{"id":7786,"date":"2015-01-23T11:55:30","date_gmt":"2015-01-23T09:55:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7786"},"modified":"2015-03-06T12:17:31","modified_gmt":"2015-03-06T10:17:31","slug":"de-l-alterite-et-de-la-communion-ecclesiales-conciliaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/histoire\/de-l-alterite-et-de-la-communion-ecclesiales-conciliaires\/","title":{"rendered":"De l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales conciliaires"},"content":{"rendered":"<p><b><i>De l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales conciliaires\u00a0<\/i><\/b><b><i>\u00e0 [deux d\u00e9viations sym\u00e9triques] :\u00a0<\/i><\/b><b><i>l\u2019Eglise nationale et l\u2019absorption eccl\u00e9siale<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><i>(Le cas de l\u2019absorption eccl\u00e9siale aux Pays Baltes,\u00a0<\/i><\/b><b><i>en Estonie et en Lettonie, au nom de l\u2019\u201cuniformit\u00e9\u201d de l\u2019Eglise nationale)<\/i><\/b><\/p>\n<p>Lorsque le IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine (451), pour faire obstacle \u00e0 l\u2019h\u00e9r\u00e9sie monophysite, formula sa c\u00e9l\u00e8bre \u00ab D\u00e9finition de la Foi \u00bb, connue dans l\u2019Histoire sous le nom de \u00ab D\u00e9finition de Chalc\u00e9doine \u00bb, il exprima en m\u00eame temps une r\u00e9alit\u00e9 antinomique qui concernait (et concernerait \u00e0 l\u2019avenir) aussi bien le \u00ab quod est \u00bb (le \u00ab mode d\u2019\u00eatre \u00bb, le \u00ab ce qui est [l\u2019hypostase] \u00bb) que l\u2019\u00ab \u00eatre \u201csans m\u00e9lange et sans division\u201d \u00bb des Eglises \u00e9tablies localement \u00e0 travers tout l\u2019univers. La r\u00e9alit\u00e9 antinomique du \u00ab quod est \u00bb de ces Eglises devait p\u00e9richor\u00e9tiquement passer par deux cat\u00e9gories et r\u00e9alit\u00e9s, th\u00e9ologiques eccl\u00e9siologiques et canoniques, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et la communion. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019existence des Eglises locales ou \u00e9tablies localement passe par l\u2019affirmation de leur alt\u00e9rit\u00e9 g\u00e9o-eccl\u00e9siastique et la pr\u00e9servation de l\u2019unit\u00e9 et de la communion de ces Eglises entre elles. En d\u2019autres termes, la demande et la vision du Concile de Chalc\u00e9doine \u00e9taient ax\u00e9es sur le fait que doivent simultan\u00e9ment exister alt\u00e9rit\u00e9 et communion eccl\u00e9siales en tant qu\u2019accomplissement clairement antinomique du mode d\u2019existence trinitaire des Eglises \u00e9tablies localement.<\/p>\n<p>\u00c0 travers les si\u00e8cles, cette vision chalc\u00e9donienne du \u00ab \u00eatre eccl\u00e9sialement en toute alt\u00e9rit\u00e9 et en totale communion \u00bb a subi une double ali\u00e9nation, si bien que, tout au long de l\u2019\u00e9poque moderne et jusqu\u2019\u00e0 nos jours, l\u2019Eglise orthodoxe n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre tent\u00e9e par une d\u00e9viation isoc\u00e8le et sym\u00e9trique : autonomisation de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 ayant pour cons\u00e9quence la minorisation de la communion et l\u2019isolationnisme eccl\u00e9sial, d\u2019une part, et ali\u00e9nation de la communion accompagn\u00e9e d\u2019une confusion ayant pour cons\u00e9quence l\u2019annihilation par absorption de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, d\u2019autre part. Pour parler plus analytiquement :\u2028\u2022 Cette d\u00e9viation r\u00e9side, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, dans l\u2019ancrage monistique d\u2019une Eglise \u00e9tablie localement sur le principe de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u2013 non pas g\u00e9o-eccl\u00e9siastique, mais \u2013 ethno-eccl\u00e9siastique du peuple qu\u2019elle repr\u00e9sente et qui a re\u00e7u l\u2019honneur de la Patriarchie-Autoc\u00e9phalie-Autonomie.<\/p>\n<p>En contrepartie, cette priorit\u00e9 avait pour cons\u00e9quence l\u2019indiff\u00e9rence r\u00e9elle \u2013 ou feinte au service de finalit\u00e9s nationales ou autres \u2013 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019unit\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales.\u2028\u2022 De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, cette d\u00e9viation consiste \u00e0 promouvoir intentionnellement et excessivement la communion eccl\u00e9siale dans un pays (\u00e0 majorit\u00e9 orthodoxe), et cela, au nom d\u2019une unit\u00e9 de forme ethno-phyl\u00e9tique \u00e0 laquelle l\u2019Eglise sert judicieusement de paravent. La cons\u00e9quence imm\u00e9diate en est l\u2019annihilation et l\u2019absorption de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale d\u2019un autre peuple voisin \u2013 pourtant garantie par une proc\u00e9dure eccl\u00e9siastique canonique \u2013 et, par suite, la provocation d\u2019une incorporation anti-canonique d\u2019une Eglise \u00e9tablie localement par une autre, et, par extension, l\u2019absorption institutionnelle d\u2019une Eglise par une autre et, ainsi, la confusion (cf. canon 2\/IIe) de deux Eglises \u00e9tablies localement.<\/p>\n<p>Si le premier cas de d\u00e9viation eccl\u00e9siologique par rapport \u00e0 la \u00ab d\u00e9finition de Chalc\u00e9doine \u00bb caract\u00e9rise l\u2019actuelle \u00ab Eglise nationale \u00bb tel qu\u2019aujourd\u2019hui, elle prosp\u00e8re au sein de l\u2019Eglise orthodoxe et en sape les fondements, le deuxi\u00e8me cas de d\u00e9viation eccl\u00e9siologique, \u00e0 savoir l\u2019absorption de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale au nom d\u2019une unit\u00e9 mono-ethno-eccl\u00e9siale plus \u00e9tendue, trouve sa pleine application, \u00e0 partir de 1945, en Estonie, dans les rapports entre l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie (1923-1945) et l\u2019Eglise autoc\u00e9phale patriarcale de Russie, ainsi qu\u2019en Lettonie, dans les rapports entre l\u2019Eglise autonome de Lettonie (1936-1945) et l\u2019Eglise de Russie.\u2028La premi\u00e8re d\u00e9viation, celle de l\u2019existence d\u2019une \u00ab Eglise nationale \u00bb, se manifeste aujourd\u2019hui de mani\u00e8re claire et nette par la revendication irrecevable et eccl\u00e9siologiquement anti-canonique d\u2019un corps eccl\u00e9sial \u00e0 tendance nationale dans les fronti\u00e8res de l\u2019Etat national et, en m\u00eame temps, hors de l\u2019Etat national, par l\u2019exercice d\u2019une juridiction ethno-eccl\u00e9siastique mondiale de la part de chaque Eglise nationale orthodoxe \u00e0 travers le monde. C\u2019est cette revendication qui a essentiellement motiv\u00e9 la r\u00e9cente contestation de l\u2019\u00e9pith\u00e8te qualificative \u00ab \u0153cum\u00e9nique \u00bb dans le titre historique et canonique du Patriarcat \u0153cum\u00e9nique de Constantinople.<\/p>\n<p>En effet, bien que d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement eccl\u00e9siologique et canonique, cette revendication aboutit au renversement de l\u2019ordre canonique dont nous avons h\u00e9rit\u00e9 (cf. Tradition canonique), afin d\u2019instaurer, dans le monde entier, un r\u00e9gime qui consacrerait l\u2019\u00e9galit\u00e9 juridictionnelle multiple de la part de certaines Eglises nationales orthodoxes, et cela, \u00e0 des fins national(ist)es. Nous en connaissons le r\u00e9sultat. Dans toute la \u00ab Diaspora \u00bb orthodoxe, est apparu aujourd\u2019hui le ph\u00e9nom\u00e8ne eccl\u00e9siologiquement grotesque de la coexistence de plusieurs \u2013 jusqu\u2019\u00e0 huit ! \u2013 juridictions ethno-eccl\u00e9siastiques orthodoxes dans le m\u00eame pays et dans la m\u00eame ville (cf. Paris, entre autres), lequel sape totalement l\u2019orthodoxie chalc\u00e9donienne de l\u2019unit\u00e9 (eccl\u00e9siale) de chaque corps eccl\u00e9sial \u00e9tabli localement.\u2028Quoique le probl\u00e8me soit ais\u00e9ment discernable et clairement admis par les Orthodoxes du monde entier, ceux-ci pr\u00e9sentent cependant une faiblesse commune : alors que tous s\u2019accordent sur l\u2019\u00ab irrecevabilit\u00e9 eccl\u00e9siologique et canonique \u00bb d\u2019une telle situation, ils n\u2019en restent pas moins accroch\u00e9s au \u00ab bien acquis \u00bb de leur juridiction ethno-eccl\u00e9siastique extra-frontali\u00e8re (hyperoria) ainsi qu\u2019\u00e0 son expansion, avec une totale indiff\u00e9rence quant \u00e0 l\u2019accomplissement (r\u00e9alisation) de l\u2019Eglise elle-m\u00eame sur un lieu donn\u00e9. Il suffit de lire attentivement les dispositions des Chartes statutaires des Eglises nationales orthodoxes (Voir notre article publi\u00e9 dans L\u2019Ann\u00e9e canonique, vol. 46 (2004), ch. III, p. 88 et ss., ainsi que dans la revue Synaxie, n\u00b0 90 (4-6\/2004), p. 37 et ss. (en grec)) pour constater que ce qui est consid\u00e9r\u00e9 ici comme eccl\u00e9siologiquement inadmissible aux yeux de tous, se pr\u00e9sente, l\u00e0-bas \u2013 dans le cas des pays baltes \u2013, comme une conviction de l\u2019Eglise de Russie ayant la force de l\u2019\u00e9vidence, d\u2019autant plus qu\u2019elle est ent\u00e9rin\u00e9e (nomo)statutairement.<\/p>\n<p>Ne citons qu\u2019un seul exemple statutaire : \u00ab La juridiction de l\u2019Eglise orthodoxe russe s\u2019\u00e9tend aux personnes de confession orthodoxe r\u00e9sidant sur le territoire canonique de l\u2019Eglise orthodoxe russe : en Russie, Ukraine, Bi\u00e9lorussie, Moldavie, Azerba\u00efdjan, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Lituanie, Tadjikistan, Turkm\u00e9nie, Ouzb\u00e9kistan et Estonie, de m\u00eame qu\u2019aux orthodoxes qui vivent dans d\u2019autres pays et qui d\u00e9sirent volontairement y en faire partie \u00bb (Article I, \u00a7 3, de la Charte statutaire de l\u2019Eglise orthodoxe de Russie de 2000 ; soulign\u00e9 par nous).\u2028Pour apporter un bref commentaire \u00e0 ce texte statutaire, d\u2019apr\u00e8s cette Charte statutaire de l\u2019Eglise de Russie, nous pourrions dire que l\u2019Estonie (et la Lettonie) n\u2019est pas un Etat ind\u00e9pendant, et par cons\u00e9quent eccl\u00e9sialement fait partie du \u201cterritoire canonique\u201d de l\u2019Eglise orthodoxe russe. Cela revient \u00e0 dire qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, nulle autre Eglise n\u2019existe ni n\u2019a plus le droit d\u2019exister. Cette affirmation nous donne toute la mesure du probl\u00e8me qui se pose dans les pays baltiques, du moment que l\u2019Eglise orthodoxe de Russie ne reconna\u00eet comme entit\u00e9 religieuse, dans cette r\u00e9gion, aucune autre Eglise orthodoxe et, par extension, aucune autre Eglise ni catholique ni protestante. Toutes ces Eglises existent bien, mais sur un \u201cterritoire canonique\u201d russe.<\/p>\n<p>Il semble aussi que cela pose un probl\u00e8me du point de vue du droit public international, du fait que ces textes statutaires russes ne reconnaissent ni l\u2019Estonie, ni la Lettonie ni la Lituanie comme Etats ind\u00e9pendants, parce qu\u2019ils font partie de \u00ab toutes les Russies \u00bb du domaine eccl\u00e9siastique. En d\u2019autres termes, contrairement \u00e0 l\u2019Etat russe, l\u2019Eglise orthodoxe russe ne reconna\u00eet pas l\u2019ind\u00e9pendance ni l\u2019autonomie de ces Etats. Et c\u2019est \u00e9crit dans sa Constitution. Pourtant, comment est-il possible qu\u2019une Eglise nationale et autoc\u00e9phale d\u00e9clare les territoires d\u2019autres Etats ind\u00e9pendants comme appartenant \u00e0 son \u201cterritoire canonique\u201d et se serve de lois constitutionnelles officielles pour, en m\u00eame temps, revendiquer ces territoires et refuser l\u2019existence d\u2019autres Eglises locales homodoxes ?\u2028La r\u00e9activation de l\u2019autonomie de l\u2019Eglise orthodoxe d\u2019Estonie en 1996 a caus\u00e9 une rupture de communion temporaire entre le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique et l\u2019Eglise orthodoxe de Russie. Elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue par l\u2019accord de Zurich du 22 avril 1996, par lequel l\u2019existence de l\u2019Eglise orthodoxe autonome d\u2019Estonie, de m\u00eame que le dioc\u00e8se de l\u2019Eglise orthodoxe de Russie en Estonie, ont \u00e9t\u00e9 reconnus. L\u2019Eglise orthodoxe de Russie, toutefois, n\u2019a jamais mis cet accord en application jusqu\u2019\u00e0 ce jour. C\u2019est pourquoi nous rappelons la fable des Grands et des Petits (voir infra) \u2013 les Grands ont le droit de m\u00e9conna\u00eetre tous les accords.<\/p>\n<p>Puisque l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie n\u2019existe pas pour l\u2019Eglise orthodoxe russe, l\u2019accord compte pour rien.\u2028L\u2019Eglise orthodoxe d\u2019Estonie est une Eglise autonome depuis 1923 et son Tomos d\u2019autonomie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9activ\u00e9 en f\u00e9vrier 1996 par le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique, apr\u00e8s la douloureuse parenth\u00e8se sovi\u00e9tique. Ainsi, maintenant, il y a dix ans que l\u2019Eglise orthodoxe de Russie ne reconna\u00eet pas cette Eglise autonome conform\u00e9ment \u00e0 ses Statuts et \u00e0 sa canonisprudence, parce que l\u2019Estonie est consid\u00e9r\u00e9e comme appartenant \u00e0 son \u201cterritoire canonique culturel\u201d (sic).\u2028D\u2019ailleurs, malgr\u00e9 ses d\u00e9clarations th\u00e9ologiques pr\u00e9-conciliaires, toujours conformes aux principes eccl\u00e9siologiques et canoniques, l\u2019Eglise nationale, aujourd\u2019hui, forme partout des dioc\u00e8ses sur le territoire canonique des autres Eglises \u00e9tablies localement, qu\u2019elle justifie, non pas par des arguments canoniques \u2013 qui, de toute fa\u00e7on, sont inexistants \u2013 mais par des arguments ethno-culturels et statutaires, de nature sentimentale, qu\u2019elle \u00e9taye sur la th\u00e9orie anti-eccl\u00e9siologique qu\u2019elle a \u00e9labor\u00e9e, celle du \u00ab territoire canonique culturel \u00bb (2000).<\/p>\n<p>En fin de compte, ce que la politique nationale n\u2019est plus en droit de faire en raison de contraintes politiques internationales, c\u2019est l\u2019Eglise nationale qui l\u2019assume sous le couvert de la religion, en menant une activit\u00e9 purement politique, bien qu\u2019elle ait toujours clairement d\u00e9fini les r\u00f4les bien distincts du politique et de l\u2019eccl\u00e9siastique. Un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent, enregistr\u00e9 par l\u2019actualit\u00e9 journalistique, parle de lui-m\u00eame : \u00ab Dans le cadre de la collaboration \u00e9troite entre l\u2019Eglise et \u201cles services de politique ext\u00e9rieure de la Russie\u201d, officiellement mise en place au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, comme l\u2019avait reconnu le primat de l\u2019Eglise orthodoxe russe, le patriarche de Moscou Alexis II avait d\u00e9clar\u00e9, lors d\u2019une r\u00e9ception, en mars 2003 [6 mars], au minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie : \u201cNous travaillons la main dans la main (SOP, n\u00b0 277 (4\/2003), p. 19 ; SOP, n\u00b0 314 (1\/2007), p. 17) \u201d. Ce qui a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 en f\u00e9vrier 2006 [15 f\u00e9vrier] par le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Serge Lavrov, lors d\u2019un voyage \u00e0 Vienne : \u201cAvec le Patriarcat de Moscou, nous menons une action commune en vue de faire avancer les int\u00e9r\u00eats de la Russie sur la sc\u00e8ne internationale (Cit\u00e9 par l\u2019agence d\u2019information Itar-Tass ; SOP, n\u00b0 306 (3\/2006), p. 9, et SOP, n\u00b0 314 (1\/2007), p. 17) \u201d \u00bb (SOP, n\u00b0 314 (1\/2007), p. 17). Et cela se produit au moment o\u00f9 nous, les Orthodoxes, nous accusons les \u00ab Eglises pr\u00e9-chalc\u00e9doniennes \u00bb de ne pas avoir accept\u00e9 la \u00ab d\u00e9finition de Chalc\u00e9doine \u00bb, alors que nous, fid\u00e8les aux traditions\u2026, nous \u2026 pr\u00e9tendons l\u2019accepter et l\u2019adopter \u00e0 part enti\u00e8re ! Nous ne nous rendons pas compte qu\u2019un tel comportement nous range, non seulement parmi les pr\u00e9-chalc\u00e9doniens, mais plus encore parmi les anti-chalc\u00e9doniens\u2026\u2028La seconde d\u00e9viation, celle de l\u2019assimilation-incorporation-fusion-absorption de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale d\u2019un peuple au nom d\u2019une unit\u00e9 eccl\u00e9siale \u201ccoh\u00e9rente\u201d, voire fictive, r\u00e9pondant \u00e0 des fins et \u00e0 des priorit\u00e9s purement ethnocentriques, reste jusqu\u2019\u00e0 ce jour difficilement perceptible, si bien qu\u2019on ne sait pas encore \u00e0 quoi s\u2019en tenir, comme pour v\u00e9rifier la sentence de nos anc\u00eatres qui, dans leur sagesse, affirmaient que \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 est difficilement saisissable \u00bb.<\/p>\n<p>Qui, aujourd\u2019hui, peut si facilement comprendre, et avec la clart\u00e9 de l\u2019\u00e9vidence, le drame qu\u2019a v\u00e9cu l\u2019Eglise orthodoxe en Estonie \u2013 comme d\u2019ailleurs en Lettonie \u2013 pendant les cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, lorsque, \u00e0 cause de l\u2019intervention des troupes staliniennes (1944), l\u2019autonomie de l\u2019Eglise d\u2019Estonie (1923-1945) \u2013 aussi bien que celle de l\u2019Eglise de Lettonie (1936-1945) \u2013 a \u00e9t\u00e9 anti-canoniquement et brutalement abolie par une incorporation et absorption forc\u00e9es, qui plus est avec la complicit\u00e9 (cf. Actes 7, 60) du Patriarcat de Moscou \u2013 sinon \u00e0 son instigation \u2013 qui, lui aussi, se r\u00e9clame de l\u2019orthodoxie chalc\u00e9donienne ? Une tentative purement politique d\u2019assimiler nationalement (russification) et de soumettre les Estoniens et les Lettons orthodoxes au Patriarcat russe, qui plus est, \u00e9tait une tentative men\u00e9e au nom de l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale que l\u2019Eglise multi-ethnique russe a \u00ab propos\u00e9e \u00bb despotiquement, est donc responsable de l\u2019abolition de l\u2019autonomie d\u2019une Eglise et de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale de petits peuples, au moment m\u00eame o\u00f9 ceux-ci obtenaient leur \u00e9mancipation g\u00e9o-\u00e9tatique (1920-1945).<\/p>\n<p>La masse d\u2019un grand peuple, mettant en marche un m\u00e9canisme strat\u00e9gique et id\u00e9ologique et usant de violence pour imposer sa domination, dicte les conditions de l\u2019ordre public et de la vie publique. Et ces petits peuples perdent l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre leurs pr\u00e9cieux droits, \u00e0 peine acquis (libert\u00e9, \u00e9mancipation civile et \u00e9tatique, alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale et autonomie). Dans les circonstances historiques dont nous parlons, c\u2019est le droit du plus fort qui a \u00e9crit l\u2019Histoire. Or maintenant, notre consentement permet que l\u2019histoire qui s\u2019est \u00e9crite alors nous enseigne aujourd\u2019hui le \u00ab bon droit \u00bb du puissant\u2026<\/p>\n<p>Ainsi, un petit peuple pers\u00e9cut\u00e9 se retrouve une fois de plus dans son tort et victime d\u2019une injustice\u2026 Cependant, ne sommes-nous pas de la sorte \u00ab complices du meurtre \u00bb (Actes 7, 60) d\u2019un petit peuple faible ?\u2028Dans les pays baltes, cette situation nous rappelle le mythe hell\u00e8ne \u00ab des grands et des petits \u00bb. Ce mythe trouve, politiquement parlant, un \u00e9cho \u00e9vident sur la sc\u00e8ne historique ; c\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u.\u2028(La Gr\u00e8ce s\u2019est elle aussi trouv\u00e9e justement dans une telle situation au cours de son existence si troubl\u00e9e, lorsqu\u2019une poign\u00e9e d\u2019Hell\u00e8nes se sont soulev\u00e9s contre les Ottomans pour conqu\u00e9rir la libert\u00e9, cette libert\u00e9 dont les pays baltes ont r\u00eav\u00e9 en vain durant cinquante ans de servitude sovi\u00e9tique\u2026 \u00c0 ce moment-l\u00e0 (19e si\u00e8cle), l\u2019autrichien Metternich et les trois grandes puissances (l\u2019Angleterre, la France et, pas du tout fortuitement, la Russie) usaient du m\u00eame argument : le grand, bien que \u00ab malade \u00bb, a le bon droit de son c\u00f4t\u00e9, puisqu\u2019il est grand et majoritaire. Le petit est le r\u00e9volutionnaire, celui qui bouscule le statu quo, celui qui a \u00e9ternellement tort\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en laissant faire, nous acceptons que seuls les grands aient le droit de vivre, alors que les petits n\u2019ont plus qu\u2019\u00e0 s\u2019incorporer, s\u2019assimiler et dispara\u00eetre !&#8230;).\u2028Malgr\u00e9 le fait que ce mythe tenace n\u2019est pas th\u00e9ologiquement en conformit\u00e9 avec la nature eschatologique de l\u2019Eglise, il s\u2019applique finalement aussi dans l\u2019espace de l\u2019Eglise. En effet, au niveau eccl\u00e9siastique et en conformit\u00e9 avec des arguments ethno-eccl\u00e9siastiques, l\u2019Autonomie de l\u2019Eglise d\u2019Estonie \u2013 et celle de l\u2019Eglise de Lettonie \u2013 n\u2019a jamais exist\u00e9, pour les m\u00eames raisons que \u00ab n\u2019ont jamais exist\u00e9 les Pays baltes \u00bb (sic) et que, par cons\u00e9quent, il n\u2019est pas possible de parler d\u2019abolition et d\u2019absorption de l\u2019autonomie, puisque, tout simplement, l\u2019Estonie p. ex. a toujours constitu\u00e9 un territoire canonique (sic) de l\u2019Eglise de Russie. \u00ab C\u2019est pourquoi tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti d\u2019orthodoxe estonien au cours des ann\u00e9es f\u00e9condes de son existence libre et de l\u2019Autonomie (1923-1940) devait \u00eatre russifi\u00e9 et rentrer dans \u2026l\u2019\u00ab Eglise M\u00e8re \u00bb (sic) qui proclamait sans circonlocutions : \u00ab Tout ce qui est estonien est luth\u00e9rien ; tout ce qui est russe est orthodoxe \u00bb\u2026<\/p>\n<p>Ce dogme de russification nie implicitement l\u2019existence du peuple estonien orthodoxe, mais implique aussi la trahison de l\u2019Orthodoxie chalc\u00e9donienne\u2026 Par cons\u00e9quent, conform\u00e9ment \u00e0 ce dogme, seuls les Russes sont (ou peuvent \u00eatre) orthodoxes en Estonie (Lire \u00e9galement \u201cdans les Pays baltes\u201d) ou, plus exactement, pour \u00eatre orthodoxe dans ce pays, il faut \u00eatre seulement russe. Les Estoniens (Lire \u00e9galement \u201cles fid\u00e8les orthodoxes r\u00e9sidant dans les Pays baltes\u201d) devaient donc \u00ab renoncer \u00e0 leur identit\u00e9 nationale et devenir russes, ne serait-ce qu\u2019en apparence \u00bb (Extrait de l\u2019article du M\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l\u2019Estonie STEPHANOS, \u00ab Notre relation avec le Patriarcat de Moscou \u00bb, in Journal hebdomadaire TO BHMA [Ath\u00e8nes], n\u00b0 de f. 14706 (5-3-2006), p. A44\/88 (en grec)) \u2026 C\u2019est ainsi que, durant une longue p\u00e9riode, principalement \u00e0 l\u2019instigation de personnalit\u00e9s de l\u2019Eglise, une lutte implacable a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e pour la russification de l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie et, plus loin, de l\u2019Eglise autonome de Lettonie ; et ces personnalit\u00e9s, non contentes d\u2019avoir \u00e9limin\u00e9, en m\u00eame temps que l\u2019autonomie, tout ce qu\u2019il y avait d\u2019orthodoxe estonien et letton, revendiquent encore aujourd\u2019hui d\u2019achever ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait, de s\u2019approprier ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris durant ces sombres ann\u00e9es de servitude id\u00e9ologique, d\u2019ali\u00e9nation et d\u2019absorption eccl\u00e9siales\u2026 De la sorte, l\u2019Eglise de Russie a liquid\u00e9 et absorb\u00e9, aboli et assimil\u00e9 les Eglises autonomes des Pays baltes, lesquelles appartenaient canoniquement au Patriarcat \u0153cum\u00e9nique de Constantinople qui leur avait octroy\u00e9 leur Autonomie eccl\u00e9siastique (20e si\u00e8cle).<\/p>\n<p>C\u2019est pour cette raison, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de raisons canoniques cit\u00e9es plus haut, que le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique a accueilli au sein de son ressort eccl\u00e9siastique \u2013 en r\u00e9activant le Tomos d\u2019Autonomie (1996) \u2013 les Orthodoxes estoniens qui, eux-m\u00eames, n\u2019acceptaient pas la continuation de la domination politique russe \u00e0 travers la soumission de leur Eglise \u00e0 l\u2019Eglise de Russie. Et cette Eglise [de Russie] s\u2019indigne aujourd\u2019hui explicitement de ce que le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique intervienne sur les territoires de la Baltique, lesquels, pourtant, ont \u00e9t\u00e9 rendus de plein droit aux Eglises autonomes [Estonie] auxquelles ils appartenaient avant l\u2019occupation militaire sovi\u00e9tique et sous la juridiction desquelles ils sont eccl\u00e9siastiquement plac\u00e9s.\u2028Chacun sait que la relation unissant la Russie aux Pays baltes existait d\u00e9j\u00e0 avant l\u2019\u00e9poque et l\u2019Union sovi\u00e9tiques. M\u00eame les Sovi\u00e9tiques du 20e si\u00e8cle n\u2019avaient certainement jamais oubli\u00e9 que le tsar avait \u00e9tendu sa domination sur ces pays pendant deux si\u00e8cles et ont d\u2019ailleurs eux aussi toujours tent\u00e9 d\u2019\u00e9tendre leur zone d\u2019influence vers l\u2019ouest. Malgr\u00e9 les contradictions id\u00e9ologiques (internes) entre ces deux tendances politiques (russe et sovi\u00e9tique), le d\u00e9sir de s\u2019\u00e9tendre territorialement et d\u2019\u00e9largir leur aire d\u2019influence vers l\u2019ouest demeure un d\u00e9nominateur commun et une commune ambition.<\/p>\n<p>Cependant, a surgi r\u00e9cemment (notamment depuis 2000, comme l\u2019on a montr\u00e9 plus haut) un nouvel \u00e9l\u00e9ment, qui bouleverse les donn\u00e9es et fait vraiment la diff\u00e9rence. Depuis 1991, aucune des pr\u00e9tentions politico-institutionelles russes n\u2019est justifiable dans les Pays baltes, du fait qu\u2019ils constituent d\u00e9finitivement des Etats ind\u00e9pendants, reconnus officiellement par la communaut\u00e9 internationale et les Etats europ\u00e9ens. C\u2019est la raison pour laquelle il ne reste qu\u2019un seul et unique moyen d\u2019\u00e9tendre la zone d\u2019influence vers l\u2019ouest : l\u2019Eglise orthodoxe russe !\u2026, conform\u00e9ment au mod\u00e8le actuel, qui a un retentissement particulier dans le monde orthodoxe de l\u2019\u00e9poque post-sovi\u00e9tique, celui de l\u2019Eglise nationale avec toutes les cons\u00e9quences que cela implique.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi il lui est n\u00e9cessaire d\u2019adopter la nouvelle th\u00e9orie eccl\u00e9siastique du \u00ab territoire canonique culturel \u00bb. Parce que, en raison des conjonctures politiques, ce que l\u2019Etat ne peut d\u00e9sormais plus faire en d\u00e9ployant son m\u00e9canisme id\u00e9ologique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, c\u2019est l\u2019Eglise nationale homonyme qui l\u2019a pris en charge\u2026\u2028Ici encore, pour en revenir \u00e0 notre mythe des grands et des petits, s\u2019il est vrai qu\u2019il a des r\u00e9sonances politiques, quel \u00e9cho peut-il avoir pour l\u2019Eglise et son eccl\u00e9siologie ? Quel rapport ce mythe politique peut-il bien avoir avec l\u2019orthodoxie chalc\u00e9donienne ? Et pourtant, il en a un, quand on voit quelle importance certains eccl\u00e9siastiques du monde orthodoxe semblent attribuer au crit\u00e8re politique de majorit\u00e9 \u2013 qui constitue d\u2019ailleurs une caract\u00e9ristique fondatrice de la th\u00e9orie de la Troisi\u00e8me Rome (Voir infra ).<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, pour ce qui est de la d\u00e9finition de Chalc\u00e9doine, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 est une cat\u00e9gorie ontologique, alors que la majorit\u00e9 est de toute \u00e9vidence une cat\u00e9gorie politique, conjoncturelle et \u00e9onistique, enferm\u00e9e dans le cr\u00e9\u00e9 et son \u00e9ph\u00e9m\u00e9rit\u00e9. C\u2019est pourquoi la priorit\u00e9 essentielle de Chalc\u00e9doine pour constituer une Eglise est l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, et non la majorit\u00e9, tandis que, pour le Patriarcat de Russie, il est maintenant bien clair que c\u2019est la majorit\u00e9 (de la puissance politique ou eccl\u00e9siastique) qui d\u00e9cide du destin d\u2019une Eglise, et non l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 synodale. La preuve de la priorit\u00e9 absolue de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 comme condition pr\u00e9alable de la communion, est qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 institutionnalis\u00e9e par le Concile suivant, le Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique in Trullo (691, canon 39).<\/p>\n<p>Et pourtant, aujourd\u2019hui, on n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 abolir, volentes nolentes, consciemment ou inconsciemment, la v\u00e9rit\u00e9 chalc\u00e9donienne et l\u2019eccl\u00e9sialit\u00e9 quinisextienne.\u2028Rappelons ici un d\u00e9tail historique \u00e9loquent en lui-m\u00eame. En 1978, l\u2019actuel patriarche Alexis II (qui a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 dans cette Eglise autonome d\u2019Estonie), alors M\u00e9tropolite de Tallinn du Patriarcat de Russie \u2013 et non du Patriarcat de Moscou qui pr\u00f4ne la th\u00e9orie opportuniste et anti-canonique de \u00ab Troisi\u00e8me Ville-Rome \u00bb (La taxis canonique de l\u2019Eglise ne num\u00e9rote pas les Eglises \u00e9tablies localement dans ses Diptyques et place l\u2019Eglise \u00e9tablie localement d\u2019Alexandrie apr\u00e8s la Nouvelle (et nullement, ainsi qu\u2019on le r\u00e9p\u00e8te erron\u00e9ment, Deuxi\u00e8me) Rome-Constantinople ; il n\u2019y a donc pas de \u00ab Troisi\u00e8me Rome-ville \u00bb (sic) d\u2019un nouvel av\u00e8nement possible comme une soi-disant \u00ab th\u00e9rapie historique \u00bb des deux pr\u00e9c\u00e9dentes \u2013 qui dans cette logique pourrait \u00eatre relay\u00e9e par une Quatri\u00e8me ou une Cinqui\u00e8me Rome\u2026 Finalement, une question se pose ici : pourquoi donc cette insistance \u2013 et c\u2019est un cas unique \u2013 pour introduire un nom de ville dans le titre du Patriarcat de Russie, et non pas le nom du pays o\u00f9 se trouve cette Eglise \u00e9tablie localement, ainsi qu\u2019il en va de tous les autres Patriarcats plus r\u00e9cents (p. ex. Patriarcat de Roumanie, non pas de Bucarest, Patriarcat de G\u00e9orgie, non pas de Tbilissi, etc.). Le Patriarcat de Russie est le seul \u00e0 avoir adopt\u00e9, \u00e0 un moment donn\u00e9, ce type de titre \u2013 pour des raisons qui nous sont d\u00e9sormais connues \u2013 et qui persiste opini\u00e2trement \u00e0 en user) \u2013 s\u2019est adress\u00e9 au Patriarcat \u0153cum\u00e9nique pour lui demander de supprimer le Tomos de l\u2019Autonomie de 1923 de l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie en vue de pr\u00e9server\u2026 l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale (sic).<\/p>\n<p>Le Patriarcat, en raison de la conjoncture politique de l\u2019\u00e9poque, a tout simplement d\u00e9sactiv\u00e9 (Voir l\u2019Acte patriarcal et synodal du 13 avril 1978 d\u00e9cidant la suspension momentan\u00e9e du Tomos de 1923, dans Istina, t. 49, n\u00b0 1 (2004), p. 95) \u2013 et non supprim\u00e9 \u2013 le Tomos qu\u2019il a remis en vigueur quelques ann\u00e9es plus tard, en 1996, une fois l\u2019ordre public civil compl\u00e8tement r\u00e9tabli en Estonie (depuis 1991). Cependant, le fait que le M\u00e9tropolite russe de Tallinn ait recouru au Patriarcat de Constantinople signifiait qu\u2019il reconnaissait que, pour ce qui est de l\u2019Eglise d\u2019Estonie, la comp\u00e9tence juridictionnelle appartenait au Patriarcat \u0153cum\u00e9nique. Deuxi\u00e8mement, cette d\u00e9marche vient en confirmation de la grossi\u00e8re tentative d\u2019incorporer, soumettre, assimiler et absorber eccl\u00e9siastiquement l\u2019Estonie et, par extension, les Pays baltes. Et troisi\u00e8mement, si le M\u00e9tropolite Alexis de Tallinn avait obtenu la \u201cb\u00e9n\u00e9diction\u201d de l\u2019entit\u00e9 eccl\u00e9siastique comp\u00e9tente \u2013 car il est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 recourir \u00e0 ce moyen \u2013 cette b\u00e9n\u00e9diction aurait \u00ab facilit\u00e9 \u00bb, aux yeux des Estoniens, le processus de russification qui, entam\u00e9 en 1945, se poursuivait depuis\u2026<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 ces \u00e9l\u00e9ments factuels, comment peut-on en arriver \u00e0 dire que l\u2019Estonie et les Pays baltes ne sont pas du ressort eccl\u00e9siastique du Patriarcat \u0153cum\u00e9nique ? Pourtant, le primat de l\u2019Eglise de Russie lui-m\u00eame, la m\u00eame personne alors et maintenant, semble surpris et \u00e9tonn\u00e9, vingt ans apr\u00e8s 1978, de voir qu\u2019il est possible que le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique proc\u00e8de \u00e0 la remise en vigueur de l\u2019Autonomie (1996) de l\u2019Eglise orthodoxe d\u2019Estonie (Cf. supra, m\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l\u2019Estonie, STEPHANOS, \u00ab Notre relation avec le Patriarcat de Moscou\u2026 \u00bb, op. cit ) et \u00ab envahisse le territoire canonique \u00bb (sic) de l\u2019Eglise de Russie\u2026\u2028Pour ne pas nous \u00e9tendre d\u00e9mesur\u00e9ment, nous allons faire une comparaison significative. Malgr\u00e9 la dissolution brutale anti-canonique et l\u2019absorption eccl\u00e9siastique de l\u2019Eglise d\u2019Estonie en 1945, elle n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019exister historiquement et canoniquement pour la m\u00eame raison que l\u2019Eglise d\u2019Albanie n\u2019a jamais non plus cess\u00e9 d\u2019exister. La violence et l\u2019anti-canonicit\u00e9 n\u2019annihilent jamais une Eglise \u00e9tablie localement, d\u2019autant moins son alt\u00e9rit\u00e9. Tous se r\u00e9jouissent de la renaissance de l\u2019Eglise autoc\u00e9phale d\u2019Albanie. Or, dans le cas de l\u2019Estonie, certains formulent des r\u00e9serves pour les raisons susmentionn\u00e9es, bien que les deux cas soient identiques, \u00e0 une petite diff\u00e9rence pr\u00e8s, toutefois.<\/p>\n<p>En Albanie, les d\u00e9molisseurs de l\u2019Eglise \u00e9taient ath\u00e9es ; il est donc facile de leur donner tort. En Estonie, les d\u00e9molisseurs de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siale \u00e9taient nos fr\u00e8res orthodoxes russes ; ils ont donc, par d\u00e9finition\u2026 le droit de leur c\u00f4t\u00e9 et nous devons nous abstenir de les bl\u00e2mer. Et, sur ce point, les peuples de l\u2019Europe sont bien plac\u00e9s pour comprendre mieux le probl\u00e8me\u2026\u2028Enfin, pour montrer \u00e0 quel point la v\u00e9rit\u00e9 peut \u00eatre d\u00e9form\u00e9e, il est n\u00e9cessaire de faire ici une remarque historique. L\u2019ann\u00e9e 1923 est l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le processus de la reconnaissance de l\u2019Estonie par la Communaut\u00e9 internationale en tant qu\u2019Etat ind\u00e9pendant a \u00e9t\u00e9 accompli. Ce processus pratiquement couvre trois ans (1920-1923) : de la ratification du trait\u00e9 de Tartu (2 f\u00e9vrier 1920) que la Russie a sign\u00e9 aussi, jusqu\u2019en 1923, o\u00f9 les Etats-Unis demeurent le dernier Etat signataire de sa reconnaissance \u00e9tatique.<\/p>\n<p>Le Patriarcat \u0153cum\u00e9nique, durant la m\u00eame ann\u00e9e 1923, a accord\u00e9 l\u2019autonomie \u2013 pour ce qui est de l\u2019Estonie, juste apr\u00e8s sa reconnaissance par les Etats-Unis \u2013 \u00e0 deux Eglises \u00e9tablies localement pr\u00e9sentant exactement le m\u00eame parcours historique par rapport \u00e0 leur pays voisin, la Russie : \u00e0 l\u2019Eglise de Finlande et \u00e0 l\u2019Eglise d\u2019Estonie \u2013 et un peu plus tard \u00e0 l\u2019Eglise de Lettonie (1936). D\u2019ailleurs, \u00e0 une \u00e9poque recul\u00e9e, consid\u00e9rant d\u2019un point de vue g\u00e9ographique les territoires de l\u2019Europe du Nord, les Byzantins (Les Byzantins sont les parrains du nom g\u00e9ographique de la r\u00e9gion du Nord (R\u00e9gion baltique, Mer baltique), en la qualifiant ainsi par sa situation g\u00e9omorphologique : en grec, \u201cterre baltique\u201d signifie la terre qui a beaucoup de \u201cbaltos\u201d (= marais), en raison de tous ces petits lacs non-profonds existant sur un territoire plat.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d\u2019information, l\u2019Estonie est le troisi\u00e8me pays dans le monde entier (apr\u00e8s la Su\u00e8de et la Finlande), qui a effectivement beaucoup de \u201cbaltos\u201d, d\u2019o\u00f9 la d\u00e9nomination grecque (byzantine) de cette R\u00e9gion comme baltique, balte. Cette information historique fournie veut bien dire pertinemment ce que cela veut dire. Et si nous \u00ab nous taisons, ce sont les marais qui crieront \u00bb (cf. Lc 19, 40). D\u2019ailleurs, en conformit\u00e9 avec les Archives historiques nationales estoniennes, une activit\u00e9 missionnaire byzantine est d\u00e9j\u00e0 attest\u00e9e en 1030 (juste 40 ans apr\u00e8s le bapt\u00eame des Russes) aux Pays baltes et notamment en Estonie) appelaient les Pays baltes \u201cle Nord qui se trouve en \u00ab dehors de la Russie \u00bb\u201d, fait qui d\u00e9termine aussi juridictionnellement (canoniquement) la Lituanie, la Lettonie, l\u2019Estonie et la Finlande. Par cons\u00e9quent, ces Pays, hormis la p\u00e9riode de l\u2019occupation forc\u00e9e et militaire par les Russes, n\u2019avaient jamais fait historiquement partie du territoire de la Russie et, \u00e0 plus forte raison, de la juridiction eccl\u00e9siastique du Patriarcat de Russie.\u2028Une question se pose alors ici. Pourquoi donc ne pas soulever la question de la pr\u00e9sence juridictionnelle du Patriarcat \u0153cum\u00e9nique pour la Finlande qui est situ\u00e9e bien plus loin, au-del\u00e0 de la mer Baltique et du golfe de Bothnie, et ne le faire que pour l\u2019Estonie et les Pays baltes ? Un d\u00e9tail devient une cl\u00e9 herm\u00e9neutique et permet ici d\u2019expliquer cette diff\u00e9rence de traitement. La Finlande n\u2019a pas subi d\u2019invasion sovi\u00e9tique malgr\u00e9 plusieurs tentatives, et le stalinisme ne s\u2019y est pas impos\u00e9 pour cr\u00e9er un nouvel ordre des choses et \u00e9tendre la russification\u2026<\/p>\n<p>De m\u00eame, l\u2019Archev\u00eaque de Finlande n\u2019est pas devenu\u2026 Patriarche de Moscou pour en appeler \u00e0 l\u2019annexion de la Finlande par l\u2019Eglise de Russie avec toutes ces effusions sentimentales et grandiloquentes qui ont suivi la remise en vigueur de l\u2019Autonomie de l\u2019Eglise d\u2019Estonie (1996). Et enfin, pourquoi l\u2019Eglise de Finlande a-t-elle le droit canonique d\u2019exister en autonomie, alors que l\u2019Eglise d\u2019Estonie ne l\u2019a pas ? Pourquoi la question de la d\u00e9pendance par rapport au Patriarcat \u0153cum\u00e9nique ne se pose-t-elle pas \u00e9galement pour l\u2019Eglise de Finlande comme elle se pose pour l\u2019Eglise d\u2019Estonie ?<\/p>\n<p>Pourquoi de nos jours l\u2019Eglise de Russie reconna\u00eet-elle l\u2019Eglise autonome de Finlande mais ne reconna\u00eet-elle pas l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie ? Voil\u00e0 pourquoi tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit plus haut trouve ici son application, \u00e0 savoir qu\u2019aujourd\u2019hui, nous lisons l\u2019Histoire de l\u2019Estonie, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par le pass\u00e9, telle qu\u2019elle a fait valoir le \u201cdroit\u201d du plus fort et celui du conqu\u00e9rant\u2026 \u2013 qui, aujourd\u2019hui, r\u00e9cidive. Toute cette question a engendr\u00e9 une pratique, d\u00e9termin\u00e9e par des r\u00e9flexes historiques d\u2019ordre affectif et par la nostalgie latente d\u2019une domination consid\u00e9r\u00e9e comme acquise, plut\u00f4t que par la conjoncture g\u00e9o-eccl\u00e9siastique actuelle.<\/p>\n<p>Il est temps que le Patriarcat de Russie cesse d\u2019opposer \u00e0 l\u2019Eglise autonome orthodoxe d\u2019Estonie \u2013 apr\u00e8s son \u00e9chec finalement d\u2019absorption eccl\u00e9siastique sur le terrain \u2013 une attitude agressive, injuste et injustifi\u00e9e, de type colonialiste et de perspective anti-canonique, qui n\u2019a absolument rien \u00e0 voir avec l\u2019Eccl\u00e9siologie et la Tradition canonique de l\u2019Eglise. Or, vu cette absorption eccl\u00e9siale op\u00e9r\u00e9e par le Patriarcat de Moscou vis-\u00e0-vis de l\u2019Eglise d\u2019Estonie pendant 50 ans (1945 (Ann\u00e9e de la dissolution violente, arbitraire et anti-canonique de la structure de l\u2019Eglise autonome (9-3-1945).) \u20131995 (Ann\u00e9e du dernier recours des Estoniens orthodoxes au Patriarche de Russie Alexis II pour r\u00e9acqu\u00e9rir leur autonomie eccl\u00e9siastique absorb\u00e9e, avant de s\u2019adresser finalement au Patriarche \u0153cum\u00e9nique Bartholom\u00e9e Ier qui a r\u00e9activ\u00e9 le Tomos patriarcal et synodal de 1923), celui-ci doit l\u2019expliquer \u00e0 la conscience eccl\u00e9siale pan-orthodoxe d\u2019abord et puis pan-chr\u00e9tienne, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 pour cet acte anti-conciliaire, anti-chalc\u00e9donienne et anti-canonique.<\/p>\n<p>Sur toutes les questions abord\u00e9es bri\u00e8vement ici, mais aussi sur beaucoup d\u2019autres points importants qui permettent de reconstituer le puzzle du probl\u00e8me eccl\u00e9siastique en Estonie et dans les pays baltes, nous aimerions \u2013 qu\u2019il nous soit permis de \u2013 renvoyer ceux qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 cette question, \u00e0 une petite bibliographie :\u2028\u2022 Un ouvrage en grec, le premier dans son genre, de Nikolaos I. DOVAS, La question eccl\u00e9siastique estonienne en tant que question inter-orthodoxe, Thessalonique, \u00e9d. Fr\u00e8res Kyriakidis, 2000, 106 p., o\u00f9 l\u2019on voit pour la premi\u00e8re fois la publication des documents officiels concernant ce probl\u00e8me fonci\u00e8rement th\u00e9ologique chez les pays Baltes.\u2028\u2022 Un ouvrage bilingue (anglais-fran\u00e7ais) publi\u00e9 en Gr\u00e8ce il y a quatre ans, sous le titre de : Archim. Grigorios D. PAPATHOMAS &#8211; R.-P. Matthias H. PALLI (sous la direction de), The Autonomous Orthodox Church of Estonia\/L\u2019Eglise autonome orthodoxe d\u2019Estonie (Approche historique et nomocanonique), Thessalonique-Kat\u00e9rini, \u00e9d. Epektasis (coll. Biblioth\u00e8que Nomocanonique, n\u00b0 11), 2002, 460 p. Cet ouvrage, couvrant la p\u00e9riode de 80 ans (1923-2002), contient trente-cinq (35) documents et textes d\u00e9voilant les v\u00e9rit\u00e9s expos\u00e9es ci-dessus, ainsi que sept travaux scientifiques ind\u00e9pendants (deux \u00e9crits par des professeurs estoniens, deux par des Finlandais et trois par des Hell\u00e8nes), concernant plus particuli\u00e8rement la question eccl\u00e9siastique estonienne.\u2028\u2022 Une analyse pertinente et une synth\u00e8se pr\u00e9cieuse dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial r\u00e9cent de la revue th\u00e9ologique fran\u00e7aise Istina, consacr\u00e9 exclusivement \u00e0 cette question \u00e9pineuse et intitul\u00e9 : \u00ab Le plaidoyer de l\u2019Eglise orthodoxe d\u2019Estonie pour la d\u00e9fense de son autonomie face au Patriarcat de Moscou \u00bb, in Istina, t. 49, n\u00b0 1 (2004), p. 3-105.\u2028Ces trois \u00e9tudes sp\u00e9cialis\u00e9es et ad hoc n\u2019ont jamais, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, \u00e9t\u00e9 contest\u00e9es par la partie russe directement impliqu\u00e9e, ni dans ses approches historiques et canoniques, ni dans ses aspects plus particuliers.\u2028* * * * *\u2028(N.B. Juste avant de diffuser via Internet le pr\u00e9sent texte, on a eu une d\u00e9claration publique officielle de la part de l\u2019Eglise de Russie sur l\u2019Eglise autonome d\u2019Estonie, au moment de la r\u00e9union de la \u201cCommission mixte internationale pour le Dialogue th\u00e9ologique entre l\u2019Eglise catholique romaine et l\u2019Eglise orthodoxe\u201d le 9 octobre \u00e0 Ravenne, par son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Mgr Hilarion (Alfeyev) avant de quitter la salle de la r\u00e9union. Cette d\u00e9claration a \u00e9t\u00e9 reprise par la suite avec les m\u00eames paroles dans une interview internetis\u00e9e le 18 octobre (Voir www.orthodoxie.com, du 18-10-2007).<\/p>\n<p>L\u2019auteur de la pr\u00e9sente \u00e9tude \u00e9tait t\u00e9moin oculaire (et non pas le Primat de l\u2019Eglise, le M\u00e9tropolite St\u00e9phane de Tallinn et de toute l\u2019Estonie, comme cela \u00e9tait inexactement diffus\u00e9 par la presse) de cette d\u00e9claration, portant deux \u00e9l\u00e9ments cruciaux et diffus\u00e9 par la suite en premier sur l\u2019Agence de presse \u00e9tatique russe InterFax le 10 octobre : \u00ab [\u2026] [1\u00b0] L\u2019Eglise soi-disant (so-called) autonome d\u2019Estonie n\u2019existe que depuis 1996 et [2\u00b0] cette Eglise a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par le Patriarcat de Constantinople sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou \u00bb (Ibid) . En conformit\u00e9 avec ce qui vient d\u2019\u00eatre dit ici, comme chacun peut d\u00e9sormais le constater, cette d\u00e9claration n\u2019a pas de fondement historique et principalement canonique, et met en doute la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la position de l\u2019Eglise de Russie vis-\u00e0-vis de l\u2019Eglise d\u2019Estonie et ses d\u00e9clarations non officielles, diffus\u00e9es ici ou l\u00e0, jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Il est \u00e9vident que le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019Eglise de Russie confond deux r\u00e9alit\u00e9s canoniques chronologiquement et canoniquement bien distinctes : le \u201cTomos\u201d (1923) et la \u201cR\u00e9activation de Tomos\u201d (1996).<\/p>\n<p>Le Tomos de proclamation de l\u2019Eglise d\u2019Estonie date en effet de 1923, alors que la r\u00e9activation de ce Tomos, suspendu en 1978, date de 1996. Il est clair que la r\u00e9activation d\u2019un Tomos ne donne canoniquement pas naissance \u00e0 une Eglise \u00e9tablie localement. C\u2019est le Tomos qui accorde un tel statut d\u2019autonomie. Et le Tomos date historiquement et canoniquement de 1923, comme cela \u00e9tait aussi le cas de l\u2019Eglise autonome de Finlande. D\u2019ailleurs, ce n\u2019est pas l\u2019arm\u00e9e qui fait un territoire canonique\u2026\u2028Le fameux th\u00e9ologien russe G. Florovsky disait pertinemment que \u201ccelui qui ne conna\u00eet pas l\u2019Histoire, ne sait pas faire de la Th\u00e9ologie\u201d. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de la Th\u00e9ologie, j\u2019ajouterais personnellement aussi la Tradition canonique. D\u2019ailleurs, on pourrait s\u2019interroger sur l\u2019importance dans la compr\u00e9hension de la Tradition canonique de la praxis eccl\u00e9siale ininterrompue ; l\u2019Eglise de Russie, christianis\u00e9e fin du 1er mill\u00e9naire (\u00e0 partir de 988), a h\u00e9rit\u00e9 de cette Tradition, mais s\u2019est mise relativement tard \u00e0 l\u2019\u00e9cole de celle-ci. De nombreux \u00e9v\u00e9nements de l\u2019histoire de l\u2019Eglise de Russie montrent que l\u2019assimilation de cette Grande Tradition n\u2019est pas pleinement accomplie (Il faut s\u2019en souvenir la fa\u00e7on brutale dont l\u2019Eglise de Russie a marchand\u00e9 le titre patriarcal de son Primat, ou comment elle a \u00e9tendu sa juridiction sur toute l\u2019Ukraine, aux 17-18e si\u00e8cles, d\u00e8s l\u2019annexion de tout le territoire ukrainien par la Russie tsariste (cette question pouvait faire l\u2019objet d\u2019une \u00e9tude eccl\u00e9siologique et canonique appropri\u00e9e), avant d\u2019arriver \u00e0 la dissolution et l\u2019absorption anti-chalc\u00e9donienne des Eglises orthodoxes baltes, etc).<\/p>\n<p>Ce fait explique aussi l\u2019implication politique flagrante de l\u2019Eglise de Russie et la confusion anti-chalc\u00e9donienne de la politique \u00e9tatique avec le domaine eccl\u00e9siastique. Cette remarque trouve \u00e9galement son explication \u00e0 la d\u00e9claration de Mgr Hilarion qui pr\u00e9tend que la rencontre de Ravenne (8-14 octobre 2007) est un \u00e9chec, parce que l\u2019Eglise de Russie, qui est \u201cmajoritairement la plus grande\u201d (sic), n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sente \u00e0 Ravenne. Et cela, malgr\u00e9 les conclusions positives des travaux de la Commission mixte signal\u00e9es d\u00e9j\u00e0 dans le communiqu\u00e9 final \u00e9mis en commun par les deux d\u00e9l\u00e9gations catholique et orthodoxe (14 octobre). Si on se souvient de certaines d\u00e9clarations \u00e9mises par certaines autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques russes au sujet de la caducit\u00e9 des canons eccl\u00e9siaux, lesquels ne correspondent plus, para\u00eet-il, \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne, on constate que le manque de l\u2019exp\u00e9rience de la praxis eccl\u00e9siastique et canonique du 1er mill\u00e9naire de la part de l\u2019Eglise de Russie risque de d\u00e9former l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 et la coh\u00e9rence de la pr\u00e9sence orthodoxe une et unique, en introduisant peu \u00e0 peu l\u2019id\u00e9e que l\u2019Orthodoxie serait une sorte de Conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019Eglises ethniques et non plus un seul corps eccl\u00e9sial. Une telle vision f\u00e9d\u00e9rative de l\u2019Eglise am\u00e8nera fatalement un jour chaque Eglise nationale orthodoxe \u00e0 d\u00e9velopper sa propre th\u00e9ologie avec le risque de briser d\u00e9finitivement tout l\u2019h\u00e9ritage-un th\u00e9ologique et patristique bimill\u00e9naire de l\u2019Eglise orthodoxe. Devant ce risque qui devient de plus en plus \u00e9vident, les Orthodoxes pr\u00e9sents \u00e0 Ravenne, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, ne se sont pas laiss\u00e9 influencer par l\u2019attitude de l\u2019Eglise de Russie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Eglise autonome orthodoxe d\u2019Estonie.<\/p>\n<p>Et pour cette raison, le dialogue bilat\u00e9ral s\u2019est vraiment d\u00e9roul\u00e9 dans des conditions normales et positives, malgr\u00e9 le d\u00e9part de la d\u00e9l\u00e9gation russe et l\u2019absence excus\u00e9e de la d\u00e9l\u00e9gation bulgare).\u2028* * * * *\u2028L\u2019Europe a toujours \u00e9t\u00e9 sensible \u00e0 ce qu\u2019elle a elle-m\u00eame v\u00e9cu \u00e0 travers les si\u00e8cles. Cette sensibilit\u00e9 va \u00e0 l\u2019existence historique des petits peuples et, par extension, des Eglises mineures. \u00c0 chaque fois qu\u2019il s\u2019agit de cette existence et \u00e0 chaque fois que le fondement historique de cette existence est mis en jeu, la question de la libert\u00e9 et de la communion simultan\u00e9ment, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019autonomie, autrement dit l\u2019affirmation chalc\u00e9donienne de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, restera toujours et partout indissociable de la revendication de la v\u00e9rit\u00e9, aussi bien humaine que th\u00e9ologique. Les Orthodoxes, en particulier, mais aussi les Chr\u00e9tiens en g\u00e9n\u00e9ral, en ont fait l\u2019exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>La voix du paysan estonien s\u2019adressant au missionnaire catholique fran\u00e7ais Charles Bourgeois, au printemps 1946, c\u2019est-\u00e0-dire un an et demi apr\u00e8s l\u2019invasion des troupes staliniennes en Estonie, qui disait :\u2028\u00ab Nous sommes un tout petit pays qui n\u2019en voulait \u00e0 personne, qui ne demandait qu\u2019\u00e0 rester libre. [\u2026] C\u2019est pourquoi je vous supplie, quand vous verrez ces hommes libres, dites-leur combien nous souffrons ici. Nous \u00e9tions heureux, libres, nous ne demandions rien \u00e0 personne ; et maintenant on nous a priv\u00e9s de tout, plus moyen de faire entendre notre voix\u2026 \u00bb (VASSILY (Hi\u00e9romoine [Charles BOURGEOIS, s. j.), Ma rencontre avec la Russie (Narva-Esna-Tartu-Moscou) 1932-1946, Buenos Aires 1953, p. 101 et 146 respectivement ),\u2028trouve, aussi bien en Estonie que dans les Pays baltes, un \u00e9cho persistant, dans cet endroit, petit et grand \u00e0 la fois, en Europe, mais aussi dans le monde entier ; et il est besoin de conditions chalc\u00e9doniennes pour que cette voix puisse se faire entendre, et plus encore puisse \u00eatre comprise\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Prof. Hdr. Archim. Grigorios D. PAPATHOMAS\u2028Institut \u201cSaint Serge\u201d de Paris et S\u00e9minaire \u201cSaint Platon\u201d de Tallinn<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales conciliaires\u00a0\u00e0 [deux d\u00e9viations sym\u00e9triques] :\u00a0l\u2019Eglise nationale et l\u2019absorption eccl\u00e9siale (Le cas de l\u2019absorption eccl\u00e9siale aux Pays Baltes,\u00a0en Estonie et en Lettonie, au nom de l\u2019\u201cuniformit\u00e9\u201d de l\u2019Eglise nationale) Lorsque le IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine (451), pour faire obstacle \u00e0 l\u2019h\u00e9r\u00e9sie monophysite, formula sa c\u00e9l\u00e8bre \u00ab D\u00e9finition de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[170,120,124],"tags":[154,130,131,155,139],"class_list":["post-7786","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-droit-canon-2","category-histoire","category-orthodoxie","tag-canon","tag-eglise","tag-orthodoxie-2","tag-patriarcat","tag-traditions-2"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.6 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>De l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales conciliaires  &#8211; 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