{"id":7712,"date":"2015-01-23T09:57:02","date_gmt":"2015-01-23T07:57:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7712"},"modified":"2015-03-06T12:12:42","modified_gmt":"2015-03-06T10:12:42","slug":"le-mystere-de-la-croix","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/","title":{"rendered":"LE MYSTERE DE LA CROIX"},"content":{"rendered":"<p><b>LA CROIX ET L&rsquo;HISTOIRE DU SALUT<\/b><\/p>\n<p>Une inscription de la chapelle d&rsquo;Adam dans le Saint-S\u00e9pulcre \u00e0 J\u00e9rusalem proclame que \u00ab le lieu du cr\u00e2ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Golgotha o\u00f9 fut plant\u00e9e la croix, est devenu paradis \u00bb. A la limite, dans le champ des relations personnelles qu&rsquo;ont les hommes entre eux et avec eux (en d&rsquo;autres termes, champ de communion) l&rsquo;univers est destin\u00e9 \u00e0 devenir f\u00eate nuptiale, eucharistie. \u00ab Dieu, souligne le Pr Nikos Nissiotis, a cr\u00e9\u00e9 le monde pour s&rsquo;unir \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 travers toute la chair cosmique devenant chair eucharistique. \u00bb Tant il est vrai qu&rsquo;il existe bien \u00ab en toute chose un mode de Pr\u00e9sence myst\u00e9rieuse qui donne aux \u00eatres une communion plus forte que leur \u00eatre en soi \u00bb (Nikos Nissiotis). C&rsquo;est pourquoi, la vocation de l&rsquo;homme, pr\u00e9cis\u00e9ment : personne \u00e0 l&rsquo;image de Dieu, consiste dans sa libert\u00e9 personnelle \u00e0 transcender l&rsquo;univers non pas pour l&rsquo;abandonner mais pour le contenir, lui dire son sens, lui permettre de correspondre \u00e0 sa sacramentalit\u00e9 la plus secr\u00e8te, le \u00ab cultiver \u00bb, en parfaire la beaut\u00e9, bref le transfigurer et non pas le d\u00e9figurer. C&rsquo;est dans le monde que l&rsquo;homme exprime sa libert\u00e9 et qu&rsquo;il se pr\u00e9sente comme une existence personnelle devant Dieu (Constantin Gregoriadis).<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 par les P\u00e8res grecs comme \u00ab la gloire \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme la manifestation de l&rsquo;image de Dieu dans le monde (m\u00eame si cette image exprime non seulement la relation de l&rsquo;homme avec le monde, mais en premier lieu, sa relation avec Dieu), l\u2019homme ne peut de cette mani\u00e8re faire transpara\u00eetre Dieu en soi-m\u00eame sans faire transpara\u00eetre Dieu dans le monde ou sans se faire transparent comme image de Dieu dans le monde. Autrement dit, l&rsquo;image de Dieu dans l&rsquo;homme consiste aussi dans la qualit\u00e9 de l&rsquo;homme comme Seigneur de l&rsquo;univers. \u00ab Il est vrai, \u00e9crit Dumitru Stanilao\u00eb, que le monde a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 avant l&rsquo;homme ; mais, c&rsquo;est par l&rsquo;homme seulement qu&rsquo;il a re\u00e7u sa pleine r\u00e9alit\u00e9 et qu&rsquo;il r\u00e9alise sa destination. L&rsquo;homme est le collaborateur de Dieu envers le monde. L&rsquo;\u00eatre visible est form\u00e9 par l&rsquo;homme et par le monde ; il est le monde refl\u00e9t\u00e9 par l&rsquo;homme ou l&rsquo;homme en relation avec le monde. \u00bb On peut donc dire que l&rsquo;homme est un miroir dans lequel on voit le monde et le monde un miroir dans lequel se voit l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Ainsi, l&rsquo;homme est pour l&rsquo;univers l&rsquo;espoir de recevoir la gr\u00e2ce et de s&rsquo;unir \u00e0 Dieu ; mais il est aussi le risque de la d\u00e9ch\u00e9ance et de l&rsquo;\u00e9chec d\u00e8s lors que, d\u00e9tourn\u00e9 de Dieu, il ne verra des choses que l&rsquo;apparence, \u00ab la figure qui passe \u00bb (1 Co7, 31) et leur donnera en cons\u00e9quence un \u00ab faux nom \u00bb. Tel est le niveau o\u00f9 se situe sa grandeur ; une grandeur qui r\u00e9side dans sa dimension irr\u00e9ductiblement personnelle, m\u00e9tacosmique, qui lui permet non de dissoudre le cosmos, mais de le transformer en temple de la Sagesse divine. Rappelons ici ces textes fondamentaux de saint Paul dans son \u00e9p\u00eetre aux Romains (1, 20 et 8, 19-21) qui nous donnent la cl\u00e9 de l&rsquo;interpr\u00e9tation du grand myst\u00e8re de la nature, qui correspondent \u00e0 une situation de d\u00e9ch\u00e9ance et de r\u00e9demption. Nous y voyons en effet qu&rsquo;avec la cr\u00e9ation et la chute commence une ligne horizontale qui avance directement de la Croix et de la R\u00e9surrection jusqu&rsquo;\u00e0 la Pentec\u00f4te, le fait essentiel demeurant ici le myst\u00e8re de l&rsquo;Incarnation, puisqu&rsquo;il place l&rsquo;homme au centre de la Cr\u00e9ation ; puisque encore le Christ, en r\u00e9capitulant l&rsquo;histoire humaine, donne du m\u00eame coup aux cycles cosmiques la pl\u00e9nitude de leur sens. Ce qui \u00e0 juste titre fera dire \u00e0 saint Augustin que la r\u00e9v\u00e9lation nous est donn\u00e9e comme \u00ab un autre monde \u00bb pour retrouver le sens du monde, la Cr\u00e9ation initiale d&rsquo;avant la chute \u00e9tant ainsi comprise comme une premi\u00e8re alliance, laquelle, par la suite, ne trouvera son plein accomplissement que dans le Christ. Car tout a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans le Verbe par Lui et pour Lui (Col 1, 15-19).<\/p>\n<p>S&rsquo;il en est ainsi, nous comprenons pourquoi le sens de cette cr\u00e9ation nous est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dans cette re-cr\u00e9ation op\u00e9r\u00e9e par le Fils de Dieu devenant fils de la terre (Olivier Cl\u00e9ment). Ainsi, tout ce qui se passe en l&rsquo;homme a une signification universelle et s&rsquo;exprime sur l&rsquo;univers. Ainsi encore, \u00ab la r\u00e9v\u00e9lation biblique nous place devant un anthropocentrisme r\u00e9solu, non pas physique, \u00e9crit encore Olivier Cl\u00e9ment, mais spirituel puisque le destin de la personne humaine d\u00e9termine le destin du cosmos \u00bb. D\u00e8s lors, l&rsquo;homme se pr\u00e9sente comme l&rsquo;axe spirituel de tout le cr\u00e9\u00e9, de tous ses plans, de tous ses modes parce qu&rsquo;il est \u00e0 la fois \u00ab microcosme et microth\u00e9os \u00bb, en d&rsquo;autres mots, le r\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;univers et l&rsquo;image de Dieu et parce qu&rsquo;enfin, Dieu s&rsquo;est fait homme pour s&rsquo;unir au cosmos.<\/p>\n<p>Mais il ne suffit pas de dire que l&rsquo;homme est microcosme, car sa vraie grandeur r\u00e9side dans le fait qu&rsquo;il est \u00ab appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre Dieu \u00bb, \u00e0 devenir \u00ab Eglise mystique \u00bb (Panayotis Nellas). Loin donc d&rsquo;\u00eatre, comme dans les conceptions platonisantes, la copie ou le reflet d\u00e9grad\u00e9 d&rsquo;un monde divin, l&rsquo;univers, par la Croix et la R\u00e9surrection, jaillit neuf des mains du Dieu biblique.<\/p>\n<p>Lorsque Gr\u00e9goire de Nysse d\u00e9crit cette Cr\u00e9ation comme \u00ab une ordonnance musicale \u00bb, nul doute qu&rsquo;il ne fait l\u00e0 que rejoindre la tradition h\u00e9bra\u00efque elle-m\u00eame pour laquelle le premier Adam, l&rsquo;Adam qadmon, l&rsquo;homme ant\u00e9rieur, \u00e9tait un corps de lumi\u00e8re qui r\u00e9capitulait les \u00ab six jours de la cr\u00e9ation \u00bb et devait rendre au Cr\u00e9ateur la libre r\u00e9ponse de l&rsquo;amour en se laissant aspirer par la lumi\u00e8re incr\u00e9\u00e9e de Dieu, dans un mouvement d&rsquo;ascension vers le septi\u00e8me jour. L&rsquo;homme devait y enfanter le huiti\u00e8me jour : la transfiguration du premier (Jacques Touraille). Partant la vision chr\u00e9tienne, qui r\u00e9sulte de la croix, nous introduit ici dans une r\u00e9alit\u00e9 neuve, v\u00e9ritable, dynamique, anim\u00e9e par une force \u00ab lumineuse, spermatique \u00bb que Dieu a introduite en elle non pour l&rsquo;immanence des sto\u00efciens (malgr\u00e9 la similitude du vocabulaire chez beaucoup de P\u00e8res), mais comme tension vers la transcendance (Gr\u00e9goire de Nysse).<\/p>\n<p>\u00ab Au milieu de l&rsquo;Eden, un arbre avait produit la mort \u00bb, proclame un tropaire de l&rsquo;Eglise orthodoxe : \u00ab Au milieu de la terre, un arbre a fait \u00e9clore la vie. En go\u00fbtant du premier, nous avons connu la corruption; du second, nous avons obtenu la jouissance de l&rsquo;immortalit\u00e9, puisque sur la croix, Seigneur, tu sauves le genre humain. \u00bb Et ailleurs il est dit encore : \u00ab Jadis au Paradis, l&rsquo;Ennemi me d\u00e9pouilla, me faisant go\u00fbter au fruit de l&rsquo;arbre de la croix ; il apporte aux hommes le v\u00eatement de vie et le monde entier d\u00e9borde de joie. Voyant la croix exalt\u00e9e, crions tous au Seigneur d&rsquo;une m\u00eame voix : ton temple est rempli de gloire ! \u00bb (Traductions du P. Denis Guillaume.)<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a donc pas de discontinuit\u00e9 entre la chair du monde et celle de l&rsquo;homme ; l&rsquo;univers est englob\u00e9 en effet dans la \u00ab nature humaine \u00bb (au sens th\u00e9ologique de ce mot) ; il est corps de l&rsquo;humanit\u00e9. Le premier r\u00e9cit de la cr\u00e9ation, dans la Gen\u00e8se (1, 26-31), nous montre que l&rsquo;homme, tout en ayant \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 apr\u00e8s les autres \u00eatres, est cependant assimil\u00e9 \u00e0 eux par la b\u00e9n\u00e9diction qui cl\u00f4t le sixi\u00e8me jour et qui fait justement de lui le sommet o\u00f9 la cr\u00e9ation s&rsquo;accomplit et se r\u00e9capitule. Par cons\u00e9quent l&rsquo;homme constitue l&rsquo;hypostase du monde ; il est la \u00ab jointure entre le divin et le terrestre \u00bb et de \u00ab lui se diffuse la gr\u00e2ce sur toute la cr\u00e9ation \u00bb.<\/p>\n<p>Par l&rsquo;homme, l&rsquo;univers est appel\u00e9 \u00e0 devenir \u00ab l&rsquo;image de l&rsquo;image \u00bb (Gr\u00e9goire de Nysse). C&rsquo;est dire que la situation du cosmos, sa transparence ou opacit\u00e9, sa lib\u00e9ration en Dieu ou son asservissement \u00e0 la corruption et \u00e0 la mort d\u00e9pendent de l&rsquo;attitude fondamentale de l&rsquo;homme, de sa transparence ou opacit\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re divine et \u00e0 la pr\u00e9sence du prochain. C&rsquo;est la capacit\u00e9 de l&rsquo;homme qui conditionne l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;univers, du moins initialement et maintenant en Christ, nouvel Adam, dans son Eglise. Voil\u00e0 pourquoi il fallait que J\u00e9sus meure (Jn11, 51-52), qu&rsquo;il se d\u00e9pouille de sa divinit\u00e9 pour entrer en toute humilit\u00e9 dans la condition humaine (Ph2, 7) de sorte que par la Croix, le voile de ce monde s&rsquo;\u00e9tant d\u00e9chir\u00e9 et la mort m\u00eame devenant puissance de r\u00e9surrection, l&rsquo;homme retrouve toute sa dimension du Kath&rsquo;olon puisque le Christ ayant r\u00e9capitul\u00e9 la totalit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9 et de l&rsquo;univers, repr\u00e9sente en arch\u00e9type ce que nous sommes. On peut donc affirmer avec assurance que pour nous, ce moment essentiel de la crucifixion (comme d&rsquo;ailleurs les autres moments de l&rsquo;histoire de notre salut) ne rev\u00eat pas seulement une importance historique mais aussi m\u00e9ta-historique (Olivier Cl\u00e9ment).<\/p>\n<p>Dans un texte admirable, saint Sym\u00e9on le Nouveau Th\u00e9ologien r\u00e9sume avec force ce qui vient d&rsquo;\u00eatre abord\u00e9 ici. \u00ab Toutes les cr\u00e9atures, \u00e9crit-il, lorsqu&rsquo;elles virent qu&rsquo;Adam \u00e9tait chass\u00e9 du Paradis, ne consentirent plus \u00e0 lui rester soumises ; ni le soleil, ni la lune, ni les \u00e9toiles ne voulurent le reconna\u00eetre ; les sources refus\u00e8rent de faire jaillir l&rsquo;eau et les rivi\u00e8res de continuer leur cours ; l&rsquo;air ne voulut plus palpiter pour ne pas donner \u00e0 respirer \u00e0 Adam P\u00e9cheur ; les b\u00eates f\u00e9roces et tous les animaux de la terre, lorsqu&rsquo;ils le virent, d\u00e9chu de sa gloire premi\u00e8re, se mirent \u00e0 le m\u00e9priser et tous \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 l&rsquo;assaillir ; le ciel s&rsquo;effor\u00e7ait de s&rsquo;effondrer sur sa t\u00eate et la terre ne voulut plus le porter. Mais Dieu qui avait cr\u00e9\u00e9 toutes choses et l&rsquo;homme que fit-il ? Il contint toutes ces cr\u00e9atures par sa propre force et, par son ordre et sa cl\u00e9mence sacr\u00e9e, ne les laissa pas se d\u00e9cha\u00eener contre l&rsquo;homme, mais ordonna que la cr\u00e9ation rest\u00e2t sous sa d\u00e9pendance et, devenant p\u00e9rissable, serv\u00eet l&rsquo;homme p\u00e9rissable pour lequel elle \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e et cela jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;homme renouvel\u00e9 redevienne spirituel, incorruptible et \u00e9ternel, et que toutes les cr\u00e9atures, soumises par Dieu \u00e0 l&rsquo;homme dans son labeur, se lib\u00e8rent aussi, se renouvelant avec lui et comme lui, redeviennent incorruptibles et spirituelles \u00bb [Trait\u00e9 \u00e9thique].<\/p>\n<p>La Croix rend donc accessible aux hommes la modalit\u00e9 \u00ab synth\u00e9tique \u00bb de la cr\u00e9ation du fait que le sang du meurtre de Dieu devient, au sens le plus originel, sacrifice et qu&rsquo;il sacre la terre. Aussi, seule la Croix peut \u00ab se dresser au centre du ciel et de la terre en tant que ferme soutien de toutes choses [&#8230;] et entrelacement cosmique \u00bb (Henri de Lubac). Voil\u00e0 pourquoi, tout le devenir du cosmos ne peut plus se concevoir sans la Croix et la R\u00e9surrection. \u00ab Comme un autre Paradis, l&rsquo;Eglise poss\u00e8de maintenant [&#8230;] un arbre de vie : c&rsquo;est la vivifiante Croix du Sauveur ; en go\u00fbtant de son fruit, nous avons part \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><b>LA CROIX DANS LA THEOLOGIE ORTHODOXE<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul probl\u00e8me philosophique s\u00e9rieux, pr\u00e9tendait Albert Camus, le suicide. \u00bb Malheureusement, il y a peu d&rsquo;hommes qui aient le courage d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de cette logique existentielle, qui osent chaque jour v\u00e9rifier cette phrase terrible qui vient d&rsquo;\u00eatre cit\u00e9e : \u00e0 savoir, qu&rsquo;\u00e0 chaque minute de notre existence se pose un dilemme implacable : ou nous suicider ou ressusciter. En d&rsquo;autres termes, cette tension dramatique o\u00f9 nous vivons n&rsquo;est pas situ\u00e9e entre un transcendant conceptuel et un immanent ph\u00e9nom\u00e9nal, mais entre deux temps : ce temps-ci qui est dialogal certes, mais aussi diabolique et le temps nouveau qui est parousiaque et rend le temps actuel \u00ab pascal \u00bb. Or, la relation entre vie future de l&rsquo;homme et vie pr\u00e9sente est particuli\u00e8rement \u00e9troite ; elle est une et unique, qui commence, comme vie d&rsquo;une seule et m\u00eame personne, \u00e0 exister ici et qui continue d&rsquo;exister au ciel sans nulle rupture. Ainsi la vie future n&rsquo;\u00e9crase pas et ne relativise pas la vie pr\u00e9sente, au contraire elle lui donne sens et continuit\u00e9 : ce que nous faisons dans cette vie n&rsquo;est pas fortuit et isol\u00e9, mais est destin\u00e9 \u00e0 demeurer dans l&rsquo;autre (Panayotis Nellas). Et cela est d&rsquo;autant plus vrai que le Dieu-Homme unit d\u00e9sormais Dieu et l&rsquo;homme dans une m\u00eame personne, sans confusion et sans division : accomplissement donc de l&rsquo;homme, le Christ nous r\u00e9v\u00e8le Dieu et ach\u00e8ve l&rsquo;histoire. Il demeure \u00e0 jamais le plus haut et le dernier de nos crit\u00e8res.<\/p>\n<p>Aussi peut-on affirmer qu&rsquo;en dehors de sa Croix et de sa R\u00e9surrection, le monde ne serait que chaos et qu&rsquo;au contraire, par la Croix et la R\u00e9surrection, ce m\u00eame monde devient cosmos organique, puisqu&rsquo;elles sont d\u00e9sormais au centre de toutes les relations qui constituent le r\u00e9el ; puisqu&rsquo;elles r\u00e9capitulent, pour reprendre la pens\u00e9e de saint Paul, c&rsquo;est-\u00e0-dire ram\u00e8nent sous une seule T\u00eate, ce qui \u00e9tait inorganique et d\u00e9sorganis\u00e9. C&rsquo;est ainsi que s&rsquo;\u00e9claire le myst\u00e8re de la Croix, qui nous r\u00e9v\u00e8le du dedans ce qu&rsquo;est la v\u00e9ritable mort, c&rsquo;est-\u00e0-dire une relation bris\u00e9e, une absence de lumi\u00e8re, un manque de communion, une rupture, un exil, un esclavage&#8230; et toutes les images bibliques pourraient \u00eatre ici utilis\u00e9es. Et parce que la vie de la R\u00e9surrection n&rsquo;est pas \u00ab contre-plaqu\u00e9e \u00bb \u00e0 notre premi\u00e8re vie h\u00e9rit\u00e9e de la famille humaine et que notre propre r\u00e9surrection est \u00ab virginale \u00bb comme l&rsquo;Incarnation du Verbe, la Croix glorieuse demeure \u00e0 jamais, dans son scandale et sa folie, le seul chemin vers la Vie (A. Schmemann et O. Cl\u00e9ment).<\/p>\n<p>Partant, la R\u00e9demption proprement dite implique trois aspects fondamentaux : de r\u00e9capitulation, de sanctification de la nature, et de son offrande comme sacrifice, les deux premiers se soutenant et s&rsquo;accomplissant dans le troisi\u00e8me.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu ici comment le Seigneur r\u00e9capitule en soi l&rsquo;id\u00e9e divine relative \u00e0 l&rsquo;homme, y compris son histoire et aussi que la nature r\u00e9capitul\u00e9e est \u00e0 son tour sanctifi\u00e9e par la pr\u00e9sence de Dieu en elle.<\/p>\n<p>Il convient aussi de nous arr\u00eater sur la notion du sacrifice avant de parler plus explicitement de la Croix en tant que telle.<\/p>\n<p>En J\u00e9sus-Christ, la mort est le supr\u00eame sacrifice : d&rsquo;abord parce qu&rsquo;elle est subie comme expiation pour tous les p\u00e9ch\u00e9s humains ; en second lieu, parce que le Christ se soumet au sacrifice de la croix alors seulement que \u00ab l&rsquo;heure a sonn\u00e9 \u00bb, donc non pas accidentellement. Cela signifie que son sacrifice est offert au moment o\u00f9 il a port\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 son terme le myst\u00e8re qui, de toute \u00e9ternit\u00e9, concerne l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Ici, nous touchons au c\u0153ur m\u00eame du probl\u00e8me : la mort historique r\u00e9elle de J\u00e9sus-Christ qui nous donne en m\u00eame temps la solution, \u00e0 savoir que la r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;annonce de la mort de Dieu c&rsquo;est bien l&rsquo;Evangile de la r\u00e9surrection de l&rsquo;homme. Et inversement, si la R\u00e9surrection succ\u00e8de \u00e0 la Croix et si elle est le commencement du huiti\u00e8me jour, alors certainement, le sacrifice du Seigneur est une conclusion et un couronnement supr\u00eame du septi\u00e8me jour.<\/p>\n<p>La Croix donc, \u00ab arbre de vie plant\u00e9 au Calvaire, lieu du grand combat cosmique \u00bb, fait voir dans sa branche verticale le \u00ab descensus \u00bb et \u00ab l&rsquo;ascensus \u00bb du Verbe, \u00e9crit Paul Evdokimov et c&rsquo;est pourquoi, dans l&rsquo;iconographie de l&rsquo;Eglise orthodoxe, le pied de la croix s&rsquo;enfonce dans une caverne noire o\u00f9 g\u00eet la t\u00eate d&rsquo;Adam, qui est l&rsquo;enfer en ce sens qu&rsquo;elle est en partie \u00ab plant\u00e9e dans la terre afin de r\u00e9unir les choses sur la terre et dans les enfers aux choses c\u00e9lestes \u00bb. Balance donc de justice et br\u00e8che d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, la Croix est au milieu comme le trait d&rsquo;union entre le royaume et l&rsquo;enfer.<\/p>\n<p>Ajoutons encore que l&rsquo;ic\u00f4ne orthodoxe de la crucifixion repr\u00e9sente la souffrance du Christ comme transfigur\u00e9e par une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 profonde qui est en quelque sorte anticipation de la paix pascale, en m\u00eame temps que signe de sa seigneurie dans la passion et dans la mort volontairement accept\u00e9es par lui. \u00ab Le Sauveur en croix n&rsquo;est pas simplement un Christ mort, c&rsquo;est le Kyrios, Ma\u00eetre de sa propre mort et Seigneur de sa vie. Il n&rsquo;a subi aucune alt\u00e9ration du fait de sa Passion. Il demeure le Verbe, la Vie \u00e9ternelle qui se livre \u00e0 la mort et la d\u00e9passe \u00bb (saint jean Chrysostome). La Croix du Christ ne signifie pas seulement un moment de sa vie comme don de soi ; un don sans cesse \u00ab liturgie \u00bb et \u00ab eucharistie \u00bb, service pour les hommes et remerciement au P\u00e8re (Dan-Ilie Ciobotea).<\/p>\n<p>Car, si sous l&rsquo;arbre du paradis, le premier Adam, pensant que Dieu est absent ou loin, s&rsquo;est d\u00e9tourn\u00e9 de sa volont\u00e9 et a rompu ainsi la communion avec Lui, sur l&rsquo;arbre de la croix, le nouvel Adam, a accompli la volont\u00e9 de Dieu en restant en communion avec Lui.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, l&rsquo;hypostase du Logos divin infini et \u00e9ternel embrasse et transcende tous les \u00e2ges et tout l&rsquo;espace ; elle devient le support de l&rsquo;humanit\u00e9 assum\u00e9e par l&rsquo;Incarnation dans le Christ. Pour cette raison, le Christ a la puissance de participer \u00e0 la vie de l&rsquo;humanit\u00e9 de toutes les \u00e9poques et de tous les endroits du monde et de lui communiquer sa vie divin-humaine (Dan-Ilie Ciobotea). Et on comprend mieux ainsi pourquoi, une fois le Christ ressuscit\u00e9, la croix ne subsiste pas comme un simple \u00e9v\u00e9nement du pass\u00e9, confi\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire mais que le rayonnement de sa puissance se prolonge et se trouve toujours pr\u00e9sent dans la r\u00e9surrection et donc aussi dans le Christ ressuscit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin des si\u00e8cles. Elle appara\u00eet de ce fait comme ce signe par excellence de la victoire finale du Fils de l&rsquo;homme, c&rsquo;est-\u00e0-dire de Dieu devenu homme. \u00ab R\u00e9jouis-toi, bois de la croix, proclame l&rsquo;Eglise orthodoxe lors des matines du 3\u00e8 dimanche de Car\u00eame, bois trois fois heureux et d\u00e9ifi\u00e9, lumi\u00e8re de ceux qui sont dans les t\u00e9n\u00e8bres ; tu anticipes dans ta splendeur les rayons de la r\u00e9surrection du Christ, selon les quatre dimensions du monde. \u00bb La croix n&rsquo;est donc pas un chapitre isol\u00e9 de la th\u00e9ologie, serait-il le plus important, souligne le P. Dumitru Stanilao\u00eb : \u00ab Elle est partout et toujours dans le culte public de l&rsquo;Eglise comme dans la pri\u00e8re et la vie des croyants. \u00bb Ainsi, on ne peut pas dire que, dans l&rsquo;orthodoxie, la Croix soit moins pr\u00e9sente que la R\u00e9surrection, puisque toutes deux sont pr\u00e9sentes en permanence dans une union indissoluble, une corr\u00e9lation int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Voici comment l&rsquo;hymnologie de l&rsquo;Eglise orthodoxe exprime cette attitude nouvelle envers la nature que le Christ inaugure par sa croix : \u00ab Dans le paradis d&rsquo;autrefois, le bois, par la nourriture m&rsquo;a rendu vide, l&rsquo;ennemi a caus\u00e9 ma mort ; le bois de la croix, en apportant aux hommes la nourriture de la vie, a \u00e9t\u00e9 plant\u00e9 dans la terre et l&rsquo;univers s&rsquo;est rempli d&rsquo;une joie totale \u00bb (Matines du 14 septembre). Ainsi, \u00e9crit le P. Stanilao\u00eb, \u00ab le paradis s&rsquo;est ouvert \u00e0 nouveau parce que le glaive de feu qui en barrait l&rsquo;entr\u00e9e \u00e0 cause de l&rsquo;avidit\u00e9 humaine s&rsquo;est trouv\u00e9 \u00e9cart\u00e9 : le Christ en effet est entr\u00e9 au paradis en portant comme homme le bois de la croix par lequel il a refus\u00e9 l&rsquo;avidit\u00e9, surmont\u00e9 la tentation du \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb dont a mang\u00e9 le premier homme. Et avec le Christ est entr\u00e9 le larron, en portant sa propre croix, premier homme a \u00eatre sauv\u00e9 parce qu&rsquo;il a vaincu l&rsquo;attachement \u00e0 \u00ab\u00a0ce monde\u00a0\u00bb par sa confession du Christ \u00bb. On peut donc dire ici que toute la nature, dans la mesure o\u00f9, par la croix, elle n&rsquo;est plus l&rsquo;objet de notre convoitise, commence \u00e0 redevenir pour nous le paradis, car le bois de la croix porte un fruit qui est le contraire de celui qu&rsquo;ont mang\u00e9 nos anc\u00eatres. C&rsquo;est le fruit de la patience aimante et de la limitation volontaire, le fruit par lequel notre esprit fortifie sa libert\u00e9 et par lequel nous acc\u00e9dons \u00e0 un \u00ab ciel \u00bb plus \u00e9lev\u00e9 que le paradis, \u00e0 la communion avec Dieu.<\/p>\n<p>Le Christ ne peut donc \u00eatre pens\u00e9 sans la Croix. La Croix non plus, nous ne pouvons la penser sans le Christ. Car une croix soufferte involontairement, ou par un homme ordinaire, \u00e0 cause d&rsquo;une culpabilit\u00e9 r\u00e9elle ou \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9, n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 la Croix par laquelle a \u00e9t\u00e9 rendu \u00e0 la nature humaine le pouvoir de vaincre la peur et la mort. Seule la Croix qu&rsquo;a support\u00e9e volontairement et sans aucun p\u00e9ch\u00e9 l&rsquo;homme qui \u00e9tait aussi Dieu est la Croix que nous honorons, parce qu&rsquo;elle a donn\u00e9 \u00e0 notre nature la victoire sur la mort, la r\u00e9surrection et la vie \u00e9ternelle. Aussi, le pouvoir de la Croix est toujours le pouvoir du Christ et \u00e0 cause de cela, dans le culte de l&rsquo;Eglise orthodoxe, les personnes, les choses et les actions sont toutes consacr\u00e9es par la Croix ou par le Signe de la croix, comme \u00e9tant celle qui \u00ab sanctifie tout avec le don de Dieu \u00bb (Dumitru Stanilao\u00eb).<\/p>\n<p>Mais la Croix nous invite pareillement \u00e0 un autre sens, comme mise \u00e0 mort du \u00ab vieil homme \u00bb, comme r\u00e9sistance au p\u00e9ch\u00e9, comme patience dans les souffrances et les peines que nous vaut cette r\u00e9sistance, comme pr\u00e9sence enfin du Christ dans le monde \u00e0 travers nos semblables \u00e0 laquelle on ne peut \u00e9chapper, de telle sorte que vie spirituelle et activit\u00e9 sociale s&rsquo;authentifient l&rsquo;une l&rsquo;autre. Et ce, parce que le Christ n&rsquo;a pas eu pour but d&rsquo;\u00e9lever, \u00e0 cet \u00e9tat, par la Croix, sa seule nature humaine individuelle, duelle, mais la nature humaine de tous les hommes. Autrement, \u00e9crit encore le P. Stanilao\u00eb, \u00ab notre r\u00e9surrection dans l&rsquo;au-del\u00e0 ne se lierait pas int\u00e9rieurement \u00e0 la mortification du \u00ab\u00a0vieil homme\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;effort d&rsquo;\u00e9lever notre esprit vers une premi\u00e8re exp\u00e9rience r\u00e9surrectionnelle ; elle nous transformerait du dehors, d&rsquo;une mani\u00e8re magique \u00bb. Le d\u00e9passement, par cons\u00e9quent, de la mort par la r\u00e9surrection, ne vient pas comme un acte ext\u00e9rieur. Il exige et couronne cet effort de croissance int\u00e9rieure qu&rsquo;est la Croix. La mort est vaincue par l&rsquo;acte de Dieu conjugu\u00e9e avec l&rsquo;effort humain.<\/p>\n<p>Mais cette croissance int\u00e9rieure, cette force accrue de l&rsquo;esprit, la cr\u00e9ature ne peut les obtenir par elle-m\u00eame. Elles correspondent \u00e0 une force qui vient de Dieu et que la cr\u00e9ature s&rsquo;assimile par sa vie en Christ. Cette contribution de l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9ifi\u00e9e du Christ \u00e0 la victoire sur la mort, saint Maxime le Confesseur l&rsquo;exprime ainsi : \u00ab Car si la \u00ab\u00a0passionnalit\u00e9\u00a0\u00bb, la corruption et la mort ont \u00e9t\u00e9 introduites dans la nature par le penchant de la libre volont\u00e9 d&rsquo;Adam vers le p\u00e9ch\u00e9, c&rsquo;est avec raison que la fixation (dans le bien) de la libre volont\u00e9 du Christ a apport\u00e9 l&rsquo;impassibilit\u00e9, l&rsquo;incorruptibilit\u00e9 et l&rsquo;immortalit\u00e9 par la r\u00e9surrection \u00bb (Quaest. ad Thalass., 42).<\/p>\n<p>Ici, un constat s&rsquo;impose de lui-m\u00eame : la participation \u00e0 la R\u00e9surrection bienheureuse du Christ implique de fait la participation \u00e0 sa Croix comme voie de r\u00e9surrection et de r\u00e9ception de l&rsquo;Esprit.<\/p>\n<p><b>\u00ab TOUT EST ACCOMPLI \u00bb (Jn19, 30)<\/b><\/p>\n<p>\u00c0 cause de la pr\u00e9sence tragique du p\u00e9ch\u00e9 et du Malin, l&rsquo;\u0153uvre de restauration de l&rsquo;homme n&rsquo;a pu se r\u00e9aliser qu&rsquo;\u00e0 un prix infiniment \u00e9lev\u00e9 : la mise \u00e0 mort sur la croix est bien cet acte sacrificiel tout \u00e0 fait n\u00e9cessaire pour obtenir notre gu\u00e9rison ; ce sacrifice tel que seul un Dieu souffrant et crucifi\u00e9 pouvait l&rsquo;offrir. La Croix signifie que cet acte de partage, par lequel Dieu nous sauve en s&rsquo;identifiant \u00e0 nous, a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 avec une rigueur enti\u00e8re et sans aucun compromis jusqu&rsquo;\u00e0 ses derni\u00e8res limites. Dieu incarn\u00e9 entre dans toute notre exp\u00e9rience, dans toutes nos souffrances, dans toutes nos douleurs (Is 53). Le Christ notre m\u00e9decin a ainsi tout assum\u00e9, pour nous gu\u00e9rir, m\u00eame de la mort.<\/p>\n<p>\u00ab La mort, \u00e9crit Kallistos Ware, a un aspect physique et un aspect spirituel et des deux, c&rsquo;est l&rsquo;acte spirituel qui est le plus terrible \u00bb car la mort spirituelle consiste en la s\u00e9paration non pas de l&rsquo;\u00e2me et du corps mais de l&rsquo;\u00e2me et de Dieu. Le v\u00e9ritable sens de la Passion c&rsquo;est en cela qu&rsquo;il convient de le trouver, dans ce sentiment d&rsquo;\u00e9chec, d&rsquo;esseulement et de total abandon, de souffrance de l&rsquo;amour offert et repouss\u00e9. \u00c0 Geths\u00e9mani d\u00e9j\u00e0, le Christ y est confront\u00e9 avec un choix. Par l&rsquo;acceptation volontaire de sa mort sur la croix, il transforme un assassinat juridique et arbitrairement violent en un sacrifice r\u00e9dempteur. Au moment de la Crucifixion il est au comble de la d\u00e9solation non seulement les hommes l&rsquo;ont abandonn\u00e9 mais Dieu lui-m\u00eame l&rsquo;abandonne. Tel en est l&rsquo;\u00e9vidence : la Passion n&rsquo;est pas un th\u00e9\u00e2tre : non seulement le Christ verse son sang pour nous, mais pour nous, il va jusqu&rsquo;\u00e0 accepter la perte de Dieu ; jusqu&rsquo;\u00e0 descendre ensuite dans les profondeurs de l&rsquo;absence de Dieu. Pourtant, cette mort sur la croix n&rsquo;est pas un \u00e9chec mais d\u00e9j\u00e0 une victoire ; la victoire d&rsquo;un amour plus fort que la mort. Tel est le paradoxe de la toute-puissance de l&rsquo;amour, qui fait de la Kenosis une Pl\u00e9rosis, de l&rsquo;an\u00e9antissement, un accomplissement. Avec le Christ, \u00e0 notre tour, nous sommes appel\u00e9s non pas \u00e0 contourner la souffrance mais \u00e0 la traverser. Ayant souffert non pas \u00e0 notre place mais en notre nom, le Christ ne se substitue pas \u00e0 nous. Il nous accompagne vers le salut.<\/p>\n<p>Ainsi dans le Christ, la Gloire et la Croix ne cessent de s&rsquo;entrelacer et la Croix est d\u00e9j\u00e0 R\u00e9surrection parce qu&rsquo;elle est la manifestation absolue et donc la victoire absolue de l&rsquo;agap\u00e9 divine. \u00ab Tout est accompli, reprend Olivier Cl\u00e9ment, le visage de Dieu en l&rsquo;homme nous permet de d\u00e9couvrir le visage de l&rsquo;homme en Dieu et de le servir en tout homme. Un fleuve de feu, l&rsquo;histoire v\u00e9ritable, celle de la communion des saints, ces p\u00e9cheurs pardonn\u00e9s, entra\u00eene si\u00e8cles et mondes vers la Croix devenue \u00e0 jamais, du plus profond de l&rsquo;enfer au plus haut du ciel, l&rsquo;Arbre de Vie. \u00bb Cet Arbre qui est aussi la Source de l&rsquo;eau vive qui est distribu\u00e9e gratuitement \u00e0 celui qui la demande. Et, si la r\u00e9demption et le renouvellement du monde ont eu lieu de m\u00eame par amour, tellement grand qu&rsquo;il a men\u00e9 au sacrifice du Fils de Dieu, de m\u00eame, \u00ab les signes du rachat doivent \u00e0 la fin, r\u00e9v\u00e9ler cette r\u00e9alit\u00e9 fondamentale aussi dans l&rsquo;image de Dieu, pour pouvoir dire : l&rsquo;homme est amour \u00bb (Constantin Galeriu).\u2028\u2028Les v\u00e9ritables hommes de Dieu ont toujours su et sauront toujours que leur seule justification, leur seul salut et leur seule r\u00e9demption ainsi que leur vie \u00e9ternelle, leur libert\u00e9 et leur d\u00e9ification est le Christ, vrai Dieu et vrai homme, qui par amour pour les hommes \u00ab les a pris sur lui et les a \u00ab\u00a0en-hypostasi\u00e9s en lui\u00a0\u00bb \u00bb (saint Maxime le Confesseur) dans son Corps th\u00e9andrique, l&rsquo;Eglise. \u00ab Tout est accompli \u00bb : oui, sur la croix, le Verbe de Dieu qui s&rsquo;est fait chair a une fois pour toutes assum\u00e9 notre finitude, l&rsquo;oeuvre du dedans sur l&rsquo;infini.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><i>+ Stephanos, m\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l\u2019Estonie<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>In \u00ab Une saison en orthodoxie \u00bb, p211-224, Ed Cerf, Paris 1992<\/i><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA CROIX ET L&rsquo;HISTOIRE DU SALUT Une inscription de la chapelle d&rsquo;Adam dans le Saint-S\u00e9pulcre \u00e0 J\u00e9rusalem proclame que \u00ab le lieu du cr\u00e2ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Golgotha o\u00f9 fut plant\u00e9e la croix, est devenu paradis \u00bb. A la limite, dans le champ des relations personnelles qu&rsquo;ont les hommes entre eux et avec eux (en d&rsquo;autres [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[184,117,124,115,169],"tags":[151,130,137,127,131,148,139],"class_list":["post-7712","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-calendrier-liturgique","category-catechese","category-orthodoxie","category-spiritualite","category-theologie-orthodoxe","tag-croix","tag-eglise","tag-foi","tag-metropolite-2","tag-orthodoxie-2","tag-theologie-2","tag-traditions-2"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"LA CROIX ET L&rsquo;HISTOIRE DU SALUT Une inscription de la chapelle d&rsquo;Adam dans le Saint-S\u00e9pulcre \u00e0 J\u00e9rusalem proclame que \u00ab le lieu du cr\u00e2ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Golgotha o\u00f9 fut plant\u00e9e la croix, est devenu paradis \u00bb. A la limite, dans le champ des relations personnelles qu&rsquo;ont les hommes entre eux et avec eux (en d&rsquo;autres [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"\u00c9glise Orthodoxe d&#039;Estonie\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2015-01-23T07:57:02+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2015-03-06T10:12:42+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Heike H\u00e4rma\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Heike H\u00e4rma\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"23 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Heike H\u00e4rma\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\"},\"headline\":\"LE MYSTERE DE LA CROIX\",\"datePublished\":\"2015-01-23T07:57:02+00:00\",\"dateModified\":\"2015-03-06T10:12:42+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/\"},\"wordCount\":4869,\"keywords\":[\"croix\",\"\u00e9glise\",\"foi\",\"m\u00e9tropolite\",\"orthodoxie\",\"theologie\",\"traditions\"],\"articleSection\":[\"Articles\",\"Cat\u00e9ch\u00e8se\",\"Orthodoxie\",\"Spiritualit\u00e9\",\"Th\u00e9ologie\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/\",\"name\":\"LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2015-01-23T07:57:02+00:00\",\"dateModified\":\"2015-03-06T10:12:42+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/orthodoxie\\\/spiritualite\\\/le-mystere-de-la-croix\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"LE MYSTERE DE LA CROIX\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/\",\"name\":\"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie\",\"description\":\"Eesti Apostlik-\u00d5igeusu Kirik\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3\",\"name\":\"Heike H\u00e4rma\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Heike H\u00e4rma\"},\"url\":\"https:\\\/\\\/www.eoc.ee\\\/fr\\\/author\\\/heike\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","og_description":"LA CROIX ET L&rsquo;HISTOIRE DU SALUT Une inscription de la chapelle d&rsquo;Adam dans le Saint-S\u00e9pulcre \u00e0 J\u00e9rusalem proclame que \u00ab le lieu du cr\u00e2ne, c&rsquo;est-\u00e0-dire le Golgotha o\u00f9 fut plant\u00e9e la croix, est devenu paradis \u00bb. A la limite, dans le champ des relations personnelles qu&rsquo;ont les hommes entre eux et avec eux (en d&rsquo;autres [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/","og_site_name":"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","article_published_time":"2015-01-23T07:57:02+00:00","article_modified_time":"2015-03-06T10:12:42+00:00","author":"Heike H\u00e4rma","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Heike H\u00e4rma","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"23 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/"},"author":{"name":"Heike H\u00e4rma","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3"},"headline":"LE MYSTERE DE LA CROIX","datePublished":"2015-01-23T07:57:02+00:00","dateModified":"2015-03-06T10:12:42+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/"},"wordCount":4869,"keywords":["croix","\u00e9glise","foi","m\u00e9tropolite","orthodoxie","theologie","traditions"],"articleSection":["Articles","Cat\u00e9ch\u00e8se","Orthodoxie","Spiritualit\u00e9","Th\u00e9ologie"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/","url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/","name":"LE MYSTERE DE LA CROIX &#8211; \u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#website"},"datePublished":"2015-01-23T07:57:02+00:00","dateModified":"2015-03-06T10:12:42+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/spiritualite\/le-mystere-de-la-croix\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.eoc.ee\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"LE MYSTERE DE LA CROIX"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#website","url":"https:\/\/www.eoc.ee\/","name":"\u00c9glise Orthodoxe d'Estonie","description":"Eesti Apostlik-\u00d5igeusu Kirik","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.eoc.ee\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.eoc.ee\/#\/schema\/person\/bfa03b2406703aa1a9256392aaa001b3","name":"Heike H\u00e4rma","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8eb3cb357606a6c8ed98d4b92714824fc7d2f06e57b58d2b730a00e0199effb6?s=96&d=mm&r=g","caption":"Heike H\u00e4rma"},"url":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/author\/heike\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7712","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7712"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7712\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7714,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7712\/revisions\/7714"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7712"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7712"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7712"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}