{"id":7660,"date":"2015-01-22T15:47:57","date_gmt":"2015-01-22T13:47:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7660"},"modified":"2015-03-06T12:05:55","modified_gmt":"2015-03-06T10:05:55","slug":"points-de-vue-orthodoxes-sur-l-unite-des-chretiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/peres-de-leglise\/points-de-vue-orthodoxes-sur-l-unite-des-chretiens\/","title":{"rendered":"POINTS DE VUE ORTHODOXES SUR L&rsquo;UNITE DES CHRETIENS"},"content":{"rendered":"<p><b>\u2028Le mod\u00e8le patristique de l&rsquo;unit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>En 1949, alors que le Congr\u00e8s d&rsquo;Amsterdam venait de donner naissance au Conseil \u0153cum\u00e9nique des Eglises, le P. Georges Florovsky caract\u00e9risait ainsi la position du th\u00e9ologien orthodoxe parmi ses coll\u00e8gues professant une foi diff\u00e9rente : \u00a0\u00bb Le th\u00e9ologien orthodoxe peut et doit repr\u00e9senter moins l'\u00a0\u00bb Orient \u00a0\u00bb contemporain que l&rsquo;antiquit\u00e9 \u0153cum\u00e9nique elle-m\u00eame. L&rsquo;antiquit\u00e9 est importante, il va de soi, plus par son caract\u00e8re int\u00e9gral, synth\u00e9tique, que par son anciennet\u00e9. L&rsquo;Orthodoxie exprime dans l&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;\u0153cum\u00e9nisme le moment patristique \u00a0\u00bb (Georges FLOROVSKY, \u00a0\u00bb Une vue sur l&rsquo;Assembl\u00e9e d&rsquo;Amsterdam \u00ab\u00a0, dans Ir\u00e9nikon, 22 (1949), pp. 10- 11.).\u2028Il faut assur\u00e9ment appliquer \u00e0 des situations in\u00e9dites et \u00e0 des besoins nouveaux cette vision int\u00e9grale et synth\u00e9tique que les premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations chr\u00e9tiennes avaient du myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise, mais c&rsquo;est n\u00e9anmoins en se fondant sur elle et en s&rsquo;effor\u00e7ant de n&rsquo;en rien alt\u00e9rer que l&rsquo;Eglise trouvera aujourd&rsquo;hui les voies d&rsquo;une fid\u00e9lit\u00e9 vivante.<\/p>\n<p>Dans les perspectives de l&rsquo;Eglise ancienne, le myst\u00e8re du salut appara\u00eet fondamentalement comme une \u0153uvre de\u2028r\u00e9unification. Un texte d&rsquo;inspiration basilienne dira : \u00a0\u00bb En cela se r\u00e9sume toute l&rsquo;\u00e9conomie du Sauveur : rassembler la nature humaine en elle-m\u00eame et avec lui, et faire cesser sa division pernicieuse pour restaurer l&rsquo;union primitive \u00a0\u00bb (Pseudo Basile, Constitutions monastiques, 18 ; PG 31, 1385 A). Accomplie une fois pour toutes par la mort et la r\u00e9surrection du Seigneur, cette \u0153uvre du salut atteindra effectivement chaque personne humaine, \u00e0 travers le temps et l&rsquo;espace, par la c\u00e9l\u00e9bration eucharistique. Puisque chaque chr\u00e9tien, mort au p\u00e9ch\u00e9 et ressuscit\u00e9 avec le Christ pour une vie nouvelle dans le bapt\u00eame, est mystiquement identifi\u00e9 au Corps glorieux du Christ par l&rsquo;\u00e9nergie de l&rsquo;Esprit-Saint dont il est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 lorsqu&rsquo;il a particip\u00e9 au Corps eucharistique, on doit en conclure que tous les chr\u00e9tiens deviennent, par cette participation, \u00a0\u00bb concorporels \u00a0\u00bb [(ayant ou : formant) un m\u00eame corps L&rsquo;expression vient de Eph. 3, 6, et a \u00e9t\u00e9 souvent reprise par les P\u00e8res depuis saint Athanase.<\/p>\n<p>La doctrine des P\u00e8res grecs sur l&rsquo;Eglise-Corps du Christ semble correspondre assez exactement \u00e0 celle de saint Paul, telle que l&rsquo;interpr\u00e8te l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se r\u00e9cente : c&rsquo;est le corps r\u00e9el personnel glorifi\u00e9 du Christ \u00ab\u00a0qui est le centre et l&rsquo;origine de l&rsquo;unit\u00e9 du monde chr\u00e9tien ; c&rsquo;est parce que l&rsquo;union mystique nous identifie tous \u00e0 ce m\u00eame corps que nous pouvons \u00eatre un entre nous \u00a0\u00bb (L. CERFAUX, La th\u00e9ologie de l&rsquo;Eglise suivant saint Paul, Paris, 1965, p. 236)].<\/p>\n<p>Le \u00a0\u00bb charbon ardent \u00a0\u00bb du Corps divin, lorsqu&rsquo;il touche l&rsquo;homme, l&rsquo;arrache \u00e0 ses limitations individuelles, et, paradoxalement, le fait acc\u00e9der \u00e0 la pl\u00e9nitude de la vie personnelle en l&rsquo;amenant \u00e0 renoncer \u00e0 l&rsquo;exaltation de son individualit\u00e9, dans une communion fraternelle qui est \u00e0 l&rsquo;image de la Trinit\u00e9 sainte.\u2028Ce fondement eucharistique de l&rsquo;eccl\u00e9siologie a \u00e9t\u00e9 admirablement expos\u00e9 par saint Cyrille d&rsquo;Alexandrie (+444) dans ce passage de son Commentaire sur l&rsquo;Evangile de Jean : \u00a0\u00bb Pour que nous tendions vers l&rsquo;unit\u00e9 avec Dieu et entre nous, et que nous soyons m\u00eal\u00e9s ensemble, bien que nous formions tous des individus distincts quant aux \u00e2mes et aux corps, le Fils unique a dispos\u00e9 un moyen qu&rsquo;il d\u00e9couvrit par sa propre sagesse et par le conseil du P\u00e8re.<\/p>\n<p>En effet, en sanctifiant les croyants en soi dans un seul Corps, le sien, par la communion mystique, il les a rendus concorporels avec lui et entre eux. Qui en effet s\u00e9parera et \u00e9cartera de cette union physique ceux qui sont attach\u00e9s au Christ jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre un avec lui par ce saint Corps unique? Car si tous, nous participons \u00e0 un pain unique, nous formons un Corps unique. Le Christ en effet ne peut pas \u00eatre divis\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Eglise est elle aussi appel\u00e9e le Corps du Christ, et nous ses membres, selon la pens\u00e9e de Paul (cf. 1Cor. 12, 27)&#8230; L&rsquo;Esprit est un et indivis\u00e9, lui qui rassemble par lui-m\u00eame les esprits de chacun, malgr\u00e9 leur distinction selon l&rsquo;existence individuelle, et il les fait appara\u00eetre tous comme ne formant qu&rsquo;un seul \u00eatre en lui-m\u00eame&#8230; Aussi Paul d\u00e9clare-t-il : \u00a0\u00bb Supportez-vous les uns les autres avec charit\u00e9, appliquez-vous \u00e0 conserver l&rsquo;unit\u00e9 que donne l&rsquo;Esprit par ce lien qu&rsquo;est la paix. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un Corps et qu&rsquo;un Esprit, un seul Dieu et P\u00e8re de tous, qui est au-dessus de tous, agit par tous et est en tous (Eph\u00e8s. 4, 2-6) \u00a0\u00bb (Saint CYRILLE D&rsquo;ALEXANDRIE. In Joan., 11, 11 : PG 74, 560 A &#8211; 561 B).\u2028Dans cette perspective, l&rsquo;Eglise, c&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;Eglise locale, c&rsquo;est-\u00e0-dire le groupe de chr\u00e9tiens qui se rassemblent en un m\u00eame lieu autour de leur \u00e9v\u00eaque l\u00e9gitime pour c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;Eucharistie.<\/p>\n<p>Chaque Eglise locale n&rsquo;est pas une partie de l&rsquo;Eglise universelle ; chacune r\u00e9alise la totalit\u00e9 du myst\u00e8re de l&rsquo;Eglise et s&rsquo;identifie avec l&rsquo;Eglise universelle, qu&rsquo;elle rend pr\u00e9sente dans sa pl\u00e9nitude en un point donn\u00e9 de l&rsquo;espace, d\u00e8s lors qu&rsquo;elle reste int\u00e9gralement fid\u00e8le dans sa foi au d\u00e9p\u00f4t transmis par les ap\u00f4tres (Cette conception de l&rsquo;Eglise a \u00e9t\u00e9 remise en valeur en particulier par le P. N. Afanasieff ; mais selon celui-ci, toute Eglise locale qui c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;Eucharistie est de ce fait identique \u00e0 l&rsquo;Eglise universelle et peut \u00eatre en communion sacramentelle avec les autres Eglises locales, m\u00eame si des divergences dogmatiques les s\u00e9parent ; cf. N. AFANASIEFF, \u00a0\u00bb Una Sancta \u00ab\u00a0, dans Ir\u00e9nikon, 36 (1963), p. 473.<\/p>\n<p>Ceci ne semble pas conforme aux donn\u00e9es de l&rsquo;histoire, et d&rsquo;autres th\u00e9ologiens orthodoxes ont rectifi\u00e9 la th\u00e8se d&rsquo;Afanasieff en pr\u00e9cisant qu&rsquo;une Eglise locale n&rsquo;est vraiment l&rsquo;Eglise de Dieu et ne peut \u00eatre en communion avec les autres Eglises que si elle professe une foi exactement conforme \u00e0 la leur. Cf. M\u00e9tropolite MAXIME DE SARDES, Le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique dans l&rsquo;Eglise Orthodoxe, Paris 1975, pp. 27-51).\u2028Ceci explique que les notions d'\u00a0\u00bb intercommunion \u00a0\u00bb et d'\u00a0\u00bb hospitalit\u00e9 eucharistique \u00a0\u00bb aient \u00e9t\u00e9 inconnues de l&rsquo;Eglise ancienne, qui n&rsquo;aurait pu leur donner aucun sens. Elle ne connaissait que la communion, ou son refus.<\/p>\n<p>Dans la pens\u00e9e des chr\u00e9tiens de cette \u00e9poque, si un membre d&rsquo;une Eglise locale participait \u00e0 l&rsquo;Eucharistie d&rsquo;une autre Eglise locale, par exemple \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un voyage, il attestait par l\u00e0 qu&rsquo;il reconnaissait cette Eglise comme identique \u00e0 la sienne et \u00e0 l&rsquo;Eglise universelle.\u2028Des divergences d&rsquo;opinion, d&rsquo;usages et de traditions pouvaient bien exister entre ces Eglises, sur des points o\u00f9 un accord g\u00e9n\u00e9ral ne s&rsquo;\u00e9tait pas manifest\u00e9 et que l&rsquo;on consid\u00e9rait comme secondaires : elles n&rsquo;avaient plus aucune importance, et ne faisaient que \u00a0\u00bb confirmer l&rsquo;accord de la foi \u00a0\u00bb selon l&rsquo;expression de saint Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon (Saint IR\u00c9N\u00c9E DE LYON, dans EUS\u00c8BE DE C\u00c9SAR\u00c9E, Hist. Eccl. V, 24,13 ; SC 41, p. 70). Aucune d\u00e9ficience grave ne peut affecter objectivement une Eglise par ailleurs pleinement fid\u00e8le \u00e0 la Tradition apostolique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 un point de ce genre &#8211; qu&rsquo;il estimait personnellement important, mais \u00e9tranger \u00e0 la foi elle-m\u00eame (la non-validit\u00e9 du bapt\u00eame des h\u00e9r\u00e9tiques) &#8211; que saint Cyprien de Carthage (+ 258) d\u00e9clarait : \u00a0\u00bb Ne jugeons personne ou n&rsquo;\u00e9cartons personne du droit \u00e0 la communion pour divergence de sentiment\u00a0\u00bb (saint CYPRIEN DE CARTHAGE, Sent. Episcop. cit\u00e9 dans Saint AUGUSTIN, De Baptismo,VI, 7, 10 ; coll. Bibl. August., 29, pp. 416-418).<\/p>\n<p>Certes, il a exist\u00e9, \u00e0 chaque \u00e9poque de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Eglise, des groupes rigoristes qui ont rompu la communion avec les autres Eglises pour des questions secondaires. Mais, comme le montre l&rsquo;historien Socrate (+ vers 440), \u00e0 propos du schisme novatien, de tels hommes se mettent ordinairement aussit\u00f4t \u00e0 se diviser entre eux et \u00e0 former sans fin de nouveaux conventicules, manifestant bien que l&rsquo;esprit de parti l&rsquo;a emport\u00e9 chez eux sur l&rsquo;amour de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Eglise (SOCRATE, Hist. Eccl, 5, 22 ; PG 67, 645).<\/p>\n<p>On voit combien il importait, quand des divergences apparaissaient entre Eglises, d&rsquo;en peser exactement la nature. S&rsquo;agissait-il de questions de minime importance ou de traditions diff\u00e9rentes, mais authentiques ? Le maintien ou le r\u00e9tablissement de la communion s&rsquo;imposait, sans qu&rsquo;aucune des deux parties puisse pr\u00e9tendre contraindre l&rsquo;autre \u00e0 se singer \u00e0 son sentiment sous menace de rupture de communion. S&rsquo;agissait-il par contre de questions touchant \u00e0 la substance de la foi et de la tradition apostolique ?<\/p>\n<p>Alors, tant que les divergences subsistaient, la s\u00e9paration demeurait la plus douloureuse, mais aussi la plus imp\u00e9rieuse des exigences non seulement de la v\u00e9rit\u00e9, mais aussi de l&rsquo;amour v\u00e9ritable de Dieu et du prochain. Et pour les P\u00e8res, le contenu de la foi \u00e9tait indivisible : il n&rsquo;aurait pu \u00eatre question d&rsquo;y distinguer des \u00a0\u00bb articles fondamentaux \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb k\u00e9rygmatiques \u00ab\u00a0, et des articles de moindre importance : \u00a0\u00bb De m\u00eame que, dans les monnaies royales, si vous en alt\u00e9rez quelque peu l&#8217;empreinte, vous faussez la pi\u00e8ce tout enti\u00e8re, de m\u00eame, celui qui laisse entamer sa foi dans la plus petite partie l&rsquo;\u00e9branle tout enti\u00e8re, et il ira toujours en d\u00e9clinant.<\/p>\n<p>O\u00f9 sont ceux qui nous accusent d&rsquo;aimer les querelles \u00e0 cause de nos discussions avec les h\u00e9r\u00e9tiques ?<\/p>\n<p>O\u00f9 sont ceux qui n&rsquo;admettent aucune diff\u00e9rence r\u00e9elle entre eux et nous et pr\u00e9tendent que tout est une question d&rsquo;ambition personnelle ? Qu&rsquo;ils \u00e9coutent Paul proclamant que l&rsquo;Evangile est boulevers\u00e9 par une innovation, m\u00eame petite (cf. Gal. 1, 7) \u00a0\u00bb (Saint JEAN CHRYSOSTOME, Sur l&rsquo;Ep\u00eetre aux Galates, 1, 6).\u2028Selon cette conception, qui demeure celle de l&rsquo;Eglise orthodoxe, l&rsquo;Eglise universelle est donc constitu\u00e9e par l&rsquo;ensemble des Eglises locales en communion entre elles. Elle est, nous disent les P\u00e8res, l&rsquo;unique arche de salut donn\u00e9e aux hommes par Dieu pour leur permettre d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la condamnation ; unique \u00e9pouse du Christ, elle est la m\u00e8re spirituelle qui seule peut les enfanter par le bapt\u00eame \u00e0 la vie nouvelle, en faire des fils adoptifs de Dieu ; Corps du Christ, elle est le seul lieu o\u00f9 les hommes soient v\u00e9ritablement unis \u00e0 Dieu et entre eux par l&rsquo;action sanctifiante de l&rsquo;Esprit.\u2028Est-ce \u00e0 dire qu&rsquo;aucun homme ne peut \u00eatre sauv\u00e9 et sanctifi\u00e9 en dehors d&rsquo;une appartenance formelle \u00e0 l&rsquo;Eglise visible ?<\/p>\n<p>Certaines allusions montrent que les P\u00e8res reconnaissent que le Saint-Esprit est libre de ses dons et peut les communiquer sans passer par les voies normales du salut, l\u00e0 o\u00f9 il trouve des c\u0153urs bien dispos\u00e9s : \u00a0\u00bb Beaucoup de ceux qui nous sont ext\u00e9rieurs nous appartiennent, eux dont les m\u0153urs devancent la foi et \u00e0 qui ne manque que le nom, alors qu&rsquo;ils poss\u00e8dent la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame \u00ab\u00a0, d\u00e9clare saint Gr\u00e9goire le Th\u00e9ologien (+ 390)(Saint Gr\u00e9goire le th\u00e9ologien, Or 18, 6 ; PG 35, 992 BC.), qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 ranger parmi eux son propre p\u00e8re ; et de sa s\u0153ur, il dit : \u00a0\u00bb Toute sa vie \u00e9tait purification et perfection&#8230; J&rsquo;ose le dire, le bapt\u00eame ne lui apporta pas la gr\u00e2ce, mais la cons\u00e9cration \u00a0\u00bb (Id, Or. 8, 20 ; PG 35, 812 C). Mais de cette appartenance invisible \u00e0 l&rsquo;Eglise qui, elle, est visible, les P\u00e8res n&rsquo;ont pas fait la th\u00e9orie, faute d&rsquo;indications explicites dans les sources de la R\u00e9v\u00e9lation.<\/p>\n<p>La communion entre les Eglises locales est manifest\u00e9e, sur le plan sacramentel, par la cons\u00e9cration coll\u00e9giale des \u00e9v\u00eaques, et, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes de foi et de discipline, par les conciles d&rsquo;\u00e9v\u00eaques. Ces conciles peuvent \u00eatre r\u00e9gionaux ou universels. Un concile authentique est une assembl\u00e9e o\u00f9 les \u00e9v\u00eaques, fid\u00e8les \u00e0 l&rsquo;Esprit Saint, proclament avec autorit\u00e9 la vraie foi de l&rsquo;Eglise, le seul signe de cette authenticit\u00e9 \u00e9tant, du point de vue orthodoxe, la r\u00e9ception subs\u00e9quente de ce concile par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Eglise (Sur la conception orthodoxe de l&rsquo;autorit\u00e9 dans l&rsquo;Eglise, cf. Mgr Kallistos WARE, \u00a0\u00bb L&rsquo;exercice de l&rsquo;autorit\u00e9 dans l&rsquo;Eglise Orthodoxe \u00ab\u00a0, in Ir\u00e9nikon, 54 (1981),pp.451-471 et 55 (1982), pp.25-34).<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9chelon r\u00e9gional ou au niveau de l&rsquo;Eglise universelle \u00e9galement, certains si\u00e8ges \u00e9piscopaux ont \u00e9t\u00e9 investis d&rsquo;une primaut\u00e9, au cours de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Eglise. Cette structuration de l&rsquo;Eglise est une r\u00e9alit\u00e9 trop universelle dans le temps et l&rsquo;espace pour qu&rsquo;elle puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme accidentelle et d&rsquo;ordre purement humain. On doit y reconna\u00eetre un effet de la conduite du Saint Esprit sur l&rsquo;Eglise, et donc un \u00e9l\u00e9ment de la Tradition. Mais l&rsquo;id\u00e9e de primaut\u00e9, telle qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Eglise, n&rsquo;a jamais impliqu\u00e9 qu&rsquo;une primaut\u00e9 entre \u00e9gaux, ses titulaires ne pouvant exercer d&rsquo;autorit\u00e9 en dehors de leur propre dioc\u00e8se que dans la mesure o\u00f9 elle leur a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e par les autres \u00e9v\u00eaques, et toujours dans une inter d\u00e9pendance r\u00e9ciproque. Assez t\u00f4t, les papes de Rome ont revendiqu\u00e9 une juridiction de droit divin d&rsquo;une qualit\u00e9 eccl\u00e9siologique toute particuli\u00e8re sur l&rsquo;Eglise universelle, mais celle-ci ne leur a \u00e9t\u00e9 reconnue progressivement que dans la sph\u00e8re assez limit\u00e9e o\u00f9 s&rsquo;exer\u00e7ait leur autorit\u00e9 directe, &#8211; le patriarcat romain. Or, jusqu&rsquo;\u00e0 la rupture du 11\u00e8me si\u00e8cle celui-ci avait en face de lui quatre autres patriarcats, o\u00f9 l&rsquo;on avait une conception diff\u00e9rente des choses.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;Eglise orthodoxe et le mouvement \u0153cum\u00e9nique<\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;eccl\u00e9siologie orthodoxe est demeur\u00e9e pour l&rsquo;essentiel, malgr\u00e9 des distorsions dues aux circonstances historiques et aux p\u00e9ch\u00e9s des hommes, celle de l&rsquo;Eglise ancienne, avec laquelle l&rsquo;Eglise orthodoxe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui se sent en parfaite continuit\u00e9, sans rupture aucune. Elle a conscience d&rsquo;\u00eatre purement et simplement, l&rsquo;Eglise de Dieu. Elle ne peut consid\u00e9rer les autres confessions chr\u00e9tiennes que comme des membres d\u00e9tach\u00e9s de l&rsquo;unit\u00e9 eccl\u00e9siale, pleinement conserv\u00e9e en elle. Sa tradition a pour contenu normatif ce que tous les chr\u00e9tiens, avant l&rsquo;\u00e9poque des s\u00e9parations, ont consid\u00e9r\u00e9 ensemble comme faisant partie du d\u00e9p\u00f4t apostolique, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la foi elle-m\u00eame ou de la vie eccl\u00e9siale.<\/p>\n<p>Du point de vue orthodoxe, l&rsquo;unit\u00e9 entre tous les groupes chr\u00e9tiens s\u00e9par\u00e9s ne peut se r\u00e9aliser que par le retour \u00e0 la Tradition commune et universelle de l&rsquo;Eglise : ce qui a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u comme dogme de foi ou v\u00e9cu comme institutions communes \u00a0\u00bb partout, toujours et par tous \u00a0\u00bb durant le mill\u00e9naire qui pr\u00e9c\u00e9da les s\u00e9parations, sans rien y ajouter ni rien en retrancher (Cf. saint Vincent de L\u00e9rins, Commonitorium, 2 : \u00a0\u00bb Dans l&rsquo;Eglise catholique, il faut veiller avec le plus grand soin \u00e0 tenir pour vrai ce qui a \u00e9t\u00e9 cru partout, toujours et par tous. \u00ab\u00a0. Adh\u00e9rant \u00e0 la pl\u00e9nitude de la Tradition, chacune de ces communaut\u00e9s se trouverait ipso facto dans l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Eglise universelle.<\/p>\n<p>Selon cette eccl\u00e9siologie patristique et orthodoxe, l&rsquo;unit\u00e9 visible de l&rsquo;Eglise est donc donn\u00e9e par Dieu, et demeurera identique \u00e0 elle-m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la Parousie. Si l&rsquo;on excepte les milieux \u0153cum\u00e9niques catholiques, l&rsquo;eccl\u00e9siologie d&rsquo;origine protestante qui domine dans le mouvement \u0153cum\u00e9nique est d&rsquo;une inspiration fort diff\u00e9rente. Sa conviction fondamentale est que l&rsquo;unit\u00e9 visible de l&rsquo;Eglise n&rsquo;est pas donn\u00e9e, mais \u00e0 esp\u00e9rer et \u00e0 construire par la docilit\u00e9 de tous \u00e0 l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit Saint. Aucune Eglise empirique ne peut s&rsquo;identifier \u00e0 l&rsquo;Eglise de Dieu. Celle-ci poss\u00e8de une unit\u00e9 r\u00e9elle, mais invisible, \u00e0 travers les divisions actuelles.<\/p>\n<p>Le but du mouvement \u0153cum\u00e9nique est de la manifester progressivement par une unit\u00e9 visible, qui comportera une foi commune dans les v\u00e9rit\u00e9s jug\u00e9es fondamentales, une intercommunion sacramentelle et une reconnaissance des minist\u00e8res, les diff\u00e9rences institutionnelles et dogmatiques pouvant demeurer consid\u00e9rables entre les diverses Eglises.<\/p>\n<p>Il est \u00e9vident qu&rsquo;une telle conception ne peut appara\u00eetre, aux yeux des orthodoxes, que comme une pan-h\u00e9r\u00e9sie, et il ne saurait \u00eatre question pour eux d&rsquo;y faire de quelconques concessions. Le Conseil \u0152cum\u00e9nique des Eglises ayant eu pour artisans des hommes qui, malgr\u00e9 leur bonne volont\u00e9, ne pouvaient faire abstraction des pr\u00e9suppos\u00e9s doctrinaux qui \u00e9taient les leurs, il \u00e9tait in\u00e9vitable que les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s orthodoxes s&rsquo;y soient sentis le plus souvent en porte-\u00e0-faux. Leur situation s&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9e un peu clarifi\u00e9e apr\u00e8s la session du Comit\u00e9 central du C.O.E. \u00e0 Toronto en 1950 ; il y avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 en effet que \u00a0\u00bb le fait d&rsquo;appartenir au Conseil n&rsquo;implique pas que chaque Eglise doive consid\u00e9rer les autres comme des Eglises dans le vrai et plein sens du terme \u00ab\u00a0. Mais la structure du C.O.E. contraint in\u00e9vitablement les Eglises orthodoxes \u00e0 y figurer comme des \u00a0\u00bb confessions \u00a0\u00bb ou des \u00a0\u00bb d\u00e9nominations \u00a0\u00bb parmi les autres.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en affirmant tr\u00e8s nettement la conception qu&rsquo;elles ont de leur identit\u00e9 et leurs convictions, qu&rsquo;elles peuvent \u00e9viter de rester dans l&rsquo;\u00e9quivoque et d&rsquo;induire leurs partenaires en erreur.\u2028D\u00e8s la fondation du C.O.E., le th\u00e9ologien Georges Florovsky, dans un texte d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 plus haut, justifiait cependant la pr\u00e9sence d&rsquo;orthodoxes au C.O.E., en d\u00e9finissant la seule signification acceptable de leur participation : \u00a0\u00bb Je consid\u00e8re pareille participation non seulement comme permise et possible pour les orthodoxes, mais encore comme un devoir direct d\u00e9coulant de l&rsquo;essence m\u00eame de la conscience orthodoxe et de l&rsquo;obligation qui incombe \u00e0 la v\u00e9ritable Eglise de t\u00e9moigner sans rel\u00e2che partout dans les synagogues, devant les rois et les princes.<\/p>\n<p>Comment croira-t-on, \u00e0 moins d&rsquo;avoir entendu ? Et comment entendra-t-on sans pr\u00e9dication? Cette sentence apostolique est bien \u00e0 sa place ici. Je vois la participation orthodoxe au Mouvement \u0153cum\u00e9nique dans la ligne de l&rsquo;action missionnaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise orthodoxe est sp\u00e9cialement appel\u00e9e \u00e0 une part dans l&rsquo;\u00e9change \u0153cum\u00e9nique d&rsquo;id\u00e9es pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;elle se sait la gardienne de la foi apostolique de la Tradition dans leur int\u00e9grit\u00e9 et leur pl\u00e9nitude, et \u00eatre dans ce sens la v\u00e9ritable Eglise, parce qu&rsquo;elle a conscience de poss\u00e9der le tr\u00e9sor de la gr\u00e2ce divine par la continuit\u00e9 du minist\u00e8re et la succession apostolique ; parce qu&rsquo;enfin elle pr\u00e9tend ainsi \u00e0 une place extraordinaire dans la chr\u00e9tient\u00e9 divis\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;Orthodoxie est la v\u00e9rit\u00e9 universelle, la v\u00e9rit\u00e9 pour le monde entier, pour tous les temps et tous les peuples. Voil\u00e0 les raisons pour lesquelles l&rsquo;Eglise orthodoxe est appel\u00e9e et oblig\u00e9e de t\u00e9moigner de la v\u00e9rit\u00e9 du Christ toujours et partout, devant le monde entier \u00a0\u00bb (Georges FLOROVSKY, op. cit, pp. 9- 10).\u2028En 1976, le Saint Synode de l&rsquo;Eglise Orthodoxe en Am\u00e9rique publiait une tr\u00e8s remarquable lettre encyclique sur l&rsquo;unit\u00e9 des chr\u00e9tiens et l&rsquo;\u0153cum\u00e9nisme (texte fran\u00e7ais dans \u00a0\u00bb Le Messager Orthodoxe \u00ab\u00a0, n\u00b0 78 (1978), pp. 36-55 ; un excellent commentaire en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Dom Emmanuel LANNE dans Ir\u00e9nikon, 46 (1973), pp. 319-335).<\/p>\n<p>Elle a pour objet de \u00ab\u00a0formuler \u00e0 nouveau la position qui a toujours \u00e9t\u00e9 celle de l&rsquo;Eglise Orthodoxe, position que malheureusement m\u00eame quelques-uns de nos fr\u00e8res orthodoxes ont ignor\u00e9e ou oubli\u00e9e \u00ab\u00a0. Le synode d\u00e9clare : \u00a0\u00bb Tr\u00e8s chers et bien aim\u00e9s fr\u00e8res et s\u0153urs, il est de notre devoir comme \u00e9v\u00eaques de l&rsquo;Eglise et gardiens de la foi apostolique, de confesser que l&rsquo;Eglise orthodoxe est l&rsquo;unique Eglise du Christ&#8230; Cette conception fondamentale de l&rsquo;Eglise orthodoxe&#8230; a toujours servi de base \u00e0 la participation orthodoxe dans le mouvement \u0153cum\u00e9nique. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019encyclique met ensuite en garde contre trois dangers qui menacent le mouvement \u0153cum\u00e9nique et sont g\u00e9n\u00e9rateurs de crise : le relativisme, qui rejette l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de l&rsquo;unicit\u00e9 de l&rsquo;Eglise et de la valeur absolue de sa Tradition ; le s\u00e9cularisme, selon lequel l&rsquo;unit\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser consisterait dans la construction d&rsquo;un monde meilleur par l&rsquo;action politique, sociale et \u00e9conomique ; les faux proc\u00e9d\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;union. Sur ce sujet, le texte dit : \u00a0\u00bb Nous rejetons cat\u00e9goriquement l&rsquo;usage de la communion eucharistique et de l&rsquo;intercommunion sacramentelle envisag\u00e9e comme un moyen pour achever l&rsquo;unit\u00e9 chr\u00e9tienne. Selon la foi orthodoxe, les sacrements et la vie liturgique de l&rsquo;Eglise, plus sp\u00e9cifiquement la sainte Eucharistie, ne peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9s de l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;Eglise, que leur existence a pour but de manifester. Les sacrements ne sont pas des symboles de d\u00e9votion psychologique.<\/p>\n<p>Ils sont des manifestations de l&rsquo;essence de l&rsquo;Eglise comme royaume de Dieu sur terre. En dehors de l&rsquo;unit\u00e9 de foi dans l&rsquo;Eglise unique du Christ qui est indivisible, il ne peut y avoir de communion sacramentelle ni de conc\u00e9l\u00e9bration liturgique. \u00a0\u00bb Et il ajoute : \u00a0\u00bb Une c\u00e9l\u00e9bration liturgique officielle qui implique la participation active de membres du clerg\u00e9 et de la\u00efcs de diff\u00e9rentes confessions est contraire aux canons de l&rsquo;Eglise orthodoxe. De telles c\u00e9l\u00e9brations liturgiques sont seulement susceptibles d&rsquo;\u00eatre g\u00e9n\u00e9ratrices de confusion, sources de scandales, et d&rsquo;aider \u00e0 projeter une fausse impression de la foi chr\u00e9tienne et de la nature de l&rsquo;unit\u00e9 que Dieu a donn\u00e9es aux hommes dans son Eglise. Suivant la foi orthodoxe, une telle c\u00e9l\u00e9bration liturgique est aussi une fausse pr\u00e9sentation des hommes devant l&rsquo;autel c\u00e9leste de Dieu. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A l&rsquo;occasion du 25\u00e8me anniversaire du C.O.E., le Patriarcat \u0152cum\u00e9nique et le Patriarcat de Moscou adressaient au Comit\u00e9 central du Conseil des messages o\u00f9 ils le mettaient \u00e9galement en garde contre l&rsquo;horizontalisme et le s\u00e9cularisme qui le menacent (texte dans Doc. Cath., 55 (1973), pp. 819-825 ; commentaire dans Ir\u00e9nikon, 46 (1973), pp. 475-482).\u2028Il est \u00e9videmment difficile d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;influence que le t\u00e9moignage orthodoxe a pu d\u00e9j\u00e0 exercer au sein du C.O.E. Un texte comme le document de Lima (1982) sur le Bapt\u00eame, l&rsquo;Eucharistie et le Minist\u00e8re t\u00e9moigne d&rsquo;une prise de conscience nouvelle de donn\u00e9es importantes de la tradition apostolique ; la participation orthodoxe n&rsquo;y est probablement pas \u00e9trang\u00e8re. Certains d\u00e9veloppements qui figurent dans ce texte sont d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat, et s&rsquo;il venait \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9ception assez g\u00e9n\u00e9rale parmi les confessions auxquelles il s&rsquo;adresse, cela marquerait un immense progr\u00e8s. Pourtant, il faut reconna\u00eetre que l&rsquo;Eglise orthodoxe ne peut reconna\u00eetre dans un tel document qu&rsquo;une expression partielle et limit\u00e9e de la Tradition de l&rsquo;Eglise telle qu&rsquo;elle la vit elle-m\u00eame, et il lui serait impossible d&rsquo;accepter sans s&rsquo;\u00e9carter de cette Tradition certaines recommandations qui accompagnent le texte.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de t\u00e9moigner de la Tradition de l&rsquo;Eglise devrait inciter les orthodoxes \u00e0 y \u00eatre eux-m\u00eames plus int\u00e9gralement fid\u00e8les. M\u00eame si l&rsquo;essentiel reste sauf, la Tradition authentique est chez eux occult\u00e9e ou d\u00e9form\u00e9e sur bien des points.<\/p>\n<p>Que l&rsquo;on songe, pour ne citer qu&rsquo;un exemple, aux dommages que les attitudes nationalistes ou l&rsquo;esprit de chapelle ont caus\u00e9s dans la Diaspora. Mais ces distorsions sont souvent la cons\u00e9quence de situations de fait et de circonstances historiques (par exemple la r\u00e9volution russe, ou les si\u00e8cles d&rsquo;occupation turque en Gr\u00e8ce et dans les Balkans), et il faut beaucoup de prudence et de patience pour y porter rem\u00e8de. On doit avoir, avant toute autre chose, le souci de pr\u00e9server l&rsquo;unit\u00e9 orthodoxe, et ne pas renouveler des initiatives comme la malencontreuse r\u00e9forme du calendrier : toute r\u00e9forme, tout changement, m\u00eame th\u00e9oriquement justifi\u00e9, qui ne pourrait pas \u00eatre re\u00e7u d&rsquo;une fa\u00e7on quasi unanime par le peuple orthodoxe, ne serait pas inspir\u00e9 par l&rsquo;Esprit de Dieu.<\/p>\n<p>Le Patriarcat \u0152cum\u00e9nique est actuellement tr\u00e8s sensible \u00e0 cet aspect des choses.<\/p>\n<p><b>Le dialogue avec l&rsquo;Eglise catholique romaine<\/b><\/p>\n<p>Le dialogue que l&rsquo;Eglise orthodoxe entretient avec l&rsquo;Eglise catholique romaine a un caract\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui qu&rsquo;elle peut avoir avec les confessions issues de la R\u00e9forme. En effet, elles professent l&rsquo;une et l&rsquo;autre que l&rsquo;Eglise du Christ est unique, et que cette unit\u00e9 est visible et d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e. Sur la plus grande partie du dogme chr\u00e9tien, leurs affirmations convergent, m\u00eame si elles les pr\u00e9sentent sous un \u00e9clairage diff\u00e9rent, qui tient pour une part \u00e0 l&rsquo;influence diffuse, sur l&rsquo;ensemble de la doctrine, des points sur lesquels elles divergent. Cet accord des deux Eglises, que le dialogue bilat\u00e9ral qu&rsquo;elles ont entrepris veut souligner d&rsquo;abord, devrait avoir un poids immense au sein du mouvement \u0153cum\u00e9nique. Elles repr\u00e9sentent actuellement, du point de vue num\u00e9rique, la majorit\u00e9 des chr\u00e9tiens dans le monde, et surtout, elles t\u00e9moignent ainsi de ce que fut la foi unanime des chr\u00e9tiens avant les s\u00e9parations.<\/p>\n<p>Malheureusement, la force de ce t\u00e9moignage est en grande partie occult\u00e9e par une mauvaise r\u00e9partition au sein du C.O.E. (dont l&rsquo;Eglise catholique romaine n&rsquo;est pas membre, pour des motifs tr\u00e8s compr\u00e9hensibles).\u2028Mais ces deux Eglises ne sont plus en communion depuis plus de neuf cents ans, et chacune a, pour sa part, conscience d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;unique Eglise de Dieu.\u2028Le rapprochement commenc\u00e9 avec les rencontres du Pape Paul VI et du Patriarche Ath\u00e9nagoras en 1967, et qui, depuis 1979, a pris la forme d&rsquo;un dialogue th\u00e9ologique, a pour objet de surmonter cette contradiction et de permettre le r\u00e9tablissement de la communion sacramentelle entre les deux Eglises, en les amenant progressivement \u00e0 se reconna\u00eetre pleinement comme Eglises-s\u0153urs, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme deux ensembles d&rsquo;Eglises locales ayant leurs traditions propres, mais formant ensemble l&rsquo;unique Eglise de Dieu.\u2028Ce projet \u0153cum\u00e9nique a \u00e9t\u00e9 ainsi formul\u00e9 par le Cardinal Willebrands : \u00a0\u00bb Nos Eglises, ayant re\u00e7u la m\u00eame foi, ont d\u00e9velopp\u00e9 par des voies et des mani\u00e8res diff\u00e9rentes ce patrimoine chr\u00e9tien, et \u00a0\u00bb l&rsquo;h\u00e9ritage transmis par les ap\u00f4tres a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par des mani\u00e8res diverses et, depuis les origines m\u00eames de l&rsquo;Eglise, il a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 de fa\u00e7on diff\u00e9rente, selon la diversit\u00e9 du g\u00e9nie et les conditions d&rsquo;existence \u00a0\u00bb (cf. D\u00e9cret Unitatis Redintegratio de Vatican Il).<\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions diff\u00e9rentes se rencontrent dans tous les domaines de la vie de l&rsquo;Eglise, la tradition liturgique et spirituelle, la discipline, la mani\u00e8re d&rsquo;exprimer, de pr\u00e9senter et d&rsquo;organiser la r\u00e9flexion sur les myst\u00e8res de la foi&#8230; C&rsquo;est dans ces perspectives que doit se situer notre travail en vue de la communion parfaite dans la foi, dans le respect de la pluralit\u00e9 et de la diversit\u00e9 n\u00e9cessaires pour exprimer la richesse infinie de Dieu et de ses dons \u00a0\u00bb (Cardinal WILLEBRANDS, \u00a0\u00bb Allocution prononc\u00e9e \u00e0 Patmos le 29 mai 1980 \u00ab\u00a0, dans Doc. Cath., 62 (1980), p. 705).\u2028L&rsquo;application de ce programme se heurte cependant \u00e0 des difficult\u00e9s concr\u00e8tes qui ne sont pas n\u00e9gligeables. Le Patriarche Dimitrios n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 \u00e9voquer de \u00a0\u00bb s\u00e9rieux probl\u00e8mes th\u00e9ologiques qui concernent des chapitres essentiels de la foi chr\u00e9tienne \u00a0\u00bb (Patriarche DIMITRIOS 1er \u00ab\u00a0Allocution du 30 novembre 1979&Prime;, dans S. 0. P. n\u00b0 43 (d\u00e9cembre 1979), Suppl\u00e9ment Documentation : \u00a0\u00bb La rencontre de Jean-Paul II et de Dimitrios 1er \u00ab\u00a0, p. 23) et s&rsquo;opposent encore au r\u00e9tablissement de la pleine communion entre les deux Eglises.<\/p>\n<p>Quelles sont ces difficult\u00e9s, et par quelles voies esp\u00e8re-t-on les surmonter ?\u2028Les difficult\u00e9s principales se situent au niveau de l&rsquo;eccl\u00e9siologie et de la doctrine trinitaire. Sur ces deux points majeurs, l&rsquo;Eglise latine a connu des d\u00e9veloppements doctrinaux que les autres Eglises n&rsquo;ont jamais accept\u00e9s, et qu&rsquo;elles consid\u00e8rent comme des alt\u00e9rations de la Tradition apostolique.<\/p>\n<p>L&rsquo;eccl\u00e9siologie romaine consid\u00e8re la primaut\u00e9 du pape de Rome comme le principe dernier de l&rsquo;unit\u00e9 visible de l&rsquo;Eglise. S&rsquo;exprimant librement devant un auditoire de cardinaux, Paul VI n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 dire, dans son discours au Consistoire du 24 mai 1976 : \u00a0\u00bb Etre hors de la communion avec le successeur de Pierre, c&rsquo;est se mettre hors de l&rsquo;Eglise \u00ab\u00a0. Cette conception est le fruit d&rsquo;une \u00e9volution qui s&rsquo;est dessin\u00e9e \u00e0 Rome au moins d\u00e8s le 4\u00e8me si\u00e8cle mais qui, on l&rsquo;a dit plus haut, n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9ception v\u00e9ritable dans les Eglises non-latines. Cette \u00e9volution de l&rsquo;eccl\u00e9siologie romaine a certainement contribu\u00e9 dans une large mesure \u00e0 rendre \u00e9trang\u00e8res les unes aux autres l&rsquo;Eglise latine, d&rsquo;une part, et les autres Eglises, d&rsquo;autre part. Ainsi s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 le climat qui rendait in\u00e9luctable la rupture du 11\u00e8me si\u00e8cle.\u2028Au 19\u00e8me si\u00e8cle, le Concile Vatican I a scell\u00e9 ce d\u00e9veloppement doctrinal en d\u00e9finissant comme dogme de foi la primaut\u00e9 de juridiction de droit divin du pape sur l&rsquo;Eglise universelle, et son infaillibilit\u00e9 personnelle en mati\u00e8re de d\u00e9finitions dogmatiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise orthodoxe reconna\u00eetrait sans difficult\u00e9 au pape de Rome, l&rsquo;union une fois r\u00e9tablie, la fonction de \u00a0\u00bb premier entre les \u00e9gaux \u00a0\u00bb (primus inter pares) qui \u00e9tait universellement admise dans l&rsquo;Eglise ancienne. Mais elle rejette le dogme de Vatican I, qui a une tout autre signification. Le Patriarche Dimitrios, peu apr\u00e8s son \u00e9lection, devait d\u00e9clarer : \u00a0\u00bb En qualit\u00e9 de Patriarche \u0153cum\u00e9nique, nous d\u00e9sirons souligner qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir toutes les rencontres pancatholiques et panorthodoxes, tous les dialogues et toutes les consultations se tiendront sur les bases fondamentales suivantes\u20281) La plus haute autorit\u00e9 de l&rsquo;Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique r\u00e9side dans le Concile \u0152cum\u00e9nique de l&rsquo;Eglise tout enti\u00e8re.\u20282) Personne parmi nous, les \u00e9v\u00eaques de l&rsquo;Eglise catholique, n&rsquo;a re\u00e7u d&rsquo;autorit\u00e9, de privil\u00e8ge ou de droit accord\u00e9 canoniquement, sur quelque juridiction eccl\u00e9siastique que ce soit, sans l&rsquo;intime volont\u00e9 et le consentement canonique de l&rsquo;autre \u00a0\u00bb (texte dans Ir\u00e9nikon, 47 (1974), p. 70).\u2028La doctrine catholique romaine sur la Sainte-Trinit\u00e9 est dans une large mesure tributaire de l&rsquo;enseignement de saint Augustin (+ 430) qui, durant des si\u00e8cles, devait \u00eatre l&rsquo;autorit\u00e9 patristique principale dans l&rsquo;Eglise latine. Or Augustin, penseur de g\u00e9nie, s&rsquo;\u00e9tait montr\u00e9 assez novateur en ce domaine, au point qu&rsquo;on a pu \u00e9crire que \u00a0\u00bb l&rsquo;historien du dogme qui, venant des \u00e9crits des P\u00e8res du 4\u00e8me si\u00e8cle, d\u00e9bouche sur l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Augustin \u00a0\u00bb constate que \u00a0\u00bb la ligne de rupture dans le d\u00e9veloppement synth\u00e9tique de la doctrine trinitaire ne se trouve pas entre Augustin et nous, mais entre lui et ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs imm\u00e9diats\u00a0\u00bb (E. HENDRIKX, \u00a0\u00bb Introduction \u00e0 saint Augustin \u00ab\u00a0, dans \u0152uvres de saint Augustin : La Trinit\u00e9, 1, Paris, 1955, p. 22).<\/p>\n<p>Plus r\u00e9ticente que l&rsquo;Eglise catholique romaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9veloppement dogmatique, l&rsquo;Eglise orthodoxe n&rsquo;en rejette cependant pas la possibilit\u00e9. Mais le crit\u00e8re de l&rsquo;authenticit\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9veloppement de ce genre ne peut \u00eatre que sa r\u00e9ception par l&rsquo;Eglise universelle ; jamais l&rsquo;opinion d&rsquo;un docteur particulier ou la tradition d&rsquo;une Eglise particuli\u00e8re ne peut acqu\u00e9rir une telle autorit\u00e9. Or, ici encore, nous sommes en pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9volution propre \u00e0 l&rsquo;Occident latin qui aboutira, au 11\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 l&rsquo;introduction \u00e0 Rome du \u00a0\u00bb Filioque \u00a0\u00bb dans le symbole de Nic\u00e9e-Constantinople, et, un peu plus tard, aux conciles m\u00e9di\u00e9vaux qui d\u00e9finiront que le Saint Esprit proc\u00e8de du P\u00e8re et du Fils comme d&rsquo;un seul principe, accompagnant cette d\u00e9finition de l&rsquo;anath\u00e8me suivant (qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 lev\u00e9) : \u00a0\u00bb La Sainte Eglise romaine condamne, r\u00e9prouve et anath\u00e9matise quiconque a un sentiment oppos\u00e9 ou contraire, et elle le d\u00e9clare \u00e9tranger au Corps du Christ, qui est l&rsquo;Eglise\u00a0\u00bb (Concile de Florence, Denz.-Sch\u00f6nm, 1331-1332).\u2028Comme la primaut\u00e9 romaine, le \u00a0\u00bb Filioque \u00a0\u00bb est susceptible d&rsquo;une interpr\u00e9tation orthodoxe, comme en t\u00e9moigne saint Maxime le Confesseur (+ 666). C&rsquo;est ce qui a permis &#8211; \u00e0 la faveur d&rsquo;une certaine \u00e9quivoque &#8211; le maintien de la communion pendant plusieurs si\u00e8cles, malgr\u00e9 la g\u00e9n\u00e9ralisation de cette doctrine dans l&rsquo;Eglise latine. Mais ce n&rsquo;est pas selon cette interpr\u00e9tation que le \u00a0\u00bb Filioque \u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini comme dogme de foi par l&rsquo;Eglise romaine : au contraire, les conciles m\u00e9di\u00e9vaux le formulent sans \u00e9quivoque dans un sens qui a toujours \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 inacceptable par les repr\u00e9sentants de l&rsquo;Eglise orthodoxe.<\/p>\n<p>Comme le Patriarche Photius, les Patriarches de Constantinople, d&rsquo;Antioche et de J\u00e9rusalem, dans leur Encyclique collective de 1848, qualifient cette doctrine d'\u00a0\u00bb h\u00e9r\u00e9sie \u00a0\u00bb ; et, tr\u00e8s r\u00e9cemment, le Patriarche Dimitrios 1er dans son Encyclique du 12 mars 1981, d\u00e9clarait que le \u00a0\u00bb Filioque \u00a0\u00bb est \u00a0\u00bb tout \u00e0 fait inacceptable et doit \u00eatre rejet\u00e9 \u00a0\u00bb (Dans SOP, n\u00b0 59 (juin-juillet 1981), p. 15).\u2028On mesure toute la difficult\u00e9 : sur au moins deux points importants de doctrine, l&rsquo;Eglise orthodoxe rejette purement et simplement, comme contraires \u00e0 la Tradition, des doctrines que l&rsquo;Eglise catholique romaine a d\u00e9finies solennellement comme appartenant au d\u00e9p\u00f4t de la foi.\u2028Est-il possible de sortir de la contradiction ? Une premi\u00e8re tentative, faite par certains oecum\u00e9nistes catholiques, consisterait \u00e0 ne plus tenir les conciles occidentaux post\u00e9rieurs \u00e0 la s\u00e9paration pour de vrais conciles \u0153cum\u00e9niques, et \u00e0 ne consid\u00e9rer leurs d\u00e9cisions, m\u00eame dogmatiques, que comme des traditions propres \u00e0 l&rsquo;Eglise latine et n&rsquo;ayant pas de caract\u00e8re obligatoire pour les autres Eglises. La communion pl\u00e9ni\u00e8re pourrait ainsi \u00eatre r\u00e9tablie sans que les Orthodoxes soient oblig\u00e9s d&rsquo;admettre le dogme de Vatican I, le \u00a0\u00bb Filioque \u00a0\u00bb et les autres traditions proprement latines. Assur\u00e9ment, dans une telle hypoth\u00e8se, l&rsquo;union serait grandement facilit\u00e9e pour les Orthodoxes. Mais cette proposition\u2028vient d&rsquo;\u00eatre vigoureusement repouss\u00e9e par le cardinal Joseph Ratzinger, qui la juge inacceptable du point de vue catholique. Elle impliquerait en effet que l&rsquo;Eglise romaine renonce \u00e0 sa conviction d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9, depuis le 11\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;Eglise universelle, et reconnaisse pratiquement avoir err\u00e9 en proclamant v\u00e9rit\u00e9 de foi ce qui n&rsquo;\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;une tradition particuli\u00e8re : \u00a0\u00bb Ce qui se pr\u00e9sentait comme v\u00e9rit\u00e9 devrait \u00eatre qualifi\u00e9 de simple coutume. La noble pr\u00e9tention \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 serait disqualifi\u00e9e comme un abus\u00a0\u00bb (Cf. Ir\u00e9nikon, 56 (1983), p. 236).\u2028Selon le P Congar, il ne serait pas n\u00e9cessaire, en fait, que l&rsquo;une des parties cesse de consid\u00e9rer comme dogme ce que sa tradition a consid\u00e9r\u00e9 comme tel ; \u00a0\u00bb dans le climat et sous la gr\u00e2ce d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0, il semblerait qu'\u00a0\u00bb il est possible de reconna\u00eetre l&rsquo;\u00e9quivalence r\u00e9elle et l&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de vis\u00e9e, donc de sens et d&rsquo;affirmation, bref, l&rsquo;homonia, sous des d\u00e9marches et expressions diff\u00e9rentes \u00a0\u00bb (Y CONGAR, \u00ab\u00a0Autonomie et pouvoir central dans l&rsquo;Eglise \u00ab\u00a0, dans Ir\u00e9nikon, 53 (1980) p.311) &#8211; et, en r\u00e9alit\u00e9, contradictoires. Mais il est peu probable que ce pluralisme dogmatique, qui relativise dangereusement les affirmations de la foi et que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tonne un peu de trouver chez un th\u00e9ologien de formation thomiste, puisse \u00eatre accept\u00e9 par les deux Eglises.\u2028Une autre voie est sugg\u00e9r\u00e9e par un texte \u00e9labor\u00e9 dans le cadre du dialogue entre catholiques et protestants, mais qui pourrait trouver une application privil\u00e9gi\u00e9e dans le dialogue entre catholiques et orthodoxes. Ce document se fonde sur la th\u00e9orie du d\u00e9veloppement dogmatique particuli\u00e8rement en faveur dans l&rsquo;Eglise catholique : \u00a0\u00bb Les Eglises pour lesquelles le contenu de la foi s&rsquo;exprime dans une formulation plus ample n&rsquo;ont pas \u00e0 consid\u00e9rer a priori les autres Eglises, moins explicites dans leurs traditions doctrinales, comme trahissant de plein gr\u00e9 ou par quelque calcul pervers l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de l&rsquo;h\u00e9ritage chr\u00e9tien. Elles doivent faire confiance \u00e0 l&rsquo;implicite et au v\u00e9cu qu&rsquo;il permet. Et \u00e0 leur tour, \u00e9videmment, les Eglises sobres dans leur \u00e9nonc\u00e9 doctrinal et leur vie sacramentelle ont \u00e0 se garder de consid\u00e9rer a priori les autres Eglises, plus abondantes en formules de foi et en rites, comme polluant la puret\u00e9 de la foi par des surajouts adventices ou parasitaires. Elles doivent non nier, mais laisser la question ouverte&#8230; Une fois r\u00e9concili\u00e9es, elles cro\u00eetront ensemble vers la pl\u00e9nitude de la v\u00e9rit\u00e9 \u00a0\u00bb (\u00a0\u00bb Vers une profession de foi commune \u00ab\u00a0, Rapport du groupe mixte de travail catholiques-protestants. Texte r\u00e9dig\u00e9 par J.M.R. Tillard et pr\u00e9sent\u00e9 par Pierre Duprey et Lukas Vischer, dans Doc. Cath. 62 (1980), p. 657). On pourrait ainsi soutenir qu&rsquo;en ne confessant ni le \u00a0\u00bb Filioque \u00ab\u00a0, ni la primaut\u00e9 de droit divin et l&rsquo;infaillibilit\u00e9 du pape, l&rsquo;Eglise orthodoxe ne contredit pas les dogmes romains, mais se situe seulement \u00e0 un stade moins avanc\u00e9 de d\u00e9veloppement doctrinal. Le cardinal Ratzinger semble favorable \u00e0 une solution de ce genre : \u00a0\u00bb Pour l&rsquo;intercommunion avec les Orthodoxes, l&rsquo;Eglise catholique ne doit pas insister n\u00e9cessairement sur l&rsquo;acceptation des dogmes du second mill\u00e9naire. On pr\u00e9sumerait que les Eglises orientales sont demeur\u00e9es dans la forme de la Tradition du premier mill\u00e9naire qui, en elle-m\u00eame, est l\u00e9gitime et, si elle est bien comprise, ne contient pas de contradiction avec les d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs. Ces derniers n&rsquo;ont fait qu&rsquo;expliciter ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 en principe au temps de l&rsquo;Eglise indivise. J&rsquo;ai moi-m\u00eame pris part \u00e0 ces tentatives de r\u00e9flexion \u00a0\u00bb (Cardinal RATZINGER, dans Ir\u00e9nikon, 56 (1983), p. 235).\u2028C&rsquo;est sans doute du c\u00f4t\u00e9 orthodoxe qu&rsquo;un tel projet rencontrerait de fortes oppositions. En effet, entrer en communion sacramentelle avec une Eglise qui confesse tel ou tel dogme, n&rsquo;est-ce pas, en fait, les accepter soi-m\u00eame, bien qu&rsquo;une profession explicite n&rsquo;en soit pas exig\u00e9e ? Et les Eglises orthodoxes accepteraient-elles d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9es en Eglises doctrinalement sous-d\u00e9velopp\u00e9es ?\u2028Bornons-nous \u00e0 ces exemples. L&rsquo;\u0153uvre du rapprochement devra surmonter, on le devine, de redoutables difficult\u00e9s qui n&rsquo;apparaissaient peut-\u00eatre pas \u00e0 premi\u00e8re vue. Mais il est utile de clarifier les situations et de percevoir nettement les probl\u00e8mes, pourvu qu&rsquo;on le fasse dans un esprit de charit\u00e9, sans passion et en dehors de toute pol\u00e9mique, anim\u00e9 seulement de l&rsquo;amour de la v\u00e9rit\u00e9 et de l&rsquo;unit\u00e9. Devant les difficult\u00e9s de la t\u00e2che, le danger serait de s&rsquo;\u00e9vader vers des r\u00eaves s\u00e9duisants ou des solutions de facilit\u00e9 qui les escamotent ; plus dangereuse encore est la tentation de s&rsquo;y d\u00e9rober en relativisant la valeur des formules de la foi et l&rsquo;institution eccl\u00e9siale elle-m\u00eame. Ce sont des biens infiniment pr\u00e9cieux : nous ne pouvons conna\u00eetre Dieu qu&rsquo;\u00e0 travers les mots transfigur\u00e9s, port\u00e9s par la Tradition, qui nous communiquent ce que le Fils de Dieu a bien voulu nous r\u00e9v\u00e9ler des secrets du P\u00e8re, et, de par sa volont\u00e9, nous ne pouvons rejoindre le Christ que par l&rsquo;Eglise et dans l&rsquo;Eglise qui est son Corps.\u2028Enfin, pour citer une derni\u00e8re fois le cardinal Willebrands, \u00a0\u00bb ce ne sont en premier lieu ni les conf\u00e9rences au sommet, ni les commissions, qui font progresser la cause \u0153cum\u00e9nique, mais le d\u00e9veloppement de ce que le d\u00e9cret sur l&rsquo;\u0153cum\u00e9nisme a appel\u00e9 l&rsquo;\u00e2me de tout \u0153cum\u00e9nisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire la conversion du c\u0153ur, la saintet\u00e9 de vie, unies aux pri\u00e8res publiques et priv\u00e9es pour l&rsquo;unit\u00e9 des chr\u00e9tiens \u00a0\u00bb (Cardinal WILLEBRANDS, Allocution du 20 janvier 1975, dans Doc. Cath,, 57 (1975), p. 268). Aucun \u00ab\u00a0pessimisme\u00a0\u00bb n&rsquo;est de mise en ce qui concerne cette unit\u00e9, mais il faut \u00eatre bien conscient de ce qu&rsquo;elle ne pourra \u00eatre, avant tout, que l&rsquo;\u0153uvre de la gr\u00e2ce divine, \u00e0 qui rien n&rsquo;est impossible.<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><em>Archimandrite Placide Deseille<\/em><\/p>\n<p><b><\/b><em>Publication du Monast\u00e8re St Antoine-le-Grand, m\u00e9tochion de Simonos-Petra<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2028Le mod\u00e8le patristique de l&rsquo;unit\u00e9 En 1949, alors que le Congr\u00e8s d&rsquo;Amsterdam venait de donner naissance au Conseil \u0153cum\u00e9nique des Eglises, le P. 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