{"id":7743,"date":"2015-01-23T10:44:02","date_gmt":"2015-01-23T08:44:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7743"},"modified":"2015-03-06T12:27:39","modified_gmt":"2015-03-06T10:27:39","slug":"discours-sur-l-enfantement-de-la-vierge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/peres-de-leglise\/discours-sur-l-enfantement-de-la-vierge\/","title":{"rendered":"Discours sur l&rsquo;enfantement de la Vierge"},"content":{"rendered":"<p><b>St Ephrem le Syrien<\/b><\/p>\n<p>Discours contre les h\u00e9r\u00e9tiques ; par l&rsquo;exemple de la perle et par d&rsquo;autres preuves \u00e9videntes, il y est d\u00e9montr\u00e9 que nous devons croire que la sainte Enfantrice de Dieu, en dehors de toute loi de la nature, a con\u00e7u Dieu notre Seigneur et l&rsquo;a mis au monde pour le salut du monde.\u2028Seigneur, j&rsquo;aime et je couvre de mes baisers ton Evangile, parce qu&rsquo;il nourrit ma faim. J&rsquo;aspire apr\u00e8s ta parole, parce qu&rsquo;elle \u00e9tanche ma soif comme une source vive. Je convie \u00e0 ta table tous ceux qu&rsquo;il me pla\u00eet d&rsquo;y appeler, et son abondance reste toujours in\u00e9puisable. Beaucoup d&rsquo;autres prennent part avec moi \u00e0 la nourriture c\u00e9leste, et pourtant je me trouve dans la solitude.<\/p>\n<p>Je bois avec une foule de convives, et c&rsquo;est \u00e0 moi seul que Tu verses ta gr\u00e2ce. \u00ab\u00a0Que Te donnerai-je donc en retour\u00a0\u00bb (Ps 115, 112), si ce n&rsquo;est mon \u00e2me tout enti\u00e8re soumise \u00e0 tes saints Commandements ? Je le veux, Seigneur, mais je ne le puis. Adam est mon p\u00e8re et il faut que je paie \u00e0 la nature la dette qu&rsquo;elle r\u00e9clame. Je tends vers Toi de toute ma force, et je me fais obstacle \u00e0 moi-m\u00eame ; car il y a en moi un myst\u00e8re que je ne puis expliquer. Mon regard ne laisse \u00e9chapper chez les autres aucune des faiblesses humaines, et je suis moi-m\u00eame dans les liens du p\u00e9ch\u00e9. Je vois mes \u00e9garements, je les connais, et en accusant les autres, c&rsquo;est moi-m\u00eame que j&rsquo;accuse. Mais quoi! garderai-je donc le silence afin d&rsquo;\u00e9viter ma condamnation ? Et comment alors prouver mon z\u00e8le et mon amour pour Toi ? Je parlerai donc et ne cesserai de parler. Que m&rsquo;importe ma propre condamnation, pourvu que j&rsquo;accomplisse mon saint minist\u00e8re ? Que m&rsquo;importe la mort elle-m\u00eame, pourvu que ton Nom soit glorifi\u00e9 ? Je sais que je pourrais \u00e9chapper \u00e0 la condamnation en faisant gr\u00e2ce aux vices des p\u00e9cheurs ; mais je ne cesserai de les poursuivre, afin de faire \u00e9clater ton innocence et l&rsquo;inalt\u00e9rable puret\u00e9 de ta Vie.<\/p>\n<p>Que les Grecs connaissent la force et la puissance de mon amour ; que les Juifs comprennent toute l&rsquo;ardeur de mon d\u00e9vouement, puisque je me r\u00e9signe pour Toi \u00e0 une mort obscure et priv\u00e9e de l&rsquo;appareil des flammes, du glaive et des autres tortures. Peut-\u00eatre croiraient-ils \u00e0 mon d\u00e9vouement et \u00e0 mon amour, si, pour les convaincre, je souffrais \u00e0 cause de Toi une mort r\u00e9elle, \u00e9clatante et environn\u00e9e de t\u00e9moins. Mais peut-\u00eatre, dis-je, que je la souffrirais, et ne le ferais-je pas ; je crains bien que, priv\u00e9 du secours de ta gr\u00e2ce, je ne succombe \u00e0 la faiblesse de ma nature.\u2028Mais, Seigneur, donne-moi l&rsquo;assurance que Tu soutiendras mes efforts, et je forcerai les Grecs \u00e0 croire que je puis supporter le martyre. Faites-moi conna\u00eetre que Tu prendras en piti\u00e9 mes souffrances, et je vais m&rsquo;armer pour la lutte. Oui, je suis pr\u00eat \u00e0 me d\u00e9pouiller de mes v\u00eatements pour suivre les licteurs et les satellites des Grecs. D\u00e9j\u00e0 la trompette appelle aux combats les Grecs impatients ; elle leur crie d&rsquo;abandonner leurs foyers pour s&rsquo;\u00e9lancer contre les Perses ; d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;appareil des supplices cesse de menacer l&rsquo;Occident et se dresse d\u00e9sormais contre nous. Je suis p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de crainte, parce que Tu hais les p\u00e9cheurs ; mais mon \u00e2me est inond\u00e9e de joie, parce que Tu es mort aussi pour eux. Je suis frapp\u00e9 de terreur parce que Tu d\u00e9testes les hommes esclaves des sens et de la chair ; mais je suis rassur\u00e9, parce que Tu connais la faiblesse de notre nature, Cr\u00e9ateur, Tu connais ta cr\u00e9ature ; souverain juge, Tu sondes tous les replis du c\u0153ur de celui que Tu vas condamner ; Dieu fait homme, Tu n&rsquo;ignores point ce que tu as Toi-m\u00eame senti. Tu m&rsquo;avais donn\u00e9 une nature sans tache ; mais Adam, mon p\u00e8re, l&rsquo;a corrompue et d\u00e9grad\u00e9e par mille souillures.<\/p>\n<p>A ces souillures il a m\u00eal\u00e9 l&rsquo;illusion de la vanit\u00e9 ; et maintenant je subis, sans y avoir particip\u00e9, la peine de sa faute. C&rsquo;est lui qui a mis dans la nature humaine un levain impur, et voici que je suis menac\u00e9 de naufrage au sein d&rsquo;une mer orageuse. Aie donc piti\u00e9 de ma faiblesse, \u00f4 Toi qui es mon Cr\u00e9ateur, prends en compassion mon infirmit\u00e9, \u00f4 Dieu qui T&rsquo;es rev\u00eatu de l&rsquo;humanit\u00e9 pour moi. Ne me repousse pas \u00e0 cause de mes vices et de mes penchants d\u00e9prav\u00e9s ; mais plut\u00f4t expulse-les de mon c\u0153ur, \u00e0 cause de l&rsquo;ardeur de ma volont\u00e9. Que mes souillures ne T&rsquo;inspirent point de haine contre moi ; mais consid\u00e8re le z\u00e8le de mes \u0153uvres ; et bien que mes coupables pens\u00e9es aient pu Te d\u00e9tourner de moi, daigne accorder un regard bienveillant \u00e0 mes larmes et \u00e0 mon aversion pour la volupt\u00e9. Je connais le but ; mais aurai-je la force d&rsquo;y atteindre ? Du moins je fais tout ce qui est en mon pouvoir, et si Tu daignes m&rsquo;accorder ce qui me manque, Tu vois le fond de mon \u00e2me, Tu sais que je suis pauvre et d\u00e9pouill\u00e9 par le d\u00e9mon. Mon c\u0153ur est faible et charg\u00e9 des liens de la corruption. Mon esprit est sans force et le p\u00e9ch\u00e9 l&rsquo;a entra\u00een\u00e9 \u00e0 l&rsquo;erreur. J&rsquo;ai laiss\u00e9 tes dons se perdre, et voil\u00e0 pourquoi je ne poss\u00e8de point la parfaite sagesse ; j&rsquo;ai perdu tes traces, et voil\u00e0 pourquoi j&rsquo;ignore o\u00f9 je vais. Je ne poss\u00e8de donc rien ; ou si je poss\u00e8de quelque chose, c&rsquo;est Toi qui me l&rsquo;as donn\u00e9 en Te faisant homme. Je suis dans le d\u00e9nuement le plus complet ; si je deviens riche, c&rsquo;est un bienfait qui me viendra de Toi et maintenant et toujours. J&rsquo;implore seulement l&rsquo;appui de ta gr\u00e2ce, confessant que mon salut sera ton ouvrage, si je suis sauv\u00e9.\u2028Il est parl\u00e9 d&rsquo;un certain riche dans l&rsquo;\u00e9criture ; mais comme c&rsquo;\u00e9tait un homme sage et plein de la connaissance de Dieu, il se donnait \u00e0 lui-m\u00eame le nom de pauvre. Il reconnut que sa richesse n&rsquo;\u00e9tait que pauvret\u00e9 en songeant \u00e0 ta puissance. Et moi, que dirai-je ou que penserai-je de moi-m\u00eame ? Vous connaissez aussi cet homme, chr\u00e9tiens ; car l&rsquo;Evangile vous a propos\u00e9 une parabole \u00e0 son sujet, parce que tous les travaux des saints ont pour but le salut de l&rsquo;homme. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il s&rsquo;exprime : \u00ab\u00a0Il y avait un homme riche, et cet homme, ayant connaissance d&rsquo;un tr\u00e9sor cach\u00e9 dans un champ, vendit tous ses biens et acheta ce champ\u00a0\u00bb (Mt 13,44). Un autre fit la m\u00eame chose pour obtenir une perle d&rsquo;un grand prix. Il est bon d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;apparente diversit\u00e9 de ses deux paraboles et d&rsquo;analyser la force cach\u00e9e dans chacune d&rsquo;elles ; car, au fond, le sens de toutes les deux est le m\u00eame ; et comme celui de la parabole de la perle ne demande qu&rsquo;une courte explication, c&rsquo;est de la perle que nous parlerons en premier lieu. \u2028La perle, cet objet d&rsquo;un si grand prix, nous vient de la mer. Sa valeur est proportionn\u00e9e \u00e0 la difficult\u00e9 qu&rsquo;on \u00e9prouve \u00e0 se la procurer. Pourtant elle ne sert pas \u00e0 notre nourriture, mais \u00e0 notre ornement ; elle ne donne pas non plus le plaisir d&rsquo;un breuvage agr\u00e9able, mais un \u00e9clat dont on est fier.<\/p>\n<p>Une forte somme d&rsquo;argent p\u00e8se beaucoup ; la perle semble donner de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 \u00e0 la pesanteur m\u00eame. Toute petite qu&rsquo;elle est, son pouvoir est grand. Elle est facile \u00e0 porter, facile \u00e0 remettre en place. On la d\u00e9robe ais\u00e9ment aux regards ; mais c&rsquo;est avec peine qu&rsquo;on la trouve. Il en est de m\u00eame du royaume des cieux ; il en est de m\u00eame aussi du Verbe divin qui renferme, de la mani\u00e8re la plus manifeste et dans les plus \u00e9troites limites, une foule de myst\u00e8res. Il ne sert pas d&rsquo;aliment ; car sa dur\u00e9e n&rsquo;est pas limit\u00e9e au temps fini. Ce n&rsquo;est pas non plus aux pauvres qu&rsquo;Il peut servir ; ceux-l\u00e0 seuls qui ont amass\u00e9 des tr\u00e9sors de science et de sagesse qui peuvent en tirer profit. Quiconque est pauvre de vertus ne peut Le poss\u00e9der ; Il est la propri\u00e9t\u00e9 exclusive des saints. On ne peut arriver aux sommit\u00e9s qu&rsquo;en passant par les degr\u00e9s interm\u00e9diaires ; de m\u00eame dans l&rsquo;Evangile, divers intervalles s\u00e9parent ceux qui marchent vers Dieu. Es-tu pauvre ? Le Verbe sera pour toi le pain qui console l&rsquo;indigence.<\/p>\n<p>Es-tu accabl\u00e9 sous le poids des infirmit\u00e9s ? Il sera pour toi le baume qui rend la force. Pour ceux qui souffrent d&rsquo;une maladie de foie, Il est le s\u00e9nev\u00e9 et le vin r\u00e9parateurs. Pour les uns, Il est le poisson qui les nourrit ; pour les autres, le pur froment. Pour ceux-ci, la faux tranchante ; pour ceux-l\u00e0, la hache vengeresse. Il est le pain d&rsquo;orge pour les hommes grossiers, l&rsquo;instrument de l&rsquo;art dans les mains du chirurgien ; pour quelques-uns Il est le fouet qui frappe ; pour d&rsquo;autres, la verge qui ch\u00e2tie, le fardeau qui les fatigue et qui les courbe.\u2028Telles sont les esp\u00e8ces de degr\u00e9s que pr\u00e9sente l&rsquo;Evangile sous la forme de paraboles. Le Seigneur conna\u00eet les riches qui ont acquis des tr\u00e9sors de vertu et les pauvres qui sont en proie \u00e0 l&rsquo;indigence de cette m\u00eame vertu ; Il conna\u00eet ceux qui sont faibles et ceux qui marchent d&rsquo;un pas ferme dans la foi. Il conna\u00eet ceux qui sont pleins d&rsquo;ardeur et ceux qui sont languissants dans la religion et la pi\u00e9t\u00e9. Il en frappe un grand nombre par le glaive, afin de les arracher aux idoles et d&rsquo;\u00e9loigner du peuple l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9. \u00ab\u00a0Il voit dans les lieux les plus secrets\u00a0\u00bb (Mt 6,4). Le feu de ses Regards p\u00e9n\u00e8tre partout pour faire \u00e9clater au grand jour ce qui se cachait dans l&rsquo;ombre et pour consumer ce qui s&rsquo;\u00e9levait orgueilleusement contre la science de Dieu. Il caut\u00e9rise les membres que ronge un ulc\u00e8re mortel et retranche de la communion de l&rsquo;\u00e9glise les affections contagieuses. Parmi les malades, Il est le m\u00e9decin, parmi les athl\u00e8tes, Il est celui qui distribue les couronnes ; entre les rivaux, Il est l&rsquo;arbitre ; au milieu des m\u00e9chants, Il est le vengeur. Les pauvres ont en Lui leur soutien et les veuves leur d\u00e9fenseur. Pour les superbes, c&rsquo;est un roi ; pour les humbles, c&rsquo;est un fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Les \u00e9trangers Le voient venir au-devant d&rsquo;eux comme un ami ; les orphelins trouvent en Lui un p\u00e8re, et ceux qui Le blasph\u00e8ment par ignorance, un juge indulgent et facile. Il est tout cela, bien qu&rsquo;Il soit toujours un, toujours le m\u00eame. Car Il peut tout ce qu&rsquo;Il veut et Il se pr\u00eate aux besoins de chacun. Voil\u00e0 pourquoi Il se r\u00e9v\u00e8le sous la forme de tant de paraboles, voil\u00e0 pourquoi ses vertus sont si vari\u00e9es ; et pourtant Il est toujours Lui, Il n&rsquo;a point chang\u00e9. Semblable \u00e0 une lyre munie de cordes nombreuses, les modes divers de son action sont toujours d&rsquo;accord avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de tous. J&rsquo;ai connu un homme qui \u00e9tait \u00e0 la fois m\u00e9decin et artisan, forgeron et architecte, intendant et laboureur, inspecteur et savant, orf\u00e8vre et potier, cuisinier et marchand. Il poss\u00e9dait encore une foule d&rsquo;autres talents ; mais bien qu&rsquo;il se livr\u00e2t \u00e0 tant d&rsquo;occupations diverses, il ne cessait pas d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame dans chacune d&rsquo;elles. Comment donc, \u00e0 plus forte raison, Dieu ne conserverait-Il pas son immuable nature, malgr\u00e9 la multiplicit\u00e9 des modes de son action et la diversit\u00e9 des formes que rev\u00eat sa volont\u00e9 ?\u2028Et qu&rsquo;on n&rsquo;aille pas conclure de mes paroles et de l&rsquo;exemple qui pr\u00e9c\u00e8de que le Verbe aussi n&rsquo;a rev\u00eatu qu&rsquo;une forme fantastique d&rsquo;humanit\u00e9. Autre chose est la nature, autre chose est l&rsquo;art ; autre chose est la figure ou la forme, et autre chose est la substance. Celui qui est \u00e0 la fois artisan et laboureur, potier et inspecteur, intendant et fournisseur, celui-l\u00e0 est toujours un, toujours le m\u00eame sous ses formes diverses.<\/p>\n<p>Il ne vient pas au monde avec telle ou telle professions, il na\u00eet ; puis, plus tard, l&rsquo;\u00e9tude le rend habile dans les diff\u00e9rents arts. Mais la puissance que poss\u00e8de l&rsquo;homme de donner la vie \u00e0 l&rsquo;homme, ce n&rsquo;est point par l&rsquo;\u00e9tude qu&rsquo;il l&rsquo;obtient, c&rsquo;est la nature elle-m\u00eame qui l&rsquo;en a dou\u00e9. L&rsquo;\u00e9tude et la m\u00e9ditation n&rsquo;ont donc pas appris au Fils de Dieu l&rsquo;art de se montrer aux hommes avec les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9 ; mais Il a rev\u00eatu substantiellement l&rsquo;humanit\u00e9, afin de constituer une r\u00e9alit\u00e9 vivante, et Il fut v\u00e9ritablement homme au milieu des hommes. \u2028C&rsquo;est Marcion que j&rsquo;attaque ici ; ce sont les frivolit\u00e9s mensong\u00e8res qu&rsquo;il d\u00e9bite \u00e0 ses sectaires que je veux d\u00e9truire. C&rsquo;est Man\u00e8s surtout que je veux combattre, Man\u00e8s dont la doctrine sur le Dieu fait homme est encore plus erron\u00e9e qu&rsquo;impie. Je prendrai la perle pour base de ma r\u00e9futation. Que les h\u00e9r\u00e9tiques nous disent quelle est son origine et quelle est sa formation. Elle m&rsquo;offre un tr\u00e9sor d&rsquo;arguments, et au lieu des saintes \u00e9critures, c&rsquo;est elle que j&rsquo;oppose \u00e0 nos adversaires ; qu&rsquo;ils nous disent comment na\u00eet la perle ; qu&rsquo;ils nous prouvent qu&rsquo;elle n&rsquo;est qu&rsquo;une forme sans substance. Je sais ce qu&rsquo;ils vont dire ; mais je saurai les confondre \u00e0 mon tour. \u00ab\u00a0Celui, disent-ils, qui est n\u00e9 substantiellement sans le secours de l&rsquo;union des sexes ne peut \u00eatre un homme, et si le Christ avait re\u00e7u une naissance semblable \u00e0 celle d&rsquo;Adam, il n&rsquo;y aurait en Lui que la nature humaine, et puisqu&rsquo;Il est sorti du sein d&rsquo;une vierge, sans rien devoir \u00e0 l&rsquo;homme, Il n&rsquo;a pu rev\u00eatir que les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9.\u00a0\u00bb Je ne vous r\u00e9pondrai point, \u00f4 h\u00e9r\u00e9tiques, car j&rsquo;ai quelqu&rsquo;un qui le fera pour moi. Je garde le silence ; car voici la perle qui va parler \u00e0 ma place. Perle brillante, r\u00e9v\u00e8le donc le myst\u00e8re de ta naissance, fais conna\u00eetre ta nature et confonds les h\u00e9r\u00e9tiques. Montre-leur ta substance, et d\u00e9truis leurs vaines et frivoles imaginations. Que les coquillages racontent comment la perle est n\u00e9e, qu&rsquo;ils disent comment elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue dans leur sein.<\/p>\n<p>Que les cr\u00e9atures qui habitent au fond des eaux instruisent ces superbes, qui s&rsquo;imaginent pouvoir p\u00e9n\u00e9trer dans les cieux. Que les \u00eatres priv\u00e9s de raison, que les objets inanim\u00e9s redressent le jugement de ces ambitieux qui se vantent de p\u00e9n\u00e9trer et de conna\u00eetre la nature des choses c\u00e9lestes, et que ce qui n&rsquo;est soumis \u00e0 aucune loi en impose une \u00e0 ceux qui pr\u00e9tendent imposer leur loi aux autres ; je ne puis supporter l&rsquo;audace et l&rsquo;insolence des h\u00e9r\u00e9tiques, quand ils osent demander compte de ses \u0153uvres \u00e0 la puissance divine et porter un regard curieux et t\u00e9m\u00e9raire sur la mani\u00e8re dont s&rsquo;accomplissent ses divins effets. Ils osent demander compte \u00e0 Dieu de ses \u0153uvres, bien qu&rsquo;ils soient eux-m\u00eames charg\u00e9s d&rsquo;une dette d&rsquo;iniquit\u00e9s, quand leur esprit s&rsquo;efforce de p\u00e9n\u00e9trer le myst\u00e8re ineffable de sa conception et de sa naissance. Les accus\u00e9s prononcent la sentence du juge, dans l&rsquo;impuissance de r\u00e9pondre pour eux-m\u00eames. Si vous comprenez ce qui est incompr\u00e9hensible, vous lui \u00f4tez sa qualit\u00e9 d&rsquo;incompr\u00e9hensible, et si votre intelligence atteint une chose divine, ce ne sera plus une chose divine, mais un fait ordinaire et commun. \u00ab\u00a0Si, comme dit l&rsquo;Ap\u00f4tre, c&rsquo;est la p\u00e9n\u00e9tration de votre esprit qui va jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;intuition de ce Dieu inconnu, cette intuition de votre esprit aura d\u00e9truit la puissance divine\u00a0\u00bb (Ac 17,23).\u2028Je reviens \u00e0 la comparaison de la formation de la perle et de la naissance du Christ. Je comprends le mode de celle-ci par la similitude qu&rsquo;elle offre avec celle-l\u00e0, je ne pr\u00e9tends pas cependant r\u00e9v\u00e9ler la nature intime du myst\u00e8re. La perle est une pierre qui doit sa naissance \u00e0 une substance charnelle, puisqu&rsquo;elle sort du sein d&rsquo;un coquillage. Pourquoi donc se refuserait-on de croire que Dieu s&rsquo;est rev\u00eatu de l&rsquo;humanit\u00e9 dans le sein d&rsquo;une vierge ? Ce n&rsquo;est point l&rsquo;union de deux coquillages qui produit la perle, mais le m\u00e9lange de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;eau. C&rsquo;est ainsi que le Christ a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans les entrailles de Marie, sans le secours d&rsquo;une union charnelle, et c&rsquo;est le saint Esprit qui, de la substance de la Vierge, a form\u00e9 le corps dont Dieu s&rsquo;est rev\u00eatu. La perle ne na\u00eet point coquillage et ne rev\u00eat pas seulement la forme d&rsquo;un corps comme si sa substance \u00e9tait spirituelle ; de m\u00eame le Christ diff\u00e8re de la divinit\u00e9 ; Il n&rsquo;est pas tout entier dans la nature humaine, ni confondu sans m\u00e9lange dans la nature divine, comme s&rsquo;Il \u00e9tait n\u00e9 avec une forme spirituelle. La perle est engendr\u00e9e substantiellement, et n&rsquo;engendre point d&rsquo;autre pierre de son esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Le Christ aussi n&rsquo;est autre que le Fils engendr\u00e9 du P\u00e8re et n\u00e9 de Marie. La perle n&rsquo;a pas seulement la forme, mais encore la substance ; le Fils de Dieu est n\u00e9 \u00e9galement avec un corps r\u00e9el, et non avec une forme fantastique. La pierre pr\u00e9cieuse qui nous occupe r\u00e9unit en elle deux natures, et cette union est une preuve de celle qui s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e dans le Christ. Il est \u00e0 la fois le Verbe-Dieu et l&rsquo;homme n\u00e9 de Marie, et chacune de ces deux natures n&rsquo;a point \u00e9t\u00e9 en Lui incompl\u00e8te et partielle ; car Il n&rsquo;\u00e9tait point le fruit \u00e9quivoque d&rsquo;une union insolite ; mais Il poss\u00e9dait enti\u00e8re et parfaite chacune de ces deux natures, bien loin de les d\u00e9truire toutes les deux en les partageant. Ce n&rsquo;est pas rev\u00eatu de la seule nature divine que Dieu s&rsquo;est montr\u00e9 \u00e0 la terre, et ce n&rsquo;est pas non plus rev\u00eatu de la seule nature humaine que l&rsquo;homme est mont\u00e9 au ciel ; mais le Verbe incarn\u00e9 \u00e9tat le r\u00e9sultat complet de deux natures compl\u00e8tes ; Dieu par sa nature divine et homme par sa nature humaine : tel est le Christ, fils de Marie. La divinit\u00e9 n&rsquo;a rien fait perdre \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9, et la nature humaine n&rsquo;a point \u00e9t\u00e9 un fardeau pour la nature divine ; l&rsquo;union de celle-ci avec le corps ne l&rsquo;a point d\u00e9grad\u00e9e, elle ne lui a point \u00f4t\u00e9 ses attributs primitifs, pour lui en donner d&rsquo;autres qui lui \u00e9taient \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Elle a gard\u00e9 complets les attributs qui \u00e9taient en elle, et en rev\u00eatant l&rsquo;humanit\u00e9, le Verbe en a \u00e9galement rev\u00eatu tous les caract\u00e8res. L&rsquo;union des natures n&rsquo;a point produit leur confusion ; car ce n&rsquo;\u00e9tait point l&rsquo;union d&rsquo;un corps avec un autre corps, mais de l&rsquo;homme avec Dieu. Le m\u00e9lange de l&rsquo;eau et du vin d\u00e9truit la nature de ces deux liquides ; mais le m\u00e9lange de l&rsquo;or et du vin produit une substance nouvelle. La divinit\u00e9 renferme l&rsquo;humanit\u00e9 comme une urne d&rsquo;or renferme la manne ; le Verbe divin \u00e0 son tour est cach\u00e9 dans l&rsquo;incarnation comme l&rsquo;urne dans le coffre. Ce qui \u00e9tait int\u00e9rieur devient ext\u00e9rieur, et r\u00e9ciproquement. Ainsi se d\u00e9montre l&rsquo;unit\u00e9 et la substance du Christ. Sans doute la manne n&rsquo;est pas une substance n\u00e9e de l&rsquo;urne, elle lui est seulement unie, non comme l&rsquo;humanit\u00e9 est contenue dans la divinit\u00e9, mais comme l&rsquo;eau est renferm\u00e9e dans la perle dont l&rsquo;essence primitive est la lumi\u00e8re. \u2028Consid\u00e9rez avec attention ce ph\u00e9nom\u00e8ne de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;eau et admirez les paraboles du Seigneur ; remarquez le r\u00f4le que joue une mati\u00e8re imparfaite dans la formation de la perle, et croyez que le Christ est n\u00e9 r\u00e9ellement d&rsquo;une femme. Du sein d&rsquo;un coquillage pour lequel vous ne donneriez pas m\u00eame une obole, sort une pierre brillante dont mille talents d&rsquo;or et plus ne sauraient payer la valeur. C&rsquo;est ainsi que du sein de Marie est sorti le Dieu tout-puissant. L&rsquo;hu\u00eetre n&rsquo;\u00e9prouve point de douleur tandis que s&rsquo;op\u00e8re en elle la conception de la perle, elle ne sent que son approche : le sein tranquille et r\u00e9sign\u00e9 de Marie a con\u00e7u aussi le Christ sans \u00e9prouver d&rsquo;autre sentiment que celui de l&rsquo;apparition d&rsquo;un nouvel \u00eatre en elle ; la corruption n&rsquo;atteint point le coquillage, ni pendant la conception, ni pendant la naissance de la perle ; car il enfante sans douleur une pierre brillante et d&rsquo;une nature parfaite ; la Vierge aussi a con\u00e7u sans p\u00e9ch\u00e9 et a enfant\u00e9 sans douleur. Et non seulement la perle est con\u00e7ue dans le sein du coquillage, mais encore elle s&rsquo;y accro\u00eet avec le temps et peut montrer sa substance hors de l&rsquo;enveloppe qui la contenait. Mais comme en sa qualit\u00e9 de substance, elle a besoin du secours de la chair pour servir \u00e0 son alimentation, et d&#8217;employer une mati\u00e8re nourrissante pour atteindre le dernier terme de son accroissement progressif, elle est cach\u00e9 dans le sein du coquillage comme dans les entrailles d&rsquo;une m\u00e8re, et on dirait qu&rsquo;on l&rsquo;y a mise \u00e0 dessein pour qu&rsquo;elle p\u00fbt arriver \u00e0 son entier d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;y accro\u00eet donc gr\u00e2ce \u00e0 la mati\u00e8re vivifiante qui l&rsquo;entoure, et elle s&rsquo;assimile les sucs nourriciers qui lui sont n\u00e9cessaires. De m\u00eame le Fils de Marie est n\u00e9 sans le secours d&rsquo;un acte charnel, et la substance vivifiante de la Vierge a d\u00e9velopp\u00e9 celle du Christ, sans que l&rsquo;homme ait coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 son incarnation. \u00d4 myst\u00e8res sublimes! \u00d4 dogmes divins! La nature humaine a produit ce qui n&rsquo;\u00e9tait point en elle ; un enfant est n\u00e9, qui n&rsquo;a point \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9 par l&rsquo;homme ; une vierge est devenue m\u00e8re, son chaste sein a \u00e9t\u00e9 une source de vie ; ses entrailles innocentes ont nourri le Fils de Dieu ; une jeune fille a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;auxiliaire du Verbe divin dans l&rsquo;\u0153uvre de son Incarnation. Sa substance f\u00e9conde a form\u00e9 le Corps du Sauveur, et c&rsquo;est apr\u00e8s son accroissement complet que le fruit de ses entrailles est venu \u00e0 la lumi\u00e8re. C&rsquo;est une femme seule et sans le secours de l&rsquo;homme qui est devenue m\u00e8re ; car le fruit de ses entrailles \u00e9tait saint. C&rsquo;est une vierge qui a enfant\u00e9, parce que le Fils qu&rsquo;elle a mis au monde \u00e9tait la source de toute puret\u00e9 et de toute chastet\u00e9. C&rsquo;est exempte du trouble des sens que Marie a coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;incarnation du Fils de Dieu ; car Celui \u00e0 qui elle a donn\u00e9 le jour \u00e9tait le vainqueur du p\u00e9ch\u00e9.\u2028Comment donc le Verbe n&rsquo;aurait-Il rev\u00eatu que la forme apparente de l&rsquo;humanit\u00e9, puisqu&rsquo;Il en a rev\u00eatu aussi la nature et l&rsquo;essence, et qu&rsquo;Il est n\u00e9 au temps marqu\u00e9 pour l&rsquo;enfantement ? Comment Celui qui pr\u00e9sente tous les caract\u00e8res de la cr\u00e9ature naissante a-t-Il pu sortir du sein de Marie, avec les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9, sans que Marie ait \u00e9prouv\u00e9 le travail et la douleur de l&rsquo;enfantement ? Elle n&rsquo;a point souffert, quoique femme ; elle n&rsquo;a point \u00e9prouv\u00e9 les douleurs de l&rsquo;enfantement, quoique vierge.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;\u00e9tait pas non plus \u00e9trang\u00e8re au fruit de ses entrailles, car c&rsquo;\u00e9tait sa substance virginale qui le nourrissait, et par l\u00e0, il y avait communication et parent\u00e9 entre elle et Lui ; et elle est devenue m\u00e8re d&rsquo;un Fils dont la nature \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la sienne, parce que c&rsquo;est dans son sein que le Verbe s&rsquo;est fait chair. Le Christ a pris son accroissement dans les entrailles de Marie, bien qu&rsquo;en qualit\u00e9 de Dieu, Il n&rsquo;e\u00fbt besoin d&rsquo;aucun secours ; et Il eut une femme pour m\u00e8re, bien qu&rsquo;Il f\u00fbt Fils de Dieu. Il a reconnu Marie pour sa m\u00e8re, car c&rsquo;est par elle que la divinit\u00e9 a rev\u00eatu l&rsquo;humanit\u00e9. Il \u00e9tait Fils de celle qui avait coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 son Incarnation, non seulement parce qu&rsquo;elle a prouv\u00e9 son acquiescement et son d\u00e9sir par l&rsquo;ardeur de sa foi, mais encore parce que sa substance virginale avait servi \u00e0 former le corps du Sauveur.\u2028Si le Verbe avait rev\u00eatu seulement la forme apparente de l&rsquo;humanit\u00e9, qu&rsquo;e\u00fbt-Il eu besoin du secours de la nature humaine ? S&rsquo;Il \u00e9tait venu sous une forme mensong\u00e8re, qu&rsquo;e\u00fbt-Il eu besoin de la femme ? Et si le sein de Marie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pour Lui que la voie myst\u00e9rieuse par laquelle Il est venu dans le monde, pourquoi Lui a-t-il fallu attendre, pour faire son apparition, l&rsquo;\u00e9poque marqu\u00e9e pour l&rsquo;enfantement ? Si pour na\u00eetre Il n&rsquo;avait fait que descendre des cieux et venir habiter le sein d&rsquo;une vierge, pourquoi ne S&rsquo;est-Il pas montr\u00e9 directement du ciel \u00e0 la terre ? Pourquoi est-Il rest\u00e9 dans le sein de Marie comme dans un lieu n\u00e9cessaire, s&rsquo;Il pouvait se montrer aux hommes sans le secours de la nature humaine ? S&rsquo;Il n&rsquo;a pas rev\u00eatu l&rsquo;humanit\u00e9, pourquoi du haut des cieux ne S&rsquo;est-Il pas montr\u00e9 et fait conna\u00eetre aux hommes ? S&rsquo;Il avait tout ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 sa Venue, pourquoi empruntait-Il le secours d&rsquo;une vierge ? Les actes de Dieu ne peuvent \u00eatre ni vains ni trompeurs ; la coop\u00e9ration de Marie serait donc vaine, si le Christ n&rsquo;\u00e9tait venu que sous les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9, et Dieu aurait tromp\u00e9 les hommes en leur montrant couch\u00e9 dans une cr\u00e8che un enfant nouveau-n\u00e9. Ces propositions sont rigoureusement encha\u00een\u00e9es, mes raisonnements sont donc vrais. Je sais que le Christ est la v\u00e9rit\u00e9 m\u00eame ; et dans la formation de la perle, je vois le Dieu qui S&rsquo;est fait homme.\u2028Mais voici une autre preuve de la venue r\u00e9elle et substantielle du Christ ; je veux parler de son accroissement progressif depuis sa Naissance jusqu&rsquo;\u00e0 son \u00e2ge m\u00fbr. Supposons un moment que le Christ n&rsquo;est venu que sous les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9 ; Il portait des v\u00eatements.<\/p>\n<p>Montrez-nous donc quel est l&rsquo;accroissement d&rsquo;un v\u00eatement. Et si le Christ n&rsquo;avait qu&rsquo;un corps chim\u00e9rique, comme Il n&rsquo;a cess\u00e9 de le d\u00e9velopper depuis son enfance jusqu&rsquo;\u00e0 sa maturit\u00e9, comment se fait-il que ce d\u00e9veloppement prouve son Incarnation et que son Incarnation prouve \u00e0 son tour ce d\u00e9veloppement ? En effet, son Accroissement ne s&rsquo;est pas fait tout d&rsquo;un coup, et sa Naissance n&rsquo;a pas devanc\u00e9 non plus l&rsquo;\u00e9poque marqu\u00e9e pour l&rsquo;enfantement. La forme n&rsquo;est pas la communication d&rsquo;une nature substantielle, mais, comme les v\u00eatements, une oeuvre de l&rsquo;art. A quoi donc aurait servi la nature au Christ si l&rsquo;art \u00e9tait \u00e0 ses ordres ? Qu&rsquo;\u00e9tait-il besoin qu&rsquo;Il f\u00fbt con\u00e7u dans le sein d&rsquo;une femme, puisque la mati\u00e8re ne proc\u00e8de pas de l&rsquo;homme vivant, mais a sa source dans le sein de la terre ? Une vierge a coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Incarnation de la divinit\u00e9, et en retour la divinit\u00e9 a rendu sa nature incorruptible. Si un acte quelconque e\u00fbt pu accomplir le myst\u00e8re, cet acte e\u00fbt pu appartenir aussi bien \u00e0 l&rsquo;homme. Et si la forme e\u00fbt suffi \u00e0 l&rsquo;accomplissement de ce myst\u00e8re, l&rsquo;art de l&rsquo;homme aurait donc \u00e9t\u00e9 l&rsquo;auxiliaire de la divinit\u00e9. Le sein d&rsquo;une femme s&rsquo;est ouvert \u00e0 la divinit\u00e9, et sa prompte ob\u00e9issance a m\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;enfanter sans douleur.<\/p>\n<p>Elle a pr\u00eat\u00e9 \u00e0 l&rsquo;accomplissement du myst\u00e8re une nature sujette \u00e0 la douleur et \u00e0 la souffrance, elle lui a \u00e9t\u00e9 rendue exempte de souffrance et de douleur. Elle a fait un pr\u00e9sent plein d&rsquo;imperfections et de mis\u00e8re, et il lui a \u00e9t\u00e9 remis plus parfait et plus riche. Les entrailles qui re\u00e7urent Dieu \u00e9taient soumises au travail et \u00e0 la douleur, et elles furent d\u00e9livr\u00e9es de toute infirmit\u00e9 humaine. Celui qui Se servait d&rsquo;elle pour S&rsquo;incarner \u00e9tait un grand m\u00e9decin, et voil\u00e0 pourquoi Il l&rsquo;a rendue saine et incorruptible. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un home qui se servait du secours de la femme pour obtenir la naissance d&rsquo;un fils, c&rsquo;\u00e9tait Dieu Lui-m\u00eame, aussi Il a donn\u00e9 \u00e0 la nature mortelle de Marie des dons qu&rsquo;elle ne poss\u00e9dait pas, afin de montrer qu&rsquo;Il ne venait pas pour corrompre la nature, mais pour la conserver pure et sans tache. C&rsquo;\u00e9tait une perle qui naissait, et voil\u00e0 pourquoi Il est sorti doucement du sein maternel ; voil\u00e0 pourquoi Il a \u00e9t\u00e9 enfant\u00e9 sans travail et sans douleur. Son Corps n&rsquo;\u00e9tait point rude au toucher, comme s&rsquo;il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une substance terrestre ; il n&rsquo;\u00e9tait point mou et sans consistance, comme si la substance e\u00fbt \u00e9t\u00e9 liquide, ni compos\u00e9 d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments nombreux et divers, comme si la substance e\u00fbt \u00e9t\u00e9 mat\u00e9rielle ; mais l&rsquo;enfant renfermait un Dieu parfait cach\u00e9 sous une nature simple et nue, et voil\u00e0 pourquoi, gr\u00e2ce \u00e0 la puissance de Celui qui r\u00e9sidait en elle, la Vierge a enfant\u00e9 doucement comme le coquillage qui laissa tomber la perle. Elle n&rsquo;a point souffert comme la femme, et ses chastes flancs, comme les l\u00e8vres du coquillage qui se referment, sont revenus aussit\u00f4t \u00e0 leur \u00e9tat virginal. Elle n&rsquo;a point perdu le signe de sa virginit\u00e9 tandis que s&rsquo;op\u00e9rait en elle la Conception du Christ, et, une fois qu&rsquo;Il a \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9, ses flancs n&rsquo;ont pas eu besoin de s&rsquo;ouvrir pour Le mettre au jour ; ils n&rsquo;ont point \u00e9prouv\u00e9 de d\u00e9chirement tandis qu&rsquo;elle enfantait. \u2028Je suis oblig\u00e9 de m&rsquo;attarder longtemps sur ce sujet afin que, rassemblant toutes les raisons qui peuvent convaincre les h\u00e9r\u00e9tiques, je leur prouve que le Christ est n\u00e9 rev\u00eatu de la nature humaine et non de la forme apparente de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous naissons comme nous sommes con\u00e7us ; notre m\u00e8re est atteinte de corruption pendant qu&rsquo;elle con\u00e7oit ; elle souffre et g\u00e9mit pendant qu&rsquo;elle enfante. Elle perd le signe de la virginit\u00e9 pour concevoir, et c&rsquo;est pourquoi, au moment o\u00f9 elle enfante, non seulement ses flancs sont ouverts, mais encore, par la suite de la perte qu&rsquo;ils \u00e9prouvent, ils se distendent, ils retombent, la douleur les d\u00e9chire, afin de rappeler \u00e0 la femme sa corruption primitive. Car, une fois que le germe d\u00e9pos\u00e9 dans son sein s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 et parvient \u00e0 sa maturit\u00e9, les douleurs de l&rsquo;enfantement se font sentir. Il n&rsquo;en est pas ainsi du Christ ; Il est n\u00e9 sans douleur, parce qu&rsquo;Il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u sans corruption, recevant un corps dans le sein d&rsquo;une vierge, non par un acte charnel, mais par l&rsquo;op\u00e9ration du saint Esprit. C&rsquo;est aussi le saint Esprit qui a ouvert doucement les flancs de Marie, quand le Sauveur est sorti de son sein, pour que Celui qui \u00e9tait l&rsquo;Auteur de la nature par\u00fbt au milieu des hommes rev\u00eatu de la nature humaine. Le Christ donnait Lui-m\u00eame \u00e0 la Vierge la vertu n\u00e9cessaire \u00e0 son Accroissement. C&rsquo;\u00e9tait le saint Esprit qui aidait dans son enfantement cette jeune m\u00e8re ignorante de la couche conjugale. C&rsquo;est pourquoi le fruit des entrailles de Marie ne lui a point fait perdre le signe de sa virginit\u00e9, et la Vierge n&rsquo;a pas \u00e9prouv\u00e9 les douleurs de l&rsquo;enfantement ; ses flancs se sont ouverts, il est vrai, pour laisser un passage au Dieu qu&rsquo;ils renfermaient, mais ils sont revenus aussit\u00f4t \u00e0 leur \u00e9tat virginal, de m\u00eame que les l\u00e8vres du coquillage s&rsquo;ouvrent pour laisser tomber la perle et se r\u00e9unissent de nouveau et se referment \u00e9troitement.<\/p>\n<p>Plus d&rsquo;une personne a re\u00e7u en meilleur \u00e9tat ce dont il avait abandonn\u00e9 l&rsquo;usage \u00e0 d&rsquo;autres, parce que ceux qui l&rsquo;avaient accept\u00e9 pour s&rsquo;en servir, \u00e9tant d&rsquo;habiles ouvriers, avaient fait dispara\u00eetre les imperfections de l&rsquo;objet donn\u00e9, et l&rsquo;avaient rendu sans d\u00e9faut. A bien plus forte raison, loin de g\u00e2ter ce qu&rsquo;Il avait emprunt\u00e9, Dieu a d\u00fb le rendre beaucoup plus parfait qu&rsquo;Il ne l&rsquo;avait re\u00e7u. Ainsi Il a emprunt\u00e9 une nature corruptible, et Il l&rsquo;a rendue sans tache par sa naissance. Les techniciens savent contenir l&rsquo;eau dans les vases, au moyen de courants contraires ; ils laissent un passage \u00e0 son \u00e9coulement d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, et ils la font rentrer \u00e0 nouveau dans les vases par des mouvements spontan\u00e9s. L&rsquo;Art de Dieu ne pouvait-il donc l&#8217;emporter sur celui des hommes au point d&rsquo;ouvrir et de refermer les flancs de Marie, sans qu&rsquo;ils fussent en rien endommag\u00e9s par la masse des mati\u00e8res qui se livraient un passage ? Les rois accordent des privil\u00e8ges aux cit\u00e9s dans lesquelles ils ont re\u00e7u le jour ou la couronne.<\/p>\n<p>Pourquoi donc le Fils de Dieu n&rsquo;aurait-Il pas accord\u00e9 la virginit\u00e9 \u00e0 sa M\u00e8re, puisque ce don \u00e9tait en son pouvoir ? Les propri\u00e9taires et les ma\u00eetres de quelques cantons \u00e9tudient la nature des lieux et des sources qui les entourent ; ils corrigent les eaux, et, \u00e0 force d&rsquo;adresse et de constance, parviennent \u00e0 am\u00e9liorer la nature du climat. Le Christ ne pouvait-Il donc, \u00e0 plus forte raison, corriger les d\u00e9fauts qui auraient apport\u00e9 le trouble dans le sein de Marie ? Devait-Il, comme s&rsquo;Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un de nous, permettre que sa M\u00e8re f\u00fbt semblable au reste des femmes ?<\/p>\n<p>Le Christ est le seul qui soit n\u00e9 d&rsquo;une vierge ; il \u00e9tait donc convenable que Marie rest\u00e2t vierge malgr\u00e9 l&rsquo;enfantement et dev\u00eent m\u00e8re sans \u00e9prouver les douleurs de la maternit\u00e9.\u2028Ne vous laissez donc pas aveugler par votre propre nature, au point de ne pas croire \u00e0 la nature divine, et que votre chair, qui est sujette au trouble des passions, ne corrompe pas votre jugement au point de vous faire accuser la nature humaine. Le Christ n&rsquo;est pas venu pour servir les passions, mais pour exterminer le p\u00e9ch\u00e9. Il n&rsquo;a pas rev\u00eatu les apparences de l&rsquo;humanit\u00e9 pour se faire un jeu de la nature humaine ; Il n&rsquo;a pas rejet\u00e9 la substance pour honorer la forme.<\/p>\n<p>Si la forme, entre les mains de l&rsquo;homme, peut arriver \u00e0 des r\u00e9sultats dignes d&rsquo;admiration, la nature, certes, le pouvait bien davantage entre les mains de Dieu. S&rsquo;Il a voulu honorer la forme de la nature humaine, la nature humaine est donc quelque chose de bien noble, puisque la divinit\u00e9 l&rsquo;a jug\u00e9e digne d&rsquo;honneur. S&rsquo;Il est venu sous la forme de l&rsquo;humanit\u00e9 pour corriger la nature humaine, la nature humaine est donc bien sup\u00e9rieure \u00e0 la forme, puisqu&rsquo;elle comporte un perfectionnement plus grand.<\/p>\n<p>Si la forme ne pouvait rien ajouter \u00e0 l&rsquo;accomplissement de ses Desseins, Il a d\u00fb ex\u00e9cuter sans elle les d\u00e9crets de sa volont\u00e9. Et s&rsquo;Il n&rsquo;a rien fait qui soit purement formel, c&rsquo;est bien inutilement qu&rsquo;Il e\u00fbt rev\u00eatu la forme apparente de l&rsquo;humanit\u00e9.\u2028Etudiez la perle et abandonnez vos erreurs, car je ne cesserai de poursuivre mes adversaires jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je les aie confondus. Remarquez qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas une forme fantastique, mais une substance r\u00e9elle. Cette pierre pr\u00e9cieuse est indivisible ; la substance qu&rsquo;a rev\u00eatue la divinit\u00e9 est \u00e9galement ind\u00e9composable. La perle est form\u00e9e de l&rsquo;union de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;eau, deux \u00e9l\u00e9ments contraires qui se sont unis intimement. Comment donc ignorez-vous ce qui est sous vos yeux, et cherchez-vous avec tant de curiosit\u00e9 ce qui est loin de vos regards ? La lumi\u00e8re proc\u00e8de du feu, voil\u00e0 pourquoi elle enflamme en m\u00eame temps qu&rsquo;elle illumine. Les coquillages viennent dans l&rsquo;eau et croissent par l&rsquo;eau. Comment se fait-il donc que l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment br\u00fblant et lumineux ne consume pas la mati\u00e8re du coquillage ? Comment se fait-il que l&rsquo;eau et le feu s&rsquo;unissent intimement et substantiellement sans que l&rsquo;un nuise \u00e0 l&rsquo;autre ? Vous ne pouvez le dire, mais vous \u00eates oblig\u00e9s de croire ce que vous voyez et ce que vous touchez. Que ce ph\u00e9nom\u00e8ne naturel, dont vous ne pouvez rendre compte soit pour vous une preuve que le Fils de Dieu est n\u00e9 sans le secours d&rsquo;un acte charnel. Il y a aussi en Lui deux \u00e9l\u00e9ments contraires dont les substances s&rsquo;unissent intimement.\u2028Mais je veux d\u00e9truire une objection que vous pourriez me faire. Quelques-uns de vous disent : \u00ab\u00a0Dieu est incr\u00e9\u00e9 et la chair tombe sous les sens ; Dieu est exempt de toute souffrance, la nature humaine est sujette \u00e0 la douleur.<\/p>\n<p>Comment donc deux natures si oppos\u00e9es ont-elles pu se r\u00e9unir en un seul \u00eatre ?\u00a0\u00bb Consultez la perle, elle vous expliquera ce myst\u00e8re. La lumi\u00e8re est le symbole de la divinit\u00e9 et l&rsquo;eau le symbole de l&rsquo;humanit\u00e9. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;eau qui s&rsquo;est incorpor\u00e9 la lumi\u00e8re, car elle est pesante de sa nature et ne peut s&rsquo;\u00e9lever dans les hautes r\u00e9gions de la lumi\u00e8re. C&rsquo;est le rayon lumineux qui, dans son mouvement l\u00e9ger, vient s&rsquo;unir \u00e0 la goutte d&rsquo;eau, et le coquillage entrouvert les re\u00e7oit unis dans son sein. La chaleur de la substance de l&rsquo;hu\u00eetre fait germer le nouvel \u00eatre, et les l\u00e8vres du coquillage, en s&rsquo;unissant \u00e9troitement, emp\u00eachent, par leur solidit\u00e9, l&rsquo;humeur interne de s&rsquo;\u00e9couler au dehors. La substance nourrici\u00e8re d\u00e9veloppe le germe qu&rsquo;elle contient, et le temps fait \u00e9clore une perle brillante du m\u00e9lange d&rsquo;une goutte d&rsquo;eau et d&rsquo;un rayon de lumi\u00e8re. L&rsquo;Evangile dit de m\u00eame : \u00ab\u00a0L&rsquo;Esprit du Seigneur viendra sur toi\u00a0\u00bb (Lc 1,35). Pourquoi cela ? Afin de lui donner la force de porter dans ses flancs la divinit\u00e9.<\/p>\n<p>Il ajoute encore : \u00ab\u00a0Et la vertu du Tr\u00e8s-Haut te couvrira de son Aile\u00a0\u00bb (Ibid.). La lumi\u00e8re viendra s&rsquo;arr\u00eater sur ta nature mortelle, \u00ab\u00a0car le fruit de tes entrailles est saint et portera le nom du Fils de Dieu\u00a0\u00bb (Ibid.). Il ne dit pas : \u00ab\u00a0Celui qui est d\u00e9j\u00e0 n\u00e9 na\u00eetra de nouveau\u00a0\u00bb ; il ne dit pas non plus : \u00ab\u00a0Celui qui na\u00eetra de la vertu du Tr\u00e8s-Haut ou de l&rsquo;Esprit saint\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0Celui qui na\u00eetra de toi\u00a0\u00bb, afin de montrer que la substance virginale de Marie \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;Incarnation de la divinit\u00e9, et que c&rsquo;est en elle que le Verbe divin s&rsquo;est rev\u00eatu de l&rsquo;humanit\u00e9. Car si l&rsquo;Evangile n&rsquo;avait pas dit \u00ab\u00a0Celui qui na\u00eetra de toi\u00a0\u00bb, on aurait pu croire que le Verbe n&rsquo;a pris que la forme apparente de l&rsquo;humanit\u00e9. Cependant, quelques exemplaires ne portent point ces mots : \u00ab\u00a0de toi\u00a0\u00bb, et semblent ainsi donner raison aux h\u00e9r\u00e9tiques. Mais bien que ces exemplaires ne portent point cette addition, cependant les expressions qui pr\u00e9c\u00e8dent donnent \u00e0 la phrase le m\u00eame sens, car l&rsquo;Evangile dit : \u00ab\u00a0Celui qui na\u00eetra\u00a0\u00bb, et ces expressions renferment n\u00e9cessairement l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;incarnation. D&rsquo;ailleurs la conception a pour cons\u00e9quence n\u00e9cessaire l&rsquo;incarnation et elle est incompatible avec la forme ; l&rsquo;expression de l&rsquo;archange montre que si la divinit\u00e9 a r\u00e9sid\u00e9 dans le sein d&rsquo;une vierge, cela a \u00e9t\u00e9 pour na\u00eetre rev\u00eatu de la nature humaine. Car Il e\u00fbt pu se montrer plus t\u00f4t \u00e0 toute la terre, s&rsquo;Il n&rsquo;avait pas voulu prendre v\u00e9ritablement le corps de l&rsquo;homme, pour vivre au milieu des hommes.\u2028Contemplez la perle, et vous verrez qu&rsquo;elle renferme deux natures. Elle produit beaucoup d&rsquo;effet \u00e0 cause de son essence \u00e9th\u00e9r\u00e9e ; elle est brillante \u00e0 cause de son organisation mat\u00e9rielle. Vous voyez sa puret\u00e9 dans son \u00e9clat, et dans l&rsquo;effet qu&rsquo;elle produit vous d\u00e9couvrez la puissance qui r\u00e9side en elle. Elle est dure par sa nature terrestre, elle est l\u00e9g\u00e8re par sa nature c\u00e9leste ; elle tient de l&rsquo;eau par son c\u00f4t\u00e9 grossier, de la lumi\u00e8re par son c\u00f4t\u00e9 divin. Tout le monde peut observer que la perle, comme un miroir pur, refl\u00e8te l&rsquo;image de chacun.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;art qui fa\u00e7onne les miroirs ; aussi y a-t-il quelque chose de trompeur dans l&rsquo;image qu&rsquo;ils donnent de l&rsquo;objet qu&rsquo;on leur pr\u00e9sente ; mais la perle renferme naturellement cette propri\u00e9t\u00e9 ; c&rsquo;est une facult\u00e9 inn\u00e9e en elle. Il y a beaucoup d&rsquo;autres choses qui sont le r\u00e9sultat identique et nu du m\u00e9lange de deux \u00e9l\u00e9ments divers, mais ce n&rsquo;est point comme la perle qu&rsquo;elles naissent et ce n&rsquo;est pas de lumi\u00e8re et d&rsquo;eau qu&rsquo;elles sont form\u00e9es.\u2028N&rsquo;allez cependant pas prendre pour exemple toutes sortes de perles ; car toutes ne sont pas bonnes et ne renferment pas les propri\u00e9t\u00e9s dont nous avons parl\u00e9 : plusieurs, au contraire, participent beaucoup \u00e0 la nature terrestre. Parmi les hu\u00eetres, les unes restent au fond des mers, les autres choisissent les lieux humides, limoneux et pleins de vase, se nourrissent de mati\u00e8res infectes, et produisent rarement des perles de bonne qualit\u00e9. Une autre cause encore concourt \u00e0 l&rsquo;existence de la perle ; car si elle ne reste pas dans la coquille le temps voulu pour sa formation, on l&rsquo;y trouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de pierre et comme non \u00e0 terme. Aussi plusieurs de celles qui sont au fond des eaux, ne valent rien et ne doivent qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;art le peu de valeur qu&rsquo;elles obtiennent. Du reste, ces qualit\u00e9s, on les trouve rarement hors des coquilles ; il faut aller les y chercher, les en arracher ; celles-l\u00e0 sont appel\u00e9es bonnes et parfaites, qui, pendant leur esp\u00e8ce d&rsquo;accroissement, pendant que leur substance s&rsquo;identifie \u00e0 la nature, ne sont point ravies \u00e0 leur enveloppe, mais en sortent d&rsquo;elles-m\u00eames ; et voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui leur donne un si grand prix. Que si vous voulez savoir comment certains animaux viennent au milieu des eaux et de l&rsquo;eau elle-m\u00eame, ouvrez le livre de la loi, et vous entendrez Dieu vous dire qu&rsquo;Il a ordonn\u00e9 aux ondes de produire entre autres choses les moules et les hu\u00eetres. Car ce sont deux esp\u00e8ces qui se tra\u00eenent aussi au fond de la mer, et comme la perle est la derni\u00e8re dans l&rsquo;\u00e9chelle des \u00eatres, de m\u00eame le Christ est n\u00e9 d&rsquo;une nature souill\u00e9e et corrompue que seule la pr\u00e9sence d&rsquo;un Dieu pouvait purifier.\u2028Comme la foudre sillonne l&rsquo;espace, Dieu le P\u00e8re remplit l&rsquo;infini ; comme l&rsquo;\u00e9clair brille dans l&rsquo;ombre, le Christ vient \u00e9purer nos souillures. Voil\u00e0 pourquoi Il purifia la sainte Vierge et naquit de mani\u00e8re \u00e0 prouver que partout sa pr\u00e9sence engendre la souveraine puret\u00e9. Il la purifia d&rsquo;avance par l&rsquo;Esprit saint, et les entrailles purifi\u00e9es de Marie con\u00e7urent le divin J\u00e9sus. Il la rendit chaste et pure ; aussi resta-t-elle Vierge en Lui donnant le jour.<\/p>\n<p>Coquillages pr\u00e9cieux de nos mers, dites et prouvez \u00e0 la terre que la Vierge n&rsquo;a pas eu besoin du concours de l&rsquo;homme pour concevoir son Fils. Qu&rsquo;on ouvre votre enveloppe d&rsquo;\u00e9caille, et l&rsquo;on n&rsquo;y verra point de chair ; mais l&rsquo;\u00e9clat soudain de la lumi\u00e8re p\u00e9n\u00e8tre ce corps qu&rsquo;un tranchant vient de partager ; ainsi la Vierge re\u00e7ut au milieu de son \u00eatre le Verbe Dieu, et sans secours \u00e9tranger, sans d\u00e9sir, comme sans passion de sa part, la divinit\u00e9 s&rsquo;incorpora \u00e0 sa nature, et elle comprit que le myst\u00e8re de l&rsquo;Incarnation s&rsquo;op\u00e9rait dans son sein ; elle \u00e9prouvait la conception, mais ignorait l&rsquo;acte qui en est la source ; son corps recelait un nouvel \u00eatre ; et cependant nul d\u00e9sir charnel ne l&rsquo;avait agit\u00e9e ; car pour lui conserver toute sa chastet\u00e9, ses sens semblaient avoir oubli\u00e9 les app\u00e9tits grossiers de leur nature. Lorsque le soleil para\u00eet au firmament, les t\u00e9n\u00e8bres se dissipent, et l&rsquo;univers entier brille de l&rsquo;\u00e9clat de sa lumi\u00e8re : que sera-ce s&rsquo;il concentre ses rayons sur un seul point ? Si le Christ, \u00e9clairant Paul d&rsquo;un rayon de sa c\u00e9leste flamme, l&rsquo;a ramen\u00e9 \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9, a fait du loup infid\u00e8le une brebis soumise, du cruel pers\u00e9cuteur un ap\u00f4tre mis\u00e9ricordieux, si, de r\u00e9calcitrant et endurci qu&rsquo;il \u00e9tait, Il l&rsquo;a rendu doux et fervent, le Verbe saint, en venant habiter le corps de Marie, a d\u00fb bien autrement encore la purifier de toute tache et de tout p\u00e9ch\u00e9. Pour gage de d\u00e9vouement, Il ne demande \u00e0 la jeune fille que sa foi : \u00e0 ce prix Il lui donne sa gr\u00e2ce ; et si dans sa Justice Il la fortifie contre la corruption, Marie, par sa foi, Lui soumet sa nature, et la gr\u00e2ce l&rsquo;inondant e ses flots, elle devient incorruptible \u00e0 tout jamais. Dieu se l&rsquo;approprie, ainsi que ferait un roi d&rsquo;un vase pr\u00e9cieux appartenant \u00e0 un de ses sujets.<\/p>\n<p>Aussi, par la gr\u00e2ce, Marie devint, non pas m\u00e8re, mais vierge, comme la nourriture des troupeaux deviendrait mets royal, si un roi la choisissait pour sa table. Non pas que je dise que Marie fut immortelle ; mais n&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 s\u00e9duite par les app\u00e9tits de la chair, elle fut sanctifi\u00e9e par la gr\u00e2ce. La rouille imprim\u00e9e \u00e0 sa nature p\u00e9rissable disparut, et son corps libre de passion se conserva toujours pur.\u2028J&rsquo;aime et je couvre de mes baisers la pierre pr\u00e9cieuse de l&rsquo;Evangile, parce qu&rsquo;elle est devenue la substance de mon \u00e2me ; j&rsquo;\u00e9l\u00e8ve aux cieux et je glorifie la perle des mers parce qu&rsquo;elle me raconte les myst\u00e8res du Christ ; si j&rsquo;ai choisi de pr\u00e9f\u00e9rence cette comparaison, c&rsquo;est qu&rsquo;elle confirme pour moi deux faits myst\u00e9rieux. Elle me montre, en effet, le m\u00e9lange de deux natures, et la force virtuelle de la divinit\u00e9. Par elle je comprends la r\u00e9union de deux contraires, le changement d&rsquo;une nature d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9e ; j&rsquo;y vois le ciel uni \u00e0 la terre, deux anneaux ne formant qu&rsquo;une cha\u00eene. La gr\u00e2ce a fondu les deux principes en un seul, et je ne trouve point de moyens pour les s\u00e9parer. Je sais bien en quoi ils diff\u00e8rent l&rsquo;un de l&rsquo;autre ; mais la forme sph\u00e9rique de la perle trompe ma sagacit\u00e9 et ne me permet pas d&rsquo;apercevoir le lien qui les rassemble et les unit. Tous les points \u00e0 sa surface se rassemblent et se confondent ; car le Christ a fait dispara\u00eetre tout point distinctif ; et, comme l&rsquo;ouvrier qui r\u00e9unit deux cha\u00eenons \u00e9gaux, Il en a fait un tout uniforme que nulle puissance ne saurait partager.<\/p>\n<p>La coquille peut s&rsquo;ouvrir \u00e0 sa jointure, la perle, par sa forme, \u00e9chappe \u00e0 toute division ; dans l&rsquo;une, l&rsquo;intersection est toujours possible ; dans l&rsquo;autre, jamais, afin de bien nous faire comprendre que les tables de la loi sont doubles, mais que l&rsquo;Evangile n&rsquo;a que l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;une sph\u00e8re parfaite. La loi d&rsquo;ailleurs ne s&rsquo;applique qu&rsquo;au temporel, et l&rsquo;Evangile au spirituel : c&rsquo;est la coquille et la perle r\u00e9unies par le Christ. Voil\u00e0 comment, aid\u00e9 des lumi\u00e8res de la gr\u00e2ce sur le myst\u00e8re de l&rsquo;Incarnation et recherchant la nature de la perle intellectuelle, j&rsquo;en ai trouv\u00e9 la cause, j&rsquo;en ai saisi les rapports, j&rsquo;en ai compris la nature. Qu&rsquo;il me soit permis de revenir encore une fois sur l&rsquo;\u0153uvre du sublime Ouvrier. \u2028Le souverain Cr\u00e9ateur de toutes choses est \u00e0 mes yeux un laboureur, non pas qu&rsquo;Il cultive les terres de ce monde, mais Il entretient l&rsquo;harmonie des \u00eatres ; non pas qu&rsquo;Il s\u00e8me et moissonne, non pas qu&rsquo;Il vendange et fasse g\u00e9mir d&rsquo;immenses pressoirs ; mais Il se sert d&rsquo;abord de la nature humaine pour nous donner son Fils, et de ce Fils pour rendre \u00e0 notre \u00e2me toute sa libert\u00e9. Voulant liquider la cr\u00e9ance qu&rsquo;Il avait sur la nature enti\u00e8re, Il a revendiqu\u00e9 toutes les productions de la terre ; et par cette rapide transaction, Il est devenu Ma\u00eetre absolu de l&rsquo;univers, non seulement comme Cr\u00e9ateur, mais encore comme R\u00e9dempteur ; non seulement comme Dieu, mais comme celui qui vend la perle obtenue \u00e0 la sueur de son front et pour qui la moindre parcelle est pr\u00e9cieuse. Afin de mieux obtenir l&rsquo;esclave, Il a donn\u00e9 son Fils. \u00d4 ineffable bont\u00e9 ! \u00d4 sublime d\u00e9vouement! Il d\u00e9pose la perle au sein de la coquille, et laisse ainsi vendre \u00e0 vil prix la pierre pr\u00e9cieuse. Comprenez-vous quel est le marchand ? Distinguez-vous bien Celui qui vend tout ce qu&rsquo;Il poss\u00e8de pour acheter la perle ? Vous voyez alors comment le riche se d\u00e9pouille de toutes ses propri\u00e9t\u00e9s pour acqu\u00e9rir un petit coin de terre, afin de poss\u00e9der aussi le tr\u00e9sor qu&rsquo;il renferme. Je dis que ce riche est Dieu le P\u00e8re, donnant son Fils en \u00e9change des besoins de l&rsquo;humanit\u00e9, se d\u00e9pouillant de ses riches possessions pour acqu\u00e9rir quelques arpents, objets de toute sa sollicitude ; et ces quelques arpents, Il les avait donn\u00e9s en partage \u00e0 Adam ; mais celui-ci, frivole dans ses d\u00e9sirs, ne sut point les conserver ; et Dieu n&rsquo;acheta pas le champ pour sa valeur absolue, mais bien \u00e0 cause du tr\u00e9sor qu&rsquo;il recelait.\u2028Et maintenant ce champ, quel est-il ? Le corps de l&rsquo;homme, et le tr\u00e9sor cach\u00e9 dedans, son \u00e2me.<\/p>\n<p>N&rsquo;est-ce pas en effet pour cette \u00e2me \u00ab\u00a0faite \u00e0 son Image et \u00e0 sa Ressemblance\u00a0\u00bb (Gn 1,26) que Dieu vendit tout ce qu&rsquo;Il avait ? N&rsquo;est-ce pas pour en acqu\u00e9rir la possession qu&rsquo;Il envoya son Fils sur la terre ? Et certes, le d\u00e9mon ne s&rsquo;en f\u00fbt pas d\u00e9parti au profit de la divinit\u00e9, si elle n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 cach\u00e9e sous l&rsquo;enveloppe humaine. Dieu savait sa valeur, et Il en craignait l&rsquo;ali\u00e9nation ; mais Il la livrait \u00e0 l&rsquo;homme, parce qu&rsquo;Il connaissait la faiblesse de ce dernier, et qu&rsquo;Il \u00e9tait persuad\u00e9 de pouvoir reprendre l&rsquo;enveloppe et le tr\u00e9sor d\u00e8s qu&rsquo;Il le voudrait. Il envoya donc son Fils vers le d\u00e9mon, en Lui disant : Livre-lui toutes les choses de la terre, car tout M&rsquo;appartient ; l&rsquo;homme seul, \u00e0 cause de son libre arbitre, \u00e9chappe \u00e0 mon empire ; la facult\u00e9 qu&rsquo;il a de se prononcer pour ou contre Moi est un vrai tr\u00e9sor qu&rsquo;il poss\u00e8de. Mais comme ma gloire est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 conserver ce que J&rsquo;ai cr\u00fb Moi-m\u00eame pour mon usage et mon service particulier, donne-lui tous les \u00eatres sans raison, mais rends-Moi l&rsquo;homme qui est libre. Aussi lui livra-t-Il tous les bestiaux paissant dans les plaines de G\u00e9n\u00e9sareth, se r\u00e9servant le champ au tr\u00e9sor, et arrachant ainsi l&rsquo;homme \u00e0 l&#8217;empire du d\u00e9mon. Les porcs, les \u00e2nes, les taureaux, les lions eux-m\u00eames ne sont pas pour celui qui les poss\u00e8de un grand sujet de gloire ; mais il n&rsquo;en est pas de m\u00eame de l&rsquo;homme, car il ne fournit pas un mets succulent et corruptible, mais bien un tr\u00e9sor digne du ciel. Et c&rsquo;est le tr\u00e9sor que nous avons repr\u00e9sent\u00e9 par un champ de terre ; l&rsquo;Acqu\u00e9reur de ce champ c&rsquo;est Dieu le P\u00e8re ; le m\u00e9diateur, c&rsquo;est le Christ, son Fils. Il s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9 comme simple \u00e9tranger, Il a transig\u00e9 comme acqu\u00e9reur, Il a pris possession comme ma\u00eetre, parce que le P\u00e8re et le Fils ne font qu&rsquo;un seul Dieu. Par la nature de son Incarnation, Il a manifest\u00e9 sa Volont\u00e9 et son Pouvoir ; par le fait de son acquisition, Il a fait acte de m\u00e9diateur ; s&rsquo;\u00e9levant ensuite au r\u00f4le de ma\u00eetre absolu, Il a recul\u00e9 champ de terre et le propri\u00e9taire, dans son ignorance, lui a aussi livr\u00e9 le tr\u00e9sor enfoui.\u2028L&rsquo;homme est donc devenu la propri\u00e9t\u00e9 du Seigneur, et le vendeur ne savait pas lui avoir c\u00e9d\u00e9 en m\u00eame temps un immense b\u00e9n\u00e9fice ; le Christ, une fois possesseur de l&rsquo;homme, le devenait aussi de tout ce qui \u00e9tait soumis \u00e0 l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Tous les \u00eatres sans raison \u00e9taient \u00e9chus en partage \u00e0 Adam, et cependant le d\u00e9mon semblait en revendiquer la possession, puisqu&rsquo;il donnait en \u00e9change le corps d&rsquo;Adam lui-m\u00eame ; mais d\u00e8s lors qu&rsquo;il avait c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;homme, tout ce qui appartenait \u00e0 ce dernier devait \u00eatre compris dans la cession et suivre son possesseur naturel. Avec l&rsquo;homme furent donc vendus tous les \u00eatres anim\u00e9s ; car celui-ci avait le pouvoir de les offrir \u00e0 son Dieu, et voil\u00e0 pourquoi l&#8217;empire du Seigneur s&rsquo;\u00e9tendit et sur les Juifs et sur les nations les plus recul\u00e9es. Le Christ venait de faire une acquisition pr\u00e9cieuse ; Il la paya de son sang sur la croix ; puis Il ressuscita, vint en prendre possession, en chassa les premiers ma\u00eetres, et y pla\u00e7a ceux de son choix. Le champ qu&rsquo;Il avait achet\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait la terre enti\u00e8re, et le tr\u00e9sor, les saints qu&rsquo;elle renferme. Il S&rsquo;attacha d&rsquo;abord \u00e0 la surface, Se r\u00e9servant de profiter quand Il le voudrait du tr\u00e9sor qui \u00e9tait cach\u00e9. Il vint au milieu des vivants ; mais les morts \u00e9tant aussi de son domaine, Il les tira de la poussi\u00e8re qui les couvrait, et laissa le tr\u00e9sor pour le moment de sa r\u00e9surrection. Ensuite, \u00ab\u00a0Il s&rsquo;en alla dans un pays \u00e9loign\u00e9\u00a0\u00bb (Mt 21,33), confiant ce pr\u00e9cieux d\u00e9p\u00f4t \u00e0 des gardes, et son champ \u00e0 des r\u00e9gisseurs, afin qu&rsquo;\u00e0 sa Voix ils en fissent plus tard offrande au Roi supr\u00eame. Or sa perle ch\u00e9rie reste enferm\u00e9e dans la coquille comme dans un vase, et le champ peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;atelier d&rsquo;un potier ; c&rsquo;est dans ce sens que le proph\u00e8te du Seigneur a dit : \u00ab\u00a0Entre dans le champ du potier\u00a0\u00bb (Je 18,2). Et de quel potier entendait-il parler, si ce n&rsquo;est de Dieu, puisque c&rsquo;est Dieu qui nous a ressuscit\u00e9s dans ce champ ? Aussi jusqu&rsquo;\u00e0 la consommation des temps le corps de l&rsquo;homme n&rsquo;est qu&rsquo;un champ de limon infect ; mais au grand jour qui sera le dernier, ce limon deviendra un vase purifi\u00e9 : pour les saints par la gr\u00e2ce, pour les p\u00e9cheurs, par le feu de la g\u00e9henne. \u2028Telles sont les vicissitudes de la perle, qui ne reste pas \u00e0 tout jamais ensevelie dans la terre, mais en est extraite par le Marchand : aussi devient-Il Lui-m\u00eame les pr\u00e9mices de sa Croix, et, s&rsquo;Il ressuscite seul, c&rsquo;est qu&rsquo;Il a contract\u00e9 seul. Et ce n&rsquo;est pas apr\u00e8s sa mort qu&rsquo;Il a achet\u00e9 la perle, parce que c&rsquo;est sur la croix qu&rsquo;Il a vaincu le d\u00e9mon, qu&rsquo;Il l&rsquo;a d\u00e9pouill\u00e9 et S&rsquo;est empar\u00e9 de son armure. Voil\u00e0 ce qui Lui fait dire : \u00ab\u00a0Je puis d\u00e9poser mon \u00e2me et Je puis la reprendre\u00a0\u00bb (Jn 10,18). N&rsquo;avait-Il pas, en effet, un pouvoir absolu sur la mort ? Et en mourant Lui-m\u00eame, ne laissait-Il pas la perle pr\u00e9cieuse aux mains non pas du d\u00e9mon, mais de la nature ? Ainsi, pendant qu&rsquo;elle \u00e9tait encore dans les entrailles de la terre, le march\u00e9 en fut conclu, l&rsquo;\u00e9change se fit, et elle devint le prix de sa m\u00e9diation. Le vendeur insens\u00e9 ne se doutait pas que Celui qu&rsquo;il regardait comme un simple \u00e9tranger \u00e9tait un Ma\u00eetre absolu. Le Christ re\u00e7ut donc l&rsquo;objet vendu ; Il re\u00e7ut le champ ; Il re\u00e7ut toute la valeur de ce champ : car la nature, invariable dans sa marche, ob\u00e9it aux lois \u00e9ternelles qui la r\u00e9gissaient.<\/p>\n<p>En acqu\u00e9rant le champ, Dieu acqu\u00e9rait tout pouvoir sur les vivants, et pour le tr\u00e9sor qu&rsquo;il renfermait, les morts Lui \u00e9taient aussi acquis. Le type de son Incarnation reste constant dans la perle ; le b\u00e9n\u00e9fice Lui en est assur\u00e9 par la gr\u00e2ce du saint Esprit, qui fortifie le corps contre le d\u00e9mon ; car c&rsquo;\u00e9tait ce Corps divin que Dieu le P\u00e8re proposait pour objet et pour prix du combat.\u2028Revenons maintenant sur notre sujet ; r\u00e9capitulons ce que nous avons dit, et t\u00e2chons de saisir comme il convient l&rsquo;ensemble de ces importantes v\u00e9rit\u00e9s. Nous avons compar\u00e9 Dieu le P\u00e8re \u00e0 un laboureur, \u00e0 un ouvrier, \u00e0 un marchand, \u00e0 un potier, \u00e0 un courtier, \u00e0 un pr\u00eateur, \u00e0 un r\u00e9mun\u00e9rateur jaloux de sa gloire. Il est bien grand, le Nom du Seigneur, puisque en deux mots il renferme de si nombreuses attributions ! La perle a \u00e9t\u00e9 pour nous tout l&rsquo;Evangile, car en quelques lettres elle contient l&rsquo;explication de bien grands myst\u00e8res ; et ces quelques mis\u00e9rables feuilles de papier expliquent la doctrine c\u00e9leste. Les h\u00e9r\u00e9tiques affirment que se rev\u00eatir de la chair humaine est indigne du Fils de Dieu. Eh quoi! Dieu a permis qu&rsquo;une simple feuille de papier p\u00fbt expliquer le ciel, et Il n&rsquo;aurait pas pu permettre que son Fils assum\u00e2t la nature humaine ? Non que je veuille \u00e9tablir la parit\u00e9 de ces deux faits ; mais j&rsquo;y trouve la preuve de la Bont\u00e9 de Dieu envers nous, qui L&rsquo;a fait Se d\u00e9pouiller Lui-m\u00eame et S&rsquo;unir aux hommes. Mais, dit-on, Dieu n&rsquo;est pas venu en personne sur la terre. Non certes, car ce corps terrestre et p\u00e9rissable ne pouvait convenir \u00e0 la divinit\u00e9 pour vivre parmi nous. Le Ma\u00eetre de la nature a pris la nature du ma\u00eetre de la terre pour rendre \u00e0 Adam son empire, que la s\u00e9duction lui avait fait perdre.<\/p>\n<p>Et si le Christ a rev\u00eatu une forme p\u00e9rissable pour descendre ici-bas sous cette forme, Il \u00e9tait encore le Fils de Dieu.\u2028Il est facile de voir comment sont battus les h\u00e9r\u00e9tiques, lorsqu&rsquo;ils essayent si imprudemment de nier la substance du Christ. On peut bien les taxer de folie, car ils parlent et ne savent ce qu&rsquo;ils disent, ils prof\u00e8rent des mots au hasard et ne comprennent point la cons\u00e9quence de leurs paroles. Malheureux incr\u00e9dule! Je veux te montrer Dieu comme un pr\u00eateur bienfaisant, qui a pr\u00e9par\u00e9 une Perle sacr\u00e9e dans le sein de la Vierge, comme un cultivateur habile, qui a communiqu\u00e9 \u00e0 la nature sa divinit\u00e9. Je veux te Le montrer comme marchand associant l&rsquo;homme \u00e0 ses transactions, se croyant riche d&rsquo;un simple denier, laissant de c\u00f4t\u00e9 tout gain personnel, pour ne songer qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;homme, et Lui donner \u00e0 tout jamais le royaume c\u00e9leste. La nature humaine, faible et d\u00e9bile, re\u00e7ut en elle la divinit\u00e9, et put alors combattre son ennemi. Le Fils entra dans les vues du P\u00e8re, et Il souffrit pour purifier son acquisition, la r\u00e9habilitant par la gr\u00e2ce ; Il donnait au p\u00e9ch\u00e9 l&rsquo;auxiliaire des passions et des attraits puissants. Puis offrant cette nature fragile au d\u00e9mon, Il l&rsquo;excita \u00e0 tenter l&rsquo;humanit\u00e9. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 Il montra \u00e0 l&rsquo;homme la gr\u00e2ce divine et la lui promit au Nom de son P\u00e8re, sans lui cacher les combats spirituels qu&rsquo;il aurait \u00e0 livrer pour la haine qu&rsquo;il fallait vouer \u00e0 tout objet terrestre. Il l&rsquo;exhorta au sacrifice de propitiation et s&rsquo;offrit comme m\u00e9diateur dans la r\u00e9conciliation divine ; Il S&rsquo;engagea \u00e0 obtenir le pardon et indiqua la croix comme gage assur\u00e9 de sa Promesse, disposant ainsi l&rsquo;homme \u00e0 recourir \u00e0 Dieu et le Fils \u00e0 se rapprocher de son P\u00e8re. Combattant ensuite Lui-m\u00eame le d\u00e9mon, Il assura la possession \u00e0 son P\u00e8re et d\u00e9livra l&rsquo;esclave du joug affreux qui pesait sur lui. \u2028Admire encore avec moi son ouvrage comme laboureur, car dans l&rsquo;une et l&rsquo;autre fonction le Christ Se montre toujours dispensateur de gr\u00e2ces envers l&rsquo;homme et ennemi d\u00e9clar\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>Et n&rsquo;est-Il pas, en effet la source d&rsquo;une foule de chefs-d&rsquo;\u0153uvre ? L&rsquo;infini de ses attributions ne se pr\u00eate-t-il pas \u00e0 tout ce que l&rsquo;esprit le plus vaste peut concevoir ? Peut-on rien imaginer qu&rsquo;Il ne puisse ex\u00e9cuter ? Il a d\u00e9pos\u00e9 la divinit\u00e9 dans le sein de la Vierge ; Il y a enferm\u00e9 son Fils, afin que, partageant sa nouvelle nature, Il lui communiqu\u00e2t la sienne par son Incarnation. L&rsquo;on peut donc dire avec v\u00e9rit\u00e9 que pour Dieu le P\u00e8re, Marie fut un arbre ; pour le Fils une m\u00e8re ; et pour les hommes une source incorruptible et \u00e9ternelle de l&rsquo;Esprit saint. Les liens de cette greffe sacr\u00e9e sont les t\u00e9moignages des proph\u00e8tes ; et la division s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9tendue de la nature. Le jardinier a une faucille qui lui sert \u00e0 \u00e9laguer et \u00e0 redresser les branches, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 pr\u00e9parer et \u00e0 conserver la vertu du saint Esprit ; et l&rsquo;arbre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 ainsi dans son esp\u00e8ce n&rsquo;est autre que la sainte femme rest\u00e9e vierge.\u2028Crois donc fermement \u00e0 nos paroles, \u00f4 homme, car tout s&rsquo;explique par la foi. Et si tu crois pouvoir nous taxer de mensonge, jette les yeux sur les myst\u00e8res qui t&rsquo;entourent, et \u00e9tudie leur existence et leurs conditions. Supposons en effet que tu n&rsquo;aies pas en toi ce principe que nous appelons \u00e2me, ton oeil pourra-t-il voir, ton oreille entendre ? Ton palais distinguera-t-il les saveurs, tes mains pourront-elles agir ? C&rsquo;est donc l&rsquo;\u00e2me qui fait tout ; le corps coop\u00e8re seulement \u00e0 ses actes. Vois encore la puissance divine dans ses \u0153uvres admirables, o\u00f9 pr\u00e9side sans cesse je ne sais quelle sagesse secr\u00e8te et ineffable. Mais il y a plus, je puis te prouver l&rsquo;Incarnation du Fils de Dieu par des faits et des autorit\u00e9s purement terrestres ; et si j&#8217;emploie toutes ces comparaisons, ne crois pas que ce soit pour appuyer ma conviction sur un ou plusieurs points au hasard : c&rsquo;est bien plut\u00f4t pour te faire comprendre, par ces nombreux t\u00e9moignages de sagesse, la vari\u00e9t\u00e9 infinie des \u0153uvres de la divinit\u00e9 et les moyens appropri\u00e9s \u00e0 chaque circonstance, dont Il S&rsquo;est servi pour combattre le p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>Agissant toujours d&rsquo;une mani\u00e8re diff\u00e9rente, dans sa Nativit\u00e9 et apr\u00e8s sa naissance, dans sa jeunesse et dans sa virilit\u00e9, enfin dans sa propre nature, Il nous fait conna\u00eetre les motifs de sa conduite pour chaque \u00e9poque voulue. Et s&rsquo;il te restait quelque doute sur nos paroles, \u00e9coute le Sauveur Lui-m\u00eame : \u00ab\u00a0Je suis la vigne et vous les sarments, et le vigneron, c&rsquo;est mon P\u00e8re\u00a0\u00bb (Jn 15,1).\u2028Je puis encore apporter \u00e0 l&rsquo;appui de mes convictions les travaux des hommes. Nous les voyons tant\u00f4t greffer les amandiers sur les germes des arbres les plus rares, tant\u00f4t enter une feuille sur une branche, ce qu&rsquo;ils pratiquent surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des vignes ; pourquoi donc ne croirions-nous pas que Dieu a pu employer des moyens pareils dans des faits qui \u00e9chappent \u00e0 nos sens ; pour le Verbe, en greffant sur Lui la chair, pour la chair, en greffant sur elle la divinit\u00e9 ? Non, la Vierge sainte n&rsquo;a pas eu besoin d&rsquo;un germe \u00e9tranger \u00e0 son corps pour enfanter : libre de toute affection charnelle, Marie a donn\u00e9 sa propre substance, et la sagesse S&rsquo;est b\u00e2ti une maison avec des pierres que la hache ni la scie n&rsquo;avaient entam\u00e9es. Dans la construction, jamais le bruit du fer ne s&rsquo;est fait entendre : et aussi dans Marie l&rsquo;homme n&rsquo;a rien fait, la Vierge seule a op\u00e9r\u00e9. Les pierres du saint \u00e9difice \u00e9taient taill\u00e9es et polies par leur nature, l&rsquo;homme n&rsquo;y avait point touch\u00e9 ; pareillement l&rsquo;Incarnation dans la Vierge s&rsquo;est faite sans le secours de l&rsquo;homme ; mais elle a choisi notre nature dans ses entrailles immacul\u00e9es.<\/p>\n<p>Comme les pierres ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es de la terre ; de m\u00eame l&rsquo;Incarnation s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e dans la nature, et la divinit\u00e9 est rest\u00e9e pure et sans tache, parce que cette nature \u00e9tait exempte de p\u00e9ch\u00e9. Sans rien devoir au tranchant du fer, le temple de la sagesse s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 ; sans causer ni douleur ni souillure, le Christ a \u00e9t\u00e9 mis au monde. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la terre seule a tout fourni ; de l&rsquo;autre, la Vierge a con\u00e7u seule. La pierre n&rsquo;a point \u00e9t\u00e9 partag\u00e9e, la terre n&rsquo;en a point senti l&rsquo;extraction ; la Vierge non plus n&rsquo;a subi aucune alt\u00e9ration, et la passion n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pour rien dans sa chaste conception ; la terre n&rsquo;a point fourni des pierres venues d&rsquo;une autre source ; mais sans travail et par instinct, elle a donn\u00e9 ce qu&rsquo;elle avait.\u2028Pas la moindre cause externe n&rsquo;a concouru \u00e0 l&rsquo;Incarnation dans la Vierge ; le principe existait en elle, et sans cela ne serait-elle pas plut\u00f4t une simple nourrice qu&rsquo;une m\u00e8re, la d\u00e9positaire d&rsquo;un tr\u00e9sor et non la source d&rsquo;un prodige de la cr\u00e9ation ? L&rsquo;Evangile lui donne le titre de m\u00e8re, et non la simple appellation de nourrice ; il appelle aussi Joseph p\u00e8re, quoiqu&rsquo;il n&rsquo;ait eu aucune part \u00e0 cette conception ; aussi ce n&rsquo;est pas \u00e0 cause du Christ qu&rsquo;il re\u00e7oit ce nom, mais bien \u00e0 cause de Marie, afin de mettre cet enfantement \u00e0 l&rsquo;abri de tout soup\u00e7on injurieux, comme n&rsquo;a pas craint d&rsquo;en soulever l&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 des Juifs. Le nom, d&rsquo;ailleurs, fit-il jamais la chose ; et n&rsquo;appelons-nous pas bien souvent p\u00e8res, non pas ceux \u00e0 qui nous devons le jour, mais de v\u00e9n\u00e9rables vieillards ? Aussi bien, la position seule de Joseph lui donnait ce nom, et sur la terre il devait l&rsquo;avoir : le lien conjugal contract\u00e9 par Joseph et Marie les rendait v\u00e9ritablement \u00e9poux, et donnait au mari le titre de p\u00e8re. Et les palmiers m\u00e2les, n&rsquo;est-il pas reconnu qu&rsquo;\u00e9tendant l&rsquo;ombre de leurs rameaux sur les femelles, ils font fructifier ces derni\u00e8res sans les approcher nullement, sans leur rien c\u00e9der de leur substance ? Quelques figuiers aussi restent st\u00e9riles, s&rsquo;ils ne croissent pas en vue du m\u00e2le de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Ainsi, par la m\u00eame raison qu&rsquo;on appelle ces arbres p\u00e8res, quoiqu&rsquo;ils ne contribuent en rien \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration, ce nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 Joseph, quoiqu&rsquo;il n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un ami pour la Vierge. C&rsquo;est un grand myst\u00e8re sans doute, et voil\u00e0 pourquoi il faut appeler \u00e0 soi toute la cr\u00e9ation pour le sonder. Les secrets de la nature \u00e9chappent aux lumi\u00e8res les plus vives de l&rsquo;esprit et de la pens\u00e9e. Ce qui existe confond la science et l&rsquo;imagination la plus ardente. Comment se ferait-il alors que la nature enti\u00e8re ne p\u00fbt nous faire saisir ce raisonnement ? Dieu \u00e9tait ce qui \u00e9tait, et tout devait ob\u00e9ir \u00e0 sa Voix. Dieu S&rsquo;\u00e9tait fait homme, et toute cr\u00e9ature doit venir admirer son Cr\u00e9ateur et s&rsquo;incliner devant cette Puissance cr\u00e9atrice, et croire fermement que ce qui para\u00eet impossible dans l&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral de la nature Lui est possible \u00e0 Lui. Sachons bien tous que rien ne se fait que par sa Volont\u00e9, que la nature est son esclave. R\u00e9p\u00e9tons-le aux incr\u00e9dules : Dieu n&rsquo;a pas eu besoin d&rsquo;un principe mat\u00e9riel pour cr\u00e9er le monde ; il Lui a suffi de vouloir. Il faut qu&rsquo;ils en conviennent : l&rsquo;univers et tout ce qu&rsquo;il renferme n&rsquo;est pas le produit de la mati\u00e8re. Et par la m\u00eame raison, c&rsquo;est sans le concours des deux sexes qu&rsquo;Il a cr\u00fb l&rsquo;homme, qui contient en lui le si\u00e8cle visible et invisible.\u2028Mais je sens ma faiblesse pour parler d&rsquo;une chose si grande. Venez \u00e0 mon secours et pr\u00eatez-moi vos voix persuasives, lois de la nature, inventions des arts, conceptions de l&rsquo;esprit! Que le firmament m&rsquo;explique d&rsquo;o\u00f9 vient la clart\u00e9 de l&rsquo;\u00e9toile, elle qui n&rsquo;a pas re\u00e7u en partage la lumi\u00e8re, comme le soleil et la lune! Que l&rsquo;air sillonn\u00e9 par la foudre, dont l&rsquo;\u00e9clair tombe au sein de la coquille, fournisse une preuve de Celui qui devait na\u00eetre au sein d&rsquo;une Vierge.<\/p>\n<p>Que la terre nous dise le tr\u00e9sor cach\u00e9 dans ses entrailles ; la mer sa perle pr\u00e9cieuse et invisible. Venez \u00e0 mon aide, agriculture, ma\u00e7onnerie, marchands avides et actifs, p\u00eacheurs adroits, sagesse des monarques, combats des puissants, contradictions des hommes, d\u00e9couvertes des savants, science des astrologues, tyrans d\u00e9tr\u00f4n\u00e9s, folie des pr\u00eatres sacril\u00e8ges, enfants confesseurs, pasteurs proph\u00e8tes ; oh! venez tous proclamer avec moi la Naissance de Dieu, et peut-\u00eatre alors les h\u00e9r\u00e9tiques avoueront-ils que ce n&rsquo;est pas seulement en apparence que le Christ est venu parmi nous ; mais qu&rsquo;Il a r\u00e9ellement pris un corps et une \u00e2me et qu&rsquo;Il est n\u00e9 d&rsquo;une Vierge.\u2028Voici encore ce que disent les Juifs : ils ne croient pas que Dieu ait v\u00e9cu comme homme au milieu des hommes. Cependant ils croient bien qu&rsquo;Il a \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 dans l&rsquo;Arche. Et, je vous le demande, qu&rsquo;est-ce qui est plus grand, l&rsquo;arche ou l&rsquo;homme ? Si tu crois que Dieu \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 dans l&rsquo;arche, pourquoi ne veux-tu pas admettre qu&rsquo;Il a v\u00e9cu au milieu des hommes ? Nous ne pouvons pas croire, disent-ils, que s&rsquo;Il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 Dieu, Il Se f\u00fbt laisser crucifier. Mais pourquoi ne refuses-tu pas aussi de croire que l&rsquo;arche, qui renfermait Dieu, ait \u00e9t\u00e9 prise par les ennemis (1 R 4,11) ; car, de m\u00eame que cette arche recevait en apparence une injure ; de m\u00eame le Verbe Dieu, impassible de sa nature, a \u00e9t\u00e9 soumis par l&rsquo;incarnation aux souffrances et \u00e0 l&rsquo;ignominie, jusqu&rsquo;\u00e0 pouvoir \u00eatre crucifi\u00e9. Et de m\u00eame que sur la terre \u00e9trang\u00e8re, l&rsquo;arche renversa et d\u00e9truisit Dragon (1 R 5,3-4), de m\u00eame sur la croix le Christ triompha du d\u00e9mon, r\u00e9duisit au silence les blasph\u00e9mateurs, et fit conna\u00eetre sa divine Puissance \u00e0 tous les infid\u00e8les. Vous ne voulez pas croire que le Fils de Dieu est ressuscit\u00e9 trois jours apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p>Et pourquoi croyez-vous alors que Jonas, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 trois jours dans le ventre de la baleine, en est sorti sain et sauf (Jn 2) ? Vous ne voulez pas croire que la sainte Vierge a enfant\u00e9 Dieu fait homme : comment se fait-il donc que vous croyez \u00e0 la construction d&rsquo;un temple c\u00e9l\u00e8bre, pour lequel aucune pierre n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 taill\u00e9e, et qui n&rsquo;a n\u00e9cessit\u00e9 l&#8217;emploi d&rsquo;aucun instrument en fer (3 R 6,7) ? Et certes de tous les \u00e9difices et de tous les temples, celui-l\u00e0 fut sans contredit le plus beau.\u2028La folie et la d\u00e9mence des Juifs d\u00e9passe toute borne ; ils ont sous les yeux les preuves les plus patentes, et ils refusent de croire. L&rsquo;ineptie des h\u00e9r\u00e9tiques m&rsquo;indigne, ils ajoutent plut\u00f4t foi aux idol\u00e2tres et aux pa\u00efens qu&rsquo;aux divines Ecritures. S&rsquo;il n&rsquo;est pas vrai qu&rsquo;un \u00e9difice s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9 sans le secours du fer, \u00e9difice consacr\u00e9 au culte du Seigneur, j&rsquo;accorde que le Christ n&rsquo;est pas venu en personne sur la terre. Mais si les fondements de ce temple existent encore sous nos yeux, ne disputez plus et croyez. Pour moi, je scellerai cette profession de mon sang. Confondez-moi avec les infid\u00e8les, ce que je redoute le plus ici-bas, et comblez mes v\u0153ux en me faisant mourir pour le Christ. Pour ce qui est de mon corps, je tremble \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de la mort ; mais mon espoir et ma confiance sont en Dieu. Par ma nature, je chancelle ; par son secours, je m&rsquo;affermis. Tout est confusion en moi ; en Lui tout est esp\u00e9rance. Il est la perle, je suis la boue ; Il est le tr\u00e9sor, je suis la poussi\u00e8re ; Il est la vie, je suis la mort ; Il est la sagesse, je suis le p\u00e9ch\u00e9 ; Il est la v\u00e9rit\u00e9, je suis le mensonge ; car, pour satisfaire ma vanit\u00e9, j&rsquo;ai repouss\u00e9 de moi la v\u00e9rit\u00e9. Il m&rsquo;a donn\u00e9 une nature parfaite, et mes affections mauvaises l&rsquo;ont corrompue ; Il m&rsquo;a donn\u00e9 une volont\u00e9 libre et forte, et moi, je l&rsquo;ai tu\u00e9e en la souillant et en la ternissant par le p\u00e9ch\u00e9. C&rsquo;est Lui qui est descendu au fond des mers pour y chercher, \u00e0 travers des p\u00e9rils sans nombre, la perle pr\u00e9cieuse, et sa divinit\u00e9 L&rsquo;accompagnait dans toutes ses tribulations, et Il a emport\u00e9 avec Lui dans le ciel la nature humaine qu&rsquo;Il avait prise sur la terre. C&rsquo;est Lui qui, sans rel\u00e2che et toujours plus profond\u00e9ment, creusait le champ qu&rsquo;Il avait acquis, et souffrait sur la croix pour S&rsquo;approprier le tr\u00e9sor des saints qu&rsquo;Il faisait sortir du tombeau.<\/p>\n<p>Travaillons donc, nous aussi, et de tous nos efforts, pour participer un jour \u00e0 la transaction et \u00e0 la m\u00e9diation de notre Sauveur J\u00e9sus Christ ; car c&rsquo;est \u00e0 Lui que doit revenir toute gloire, tout honneur, toute adoration ; \u00e0 Lui et \u00e0 son P\u00e8re, qui ne S&rsquo;est pas soumis au m\u00eame sacrifice, aussi bien qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Esprit souverainement saint, bon et vivifiant, maintenant et \u00e0 tout jamais, jusqu&rsquo;\u00e0 la consommation des si\u00e8cles. Amen<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>St Ephrem le Syrien Discours contre les h\u00e9r\u00e9tiques ; par l&rsquo;exemple de la perle et par d&rsquo;autres preuves \u00e9videntes, il y est d\u00e9montr\u00e9 que nous devons croire que la sainte Enfantrice de Dieu, en dehors de toute loi de la nature, a con\u00e7u Dieu notre Seigneur et l&rsquo;a mis au monde pour le salut du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[116],"tags":[130,137,131,153,142,148,139],"class_list":["post-7743","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-peres-de-leglise","tag-eglise","tag-foi","tag-orthodoxie-2","tag-peres","tag-spiritualite-2","tag-theologie-2","tag-traditions-2"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Discours sur l&#039;enfantement de la Vierge &#8211; 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