{"id":7946,"date":"2015-01-26T10:09:57","date_gmt":"2015-01-26T08:09:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7946"},"modified":"2015-01-26T10:39:31","modified_gmt":"2015-01-26T08:39:31","slug":"les-grandes-regles-28-55","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/peres-de-leglise\/les-grandes-regles-28-55\/","title":{"rendered":"Les r\u0113gles monastiques de St Basile le Grand &#8211; \u00ab\u00a0Les grandes r\u0113gles 28-55\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0LES GRANDES REGLES 28-55\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Table des mati\u00e8res<br \/>\n28 &#8211; Comment tous doivent se comporter \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de qui n&rsquo;ob\u00e9it pas.<br \/>\n29 &#8211; De l&rsquo;orgueil et du murmure dans le travail.<br \/>\n30 &#8211; Dans quel esprit les sup\u00e9rieurs doivent s&rsquo;occuper des fr\u00e8res.<br \/>\n31 &#8211; Qu&rsquo;il faut accepter les services du sup\u00e9rieur.<br \/>\n32 &#8211; Quelle attitude faut-il prendre vis-\u00e0-vis des membres de sa famille ?<br \/>\n33 &#8211; Quelle r\u00e8gle observer dans les relations avec les s\u0153urs ?<br \/>\n34 &#8211; Quelles qualit\u00e9s sont requises \u00e0ceux qui distribuent le n\u00e9cessaire aux fr\u00e8res ?<br \/>\n35 &#8211; Faut-il \u00e9tablir plusieurs fraternit\u00e9s dans une m\u00eame localit\u00e9 ?<br \/>\n36 &#8211; De ceux qui quittent une fraternit\u00e9.<br \/>\n37 &#8211; Faut-il n\u00e9gliger le travail sous pr\u00e9texte de pri\u00e8re et de psalmodie ? Quels sont les moments opportuns pour la pri\u00e8re ? et, tout d&rsquo;abord, faut-il travailler ?<br \/>\n38 &#8211; Quels m\u00e9tiers sont compatibles avec notre profession ?<br \/>\n39 &#8211; Comment faut-il vendre les produits du travail et comment voyager dans ce but ?<br \/>\n40 &#8211; Des foires qui se tiennent \u00e0 l&rsquo;occasion des f\u00eates religieuses.<br \/>\n41 &#8211; De la volont\u00e9 propre et de l&rsquo;ob\u00e9issance.<br \/>\n42 &#8211; Pour quelle fin et dans quel but il faut travailler.<br \/>\n43 &#8211; Quelles qualit\u00e9s doivent avoir les sup\u00e9rieurs et comment ils doivent gouverner.<br \/>\n44 &#8211; A qui permettre de s&rsquo;absenter et comment interroger ceux qui rentrent de voyage ?<br \/>\n45 &#8211; Qu&rsquo;il faut, apr\u00e8s le sup\u00e9rieur, quand celui-ci est absent ou emp\u00each\u00e9, un fr\u00e8re capable d&rsquo;assurer la direction de la fraternit\u00e9.<br \/>\n46 &#8211; Qu&rsquo;il ne faut dissimuler ni sa faute ni celle d&rsquo;autrui.<br \/>\n47 &#8211; De ceux qui n&rsquo;admettent pas les d\u00e9cisions du sup\u00e9rieur.<br \/>\n48 &#8211; Qu&rsquo;il ne faut pas scruter la conduite du sup\u00e9rieur, mais s&rsquo;occuper de ce qu&rsquo;on a soi-m\u00eame \u00e0 faire.<br \/>\n49 &#8211; Des contestations entre les fr\u00e8res.<br \/>\n50 &#8211; Comment le sup\u00e9rieur doit r\u00e9primer les fautes.<br \/>\n51 &#8211; Comment il faut corriger les p\u00e9cheurs.<br \/>\n52 &#8211; Dans quels sentiments il faut recevoir la correction.<br \/>\n53 &#8211; Comment ceux qui enseignent les m\u00e9tiers doivent corriger les enfants pris en faute.<br \/>\n54 &#8211; Des entretiens entre sup\u00e9rieurs de la fraternit\u00e9 sur les sujets qui les concernent.<br \/>\n55 &#8211; Si le recours \u00e0 la m\u00e9decine est conforme \u00e0 l&rsquo;esprit de la vie religieuse.<br \/>\n<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><b>QU : 28 : Comment tous doivent se comporter \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de qui n&rsquo;ob\u00e9it pas<\/b><\/p>\n<p>R. : Lorsqu&rsquo;un fr\u00e8re ob\u00e9it \u00e0 contrec\u0153ur aux pr\u00e9ceptes du Seigneur, il faut commencer par avoir piti\u00e9 de lui, comme d&rsquo;un membre malade, et le sup\u00e9rieur doit t\u00e2cher de le gu\u00e9rir par ses exhortations.<\/p>\n<p>S&rsquo;il persiste dans sa d\u00e9sob\u00e9issance et ne consent pas \u00e0 se corriger, il faut le reprendre rudement en pr\u00e9sence de tous les fr\u00e8res et lui adresser, pour le sauver, les appels les plus pressants ; mais si , apr\u00e8s bien des admonestations, il ne se reprend ni ne s&rsquo;amende dans sa conduite, il faut le consid\u00e9rer, selon le proverbe, comme \u00e9tant une peste pour lui-m\u00eame et, \u00e0 l&rsquo;exemple des m\u00e9decins, avec larmes peut-\u00eatre et avec tristesse, le retrancher du corps comme un membre corrompu et compl\u00e8tement inutile.<\/p>\n<p>De fait, lorsque les m\u00e9decins ont \u00e0 faire \u00e0 un membre atteint d&rsquo;une maladie incurable, ils ont l&rsquo;habitude de l&rsquo;enlever par le fer ou par le feu, de peur que le mal ne se r\u00e9pande en attaquant les parties voisines. Il faut faire de m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ceux qui se conduisent en ennemis des commandements de Dieu et emp\u00eachent les autres de les observer, car le Seigneur a dit : \u00ab\u00a0Si ton \u0153il droit te scandalise arrache-le et jette-le loin de toi\u00a0\u00bb (Mt 5, 29). La bont\u00e9 que l&rsquo;on montre \u00e0 de tels fr\u00e8res ressemble \u00e0 la faiblesse coupable dont H\u00e9li fit preuve envers ses fils contre la volont\u00e9 du Seigneur, et qui lui fut reproch\u00e9e.\u00a0\u00bb(1 S 3, 13)<\/p>\n<p>Conserver une attitude bienveillante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des m\u00e9chants c&rsquo;est trahir la v\u00e9rit\u00e9, dresser des emb\u00fbches \u00e0 la communaut\u00e9 et s&rsquo;habituer \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence vis-\u00e0-vis du mal, car faute d&rsquo;avoir fait ce que dit l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Pourquoi n&rsquo;avez-vous pas \u00e9t\u00e9 dans une plus grande affliction, de fa\u00e7on \u00e0 chasser d&rsquo;entre vous l&rsquo;auteur d&rsquo;un tel acte ?\u00a0\u00bb (1Co 5, 2), il arrive n\u00e9cessairement ce qu&rsquo;il ajoute : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;un peu de levain fait lever toute la p\u00e2te\u00a0\u00bb (1 Co 5, 6)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour les p\u00e9cheurs, dit-il encore, il faut les reprendre devant tous\u00a0\u00bb, et il ajoute imm\u00e9diatement le motif : \u00ab\u00a0afin que les autres en con\u00e7oivent de la crainte\u00a0\u00bb. (1 Tm 5, 20)<\/p>\n<p>En somme celui qui n&rsquo;accepte pas la m\u00e9dication que lui offre le sup\u00e9rieur se contredit aussi lui-m\u00eame, car s&rsquo;il ne veut pas en recevoir de directives et persiste dans sa volont\u00e9 propre, pourquoi reste-t-il avec lui ? Pourquoi le conserve-t-il comme r\u00e8gle de sa vie ?<\/p>\n<p>Si quelqu&rsquo;un a accept\u00e9 d&rsquo;\u00eatre incorpor\u00e9 dans la communaut\u00e9, une fois jug\u00e9 vase capable de servir, m\u00eame s&rsquo;il croit que l&rsquo;ordre d\u00e9passe ses forces, il doit s&rsquo;en remettre au jugement de celui qui commande ainsi au-del\u00e0 de ce qu&rsquo;il peut, et se montrer docile et ob\u00e9issant jusqu&rsquo;\u00e0 la mort en souvenir du Seigneur, \u00ab\u00a0qui s&rsquo;est fait ob\u00e9issant jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, et la mort de la croix \u00a0\u00bb (Ph 2, 8). Se r\u00e9volter et contredire est l&rsquo;indice de bien des d\u00e9fauts : foi d\u00e9bile, esp\u00e9rance branlante, orgueil et superbe de caract\u00e8re. Personne, en effet, ne d\u00e9sob\u00e9it sans avoir d&rsquo;abord m\u00e9pris\u00e9 celui qui commande. Au contraire, celui qui a confiance dans les promesses divines et esp\u00e8re fermement en elles n&rsquo;h\u00e9sitera certainement pas \u00e0 accomplir les ordres m\u00eames difficiles qu&rsquo;on lui impose, car, il le sait, \u00ab\u00a0les souffrances de cette vie sont en elles-m\u00eames bien indignes de nous m\u00e9riter la gloire future\u00a0\u00bb. (Rm 8, 18)<\/p>\n<p>Celui qui croit en outre que l&rsquo;humble sera \u00e9lev\u00e9 (Mt.23, 12), montrera plus d&rsquo;ardeur encore que n&rsquo;en attend le sup\u00e9rieur, car, il le sait, \u00ab\u00a0nos l\u00e9g\u00e8res afflictions du moment produisent pour nous au-del\u00e0 de toute mesure, un poids \u00e9ternel de gloire\u00a0\u00bb. (2 Co 4, 17)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 29 : De l&rsquo;orgueil et du murmure dans le travail<\/b><\/p>\n<p>R. : Lorsqu&rsquo;un fr\u00e8re est surpris \u00e0 murmurer ou \u00e0 s&rsquo;enorgueillir dans son travail, ce qu&rsquo;il aura fait ne peut \u00eatre mis avec le travail de ceux qui ont le c\u0153ur humble et contrit, ni servir d&rsquo;aucune fa\u00e7on \u00e0 ceux qui ont la crainte de Dieu, car \u00ab\u00a0ce qui est \u00e9lev\u00e9 parmi les hommes est en abomination devant Dieu\u00a0\u00bb (Lc 16, 15). L&rsquo;Ap\u00f4tre, lui aussi, donne un avertissement en disant : \u00ab\u00a0Ne murmurez pas comme certains ont murmur\u00e9 et ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exterminateur\u00a0\u00bb (1 Co 10, 10),et : \u00ab\u00a0N&rsquo;agissez ni avec tristesse ni avec contrainte\u00a0\u00bb. (2 Co 9, 7)<\/p>\n<p>Un travail de ce genre est donc inacceptable, comme un sacrifice digne de bl\u00e2me, et il ne convient pas de le joindre au travail des autres. Puisque ceux qui avaient apport\u00e9 sur leur autel le feu \u00e9tranger furent soumis \u00e0 un tel ch\u00e2timent (Lv 10, 1-2), comment ne serait-il pas dangereux de faire servir \u00e0 la pratique des commandements eux-m\u00eames le travail accompli dans de mauvaises dispositions vis-\u00e0-vis de Dieu ? \u00ab\u00a0Quel commerce peut-il y avoir entre la justice et l&rsquo;injustice ?\u00a0\u00bb (2 Co 6, 14-15). C&rsquo;est pourquoi Dieu dit : \u00ab\u00a0L&rsquo;impie qui m&rsquo;immole un veau est comme s&rsquo;il tuait un chien, et lorsqu&rsquo;il m&rsquo;offre la fleur du froment, comme s&rsquo;il me pr\u00e9sentait le sang du porc\u00a0\u00bb. (Is 66, 3)<\/p>\n<p>Il faut donc absolument \u00e9carter de la fraternit\u00e9 le travail du paresseux et du murmurateur.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les sup\u00e9rieurs doivent veiller \u00e0 ne pas transgresser eux m\u00eames la doctrine de Celui qui a dit : \u00ab\u00a0Celui qui marche dans des voies sans tache est mon serviteur, mais celui qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve par l&rsquo;orgueil n&rsquo;habitera pas ma demeure\u00a0\u00bb (Ps 100, 6-7). Il ne faut donc pas que, gr\u00e2ce \u00e0 eux, celui qui m\u00eale le p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;observance des commandements et g\u00e2te son travail en \u00e9vitant la peine ou en s&rsquo;enorgueillissant de sa sup\u00e9riorit\u00e9, continue dans la perversit\u00e9, parce qu&rsquo;ils acceptent ses \u0153uvres et lui enl\u00e8vent ainsi l&rsquo;occasion de se rendre compte de ses maux.<\/p>\n<p>D&rsquo;une part, le sup\u00e9rieur doit savoir que, s&rsquo;il n&rsquo;est pas pour son fr\u00e8re un v\u00e9ritable guide, il s&rsquo;expose \u00e0 un grave et in\u00e9vitable ch\u00e2timent, car, selon l&rsquo;Ecriture, son sang lui sera r\u00e9clam\u00e9 (Ez 3, 18) ; d&rsquo;autre part, l&rsquo;inf\u00e9rieur doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 ne se soustraire \u00e0 aucun ordre, m\u00eame des plus p\u00e9nibles, dans la persuasion qu&rsquo;il aura une r\u00e9compense plus abondante dans les cieux.<\/p>\n<p>Que l&rsquo;esp\u00e9rance de la gloire r\u00e9jouisse donc le disciple ob\u00e9issant, et lui fasse accomplir le travail du Seigneur en toute patience et all\u00e9gresse !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 30 : Dans quel esprit les sup\u00e9rieurs doivent s&rsquo;occuper des fr\u00e8res<\/b><\/p>\n<p>R . : Le sup\u00e9rieur ne s&rsquo;enorgueillira pas \u00e0 cause de sa dignit\u00e9, de peur de d\u00e9choir de la b\u00e9atitude promise aux humbles (Mt 5, 3), ou de tomber aveugl\u00e9 de superbe sous la condamnation du d\u00e9mon (1 Tm 3, 6) ; mais il sera bien persuad\u00e9 de ceci : que gouverner c&rsquo;est servir.<\/p>\n<p>Celui qui donne ses soins \u00e0 un bless\u00e9, racle le pus de ses plaies et emploie des rem\u00e8des selon la nature du mal qu&rsquo;il rencontre, ne tire nullement vanit\u00e9 du service qu&rsquo;il rend, mais il y trouve un motif d&rsquo;humilit\u00e9, de sollicitude et d&rsquo;angoisse. Ainsi, a fiortori, celui \u00e0 qui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 le soin de gu\u00e9rir la communaut\u00e9, tel le serviteur de tous oblig\u00e9 de r\u00e9pondre de chacun, doit accepter les pr\u00e9occupations et l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il atteindra r\u00e9ellement son but, selon la parole du Seigneur : \u00ab\u00a0Celui qui veut \u00eatre le premier parmi vous doit \u00eatre le dernier et se faire le serviteur de tous\u00a0\u00bb. (Mc 9, 34)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 31 : Qu&rsquo;il faut accepter les services du sup\u00e9rieur<\/b><\/p>\n<p>R. : Les fr\u00e8res doivent accepter m\u00eame les services mat\u00e9riels que leur rendent ceux qui occupent la place de sup\u00e9rieurs dans la fraternit\u00e9, car il est de l&rsquo;essence de l&rsquo;humilit\u00e9 que le sup\u00e9rieur serve et que l&rsquo;inf\u00e9rieur re\u00e7oive volontiers ce service.<\/p>\n<p>L&rsquo;exemple du Seigneur montre, en effet, que s&rsquo;il n&rsquo;a pas cru indigne de lui de laver les pieds de ses disciples, ceux-ci n&rsquo;ont pas eu non plus l&rsquo;audace de lui r\u00e9sister, et Pierre, qui pour sa pi\u00e9t\u00e9 envers lui tenait la premi\u00e8re place, s&rsquo;\u00e9tant r\u00e9cus\u00e9 d&rsquo;abord, s&#8217;empresse cependant d&rsquo;ob\u00e9ir d\u00e8s qu&rsquo;il eut \u00e9t\u00e9 averti du danger qu&rsquo;il courait en se d\u00e9robant.<\/p>\n<p>L&rsquo;inf\u00e9rieur n&rsquo;a donc pas \u00e0 craindre de ne pouvoir pratiquer l&rsquo;humilit\u00e9 m\u00eame si parfois le sup\u00e9rieur le sert, car celui-ci le fait souvent pour l&rsquo;instruire ou lui donner le bon exemple bien plus que parce qu&rsquo;il en a un besoin urgent. C&rsquo;est en ob\u00e9issant et en imitant qu&rsquo;il montrera son humilit\u00e9, tandis que s&rsquo;il r\u00e9siste sous pr\u00e9texte d&rsquo;humilit\u00e9, il fera preuve d&rsquo;orgueil et de superbe, car la r\u00e9sistance indique un esprit d&rsquo;insoumission et d&rsquo;ind\u00e9pendance et est un signe de l&rsquo;orgueil et du d\u00e9dain plut\u00f4t que de l&rsquo;humilit\u00e9 et de la docilit\u00e9 en tout.<\/p>\n<p>Ob\u00e9issons donc \u00e0 Celui qui a dit : \u00ab\u00a0Supportez-vous mutuellement dans la charit\u00e9\u00a0\u00bb. (Ep 4, 2)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><\/b><b>QU : 32 Quelle attitude faut-il prendre vis-\u00e0-vis des membres de sa famille<\/b><\/p>\n<p>R. A ceux qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement re\u00e7us dans la fraternit\u00e9 les sup\u00e9rieurs ne doivent absolument pas permettre de s&rsquo;en \u00e9loigner pour quoi que ce soit, de se s\u00e9parer des fr\u00e8res et d&rsquo;aller vivre sans t\u00e9moins, sous pr\u00e9texte de visiter leurs proches, ou d&rsquo;assumer la protection des int\u00e9r\u00eats des membres de leur famille.<\/p>\n<p>Il faut, en effet, rejeter absolument l&#8217;emploi des mots \u00ab\u00a0mien\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0tien\u00a0\u00bb entre fr\u00e8res, car, est-il \u00e9crit, \u00ab\u00a0les fid\u00e8les n&rsquo;avaient qu&rsquo;un c\u0153ur et qu&rsquo;une \u00e2me et personne n&rsquo;appelait sien ce qu&rsquo;il poss\u00e9dait\u00a0\u00bb (Ac 4, 32). Par cons\u00e9quent, si les parents ou les fr\u00e8res de quelqu&rsquo;un vivent selon Dieu, qu&rsquo;ils soient honor\u00e9s par tous dans la fraternit\u00e9 comme p\u00e8res et fr\u00e8res de tous, le Seigneur ayant dit : \u00ab\u00a0Celui qui fait la volont\u00e9 de mon P\u00e8re qui est dans les cieux est \u00e0 la fois mon fr\u00e8re, ma s\u0153ur et ma m\u00e8re\u00a0\u00bb (Mt 12,50), et il nous semble que c&rsquo;est au sup\u00e9rieur de la fraternit\u00e9 de prendre soin d&rsquo;eux.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;ils sont impliqu\u00e9s dans la vie ordinaire, nous n&rsquo;avons rien de commun avec eux, nous qui nous effor\u00e7ons de pratiquer fid\u00e8lement et sans rel\u00e2che la loi de Dieu, car, outre que nous ne pouvons leur rendre aucun service, nous remplirions encore notre vie de trouble et d&rsquo;agitation, et nous nous laisserions entra\u00eener aux occasions de p\u00e9cher.<\/p>\n<p>Bien plus, si nos proches d&rsquo;autrefois sont des contempteurs des lois divines et m\u00e9prisent la vie religieuse, nous ne pouvons normalement les recevoir, lorsqu&rsquo;ils viennent nous visiter, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;aiment pas le Seigneur qui a dit : \u00a0\u00bb Celui qui ne m&rsquo;aime pas n&rsquo;observe pas mes commandements\u00a0\u00bb (Jn 14, 24). Or \u00ab\u00a0quel commerce peut-il y avoir entre la justice et l&rsquo;iniquit\u00e9, quelle relation entre le fid\u00e8le et l&rsquo;infid\u00e8le ?\u00a0\u00bb (2 Co 6, 14-15)<\/p>\n<p>Il faut sp\u00e9cialement tout faire pour \u00e9carter soigneusement de ceux qui s&rsquo;exercent encore \u00e0 la vertu les occasions de p\u00e9cher, dont la plus funeste est le souvenir de la vie pass\u00e9e, de peur qu&rsquo;il ne leur advienne ce qu&rsquo;expriment ces paroles : \u00ab\u00a0Leurs c\u0153urs se sont retourn\u00e9s vers l&rsquo;\u00c9gypte\u00a0\u00bb (Nb 14, 4) ; or ce malheur arrive souvent par suite de fr\u00e9quents entretiens avec les proches.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral il ne faut donc permettre \u00e0 qui que ce soit, parents ou \u00e9trangers, de s&rsquo;entretenir avec des fr\u00e8res, \u00e0 moins que l&rsquo;on ne soit s\u00fbr qu&rsquo;ils le font pour l&rsquo;\u00e9dification et le progr\u00e8s spirituel de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est parfois n\u00e9cessaire de parler avec des visiteurs, que la charge en soit confi\u00e9e \u00e0 ceux qui ont re\u00e7u le charisme de la parole, parce qu&rsquo;ils peuvent parler et \u00e9couter avec sagesse pour l&rsquo;\u00e9dification de la foi. L&rsquo;Ap\u00f4tre nous enseigne clairement qu&rsquo;il n&rsquo;est pas donn\u00e9 \u00e0 tous de savoir parler, mais que c&rsquo;est un charisme accord\u00e9 rarement : \u00ab\u00a0A l&rsquo;un, dit-il, l&rsquo;Esprit saint donne la parole de sagesse, \u00e0 l&rsquo;autre une parole de science\u00a0\u00bb (1 Co 12, 8), et il ajoute ailleurs : \u00ab\u00a0Afin qu&rsquo;il puisse exhorter par une sainte doctrine et confondre les contradicteurs\u00a0\u00bb (Tt 1, 9).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 33 : Quelle r\u00e8gle observer dans les relations avec les s\u0153urs ?<\/b><\/p>\n<p>R. : Celui qui a renonc\u00e9 pour toujours au mariage renoncera bien plus encore aux pr\u00e9occupations dont s&#8217;embarrassent un homme mari\u00e9 qui veut plaire \u00e0 son \u00e9pouse (1 Co 7, 33), et il repoussera compl\u00e8tement tout souci de plaire \u00e0 une femme, car il craindra le jugement de Celui qui a dit : \u00ab\u00a0Dieu a dispers\u00e9 les os de ceux qui plaisaient aux hommes\u00a0\u00bb (Ps 52, 6)<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;entretiendra donc jamais, m\u00eame avec un homme, dans le seul d\u00e9sir de lui plaire, mais lorsque son utilit\u00e9 le demandera il ira \u00e0 lui dans cet esprit de charit\u00e9 que Dieu veut que chacun trouve dans son prochain.<\/p>\n<p>Ces entretiens ne doivent donc \u00eatre conc\u00e9d\u00e9s ni \u00e0 tous ceux qui le d\u00e9sirent, ni \u00e0 n&rsquo;importe quel moment, ni en n&rsquo;importe quel endroit. Si, ob\u00e9issant au pr\u00e9cepte de l&rsquo;Ap\u00f4tre, nous ne voulons pas \u00eatre un sujet de scandale (1 Co 10, 32) aux juifs, aux grecs et \u00e0 l&rsquo;Eglise de Dieu, mais faire tout avec d\u00e9cence, ordre et \u00e9dification, il nous faut choisir et d\u00e9terminer avec soin les personnes, le moment, le sujet et le lieu. Par l\u00e0, on \u00e9vitera m\u00eame toute ombre de soup\u00e7on du mal et ceux qui auront \u00e9t\u00e9 reconnus capables de se voir et de s&rsquo;entretenir de sujets agr\u00e9ables \u00e0 Dieu, soit pour le service du corps soit pour l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, manifesteront leur r\u00e9serve et leur modestie dans toute leur fa\u00e7on d&rsquo;agir.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;ils ne soient donc pas moins de deux de chaque cot\u00e9, car \u00e0 n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un de part et d&rsquo;autre on fait facilement na\u00eetre le soup\u00e7on, pour ne pas dire plus, et on donne moins de poids \u00e0 ce que l&rsquo;on dit, car l&rsquo;Ecriture affirme sagement : \u00ab\u00a0Toute parole re\u00e7oit confirmation par la pr\u00e9sence de deux ou trois t\u00e9moins\u00a0\u00bb (Dt 19, 15 ; Mt 18, 16). Qu&rsquo;ils ne soient cependant pas plus de trois pour ne pas entraver l&#8217;empressement du z\u00e8le voulu par notre Seigneur J\u00e9sus-Christ.<\/p>\n<p>Si des fr\u00e8res ont \u00e0 dire ou \u00e0 entendre des choses personnelles, on n&rsquo;accordera pas l&rsquo;entretien aux int\u00e9ress\u00e9s eux-m\u00eames, mais d&rsquo;autres fr\u00e8res choisis parmi les anciens se rencontreront avec des s\u0153urs \u00e9galement anciennes et la question sera trait\u00e9e par leur interm\u00e9diaire. Cette mesure doit du reste \u00eatre observ\u00e9e non seulement par les hommes vis-\u00e0-vis des femmes et les femmes vis-\u00e0-vis des hommes mais aussi par les hommes entre eux et les femmes entre elles.<\/p>\n<p>Outre qu&rsquo;ils doivent poss\u00e9der la crainte de Dieu et la gravit\u00e9 en tout, ces interm\u00e9diaires choisis seront prudents dans leurs interrogations et leurs r\u00e9ponses, fid\u00e8les et sages dans leurs discours, et ils r\u00e9aliseront cet avertissement : \u00ab\u00a0Il parlera avec discernement\u00a0\u00bb (Ps 111, 5), de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l&rsquo;attente de ceux qui auront eu confiance en eux et \u00e0 leur donner tout apaisement au sujet de ce qu&rsquo;ils auront trait\u00e9 pour eux.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres fr\u00e8res auront de m\u00eame la charge de veiller aux n\u00e9cessit\u00e9s corporelles et ils seront, eux aussi \u00e9prouv\u00e9s, avanc\u00e9s en \u00e2ge, v\u00e9n\u00e9rables dans leur conduite et dans leur mani\u00e8re de vivre, afin que nul mauvais soup\u00e7on ne vienne blesser aucune conscience, car : \u00ab\u00a0Pourquoi ma libert\u00e9 sera-t-elle jug\u00e9e par la conscience d&rsquo;autrui ?\u00a0\u00bb (1 Co 10, 29)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 34 : Quelles qualit\u00e9s sont requises en ceux qui distribuent le n\u00e9cessaire aux fr\u00e8res ?<\/b><\/p>\n<p>R. : Il faut absolument qu&rsquo;il y ait des fr\u00e8res charg\u00e9s de distribuer le n\u00e9cessaire en chaque ordre de choses, capables de faire comme il est dit dans les Actes : \u00ab\u00a0On donnait \u00e0 chacun selon ses besoins\u00a0\u00bb. (Ac 4, 35)<\/p>\n<p>Ils auront particuli\u00e8rement \u00e0 c\u0153ur d&rsquo;\u00eatre mis\u00e9ricordieux et bons envers tous et de ne pas pr\u00eater le flanc au soup\u00e7on de sympathie ou de pr\u00e9f\u00e9rence pour certains, suivant l&rsquo;avertissement de l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Ne faisant rien par inclination\u00a0\u00bb (1 Tm 5, 21) ; ils \u00e9viteront aussi de para\u00eetre anim\u00e9s de cet esprit de querelle d\u00e9clar\u00e9 par le m\u00eame Ap\u00f4tre \u00e9tranger au chr\u00e9tien : \u00ab\u00a0Si quelqu&rsquo;un se pla\u00eet \u00e0 quereller, ni nous ni l&rsquo;Eglise de Dieu nous n&rsquo;avons cette habitude\u00a0\u00bb (1Co 11, 16), car par suite de cette disposition ils refuseraient le n\u00e9cessaire \u00e0 leurs adversaires, et donneraient avec exc\u00e8s \u00e0 leurs amis : d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ce serait la haine entre fr\u00e8res, et de l&rsquo;autre l&rsquo;amiti\u00e9 particuli\u00e8re, amiti\u00e9 extr\u00eamement bl\u00e2mable, parce qu&rsquo;elle d\u00e9truit la concorde, fruit de l&rsquo;amour fraternel, et parce qu&rsquo;il en r\u00e9sulte les mauvais soup\u00e7ons, les jalousies, les disputes et la n\u00e9gligence dans le travail.<\/p>\n<p>Pour ces cons\u00e9quences et pour bien d&rsquo;autres semblables, il est au plus haut point n\u00e9cessaire que ceux qui subviennent aux besoins des autres dans la fraternit\u00e9 soient exempts de cet esprit de contention et de ces sympathies particuli\u00e8res. Eux-m\u00eames et tous ceux dont la charge est d&rsquo;\u00eatre utile aux fr\u00e8res, doivent sentir int\u00e9rieurement et montrer ext\u00e9rieurement qu&rsquo;ils servent non des hommes mais le Seigneur lui-m\u00eame, car dans sa grande bont\u00e9 Celui-ci estime comme rendus \u00e0 lui-m\u00eame l&rsquo;honneur et le z\u00e8le rendus \u00e0 ceux qui lui sont consacr\u00e9s, et il promet en r\u00e9compense l&rsquo;h\u00e9ritage du Royaume des Cieux : \u00ab\u00a0Venez, dit-il, les b\u00e9nis de mon P\u00e8re, prenez possession du royaume qui vous a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 d\u00e8s le commencement du monde, parce que ce que vous avez fait au plus petit d&rsquo;entre mes fr\u00e8res, c&rsquo;est \u00e0 moi que vous l&rsquo;avez fait\u00a0\u00bb. (Mt 25, 34-40)<\/p>\n<p>Par contre ils reconna\u00eetront combien la n\u00e9gligence est d\u00e9sastreuse lorsqu&rsquo;ils se souviendront de celui qui a dit : \u00ab\u00a0Maudit celui qui accomplit n\u00e9gligemment les \u0153uvres de Dieu\u00a0\u00bb (Jr 48, 10), car non seulement ils seront rejet\u00e9s du Royaume des Cieux, mais ils entendront encore cette redoutable et terrible sentence : \u00ab\u00a0Allez maudits au feu \u00e9ternel qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour le d\u00e9mon et pour les anges\u00a0\u00bb. (Mt 25, 41)<\/p>\n<p>Puisque ceux qui doivent servir autrui et veiller sur leurs besoins re\u00e7oivent une telle r\u00e9compense pour leur z\u00e8le ou encourent un tel ch\u00e2timent pour leur n\u00e9gligence, avec quel empressement doit-on, en s&rsquo;acquittant de cette charge, essayer de se rendre digne du nom de fr\u00e8re du Seigneur ? C&rsquo;est bien, en effet, ce qui ressort des enseignements du Christ : \u00ab\u00a0Celui qui fait la volont\u00e9 de mon P\u00e8re qui est dans les cieux est mon fr\u00e8re, ma s\u0153ur, ma m\u00e8re\u00a0\u00bb. (Mt 12, 50)<\/p>\n<p>Il est en grand danger celui qui n&rsquo;a pas assigner pour but \u00e0 sa vie tout enti\u00e8re de faire la volont\u00e9 de Dieu, doit en montrant l&rsquo;effort de sa charit\u00e9 par son z\u00e8le \u00e0 travailler pour le Seigneur lorsqu&rsquo;il est en bonne sant\u00e9, soit en manifestant sa patience et sa longanimit\u00e9 par la joie dans la maladie. Il est en danger d&rsquo;abord et surtout parce qu&rsquo;il s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 lui-m\u00eame du Seigneur et de la communaut\u00e9 des fr\u00e8res en s&rsquo;en \u00e9cartant par sa d\u00e9sob\u00e9issance, en second lieu parce qu&rsquo;il ose indignement prendre part \u00e0 ce qui est r\u00e9serv\u00e9 pour ceux qui l&rsquo;on m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Ici encore il est donc n\u00e9cessaire de se souvenir de ce que dit l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Comme coop\u00e9rateurs du Christ nous vous exhortons \u00e0 ne pas recevoir en vain la gr\u00e2ce de Dieu\u00a0\u00bb (2 Co 6, 1). Ceux qui tiennent lieu de fr\u00e8res au Christ doivent se garder de m\u00e9priser une si grande gr\u00e2ce de Dieu et de trahir une telle dignit\u00e9 en n\u00e9gligeant d&rsquo;accomplir les volont\u00e9s du Seigneur. Ils ob\u00e9iront plut\u00f4t \u00e0 l&rsquo;Ap\u00f4tre qui a dit : \u00ab\u00a0Je vous en supplie, moi, prisonnier dans le Seigneur, marchez dignement selon la vocation qui est la v\u00f4tre\u00a0\u00bb. (Ep 4, 1)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 35 : Faut-il \u00e9tablir plusieurs fraternit\u00e9s dans une m\u00eame localit\u00e9 ?<\/b><\/p>\n<p>R . : L&rsquo;exemple si souvent employ\u00e9 des membres du corps nous servira de nouveau ici.<\/p>\n<p>Nous avons vu que pour agir convenablement et normalement en tout ce qu&rsquo;il fait, le corps a besoin des yeux, de la langue et des autres membres, tous n\u00e9cessaires et indispensables. Or, dans une communaut\u00e9, il est assur\u00e9ment bien malais\u00e9 de trouver quelqu&rsquo;un qui puisse remplir la fonction de l&rsquo;\u0153il. S&rsquo;il faut donc, pour bien faire, que celui qui dirige les fr\u00e8res soit prudent, sache parler, soit sobre, mis\u00e9ricordieux, et cherche la justice avec un c\u0153ur parfait, comment dans un m\u00eame endroit, en trouver plusieurs qui r\u00e9unissent ces qualit\u00e9s ?<\/p>\n<p>Si m\u00eame on en trouve deux ou trois, ce qui est difficile et, \u00e0 notre connaissance n&rsquo;est jamais arriv\u00e9, il sera de loin pr\u00e9f\u00e9rable qu&rsquo;ils assument ensemble la charge d&rsquo;une seule communaut\u00e9 et s&rsquo;en all\u00e8gent mutuellement le poids. De cette fa\u00e7on, lorsque l&rsquo;un est absent ou occup\u00e9, ou dans d&rsquo;autres circonstances, par exemple si l&rsquo;un d&rsquo;eux quittait la communaut\u00e9, l&rsquo;autre sera toujours l\u00e0 pour consoler les fr\u00e8res de leur abandon, \u00e0 moins que lui-m\u00eame ne se rende dans une autre communaut\u00e9 manquant de sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Nous pouvons \u00e9galement faire ici la comparaison avec ce qui se passe dans le monde. Ceux qui sont habiles dans leur profession jalousent leurs rivaux et il en r\u00e9sulte naturellement des inimiti\u00e9s latentes. Ainsi \u00e9galement en arrive-t-il le plus souvent dans notre \u00e9tat de vie entre communaut\u00e9s voisines : on commence par rivaliser de vertu et on s&rsquo;efforce de se d\u00e9passer soit dans la r\u00e9ception des h\u00f4tes, soit dans le recrutement des fr\u00e8res, soit en d&rsquo;autres points semblables, et on finit ordinairement dans des querelles.<\/p>\n<p>Lorsque des fr\u00e8res sont de passage, au lieu de trouver la tranquillit\u00e9, ils tombent dans l&rsquo;incertitude et le doute parce qu&rsquo;ils ne savent dans quelle communaut\u00e9 se rendre, craignant de m\u00e9contenter par leur choix et ne pouvant cependant, surtout s&rsquo;ils sont press\u00e9s, contenter tout le monde.<\/p>\n<p>Ceux qui voudraient s&rsquo;engager dans la m\u00eame vie tomberont, eux aussi, dans l&rsquo;inqui\u00e9tude parce qu&rsquo;ils ne sauront qui choisir pour guides et que s&rsquo;ils choisissent les uns ils devront bien exclure les autres ; il s&rsquo;en suivra naturellement pour eux que, d\u00e8s les premiers jours, ils sentiront les atteintes de l&rsquo;orgueil parce que au lieu de se soumettre en disciples ils auront d\u00fb se faire les censeurs et les juges de la fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun avantage reconnu \u00e0 une telle division, mais qu&rsquo;il y a au contraire de si graves inconv\u00e9nients, il est donc tout \u00e0 fait inopportun d&rsquo;\u00e9tablir des communaut\u00e9s \u00e0 peu de distance l&rsquo;une de l&rsquo;autre. Si par hasard quelqu&rsquo;un a eu la pr\u00e9somption de le faire, qu&rsquo;il s&#8217;empresse de revenir sur sa d\u00e9cision, surtout lorsqu&rsquo;il en aura \u00e9prouv\u00e9 les d\u00e9savantages, car persister dans sa mani\u00e8re de voir serait montrer de l&rsquo;esprit de contention : \u00ab\u00a0Si quelqu&rsquo;un aime la querelle, dit l&rsquo;Ap\u00f4tre, ni nous ni l&rsquo;Eglise de Dieu nous n&rsquo;avons cette habitude\u00a0\u00bb. (1 Co 11, 16)<\/p>\n<p>Du reste quel motif trouveront-ils pour emp\u00eacher l&rsquo;union ? Quel besoin ? Mais il est bien plus facile de se procurer ce dont on a besoin lorsqu&rsquo;on est r\u00e9unis, puisqu&rsquo;il suffit alors d&rsquo;une seule lampe, d&rsquo;un seul foyer et ainsi de suite et puisqu&rsquo;en cela comme en tout le reste il faut viser \u00e0 se procurer ais\u00e9ment le n\u00e9cessaire et dans la mesure du strict minimum. Il faudra ensuite pour aller chercher au-dehors ce dont on a besoin, plus de fr\u00e8res, si les communaut\u00e9s sont divis\u00e9es, et moins, si elles sont r\u00e9unies en une seule. Or vous savez sans que je vous le dise combien il est difficile de trouver un homme qui ne d\u00e9shonore pas le nom du Seigneur et garde une attitude digne de sa profession dans ses relations avec les \u00e9trangers au-dehors.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs comment ceux qui restent ainsi \u00e9loign\u00e9s de la communaut\u00e9 pourront-ils \u00e9difier leur fr\u00e8res en les unissant dans la paix si c&rsquo;est n\u00e9cessaire, ou en les entra\u00eenant \u00e0 l&rsquo;observance des commandements, puisque le fait qu&rsquo;ils ne sont pas au milieu d&rsquo;eux provoque d\u00e9j\u00e0 de perfides soup\u00e7ons ?<\/p>\n<p>Nous savons en outre que Paul \u00e9crivait aux Philippiens : \u00ab\u00a0Rendez ma joie parfaite en ayant un m\u00eame sentiment, un m\u00eame amour, une m\u00eame \u00e2me, une m\u00eame pens\u00e9e. Ne faites rien par esprit de parti ni par vaine gloire, mais estimez avec humilit\u00e9 les autres au-dessus de vous, ne consid\u00e9rant pas seulement votre propre int\u00e9r\u00eat mais aussi celui des autres\u00a0\u00bb (Ph 2, 3). Or quelle plus grande marque d&rsquo;humilit\u00e9 chez les sup\u00e9rieurs que de se soumettre l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, car s&rsquo;ils sont dou\u00e9s de charismes leur commun effort sera d&rsquo;autant plus pr\u00e9cieux. Comme le Seigneur nous l&rsquo;a montr\u00e9 en envoyant ses disciples deux \u00e0 deux (Mc 6, 7), chacun voudra se soumettre \u00e0 l&rsquo;autre avec joie en souvenir de la parole : \u00ab\u00a0Celui qui s&rsquo;humilie sera exalt\u00e9\u00a0\u00bb (Lc 18, 14). Si au contraire, l&rsquo;un est mieux dou\u00e9 que l&rsquo;autre, il sera d&rsquo;autant plus utile au moins favoris\u00e9 d&rsquo;\u00eatre assist\u00e9 par celui qui l&rsquo;est davantage.<\/p>\n<p>Comment plusieurs communaut\u00e9s ne constitueraient-elles pas aussi une violation manifeste du pr\u00e9cepte donn\u00e9 par l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0consid\u00e9rez non seulement vos int\u00e9r\u00eats, mais aussi ceux d&rsquo;autrui\u00a0\u00bb (Ph 2, 4) ? Je crois en effet, qu&rsquo;il serait difficile de s&rsquo;y conformer dans cette division, puisque chaque communaut\u00e9 s&rsquo;occuperait uniquement de ce qui regarde ses membres en ne se souciant aucunement des autres, ce qui, nous devons le dire, s&rsquo;oppose clairement \u00e0 l&rsquo;avertissement de l&rsquo;Ap\u00f4tre.<\/p>\n<p>Enfin, les saints dont il est parl\u00e9 dans les Actes apportent eux aussi, leur t\u00e9moignage, car il est dit \u00e0 leur sujet que \u00ab\u00a0la foule des fid\u00e8les n&rsquo;avait qu&rsquo;un c\u0153ur et qu&rsquo;une \u00e2me\u00a0\u00bb (Ac 4, 32), et que \u00ab\u00a0tous les fid\u00e8les habitaient ensemble et poss\u00e9daient tout en commun\u00a0\u00bb (Ac 2, 44). Il est \u00e9vident qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune division entre eux, que personne ne vivait \u00e0 part, et que tous \u00e9taient soumis \u00e0 une seule et m\u00eame direction ; or ils \u00e9taient une foule de cinq mille personnes et parmi elles il y en avait sans doute et en bon nombre, qui au jugement des hommes \u00e9taient plut\u00f4t aptes \u00e0 emp\u00eacher l&rsquo;union. Puisque les fr\u00e8res que l&rsquo;on peut trouver dans un m\u00eame endroit sont bien moins nombreux, pourquoi resteraient-ils divis\u00e9s ?<\/p>\n<p>Pl\u00fbt au ciel que non seulement les fr\u00e8res d&rsquo;une m\u00eame bourgade mais aussi les fraternit\u00e9s dispers\u00e9es en des lieux diff\u00e9rents puissent \u00eatre r\u00e9unies et soumises \u00e0 une direction unique, sous des sup\u00e9rieurs capables d&rsquo;administrer fermement et sagement les int\u00e9r\u00eats de tous dans l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Esprit et le lien de la paix !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 36 : De ceux qui sortent de la fraternit\u00e9<\/b><\/p>\n<p>R . : Ceux qui ont pris l&rsquo;engagement de vivre ensemble ne peuvent plus se quitter \u00e0 leur gr\u00e9, aussi le fait de ne pas pers\u00e9v\u00e9rer dans leur r\u00e9solution est-il imputable \u00e0 deux motifs : ou \u00e0 des inconv\u00e9nients r\u00e9sultant de la vie en commun, ou \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 d&rsquo;esprit de celui qui change.<\/p>\n<p>Celui qui part afin d&rsquo;\u00e9viter qu&rsquo;on lui nuise ne doit pas garder secret le motif qui le pousse, mais faire des reproches \u00e0 ses fr\u00e8res de la mani\u00e8re qu&rsquo;indique le Seigneur, en disant : \u00ab\u00a0Si ton fr\u00e8re p\u00e8che contre toi, va et corrige-le entre toi et lui\u00a0\u00bb (Mt 18, 15). S&rsquo;il parvient \u00e0 son but il aura gagn\u00e9 ses fr\u00e8res et il ne devra pas infliger un affront \u00e0 la communaut\u00e9, mais s&rsquo;il voit qu&rsquo;ils persistent dans le mal et n&rsquo;acceptent pas de se corriger, il en fera part \u00e0 ceux qui sont capables d&rsquo;en juger et il s&rsquo;en ira en pr\u00e9sence de t\u00e9moins. Ce ne sera plus alors des fr\u00e8res qu&rsquo;il quittera, mais des \u00e9trangers, car le Seigneur a appel\u00e9 pa\u00efen et publicain qui pers\u00e9v\u00e8re dans le mal : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;il soit pour vous, dit-il, comme un pa\u00efen et un publicain\u00a0\u00bb. (Mt 18, 17)<\/p>\n<p>Lorsque celui qui veut abandonner la communaut\u00e9 le fait par l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 personnelle, qu&rsquo;il se corrige de sa faiblesse et s&rsquo;il n&rsquo;y consent pas, qu&rsquo;il soit consid\u00e9r\u00e9 comme un ind\u00e9sirable.<\/p>\n<p>Parfois cependant c&rsquo;est pour ob\u00e9ir au Seigneur que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre se voit tir\u00e9 de ci del\u00e0 ; mais ceux qui sont dans ce cas ne quittent pas r\u00e9ellement la communaut\u00e9 : ils accomplissent un devoir.<\/p>\n<p>Aucun autre motif d&rsquo;\u00e9loignement n&rsquo;est admissible, tout d&rsquo;abord parce que c&rsquo;est m\u00e9priser le nom unificateur de notre Seigneur J\u00e9sus Christ, ensuite parce que chacun gardera difficilement sa conscience pure \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de son fr\u00e8re par suite des soup\u00e7ons qui na\u00eetront, et cela s&rsquo;oppose \u00e9videmment au pr\u00e9cepte du Seigneur : \u00ab\u00a0Si tu portes ton offrande \u00e0 l&rsquo;autel et te souviens en m\u00eame temps que ton fr\u00e8re a quelque chose contre toi, laisse-la devant l&rsquo;autel et va, r\u00e9concilie-toi d&rsquo;abord avec ton fr\u00e8re puis reviens pr\u00e9senter ton offrande\u00a0\u00bb (Mt 5, 23-24).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 37 : Faut-il n\u00e9gliger le travail sous pr\u00e9texte de pri\u00e8re et de psalmodie ? Quels sont les moments opportuns pour la pri\u00e8re ? Et tout d&rsquo;abord faut-il travailler ?<\/b><\/p>\n<p>R . : Notre Seigneur J\u00e9sus-Christ a dit non pas \u00ab\u00a0Chacun\u00a0\u00bb, ni \u00ab\u00a0N&rsquo;importe qui\u00a0\u00bb, mais : \u00ab\u00a0Celui qui travaille m\u00e9rite sa nourriture\u00a0\u00bb (Mt 10, 10), et l&rsquo;Ap\u00f4tre a voulu qu&rsquo;on se procure par l&rsquo;honn\u00eate travail de ses mains de quoi donner \u00e0 ceux qui ont besoin. (Ep 4, 28). Il en r\u00e9sulte donc \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence qu&rsquo;il faut travailler avec z\u00e8le.<\/p>\n<p>Il ne faut pas mettre en avant la pi\u00e9t\u00e9 pour excuser la paresse ou la crainte de l&rsquo;effort, mais envisager l&rsquo;occasion de combattre, de souffrir davantage et de pratiquer la patience dans les difficult\u00e9s, afin de pouvoir dire : \u00ab\u00a0Dans le travail et dans la peine, dans les veilles nombreuses, dans la faim et dans la soif\u00a0\u00bb (2 Co 11, 27). Une telle conduite est n\u00e9cessaire non seulement pour mortifier le corps, mais aussi parce que la charit\u00e9 envers le prochain le demande, en sorte que, par notre interm\u00e9diaire, Dieu donne \u00e0 nos fr\u00e8res n\u00e9cessiteux le moyen de se suffire.<\/p>\n<p>L&rsquo;Ap\u00f4tre nous donne l&rsquo;exemple de cette charit\u00e9 dans les Actes : \u00ab\u00a0Je vous ai montr\u00e9 de toutes mani\u00e8res que c&rsquo;est en travaillant ainsi qu&rsquo;il faut soutenir les faibles\u00a0\u00bb (Ac 20, 35), et il dit ailleurs : \u00ab\u00a0Afin que vous ayez de quoi donner \u00e0 l&rsquo;indigent\u00a0\u00bb (Ep 4, 28). Si nous faisons cela, nous serons dignes d&rsquo;entendre cette invitation : \u00ab\u00a0Venez les b\u00e9nis de mon P\u00e8re, prenez possession du royaume qui vous a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour vous depuis le commencement du monde, car j&rsquo;ai eu faim et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 manger ; j&rsquo;ai eu soif et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 boire\u00a0\u00bb (Mt 25, 34-35).<\/p>\n<p>Est-il besoin de dire combien la paresse est coupable, lorsque l&rsquo;Ap\u00f4tre nous avertit clairement que celui qui ne travaille pas n&rsquo;a pas le droit de manger ? (2 Th 3, 10)<\/p>\n<p>De m\u00eame que la nourriture quotidienne est n\u00e9cessaire \u00e0 chacun, ainsi est-il requis que l&rsquo;on travaille le plus possible, car ce n&rsquo;est pas en vain que Salomon a dit dans son pan\u00e9gyrique de la femme forte : \u00ab\u00a0Elle ne mange pas son pain dans l&rsquo;oisivet\u00e9\u00a0\u00bb (Pr 31, 27), et l&rsquo;Ap\u00f4tre a dit : \u00ab\u00a0Le pain que nous mangeons n&rsquo;est pas un don qu&rsquo;on nous fait ; nous le gagnons en peinant jour et nuit dans le travail et le labeur\u00a0\u00bb (2 Th 3, 8), et cependant, ouvrier de l&rsquo;Evangile, il lui \u00e9tait permis de vivre de l&rsquo;Evangile.<\/p>\n<p>Le Seigneur a, lui aussi, associ\u00e9 la paresse \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 en disant : \u00ab\u00a0Serviteur m\u00e9chant et paresseux\u00a0\u00bb (Mt 25, 26), et le sage Salomon non seulement loue, comme nous l&rsquo;avons dit, celui qui travaille, mais il confond encore le paresseux en le comparant aux animaux les plus petits : \u00ab\u00a0Va, paresseux, aupr\u00e8s des fourmis\u00a0\u00bb(Pr 6, 6).<\/p>\n<p>Craignons donc que ce m\u00eame reproche ne nous soit adress\u00e9 aussi au jour du jugement, lorsque Celui qui nous a donn\u00e9 la force de travailler nous demandera des \u0153uvres en cons\u00e9quence, \u00ab\u00a0car \u00e0 celui \u00e0 qui il aura \u00e9t\u00e9 plus donn\u00e9 il sera plus demand\u00e9\u00a0\u00bb (Lc 12, 48).<\/p>\n<p>Quelques-uns cependant, \u00e9vitent le travail sous pr\u00e9texte de pri\u00e8re et de psalmodie, mais il faut bien savoir que, s&rsquo;il existe, selon la parole de l&rsquo;Eccl\u00e9siaste : \u00ab\u00a0Toute chose \u00e0 son heure\u00a0\u00bb (Qo 3, 1), des occupations pour lesquelles certains moments sont particuli\u00e8rement appropri\u00e9s, tous les instants sont, par contre, favorables \u00e0 la pri\u00e8re, \u00e0 la psalmodie et \u00e0 d&rsquo;autres occupations de ce genre. Ainsi pendant que nos mains sont occup\u00e9es, nous pouvons, de bouche s&rsquo;il est possible ou utile \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification des fid\u00e8les, ou du moins de c\u0153ur, louer Dieu dans des psaumes et des cantiques spirituels, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;Ecriture (Col 3, 16), et remplir le devoir de la pri\u00e8re tout en travaillant. De cette fa\u00e7on, nous remercierons Celui qui a donn\u00e9 \u00e0 nos mains l&rsquo;habilet\u00e9 au travail, et \u00e0 notre esprit l&rsquo;aptitude \u00e0 acqu\u00e9rir la science, et qui nous a fourni en outre la mati\u00e8re, tant celle qui consiste dans les outils que celle que nous travaillons dans les divers m\u00e9tiers ; enfin nous demanderons que les \u0153uvres de nos mains soient dirig\u00e9es vers le but en \u00e9tant agr\u00e9able \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>C&rsquo;est du reste le moyen de conserver son \u00e2me dans le recueillement que de demander \u00e0 Dieu, lorsqu&rsquo;on est occup\u00e9, de conduire le travail \u00e0 bonne fin, de rendre gr\u00e2ce \u00e0 celui qui nous a donn\u00e9 de l&rsquo;ex\u00e9cuter, et de se maintenir, comme nous venons de le dire, dans l&rsquo;intention de lui plaire ; sinon, comment pourraient se concilier les paroles de l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Priez sans cesse\u00a0\u00bb (1 Th 5, 17), et : \u00ab\u00a0Travaillant jour et nuit\u00a0\u00bb (2 Th 3, 8).<\/p>\n<p>Cependant, ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;il nous est fait une loi de rendre gr\u00e2ces \u00e0 chaque instant, et que la nature et la raison nous en montrent la n\u00e9cessit\u00e9, qu&rsquo;il faut n\u00e9gliger les heures de pri\u00e8re officiellement \u00e9tablies dans les fraternit\u00e9s, et choisies par nous, en raison du bienfait sp\u00e9cial du Seigneur rappel\u00e9 par chacune d&rsquo;elles.<\/p>\n<p>Avant tout, la pri\u00e8re de l&rsquo;aurore consacre \u00e0 Dieu les premiers mouvements de l&rsquo;\u00e2me, car il ne faut se pr\u00e9occuper de rien, avant d&rsquo;avoir r\u00e9joui son c\u0153ur en Dieu, selon la parole de l&rsquo;Ecriture : \u00ab\u00a0Je me suis souvenu du Seigneur et me suis r\u00e9joui\u00a0\u00bb (Ps 76, 4), et on ne doit pas mettre le corps au travail, si l&rsquo;on n&rsquo;a fait d&rsquo;abord ce que dit le psalmiste : \u00ab\u00a0Je vous adresserai ma pri\u00e8re, Seigneur, et, d\u00e8s le matin, vous entendrez ma voix. Au point du jour, je serai devant vous pour vous contempler\u00a0\u00bb (Ps 5, 4-5).<\/p>\n<p>A la troisi\u00e8me heure on sera debout pour la pri\u00e8re, et on r\u00e9unira la fraternit\u00e9, m\u00eame si les uns et les autres sont occup\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents travaux. Ils se souviendront alors que l&rsquo;Esprit saint a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aux Ap\u00f4tres \u00e0 la troisi\u00e8me heure, ils se prosterneront tous ensemble afin de m\u00e9riter, eux aussi, d&rsquo;\u00eatre sanctifi\u00e9s par Lui, et demanderont qu&rsquo;Il les guide et les instruise selon leurs besoins. Pour cela ils diront avec le Psalmiste : \u00ab\u00a0Cr\u00e9ez en moi, mon Dieu, un c c\u0153ur droit et mettez en moi un esprit bien dispos\u00e9 ; ne me rejetez pas loin de votre face et n&rsquo;\u00e9loignez pas de moi votre Esprit-Saint. Rendez-moi la joie du salut qui vient de vous, et qu&rsquo;un esprit de bonne volont\u00e9 me soutienne\u00a0\u00bb(Ps.50, 12-13), ou encore : \u00ab\u00a0Que ton Esprit de bont\u00e9 me conduise sur la voie droite !\u00a0\u00bb (Ps 142, 10) Apr\u00e8s cela, on reprendra le travail.<\/p>\n<p>S&rsquo;il en est qui, par suite de la nature de leur travail ou de la disposition des lieux, sont \u00e9loign\u00e9s et d\u00e9tach\u00e9s des fr\u00e8res, ils doivent absolument et sans h\u00e9siter accomplir tous les offices communs l\u00e0 o\u00f9 ils se trouvent, car le Seigneur a dit : \u00a0\u00bb L\u00e0 o\u00f9 deux ou trois sont r\u00e9unis en mon nom, je suis au milieu d&rsquo;eux\u00a0\u00bb (Mt 18, 20).<\/p>\n<p>Il nous semble \u00e9galement qu&rsquo;il faut aussi prier \u00e0 la sixi\u00e8me heure, \u00e0 l&rsquo;imitation des saints qui disent : \u00ab\u00a0Le soir, le matin et au milieu du jour, j&rsquo;exposerai et raconterai ma mis\u00e8re, et le Seigneur entendra ma voix\u00a0\u00bb (Ps 54, 18). On r\u00e9citera \u00e0 ce moment le psaume quatre-vingt-dixi\u00e8me, afin d&rsquo;\u00eatre d\u00e9livr\u00e9 des attaques du d\u00e9mon de midi (Ps 90, 8).<\/p>\n<p>La neuvi\u00e8me heure doit \u00eatre de m\u00eame consacr\u00e9e \u00e0 la pri\u00e8re, d&rsquo;apr\u00e8s ce que nous enseignent les Ap\u00f4tres dans les Actes, o\u00f9 il est racont\u00e9 que Pierre et Jean s&rsquo;en all\u00e8rent au Temple \u00ab\u00a0vers la neuvi\u00e8me heure, l&rsquo;heure de la pri\u00e8re\u00a0\u00bb (Ac 3, 1).<\/p>\n<p>A la fin du jour, on remerciera Dieu pour les bienfaits re\u00e7us ou les bonnes actions que l&rsquo;on a heureusement accomplies. On s&rsquo;accusera \u00e9galement de ses manquements volontaires ou involontaires, m\u00eame si la faute a \u00e9t\u00e9 commise dans le secret, que l&rsquo;on ait p\u00e9ch\u00e9 en paroles, ou en actes ou dans le fond du c\u0153ur, et enfin on cherchera \u00e0 apaiser Dieu par la pri\u00e8re. Il est en effet extr\u00eamement utile de s&rsquo;examiner sur ses fautes pass\u00e9es, afin de ne plus retomber dans les m\u00eames errements ; c&rsquo;est pourquoi il est dit : \u00ab\u00a0Souvenez-vous avec componction sur vos couches de ce que vous m\u00e9ditez dans vos c\u0153urs\u00a0\u00bb (Ps 4, 5)<\/p>\n<p>Au commencement de la nuit, il nous faudra prier de nouveau, pour obtenir un repos tranquille et exempt de r\u00eaves ; on dira encore \u00e0 ce moment le psaume cinquanti\u00e8me.<\/p>\n<p>Pour ce qui est du milieu de la nuit, Paul et Silas nous ont montr\u00e9 qu&rsquo;il faut aussi le donner \u00e0 la pri\u00e8re, comme le rapporte le r\u00e9cit des Actes : \u00ab\u00a0Au c\u0153ur de la nuit, Paul et Silas chantaient des hymne au Seigneur\u00a0\u00bb(Ac 16, 25), et le psalmiste dit : \u00ab\u00a0Au milieu de la nuit, je me l\u00e8verai pour vous louer de la justice de vos sentences\u00a0\u00bb (Ps 118, 62).<\/p>\n<p>Enfin, il faut une autre fois encore se lever pour prier en pr\u00e9venant l&rsquo;aurore, afin que le jour ne nous surprenne pas endormis sur nos couches, selon ces paroles : \u00ab\u00a0Mes yeux se sont ouverts avant l&rsquo;aurore et j&rsquo;ai m\u00e9dit\u00e9 vos enseignements\u00a0\u00bb (Ps 118, 148).<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on a pris la r\u00e9solution de vivre en cherchant uniquement la gloire de Dieu et de son Christ, on ne peut n\u00e9gliger aucune de ces occasions. Je crois cependant qu&rsquo;il est utile de mettre de la vari\u00e9t\u00e9 et de la diversit\u00e9 dans les pri\u00e8res et les psaumes aux diff\u00e9rentes heures indiqu\u00e9es, pour ce motif que l&rsquo;\u00e2me se fatigue souvent de l&rsquo;uniformit\u00e9 et s&rsquo;abandonne \u00e0 la distraction, tandis qu&rsquo;elle retrouve l&rsquo;ardeur et renouvelle son effort d&rsquo;attention, lorsque changent les psaumes ou varie l&rsquo;ordonnance des offices. (Retour)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><\/b><b>QU : 38 : Maintenant que nous ont \u00e9t\u00e9 suffisamment montr\u00e9s le devoir in\u00e9luctable de la pri\u00e8re et la n\u00e9cessit\u00e9 du travail, nous voudrions savoir quels m\u00e9tiers sont compatibles avec notre profession<\/b><\/p>\n<p>R. : D\u00e9terminer avec pr\u00e9cision certains m\u00e9tiers n&rsquo;est pas chose facile, parce que l&rsquo;opportunit\u00e9 de chacun varie selon le caract\u00e8re des lieux, et le mouvement particulier des affaires en chaque contr\u00e9e. On peut toutefois esquisser ce principe g\u00e9n\u00e9ral, qu&rsquo;il faut choisir ceux qui gardent \u00e0 notre vie sa paix et sa tranquillit\u00e9, qui n&rsquo;offrent pas beaucoup de difficult\u00e9s pour l&rsquo;acquisition des mati\u00e8res premi\u00e8res, ni d&rsquo;ennuis pour la vente des produits obtenus, et qui n&rsquo;exigent pas de nous des rencontres mals\u00e9antes ou nuisibles avec hommes ou femmes.<\/p>\n<p>Il faut, d&rsquo;autre part, songer \u00e0 n&rsquo;avoir en tout pour objectif que ce qui est simple et ordinaire, en \u00e9vitant de satisfaire les funestes et sottes passions humaines par la fabrication de ce qu&rsquo;elles recherchent. Pour le tissage, il faut admettre seulement les \u00e9toffes d&rsquo;usage dans la vie courante, et non celles que des gens sans scrupules inventent pour captiver les jeunes et les retenir dans leurs filets. De m\u00eame pour le m\u00e9tier de cordonnier ; n&rsquo;ex\u00e9cuter que ce qui est n\u00e9cessaire dans la vie.<\/p>\n<p>Les m\u00e9tiers de ma\u00e7on, de menuisier, de forgeron et de laboureur sont n\u00e9cessaires en eux-m\u00eames, et procurent de grands avantages ; aussi est-il en g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas les rejeter, \u00e0 moins que, par hasard, ils ne causent du trouble, et ne privent les fr\u00e8res de la vie commune, en quel cas il est n\u00e9cessaire de les proscrire. Nous devons, en effet, pr\u00e9f\u00e9rer les m\u00e9tiers qui gardent notre vie recueillie et appliqu\u00e9e au Seigneur, et n&#8217;emp\u00eachent pas ceux qui veulent s&rsquo;entra\u00eener \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9, de se livrer \u00e0 la pri\u00e8re, \u00e0 la psalmodie et aux autres exercices r\u00e9guliers.<\/p>\n<p>Pourvu qu&rsquo;ils ne comportent rien de nuisible \u00e0 notre genre de vie, plusieurs m\u00e9tiers sont donc dignes de notre choix, et tout sp\u00e9cialement la culture des champs, parce qu&rsquo;elle tient d&rsquo;elle-m\u00eame ce dont elle a besoin, et dispense ceux qui s&rsquo;y adonnent de voyager beaucoup ou de courir \u00e7\u00e0 et l\u00e0, du moment, comme nous l&rsquo;avons dit, qu&rsquo;il ne s&rsquo;ensuive ni trouble ni agitation pour nous, \u00e0 cause des voisins ou de ceux qui vivent avec nous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 39 : Comment faut-il vendre les produits du travail et comment voyager dans ce but ?<\/b><\/p>\n<p>R. : Il faut veiller \u00e0 ne pas vendre au loin les produits de notre travail, et \u00e0 ne pas aller nous-m\u00eames les porter sur le march\u00e9 ; il est bien plus convenable de rester chez soi, bien plus utile aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification des autres et \u00e0 la conservation de la vie r\u00e9guli\u00e8re. C&rsquo;est pourquoi il vaut mieux abaisser et diminuer un peu les prix, que de s&rsquo;en aller au-dehors pour un maigre profit.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;exp\u00e9rience nous montre que c&rsquo;est l\u00e0 chose impossible, qu&rsquo;on choisisse du moins des endroits et des villes o\u00f9 r\u00e8gne la crainte de Dieu, de peur que le voyage soit sans fruit. Les fr\u00e8res se rendront aux foires d\u00e9sign\u00e9es en nombre et en portant chacun le produit de son travail ; ces voyages doivent \u00eatre faits en groupes, afin de permettre la r\u00e9citation des pri\u00e8res et des psaumes, ainsi que l&rsquo;\u00e9dification mutuelle durant le trajet. Arriv\u00e9s sur les lieux, ils descendront \u00e0 la m\u00eame h\u00f4tellerie, pour veiller les uns sur les autres, pour ne laisser \u00e9chapper de nuit, comme de jour, aucune occasion de prier, et pour ne pas se laisser tromper, en traitant isol\u00e9ment avec des gens difficiles et avides, car m\u00eame les plus violents craignent de commettre l&rsquo;injustice en pr\u00e9sence de t\u00e9moins nombreux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 40 : Des foires qui se tiennent \u00e0 l&rsquo;occasion des f\u00eates religieuses<\/b><\/p>\n<p>R. : L&rsquo;Ecriture nous dit toutefois que faire du commerce dans les lieux consacr\u00e9s aux martyrs n&rsquo;est pas convenable pour nous.<\/p>\n<p>Pour se montrer dans les endroits d\u00e9di\u00e9s aux martyrs ou dans leur voisinage, les chr\u00e9tiens ne doivent avoir d&rsquo;autres motifs que le d\u00e9sir de prier ou de se convertir au m\u00eame z\u00e8le que les saints, en se rappelant qu&rsquo;ils ont pers\u00e9v\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;amour de Dieu jusqu&rsquo;\u00e0 la mort. Ils se souviendront aussi de cette col\u00e8re terrible du Seigneur, toujours doux et humble de c c\u0153ur, comme dit l&rsquo;Ecriture (Mt 11, 29), et qui leva cependant le fouet uniquement contre ceux qui vendaient et faisaient des affaires autour du temple (Jn 2, 15), parce qu&rsquo;ils avaient transform\u00e9 la maison de la pri\u00e8re en un repaire de voleurs.<\/p>\n<p>Il est vrai que beaucoup d\u00e9j\u00e0 ont pr\u00e9sum\u00e9 de rompre avec la coutume de jadis en vigueur chez les saints. Au lieu de prier les uns pour les autres, de se prosterner ensemble et de pleurer devant Dieu en invoquant sa piti\u00e9 pour leurs fautes, au lieu de rendre gr\u00e2ces et de s&rsquo;\u00e9difier entre eux par de pieux discours, ce que nous nous souvenons encore d&rsquo;avoir vu, ils profitent de l&rsquo;endroit et de l&rsquo;occasion pour traiter des affaires, \u00e9tablir des foires et tenir des march\u00e9s publics ; mais ce n&rsquo;est pas pour cela que nous devons les suivre, et ratifier cette inconvenance par notre participation.<\/p>\n<p>Notre devoir est plut\u00f4t d&rsquo;imiter ces r\u00e9unions tenues, dit l&rsquo;Evangile, autour de Notre Seigneur, et d&rsquo;observer les prescriptions de l&rsquo;Ap\u00f4tre en accord avec un tel mod\u00e8le ; il \u00e9crit en effet : \u00ab\u00a0Lorsque vous vous rassemblez, si l&rsquo;un ou l&rsquo;autre a son psaume particulier, sa doctrine, son apocalypse, sa langue ou son interpr\u00e9tation, que tout se passe n\u00e9anmoins d&rsquo;une mani\u00e8re \u00e9difiante\u00a0\u00bb (1 Co 14, 26).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 41 : De la volont\u00e9 propre et de l&rsquo;ob\u00e9issance<\/b><\/p>\n<p>R. : Pour ce qui est des m\u00e9tiers admis, il ne faut pas que chacun s&rsquo;adonne \u00e0 celui qu&rsquo;il conna\u00eet ou veut apprendre, mais \u00e0 celui pour lequel il aura \u00e9t\u00e9 reconnu capable ; car celui qui a renonc\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame et a rejet\u00e9 toutes ses volont\u00e9s ne fait pas ce qu&rsquo;il veut, mais ce qu&rsquo;on lui enseigne. Il ne lui est m\u00eame raisonnablement pas permis de choisir lui-m\u00eame ce qui lui convient, parce qu&rsquo;il a, une fois pour toutes, confi\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres le gouvernement de lui-m\u00eame, et ceux-ci, jugeant au nom du Seigneur, l&rsquo;affecteront au travail qu&rsquo;ils auront trouv\u00e9 convenable pour lui.<\/p>\n<p>Celui qui se choisit lui-m\u00eame son occupation, porte sa propre condamnation : tout d&rsquo;abord parce qu&rsquo;il se recherche lui-m\u00eame, ensuite parce que, s&rsquo;il pr\u00e9f\u00e8re ce travail, c&rsquo;est par go\u00fbt de gloire humaine, par espoir du gain ou autre sentiment de ce genre, ou bien encore s&rsquo;il choisit la besogne la plus facile, c&rsquo;est par paresse ou indolence ; or, le fait de se trouver dans de telles dispositions prouve que l&rsquo;on n&rsquo;est pas encore d\u00e9barrass\u00e9 du mal des passions.<\/p>\n<p>Celui-l\u00e0 ne s&rsquo;est pas renonc\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame qui veut satisfaire ses d\u00e9sirs personnels, et il ne s&rsquo;est pas retir\u00e9 des affaires du monde, puisqu&rsquo;il a encore la passion du gain et de la gloire. Il n&rsquo;a pas non plus mortifi\u00e9 ses membres ici-bas, celui qui ne supporte pas de peiner au travail, et il fait preuve de suffisance, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;imagine que son jugement est plus s\u00fbr que l&rsquo;opinion des autres.<\/p>\n<p>Si quelqu&rsquo;un poss\u00e8de un m\u00e9tier non d\u00e9sapprouv\u00e9 par la communaut\u00e9, il ne faut pas qu&rsquo;il l&rsquo;abandonne, car m\u00e9priser ce que l&rsquo;on a, est d&rsquo;un esprit instable et d&rsquo;une volont\u00e9 ind\u00e9cise ; mais s&rsquo;il n&rsquo;en conna\u00eet pas, qu&rsquo;il ne choisisse pas lui-m\u00eame et accepte plut\u00f4t ce que les sup\u00e9rieurs auront d\u00e9cid\u00e9, de sorte qu&rsquo;en tout l&rsquo;ob\u00e9issance soit sauve.<\/p>\n<p>Comme il est d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il ne convient pas de suivre sa propre volont\u00e9, ainsi aussi est-il bl\u00e2mable de ne pas accepter la d\u00e9cision d&rsquo;autrui. Bien mieux, si quelqu&rsquo;un poss\u00e8de un m\u00e9tier non admis dans la fraternit\u00e9, qu&rsquo;il l&rsquo;abandonne volontiers, montrant ainsi n&rsquo;\u00eatre attach\u00e9 \u00e0 rien en ce monde.<\/p>\n<p>Accomplir les d\u00e9sirs de ses propres pens\u00e9es, appartient, selon l&rsquo;Ap\u00f4tre \u00e0 \u00ab\u00a0ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;esp\u00e9rance\u00a0\u00bb (1 Th 4, 13), tandis qu&rsquo;ob\u00e9ir en tout, m\u00e9rite l&rsquo;\u00e9loge, car le m\u00eame Ap\u00f4tre loue certains de s&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0donn\u00e9 d&rsquo;abord au Seigneur, et ensuite \u00e0 nous, pour faire la volont\u00e9 du Seigneur\u00a0\u00bb (2 Co 8, 5).<\/p>\n<p>En tout cas, chacun doit \u00eatre attentif \u00e0 son propre travail, s&rsquo;y appliquer soigneusement et l&rsquo;accomplir int\u00e9gralement, comme sous le regard de Dieu, y apporter un z\u00e8le actif et une sollicitude empress\u00e9e, afin de pouvoir dire toujours : \u00ab\u00a0Comme les yeux des esclaves sont constamment sur la main de leur ma\u00eetre, ainsi nos regards sont tourn\u00e9s vers le Seigneur\u00a0\u00bb (Ps 122, 2).<\/p>\n<p>Il ne faut pas non plus passer d&rsquo;une occupation \u00e0 l&rsquo;autre, car notre nature est incapable de s&rsquo;acquitter de plusieurs fonctions \u00e0 la fois, et il est bien plus utile de se perfectionner avec z\u00e8le dans un m\u00e9tier, que de toucher superficiellement \u00e0 plusieurs. Diviser ses efforts sur de multiples objets et passer de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, aboutit \u00e0 ne rien faire parfaitement, et, en outre, trahit un caract\u00e8re l\u00e9ger ou le rend tel, s&rsquo;il ne l&rsquo;est pas.<\/p>\n<p>Au besoin, celui qui en est capable peut donner son aide dans un autre genre de travail que le sien, encore que ce ne soit pas de sa propre initiative, mais seulement \u00e0 la demande d&rsquo;autrui, car nous ne devons faire cela que si les circonstances l&rsquo;exigent, comme pour les membres du corps par exemple, en nous appuyant sur la main , lorsque le pied fl\u00e9chit.<\/p>\n<p>Encore une fois, comme on ne peut se mettre \u00e0 un travail par initiative personnelle, on est digne de bl\u00e2me, lorsqu&rsquo;on n&rsquo;accepte pas un travail impos\u00e9, car il ne faut ni entretenir le vice de la suffisance, ni enfreindre la loi de l&rsquo;ob\u00e9issance et de la soumission.<\/p>\n<p>Le soin des outils regarde principalement aussi, en chaque m\u00e9tier, l&rsquo;ouvrier qui s&rsquo;en sert ; mais s&rsquo;il se rencontrait de la n\u00e9gligence, les premiers qui s&rsquo;en aper\u00e7oivent doivent y pourvoir diligemment, parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;objets appartenant \u00e0 toute la communaut\u00e9, et, si l&rsquo;usage en est r\u00e9serv\u00e9, l&rsquo;utilit\u00e9 qui en r\u00e9sulte est pour tous. M\u00e9priser ce qui sert \u00e0 un autre m\u00e9tier, comme ne nous servant pas \u00e0 nous, c&rsquo;est donc faire figure d&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Sans doute, il ne faut pas que ceux qui exercent un m\u00e9tier s&rsquo;arrogent la possession des instruments, au point de ne pas laisser le sup\u00e9rieur de la fraternit\u00e9 les employer comme il l&rsquo;entend, et se permettre de les vendre, de les \u00e9changer ou d&rsquo;en disposer autrement, ou encore d&rsquo;en acheter d&rsquo;autres en plus de ceux qu&rsquo;ils ont. Comment celui qui a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 jamais, de n&rsquo;\u00eatre plus ma\u00eetre de ses mains, en remettant \u00e0 un autre le soin d&rsquo;en diriger l&rsquo;activit\u00e9, agira-t-il encore conform\u00e9ment \u00e0 sa d\u00e9cision, s&rsquo;il s&#8217;empare des outils et les traite comme s&rsquo;ils \u00e9taient \u00e0 lui ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 42 : Pour quelle fin et dans quelles dispositions il faut travailler<\/b><\/p>\n<p>R. : Quiconque travaille, sachons-le, doit le faire, non pour subvenir par son labeur \u00e0 ses propres besoins, mais pour accomplir le commandement du Seigneur qui a dit : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai eu faim et vous m&rsquo;avez donn\u00e9 \u00e0 manger\u00a0\u00bb (Mt 25, 35).<\/p>\n<p>Penser \u00e0 soi-m\u00eame est absolument d\u00e9fendu par ces paroles : \u00ab\u00a0Ne vous pr\u00e9occupez pas pour vous, en vous demandant ce que vous aurez \u00e0 manger, ni pour votre corps en vous inqui\u00e9tant du v\u00eatement\u00a0\u00bb (Mt 6, 25). \u00ab\u00a0Car toutes ces choses, ajoutait le Seigneur, ce sont les pa\u00efens qui les recherchent\u00a0\u00bb (Mt 6, 32)<\/p>\n<p>Le but que chacun doit avoir dans son travail est donc de venir en aide aux indigents et non de parer \u00e0 ses propres besoins. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on \u00e9vitera le reproche de s&rsquo;aimer soi-m\u00eame, et qu&rsquo;on sera b\u00e9ni par le Seigneur pour avoir aim\u00e9 ses fr\u00e8res, car Il a dit : \u00ab\u00a0Ce que vous aurez fait au plus petit d&rsquo;entre mes fr\u00e8res c&rsquo;est \u00e0 moi que vous l&rsquo;aurez fait\u00a0\u00bb (Mt 25, 40).<\/p>\n<p>Et que personne ne pense \u00e0 nous opposer ces paroles de l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0S&rsquo;ils travaillent ils mangeront leur propre pain\u00a0\u00bb (2 Th 3, 12) car elles s&rsquo;adressent \u00e0 des paresseux d\u00e9r\u00e9gl\u00e9s, pour leur signifier qu&rsquo;au lieu de vivre dans l&rsquo;oisivet\u00e9, il vaut mieux s&rsquo;occuper au moins chacun de ses int\u00e9r\u00eats, et n&rsquo;\u00eatre pas \u00e0 charge aux autres. \u00ab\u00a0Nous avons appris, dit en effet saint Paul, que certains parmi vous vivent dans le d\u00e9sordre, ne travaillent pas et s&rsquo;occupent de futilit\u00e9s ; nous les invitons et les exhortons par le Seigneur J\u00e9sus Christ \u00e0 manger leur propre pain en travaillant dans la paix\u00a0\u00bb (2 Th 3, 11-12). Il exprime ailleurs la m\u00eame pens\u00e9e : \u00ab\u00a0Nous avons travaill\u00e9 jour et nuit pour n&rsquo;\u00eatre \u00e0 charge de personne\u00a0\u00bb (2 Th 3, 8) ; car, par charit\u00e9 et pour corriger les d\u00e9sordres, il se soumettait lui-m\u00eame au travail, plus qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait dans l&rsquo;ordre de le faire. C&rsquo;est, du reste, s&rsquo;approcher de la perfection que de travailler jour et nuit, pour donner \u00e0 qui a besoin. (Ep 4, 28)<\/p>\n<p>Le fr\u00e8re qui compte sur lui-m\u00eame ou sur celui qui est charg\u00e9 de distribuer le n\u00e9cessaire, et croit que son travail et celui du voisin suffisent pour le faire vivre, est comme celui qui met son esp\u00e9rance en l&rsquo;homme, et il encourt cette condamnation : \u00ab\u00a0Maudit l&rsquo;homme qui esp\u00e8re en l&rsquo;homme, qui s&rsquo;appuie sur la force de son bras et d\u00e9tourne son \u00e2me de Dieu\u00a0\u00bb (Jr 17, 5).<\/p>\n<p>Par ces mots : \u00ab\u00a0qui esp\u00e8re en l&rsquo;homme\u00a0\u00bb, l&rsquo;Ecriture d\u00e9fend de se reposer sur autrui, et par ces paroles : \u00ab\u00a0qui s&rsquo;appuie sur la force de son bras\u00a0\u00bb, elle d\u00e9fend de se confier en soi-m\u00eame. Elle appelle apostasie l&rsquo;une et l&rsquo;autre de ces dispositions, et elle ajoute quel en est l&rsquo;aboutissement : \u00ab\u00a0Il est comme une bruy\u00e8re sauvage dans le d\u00e9sert, et il ne verra point arriver le bonheur\u00a0\u00bb (Jr 17, 6). Elle montre donc ainsi que mettre sa confiance en soi-m\u00eame ou en autrui, c&rsquo;est s&rsquo;\u00e9carter du Seigneur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 43 : Ces r\u00e8gles \u00e0 suivre dans le travail nous suffisent pour le moment, car par l&rsquo;exp\u00e9rience nous apprendrons \u00e0 d\u00e9couvrir le reste. Nous voudrions \u00e0 pr\u00e9sent entendre d\u00e9terminer bien clairement quelles qualit\u00e9s doivent avoir les sup\u00e9rieurs et comment ils doivent gouverner<\/b><\/p>\n<p>R. : Nous avons, il est vrai, d\u00e9j\u00e0 dit quelques mots de cette charge, mais puisque vous voulez un expos\u00e9 plus ample, avec raison du reste, car tel est le sup\u00e9rieur et tel est ordinairement aussi la conduite de l&rsquo;inf\u00e9rieur, force nous est de ne pas passer outre comme si c&rsquo;\u00e9tait sans importance. Se souvenant donc de l&rsquo;avertissement de l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Sois l&rsquo;exemple des fid\u00e8les\u00a0\u00bb (1 Tm 4, 12), le sup\u00e9rieur fera de sa vie un mod\u00e8le manifeste d&rsquo;observance de la loi divine et ses disciples n&rsquo;auront ainsi aucun pr\u00e9texte pour affirmer qu&rsquo;un commandement du Seigneur est impossible \u00e0 ex\u00e9cuter ou peut \u00eatre d\u00e9daign\u00e9.<\/p>\n<p>Il doit tout d&rsquo;abord et en premier lieu pratiquer l&rsquo;humilit\u00e9 dans la charit\u00e9 du Christ en sorte que, m\u00eame lorsqu&rsquo;il ne parle pas, l&rsquo;exemple de sa conduite soit un enseignement plus puissant que n&rsquo;importe quel discours.<\/p>\n<p>Si la r\u00e8gle de la vie chr\u00e9tienne est, en effet, d&rsquo;imiter le Christ dans les limites de la nature humaine qu&rsquo;Il a assum\u00e9e et chacun selon sa vocation, ceux qui ont charge de diriger les autres doivent faire progresser les faibles dans l&rsquo;assimilation au Christ en leur servant comme d&rsquo;interm\u00e9diaires, selon la parole du Bienheureux Paul : \u00ab\u00a0Imitez-moi comme j&rsquo;imite le Christ\u00a0\u00bb (1 Co 11, 1).<\/p>\n<p>Ils seront donc les premiers \u00e0 exercer l&rsquo;humilit\u00e9 comme le veut notre Seigneur J\u00e9sus Christ, et ils deviendront de parfaits mod\u00e8les de cette vertu, car il a dit : \u00ab\u00a0Apprenez de moi car je suis doux et humble de c\u0153ur\u00a0\u00bb (Mt 11, 29). Que l&rsquo;humilit\u00e9 et la douceur soient par cons\u00e9quent les caract\u00e9ristiques du sup\u00e9rieur, car si le Seigneur n&rsquo;a pas d\u00e9daign\u00e9 de servir ses propres sujets et a consenti \u00e0 se faire lui-m\u00eame le serviteur de cette terre et de cette boue qu&rsquo;il a fa\u00e7onn\u00e9e et rev\u00eatue de la forme humaine &#8211; \u00ab\u00a0Je suis parmi vous, a-t-il dit, comme celui qui vous sert\u00a0\u00bb (Lc 22, 27) &#8211; que ne devons-nous faire pour nos \u00e9gaux avant de nous croire parvenus \u00e0 sa ressemblance ?<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc, pour le sup\u00e9rieur, ce qu&rsquo;il importe tellement d&rsquo;\u00eatre avant tout.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;il soit \u00e9galement mis\u00e9ricordieux et souffre patiemment ceux qui manquent \u00e0 leur devoir par ignorance ; qu&rsquo;il ne garde pas le silence sur les fautes commises mais traite les coupables avec douceur en leur appliquant en toute mis\u00e9ricorde et mod\u00e9ration la correction salutaire, car il doit \u00eatre capable de trouver le traitement adapt\u00e9 \u00e0 chaque \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me. Il ne doit pas faire des reproches avec arrogance, mais avertir et corriger avec douceur comme le veut l&rsquo;Ecriture (2 Tm 2, 25), \u00eatre sage dans le pr\u00e9sent, pr\u00e9voyant pour l&rsquo;avenir, capable de combattre avec les forts et de supporter l&rsquo;impuissance des faibles, \u00e0 m\u00eame enfin de dire et de faire tout ce qu&rsquo;il faut pour le redressement de ses compagnons.<\/p>\n<p>Personne ne s&rsquo;arrogera le gouvernement de la fraternit\u00e9, c&rsquo;est aux sup\u00e9rieurs des autres communaut\u00e9s qu&rsquo;il appartient de le conf\u00e9rer \u00e0 celui qui aura donn\u00e9 des preuves suffisantes de son caract\u00e8re : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;ils soient d&rsquo;abord \u00e9prouv\u00e9s, dit l&rsquo;Ap\u00f4tre, et qu&rsquo;ils remplissent ensuite leur minist\u00e8re s&rsquo;ils sont sans tache\u00a0\u00bb (1 Tm 3, 10).<\/p>\n<p>Qui remplit ces conditions assumera donc la charge de sup\u00e9rieur, veillera \u00e0 la discipline parmi les fr\u00e8res et distribuera les travaux selon les aptitudes de chacun.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 44 : A qui permettre de s&rsquo;absenter et comment interroger ceux qui rentrent de voyage<\/b><\/p>\n<p>R. : On permettra de voyager \u00e0 ceux-l\u00e0 seuls qui peuvent le faire sans d\u00e9triment pour leur \u00e2me et de mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre utiles aux autres.<\/p>\n<p>Si personne n&rsquo;en est capable, il vaut mieux manquer du n\u00e9cessaire et souffrir, m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, n&rsquo;importe quelle d\u00e9tresse et n&rsquo;importe quelle restriction, plut\u00f4t que de faire fi d&rsquo;un dommage spirituel certain pour obtenir un soulagement mat\u00e9riel. \u00ab\u00a0J&rsquo;aimerais mieux mourir, dit l&rsquo;Ap\u00f4tre, plut\u00f4t que de me laisser enlever ce qui me procure la gloire\u00a0\u00bb (1 Co 9, 15). Or, il s&rsquo;agissait pour lui d&rsquo;observances facultatives ; combien est-il donc plus n\u00e9cessaire d&rsquo;agir ainsi lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;observance des commandements ?<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la charit\u00e9, cependant, cette situation ne serait pas sans rem\u00e8des, car s&rsquo;il n&rsquo;y a personne dans la fraternit\u00e9 qu&rsquo;on puisse envoyer dehors, les fr\u00e8res qui ont des int\u00e9r\u00eats voisins compenseront en organisant des exp\u00e9ditions en commun et groupes bien unis, en sorte que ceux qui sont faibles d&rsquo;\u00e2me ou d\u00e9biles de corps trouvent leur salut dans la compagnie de plus forts. Celui qui en est charg\u00e9 prendra du reste ses dispositions \u00e0 l&rsquo;avance, de peur que le temps ne vienne \u00e0 manquer pour procurer au moment voulu ce dont on a besoin.<\/p>\n<p>Au retour on interrogera celui qui s&rsquo;est absent\u00e9 sur ce qu&rsquo;il a fait, les personnes qu&rsquo;il a rencontr\u00e9es, les conversations tenues avec elles, ses pens\u00e9es elles-m\u00eames ; on lui demandera s&rsquo;il a v\u00e9cu jour et nuit dans la crainte de Dieu et s&rsquo;il n&rsquo;a pas transgress\u00e9 ou viol\u00e9 quelqu&rsquo;une des d\u00e9cisions prises, soit en c\u00e9dant aux occasions ext\u00e9rieures, soit en se laissant entra\u00eener par sa propre n\u00e9gligence. On le f\u00e9licitera alors s&rsquo;il s&rsquo;est bien comport\u00e9, et, s&rsquo;il a commis une faute, on le reprendra par une juste et sage exhortation.<\/p>\n<p>Ceux qui seront en chemin seront plus vigilants d\u00e8s qu&rsquo;ils sauront devoir ainsi rendre compte de leur voyage, et, d&rsquo;autre part, ils verront que nous ne perdons pas de vue leur salut, m\u00eame lorsqu&rsquo;ils sont au loin.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit des Actes nous rapporte que c&rsquo;\u00e9tait \u00e9galement l&rsquo;habitude chez les saints, et nous apprend comment Pierre allant \u00e0 J\u00e9rusalem, y rendit compte de sa conduite vis-\u00e0-vis des gentils (Ac 11, 5), comment Paul et Barnab\u00e9, \u00e0 leur retour, rassembl\u00e8rent les fid\u00e8les et leur expos\u00e8rent ce que le Seigneur avait fait par eux, et comment enfin tout le peuple se taisait pour entendre Paul et Barnab\u00e9 raconter ce que Dieu avait op\u00e9r\u00e9 (Ac 15, 12).<\/p>\n<p>Il faut bien savoir, en tout cas, que les fraternit\u00e9s doivent absolument rejeter les fraudes, les sp\u00e9culations et les gains d\u00e9loyaux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 45 : Qu&rsquo;il faut apr\u00e8s le sup\u00e9rieur, quand celui-ci est absent ou emp\u00each\u00e9, un fr\u00e8re capable d&rsquo;assumer la direction<\/b><\/p>\n<p>R. : Comme il arrive souvent que le sup\u00e9rieur de la fraternit\u00e9 soit s\u00e9par\u00e9 d&rsquo;elle pour cause de maladie, de voyage n\u00e9cessaire ou autre motif, il faudra, pour le remplacer en ces circonstances, un fr\u00e8re d\u00e9sign\u00e9 et approuv\u00e9 par lui-m\u00eame et par les fr\u00e8res capables de donner leur avis. Celui-ci prendra soin de la fraternit\u00e9 en l&rsquo;absence du sup\u00e9rieur, en sorte qu&rsquo;il y ait au moins quelqu&rsquo;un pour exercer envers ceux qui restent le minist\u00e8re de la parole, car si elle reste priv\u00e9e de sup\u00e9rieur elle pourrait se transformer en une esp\u00e8ce de d\u00e9mocratie dans l&rsquo;oubli de la r\u00e8gle et de la discipline traditionnelle.<\/p>\n<p>Il devra garder \u00e0 l&rsquo;esprit les r\u00e8gles judicieusement \u00e9tablies pour la gloire de Dieu et r\u00e9pondre avec \u00e0 propos aux h\u00f4tes de passage afin d&rsquo;\u00e9difier dignement ceux qui demandent l&rsquo;aum\u00f4ne de la parole pour quoi que ce soit, et \u00e9viter ainsi que la communaut\u00e9 ait \u00e0 rougir de confusion. Se pr\u00e9cipiter tous ensemble pour parler serait en effet cause de trouble et signe d&rsquo;indiscipline, aussi l&rsquo;Ap\u00f4tre ne permet-il pas \u00e0 ceux qui sont honor\u00e9s du don d&rsquo;enseigner, de prendre la parole en m\u00eame temps, lorsqu&rsquo;il dit : \u00ab\u00a0Si un autre re\u00e7oit une r\u00e9v\u00e9lation, que le premier se taise\u00a0\u00bb (1 Co 14, 30), et il r\u00e9prouve encore l&rsquo;inconvenance d&rsquo;un tel d\u00e9sordre en disant : \u00ab\u00a0Si dans une assembl\u00e9e de l&rsquo;Eglise enti\u00e8re tous parlent des langues diff\u00e9rentes et qu&rsquo;il survienne des ignorants ou des incroyants, ne diront-ils pas que vous \u00eates fous ?\u00a0\u00bb (1 Co 14, 23)<\/p>\n<p>Si un \u00e9tranger interroge un autre par erreur, celui qui sera questionn\u00e9 ainsi \u00e0 la place de son fr\u00e8re, m\u00eame s&rsquo;il est capable de r\u00e9pondre parfaitement, respectera cependant la r\u00e8gle et ne parlera pas, mais il indiquera celui \u00e0 qui cette charge a \u00e9t\u00e9 d\u00e9volue, comme les Ap\u00f4tres le firent pour le Seigneur, afin que le minist\u00e8re de la parole soit exerc\u00e9 dans l&rsquo;ordre et suivant les convenances. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit des soins du corps, il n&rsquo;appartient pas \u00e0 n&rsquo;importe qui d&rsquo;appliquer le fer au malade mais \u00e0 celui qui a une longue exp\u00e9rience et qu&rsquo;une longue \u00e9tude de l&rsquo;enseignement des ma\u00eetres a instruit dans cet art ; comment d\u00e8s lors serait-il raisonnable que les premiers venus se m\u00ealent d&rsquo;administrer le rem\u00e8de de la parole ? Surtout que la moindre maladresse peut ici causer de tels dommages.<\/p>\n<p>Dans une fraternit\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on ne permet pas \u00e0 n&rsquo;importe qui de distribuer le pain, mais o\u00f9 l&rsquo;on cro\u00eet devoir confier cette charge \u00e0 un seul bien \u00e9prouv\u00e9, combien n&rsquo;est-il pas plus n\u00e9cessaire que l&rsquo;aliment spirituel soit livr\u00e9 avec sagesse et pr\u00e9caution \u00e0 ceux qui le demandent par l&rsquo;un des fr\u00e8res les plus capables ? C&rsquo;est donc faire preuve d&rsquo;une suffisance peu commune que d&rsquo;oser r\u00e9pondre ainsi avec assurance et \u00e0 l&rsquo;improviste lorsqu&rsquo;on est interrog\u00e9 sur la loi divine, au lieu d&rsquo;indiquer celui qui est charg\u00e9 du minist\u00e8re de la parole, lequel, \u00e9conome fid\u00e8le et avis\u00e9, a \u00e9t\u00e9 choisi pour dispenser la nourriture spirituelle en temps opportun (Lc 12, 42), et faire avec discernement l&rsquo;aum\u00f4ne de la parole (Ps 111, 5), comme il est \u00e9crit.<\/p>\n<p>S&rsquo;il \u00e9chappe quelque chose \u00e0 celui qui doit r\u00e9pondre et qu&rsquo;un autre s&rsquo;en aper\u00e7oive, il ne doit pas se pr\u00e9cipiter imm\u00e9diatement pour le reprendre, mais lui dire sa pens\u00e9e en particulier ; il arrive souvent en effet que des inf\u00e9rieurs trouvent l\u00e0 une occasion de s&rsquo;\u00e9riger contre le sup\u00e9rieur. C&rsquo;est pourquoi si quelqu&rsquo;un r\u00e9pond \u00e0 un \u00e9tranger, bien peut-\u00eatre, mais \u00e0 contre temps, il encourt la peine due au d\u00e9sordre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 46 : Qu&rsquo;il ne faut dissimuler ni sa faute ni celle d&rsquo;autrui<\/b><\/p>\n<p>R. : Toute faute doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e au sup\u00e9rieur ou par celui qui l&rsquo;a commise ou par ceux qui en ont connaissance, lorsqu&rsquo;ils ne peuvent y rem\u00e9dier par eux-m\u00eames suivant la prescription du Seigneur, car un vice gard\u00e9 secret est une maladie latente de l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas celui qui enfermerait en nous ces germes mortels que nous appellerions bienfaiteur, mais au contraire celui qui les d\u00e9couvre au prix de la souffrance et de la douleur, afin qu&rsquo;on puisse ou les vomir ou, d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, trouver facilement des rem\u00e8des appropri\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence de la maladie. Ainsi c&rsquo;est pr\u00e9parer la mort du malade avec lui que de garder sa faute cach\u00e9e ? \u00ab\u00a0car le p\u00e9ch\u00e9, dit l&rsquo;Ecriture, est l&rsquo;aiguillon de la mort\u00a0\u00bb (1 Co 15, 56) et \u00ab\u00a0les reproches faits ouvertement sont pr\u00e9f\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9 qui dissimule\u00a0\u00bb (Pr 27, 5).<\/p>\n<p>Un fr\u00e8re ne dissimulera donc pas la faute d&rsquo;un autre s&rsquo;il ne veut devenir son meurtrier plut\u00f4t que son ami ; il ne cachera pas davantage sa propre faute, \u00ab\u00a0car, est-il dit, celui qui ne se corrige pas dans ses \u0153uvres est fr\u00e8re de celui qui se d\u00e9truit lui-m\u00eame\u00a0\u00bb (Pr 18,9)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 47 : De ceux qui n&rsquo;admettent pas les d\u00e9cisions du sup\u00e9rieur<\/b><\/p>\n<p>R. : Celui qui n&rsquo;accepte pas les d\u00e9cisions prises par le sup\u00e9rieur doit, en public ou en particulier, all\u00e9guer contre lui, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;Ecriture, une raison valable s&rsquo;il en a, autrement qu&rsquo;il accomplisse l&rsquo;ordre en silence.<\/p>\n<p>S&rsquo;il n&rsquo;ose parler, qu&rsquo;il le fasse par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;un autre. Si l&rsquo;ordre donn\u00e9 est en contradiction avec l&rsquo;Ecriture il se pr\u00e9servera ainsi et pr\u00e9servera ses fr\u00e8res du mal qui en r\u00e9sulterait.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;ordre, au contraire, est d\u00e9montr\u00e9 conforme \u00e0 l&rsquo;Ecriture, il se d\u00e9livrera lui-m\u00eame de doutes inutiles et dangereux, \u00ab\u00a0car celui qui doute sera condamn\u00e9, dit l&rsquo;Ecriture, parce qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas agit de bonne foi\u00a0\u00bb (Rm 14, 23). D&rsquo;autre part, les plus simples ne glisseront pas dans la d\u00e9sob\u00e9issance \u00e0 cause d&rsquo;eux,\u00a0\u00bbcar il vaut mieux, dit le Seigneur, \u00eatre jet\u00e9 dans la mer avec une meule de moulin au cou plut\u00f4t que de scandaliser un de ces petits\u00a0\u00bb (Mt 18, 6).<\/p>\n<p>Ceux qui persistent \u00e0 ne pas ob\u00e9ir et murmurent secr\u00e8tement, au lieu de d\u00e9clarer ouvertement ce qui les arr\u00eate, seront expuls\u00e9s de la fraternit\u00e9, car ils s\u00e8ment le doute chez les fr\u00e8res, ruinent la confiance dans les ordres donn\u00e9s et enseignent l&rsquo;insubordination et la r\u00e9volte : \u00ab\u00a0Chasse le moqueur, dit l&rsquo;Ecriture, et la dispute s&rsquo;en ira\u00a0\u00bb (Pr 22, 10), et encore : \u00ab\u00a0Repoussez le m\u00e9chant, parce qu&rsquo;un peu de ferment fait lever toute la p\u00e2te\u00a0\u00bb (1 Co 5, 13).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 48 : Qu&rsquo;il ne faut pas scruter la conduite du sup\u00e9rieur, mais s&rsquo;occuper de ce que l&rsquo;on a soi-m\u00eame \u00e0 faire<\/b><\/p>\n<p>R. : Afin que nul ne tombe trop facilement dans ce vice de la critique et ne nuise ainsi \u00e0 lui-m\u00eame et aux autres, il faut veiller \u00e0 ce que personne absolument dans la fraternit\u00e9 ne s&rsquo;ing\u00e8re dans la conduite du sup\u00e9rieur et ne s&rsquo;occupe indiscr\u00e8tement de ce qui se passe, except\u00e9 ceux que leur rang et leur prudence qualifie aupr\u00e8s du sup\u00e9rieur pour qu&rsquo;il en prenne le sentiment et le conseil dans les affaires de la communaut\u00e9, se conformant en cela \u00e0 l&rsquo;Ecriture qui a dit : \u00ab\u00a0Fait tout avec conseil\u00a0\u00bb (Qo 32, 24)<\/p>\n<p>Si nous avons confi\u00e9 \u00e0 un fr\u00e8re la direction de notre vie en sachant bien qu&rsquo;il devra en rendre compte \u00e0 Dieu, il est tout \u00e0 fait d\u00e9raisonnable de lui refuser notre confiance dans les circonstances les plus ordinaires, et d&rsquo;accumuler en soi ou d&rsquo;exciter chez les autres des suspicions absurdes contre lui.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter cela, que chacun reste au poste pour lequel il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 et s&rsquo;applique seulement \u00e0 ce qu&rsquo;on lui a dit de faire, sans s&rsquo;occuper de la conduite des autres, imitant ainsi les Ap\u00f4tres qui auraient certes pu concevoir des soup\u00e7ons au sujet de la Samaritaine, mais desquels aucun ne demanda : \u00ab\u00a0Que veux-tu ?\u00a0\u00bb ou : \u00ab\u00a0Pourquoi parles-tu avec elle ?\u00a0\u00bb (Jn 4, 27)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><\/b><b>QU : 49 : Des contestations qui surviennent entre fr\u00e8res<\/b><\/p>\n<p>R. : Pour ce qui est des contestations qui peuvent surgir, si des fr\u00e8res sont en d\u00e9saccord ils ne se r\u00e9sisteront pas mutuellement avec \u00e2pret\u00e9, mais ils s&rsquo;en remettront \u00e0 la d\u00e9cision de ceux qui ont autorit\u00e9 en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter le d\u00e9sordre et les occasions de bavarder ou de plaisanter qui se r\u00e9aliseraient si tous pouvaient toujours interroger, on d\u00e9signera un fr\u00e8re \u00e9prouv\u00e9 pour soumettre \u00e0 l&rsquo;examen de la communaut\u00e9 les questions pos\u00e9es par certains, ou en r\u00e9f\u00e9rer au sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ces questions seront ainsi examin\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on plus normale et plus sage, car s&rsquo;il faut en toute circonstance du savoir et de l&rsquo;exp\u00e9rience, il en faut particuli\u00e8rement en cette occasion, et si personne ne confie des instruments \u00e0 qui ne sait pas s&rsquo;en servir, a fortiori ne permettra-t-on de parler qu&rsquo;\u00e0 ceux qui en sont capables. Ceux-ci doivent pouvoir discerner o\u00f9, quand et comment on peut interroger, comparer avec douceur et prudence, \u00e9couter avec sagesse et r\u00e9soudre pour l&rsquo;\u00e9dification de la communaut\u00e9 les questions propos\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 50 : Comment le sup\u00e9rieur doit r\u00e9primer les faute<\/b><\/p>\n<p>R. : Le sup\u00e9rieur ne doit pas r\u00e9primander avec passion, car faire avec col\u00e8re et avec violence des reproches \u00e0 un fr\u00e8re, ce n&rsquo;est pas le d\u00e9livrer de sa faute, mais se pr\u00e9cipiter soi-m\u00eame dans le p\u00e9ch\u00e9 ; c&rsquo;est pourquoi il est \u00e9crit : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;il corrige dans la douceur ceux qui lui r\u00e9sistent\u00a0\u00bb (2 Tm 2, 25).<\/p>\n<p>Il ne s&#8217;emportera donc pas lorsqu&rsquo;on l&rsquo;aura offens\u00e9 lui-m\u00eame pour se montrer ensuite indulgent pour le coupable lorsque c&rsquo;est un autre qui est en jeu, mais il montrera au contraire dans ce dernier cas un m\u00e9contentement plus grand. Il \u00e9chappera de la sorte au soup\u00e7on d&rsquo;amour-propre et indiquera par sa conduite ainsi nuanc\u00e9e, selon qu&rsquo;il s&rsquo;agit de lui-m\u00eame ou d&rsquo;un autre, qu&rsquo;il ne hait pas le coupable mais cherche uniquement \u00e0 enrayer le p\u00e9ch\u00e9. S&rsquo;il met au contraire plus d&rsquo;indignation, non quand il s&rsquo;agit d&rsquo;un autre, mais quand il s&rsquo;agit de lui, il montre qu&rsquo;il s&rsquo;irrite moins \u00e0 cause de Dieu ou du danger couru par le coupable que par amour-propre et esprit autoritaire.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;il faut donc, c&rsquo;est montrer du z\u00e8le pour l&rsquo;honneur de Dieu atteint par l&rsquo;infraction \u00e0 sa loi, faire preuve de charit\u00e9 et de mis\u00e9ricorde pour sauver le fr\u00e8re que sa faute met en p\u00e9ril, car \u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e2me qui a p\u00e9ch\u00e9 mourra\u00a0\u00bb (Ez 18, 4), poursuivre tout p\u00e9ch\u00e9 en tant que p\u00e9ch\u00e9 et manifester l&rsquo;ardeur de son \u00e2me par son empressement \u00e0 en tirer satisfaction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 51 : Comment il faut corriger le p\u00e9cheur<\/b><\/p>\n<p>R. : On doit corriger comme en m\u00e9decine on soigne les malades, sans se mettre en col\u00e8re contre les faiblesses, mais en combattant la maladie et en opposant un obstacle aux passions, en soumettant l&rsquo;\u00e2me \u00e0 un r\u00e9gime des plus rudes si c&rsquo;est n\u00e9cessaire pour son mal. On soignera par exemple l&rsquo;amour de la vaine gloire en imposant d&rsquo;humbles occupations. On gu\u00e9rira les bavards par le silence, les dormeur par les veilles de pri\u00e8res ; on rem\u00e9diera \u00e0 la paresse par les travaux p\u00e9nibles, \u00e0 la gourmandise par le je\u00fbne, au murmure par l&rsquo;isolement, de fa\u00e7on que personne n&rsquo;ose travailler avec le murmurateur et que m\u00eame ce qu&rsquo;il fait soit mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, \u00e0 moins que la p\u00e9nitence accept\u00e9e sans respect humain ne montre que le coupable s&rsquo;est corrig\u00e9 ; on recevra alors le travail entach\u00e9 de murmure. On ne le mettra cependant pas au service des fr\u00e8res, mais on l&rsquo;utilisera autrement : la raison en a \u00e9t\u00e9 suffisamment expos\u00e9e plus haut.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 52 : Dans quels sentiments il faut recevoir la correction<\/b><\/p>\n<p>R. : Comme le sup\u00e9rieur, avons-nous dit, doit appliquer sans passion la correction salutaire aux faibles, de m\u00eame ceux qui en sont l&rsquo;objet doivent accepter les ch\u00e2timents sans animosit\u00e9, et ne pas appeler tyrannie, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que par mis\u00e9ricorde on prend au salut de leur \u00e2me.<\/p>\n<p>Ce serait une honte d&rsquo;accorder aux m\u00e9decins du corps assez de confiance pour leur donner le titre de bienfaiteurs, m\u00eame lorsqu&rsquo;ils taillent, br\u00fblent ou imposent une potion am\u00e8re, et de ne pas avoir la m\u00eame attitude envers ceux qui soignent nos \u00e2mes, aussit\u00f4t qu&rsquo;ils travaillent \u00e0 nous sauver en nous faisant souffrir ; car l&rsquo;Ap\u00f4tre a dit : \u00ab\u00a0Qui peut me r\u00e9jouir, sinon celui que j&rsquo;ai d&rsquo;abord attrist\u00e9 ?\u00a0\u00bb (2 Co 2, 2) et : \u00ab\u00a0Cette tristesse selon Dieu, quel z\u00e8le n&rsquo;a-t-elle pas ensuite produit en vous ?\u00a0\u00bb (2 Co 7,1 1)<\/p>\n<p>Celui qui consid\u00e8re la fin doit donc regarder comme un bienfaiteur celui qui l&rsquo;afflige selon Dieu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 53 : Comment ceux qui enseignent les m\u00e9tiers doivent corriger les enfants pris en faute<\/b><\/p>\n<p>R. : Certes, si dans l&rsquo;apprentissage des m\u00e9tiers les enfants commettent des fautes contre le m\u00e9tier, les ma\u00eetres doivent eux-m\u00eames leur reprocher leur n\u00e9gligence ou redresser leur erreur.<\/p>\n<p>Cependant, lorsque ces manquements sont l&rsquo;indice de d\u00e9fauts du caract\u00e8re comme les d\u00e9sob\u00e9issances, les r\u00e9pliques, la paresse au travail, l&rsquo;oisivet\u00e9, le mensonge ou d&rsquo;autres transgressions \u00e0 la loi de Dieu, il faut conduire les enfants \u00e0 celui qui est charg\u00e9 de la discipline g\u00e9n\u00e9rale et les confondre devant lui ; celui-ci pourra alors d\u00e9terminer dans quelle mesure et comment corriger les fautes.<\/p>\n<p>Si imposer un ch\u00e2timent n&rsquo;est autre chose, en effet, que de soigner une \u00e2me, ce n&rsquo;est pas au premier venu de s&rsquo;en m\u00ealer, pas plus que de faire le m\u00e9decin, mais seulement \u00e0 celui \u00e0 qui le sup\u00e9rieur en aura confi\u00e9 la charge apr\u00e8s m\u00fbr examen.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 54 : Du devoir pour les sup\u00e9rieurs de la fraternit\u00e9, de traiter ensemble des affaires qui les concernent<\/b><\/p>\n<p>R. : Il est bon que les sup\u00e9rieurs des fraternit\u00e9s se r\u00e9unissent \u00e0 des \u00e9poques et en des endroits d\u00e9termin\u00e9s. Ils se feront alors conna\u00eetre les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans le r\u00e8glement des affaires ou dans le gouvernement des \u00e2mes, et la mani\u00e8re dont ils se seront comport\u00e9s en ces circonstances. De cette fa\u00e7on si l&rsquo;un d&rsquo;eux a commis une erreur, la discussion la fera certainement ressortir, et celui qui aura bien agi verra sa conduite confirm\u00e9e par les approbations qu&rsquo;il recevra.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>QU : 55 : Si le recours \u00e0 la m\u00e9decine est conforme \u00e0 l&rsquo;esprit de la vie de pi\u00e9t\u00e9<\/b><\/p>\n<p>R. : Chacun des diff\u00e9rents arts nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Dieu pour rem\u00e9dier \u00e0 l&rsquo;insuffisance de la nature : l&rsquo;agriculture, par exemple, parce que les produits de la terre ne naissent pas spontan\u00e9ment en assez grande abondance pour nos besoins, l&rsquo;art du tissage parce qu&rsquo;il nous faut absolument des v\u00eatements pour nous couvrir d\u00e9cemment, et nous prot\u00e9ger contre les morsures de l&rsquo;air ; de m\u00eame l&rsquo;art de construire, et il en est ainsi certainement pour l&rsquo;art de la m\u00e9decine.<\/p>\n<p>Le corps est sujet \u00e0 de nombreuses maladies provenant de causes ext\u00e9rieures ou int\u00e9rieures comme la nourriture, et il souffre tant\u00f4t d&rsquo;exc\u00e8s, tant\u00f4t d&rsquo;insuffisance ; c&rsquo;est pourquoi Dieu, mod\u00e9rateur de toute notre vie, nous a fait pr\u00e9sent de la m\u00e9decine, et celle-ci, en retranchant ce qui exc\u00e8de et en fournissant ce qui manque, symbolise l&rsquo;art de soigner les \u00e2mes.<\/p>\n<p>Comme nous n&rsquo;aurions pas d\u00fb nous pr\u00e9occuper de la terre ni la travailler au Paradis de d\u00e9lices, nous ne devrions pas maintenant recourir \u00e0 la m\u00e9decine, si nous \u00e9tions \u00e0 l&rsquo;abri de la maladie autant que nous l&rsquo;\u00e9tions avant la faute, gr\u00e2ce aux dons re\u00e7us dans la cr\u00e9ation. Cependant apr\u00e8s l&rsquo;exil et la sentence : \u00ab\u00a0Tu mangeras ton pain \u00e0 la sueur de ton front\u00a0\u00bb (Gn 3, 19), nous avons pu rem\u00e9dier aux cons\u00e9quences de la mal\u00e9diction, car, \u00e0 force d&rsquo;exp\u00e9riences dans le travail p\u00e9nible de la terre, et moyennant l&rsquo;intelligence et la compr\u00e9hension que le Seigneur nous donna de cet art, nous avons invent\u00e9 l&rsquo;agriculture.<\/p>\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on, renvoy\u00e9s sur la terre d&rsquo;o\u00f9 nous avions \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s, li\u00e9es \u00e0 une chair de douleur, vou\u00e9s \u00e0 la mort \u00e0 cause du p\u00e9ch\u00e9, et, par suite, soumis \u00e0 toutes les maladies, nous obt\u00eenmes de Dieu le soulagement que la m\u00e9decine procure aux malades dans la mesure o\u00f9 elle le peut.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est point par hasard que germent sur le sol des plantes, qui ont des propri\u00e9t\u00e9s particuli\u00e8res pour gu\u00e9rir chaque maladie ; il est au contraire \u00e9vident que le Cr\u00e9ateur les veut \u00e0 notre usage. On trouve donc une vertu sp\u00e9ciale dans les racines, dans les fleurs, dans les fruits, dans les feuilles ou dans les sucs, dans les herbes qui grandissent dans la mer et celles que l&rsquo;on trouve au fond des carri\u00e8res ; les unes entrent dans la composition d&rsquo;aliments, les autres servent \u00e0 faire des boissons.<\/p>\n<p>Le chr\u00e9tien doit cependant \u00e9viter ce qui est superflu, recherch\u00e9, demande beaucoup d&rsquo;appr\u00eat, ou semble orienter toute notre vie vers les soins du corps, et, lorsqu&rsquo;on doit recourir \u00e0 la m\u00e9decine, il faut prendre garde de ne pas lui attribuer exclusivement la sant\u00e9 ou la maladie, mais accepter ses prescriptions pour manifester la gloire de Dieu et comme une figure des soins que nous devons \u00e0 l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Les soulagements de la m\u00e9decine faisant d\u00e9faut, il ne faut pas voir en elle notre seul espoir de gu\u00e9rison, car le Seigneur, ne l&rsquo;oublions pas, ne permettra pas que nous souffrions au-del\u00e0 de nos forces (1 Co 10, 13). Peut-\u00eatre aussi en agira-t-il avec nous, comme lorsqu&rsquo;il prit de la boue, s&rsquo;en servit comme d&rsquo;un onguent, et ordonna \u00e0 l&rsquo;aveugle de se laver \u00e0 la fontaine de Silo\u00e9 (Jn 9, 6-7), ou lorsqu&rsquo;il se contenta d&rsquo;exprimer un ordre en disant : \u00ab\u00a0Je le veux, soit gu\u00e9ri\u00a0\u00bb (Mt 8, 3), ou encore lorsqu&rsquo;il en laissa d&rsquo;autres s&rsquo;exercer dans la souffrance, afin de se les rendre plus agr\u00e9ables \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9preuve.<\/p>\n<p>Parfois, en effet, il nous touche secr\u00e8tement et \u00e0 notre insu, quand il en voit l&rsquo;utilit\u00e9 pour nos \u00e2mes. Parfois aussi il juge bon d&rsquo;apporter \u00e0 nos maux des rem\u00e8des mat\u00e9riels, afin de rendre plus durable le souvenir du bienfait par la longueur du traitement, ou, comme je l&rsquo;ai dit, pour nous donner une image des soins que nous devons accorder \u00e0 l&rsquo;\u00e2me ; car, s&rsquo;il faut enlever du corps ce qui g\u00eane, et lui procurer ce qui lui manque, ainsi faut-il \u00e9carter de l&rsquo;\u00e2me ce qui ne lui convient pas, et lui donner ce que sa nature r\u00e9clame, le Seigneur ayant fait l&rsquo;homme droit (Qo 7, 29) et nous ayant cr\u00e9\u00e9s pour que nos \u0153uvres soient bonnes, et que nous marchions en elles.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de gu\u00e9rir le corps nous acceptons incisions, amputations ou m\u00e9dicaments amers, acceptons donc aussi, dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de notre \u00e2me, les r\u00e9primandes qui tranchent et la potion \u00e2pre des reproches. Le proph\u00e8te se r\u00e9pand pr\u00e9cis\u00e9ment en plaintes contre ceux qui ne se sont pas laiss\u00e9s corriger : \u00ab\u00a0N&rsquo;y a-t-il pas de baume dans Galaad ? dit-il. N&rsquo;y a-t-il pas de m\u00e9decin ? Pourquoi la fille de mon peuple n&rsquo;est-elle donc pas gu\u00e9rie ?\u00a0\u00bb (Jr 8, 22)<\/p>\n<p>Certaines maladies sont longues et exigent pour la gu\u00e9rison des m\u00e9dicaments vari\u00e9s et p\u00e9nibles \u00e0 prendre : elles nous font penser qu&rsquo;il faut, pour corriger certains vices de l&rsquo;\u00e2me, une pri\u00e8re pers\u00e9v\u00e9rante, une p\u00e9nitence continuelle et une discipline s\u00e9v\u00e8re adapt\u00e9e raisonnablement \u00e0 la gu\u00e9rison en vue.<\/p>\n<p>Nous ne devons donc pas repousser absolument les avantages de la m\u00e9decine pour le motif que certains en font un mauvais usage, car ce n&rsquo;est pas parce que des gens adonn\u00e9s sans retenue au plaisir le cherchent dans l&rsquo;art du cuisinier, du boulanger ou du tisserand, dont ils abusent, que nous devons, nous, nous abstenir compl\u00e8tement de tous ces arts ; au contraire, servons-nous-en raisonnablement, afin de confondre ceux qui en usent mal. Ainsi en est-il de la m\u00e9decine, don de Dieu, qu&rsquo;il ne faut pas rejeter pour le mauvais emploi que certains en font.<\/p>\n<p>Certes, il est insens\u00e9 de mettre tous ses espoirs de gu\u00e9rison entre les mains des m\u00e9decins, comme nous le voyons faire par certains malheureux, qui n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 les appeler leurs sauveurs, mais c&rsquo;est aussi de l&rsquo;obstination de refuser les secours de leur art.<\/p>\n<p>Ez\u00e9chias, cependant, ne consid\u00e9ra pas le g\u00e2teau de figues comme la principale cause de sa sant\u00e9, et ne lui attribua point sa gu\u00e9rison (2 R 20, 7), mais rendit gr\u00e2ces \u00e0 Dieu d&rsquo;avoir aussi cr\u00e9\u00e9 des figues. Ainsi nous, lorsque Dieu, bon et sage mod\u00e9rateur de notre vie, nous envoie des infirmit\u00e9s, demandons-lui d&rsquo;abord de nous faire conna\u00eetre les raisons pour lesquelles il nous frappe, ensuite prions-le de nous accorder d\u00e9livrance et patience afin qu&rsquo;avec l&rsquo;\u00e9preuve il nous donne le moyen d&rsquo;en sortir (1 Co 10, 13), de fa\u00e7on que nous puissions la supporter.<\/p>\n<p>Lorsque la gr\u00e2ce de la gu\u00e9rison nous est accord\u00e9e, soit par le vin et l&rsquo;huile, comme pour le voyageur tomb\u00e9 entre les mains des brigands (Lc 10, 34), soit par des figues, comme pour Ez\u00e9chias (2 R 20, 7), recevons-la avec reconnaissance, sans distinguer si Dieu nous a secourus d&rsquo;une mani\u00e8re invisible, ou s&rsquo;il l&rsquo;a fait par l&rsquo;interm\u00e9diaire des choses visibles, ce qui nous porte souvent beaucoup plus \u00e0 reconna\u00eetre le bienfait accord\u00e9 par le Seigneur. Il arrive souvent que les maladies nous sont un enseignement, et que c&rsquo;est pour nous instruire que nous sommes condamn\u00e9s \u00e0 de p\u00e9nibles rem\u00e8des. Il n&rsquo;est donc pas raisonnable, alors, de nous soustraire aux ablations, caut\u00e9risations, aux d\u00e9sagr\u00e9ments des potions \u00e2cres et am\u00e8res, aux di\u00e8tes, aux rationnements s\u00e9v\u00e8res, \u00e0 la privation de ce qui est nuisible, d\u00e8s l&rsquo;instant, je le r\u00e9p\u00e8te, qu&rsquo;il en r\u00e9sulte pour l&rsquo;\u00e2me l&rsquo;avantage d&rsquo;y trouver une image du traitement qu&rsquo;elle doit s&rsquo;appliquer \u00e0 elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>On courrait cependant grand risque de se tromper, si l&rsquo;on s&rsquo;imaginait que toute maladie a besoin des adoucissements de la m\u00e9decine. Les diverses infirmit\u00e9s n&rsquo;ont pas toutes des causes naturelles ; elles ne sont pas toutes produites par un r\u00e9gime d\u00e9fectueux ou autres causes d&rsquo;ordre physique, contre lesquelles nous reconnaissons utile l&#8217;emploi des m\u00e9dicaments. Elles sont souvent, au contraire, pour nous, des ch\u00e2timents de nos fautes inflig\u00e9s pour notre amendement : \u00ab\u00a0Car le Seigneur corrige celui qu&rsquo;il aime\u00a0\u00bb (Pr 3, 12). \u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi beaucoup sont faibles, malades ou mourants parmi vous. Si nous nous jugions nous-m\u00eames, nous ne serions pas jug\u00e9s ; mais, quand nous sommes jug\u00e9s par le Seigneur, nous sommes ch\u00e2ti\u00e9s par lui, afin que nous ne soyons pas condamn\u00e9s avec le monde\u00a0\u00bb(1 Co 11, 30-32).<\/p>\n<p>Ceux pour qui c&rsquo;est le cas doivent donc, une fois leur faute reconnue, rester tranquilles, renoncer aux soulagements de la m\u00e9decine, et supporter leurs maux, selon la parole : \u00ab\u00a0Je subirai la col\u00e8re du Seigneur parce que j&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9\u00a0\u00bb (Mi 7, 9). Ils doivent aussi corriger leur conduite, afin de produire de dignes fruits de p\u00e9nitence, et se rappeler les paroles du Seigneur : \u00ab\u00a0Tu es gu\u00e9ri, mais ne p\u00e8che plus, de peur qu&rsquo;il ne t&rsquo;arrive plus grand mal\u00a0\u00bb. (Jn 5, 14)<\/p>\n<p>Parfois la maladie nous atteint sur la demande de l&rsquo;esprit du mal. C&rsquo;est alors comme un grand combat, dans lequel le Seigneur qui nous aime entre en lutte avec lui et confond son insolence par l&rsquo;inalt\u00e9rable patience de ses serviteurs : tel fut, nous le savons, le cas pour Job. (Jb 2, 6)<\/p>\n<p>D&rsquo;autres fois, Dieu veut donner \u00e0 ceux qui ne supportent pas la souffrance l&rsquo;exemple de ceux qui sont rest\u00e9s fermes dans la douleur jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, ainsi qu&rsquo;il en advint pour Lazare (Lc 16, 20). Celui-ci fut accabl\u00e9 de tant de maux, et l&rsquo;Ecriture ne dit nulle part de lui qu&rsquo;il implora le riche ou qu&rsquo;il fut m\u00e9content de son sort, mais qu&rsquo;ayant re\u00e7u les maux en cette vie, il obtint le repos dans le sein d&rsquo;Abraham. (Lc 16, 22-25)<\/p>\n<p>Nous connaissons encore un autre motif pour lequel les infirmit\u00e9s frappent les saints, tel l&rsquo;Ap\u00f4tre Paul. Pour qu&rsquo;il ne par\u00fbt pas sortir des lois de la nature, et que personne n&rsquo;imagin\u00e2t un \u00eatre sup\u00e9rieur en lui sous des apparences mat\u00e9rielles, (erreur des Lycaoniens lui offrant des couronnes et des taureaux (Ac 14, 12)), il se vit accabl\u00e9 d&rsquo;infirmit\u00e9s suffisantes pour d\u00e9montrer sa nature humaine.<\/p>\n<p>Quel avantage tirer de la m\u00e9decine en ces circonstances ? N&rsquo;y-a-t-il donc pas plut\u00f4t danger de se tromper en soignant le corps ?<\/p>\n<p>Cependant ceux qui s&rsquo;attirent les maladies par un mauvais r\u00e9gime peuvent certes se soigner, et ce leur est, comme nous l&rsquo;avons du reste d\u00e9j\u00e0 dit, une image et un symbole des soins \u00e0 donner \u00e0 l&rsquo;\u00e2me. Il nous sera donc utile de nous abstenir, conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9decine, de ce qui peut nous nuire, de choisir ce qui nous convient, et d&rsquo;observer les avertissements qui nous sont donn\u00e9s : le retour du corps \u00e0 la sant\u00e9 apr\u00e8s la maladie nous sera un encouragement \u00e0 ne pas d\u00e9sesp\u00e9rer de l&rsquo;\u00e2me, comme si elle ne pouvait, gr\u00e2ce \u00e0 la p\u00e9nitence, sortir du p\u00e9ch\u00e9 et retrouver son int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p>Il ne faut donc ni rejeter compl\u00e8tement cet art ni mettre en lui toutes nos esp\u00e9rances ; mais comme nous cultivons la terre, tout en demandant \u00e0 Dieu la fertilit\u00e9, et comme nous laissons le gouvernail au pilote, en priant cependant le Seigneur de nous faire \u00e9chapper aux dangers de la mer, ainsi recourons au m\u00e9decin, d\u00e8s que la raison nous le sugg\u00e8re, sans laisser pourtant d&rsquo;avoir confiance en Dieu.<\/p>\n<p>Pour ma part, je crois que cet art nous aide m\u00eame beaucoup dans la pratique de la temp\u00e9rance, car je le vois retrancher les plaisirs, rejeter la sati\u00e9t\u00e9 et la multiplicit\u00e9 des mets, condamner la recherche exag\u00e9r\u00e9e des condiments, faire, en somme, de la sobri\u00e9t\u00e9 la m\u00e8re de la sant\u00e9 ; ici encore ses conseils ne nous sont donc pas inutiles.<\/p>\n<p>En tout cas, observe-t-on les r\u00e8gles de la m\u00e9decine ou, pour les raisons susdites, les n\u00e9glige-t-on, il faut avoir toujours en vue le bon plaisir de Dieu, tendre au bien de l&rsquo;\u00e2me et accomplir le pr\u00e9cepte de l&rsquo;Ap\u00f4tre : \u00ab\u00a0Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu\u00a0\u00bb (1 Co 10, 31).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0LES GRANDES REGLES 28-55\u00a0\u00bb Table des mati\u00e8res 28 &#8211; Comment tous doivent se comporter \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de qui n&rsquo;ob\u00e9it pas. 29 &#8211; De l&rsquo;orgueil et du murmure dans le travail. 30 &#8211; Dans quel esprit les sup\u00e9rieurs doivent s&rsquo;occuper des fr\u00e8res. 31 &#8211; Qu&rsquo;il faut accepter les services du sup\u00e9rieur. 32 &#8211; Quelle attitude faut-il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[119,116],"tags":[144,130,137,138,161,153,142,148,139],"class_list":["post-7946","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-skite","category-peres-de-leglise","tag-ascese","tag-eglise","tag-foi","tag-heritage","tag-monachisme","tag-peres","tag-spiritualite-2","tag-theologie-2","tag-traditions-2"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Les r\u0113gles monastiques de St Basile le Grand - &quot;Les grandes r\u0113gles 28-55&quot; 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