{"id":7664,"date":"2015-01-22T15:55:39","date_gmt":"2015-01-22T13:55:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7664"},"modified":"2015-03-06T12:05:37","modified_gmt":"2015-03-06T10:05:37","slug":"le-bapteme-sens-et-rites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/le-bapteme-sens-et-rites\/","title":{"rendered":"LE BAPTEME : SENS ET RITES"},"content":{"rendered":"<p>1.-Le bapt\u00eame transforme radicalement le mode d&rsquo;existence de l&rsquo;homme<\/p>\n<p>1.1.- Le bapt\u00eame dans le Fils unique-engendr\u00e9.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;Orthodoxie, la f\u00eate du 6 janvier, la f\u00eate de la Th\u00e9ophanie, du bapt\u00eame de J\u00e9sus par Jean dans le Jourdain, est le fondement de la c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame des cat\u00e9chum\u00e8nes. La cons\u00e9cration de l&rsquo;eau baptismale s&rsquo;effectue par la proclamation d&rsquo;un po\u00e8me de saint Sophrone, patriarche de J\u00e9rusalem de 634 \u00e0 638, le m\u00eame qu&rsquo;au moment de la b\u00e9n\u00e9diction des eaux le 6 janvier. Et ce que le P\u00e8re c\u00e9leste prononce au sujet de son Fils Unique-engendr\u00e9 au moment du bapt\u00eame par Jean dans les eaux du Jourdain, la sainte Eglise le prononce au moment du bapt\u00eame au sujet du nouveau baptis\u00e9. Au moment o\u00f9 J\u00e9sus remonta des eaux du Jourdain \u00a0\u00bb du ciel une voix se fit entendre : Tu es mon fils bien-aim\u00e9, en qui j&rsquo;ai mis ma complaisance \u00ab\u00a0. A la suite de Wellhausen, le P.Lagrange fait remarquer que, dans l&rsquo;Ancien Testament, il n&rsquo;y a pas grande diff\u00e9rence entre fils bien-aim\u00e9 et fils unique.<\/p>\n<p>Par le bapt\u00eame, l&rsquo;homme devient un \u00eatre unique au monde, irreproductible, irrempla\u00e7able. En tant que personne recr\u00e9\u00e9e dans les eaux du bapt\u00eame \u00e0 l&rsquo;image du Dieu trinitaire et pour lui ressembler, l&rsquo;homme, comme Dieu, rel\u00e8ve d&rsquo;une approche non point cataphatique mais apophatique. En grec \u00a0\u00bb kataphasis \u00a0\u00bb signifie affirmation, et \u00a0\u00bb apophasis \u00a0\u00bb n\u00e9gation. Parce qu&rsquo;il est une personne cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&rsquo;image du Fils pour ressembler \u00e0 la divine Trinit\u00e9, l&rsquo;homme participe au sans-fond des trois Personnes divines, il est une r\u00e9alit\u00e9 myst\u00e9rieuse, c&rsquo;est-\u00e0-dire in\u00e9puisable par sa richesse, insondable par sa profondeur, dont on peut dire plus s\u00fbrement ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas que ce qu&rsquo;elle est. Et le bapt\u00eame chr\u00e9tien a pour signification fondamentale de transformer radicalement le mode d&rsquo;existence de cet homme rendu, par la pr\u00e9sence en lui du Dieu tri-unique, inexprimable ad\u00e9quatement par le langage conceptuel, incompr\u00e9hensible par la seule raison raisonnante, irr\u00e9ductible, irreproductible, irrempla\u00e7able.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, par le bapt\u00eame, l&rsquo;homme passe d&rsquo;un mode d&rsquo;existence biologique \u00e0 un mode d&rsquo;existence eccl\u00e9sial. C&rsquo;est ce que l&rsquo;Orthodoxie appelle la d\u00e9ification en laquelle elle voit la quintessence du salut en Christ. Pour l&rsquo;Orthodoxie, le salut consiste essentiellement en ce que l&rsquo;homme ne participe pas, certes, \u00e0 la substance de Dieu, mais \u00e0 son existence personnelle. Le salut, c&rsquo;est la r\u00e9alisation, au sein de l&rsquo;existence humaine, de la vie trinitaire, c&rsquo;est l&rsquo;extension ad extra du mode d&rsquo;existence des trois Personnes divines. Pour l&rsquo;Orthodoxie, la f\u00eate du 6 janvier est indissociablement la f\u00eate du bapt\u00eame du Christ et celle de la divine Trinit\u00e9. C&rsquo;est pourquoi nous parlons de Th\u00e9ophanie plut\u00f4t que d&rsquo;\u00e9piphanie. Toute th\u00e9ophanie est une \u00e9piphanie, mais toute \u00e9piphanie n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement celle du Dieu tri-unique. Le tropaire que l&rsquo;Eglise se pla\u00eet \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter tout au long de la journ\u00e9e du 6 janvier souligne le caract\u00e8re trinitaire de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;elle m\u00e9dite : \u00a0\u00bb Dans le Jourdain lorsque, Seigneur, tu fus baptis\u00e9, \u00e0 l&rsquo;univers fut r\u00e9v\u00e9l\u00e9e la sainte Trinit\u00e9 ; en ta faveur se fit entendre la voir du P\u00e8re te d\u00e9signant comme son Fils bien-aim\u00e9 ; et l&rsquo;Esprit sous forme de colombe confirma la v\u00e9rit\u00e9 du t\u00e9moignage. Christ notre Dieu qui t&rsquo;es manifest\u00e9, illuminateur du monde, gloire \u00e0 toi ! \u00ab\u00a0. Or, \u00e0 l&rsquo;office du bapt\u00eame, nous lisons la finale de l&rsquo;Evangile selon saint Matthieu qui nous dit que c&rsquo;est au Nom du P\u00e8re, et du Fils et du saint Esprit que les disciples envoy\u00e9s par le Christ ressuscit\u00e9 en mission dans le monde devront baptiser toutes les nations pa\u00efennes ( Mt. 28, 19 ). Et c&rsquo;est par trois immersions \/ \u00e9mersions que le c\u00e9l\u00e9brant baptise le cat\u00e9chum\u00e8ne : au Nom du P\u00e8re, au Nom du Fils et au Nom du saint Esprit. Etre baptis\u00e9, c&rsquo;est \u00eatre introduit dans l&rsquo;acte g\u00e9n\u00e9rateur \u00e9ternel par lequel le P\u00e8re communique \u00e0 son Fils unique la pl\u00e9nitude de sa Vie paternelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire son saint Esprit. Et cette introduction divinisatrice signifie pour l&rsquo;homme la transformation de l&rsquo;individu en personne. C&rsquo;est \u00e0 cette transformation que songe l&rsquo;Eglise lorsqu&rsquo;elle fait dire au c\u00e9l\u00e9brant, au sujet du futur baptis\u00e9, dans la derni\u00e8re pri\u00e8re de l&rsquo;office du cat\u00e9chum\u00e9nat : \u00a0\u00bb D\u00e9pouille-le du vieil homme et rev\u00eats-le de l&rsquo;homme nouveau pour la vie \u00e9ternelle&#8230; afin qu&rsquo;il ne soit plus un enfant de la chair, mais un fils ( une fille ) de ton Royaume \u00ab\u00a0. \u00a0\u00bb Un enfant de la chair \u00a0\u00bb ou bien \u00a0\u00bb le vieil homme \u00ab\u00a0, c&rsquo;est l&rsquo;individu vivant une vie naturelle, biologique, soumis \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 naturelle. C&rsquo;est l&rsquo;existence humaine en sa condition d\u00e9chue, animalis\u00e9e par le p\u00e9ch\u00e9 : faible, fragile, d\u00e9bile, p\u00e9rissable, corruptible, terrestre.<\/p>\n<p>1.2.- L&rsquo;individu et la personne.<\/p>\n<p>L&rsquo;existence de l&rsquo;individu, c&rsquo;est l&rsquo;existence biologique, g\u00e9n\u00e9tique. A la diff\u00e9rence de l&rsquo;existence personnelle, l&rsquo;individu existe non comme libert\u00e9, mais comme n\u00e9cessit\u00e9. Je nais au monde sans que l&rsquo;on m&rsquo;ait demand\u00e9 mon avis. Et cette existence biologique est promise in\u00e9luctablement et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la mort. Le mode d&rsquo;existence biologique de l&rsquo;homme est tragique en ce qu&rsquo;il manifeste l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;homme \u00e0 devenir une personne au niveau biologique, naturel. Le salut en Christ, c&rsquo;est la r\u00e9alisation en l&rsquo;homme de la ressemblance divine. C&rsquo;est le fait que l&rsquo;homme existe non plus comme un individu, mais comme une personne.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame chr\u00e9tien signifie que l&rsquo;homme en tant que personne cesse de manquer le but recherch\u00e9 par ce que Maurice Blondel appelait sa \u00a0\u00bb volont\u00e9 voulante \u00ab\u00a0, c&rsquo;est-\u00e0-dire sa volont\u00e9 profonde, ce que l&rsquo;homme veut sans savoir qu&rsquo;il le veut et qu&rsquo;il ne peut s&#8217;emp\u00eacher de vouloir. Le bapt\u00eame signifie que les deux constituants fondamentaux de l&rsquo;existence biologique, \u00e0 savoir l&rsquo;\u00e9ros et le corps humains, cessent d&rsquo;\u00eatre les v\u00e9hicules de la mort. Le bapt\u00eame a pour signification essentielle de changer le mode constitutif de l&rsquo;existence humaine. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une am\u00e9lioration morale mais d&rsquo;une \u00a0\u00bb anang\u00e9n\u00e9sis \u00a0\u00bb d&rsquo;une re-naissance, d&rsquo;une r\u00e9-g\u00e9n\u00e9ration, d&rsquo;une naissance nouvelle de l&rsquo;homme en tant que personne, d&rsquo;une refonte totale du plasma humain. Cette notion anang\u00e9n\u00e9sis de renaissance organique est exprim\u00e9e dans la premi\u00e8re Ep\u00eetre de Pierre : \u00a0\u00bb B\u00e9ni est Dieu, le P\u00e8re de notre Seigneur J\u00e9sus-Christ, qui, selon sa grande mis\u00e9ricorde, nous a r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, pour une esp\u00e9rance vivante, par la r\u00e9surrection de J\u00e9sus-Christ, d&rsquo;entre les morts&#8230; vous avez \u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la Parole vivante et permanente de Dieu ( 1Pi. 1, 3 et 23 ). L&rsquo;\u00e9ros et le corps animalis\u00e9s par le p\u00e9ch\u00e9 sont baptis\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils ne sont pas ni\u00e9s mais convi\u00e9s \u00e0 changer leur mode d&rsquo;existence en devenant semence du corps spirituel et incorruptible. L&rsquo;asc\u00e8se chr\u00e9tienne bien comprise est fondamentalement une transfiguration et une pneumatisation du corps et de tout l&rsquo;\u00eatre humain sensible, qui doit laisser transpara\u00eetre la lumi\u00e8re incr\u00e9\u00e9e et divine, tel un vase de cristal les rayons du soleil. Le bapt\u00eame communique \u00e0 l&rsquo;homme la certitude que l&rsquo;existence personnelle \u00e0 l&rsquo;image et \u00e0 la ressemblance de Dieu est une r\u00e9alit\u00e9 historique mise \u00e0 sa port\u00e9e par le Christ Sauveur. Celui-ci est le Sauveur en ce sens tr\u00e8s pr\u00e9cis qu&rsquo;il a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux hommes la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame de la personne. Tous autant que nous sommes, nous fragmentons la nature humaine : nous sommes plus ou moins des hommes, plus ou moins intelligents, plus ou moins dou\u00e9s de m\u00e9moire, plus ou moins vertueux. En J\u00e9sus de Nazareth, vrai Dieu et vrai homme, a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e la pl\u00e9nitude de l&rsquo;humanit\u00e9 : Ecce Homo.<\/p>\n<p>Pilate ne croyait pas si bien dire ! Voil\u00e0 enfin l&rsquo;Homme v\u00e9ritable, l&rsquo;Homme pleinement homme parce que pleinement Dieu. En J\u00e9sus-Christ nous a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que Dieu seul est pleinement humain et que nous ne pouvons devenir v\u00e9ritablement des hommes qu&rsquo;en J\u00e9sus-Christ. Dire que Dieu nous divinise ou qu&rsquo;il nous humanise pleinement, ou encore qu&rsquo;il nous sauve ou nous d\u00e9ifie, c&rsquo;est dire la m\u00eame chose.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame signifie fondamentalement le rejet de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie de Nestorius. Le Christ ne peut nous sauver que parce que son hypostase n&rsquo;est pas que biologique. En J\u00e9sus-Christ, il n&rsquo;y a pas de cloisonnement entre l&rsquo;humain et le divin. Cet homme-l\u00e0 fut pleinement divin en son humanit\u00e9 et pleinement humain en sa divinit\u00e9. Vrai Dieu et vrai homme, J\u00e9sus de Nazareth est venu t\u00e9moigner de la possibilit\u00e9 pour la personne humaine d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat tragique de la nature humaine d\u00e9chue, \u00e0 l&rsquo;ali\u00e9nation fondamentale que repr\u00e9sente la mort pour la libert\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame vient faire de tout homme un homme parfait, c&rsquo;est-\u00e0-dire une personne v\u00e9ritable, une authentique hypostase pr\u00e9construite pour la libert\u00e9 et pour l&rsquo;amour. Le bapt\u00eame conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;homme un mode d&rsquo;existence constitu\u00e9 exactement selon le m\u00eame mode selon lequel existent les trois Hypostases de la divine Trinit\u00e9. Le bapt\u00eame signifie pour tout homme que la christologie n&rsquo;est pas une r\u00e9alit\u00e9 qui ne concernerait que J\u00e9sus Christ.<\/p>\n<p>Par le bapt\u00eame, la christologie est mise \u00e0 la port\u00e9e existentielle de l&rsquo;homme lui-m\u00eame : la nature de l&rsquo;homme peut \u00eatre hypostasi\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire assum\u00e9e ind\u00e9pendamment de la n\u00e9cessit\u00e9 tragique du mode d&rsquo;existence biologique qui m\u00e8ne d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 la mort. Le bapt\u00eame signifie la possibilit\u00e9 gratuitement offerte \u00e0 l&rsquo;homme d&rsquo;exister lui aussi de la m\u00eame mani\u00e8re que J\u00e9sus de Nazareth a exist\u00e9 : en affirmant son existence en tant que personne, en s&rsquo;appuyant non point sur les lois de sa nature biologique d\u00e9chue, mais sur une relation \u00e0 la divine Trinit\u00e9 qui est fondamentalement une relation de libert\u00e9 et d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Si le Notre P\u00e8re &#8212; si mal traduit, h\u00e9las, en fran\u00e7ais ! &#8212; est la pri\u00e8re fondamentale des chr\u00e9tiens, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il livre l&rsquo;essence m\u00eame du bapt\u00eame. En effet, par le bapt\u00eame l&rsquo;homme p\u00e9n\u00e8tre dans l&rsquo;acte g\u00e9n\u00e9rateur \u00e9ternel par lequel le P\u00e8re communique \u00e0 son Fils Unique la pl\u00e9nitude de sa Vie paternelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire le saint Esprit. Par le bapt\u00eame l&rsquo;homme devient fils de Dieu en identifiant son hypostase \u00e0 celle du Fils.<\/p>\n<p>1.3.- L&rsquo;existence eccl\u00e9siale.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;homme un mode d&rsquo;existence fondamentalement eccl\u00e9sial. Le mode d&rsquo;existence eccl\u00e9sial, c&rsquo;est l&rsquo;existence humaine en tant que baptis\u00e9e et d\u00e9finie comme \u00eatre-en-communion. Quand J\u00e9sus dit \u00e0 Nicod\u00e8me : \u00a0\u00bb Vous devez \u00eatre engendr\u00e9s d&rsquo;en haut \u00a0\u00bb ( Jn. 3, 7 ), il lui parle de la possibilit\u00e9, pour les hommes, d&rsquo;obtenir, comme un don inexigible de Dieu, que le mode d&rsquo;existence de l&rsquo; homme soit constitu\u00e9 en une r\u00e9alit\u00e9 non affect\u00e9e par l&rsquo;\u00e9tat de cr\u00e9ature, par les lois de la nature biologique et instinctivo-affective, d\u00e9chue, d\u00e9sembray\u00e9e de Dieu, animalis\u00e9e par le p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise est essentiellement le lieu o\u00f9, dans l&rsquo;histoire des hommes, se r\u00e9alise le mode non-biologique d&rsquo;existence humaine. L&rsquo;Eglise est la matrice divino-humaine au sein de laquelle l&rsquo;homme est engendr\u00e9 \u00e0 la vie divine trinitaire, non point seulement une heure durant, le jour de son bapt\u00eame et de sa chrismation, mais tout au long de son existence terrestre, le jour de son mariage ou de son ordination au minist\u00e8re, lorsqu&rsquo;il communie au corps et au sang du Ressuscit\u00e9, quand il re\u00e7oit l&rsquo;onction de l&rsquo;huile sainte des malades ou le pardon divin apr\u00e8s l&rsquo;aveu de ses fautes. La c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame se prolonge tout au long de l&rsquo;existence chr\u00e9tienne, dans la c\u00e9l\u00e9bration de chacun des autres sacrements. Ces derniers, en effet, ne sont rien d&rsquo;autre que les actes divino-humains par lesquels le saint Esprit agissant dans l&rsquo;Eglise continue l&rsquo;\u0153uvre de divinisation de l&rsquo;homme commenc\u00e9e au bapt\u00eame. I<\/p>\n<p>l s&rsquo;agit encore et encore de r\u00e9aliser en l&rsquo;homme un mode d&rsquo;existence non d\u00e9termin\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;existence biologique. Vivre authentiquement la r\u00e9alit\u00e9 de mon bapt\u00eame signifie que mon p\u00e8re v\u00e9ritable n&rsquo;est pas celui qui m&rsquo;a engendr\u00e9 biologiquement mais mon P\u00e8re qui est dans les cieux, que mes fr\u00e8res v\u00e9ritables ne sont pas mes fr\u00e8res biologiques, mais les membres de l&rsquo;Eglise, que ma famille v\u00e9ritable n&rsquo;est pas ma famille biologique, mais l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p>Dans le troisi\u00e8me Evangile, J\u00e9sus ne craint pas d&rsquo;affirmer : \u00a0\u00bb Si quelqu&rsquo;un vient \u00e0 moi et ne hait pas son p\u00e8re et sa m\u00e8re, et sa femme et ses enfants et ses fr\u00e8res et ,ces s\u0153urs, et m\u00eame encore sa vie, il ne peut \u00eatre mon disciple \u00a0\u00bb ( Lc. 14, 26 ). Saint Matthieu exprime la m\u00eame exigence sous une forme adoucie en parlant de celui qui aime ses proches plus que le Christ.<\/p>\n<p>De m\u00eame, lorsqu&rsquo;on vient dire \u00e0 J\u00e9sus que sa m\u00e8re et ses fr\u00e8res sont dehors et veulent le voir, J\u00e9sus r\u00e9plique : \u00a0\u00bb Ma m\u00e8re et mes fr\u00e8res, ce sont ceux gui \u00e9coulent la parole de Dieu et qui la pratiquent \u00a0\u00bb ( Lc. 8, 21 ). Notons au passage que ce texte est lu, dans l&rsquo;Office byzantin, aux f\u00eates de la M\u00e8re de Dieu. Baptiser un homme, ce n&rsquo;est pas mettre en parall\u00e8le son existence eccl\u00e9siale et son existence biologique, c&rsquo;est lui offrir le d\u00e9passement de la seconde par la premi\u00e8re.<\/p>\n<p>1.4.- Il faut c\u00e9l\u00e9brer le bapt\u00eame au cours de la liturgie dominicale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pourquoi, il est si important de c\u00e9l\u00e9brer le bapt\u00eame au sein de la divine liturgie dominicale, c&rsquo;est-\u00e0-dire au sein de la communaut\u00e9 paroissiale. Trop de pr\u00eatres orthodoxes c\u00e8dent \u00e0 la pression des familles qui font de la c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame une c\u00e9l\u00e9bration familiale, le samedi apr\u00e8s-midi, ou le dimanche apr\u00e8s-midi, quand ce n&rsquo;est pas au domicile des parents de l&rsquo;enfant !<\/p>\n<p>Dans la grande tradition de l&rsquo;Eglise, on baptisait au cours des liturgies de P\u00e2ques, de Pentec\u00f4te, de No\u00ebl et de la Th\u00e9ophanie. C&rsquo;est pour cela qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui encore, ces jours-l\u00e0, on ne chante pas le Dieu saint, saint fort, saint immortel, mais le : \u00a0\u00bb Vous tous qui avez \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s en Christ, vous avez rev\u00eatu le Christ \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Heureusement, nous sommes un certain nombre de pr\u00eatres orthodoxes \u00e0 inviter les familles, chaque fois que celles-ci sont capables de comprendre, \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le bapt\u00eame le dimanche matin, lorsque toute la communaut\u00e9 paroissiale est r\u00e9unie pour l&rsquo;unique synaxe eucharistique. Car, dans l&rsquo;Orthodoxie, on ne c\u00e9l\u00e8bre qu&rsquo;une fois l&rsquo;eucharistie dans la m\u00eame journ\u00e9e et dans la m\u00eame \u00e9glise, afin d&rsquo;obliger tout le monde &#8212; bourgeois et prol\u00e9taires, enfants et adultes &#8212; \u00e0 transcender ensemble dans leur existence eccl\u00e9siale commune les d\u00e9terminations de leurs existences biologiques et sociales respectives.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame op\u00e8re le d\u00e9passement en communion eccl\u00e9siale du r\u00e9seau relationnel constitutif de l&rsquo;existence biologique. Il lib\u00e8re l&rsquo;homme de toute d\u00e9termination naturelle, de toute relation d\u00e9termin\u00e9e par son identit\u00e9 biologique. Aimer ceux qui nous sont proches par le sang, c&rsquo;est ob\u00e9ir \u00e0 des lois biologiques. Aimer les autres hommes &#8212; qu&rsquo;ils soient de droite ou de gauche, noirs ou blancs, riches ou pauvres &#8212; dans la communion eucharistique de l&rsquo;Eglise, c&rsquo;est identifier la libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00eatre m\u00eame de l&rsquo;homme, c&rsquo;est t\u00e9moigner que la nature ne d\u00e9finit pas la personne mais que c&rsquo;est au contraire la personne qui conf\u00e8re \u00e0 la nature la possibilit\u00e9 d&rsquo;exister librement.<\/p>\n<p>Le bapt\u00eame signifie la libert\u00e9 de la personne vis-\u00e0-vis de la nature, c&rsquo;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 \u00e0 aimer sans exclure quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.<\/p>\n<p>La vocation du baptis\u00e9 est de transcender l&rsquo;exclusivisme inh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;existence biologique. Devenir fils de l&rsquo;Eglise par le bapt\u00eame, c&rsquo;est essentiellement acqu\u00e9rir la capacit\u00e9 d&rsquo;aimer sans exclure. La nouvelle naissance baptismale dans la matrice de \u00a0\u00bb l&rsquo;Ecclesia mater \u00a0\u00bb fait de la personne le membre d&rsquo;un r\u00e9seau relationnel qui transcende tout exclusivisme. Dans les eaux baptismales s&rsquo;op\u00e8re la diff\u00e9renciation radicale entre l&rsquo;hypostase personnelle et la vie biologique individuelle dont l&rsquo;horizon est la mort.<\/p>\n<p>2.- Les rites du bapt\u00eame<\/p>\n<p>2.1.- Les exorcismes et la renonciation \u00e0 Satan.<\/p>\n<p>Le d\u00e9passement de l&rsquo;existence biologique et individuelle en existence personnelle et eccl\u00e9siale est exprim\u00e9e de plusieurs mani\u00e8res dans la c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame. Il y a tout d&rsquo;abord les exorcismes et la renonciation \u00e0 Satan.<\/p>\n<p>L&rsquo;Eglise orthodoxe ne comprend pas l&rsquo;ultime demande du Notre P\u00e8re &#8212; d\u00e9livre-nous du mal &#8211;. comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9s du mal m\u00e9taphysique, d&rsquo;une abstraction. Le sens du texte est plut\u00f4t : Soustrais-nous au Mauvais, au Malin, au M\u00e9chant, c&rsquo;est-\u00e0-dire au D\u00e9mon. R\u00e9sumant sa premi\u00e8re \u00e9p\u00eetre, saint Jean affirme : \u00a0\u00bb Nous savons que quiconque est n\u00e9 de Dieu ne p\u00e8che pas ; l&rsquo;Engendr\u00e9 de Dieu [c&rsquo;est-\u00e0-dire J\u00e9sus] le garde, et le Mauvais [o Pon\u00e8ros : c&rsquo;est le m\u00eame mot qui, dans le Notre P\u00e8re, est si regrettablement traduit par mal] n&rsquo;a pas prise sur lui \u00a0\u00bb ( 1Jn. 5, 18 ). Il s&rsquo;agit de quelqu&rsquo;un de bien concret, de bien r\u00e9el, de bien d\u00e9fini. Dans l&rsquo;\u00e9tablissement de son Royaume, J\u00e9sus est en butte avec quelqu&rsquo;un qu&rsquo;il appelle l&rsquo;Ennemi, le Prince de ce monde, le Satan. Il ne s&rsquo;agit pas, d&rsquo;ailleurs, d&rsquo;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9s du D\u00e9mon : par l&rsquo;incarnation r\u00e9demptrice nous en sommes d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 d\u00e9livr\u00e9s. Par contre, nous avons \u00e0 redouter un retour en force de l&rsquo;Adversaire, de l&rsquo;Ant\u00e9christ. La victoire sur le monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire sur le p\u00e9ch\u00e9 et sur la mort, de l&rsquo;Agneau \u00e9gorg\u00e9 mais ressuscit\u00e9, est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e pour l&rsquo;essentiel.<\/p>\n<p>Mort au p\u00e9ch\u00e9, le baptis\u00e9 est ressuscit\u00e9 avec le Christ et, par cette r\u00e9surrection, il devient un citoyen du ciel et le temple du saint Esprit. Le Dragon de l&rsquo;Apocalypse a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cipit\u00e9 sur la terre ( Ap. 12, 13 ), mais il poss\u00e8de un pouvoir d&rsquo;\u00e9preuve sur les hommes.<\/p>\n<p>Trois exorcismes s&rsquo;adressent donc \u00e0 Satan directement : \u00a0\u00bb Va-t-en, retire-toi du soldat nouvellement choisi, enr\u00f4l\u00e9 par le Christ notre Dieu&#8230; esprit impur et pervers, n\u00e9faste et r\u00e9pugnant \u00ab\u00a0. Et le c\u00e9l\u00e9brant de demander instamment au Seigneur Sabaoth, au Dieu d&rsquo;Isra\u00ebl : \u00a0\u00bb Menace les esprits impurs et chasse-les, purifie l&rsquo;ouvrage de tes mains [c&rsquo;est-\u00e0-dire le cat\u00e9chum\u00e8ne] et, dans l&rsquo;efficacit\u00e9 de ton pouvoir, h\u00e2te-toi d&rsquo;\u00e9craser Satan sous ses pieds \u00ab\u00a0&#8230; Puis, demandant au cat\u00e9chum\u00e8ne de se tourner vers l&rsquo;occident, vers le lieu o\u00f9 le soleil est sens\u00e9 se coucher et qui nous parle donc symboliquement de t\u00e9n\u00e8bres, le c\u00e9l\u00e9brant invite le cat\u00e9chum\u00e8ne \u00e0 \u00a0\u00bb renoncer \u00e0 Satan, \u00e0 toutes ses \u0153uvres, \u00e0 tous ses anges, \u00e0 tout son culte et \u00e0 toutes ses pompes \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2.2.- Le d\u00e9pouillement des v\u00eatements.<\/p>\n<p>Le cat\u00e9chum\u00e8ne est ensuite introduit dans le baptist\u00e8re et il est d\u00e9pouill\u00e9 de tous ses v\u00eatements. \u00a0\u00bb Aussit\u00f4t entr\u00e9s, dit saint Cyrille de J\u00e9rusalem, vous avez \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9s de votre tunique \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque des P\u00e8res de l&rsquo;Eglise, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une nudit\u00e9 compl\u00e8te. Le d\u00e9pouillement des v\u00eatements est le symbole du d\u00e9pouillement du vieil homme et de son existence biologique. Le Pseudo-Denys voit dans ce d\u00e9pouillement celui de toute la vie ant\u00e9rieure du cat\u00e9chum\u00e8ne. En \u00f4tant ainsi ses v\u00eatements, le futur chr\u00e9tien t\u00e9moigne de la fermet\u00e9 de son intention de s&rsquo;arracher \u00e0 l&rsquo;existence biologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire promise \u00e0 la mort, de l&rsquo;individu, pour s&rsquo;engager dans une tout autre forme d&rsquo;existence : l&rsquo;existence eccl\u00e9siale de la personne.<\/p>\n<p>En se d\u00e9barrassant de tous ses v\u00eatements, le candidat au bapt\u00eame manifeste clairement qu&rsquo;il entend renoncer aux passions et aux convoitises de la chair, et qu&rsquo;il aspire \u00e0 retrouver la nudit\u00e9 originelle totale, candide et lumineuse, de l&rsquo;Adam, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;humanit\u00e9, d&rsquo;avant la chute. Le cat\u00e9chum\u00e8ne se situe encore en dehors du paradis, il partage encore l&rsquo;exil d&rsquo;Adam \u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;est d&rsquo;Eden \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Son introduction dans le baptist\u00e8re signifie que cet exil prend fin. Il s&rsquo;agit, pour le cat\u00e9chum\u00e8ne, de d\u00e9pouiller le vieil homme comme un v\u00eatement souill\u00e9. Apr\u00e8s son bapt\u00eame, il va recevoir un autre v\u00eatement : la tunique d&rsquo;incorruptibilit\u00e9 que lui offrira le Christ ressuscit\u00e9, le nouvel Adam, le v\u00eatement de lumi\u00e8re, le manteau royal qui permet de para\u00eetre dans le nouvel Eden, dans l&rsquo;Eglise, afin de prendre part aux noces de l&rsquo;Agneau, \u00e0 la divine liturgie eucharistique, \u00e0 la divine communion. Par le p\u00e9ch\u00e9, le premier Adam perdit l&rsquo;innocence et la candeur de la nudit\u00e9. Il se mit \u00e0 avoir honte et il se couvrit de v\u00eatements. Le cat\u00e9chum\u00e8ne qui s&rsquo;achemine vers le bapt\u00eame parcourt un itin\u00e9raire inverse. Il se d\u00e9pouille du v\u00eatement rendu n\u00e9cessaire par le p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;homme d\u00e9chu, et il se met nu afin de recevoir le v\u00eatement lumineux et r\u00e9surrectionnel du nouvel Adam.<\/p>\n<p>Notons aussi que, sur la croix, le nouvel Adam, le Christ, s&rsquo;est trouv\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9 de la totalit\u00e9 de ses v\u00eatements, humili\u00e9 devant les saintes femmes, et notamment devant sa m\u00e8re. Le cat\u00e9chum\u00e8ne n&rsquo;est pas plus grand que Celui que, d\u00e9sormais, il consid\u00e8re comme son unique Ma\u00eetre. Comme lui, il doit donc s&rsquo;humilier par la nudit\u00e9 afin de transcender celle-ci dans le v\u00eatement r\u00e9surrectionnel. Le v\u00eatement ant\u00e9rieur au bapt\u00eame figure l&rsquo;homme corruptible.<\/p>\n<p>Th\u00e9odore de Mopsueste dit au cat\u00e9chum\u00e8ne : \u00a0\u00bb Il faut que soit enlev\u00e9 ton v\u00eatement, indice de la mortalit\u00e9, et que, par le bapt\u00eame, tu rev\u00eates la tunique d&rsquo;immortalit\u00e9 \u00ab\u00a0. En se d\u00e9v\u00eatant, le cat\u00e9chum\u00e8ne signifie symboliquement qu&rsquo;il d\u00e9pouille le vieux v\u00eatement de corruption et de p\u00e9ch\u00e9, celui dont Adam fut rev\u00eatu apr\u00e8s le p\u00e9ch\u00e9. Le d\u00e9pouillement baptismal symbolise la rupture avec le pass\u00e9. Il s&rsquo;agit, pour le futur baptis\u00e9, de troquer la livr\u00e9e mis\u00e9rable de l&rsquo;humanit\u00e9 p\u00e9cheresse et d\u00e9chue de l&rsquo;individu dont le mode d&rsquo;existence est biologique, c&rsquo;est-\u00e0-dire promis \u00e0 la corruption du tombeau, contre la robe lumineuse du nouvel Adam, du Ressuscit\u00e9 qui r\u00e9v\u00e8le \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 un autre mode d&rsquo;existence : l&rsquo;existence de la personne, l&rsquo;\u00eatre-en-communion, l&rsquo;existence eccl\u00e9siale. Ce troc est le contraire de celui qu&rsquo;avait effectu\u00e9 le premier Adam : celui-ci avait troqu\u00e9 sa nudit\u00e9 innocente et candide contre la livr\u00e9e mis\u00e9rable. Le d\u00e9pouillement du cat\u00e9chum\u00e8ne signifie pour lui une lib\u00e9ration : il se d\u00e9pouille du v\u00eatement du vieil homme afin de retrouver la gloire du premier Adam, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;humanit\u00e9 telle que Dieu l&rsquo;avait primitivement voulue.<\/p>\n<p>Le nouveau baptis\u00e9 va retrouver la glorieuse nudit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9 ant\u00e9rieure \u00e0 la chute. Et si, \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, il est peu pensable d&rsquo;imposer \u00e0 nos cat\u00e9chum\u00e8nes l&rsquo;\u00e9preuve d&rsquo;une nudit\u00e9 compl\u00e8te par laquelle, pourtant, est pass\u00e9 le Seigneur J\u00e9sus, le jour du Vendredi saint, c&rsquo;est bien parce que, tous autant que nous sommes, nos cat\u00e9chum\u00e8nes, mais aussi nous tous les baptis\u00e9s, nos communaut\u00e9s eccl\u00e9siales, nous n&rsquo;avons plus, h\u00e9las, la ferveur des communaut\u00e9s des premiers si\u00e8cles. Orthodoxes, nous ne vivons pas \u00e0 la hauteur de notre th\u00e9ologie. Nous continuons de mettre, avec la pratique de l&rsquo;Eglise indivise, la barre tr\u00e8s haut, mais nous ne parvenons plus \u00e0 la sauter ! Et, en raison de cette ti\u00e9deur, nos communaut\u00e9s ne portent plus les cat\u00e9chum\u00e8nes comme les portaient les communaut\u00e9s de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 la s\u00e8ve de l&rsquo;Eglise primitive circulait pleinement dans le corps eccl\u00e9sial. Dans ce contexte de d\u00e9cadence, la nudit\u00e9 est v\u00e9cue comme purement humiliante, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme la seule nudit\u00e9 de l&rsquo;homme p\u00e9cheur d\u00e9pouill\u00e9 de son v\u00eatement de gloire.<\/p>\n<p>Il convient au moins de la ressentir comme une participation \u00e0 ce que fut l&rsquo;humiliante nudit\u00e9 du nouvel Adam sur la croix, le jour du Vendredi saint. En d\u00e9pouillant ses v\u00eatements, le cat\u00e9chum\u00e8ne peut et doit prendre conscience de son \u00e9tat de p\u00e9cheur, \u00a0\u00bb malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu \u00ab\u00a0, pour reprendre les termes du message adress\u00e9, dans l&rsquo;Apocalypse, \u00e0 l&rsquo;Eglise de Laodic\u00e9e ( Ap. 3, 17 ). Mais, si le cat\u00e9chum\u00e8ne se d\u00e9barrasse ainsi de ses v\u00eatements, c&rsquo;est afin d&rsquo;avoir les coud\u00e9es franches dans l&rsquo;effort pour donner l&rsquo;assaut au d\u00e9mon et afin de rev\u00eatir l&rsquo;homme nouveau, pour \u00eatre conform\u00e9 au Ressuscit\u00e9, au nouvel Adam.<\/p>\n<p>Se d\u00e9v\u00eatir ainsi, c&rsquo;est se d\u00e9pouiller des t\u00e9n\u00e8bres et se rev\u00eatir de lumi\u00e8re. De nos jours, h\u00e9las, saint Cyrille de J\u00e9rusalem ne pourrait plus dire \u00e0 nos cat\u00e9chum\u00e8nes adultes ce qu&rsquo;il osait dire \u00e0 ceux de son \u00e9poque : \u00a0\u00bb O merveille ! Vous \u00e9tiez mis sous les yeux de tous et vous n&rsquo;aviez pas honte. C&rsquo;est qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 vous offriez l&rsquo;image de notre premier p\u00e8re, Adam, qui \u00e9tait nu au paradis terrestre et ne rougissait pas \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>La nudit\u00e9, le jour du bapt\u00eame, signifie donc simultan\u00e9ment le d\u00e9pouillement de la corruptibilit\u00e9 et de la honte du p\u00e9ch\u00e9, et le retour \u00e0 l&rsquo;innocence primitive et \u00e0 la familiarit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tat paradisiaque. Dans une hom\u00e9lie sur la f\u00eate de P\u00e2ques, saint Gr\u00e9goire de Nysse \u00e9crit : \u00a0\u00bb D\u00e9sormais, Adam, quand tu l&rsquo;appelleras, n&rsquo;aura plus honte, ni sous les reproches de sa conduite ne se dissimulera plus sous les arbres du paradis.<\/p>\n<p>A retrouver l&rsquo;assurance, il appara\u00eet au grand jour \u00ab\u00a0. Une fois qu&rsquo;il a d\u00e9pouill\u00e9 les v\u00eatements anciens, figure symbolique du vieil homme, le cat\u00e9chum\u00e8ne, bient\u00f4t nouveau baptis\u00e9, ne doit plus jamais les reprendre : le bapt\u00eame est irr\u00e9versible. Et si, dans les premiers si\u00e8cles de l&rsquo;Eglise, on avait tendance \u00e0 reculer le bapt\u00eame des hommes jusqu&rsquo;\u00e0 la trentaine, voire plus tard encore, et cela m\u00eame dans des familles chr\u00e9tiennes, c&rsquo;est parce qu&rsquo;on avait la plus vive conscience qu&rsquo;apr\u00e8s le bapt\u00eame l&rsquo;homme ne doit plus p\u00e9cher. C&rsquo;est sur ce th\u00e8me que s&rsquo;ach\u00e8ve la premi\u00e8re lettre de saint Jean que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e : \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous savons que quiconque est n\u00e9 de Dieu ne p\u00e8che pas ; l&rsquo;Engendr\u00e9 de Dieu [c&rsquo;est-\u00e0-dire le Christ] le garde et le Mauvais n&rsquo;a pas prise sur lui \u00a0\u00bb ( 1Jn. 5, 18 ). C&rsquo;est pour signifier cette foi de l&rsquo;Eglise qu&rsquo;au sortir de la piscine baptismale le nouveau baptis\u00e9 est rev\u00eatu non des v\u00eatements anciens, de couleur sombre, mais de v\u00eatements blancs, de v\u00eatements de lumi\u00e8re, qui nous parlent de la r\u00e9surrection du nouvel Adam et du nouvel Eden qu&rsquo;en ressuscitant il a re-cr\u00e9\u00e9 et qui est l&rsquo;Eglise. Ensuite vient la triple immersion\/\u00e9mersion.<\/p>\n<p>2.3.- La triple immersion \/ \u00e9mersion.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9picl\u00e8se baptismale est invocation de l&rsquo;action vivifiante du saint Esprit afin que ses \u00e9nergies transforment l&rsquo;ensevelissement dans les eaux, la noyade du cat\u00e9chum\u00e8ne, du vieil homme, en \u00e9v\u00e9nement r\u00e9surrectionnel.<\/p>\n<p>Par sa pr\u00e9sence surabondante et chaotique, l&rsquo;eau parle \u00e0 l&rsquo;homme &#8212; \u00e0 No\u00e9 et \u00e0 Jonas &#8212; de noyade et d&rsquo;asphyxie, d&rsquo;ensevelissement et de mort, de d\u00e9luge et d&rsquo;engloutissement. Mais simultan\u00e9ment elle est pour lui source de fertilit\u00e9 et de vie, tels le Nil et le Jourdain, condition de possibilit\u00e9 de l&rsquo;hygi\u00e8ne et apaisement de la soif. L&rsquo;eau qui jaillit miraculeusement du rocher au d\u00e9sert annonce et figure l&rsquo;eau qui coulera en abondance aux jours du Messie, symbole d&rsquo;une effusion de vie nouvelle et d&rsquo;une intarissable f\u00e9condit\u00e9 spirituelle. Or, la c\u00e9l\u00e9bration du bapt\u00eame signifie et pr\u00e9suppose que les jours du Messie sont arriv\u00e9s puisque le Christ est ressuscit\u00e9. L&rsquo;\u00e9mersion signifie la joie de respirer \u00e0 nouveau en respirant l&rsquo;Esprit.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau incorpore la puissance r\u00e9surrectionnelle de l`Esprit. L&rsquo;eau se referme sur le cat\u00e9chum\u00e8ne comme une tombe, mais l&rsquo;Esprit transforme la tombe en matrice. Dans sa Hi\u00e9rarchie eccl\u00e9siastique, le Pseudo-Denys appelle admirablement le baptist\u00e8re \u00a0\u00bb la matrice de toute filiation \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>De mortelle qu&rsquo;elle \u00e9tait, l&rsquo;eau devient vivifiante et maternelle. Le baptis\u00e9 \u00e9merge des eaux du baptist\u00e8re, et ce dernier devient une tombe vide, \u00e0 l&rsquo;instar du tombeau de Joseph que les femmes myrophores trouv\u00e8rent vide au matin de P\u00e2ques. Un baptis\u00e9 pleinement conscient de son bapt\u00eame doit consid\u00e9rer que sa v\u00e9ritable mort est derri\u00e8re lui puisqu&rsquo;elle a pris fin avec son bapt\u00eame, et qu&rsquo;il n&rsquo;a plus \u00e0 redouter la mort biologique, celle de l&rsquo;individu soumis \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 naturelle. Durant les premiers si\u00e8cles de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Eglise, on appelait les chr\u00e9tiens ceux qui ne craignent pas la mort.<\/p>\n<p>Le mot bapt\u00eame vient du verbe grec \u00a0\u00bb baptein \u00ab\u00a0, qui signifie plonger, immerger. De ce verbe \u00a0\u00bb baptein \u00a0\u00bb d\u00e9rive un autre verbe, \u00a0\u00bb baptizein \u00ab\u00a0, qui, lui aussi, signifie plonger, immerger, ou submerger et, en langage chr\u00e9tien, baptiser par immersion.. La triple immersion\/\u00e9mersion s&rsquo;effectue par une plong\u00e9e compl\u00e8te du baptis\u00e9 dans le s\u00e9pulcre de l&rsquo;onde baptismale, afin que soient ainsi symbolis\u00e9es la s\u00e9pulture avec le Christ et la r\u00e9surrection de celui qui a re\u00e7u le bapt\u00eame. L&rsquo;immersion totale nous parle d&rsquo;une mise au tombeau.<\/p>\n<p>Dans son commentaire de l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Romains, le P. Lagrange parle de ces p\u00e9lerins russes et grecs, donc orthodoxes, qui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le P. Lagrange vivait en Palestine, c&rsquo;est-\u00e0-dire entre 1890 et 1935 , se baignaient dans le Jourdain le jour de la Th\u00e9ophanie, le 6 janvier, envelopp\u00e9s dans des peignoirs en toile qu&rsquo;ils remportaient pour qu&rsquo;ils leur servissent de suaires apr\u00e8s leur mort. C&rsquo;est pourquoi, l&rsquo;\u00e9p\u00eetre qui est lue au cours d&rsquo;un bapt\u00eame est le chapitre 6, versets 3 \u00e0 11 de l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Romains, c&rsquo;est-\u00e0-dire le texte le plus important de ceux o\u00f9 saint Paul a parl\u00e9 du bapt\u00eame chr\u00e9tien : \u00a0\u00bb &#8230; nous tous qui avons \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s dans le Christ, c&rsquo;est dans sa mort que nous avons \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s. Par le bapt\u00eame, nous avons donc \u00e9t\u00e9 ensevelis avec lui dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscit\u00e9 des morts par la gloire du P\u00e8re, nous vivions, nous aussi, dans une vie nouvelle.<\/p>\n<p>Si par une mort semblable \u00e0 la sienne nous sommes devenus un m\u00eame \u00eatre avec lui, nous le serons aussi par la r\u00e9surrection. Comprenons-le, notre vieil homme a \u00e9t\u00e9 crucifi\u00e9 avec lui pour que f\u00fbt d\u00e9truit ce corps de p\u00e9ch\u00e9, afin que nous cessions d&rsquo;\u00eatre asservis au p\u00e9ch\u00e9. Et si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que le Christ, une fois ressuscit\u00e9 des morts, ne meurt plus, la mort n&rsquo;a plus d&#8217;emprise sur lui.<\/p>\n<p>Car sa mort fut une mort au p\u00e9ch\u00e9, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie pour Dieu. Vous donc aussi, consid\u00e9rez-vous comme morts au p\u00e9ch\u00e9 et comme vivants pour Dieu dans le Christ J\u00e9sus notre Seigneur \u00ab\u00a0. Se plonger dans les eaux du bapt\u00eame, c&rsquo;est se plonger dans la mort du Christ.<\/p>\n<p>Cette triple immersion\/\u00e9mersion du corps du baptis\u00e9 dans l&rsquo;eau est accompagn\u00e9e de l&rsquo;\u00e9picl\u00e8se, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;invocation du Nom des trois personnes divines de la sainte Trinit\u00e9. La triple action rappelle simultan\u00e9ment l&rsquo;ensevelissement du Christ durant trois jours dans le tombeau de Joseph d&rsquo;Arimathie, et les trois Hypostases de la divine Trinit\u00e9 au nom desquelles a lieu la triple immersion\/\u00e9mersion. Dans son Explication de la divine liturgie ( ch.4 ), Nicolas Cabasilas \u00e9crit : \u00a0\u00bb Nous donnons notre vie en \u00e9change d&rsquo;une autre. Or, rendre notre vie, c&rsquo;est bien mourir.<\/p>\n<p>Le Seigneur, en nous faisant participants de sa r\u00e9surrection, exige que nous apportions quelque chose \u00e0 ce grand don. Mais quoi ? L&rsquo;imitation de sa mort : et cela en disparaissant par trois fois dans l&rsquo;eau baptismale comme en un s\u00e9pulcre \u00ab\u00a0. Le bapt\u00eame par aspersion ou par infusion n&rsquo;est permis que par n\u00e9cessit\u00e9 et de fa\u00e7on exceptionnelle, notamment pour les malades. Il ne peut \u00eatre \u00e9rig\u00e9 en r\u00e8gle. La compl\u00e8te immersion du baptis\u00e9 dans l&rsquo;eau s&rsquo;impose du fait qu&rsquo;elle signifie l&rsquo;imitation de l&rsquo;ensevelissement du Christ. \u00a0\u00bb Comme en un tombeau, remarque saint Jean Chrysostome, lorsque nous plongeons la t\u00eate dans l&rsquo;eau, le vieil homme est enseveli et submerg\u00e9 au fond, il est cach\u00e9 tout entier en une fois ; puis, lorsque nous nous relevons, c&rsquo;est le nouvel homme qui se rel\u00e8ve \u00ab\u00a0. Dans son trait\u00e9 Adversus Praxean, Tertullien \u00e9crit : \u00a0\u00bb Comme, en effet, notre Sauveur fut trois jours et trois nuits dans le creux de la terre, ainsi les baptis\u00e9s imitent par la triple immersion cette s\u00e9pulture de trois jours et le bapt\u00eame par les trois immersions signifie les trois jours de la s\u00e9pulture du Seigneur \u00ab\u00a0. De m\u00eame, saint Basile affirme : \u00a0\u00bb Le grand sacrement de bapt\u00eame est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans trois immersions et dans un nombre \u00e9gal d&rsquo;\u00e9picl\u00e8ses, afin que le symbole de la mort soit figur\u00e9 et que les baptis\u00e9s aient l&rsquo;\u00e2me illumin\u00e9e par la transmission de la connaissance divine \u00ab\u00a0. M\u00eame en Occident, la fa\u00e7on habituelle d&rsquo;administrer le bapt\u00eame fut, jusqu&rsquo;au XIV\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;immersion, comme en t\u00e9moignent les nombreux baptist\u00e8res conserv\u00e9s partout, notamment en Italie. Le douzi\u00e8me canon du concile de N\u00e9o-C\u00e9sar\u00e9e \u00e9carte du sacerdoce ceux qui, pour raison de sant\u00e9, avaient re\u00e7u le bapt\u00eame par simple infusion.<\/p>\n<p>Thomas d&rsquo;Aquin consid\u00e8re le bapt\u00eame par immersion \u00a0\u00bb communior, laudabilior, tutior \u00a0\u00bb ( Somme th\u00e9ologique. IlIa 66, 7 ). Pour lui, \u00a0\u00bb l&rsquo;immersion repr\u00e9sente d&rsquo;une fa\u00e7on plus expressive l&rsquo;ensevelissement du Christ ; aussi cette mani\u00e8re de baptiser est-elle commune et plus recommandable ( Ibid. art. 7, 2 ). C&rsquo;est le th\u00e9ologien anglais Alexandre de Hal\u00e8s ( vers 1180-1245 ) qui le premier affirma la validit\u00e9 d&rsquo;un bapt\u00eame administr\u00e9 sans n\u00e9cessit\u00e9 m\u00e9dicale par infusion. L&rsquo;opinion d&rsquo;Alexandre de Hal\u00e8s fut partag\u00e9e par son disciple Bonaventure. Les rites milanais ( ou ambrosien ) et mozarabe sont demeur\u00e9s fid\u00e8les \u00e0 l&rsquo;immersion. Celle-ci fut pratiqu\u00e9e en Espagne jusqu&rsquo;au milieu du 18\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>A la veille de la R\u00e9forme, l&rsquo;usage anglais ne comportait encore que la seule rubrique de l&rsquo;immersion. En 1614 encore, le rituel du pape Paul V pr\u00e9sentait le bapt\u00eame par immersion d&rsquo;un enfant comme une alternative \u00e0 l&rsquo;infusion devenue la pratique g\u00e9n\u00e9rale peu avant la R\u00e9forme du 16\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau ne lave pas, ne purifie pas seulement. Elle tue aussi en noyant, en asphyxiant, et celui qui \u00e9chappe \u00e0 la noyade exp\u00e9rimente une certaine r\u00e9surrection ! L&rsquo;eau qui donne la vie est aussi l&rsquo;eau asphyxiante de la mort. Nicolas Cabasilas \u00e9crit : \u00a0\u00bb L&rsquo;eau d\u00e9truit une forme de vie mais d\u00e9couvre l&rsquo;autre ; elle engloutit le vieil homme et \u00e9l\u00e8ve l&rsquo;homme nouveau \u00a0\u00bb ( La vie en Christ. II, 9 ).<\/p>\n<p>Dans un article paru en 1952 dans La Maison-Dieu, et intitul\u00e9 : Le symbolisme des rites baptismaux ( N\u00b032, p. 6 ), le P\u00e8re Louis Bouyer a effectu\u00e9 une auto-\u00e7ritique catholique-romaine tout \u00e0 fait remarquable. II \u00e9crit : &#8230; \u00a0\u00bb il n y a \u00e0 peu pr\u00e8s plus de symboles du tout dans nos rites tels que nous les c\u00e9l\u00e9brons. Nous avons remplac\u00e9 insensiblement le symbole par une esp\u00e8ce de signe abstrait du symbole qui est au symbole ce que l&rsquo;absorption d&rsquo;une pilule peut \u00eatre \u00e0 un repas. Le vrai symbole, lui, est plus parlant que toutes les paroles, et c&rsquo;est pourquoi Notre-Seigneur a voulu joindre dans l&rsquo;\u00e9conomie des moyens de gr\u00e2ce le symbole \u00e0 la parole, pour qu&rsquo;il dise ce qu&rsquo;aucune parole ne peut dire. Car il est, le vrai symbole, un acte vivant qui prend l&rsquo;homme tout entier, corps et \u00e2me, et lui fait d\u00e9couvrir dans une action o\u00f9 il est entra\u00een\u00e9, avec sa chair, son c\u0153ur et son esprit, la v\u00e9rit\u00e9 qui, dans des paroles, resterait une abstraction, alors qu&rsquo;elle est appr\u00e9hend\u00e9e comme r\u00e9alit\u00e9 dans un acte concret. Au contraire, nous en sommes venus, nous, \u00e0 tenter vainement, par un flot de paroles impuissantes, de rendre quelque sens \u00e0 des gestes d\u00e9charn\u00e9s, priv\u00e9s de toute vie r\u00e9elle. L&rsquo;esp\u00e8ce de dessiccation, de ratatinement subi par les anciens rites baptismaux fait qu&rsquo;ils ne sont plus des symboles \u00e0 proprement parler, parce qu&rsquo;ils ont r\u00e9trograd\u00e9 en de\u00e7\u00e0 du minimum sensible o\u00f9 ils pouvaient encore \u00e9mouvoir l&rsquo;imagination vivante&#8230; Quel rapport y a-t-il entre l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un homme qui re\u00e7oit sur le front quelques gouttes d&rsquo;eau vite essuy\u00e9es et l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;un homme qui a pris un vrai bain ?<\/p>\n<p>Si seulement nous c\u00e9l\u00e9brions encore les bapt\u00eames comme on le fait en Orient, o\u00f9 l&rsquo;on met l&rsquo;enfant tout nu, o\u00f9 on le plonge trois fois jusque par dessus la t\u00eate dans l&rsquo;eau d&rsquo;une vraie baignoire, peut-\u00eatre que les gens les plus r\u00e9fractaires \u00e0 la po\u00e9sie primitive y comprendraient tout de m\u00eame quelque chose. L&rsquo;ouvrier qui sort d&rsquo;un travail salissant et accablant et qui va prendre une bonne douche ou piquer une t\u00eate dans une piscine avant de passer la soir\u00e9e en famille ou avec des camarades sait parfaitement ce que cela veut dire qu&rsquo;avoir fait peau neuve, que se sentir un autre homme apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre plong\u00e9 dans l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il peut retrouver de commun avec cette exp\u00e9rience pour la transposer spirituellement quand il voit le cur\u00e9 effleurer \u00e0 peine de trois gouttes d&rsquo;eau vite \u00e9pong\u00e9es le front de son enfant ? ( pp: 6-7 ) Il est incontestable que l&rsquo;abandon de l&rsquo;immersion au profit de l&rsquo;infusion a affaibli, an\u00e9mi\u00e9 le symbolisme propre au bapt\u00eame chr\u00e9tien, qu&rsquo;il a provoqu\u00e9 une occultation de la r\u00e9f\u00e9rence symbolique \u00e0 la mort et \u00e0 la r\u00e9surrection du Christ.<\/p>\n<p>On peut encore remarquer que le bapt\u00eame par infusion supprime le symbolisme de la d\u00e9nudation. Heureusement, depuis Vatican II, et dans le nouveau Cat\u00e9chisme de l&rsquo;Eglise catholique, l&rsquo;Occident chr\u00e9tien est en train de red\u00e9couvrir l&rsquo;importance de l&rsquo;immersion baptismale. Le souhait des Orthodoxes est que le bapt\u00eame par immersion devienne de plus en plus fr\u00e9quent dans l&rsquo;Occident chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Dans le monde orthodoxe on a pu parfois constater la tentation de proc\u00e9der au bapt\u00eame par infusion. Ce fut le cas, par exemple, dans la Russie septentrionale, en raison du climat.<\/p>\n<p>Au XII\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Elie (1165-1186 ) avertit les habitants de Novgorod de ne pas se contenter de verser de l&rsquo;eau sur la t\u00eate de l&rsquo;enfant au lieu de le plonger dans l&rsquo;eau baptismale. On retrouve cet avertissement en 1274 ( synode de Vladimir ), et aux 14\u00e8me et 15\u00e8me si\u00e8cles, dans les lettres aux habitants de Novgorod et de Pskov des m\u00e9tropolites Cyprien (1390-1405 ) et Photius ( 1408-1431 ). Mais cette pratique constitue un ph\u00e9nom\u00e8ne marginal.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><i>P\u00e8re Andr\u00e9 Borr\u00e9ly, recteur de la paroisse St Ir\u00e9n\u00e9e de Marseille, France.<\/i><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1.-Le bapt\u00eame transforme radicalement le mode d&rsquo;existence de l&rsquo;homme 1.1.- Le bapt\u00eame dans le Fils unique-engendr\u00e9. 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