{"id":7688,"date":"2015-01-22T16:21:33","date_gmt":"2015-01-22T14:21:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7688"},"modified":"2015-03-06T12:15:03","modified_gmt":"2015-03-06T10:15:03","slug":"pour-un-essai-de-theologie-de-la-beaute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/spiritualite\/pour-un-essai-de-theologie-de-la-beaute\/","title":{"rendered":"POUR UN ESSAI DE THEOLOGIE DE LA BEAUTE"},"content":{"rendered":"<p><b><i>Cet essai a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme conf\u00e9rence au festival de \u00ab Trialogos \u00bb de Tallinn le 1er octobre 2005. Il est la synth\u00e8se d\u2019une compilation \u00e0 partir d&rsquo;extraits de livres. Voir la bibliographie en fin de texte.<\/i><\/b><\/p>\n<p>Existe-t-il encore pour l\u2019homme de notre temps une forme objective, d\u00e9finissable de la beaut\u00e9 ; a-t-elle encore un sens dans le monde actuel ? Tant il est vrai que cette notion a tellement \u00e9t\u00e9 \u00e9tir\u00e9e dans tous les sens, qu\u2019on peut se demander si elle a encore une signification pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>Il semblerait en effet que surtout deux causes ont gravement mis en question le monde moderne : l\u2019esprit pratique d\u2019une part ; l\u2019esprit critique de l\u2019autre. Je m\u2019explique.<\/p>\n<p>L\u2019esprit pratique d\u2019abord !<\/p>\n<p>Notre temps s\u2019oriente principalement vers l\u2019action, d\u2019o\u00f9 l\u2019expression esprit pratique. Notre soci\u00e9t\u00e9 est fondamentalement une soci\u00e9t\u00e9 de rendement. Et le rendement ne s\u2019obtient que par l\u2019\u00e9tude du fonctionnement de la nature ou par la cr\u00e9ation de fonctionnements rationnels.Cela exige par cons\u00e9quent une analyse des \u00e9l\u00e9ments pour savoir comment s\u2019agencent les choses.<\/p>\n<p>Le regard analytique s\u2019oppose n\u00e9cessairement au regard esth\u00e9tique. Il s\u00e9pare alors que pour sa part la contemplation, qu\u2019elle soit d\u2019ordre esth\u00e9tique ou mystique, est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 un regard de synth\u00e8se. La cons\u00e9quence : nous savons d\u00e9composer mais nous ne savons plus embrasser ni visuellement ni affectivement. L\u2019utile tue le beau ; se servir d\u2019une chose, c\u2019est cesser de la contempler. Pour pouvoir admirer, p\u00e9n\u00e9trer dans la profondeur esth\u00e9tique de l\u2019objet, il faut ne plus avoir prise sur lui. Or la beaut\u00e9, en profondeur, ne peut \u00eatre qu\u2019un mouvement d\u2019amour n\u00e9 de la gratuit\u00e9 alors que l\u2019esprit utilitaire est au contraire le ressort de la puissance du monde dans lequel nous vivons aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 Rimbaud, dans sa \u00ab Saison en enfer \u00bb appelait son si\u00e8cle \u00ab un si\u00e8cle de mains \u00bb. Nous vivons nous aussi dans un si\u00e8cle de mains, nous ma\u00eetrisons de plus en plus. Nous agissons de plus en plus. O\u00f9 trouverions-nous du temps pour la contemplation ?<\/p>\n<p>L\u2019esprit critique ensuite.<\/p>\n<p>Par d\u00e9finition, il exige une froide lucidit\u00e9 pour percer au-del\u00e0 des apparences et tenter de prendre totalement conscience de la v\u00e9rit\u00e9. Le projet est en soi admirable mais est-ce que la recherche du vrai ne tue pas finalement le sentiment du beau en ce sens que la beaut\u00e9, aux yeux d\u2019un homme qui se veut lucide, risque de passer pour un mensonge, une tromperie ? La beaut\u00e9 appara\u00eet alors comme une sorte d\u2019insolence. Car pour accepter la beaut\u00e9, il faudrait d\u2019abord accepter la vie. Or la situation est telle aujourd\u2019hui que nous ne pouvons plus consentir \u00e0 la vie. Parce que nous avons perdu l\u2019innocence, nous avons plut\u00f4t tendance \u00e0 d\u00e9pr\u00e9cier le point-de-vue esth\u00e9tique. Un artiste qui, maintenant, mettrait dans son \u0153uvre de la beaut\u00e9 au sens traditionnel, serait vite mal vu ou d\u00e9risoire.<\/p>\n<p>Si tel est le cas, alors c\u2019est toute la condition humaine qui entre en jeu puisque le sentiment du beau est intimement li\u00e9 au sentiment d\u2019un ordre profond de l\u2019univers. Le vrai n\u2019a de splendeur que s\u2019il rencontre et r\u00e9v\u00e8le cet ordre fondamental. L\u2019art antique compl\u00e9tait la joie d\u2019une philosophie heureuse qui ressentait la pl\u00e9nitude de l\u2019\u00eatre, l\u2019\u00e9quilibre merveilleux de la raison cosmique. L\u2019art m\u00e9di\u00e9val compl\u00e9tait la contemplation heureuse des mystiques. L\u2019art classique compl\u00e9tait un rationalisme triomphant ou confiant dans ses destin\u00e9es. L\u2019art actuel t\u00e9moigne au contraire de la v\u00e9rit\u00e9 d\u2019un d\u00e9sordre et, en pr\u00e9sence de ce d\u00e9sordre essentiel, toute tentative d\u2019harmonie semble devenir fausset\u00e9.<\/p>\n<p>Pourtant le sentiment et le besoin du beau subsistent en nous toujours aussi vifs et ce qui para\u00eet n\u00e9gatif peut un jour d\u00e9boucher sur des th\u00e8ses positives, qui seront autant d\u2019appels \u00e0 r\u00e9tablir le lien profond entre les \u00eatres et les choses. Cela est possible parce qu\u2019il existera toujours des artistes capables de d\u00e9couvrir la potentialit\u00e9 de beaut\u00e9 cach\u00e9e dans les choses qui auparavant paraissaient laides ou vulgaires.<\/p>\n<p>Et c\u2019est ainsi que nous nous approchons \u00e9trangement des fronti\u00e8res m\u00eames du sacr\u00e9, du transcendant.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00ab par sa nature que l\u2019homme d\u00e9sire le beau \u00bb enseigne saint Basile, car il porte en lui un \u00ab logos ( une parole ) po\u00e9tique cach\u00e9e \u00bb qui le rend contemplatif et saint Maxime le Confesseur ajoute : qui le rend sensible \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9clat fulgurant de la Beaut\u00e9 divine au-dedans de toutes choses \u00bb.<\/p>\n<p>Cette soif du beau n\u2019est nullement un privil\u00e8ge des artistes ; elle est ontologique, inh\u00e9rente \u00e0 tous au point que \u00ab dans sa ressemblance, l\u2019homme manifeste la Beaut\u00e9 divine \u00bb, dit saint Gr\u00e9goire de Nysse. Nous savons qu\u2019il existe dans l\u2019Eglise Orthodoxe un c\u00e9l\u00e8bre recueil asc\u00e9tique qui s\u2019appelle la Philocalie, nom qui signifie \u00ab l\u2019amour du Beau \u00bb, car tout \u00eatre enseign\u00e9 par Dieu n\u2019est pas seulement bon, ce qui va de soi, mais il est essentiellement beau en tant qu\u2019ic\u00f4ne vivante de Dieu. \u00ab Les martyrs, dit Nicolas Cabasilas, consum\u00e9s par le charbon ardent du Saint Esprit, surent aimer par-dessus tout la Souveraine Beaut\u00e9 \u00bb. Et saint Sym\u00e9on le Nouveau Th\u00e9ologien, \u00ab bless\u00e9 par le Seigneur d\u2019amour et de d\u00e9sir, cherchait par l\u2019esp\u00e9rance la Beaut\u00e9 spirituelle \u00bb. Ce que les ic\u00f4nes cherchent \u00e0 nous faire voir, ce sont les ineffables \u00e9clairs de la Beaut\u00e9 divine. Et Karl Barth, dans sa Dogmatique \u00e9nonce une affirmation tr\u00e8s orthodoxe : \u00ab Si on nie la Trinit\u00e9, on a un Dieu sans beaut\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Et quand le Seigneur dit : \u00ab Voyez les oiseaux, observez les lis des champs \u00bb dont la beaut\u00e9 naturelle d\u00e9passe toute la splendeur d\u00e9corative d\u2019un \u00ab Salomon \u00bb, il veut dire que la beaut\u00e9 d\u2019une simple fleur est le surgissement de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 qu\u2019on ne peut ni peser ni chiffrer et qui est justement vie et lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais pour saisir la profondeur myst\u00e9rieuse d\u2019une simple fleur, il faut y saisir la po\u00e9sie cr\u00e9atrice de Dieu et y croire. Parce que la contemplation n\u2019est pas esth\u00e9tique mais th\u00e9ologale. Elle requiert la perception selon les P\u00e8res grecs de \u00ab l\u2019\u0153il de la foi \u00bb, qui n\u2019a rien \u00e0 voir ni avec l\u2019\u0153il tout court, curieux des choses utilitaires ni avec une foi abstraite et aveugle, \u00e9trang\u00e8re au monde r\u00e9el des hommes. Lors de la Transfiguration du Seigneur, enseigne Palamas, les disciples \u00ab pass\u00e8rent de la chair \u00e0 l\u2019Esprit \u00bb. En fait, \u00ab c\u2019\u00e9tait, \u00e9crit Paul Evdokimov, la transfiguration non pas du Seigneur mais de l\u2019\u0153il des ap\u00f4tres parce que celui qui participe \u00e0 la lumi\u00e8re devient lui-m\u00eame lumi\u00e8re \u00bb. \u00ab L\u2019homme tout entier doit devenir \u0153il \u00bb affirme saint Macaire. La lumi\u00e8re est l\u2019objet de la vision, elle est aussi l\u2019organe de la vision. Et c\u2019est pourquoi il est \u00e9crit dans l\u2019 Evangile : \u00ab Ce qui est n\u00e9 de la chair est chair, et ce qui est n\u00e9 de l\u2019Esprit est Esprit \u00bb. Le jour de la Pentec\u00f4te, les Ap\u00f4tres, parlant de la magnificence de Dieu, donnaient \u00e0 penser aux gens qui les \u00e9coutaient qu\u2019ils \u00e9taient ivres. Ivres, certes ils l\u2019\u00e9taient. Non pas de vin \u2026 mais de Beaut\u00e9 !<\/p>\n<p>Je me plais ici \u00e0 reprendre les P\u00e8res lorsqu\u2019ils disent que \u00ab Dieu a voulu manifester sa Beaut\u00e9 et il a cr\u00e9\u00e9 la mati\u00e8re \u00bb. Le texte grec de la Gen\u00e8se, \u00e0 la fin de chaque mouvement de la cr\u00e9ation en six jours ( Hexam\u00e9ron ), r\u00e9p\u00e8te chaque fois que Dieu \u00ab vit que c\u2019\u00e9tait beau \u00bb ( \u03ba\u03b1\u03bb\u03cc\u03bd \u2013 beau ) et non \u03b1\u03b3\u03b1\u03b8\u03cc\u03bd ( bon ). Selon ce m\u00eame r\u00e9cit biblique, au commencement : \u00ab Il y eut un soir et il y eut un matin, ce fut le jour \u00bb. L\u2019Hexam\u00e9ron ne conna\u00eet pas la nuit. Ce sont le matin et le soir qui marquent la succession des \u00e9v\u00e8nements et ne forment que le jour, dimension de la lumi\u00e8re pure. La nuit, si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re au sens que lui donne l\u2019\u00e9vang\u00e9liste Jean, n\u2019appara\u00eet qu\u2019au moment de la chute : Adam et Eve vont fuir la lumi\u00e8re et le regard de Dieu et vont chercher l\u2019obscurit\u00e9 et l\u2019ombre pour se cacher. Et Judas, qui ne peut plus demeurer dans la chambre haute inond\u00e9e de lumi\u00e8re, \u00ab sort pr\u00e9cipitamment et il faisait nuit \u00bb, pr\u00e9cise Jean l\u2019Evang\u00e9liste.<\/p>\n<p>Plus encore. Le premier jour de la cr\u00e9ation, notent les P\u00e8res, n\u2019est pas prot\u00f6n (premier ) mais mia ( un ). ,,,, \u00ab \u03ba\u03b1\u03b9 \u03b5\u03b3\u03ad\u03bd\u03b5\u03c4\u03bf \u03b5\u03c3\u03c0\u03ad\u03c1\u03b1 \u03ba\u03b1\u03b9 \u03b5\u03b3\u03ad\u03bd\u03b5\u03c4\u03bf \u03c0\u03c1\u03c9\u03af, \u03b7\u03bc\u03ad\u03c1\u03b1 \u03bc\u03af\u03b1 \u00bb, dit le texte grec de la Gen\u00e8se 1,5, c\u2019 est-\u00e0-dire \u00ab et il fut le soir et il fut le matin, jour un \u00bb. En d\u2019autres termes ce jour n\u2019est pas le premier, comme ont tendance \u00e0 le d\u00e9finir les diverses traductions, mais un, unique, hors s\u00e9rie. Il est l\u2019alpha, le germe qui porte en lui et appelle son om\u00e9ga, le huiti\u00e8me jour de l\u2019accord final, le Royaume. C\u2019est pourquoi, saint Maxime le Confesseur pr\u00e9cisera que \u00ab le nom du Royaume signifie la parfaite Beaut\u00e9 \u00bb. Ainsi, \u00e0 la premi\u00e8re parole de la Bible \u00ab Que la Lumi\u00e8re soit ! \u00bb r\u00e9pond la derni\u00e8re : \u00ab Que la Beaut\u00e9 soit ! \u00bb.<\/p>\n<p>Explicitons cela un peu plus. Le monde voulu par Dieu a \u00e9t\u00e9 tiss\u00e9 comme un v\u00eatement lumineux de l\u2019homme. Tous les \u00ab jours \u00bb de la cr\u00e9ation entourent Adam comme autant de beaut\u00e9s. Dernier-n\u00e9 de la cr\u00e9ation, Adam est l\u2019avenir du monde. Le monde sera ce qu\u2019enfantera l\u2019homme. Ainsi, l\u2019homme est vraiment \u00e0 l\u2019image de Dieu. Pour la tradition la plus ancienne \u2013 la tradition h\u00e9bra\u00efque relay\u00e9e par la tradition orthodoxe \u2013 le premier Adam, l\u2019Adam \u00ab qadmon \u00bb, l\u2019homme ant\u00e9rieur, \u00e9tait un corps de lumi\u00e8re qui r\u00e9capitulait les \u00ab six jours \u00bb de la cr\u00e9ation et devait rendre au Cr\u00e9ateur la libre r\u00e9ponse de l\u2019amour en se laissant aspirer par la lumi\u00e8re incr\u00e9\u00e9e de Dieu, dans un mouvement d\u2019ascension \u00e0 m\u00eame le septi\u00e8me jour. L\u2019homme devait y enfanter le huiti\u00e8me jour : la transfiguration du premier. \u2028Mais il y eut la chute d\u2019Adam et d\u2019Eve et la souillure de l\u2019image dans le monde rend la beaut\u00e9 ambigu\u00eb. Si la V\u00e9rit\u00e9 est toujours belle, toute beaut\u00e9 n\u2019est pas toujours vraie. Le r\u00e9cit biblique de la premi\u00e8re tentation se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la chute des anges. Isa\u00efe et Ez\u00e9chiel disent \u00e0 propos de Lucifer : \u00ab comment es-tu tomb\u00e9 du ciel, toi qui te levais au matin plein de beaut\u00e9 ? \u00bb (Is.14\/12) \u00ab tu t\u2019es enorgueilli de ta beaut\u00e9, tu as laiss\u00e9 ta splendeur corrompre ta sagesse \u00bb (Ez.28\/17).<\/p>\n<p>La beaut\u00e9 est devenue pierre d\u2019achoppement : au moment de l\u2019\u00e9preuve la femme vit que le fruit \u00e9tait \u00ab bon \u00e0 manger, s\u00e9duisant \u00e0 voir, d\u00e9sirable \u00bb (Ge.3\/6 ) ; sa convoitise place l\u2019esprit humain au-dessus du Bien et du Mal. Autrement dit : le vrai, le beau et le bon se s\u00e9parent, la beaut\u00e9 n\u2019est plus, comme disaient les Anciens, l\u2019\u00e9clat du vrai. L\u2019art humain, dans le m\u00e9pris de l\u2019\u00eatre et de la personne peut d\u00e9cha\u00eener les images les plus cannibales.<\/p>\n<p>Le beau devient alors une valeur autonome, dans une culture morcel\u00e9e, cloisonn\u00e9e, une valeur ext\u00e9rieure \u00e0 la relation personnelle qui unissait \u00e0 Dieu le premier couple et unissait entre eux l\u2019homme et la femme. L\u2019attrait esth\u00e9tique exerce finalement ses chances et convertit \u00e0 un culte idol\u00e2tre. D\u00e9doubl\u00e9e, la beaut\u00e9 vue sous cet angle fait p\u00e9rir et fascine ; ambigu\u00eb et se s\u00e9duisant elle-m\u00eame d\u2019une mani\u00e8re narcissique, elle a besoin d\u2019\u00eatre sauv\u00e9e et prot\u00e9g\u00e9e. La beaut\u00e9 d\u00e9sormais est une \u00e9nigme, car observe Dosto\u00efevski, elle peut \u00eatre en m\u00eame temps celle de la Madone et celle de Sodome.<\/p>\n<p>Appara\u00eet d\u00e8s lors dans le monde une force d\u2019opposition, de n\u00e9gation, de destruction \u2013 c\u2019est justement le sens du mot diabolos en grec -, la cr\u00e9ation est comme vampiris\u00e9e par un r\u00e9seau de pens\u00e9es idol\u00e2triques : c\u2019est ce monde pour employer le langage du Nouveau Testament qui nous permet de distinguer ce monde r\u00e9seau d\u2019illusions et d\u2019hypnoses du monde comme cr\u00e9ation de Dieu : ce monde dont nous sommes \u00e0 la fois des auteurs et les victimes.<\/p>\n<p>Mais l\u2019amour divin qui a cr\u00e9\u00e9 le monde vient jusqu\u2019au plus profond de l\u2019enfer pour vaincre. En Christ, Nouvel Adam, l\u2019homme retrouve une vie plus forte que la mort et la possibilit\u00e9 de la communiquer au cosmos ou plut\u00f4t de la d\u00e9celer et de la lib\u00e9rer en lui. L\u2019incarnation du Christ remet en mouvement l\u2019immense circulation de la gloire ; le Christ s\u2019est transfigur\u00e9 sur le Mont Thabor et il a fait resplendir la beaut\u00e9 originelle et d\u00e9j\u00e0 ultime. Il a ainsi revivifi\u00e9 \u00ab le visage commun de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb dit saint Cyrille d\u2019Alexandrie ( sur Jean 1,14 ). Mais cette lumi\u00e8re, pour \u00eatre vraiment la lumi\u00e8re ultime, pour assumer vraiment toute la souffrance et tout le d\u00e9sespoir des hommes, devait jaillir non seulement au sommet de la montagne, dans l\u2019\u00e9vidence de la splendeur mais aussi dans l\u2019ab\u00eeme de la mort, de l\u2019enfer, du n\u00e9ant substantialis\u00e9 par notre libert\u00e9 pervertie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Thabor viennent donc Geths\u00e9mani et le Golgotha. Le Serviteur souffrant \u00ab n\u2019a plus ni \u00e9clat ni beaut\u00e9 pour attirer nos regards, ni apparence pour s\u00e9duire \u00bb, dit Isa\u00efe ( 53\/2 ). Le visage du Dieu incarn\u00e9 n\u2019est plus qu\u2019un visage d\u2019esclave, aprosopos, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab celui qu\u2019on ne voit pas \u00bb. Alors appara\u00eet \u00e0 travers la mort du Christ sur la Croix une beaut\u00e9 qui n\u2019est plus esth\u00e9tique au sens culturel, qui n\u2019est plus ambigu\u00eb mais qui s\u2019identifie \u00e0 l\u2019amour. D\u00e9sormais \u00e0 travers le visage le plus d\u00e9grad\u00e9, on peut pressentir la possibilit\u00e9 d\u2019une autre beaut\u00e9, inali\u00e9nable, \u00ab celle de l\u2019homme cach\u00e9 au fond du c\u0153ur \u00bb, dit l\u2019ap\u00f4tre Pierre ( 1 P 3\/4 ). Dosto\u00efevski, dans une de ses lettres, \u00e9crit : \u00ab Il n\u2019y a pas et il ne peut y avoir rien de plus beau que le Christ \u00bb. Cette beaut\u00e9 lib\u00e8re notre libert\u00e9. Et l\u2019\u00e9crivain d\u2019ajouter encore : \u00ab l\u2019homme d\u00e9sormais n\u2019a plus pour se guider que cet id\u00e9al \u00e9ternel de beaut\u00e9 \u00bb puisque le Verbe de Dieu, qui est d\u00e9sormais le Christ ressuscit\u00e9, \u2026 \u00ab ayant r\u00e9tabli l\u2019image souill\u00e9e dans son antique dignit\u00e9, l\u2019unit \u00e0 la Beaut\u00e9 divine \u2028( Kondakion du dimanche de l\u2019Orthodoxie ) \u00bb.<\/p>\n<p>On comprend maintenant la parole de saint Basile : \u00ab Les saints priaient pour que la contemplation de la Beaut\u00e9 divine s\u2019\u00e9tende sur l\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00bb. Ils ressentaient la soif que chante le psaume 27\/4 : \u00ab La chose qu\u2019\u00e0 Yahv\u00e9 je demande, la chose que je cherche, c\u2019est d\u2019habiter le Royaume de Yahv\u00e9, de contempler la Beaut\u00e9 de Yahv\u00e9 tous les jours de ma vie \u00bb\u2026<\/p>\n<p>Denis l\u2019Ar\u00e9opagite chante la grandeur de la cr\u00e9ation divine o\u00f9 Dieu met quelque chose de Lui-m\u00eame, rend l\u2019homme conforme, \u00ab ressemblant \u00e0 Lui \u00bb et en fait un \u00eatre contemplatif : \u00ab l\u2019homme, dit-il, est cr\u00e9\u00e9 selon l\u2019Arch\u00e9type divin qui nous accorde de participer \u00e0 sa propre Beaut\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Les P\u00e8res d\u2019Orient cultivent cette vision et amorcent leur th\u00e9ologie de la Beaut\u00e9. Saint Gregoire Palamas fait la synth\u00e8se : \u00ab La parfaite Beaut\u00e9 vient d\u2019en-haut et se pose en unique origine d\u2019une th\u00e9ologie s\u00fbre \u00bb. D\u00e9finition, \u00e9crit Paul Evdokimov, bien surprenante avant tout pour les th\u00e9ologiens eux-m\u00eames. Elle se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la parole de saint Cyrille d\u2019Alexandrie : \u00ab L\u2019Esprit Saint est le Docteur de l\u2019Eglise\u2026Il est la Forme des formes \u00bb. Autrement dit, l\u2019Esprit Saint est la saisie imm\u00e9diate de la Beaut\u00e9. Aussi, l\u2019ap\u00f4tre Paul n\u2019h\u00e9site pas d\u2019\u00e9crire : \u00ab Vous avez \u00e9t\u00e9 scell\u00e9s du Saint Esprit\u2026et Dieu s\u2019est acquis ces \u00eatres scell\u00e9s pour la louange de sa gloire ( Eph.1\/14 ) \u00bb. Sur le c\u0153ur pacifi\u00e9 de l\u2019homme scell\u00e9 du Saint-Esprit s\u2019imprime la v\u00e9rit\u00e9 des \u00eatres et des choses dans leur ultime beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Un \u00eatre humain a d\u00e9j\u00e0 travers\u00e9 d\u00e9finitivement la porte de la beaut\u00e9 pour passer tout entier, \u00e2me et corps, dans la lumi\u00e8re de la vie, c\u2019est la M\u00e8re de Dieu. Denis l\u2019Ar\u00e9opagite dit d\u2019elle qu\u2019elle est la Beaut\u00e9 salvatrice : \u00ab Je d\u00e9sire, lui dit-il en s\u2019adressant \u00e0 elle, que ton ic\u00f4ne se r\u00e9fl\u00e9chisse sans cesse dans le miroir des \u00e2mes et les conserve pures jusqu\u2019\u00e0 la fin des si\u00e8cles ; qu\u2019elle rel\u00e8ve ceux qui sont courb\u00e9s vers la terre et qu\u2019elle donne l\u2019espoir \u00e0 ceux qui admirent et imitent cet \u00e9ternel mod\u00e8le de Beaut\u00e9 \u00bb. C\u2019est qu\u2019en Marie, non seulement se r\u00e9sout la trag\u00e9die de la libert\u00e9 humaine mais s\u2019exprime pleinement la transparence des choses que masque le p\u00e9ch\u00e9. Saint Gr\u00e9goire Palamas disait qu\u2019elle synth\u00e9tise toutes les beaut\u00e9s de la cr\u00e9ation ( in Dormitionem ).<\/p>\n<p>C\u2019est cette beaut\u00e9 comme r\u00e9v\u00e9lation qui s\u2019inscrit dans l\u2019ic\u00f4ne au sujet de laquelle les P\u00e8res du VIIe Concile \u0152cum\u00e9nique (787 ) disent : \u00ab Ce que la Parole dit, l\u2019ic\u00f4ne nous le montre silencieusement \u2026 ce que nous avons entendu dire, nous l\u2019avons vu \u00bb.\u2028En tant que valeur propre, l\u2019ic\u00f4ne d\u00e9passe l\u2019art. Dans l\u2019ic\u00f4ne, ce qui prime c\u2019est le symbole dans le sens des P\u00e8res et de la tradition liturgique, \u00e0 savoir que le symbole contient en lui la pr\u00e9sence de ce qu\u2019il symbolise. C\u2019est cette pr\u00e9sence qui distingue une ic\u00f4ne d\u2019un tableau. L\u2019ic\u00f4ne se tient donc un peu \u00e0 part, comme la Bible se place au-dessus de la litt\u00e9rature et de la po\u00e9sie universelle. L\u2019art tout court sera toujours formellement plus parfait que l\u2019art des iconographes car ce dernier, justement, ne cherche pas cette perfection. Son exc\u00e8s m\u00eame nuirait \u00e0 l\u2019ic\u00f4ne, risquerait de d\u00e9centrer le regard de la vision du myst\u00e8re, comme une po\u00e9sie excessive et recherch\u00e9e nuirait \u00e0 la puissance de la parole biblique. Le contenu de l\u2019ic\u00f4ne prime sur sa forme et la subordonne \u00e0 son symbolisme. L\u2019ic\u00f4ne est avant tout une \u00ab image \u00e9piphanique \u00bb, autrement dit une image qui manifeste, qui r\u00e9v\u00e8le une r\u00e9alit\u00e9 : \u00e0 travers le visible contempl\u00e9, l\u2019Invisible Beaut\u00e9 vient vers nous et nous accueille dans sa Pr\u00e9sence. J\u2019ajoute encore : si la Parole se fait entendre, elle se fait voir aussi. A un certain niveau, la parole humaine s\u2019arr\u00eate, impuissante : seule l\u2019image, seule l\u2019ic\u00f4ne peut la prolonger et faire voir l\u2019ineffable. D\u00e9j\u00e0, dans l\u2019Ancien Testament, d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de textes messianiques, l\u2019 \u00ab Ecoute Isra\u00ebl \u00bb laisse place au \u00ab L\u00e8ve tes yeux et vois \u00bb. Mo\u00efse et Elie entourent le Christ transfigur\u00e9 sur le Mont Thabor en tant que \u00ab grands voyants \u00bb. Rappelons ici encore une fois ce que l\u2019Evangile nous dit si bien : \u00ab ce qui est n\u00e9 de la chair est chair ; ce qui est n\u00e9 de l\u2019Esprit est Esprit \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi, la Parole \u00e9cout\u00e9e est contenue dans la Bible ; construite, elle parle \u00e0 travers les formes symboliques du temple ; chant\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e sur la sc\u00e8ne sacr\u00e9e du culte, elle c\u00e9l\u00e8bre la liturgie ; dessin\u00e9e, elle s\u2019offre en contemplation, \u00ab en th\u00e9ologie visuelle \u00bb sous la forme de l\u2019ic\u00f4ne. En fait, \u00ab ce que le Livre nous dit, l\u2019ic\u00f4ne nous le rend pr\u00e9sent \u00bb(Concile de 680 ). Cette pr\u00e9sence n\u2019est pas localis\u00e9e mais rayonne \u00e9nerg\u00e9tiquement en partant de l\u2019ic\u00f4ne. Le lieu de la pr\u00e9sence n\u2019est pas la planche de bois mais la myst\u00e9rieuse ressemblance hypostatique qu\u2019offre toute ic\u00f4ne.<\/p>\n<p>Avant l\u2019Incarnation du Christ, par la crainte de l\u2019idol\u00e2trie, toute repr\u00e9sentation du c\u00e9leste \u00e9tait limit\u00e9e au monde des anges. Apr\u00e8s son Incarnation, le Christ d\u00e9livre les hommes de l\u2019idol\u00e2trie non pas n\u00e9gativement, en supprimant toute image, mais positivement, en r\u00e9v\u00e9lant la vraie figure de Dieu : \u00ab l\u2019humanit\u00e9 du Christ est l\u2019ic\u00f4ne de sa divinit\u00e9 \u00bb ; l\u2019humain re\u00e7oit sa fonction iconographique : image visible de l\u2019invisible et lieu de sa pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>\u00ab Nous contemplons, disent les P\u00e8res du VIIe Concile \u0152cum\u00e9nique, \u00e0 la fois l\u2019invisible et le repr\u00e9sent\u00e9 \u00bb , non pas l\u2019un ou l\u2019autre mais l\u2019un dans l\u2019autre. Le miracle de l\u2019ic\u00f4ne est hors de tout art portraitiste ; il se situe dans la ressemblance hypostatique. Saint Athanase le Sina\u00efte pr\u00e9cise : ce n\u2019est pas la nature qui voit la nature, mais la personne qui contemple la Personne. Les P\u00e8res avertissent : adorer une ic\u00f4ne, c\u2019est la d\u00e9truire, rendre sa pr\u00e9sence absente. Le VIIe Concile d\u00e9clare : \u00ab Malheur \u00e0 qui adorerait les images \u00bb ! On peut ainsi mieux comprendre que ce n\u2019est pas en tant qu\u2019\u0153uvre d\u2019art qu\u2019une ic\u00f4ne est belle. Sa beaut\u00e9 est dans la ressemblance avec la V\u00e9rit\u00e9 qu\u2019Elle rend pr\u00e9sente. \u00ab Image conductrice \u00bb, l\u2019ic\u00f4ne guide le regard au-del\u00e0 d\u2019elle-m\u00eame. Ainsi par exemple, l\u2019ic\u00f4ne bien connue de la Trinit\u00e9 de Roublov traduit l\u2019\u00e9clat trisolaire qui inonde de clart\u00e9 et illumine le monde.<\/p>\n<p>Un dernier mot. La contemplation de la Transfiguration du Seigneur apprend \u00e0 tout iconographe qu\u2019il peint avant tout avec la lumi\u00e8re thaborique et non avec les seules couleurs de ce monde, tant il est vrai que l\u2019ic\u00f4ne fait voir l\u2019 homo cordis absconditus, la beaut\u00e9 de \u00ab l\u2019homme cach\u00e9 du c\u0153ur \u00bb dont parle saint Pierre ( 1P 3\/4 ). Tant il est vrai que ce sont les choses invisibles qui r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 leur profondeur les choses visibles, dans une pens\u00e9e spirituelle, une pens\u00e9e anim\u00e9e par l\u2019Esprit Saint.<\/p>\n<p>Comment conclure ?<\/p>\n<p>Pour la th\u00e9ologie orthodoxe, la beaut\u00e9 est une personne, le Christ. La beaut\u00e9 est donc un nom divin. Mais elle a une histoire, li\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019homme. La premi\u00e8re beaut\u00e9 est paradisiaque, que chaque chose en cette cr\u00e9ation refl\u00e8te, remont\u00e9e de gloire vers le Cr\u00e9ateur. Mais l\u2019homme a rompu le circuit de cette gloire et la lumi\u00e8re ne semble plus venir de l\u2019int\u00e9rieur des choses et de nous-m\u00eames ; elle nous appara\u00eet trou\u00e9e de nuit, et quelquefois trouant la nuit\u2026 Alors, la beaut\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par l\u2019homme devient souvent d\u00e9viation de la vie de Dieu, seconde beaut\u00e9. Il est une troisi\u00e8me beaut\u00e9, celle de la Croix, Croix de sang et de lumi\u00e8re. Une telle beaut\u00e9 pacifie et lib\u00e8re de la mort. L\u2019art qui cherche cette beaut\u00e9 est un art philocalique. \u00ab La vision philocalique, \u00e9crit un grand th\u00e9ologien et penseur orthodoxe contemporain, brise l\u2019esth\u00e9tique charnelle et psychologique, s\u00e9par\u00e9e et s\u00e9paratrice puisqu\u2019elle met \u00e0 part un domaine de la beaut\u00e9. L\u2019\u0153il du c\u0153ur pacifi\u00e9, purifi\u00e9, d\u00e9couvre que tout est beau en Christ, que la croix nous ouvre l\u2019ultime beaut\u00e9, que la beaut\u00e9 du monde refleurit, telle une rose sur la croix, \u00e0 partir de la mort sacrificielle, vivifiante du Dieu fait homme. Par la beaut\u00e9, nous entrons dans notre v\u00e9ritable demeure. Certes, la porte ne fait que s\u2019ouvrir par instants, et nous ne pouvons demeurer. Mais comme la beaut\u00e9 est une personne, comme le Christ est la beaut\u00e9 en personne, nous savons que Lui demeure plus profond que notre aveuglement, notre laideur, notre manque \u00e0 la g\u00e9nialit\u00e9 de l\u2019Esprit \u00bb ( Olivier Cl\u00e9ment, in les Visionnaires, p.260 ).<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute l\u00e0 un des leviers les plus puissants du christianisme aujourd\u2019hui : l\u2019affirmation que l\u2019\u00eatre du monde est beaut\u00e9. Le christianisme a pour mission de r\u00e9v\u00e9ler et de donner \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler cela, \u00e0 savoir que le Dieu de la Bible n\u2019est pas un Dieu utile, consommable mais un Dieu gratuit et par l\u00e0 source de salut ; un Dieu qui nous restitue le sens de l\u2019existence comme c\u00e9l\u00e9bration, comme f\u00eate puisque dans l\u2019enfer, en Christ, l\u2019amour divin est descendu, rendant ensuite possibles toutes les synth\u00e8ses, tous les d\u00e9passements par la puissance de la r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Nous avons trop tendance en Occident de repr\u00e9senter Dieu comme un vieil homme, isol\u00e9, visage abstrait et idol\u00e2tre de notre imaginaire. Nous avons par trop souvent mis \u00e0 mal sa transcendance par l\u2019invasion de l\u2019immanence, immanence ath\u00e9e ou gnostique, immanence de l\u2019histoire ou du soi int\u00e9rieur cultiv\u00e9 dans lesdites nouvelles spiritualit\u00e9s. Mais si Dieu est le Tout-Autre, il n\u2019est pas oppos\u00e9 ni indiff\u00e9rent : il y a alt\u00e9rit\u00e9 et non pas contradiction.<\/p>\n<p>L\u2019Occident a gliss\u00e9 sur l\u2019image de Dieu : il a cherch\u00e9 \u00e0 le repr\u00e9senter tel qu\u2019il s\u2019est rendu accessible, en Christ, mais un Christ trop r\u00e9duit au Verbe, \u00e0 la Parole. L\u2019Occident a transform\u00e9 Dieu en visage abstrait, en concept, au lieu de le garder comme nom, comme le Nom. Il faut qu\u2019 il se figure \u00e0 nouveau Dieu, Lui redonne son visage. Particuli\u00e8rement en Europe occidentale, l\u2019engouement fulgurant des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies pour les ic\u00f4nes t\u00e9moigne de ce besoin ; ces ic\u00f4nes qui rappellent que Dieu s\u2019est donn\u00e9 \u00e0 voir dans le visage de J\u00e9sus. A voir et pas seulement \u00e0 entendre.<\/p>\n<p>Par le Christ, Dieu s\u2019est fait visage aux hommes ; le visage du Christ est connaissance de Dieu. Et cela d\u2019une fa\u00e7on r\u00e9elle : le Christ a un visage individuel, particulier, inscrit dans le temps et l\u2019espace, inscription qui est gage de son humanit\u00e9 et, en m\u00eame temps, \u00ab visage commun de l\u2019humanit\u00e9, visage des visages, non qu\u2019il abolisse les autres pour se substituer \u00e0 eux, mais parce que son rayonnement les p\u00e9n\u00e8tre, les rend transparents \u00e0 sa propre lumi\u00e8re, \u00e0 son incandescence secr\u00e8te, qui est celle de l\u2019Esprit \u00bb, pr\u00e9cise encore Olivier Cl\u00e9ment ( in Le Visage int\u00e9rieur , p.31 ). L\u2019art de l\u2019ic\u00f4ne montre qu\u2019en Christ, \u00ab c\u2019est la mati\u00e8re qui est devenue spirituelle \u00bb, dans ce r\u00e9alisme mystique qui nous \u00e9chappe tant, folie pour nos logiques occidentales.<\/p>\n<p>\u00ab Etre chr\u00e9tien, finalement, c\u2019est d\u00e9couvrir au fond m\u00eame de son enfer le visage de Dieu, d\u00e9vast\u00e9 et ressuscit\u00e9, d\u00e9figur\u00e9 et transfigur\u00e9, qui nous accueille, nous lib\u00e8re, nous rend la chance de l\u2019ic\u00f4ne, la possibilit\u00e9 du visage \u00bb, \u00e9crit Olivier Cl\u00e9ment . Un visage capable de devenir \u00e0 son tour beaut\u00e9 de la seule et unique Beaut\u00e9 qui est Dieu.<\/p>\n<p>&#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211; &#8211;<\/p>\n<p>Cet essai a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme conf\u00e9rence au festival de \u00ab Trialogos \u00bb de Tallinn le 1er octobre 2005. Il est la synth\u00e8se d\u2019une compilation \u00e0 partir des extraits bibliographiques suivants :<\/p>\n<p>&#8211; Revue CONTACTS :\u2028a) N\u00b0 64 \/ 4\u00e8me Trim. 1968 : Jean ONIMUS : M\u00e9tamorphose de la Beaut\u00e9, pp.254-272. : Paul Evdokimov : Vision de la Beaut\u00e9, pp. 300-322.<\/p>\n<p>b)N\u00b0 105 \/ 1er Trim.1979 : Jacques Touraille : La Beaut\u00e9, Ic\u00f4ne du Royaume, pp.1-24.<\/p>\n<p>&#8211; Olivier CLEMENT :\u2028a) L\u2019\u0153il de Feu, Ed. Fata Morgana 1994, pp.89-101.\u2028b) Sillons de Lumi\u00e8re, Ed. Fates, Troyes 2002, pp.103-120.<\/p>\n<p>&#8211; Franck DAMOUR : Olivier Cl\u00e9ment, un Passeur, Ed.Anne Sigier,Canada, 1er trim.2003,pp.139-158.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>+Stephanos, m\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l&rsquo;Estonie<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet essai a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme conf\u00e9rence au festival de \u00ab Trialogos \u00bb de Tallinn le 1er octobre 2005. Il est la synth\u00e8se d\u2019une compilation \u00e0 partir d&rsquo;extraits de livres. Voir la bibliographie en fin de texte. 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