de l&rsquo;historien comme une autre communaut\u00e9 humaine, une autre soci\u00e9t\u00e9. Elle n&rsquo;est pas un Myst\u00e8re pour le sociologue. Bien souvent elle est tent\u00e9e elle-m\u00eame, que ce soit pour survivre ou pour accomplir sa mission, de s&rsquo;adapter tellement au monde qu&rsquo;elle en oublie que sa vraie citoyennet\u00e9 est dans les cieux, et que son identit\u00e9 ne vient pas de l&rsquo;histoire mais des eschata : elle est ce qu&rsquo;elle sera. Dans cette situation, le seul moyen pour pr\u00e9server l&rsquo;identit\u00e9 eschatologique est de c\u00e9l\u00e9brer les sacrements, en particulier l&rsquo;eucharistie, et de rencontrer la Parole, non comme un message qui du pass\u00e9 vient \u00e0 elle par les canaux de l&rsquo;exp\u00e9rience historique, mais comme un \u00e9cho de l&rsquo;\u00e9tat futur des choses. Elle est ainsi oblig\u00e9e de vivre par la foi et non par la vision. Elle est alors le grand \u00ab mysterium fidei \u00bb, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;elle est dans ce monde mais non de ce monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire parce qu&rsquo;elle tire son identit\u00e9 de ce qu&rsquo;elle sera.\u2028Tout ceci fait de l&rsquo;Eglise une ic\u00f4ne du Royaume \u00e0 venir, la semence enfouie en terre de la parabole, sujette \u00e0 la mort pour qu&rsquo;elle puisse vivre. La gloire de l&rsquo;Eglise historique est la Croix, l&rsquo;humiliation et la souffrance exp\u00e9riment\u00e9es par Celui qui lui pr\u00eate son identit\u00e9. Il n&rsquo;y a pas de triomphalisme dans une eccl\u00e9siologie qui identifie l&rsquo;Eglise avec le Christ et le Royaume. Ce serait une erreur de tirer d&rsquo;une telle eccl\u00e9siologie la conclusion que l&rsquo;Eglise y est tellement accentu\u00e9e qu&rsquo;elle en remplace le Christ et que son identification avec le Royaume la rend insignifiante pour l&rsquo;histoire. Comme ic\u00f4ne du Royaume, l&rsquo;Eglise est \u00e0 la fois maximalis\u00e9e et minimalis\u00e9e. Elle est maximalis\u00e9e en ce que d&rsquo;une mani\u00e8re d\u00e9finitive elle survivra \u00e9ternellement quand son identit\u00e9 v\u00e9ritable sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9e lors de la parousie. Et elle est minimalis\u00e9e en ce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas d&rsquo;hypostase propre (pas de \u00abpersonnalit\u00e9\u00bb propre), mais tire son identit\u00e9 du Christ et du Royaume \u00e0 venir. Parce qu&rsquo;elle existe dans l&rsquo;histoire \u00ab in persona Christi \u00bb, il lui est garanti la gloire et la vie \u00e9ternelle de sa T\u00eate. Mais pour la m\u00eame raison elle n&rsquo;est pas une entit\u00e9 autonome tant vis-\u00e0-vis du Christ que du Royaume. Son existence est iconique.\u2028Ce caract\u00e8re iconique de l&rsquo;Eglise pr\u00e9sente pour nos esprits occidentaux un probl\u00e8me analogue \u00e0 ceux que nous rencontrions plus haut avec la notion de \u00ab personnalit\u00e9 corporative \u00bb. Une existence iconique tend \u00e0 faire na\u00eetre en nous l&rsquo;id\u00e9e platonicienne d&rsquo;une image, ou d&rsquo;une ombre vide de r\u00e9alit\u00e9. Cela rend difficile de parler de l&rsquo;Eglise comme d&rsquo;une ic\u00f4ne sans tomber dans le domaine de l&rsquo;imaginaire ou de l&rsquo;irr\u00e9el. Nous ne pouvons faire plus ici que d&rsquo;affirmer que la nature iconique de l&rsquo;Eglise n&rsquo;implique pas un manque de r\u00e9alit\u00e9. Cela implique, toutefois, un manque de r\u00e9alit\u00e9 objectiv\u00e9e et autonome.\u2028En \u00e9tant iconique dans son existence, l&rsquo;Eglise est deux choses : a) elle est l&rsquo;image de quelque chose d&rsquo;autre qui la transcende, d&rsquo;o\u00f9 \u00e0 nouveau son entit\u00e9 relationnelle ; b) elle est si transparente dans ses institutions et sa structure qu&rsquo;elle permet toujours aux r\u00e9alit\u00e9s eschatologiques de se refl\u00e9ter en elle. Cela peut difficilement se r\u00e9aliser en dehors du contexte du culte, car c&rsquo;est l\u00e0 par excellence que transcendance et transparence sont exp\u00e9riment\u00e9es.\u2028Cela m\u00e8ne \u00e0 une autre dialectique : l&rsquo;Eglise ne peut pas \u00eatre con\u00e7ue comme une institution permanente. Elle est ce qu&rsquo;elle est en devenant toujours davantage ce qu&rsquo;elle sera. L&rsquo;Eglise est un \u00e9v\u00e9nement qui a lieu sans cesse \u00e0 nouveau, et non une soci\u00e9t\u00e9 structurellement institu\u00e9e de mani\u00e8re permanente. Cela ne signifie pas qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas d&rsquo;aspects institutionnels dans son existence. Cela signifie que ce ne sont pas tous ces aspects qui appartiennent \u00e0 son identit\u00e9 v\u00e9ritable, laquelle est eschatologique. Seuls les aspects institutionnels qui proviennent de son existence comme \u00e9v\u00e9nement et ces aspects existent se rapportent \u00e0 son identit\u00e9 v\u00e9ritable. De telles structures et institutions sont celles qui sont impliqu\u00e9es dans l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de la communaut\u00e9 eucharistique et tout ce qui provient de cet \u00e9v\u00e9nement. Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise n&rsquo;implique pas de conflit entre \u00ab Amt \u00bb et \u00ab Geist \u00bb, institution et \u00e9v\u00e9nement, pour autant que toutes les institutions tirent leur justification de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de la c\u00e9l\u00e9bration du Royaume en tout lieu, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour autant qu&rsquo;elles sont une partie de cette anticipation du Royaume et de ce moment o\u00f9 l&rsquo;Eglise r\u00e9alise et proclame qu&rsquo;elle est ce qu&rsquo;elle sera, dans la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;eucharistie.\u2028Toutes les autres institutions, aussi importantes et utiles qu&rsquo;elles soient, n&rsquo;ont qu&rsquo;une signification historique et n&rsquo;appartiennent pas \u00e0 la v\u00e9ritable identit\u00e9 de l&rsquo;Eglise. Elles n&rsquo;ont pas de part dans le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise. Si nous comprenons ainsi l&rsquo;Eglise comme communaut\u00e9 eschatologique qui existe dans l&rsquo;histoire, prenant sur elle-m\u00eame la Croix du Christ, souffrant en ce monde, c\u00e9l\u00e9brant son identit\u00e9 v\u00e9ritable dans l&rsquo;eucharistie, toutes les institutions qui en proviennent font partie de son identit\u00e9 et de son Myst\u00e8re. A mon sens, des institutions comme l&rsquo;\u00e9piscopat, ou la structure de la communaut\u00e9 eucharistique, ou la distinction entre les la\u00efcs, les presbytres et les \u00e9v\u00eaques, ou encore la conciliarit\u00e9 proviennent de l&rsquo;Eglise comme \u00e9v\u00e9nement et comme Myst\u00e8re, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la c\u00e9l\u00e9bration de l&rsquo;eucharistie.<\/p>\n<p>Faisons quelques br\u00e8ves remarques pour conclure. L&rsquo;eccl\u00e9siologie est en premier lieu une question d&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;Eglise. Tant que nous ne nous attaquerons pas \u00e0 cette question de ce qu&rsquo;est l&rsquo;Eglise, nous n&rsquo;arriverons jamais \u00e0 un accord dans le mouvement \u0153cum\u00e9nique. Cette identit\u00e9 est \u00e0 mon avis l&rsquo;identit\u00e9 m\u00eame du Christ. C&rsquo;est la raison pour laquelle il n&rsquo;y a pas d&rsquo;hypostase de l&rsquo;Eglise. L&rsquo;Eglise n&rsquo;a pas d&rsquo;hypostase qui lui soit propre. Cela fait d\u00e9pendre l&rsquo;identit\u00e9 du Christ de l&rsquo;existence de l&rsquo;Eglise, ce qui est paradoxal car, bien que l&rsquo;Eglise n&rsquo;ait pas d&rsquo;hypostase propre, elle est un \u00e9l\u00e9ment qui conditionne l&rsquo;identit\u00e9 du Christ : l&rsquo;un ne peut exister sans le multiple. Une telle christologie, conditionn\u00e9e pneumatologiquement, explique le fait que le Myst\u00e8re du Christ ne revient \u00e0 rien d&rsquo;autre qu&rsquo;au Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise. Pour accepter cela, il faut d&rsquo;abord accepter les pr\u00e9suppos\u00e9s th\u00e9ologiques formul\u00e9s au d\u00e9but et op\u00e9rer avec une ontologie qui n&rsquo;est pas celle de notre individualisme occidental mais celle de l&rsquo;id\u00e9e biblique de \u00ab personnalit\u00e9 corporative \u00bb. je crois que tant que nous ne serons pas accoutum\u00e9s \u00e0 une ontologie que j&rsquo;appellerais relationnelle et qui a affaire avec la pneumatologie et la th\u00e9ologie trinitaire, nous ne serons jamais capables de comprendre le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Jean (Zizioulas) M\u00e9tropolite de Pergame<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque fois que sur un sujet je dois parler du \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb je me trouve en grande difficult\u00e9. Qu&rsquo;est-ce que le \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb ? Comment le d\u00e9terminer ? Sur quelles bases et \u00e0 partir de quelles sources ? Les orthodoxes n&rsquo;ont pas de Vatican Il o\u00f9 puiser. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[124,115,169,121],"tags":[130,131,142,148],"class_list":["post-7654","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-orthodoxie","category-spiritualite","category-theologie-orthodoxe","category-traditions","tag-eglise","tag-orthodoxie-2","tag-spiritualite-2","tag-theologie-2"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le Myst\u00e8re de l&#039;Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le Myst\u00e8re de l&#039;Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chaque fois que sur un sujet je dois parler du \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb je me trouve en grande difficult\u00e9. Qu&rsquo;est-ce que le \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb ? Comment le d\u00e9terminer ? Sur quelles bases et \u00e0 partir de quelles sources ? Les orthodoxes n&rsquo;ont pas de Vatican Il o\u00f9 puiser. [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"\u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2015-01-22T13:28:12+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2015-03-06T10:06:55+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Heike H\u00e4rma\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Heike H\u00e4rma\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"24 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Heike H\u00e4rma\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\"},\"headline\":\"Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise dans la tradition orthodoxe\",\"datePublished\":\"2015-01-22T13:28:12+00:00\",\"dateModified\":\"2015-03-06T10:06:55+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/\"},\"wordCount\":5201,\"keywords\":[\"\u00e9glise\",\"orthodoxie\",\"spiritualite\",\"theologie\"],\"articleSection\":[\"Orthodoxie\",\"Spiritualit\u00e9\",\"Th\u00e9ologie\",\"Traditions\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/\",\"name\":\"Le Myst\u00e8re de l'Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2015-01-22T13:28:12+00:00\",\"dateModified\":\"2015-03-06T10:06:55+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise dans la tradition orthodoxe\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/\",\"name\":\"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie\",\"description\":\"Eesti Apostlik-\u00d5igeusu Kirik\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\",\"name\":\"Heike H\u00e4rma\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Heike H\u00e4rma\"},\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/author\\\/heike\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Le Myst\u00e8re de l'Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Le Myst\u00e8re de l'Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","og_description":"Chaque fois que sur un sujet je dois parler du \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb je me trouve en grande difficult\u00e9. Qu&rsquo;est-ce que le \u00ab point de vue orthodoxe \u00bb ? Comment le d\u00e9terminer ? Sur quelles bases et \u00e0 partir de quelles sources ? Les orthodoxes n&rsquo;ont pas de Vatican Il o\u00f9 puiser. [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/","og_site_name":"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","article_published_time":"2015-01-22T13:28:12+00:00","article_modified_time":"2015-03-06T10:06:55+00:00","author":"Heike H\u00e4rma","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Heike H\u00e4rma","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"24 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/"},"author":{"name":"Heike H\u00e4rma","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3"},"headline":"Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise dans la tradition orthodoxe","datePublished":"2015-01-22T13:28:12+00:00","dateModified":"2015-03-06T10:06:55+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/"},"wordCount":5201,"keywords":["\u00e9glise","orthodoxie","spiritualite","theologie"],"articleSection":["Orthodoxie","Spiritualit\u00e9","Th\u00e9ologie","Traditions"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/","url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/","name":"Le Myst\u00e8re de l'Eglise dans la tradition orthodoxe &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#website"},"datePublished":"2015-01-22T13:28:12+00:00","dateModified":"2015-03-06T10:06:55+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-l-eglise-dans-la-tradition-orthodoxe\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.eoc.ee\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Le Myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise dans la tradition orthodoxe"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#website","url":"https:\/\/www.eoc.ee\/","name":"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","description":"Eesti Apostlik-\u00d5igeusu Kirik","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.eoc.ee\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3","name":"Heike H\u00e4rma","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","caption":"Heike H\u00e4rma"},"url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/author\/heike\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7654","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7654"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7654\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7656,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7654\/revisions\/7656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}