{"id":7996,"date":"2015-01-26T11:47:06","date_gmt":"2015-01-26T09:47:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=7996"},"modified":"2015-01-26T11:47:06","modified_gmt":"2015-01-26T09:47:06","slug":"le-mariage-chretien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/societe\/le-mariage-chretien\/","title":{"rendered":"LE MARIAGE CHRETIEN"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mgr Stephanos, M\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l&rsquo;Estonie<br \/>\n\u00abCouple et mariage\u00bb in Chronique Sociale Coll. L&rsquo;essentiel Lyon 2\u00e8me Trim 1987.<\/p>\n<p>Les fondements du mariage chr\u00e9tien<\/p>\n<p>L&rsquo;homme et la femme s&rsquo;unissent \u00e0 Dieu<\/p>\n<p>La facult\u00e9 d&rsquo;aimer est le sceau de [&lsquo;image de Dieu en l&rsquo;homme (1 Jn 3\/1). En clair, cela signifie que le mariage chr\u00e9tien suppose que l&rsquo;homme lui-m\u00eame est compris comme un \u00eatre qui a non seulement des fonctions physiologiques, psychologiques et sociales mais qui est aussi un citoyen du Royaume de Dieu, appel\u00e9 \u00e0 mettre en parall\u00e8le sa vie terrestre avec les valeurs \u00e9ternelles. \u00ab Quand le mari et la femme s&rsquo;unissent dans le mariage, affirme St Jean Chrysostome (PG 61\/215 et 62\/387), ils ne forment pas une image de quelque chose de terrestre, mais de Dieu lui-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme et la femme s&rsquo;unissent donc en un troisi\u00e8me terme qui est Dieu, comme le divin et l&rsquo;humain se jettent en la personne du Verbe, comme le P\u00e8re et le Fils s&rsquo;unissent en l&rsquo;Esprit : Adam reconstitu\u00e9, par l&rsquo;op\u00e9ration du Saint-Esprit, en Nouveau portant Eve dans ses flancs, fait dire encore \u00e0 Saint Jean Chrysostome que \u00ab Celui qui n&rsquo;est pas li\u00e9 par les liens du mariage ne poss\u00e8de pas en lui-m\u00eame la totalit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre mais seulement sa moiti\u00e9 \u00bb (PG 62\/387).<\/p>\n<p>L&rsquo;amour conjugal est porteur de l&rsquo;esprit<\/p>\n<p>Ainsi, le mariage chr\u00e9tien qui, selon Saint Paul (Eph 5\/52) s&rsquo;applique en tant que myst\u00e8re au Christ et \u00e0 l&rsquo;Eglise, remonte au-del\u00e0 de la chute. Par le \u00ab m\u00e9morial \u00bb du sacrement, dit le Pr Evdokimov, l&rsquo;amour r\u00e9introduit l&rsquo;accessible paradisiaque sur terre. Nous dirons d\u00e8s lors que la conception orthodoxe est ici fonci\u00e8rement personnaliste, l&rsquo;\u00e9tat conjugal \u00e9tant une vocation particuli\u00e8re pour atteindre la pl\u00e9nitude en Dieu et pour d\u00e9passer la condition peccamineuse de s\u00e9paration et d&rsquo;isolement \u00e9gocentrique et ce parce que le type de l&rsquo;amour conjugal sera essentiellement porteur de l&rsquo;Esprit, qui permettra \u00e0 l&rsquo;homme au lieu d&rsquo;\u00eatre excentrique et \u00e9go\u00efste, de devenir concentrique en tout.<\/p>\n<p>La maturit\u00e9 conjugale r\u00e9capitul\u00e9e en Christ<\/p>\n<p>Mais la chute a perverti la nature humaine, la s\u00e9parant en mauvaise masculinit\u00e9 et en mauvaise f\u00e9minit\u00e9 et les plongeant dans un perp\u00e9tuel va et vient d&rsquo;attrait et de r\u00e9pulsion, rompant de ce fait l&rsquo;unit\u00e9 initiale o\u00f9 l&rsquo;homme n&rsquo;\u00e9tait pas seulement \u00ab homme ou femme \u00bb mais \u00ab homme et femme \u00bb, cet \u00ab et exprimant la pl\u00e9nitude de l&rsquo;image de Dieu en l&rsquo;homme. On peut expliquer ce changement de la mani\u00e8re suivante : en l&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9veilla le sexe, en tant que rebelle \u00e0 l&rsquo;esprit, en tant qu&rsquo;\u00e9l\u00e9ment autonome, qu&rsquo;attirance, que passion ; et non seulement insoumis \u00e0 l&rsquo;esprit mais assujettissant celui-ci. La vie du sexe perdit son harmonie initiale et prit un caract\u00e8re tragique. C&rsquo;est pourquoi, la venue du Royaume coincidera n\u00e9cessairement avec la maturit\u00e9 parfaite de l&rsquo;amour conjugal en un seul \u00eatre, r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9capitul\u00e9e en Christ qui supprime la distance coupable entre l&rsquo;int\u00e9rieur et l&rsquo;ext\u00e9rieur o\u00f9 se loge pr\u00e9cis\u00e9ment la concupiscence et qui donne \u00e0 l&rsquo;impasse de la masculinit\u00e9 et de la f\u00e9minit\u00e9 vicieuses de passer \u00e0 l&rsquo;infini de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 initiale retrouv\u00e9e et accomplie r\u00e9ellement.<\/p>\n<p>Le sacrement transfigure l&rsquo;amour humain<\/p>\n<p>Aussi, le contenu du sacrement (myst\u00e9ri\u00f4n) sera de ce fait le changement, la transfiguration d&rsquo;un amour humain en une r\u00e9alit\u00e9 nouvelle, d&rsquo;origine c\u00e9leste, mais s&rsquo;incarnant par la gr\u00e2ce en cette vie. Cette r\u00e9alit\u00e9 est de nature eschatologique, anticipant dans une exp\u00e9rience v\u00e9cue, sous le signe de la Croix et de la R\u00e9surrection, la gloire du Royaume. Par le sacrement, l&rsquo;impact social du couple et de la famille s&rsquo;origine d&rsquo;en-Haut, dans la gr\u00e2ce d\u00e9ifiante de l&rsquo;incarnation et de la R\u00e9demption.<\/p>\n<p>Il transfigure l&rsquo;unit\u00e9 des \u00e9poux<\/p>\n<p>\u00abCe myst\u00e8re est grand, je le dis par rapport au Christ et \u00e0 l&rsquo;Eglise\u00bb (Eph 5, 32). Le cinqui\u00e8me chapitre de l&rsquo;\u00e9p\u00eetre aux Eph\u00e9siens r\u00e9v\u00e8le ce qui est vraiment nouveau dans le mariage chr\u00e9tien, \u00e0 savoir la possibilit\u00e9 de transfigurer l&rsquo;unit\u00e9 des \u00e9poux en une r\u00e9alit\u00e9 nouvelle, la r\u00e9alit\u00e9 du Royaume de Dieu. C&rsquo;est pourquoi, le vrai mariage chr\u00e9tien ne peut \u00eatre qu&rsquo;unique, non du fait d&rsquo;une loi abstraite ou d&rsquo;un interdit moral mais dans son essence m\u00eame, en tant que Myst\u00e8re, Sacrement du Royaume de Dieu&rsquo; qui nous fait p\u00e9n\u00e9trer dans la joie \u00e9ternelle de l&rsquo;amour \u00e9ternel.<\/p>\n<p>Le sacrement, une exp\u00e9rience de r\u00e9conciliation<\/p>\n<p>Il est vrai que la doctrine chr\u00e9tienne du mariage se heurte \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 pratique, empirique de la vie humaine \u00ab d\u00e9chue \u00bb et il nous semble parfois que, comme d&rsquo;ailleurs l&rsquo;Evangile lui-m\u00eame dans son ensemble, elle soit un id\u00e9al irr\u00e9alisable. Mais la diff\u00e9rence entre \u00abSacrement\u00bb et \u00abid\u00e9al\u00bb est pr\u00e9cis\u00e9ment que le sacrement n&rsquo;est pas une abstraction imaginaire mais une exp\u00e9rience dans laquelle ce n&rsquo;est pas l&rsquo;homme seul qui agit, mais l&rsquo;homme en union avec Dieu puisque l&rsquo;humanit\u00e9 communie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame de l&rsquo;Esprit-Saint sans cesser d&rsquo;\u00eatre \u00ab humanit\u00e9 \u00bb et ce par le don de communion qui depuis la Pentec\u00f4te manifeste l&rsquo;Eglise et qui est le but supr\u00eame aussi que le Christ lui-m\u00eame nous a fix\u00e9 dans son Eglise : \u00ab Afin qu&rsquo;ils soient un, comme nous sommes Un \u00bb (Jn 17\/2223). Ainsi, dans la vie divine o\u00f9 le monde cr\u00e9\u00e9 par Dieu est transfigur\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9rieur, l&rsquo;impossible devient possible si l&rsquo;homme, en raison de sa libert\u00e9, re\u00e7oit ce que Dieu lui donne. Car ce n&rsquo;est qu&rsquo;en Christ, dans le myst\u00e9rieux rapport qui l&rsquo;unit \u00e0 l&rsquo;Eglise, que le chr\u00e9tien cherche la r\u00e9conciliation de l&rsquo;homme et de la femme, du masculin et du f\u00e9minin, de l&rsquo;\u00e9ros et de la personne.<\/p>\n<p>La transcendance de la personne<\/p>\n<p>Le christianisme, m\u00eame si certains contextes culturels l&rsquo;ont parfois d\u00e9figur\u00e9, a pos\u00e9 d\u00e9finitivement la transcendance de la personne et donc que l&rsquo;homme et la femme sont l&rsquo;un et l&rsquo;autre des personnes bien plus qu&rsquo;\u00e9gales, absolues. Simultan\u00e9ment, le Christ a restaur\u00e9 la bonne polarit\u00e9 du masculin et du f\u00e9minin, il lui a rendu sa splendeur paradisiaque, il l&rsquo;a pacifi\u00e9e, illumin\u00e9e par ce grand amour qui circule entre lui et son Eglise, entre lui et la Terre d\u00e9ifi\u00e9e de l&rsquo;Eucharistie. Car l&rsquo;Eglise n&rsquo;est pas seulement son Corps mais son Epouse. C&rsquo;est dans cette perspective que le mariage n&rsquo;est pas sociologique et que dans une relation proprement chr\u00e9tienne il ne peut avoir pour but la procr\u00e9ation. Selon le quatri\u00e8me Evangile (Jn 2\/1 11), le premier miracle de J\u00e9sus a lieu pendant les noces de Cana : de par sa mati\u00e8re m\u00eame, l&rsquo;eau et le vin, il sert de pr\u00e9lude au Calvaire et annonce d\u00e9j\u00e0 la naissance de l&rsquo;Eglise sur la Croix : \u00ab du c\u00f4t\u00e9 perc\u00e9 il sortit du sang et de l&rsquo;eau \u00bb 1 Le symbolisme approche et apparente le lieu du miracle, les noces, \u00e0 l&rsquo;essence eucharistique de l&rsquo;Eglise. C&rsquo;est donc le Christ qui pr\u00e9side aux noces de Cana et, selon les P\u00e8res Grecs, qui pr\u00e9side toutes les noces chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>Ce niveau des \u00e9pousailles mystiques de l&rsquo;\u00e2me et du Christ, dont le mariage est la figure directe et qui est celui de toute \u00e2me et de l&rsquo;Eglise Epouse fait dire \u00e0 juste titre \u00e0 Saint Jean Chrysostome \u00ab le mariage est une ic\u00f4ne myst\u00e9rieuse de l&rsquo;Eglise \u00bb. (PG 62\/387).<\/p>\n<p>Lien entre mariage et eucharistie<\/p>\n<p>Or, c&rsquo;est dans l&rsquo;Eucharistie, o\u00f9 le Royaume de Dieu devient directement accessible \u00e0 notre exp\u00e9rience, que l&rsquo;Eglise terrestre est vraiment Eglise de Dieu lorsqu&rsquo;\u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une assembl\u00e9e elle devient son Corps de sorte que se d\u00e9truit la barri\u00e8re entre le processus historique et l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Voil\u00e0 pourquoi, puisque l&rsquo;Eglise reconna\u00eet au mariage la valeur de \u00ab sacrement \u00bb, il ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9 de l&rsquo;Eucharistie. Car l&rsquo;Eucharistie a toujours \u00e9t\u00e9 et demeure la norme de \u00ab l&rsquo;eccl\u00e9sialit\u00e9 \u00bb de toute la vie du chr\u00e9tien et par l\u00e0 m\u00eame \u00e9galement du mariage, qu&rsquo;Elle situe dans la pl\u00e9nitude du Corps du Christ, l&rsquo;Eglise, en dehors de laquelle il n&rsquo;y a pas de sacrement. Par cons\u00e9quent, dans ce contexte \u00ab eucharistique \u00bb propre au Corps du Christ, la \u00ab clef \u00bb qui nous ouvre la compr\u00e9hension des textes n\u00e9otestamentaires sur le mariage tout comme sur la pratique de l&rsquo;Eglise Orthodoxe elle-m\u00eame r\u00e9side dans ce lien indispensable entre le mariage et l&rsquo;eucharistie. Cette vue appara\u00eet aujourd&rsquo;hui encore plus essentielle et tout \u00e0 fait indispensable alors que de plus en plus l&rsquo;Eglise est contrainte de vivre dans un milieu s\u00e9cularis\u00e9 indiff\u00e9rent ou m\u00eame hostile. Par ailleurs nous comprenons mieux par l\u00e0 en quoi et pourquoi le christianisme manifeste la v\u00e9rit\u00e9 sur l&rsquo;homme, v\u00e9rit\u00e9 authentique et d\u00e9finitive, tandis que les diff\u00e9rentes th\u00e9ories, psychologiques, sociales et \u00e0 plus forte raison mat\u00e9rialistes ne sont au mieux que partielles ou unilat\u00e9rales. C&rsquo;est la raison pour laquelle, dans l&rsquo;Eglise Orthodoxe, le c\u00e9l\u00e9brant du sacrement du mariage ne peut \u00eatre que l&rsquo;\u00e9v\u00eaque ou le pr\u00eatre, c&rsquo;est-\u00e0-dire le c\u00e9l\u00e9brant de l&rsquo;Eucharistie qui, liturgiquement, repr\u00e9sente aussi toute l&rsquo;Eglise. Partant, si donc le myst\u00e8re du mariage ne peut, eccl\u00e9sialement, s&rsquo;expliquer seulement que comme anticipation du Royaume \u00e9ternel de Dieu, il suppose aussi qu&rsquo;il n&rsquo;est pas une simple \u00ab affaire priv\u00e9e \u00bb mais celle de toute l&rsquo;Eglise, de toute la communaut\u00e9 locale et non pas seulement de celle des parents et des amis. Cette conception du mariage intimement uni \u00e0 l&rsquo;Eucharistie permet en tous cas d&rsquo;expliquer toute la l\u00e9gislation ult\u00e9rieure de l&rsquo;Orthodoxie en la mati\u00e8re et son attitude envers les mariages mixtes ainsi que leurs c\u00e9l\u00e9brations<\/p>\n<p>Homme et femme, double et un<\/p>\n<p>Au terme de cette premi\u00e8re partie de r\u00e9flexion, par ailleurs si incompl\u00e8te, on comprend que pour la th\u00e9ologie orthodoxe l&rsquo;homme et la femme sont compl\u00e9mentaires non comme deux fonctions, mais dans la complexe totalit\u00e9 de leur vie personnelle, o\u00f9 deux \u00eatres humains peu \u00e0 peu se reconnaissent et apparaissent (dans cette existence non plus dominatrice ou m\u00e9pris\u00e9e mais communiante) double et un, selon la r\u00e9ciprocit\u00e9 du respect, de la c\u00e9l\u00e9bration et de la tendresse. Car au-dessus en effet de la tension entre la pudeur et le cynisme devrait toujours planer inaccessible \u00e0 la seule force naturelle l&rsquo;harmonie des enfants de la libert\u00e9 et de la gr\u00e2ce qui n&rsquo;ont rien \u00e0 se cacher.<\/p>\n<p>En ayant pr\u00e9sent cela \u00e0 notre m\u00e9moire \u00e0 savoir, que l&rsquo;amour ne se rattache pas \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce selon les impulsions automatiques et impersonnelles, mais \u00e0 la personne dans la lumi\u00e8re de la responsabilit\u00e9 et de la libert\u00e9, nous pouvons maintenant aborder l&rsquo;objet principal de notre propos, \u00e0 savoir : le probl\u00e8me du divorce confront\u00e9 \u00e0 notre th\u00e9ologie orthodoxe de l&rsquo;unicit\u00e9 du mariage en Christ<\/p>\n<p>Unicit\u00e9 du \u00abMariage en Christ\u00bb et probl\u00e8me du \u00abdivorce\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;unicit\u00e9 du mariage<\/p>\n<p>De notre premi\u00e8re partie il est facile de comprendre pourquoi la doctrine orthodoxe du mariage li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autor\u00e9v\u00e9lation et l&rsquo;autod\u00e9termination de l&rsquo;homme se plaira \u00e0 affirmer non pas tant l&rsquo;indissolubilit\u00e9 (elle-m\u00eame notion juridique et formelle) mais l&rsquo;unicit\u00e9 absolue du mariage. Comme d&rsquo;ailleurs il est possible d&rsquo;ajouter que tout remariage ne peut \u00eatre per\u00e7u que comme un accommodement avec la r\u00e9alit\u00e9 de ce monde, l&rsquo;Eglise usant pour ce faire de condescendance pastorale et prenant en consid\u00e9ration la difficult\u00e9 de la vie de chaque \u00e9poque terrestre. Cet accommodement jouit en sa faveur de l&rsquo;autorit\u00e9 apostolique, du moins en ce qui concerne le remariage des veufs et des veuves. En est-il de m\u00eame pour le divorce ? Dans l&rsquo;Orient byzantin, ce qui bloque la vision de certains P\u00e8res de l&rsquo;Eglise ce fut le point de vue asc\u00e9tique, car ils voyaient dans le mariage un rem\u00e8de \u00e0 la concupiscence. La valeur relative qu&rsquo;ils conc\u00e9daient de la sorte au mariage les amena \u00e0 admettre une possibilit\u00e9 de divorce et \u00e0 interpr\u00e9ter dans ce sens la r\u00e9serve de l&rsquo;\u00e9vangile de Matthieu.<\/p>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mis\u00e9ricorde divine<\/p>\n<p>Se basant en effet sur la double r\u00e9serve de Matthieu concernant l&rsquo;indissolubilit\u00e9 du mariage (5\/32 et 19\/9: hormis le cas d&rsquo;impudicit\u00e9, de fornication, lequel en cas \u00ab d&rsquo;adult\u00e8re \u00bb ne \u00ab dissout pas le mariage \u00bb puisque celui-ci en tant qu&rsquo;union d&rsquo;amour n&rsquo;existe plus du fait que l&rsquo;amour, donn\u00e9e que l&rsquo;on ne con\u00e7oit que par l&rsquo;exp\u00e9rience, n&rsquo;est jamais compatible avec l&rsquo;adult\u00e8re), l&rsquo;Eglise Orthodoxe semble admettre le divorce et son droit canonique propose une proc\u00e9dure de divorce eccl\u00e9siastique. Toutefois, traiter du divorce est une chose d\u00e9licate d&rsquo;abord parce que l&rsquo;on touche \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 humaine souvent p\u00e9nible, ensuite parce que les prises de position th\u00e9oriques sont largement d\u00e9termin\u00e9es par les pr\u00e9suppos\u00e9s confessionnels, voire politiques, enfin parce que la proc\u00e9dure du divorce eccl\u00e9siastique s&rsquo;applique toujours dans l&rsquo;Eglise Orthodoxe en fonction de la loi civile et que d&rsquo;autre part il n&rsquo;existe aucune doctrine positive de l&rsquo;Eglise bien explicit\u00e9e \u00e0 son sujet. Plus encore, au plan de la doctrine du mariage, cela rel\u00e8ve de l&rsquo;impossibilit\u00e9 puisqu&rsquo;elle ne peut l&rsquo;exclure. Il ne peut donc \u00eatre compris que sur le plan de l&rsquo;\u00e9conomie, qui dans la l\u00e9gislation et la pastorale orthodoxes se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la mis\u00e9ricorde et \u00e0 la patience divines elles-m\u00eames et qui refl\u00e8te en quelque mesure l&rsquo;\u00e9conomie du Salut, cet axe de la r\u00e9v\u00e9lation biblique.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie canonique et pastorale ne rel\u00e8ve certainement pas du compromis et de l&rsquo;accommodation. Elle repose donc sur un concept plus large que la dispense canonique. Elle concerne toujours des cas individuels et des situations provisoires et elle doit toujours \u00eatre confront\u00e9e chaque fois avec la doctrine dans chaque cas d&rsquo;application. On retrouve pleinement ici l&rsquo;attitude de l&rsquo;Eglise qui se veut, dans sa lutte contre le p\u00e9ch\u00e9, intransigeante dans son enseignement et lib\u00e9rale dans l&rsquo;application de l&rsquo;\u00e9conomie, du fait que nous restons encore toujours soumis \u00e0 la tension entre le \u00ab d\u00e9j\u00e0 \u00bb eschatologique et le \u00ab pas encore \u00bb de ce si\u00e8cle, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la tension entre l&rsquo;homme nouveau et l&rsquo;homme ancien en chacun de nous. Dans l&rsquo;espace interm\u00e9diaire entre ces deux moments de l&rsquo;existence chr\u00e9tienne tout reste encore provisoire et menac\u00e9 et des d\u00e9faillances r\u00e9p\u00e9t\u00e9es peuvent se produire. Mais aucune d\u00e9faillance ne sera \u00e0 m\u00eame de fermer les portes de la mis\u00e9ricorde divine : la p\u00e9nitence permet le renouvellement de la victoire sur le p\u00e9ch\u00e9. Dans cette perspective, l&rsquo;Eglise Orthodoxe, par une apparente contradiction avec sa propre nature eschatologique, laisse aux divorc\u00e9s la possibilit\u00e9 de continuer \u00e0 vivre la r\u00e9alit\u00e9 unique du mariage chr\u00e9tien dans un cadre qu&rsquo;ils ont refait apr\u00e8s un premier \u00e9chec. Par la faute de l&rsquo;homme, des atteintes graves peuvent \u00eatre port\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la communaut\u00e9 conjugale. Or c&rsquo;est la transgression qui brise le lien ; l&rsquo;acte de divorce ne fait que constater et ent\u00e9riner.<\/p>\n<p>La compr\u00e9hension ne donne pas un droit<\/p>\n<p>Ceci nous conduit \u00e0 affirmer avec force que si on est amen\u00e9 \u00e0 tol\u00e9rer le divorce, \u00e0 cause du \u00ab pas encore \u00bb, il ne doit pas \u00eatre autoris\u00e9 et partant, constituer un droit dont on pourrait se pr\u00e9valoir. Jamais aucun th\u00e9ologien, aucun responsable orthodoxe ne cherchera \u00e0 s&rsquo;aventurer aussi loin. Bien plus, cette derni\u00e8re pr\u00e9tention. serait rejet\u00e9e unanimement comme un sacril\u00e8ge, si quelqu&rsquo;un s&rsquo;avisait de l&rsquo;\u00e9mettre.<\/p>\n<p>Cependant, le droit canonique orthodoxe va plus loin puisqu&rsquo;il \u00e9tablit une proc\u00e9dure eccl\u00e9siastique du divorce. Par cons\u00e9quent on est en droit de poser la question de la l\u00e9gitimit\u00e9 de cette disposition. Je vous dirai de suite que si le plus grand nombre d&rsquo;entre nous admet la possibilit\u00e9 du divorce, tous rejettent sa l\u00e9gitimit\u00e9. Pour ma part, je pense que le divorce ne rel\u00e8ve pas de la doctrine g\u00e9n\u00e9rale du mariage mais tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment de l&rsquo;\u00e9conomie puisque l&rsquo;Eglise est en droit de s&rsquo;appliquer \u00e0 redresser, \u00e0 posteriori et autant que faire se peut, les cons\u00e9quences spirituelles de la rupture conjugale dans la mesure o\u00f9 elle prend en consid\u00e9ration la situation de deux foyers : celui qui est bris\u00e9 et l&rsquo;autre. En fait, l&rsquo;Eglise Orthodoxe ne fait que tol\u00e9rer un mal, et cela \u00e0 son corps d\u00e9fendant, en vue d&rsquo;\u00e9viter un mal plus grand qui serait la rupture totale et d\u00e9finitive avec l&rsquo;Eglise.<\/p>\n<p>La tol\u00e9rance se situe dans la p\u00e9dagogie divine du salut<\/p>\n<p>Ainsi la distinction entre tol\u00e9rance et l\u00e9gitimit\u00e9 (puisque nous pensons, rappelons-le encore une fois, qu&rsquo;il ne peut \u00eatre question d&rsquo;autoriser le divorce) ne doit pas signifier non plus le recours \u00e0 une subtilit\u00e9 de langage. Et si nous parlons d&rsquo;\u00e9conomie, qui est un des piliers fondamentaux de la th\u00e9ologie morale orthodoxe, c&rsquo;est uniquement parce que dans son principe elle se d\u00e9finit comme la transposition, dans la situation et le temps de l&rsquo;Eglise, de la p\u00e9dagogie divine du salut. Elle n&rsquo;a pas pour objet d&rsquo;escamoter l&rsquo;obstacle mais pr\u00f4ne une certaine d\u00e9tente m\u00e9dicinale dans l&rsquo;effort ou encore cherche \u00e0 provoquer pour l&rsquo;\u00e2me une sorte de choc en retour. Dans ce cas les sanctions canoniques ne sont pas supprim\u00e9es, mais report\u00e9es et \u00e9tal\u00e9es dans le temps et plus encore lorsque cette m\u00eame l\u00e9gislation canonique n&rsquo;est manifestement pas en mesure de d\u00e9terminer le changement radical envisag\u00e9 : on se r\u00e9f\u00e8re alors \u00e0 la mansu\u00e9tude divine et ce recours rel\u00e8ve du champ d&rsquo;activit\u00e9 pour le discernement proph\u00e9tique du pasteur. Ce discernement \u00e9volue la plupart du temps entre deux p\u00f4les : d&rsquo;une part la bienveillance pastorale qui prend en consid\u00e9ration l&rsquo;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;homme moderne, soumis \u00e0 de tr\u00e8s fortes pressions de forces nouvelles, qui par exp\u00e9rience aussi est confront\u00e9e \u00e0 la faiblesse humaine, \u00e0 l&rsquo;immaturit\u00e9 psychologique et surtout spirituelle de nos contemporains tout comme \u00e0 des situations impr\u00e9visibles qui s&rsquo;abattent parfois sur les meilleurs ; d&rsquo;autre part on constate aussi, et c&rsquo;est tout aussi vrai, que l&rsquo;indulgence n&rsquo;est pas la seule vertu pastorale. Quoiqu&rsquo;il en soit, il est bon et l\u00e9gitime de souligner que l&rsquo;\u00e9conomie pastorale s&rsquo;applique \u00e0 des cas concrets et toujours individuels et que les d\u00e9cisions prises ne constituent pas de pr\u00e9c\u00e9dents, sinon dans un sens tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral. De cette mani\u00e8re il est possible pour les Orthodoxes d&rsquo;affirmer leur intransigeance quant \u00e0 la doctrine en regard de leur grande lib\u00e9ralit\u00e9 pour ce qui est de l&rsquo;application de l&rsquo;\u00e9conomie dans le domaine du comportement pratique. Cela se con\u00e7oit : une d\u00e9viation importante dans la d\u00e9finition et la confession de la norme et de l&rsquo;exigence, bloque la route du retour \u00e0 celles-ci Ajoutons encore qu&rsquo;un moindre mal ne saurait devenir un bien en soi, un bien peut r\u00e9sulter ici uniquement d&rsquo;un effort accru d&rsquo;humilit\u00e9 dans la reconnaissance de sa faiblesse devant l&rsquo;exigence de la perfection ; il ne doit s&rsquo;agir ni de trouble des esprits ni de fournir une fausse s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 des consciences peu exigeantes, mais uniquement de pr\u00e9server une valeur n\u00e9cessaire \u00e0 la personne dans le but de d\u00e9passer le simple niveau de la morale pour atteindre celui de la r\u00e9alit\u00e9 religieuse.<\/p>\n<p>Les atteintes au lien matrimonial<\/p>\n<p>Les atteintes au lien matrimonial se classent en deux grandes cat\u00e9gories quant au fond :<\/p>\n<p>celles relevant de la \u00ab porneia \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire la fornication proprement dite ou des actes immoraux qui s&rsquo;y apparentent. Cette interpr\u00e9tation est conforme au sens de ce terme grec qui d\u00e9signe toutes les formes d&rsquo;inconduite. Il sera alors question de \u00ab divortium cum damno \u00bb (mata timorias) car il se fondera sur la culpabilit\u00e9 d&rsquo;un des conjoints, voire des deux. A cela s&rsquo;ajoute l&rsquo;impossibilit\u00e9 morale de la vie commune caus\u00e9e par exemple par l&rsquo;incitation de la femme ou des enfants \u00e0 la d\u00e9bauche ;<\/p>\n<p>celles d\u00e9coulant de l&rsquo;absence d&rsquo;un des conjoints. Bien entendu cette absence doit avoir un caract\u00e8re d\u00e9finitif ou s&rsquo;appuyer sur de tr\u00e8s fortes pr\u00e9somptions qu&rsquo;elle soit telle. Ici on parlera de \u00ab divortium bona gratia \u00bb (agathi ti kariti) car il ne r\u00e9sulte pas de culpabilit\u00e9 comparable \u00e0 la premi\u00e8re cat\u00e9gorie. C&rsquo;est le cas pour l&rsquo;impuissance physique (notons ici que pour l&rsquo;Eglise Orthodoxe un mariage m\u00eame sans copula carnalis est pleinement valide), dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9sulte d&rsquo;une maladie contract\u00e9e apr\u00e8s le mariage ; ou encore la disparition d\u00e9finitive d&rsquo;un conjoint, ou encore la profession monastique, si la d\u00e9cision est prise en dehors de toute contrainte, dans un esprit d&rsquo;id\u00e9al parfaitement asc\u00e9tique ; ou lorsqu&rsquo;il y a \u00e9l\u00e9vation \u00e0 l&rsquo;\u00e9piscopat d&rsquo;un pr\u00eatre mari\u00e9 (Notons ici en passant que l&rsquo;imposition du c\u00e9libat aux \u00e9v\u00eaques ne rel\u00e8ve pas de l&rsquo;\u00e9thique mais de l&rsquo;opportunit\u00e9 pastorale) ; ou bien le consentement de l&rsquo;\u00e9pouse \u00e9tant une condition sine qua non et qu&rsquo;elle renonce \u00e0 se remarier ;<\/p>\n<p>la disparit\u00e9 de culte peut \u00eatre, de son c\u00f4t\u00e9, cause possible de divorce. Pour l&rsquo;Orthodoxe cependant, cette possibilit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tablit essentiellement \u00e0 partir de la distinction entre le mariage institution universelle et le mariage sacramentel, r\u00e9alit\u00e9 strictement eccl\u00e9siale.<\/p>\n<p>L&rsquo;unit\u00e9 du couple doit correspondre \u00e0 une symphonie interne<\/p>\n<p>Quoiqu&rsquo;il en soit, selon l&rsquo;esprit de l&rsquo;Orthodoxie, l&rsquo;unit\u00e9 du couple ne peut \u00eatre maintenue que par la seule vertu des contraintes juridiques ; l&rsquo;unit\u00e9 formelle doit correspondre \u00e0 une symphonie interne. Par cons\u00e9quent il importe avant tout dans une saine pastorale du mariage de souligner les raisons profondes qui sont \u00e0 la base de l&rsquo;exigence n\u00e9otestamentaire de p\u00e9rennit\u00e9, \u00e0 savoir la dignit\u00e9 spirituelle et la saintet\u00e9 du lien conjugal. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, comment ne pas tenir compte aussi des facteurs sociologiques ? Dans la plupart des \u00e9tats modernes, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, la l\u00e9gislation civile ou bien la jurisprudence admettent assez facilement le divorce (n&rsquo;oublions pas en effet que si le christianisme a \u00e9lev\u00e9 l&rsquo;union conjugale \u00e0 la dignit\u00e9 du sacrement, cette promotion continue cependant \u00e0 buter contre une tendance profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la mentalit\u00e9 universelle). Or ce courant para\u00eet irr\u00e9versible d\u00e8s lors que ces m\u00eames lois tendent plut\u00f4t \u00e0 favoriser les droits de l&rsquo;individu, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s primitives ou peu \u00e9volu\u00e9es qui, elles, con\u00e7oivent leur ordre juridique en fonction des int\u00e9r\u00eats du groupe.<\/p>\n<p>Le divorce n&rsquo;entra\u00eene pas le droit au remariage<\/p>\n<p>Enfin, si une \u00e9troite connexion sur tous les plans existe entre le divorce et la possibilit\u00e9 de remariage, il convient de bien pr\u00e9ciser ici un point de doctrine essentiel : la dissolution du lien conjugal ne cr\u00e9e pas ipso facto un droit \u00e0 contracter un nouveau mariage, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;Eglise Orthodoxe a toujours manifest\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, un sentiment de r\u00e9serve vis-\u00e0-vis des secondes noces en g\u00e9n\u00e9ral, comme l&rsquo;exprime d&rsquo;ailleurs le rite liturgique (il existe effectivement un rite de secondes noces qui est un rite de p\u00e9nitence plut\u00f4t qu&rsquo;autre chose et ce rite est tr\u00e8s sp\u00e9cifique et tr\u00e8s clair. D&rsquo;une part il rel\u00e8ve avec rigueur la faute et par ailleurs il pr\u00e9sente la mis\u00e9ricorde de Dieu par rapport au comportement de l&rsquo;homme qui est faible). Et n&rsquo;oublions pas que tr\u00e8s souvent un remariage ne se fait pas directement. Il y a un \u00e9loignement temporaire du divorc\u00e9 de l&rsquo;eucharistie, sans cela l&rsquo;\u00e9cho du commandement divin s&rsquo;affaiblirait dans les consciences des croyants.<\/p>\n<p>Une position empreinte de sagesse<\/p>\n<p>Dans la question si d\u00e9licate du divorce, l&rsquo;authentique position orthodoxe, tout en se gardant bien de critiquer d&rsquo;autres traditions chr\u00e9tiennes plus strictes dans toute rupture du lien conjugal l\u00e9gitime, est cependant empreinte de sagesse. Les canons conciliaires en effet comportent des dispositions transitoires et relatives qui sont destin\u00e9es \u00e0 permettre une assimilation p\u00e9dagogique des normes strictes, en tenant compte de la patience n\u00e9cessaire pour y parvenir par \u00e9tapes. Le but reste toujours l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation \u00e0 une plus grande justice, ce qui implique la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 doctrinale et \u00e0 la norme \u00e9vang\u00e9lique : celle-ci est essentiellement exigence de d\u00e9passement et appel proph\u00e9tique \u00e0 la perfection. Tout en soulignant la valeur \u00e9minente du mariage chr\u00e9tien, stable et unique, dans l&rsquo;application de son \u00e9conomie, l&rsquo;Orthodoxie t\u00e9moigne aussi d&rsquo;une sagesse qui ne pr\u00e9tend pas \u00eatre la seule possible dans ce domaine, mais qui a l&rsquo;avantage de pr\u00e9senter un essai de solution sinon au probl\u00e8me du divorce, du moins \u00e0 celui des divorc\u00e9s. Dans cette perspective elle ne nie donc pas le fait patent que la stabilit\u00e9 du mariage chr\u00e9tien ne peut pas toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme se maintenant en toutes circonstances par la seule vertu d&rsquo;une affirmation juridique. De cette fa\u00e7on, tout en maintenant fermement l&rsquo;enseignement du Nouveau Testament, l&rsquo;Eglise Orthodoxe ne veut pas non plus fermer inexorablement la porte de la Mis\u00e9ricorde divine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>NOTES EXPLICATIVES A PARTIR DE LA BIBLIOGRAPHIE UTILISEE<\/p>\n<p>01.- Jean MEYENDORFF : \u00abMariage et Eucharistie\u00bb, in Le Messager Orthodoxe, n\u00b0 49-50, Paris, 1970<br \/>\n02.- Paul EVDOKIMOV : \u00abl&rsquo;Orthodoxie\u00bb Delachaux et Niestl\u00e9, Paris 1959<br \/>\n03.- EVDOKIMOV, \u00abMyst\u00e8re de la Personne Humaine\u00bb, Contacts, n\u00b0 68, Paris, 1969<br \/>\n04.- BOULGAKOF : \u00abLe Paraclet\u00bb Aubier, 1946<br \/>\n05.- Elie MELIA : \u00abLe lien matrimonial\u00bb, in \u00abHommes et Eglise\u00bb, Strasbourg, 1970<br \/>\n06.- Dans le juda\u00efsme, c&rsquo;est la continuation de l&rsquo;esp\u00e8ce qui appara\u00eet comme la signification essentielle du mariage, la multiplication de la post\u00e9rit\u00e9 \u00abcomme le sable de la mer\u00bb est le signe principal de la bienveillance de Dieu \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du juste; au contraire l&rsquo;absence d&rsquo;enfants est une mal\u00e9dic\u00f9on, surtout pour la femme. Ce point de vue de l&rsquo;Ancien Testament est int\u00e9rieurement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;absence dans le Juda\u00efsme ancien d&rsquo;une conception claire de l&rsquo;Au-del\u00e0, Dieu \u00e9tait \u00able Dieu des vivants\u00bb, non des morts et la vie trouvait son prolongement pr\u00e9cis\u00e9ment dans la post\u00e9rit\u00e9. Au contraire, la doctrine du mariage dans le Nouveau Testament se distingue nettement de l&rsquo;Ancien par le fait que son sens essentiel est dans l&rsquo;amour et l&rsquo;unit\u00e9 \u00e9ternelle de l&rsquo;\u00e9pouse et de l&rsquo;\u00e9poux. C&rsquo;est ce qui fait dire \u00e0 sainte Macrine (PO 46,964), \u00e0 qui on proposait de se marier apr\u00e8s la mort de son fianc\u00e9 : \u00abLe mariage est par nature unique, de m\u00eame qu&rsquo;il n&rsquo;y a qu&rsquo;une naissance et une seule mort. Mon fianc\u00e9 vit dans l&rsquo;esp\u00e9rance de la r\u00e9surrection et il ne convient pas de ne pas lui conserver la fid\u00e9lit\u00e9\u00bb. Quant au monde romain, la conception du mariage se distinguait de celle des Juifs par !e fait qu&rsquo;elle \u00e9tait d&rsquo;abord li\u00e9e non pas \u00e0 la procr\u00e9ation mais au droit civil qui avait pour principe de base \u00able consentement et non la copulation\u00bb (Nuptias non concubitus, sed consensus facit), d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tablissement \u00abd&rsquo;un contrat\u00bb entre deux parties libres. Ce sont ces lois romaines que l&rsquo;Eglise acceptera pratiquement jusqu&rsquo;au IX\u00e8me si\u00e8cle (cf. r.e.a. Ath\u00e9nagore, Sources Chr\u00e9tiennes 3, Paris, 1943, p. 161 ; saint Jean Chrysostome : PG 54, 488; Nomocanon byzantin en 14 chapitres; Kormchava slave jusqu&rsquo;au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle). C&rsquo;est l&#8217;empereur L\u00e9on VI (886-912) qui le premier va \u00e9dicter une loi rendant obligatoire la c\u00e9r\u00e9monie religieuse (novelle 89) que l&#8217;empereur Alexis 1er Comm\u00e8ne (1081-1118) \u00e9tendra aussi aux esclaves.<br \/>\n07.- Il y a lieu de d\u00e9gager ici la relation entre mariage et c\u00e9libat. En fait, pour l&rsquo;Eglise Orthodoxe, il s&rsquo;agit de deux vocations \u00e0 un \u00e9tat de vie, de deux r\u00e9ponses \u00e0 une m\u00eame pr\u00e9occupation spirituelle, \u00e9galement valables du point de vue sacramentel et qui ont en commun la vertu de chastet\u00e9 ou d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9, impliquant une \u00e9gale soumission \u00e0 l&rsquo;exigence \u00e9vang\u00e9lique de la perfection. La notion de la chastet\u00e9 d\u00e9signe avant tout une qualit\u00e9 spirituelle, \u00abla sagesse\u00bb totale, la puissance de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 et de l&rsquo;int\u00e9gration de tous les \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;existence. L&rsquo;int\u00e9gration de tous les \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;\u00eatre humain en un tout virginal est un \u00e9v\u00e9nement int\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;esprit. Dans le sens imm\u00e9diat, c&rsquo;est l&rsquo;orientation eschatologique vers le si\u00e8cle futur o\u00f9 \u00abtous les hommes seront comme des anges\u00bb, Luc 20,34-36. Ainsi, le c\u00e9libat consacr\u00e9 n&rsquo;est pas une n\u00e9gation de l&rsquo;\u00e9nergie sexuelle qui est une composante de l&rsquo;\u00eatre humain ; il est, en fait, sa transposition l\u00e9gitime, son n\u00e9cessaire transfert au niveau eschatologique du Royaume de Dieu (Mt 19, 12 et 22, 30 ; Gal. 3, 28). De m\u00eame, dans le mariage, si le cycle des naissances prolonge la vie par les morts successives, ce cycle est sauv\u00e9 \u00abau moyen de la chastet\u00e9\u00bb, qui fait de la maternit\u00e9, sous toutes ses formes, l&rsquo;enfantement de l&rsquo;\u00e9on nouveau : \u00absacrement de l&rsquo;amour\u00bb. Il est sacrement du monde \u00e0 venir (Isa\u00efe 26,18). Partant la sexualit\u00e9 du couple, qu&rsquo;il soit f\u00e9cond ou st\u00e9rile, est d\u00e9pass\u00e9e par sa propre symbolique ; symbole de l&rsquo;unit\u00e9, elle se transcende vers l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 spirituelle du seul \u00eatre. C&rsquo;est l\u00e0 seulement que le mariage rejoint le monachisme et que les deux s&rsquo;unissent dans la figure eschatologique du Royaume, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ce qui serait une conception sociologique (procr\u00e9ation) qui a pour seul r\u00e9sultat la s\u00e9paration et l&rsquo;opposition des deux \u00e9tats. Voir : Elie MELIA, \u00ab Le Sacrement du Mariage \u00bb, dans Messager Orthodoxe, n\u00b0 55-56, Paris, 1971, pp. 38-39, et P. EVDOKIMOV, Sacrement de l&rsquo;Amour, Paris, 1962, pp. 226-227<br \/>\n08.- Olivier CLEMENT : \u00abQuestions sur l&rsquo;homme\u00bb Stock, Paris, 1972 pp:102-108. Note : l&rsquo;institution du mariage au paradis est une ancienne tradition tr\u00e8s ferme. Il est question de la gr\u00e2ce paradisiaque du mariage (Cl\u00e9ment d&rsquo;Alexandrie Strom. PG, 8, 1184) (son commentaire sur Il Corinthiens o\u00f9 l&rsquo;amour du Christ et de l&rsquo;Eglise s&rsquo;\u00e9rige en arch\u00e9type du mariage et pr\u00e9existe ainsi au couple car Adam est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&rsquo;image du Christ et Eve \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;Eglise). Ni la chute, ni le temps n&rsquo;ont touch\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9alit\u00e9 sacr\u00e9e. Saint Ephrem le Syrien (sur Eph\u00e9siens 5, 32) ajoute : \u00abD&rsquo;Adam jusqu&rsquo;au Seigneur, l&rsquo;authentique amour conjugal \u00e9tait le parfait sacrement\u00bb. Saint Augustin (in Ev. Joh. 9, 2) enseigne de m\u00eame : \u00abLe Christ \u00e0 Cana confirme ce qu&rsquo;il a institu\u00e9 au paradis\u00bb. En effet le Christ n&rsquo;a rien institu\u00e9 \u00e0 Cana, mais sa pr\u00e9sence revalorise et rehausse le mariage jusqu&rsquo;\u00e0 sa pl\u00e9nitude ontologique. Ainsi, par le \u00abm\u00e9morial\u00bb du sacrement l&rsquo;amour r\u00e9introduit l&rsquo;accessible paradisiaque sur terre ; c&rsquo;est cette \u00abgr\u00e2ce paradisiaque\u00bb qui invite l&rsquo;amour \u00e0 transcender tout terrestre et \u00e0 s&rsquo;\u00e9riger en argument puissant de la beaut\u00e9 qui t\u00e9moigne du vrai par sa simple et transparente \u00e9vidence.<br \/>\n09.- Encyclop\u00e9die Religieuse et morale, tome 4, Ath\u00e8nes, 1964, col. 201-206 (en grec).<br \/>\n10.- Le sacrement du mariage est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 en deux parties : les fian\u00e7ailles ou rite des anneaux parce qu&rsquo;elles se font par l&rsquo;imposition des anneaux ; le \u00abrite du couronnement\u00bb ensuite qui, d&rsquo;habitude, suit imm\u00e9diatement et qui consiste en l&rsquo;imposition des couronnes. Ces deux offices sont donc c\u00e9l\u00e9br\u00e9s au cours d&rsquo;une m\u00eame c\u00e9r\u00e9monie, \u00abDieu \u00e9ternel, tu rassembles dans l&rsquo;unit\u00e9 ce qui est s\u00e9par\u00e9 et tu rends indestructible le lien de l&rsquo;amour; tu as b\u00e9ni Isaac et R\u00e9becca et les a d\u00e9sign\u00e9s comme h\u00e9ritiers de ta promesse (Gen. 25, 2, 21) ; que ce soit toi aussi qui b\u00e9nisses tes serviteurs que voici&#8230;. les dirigeant en tout ce qu&rsquo;ils feront de bien. Car tu es un Dieu de mis\u00e9ricorde et tu aimes l&rsquo;homme et nous te rendons gloire, P\u00e8re, Fils et SaintEsprit, maintenant et toujours et aux si\u00e8cles des si\u00e8cles. Amen.\u00bb<br \/>\n11.- Dans l&rsquo;iconographie, l&rsquo;ange du mariage porte les v\u00eatements de couleur bleu ciel, symbole de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 c\u00e9leste (voir F. PORTAL, Les couleurs symboliques, Paris, 1837).<br \/>\n12.- Le nouveau baptis\u00e9 peut \u00e9pouser en secondes noces une chr\u00e9tienne et \u00eatre admis au sacerdoce comme un mari\u00e9 en premi\u00e8res noces (R\u00e8gle Apostolique 17). Mais si un couple non chr\u00e9tien re\u00e7oit ensemble le Bapt\u00eame et ]&rsquo;Eucharistie, c&rsquo;est-\u00e0-dire s&rsquo;il entre dans l&rsquo;Eglise, le rite du mariage n&rsquo;a pas lieu : la communion du couple est la confirmation eccl\u00e9siale du mari\u00e2ge naturel, civil, conclu hors de l&rsquo;Eglise (Voir J. MEYENDORFF, Mariage et Eucharistie, loc. cit<br \/>\n13.- L&rsquo;eucologue mentionne la b\u00e9n\u00e9diction de la coupe. D\u00e8s le XI\u00e8me si\u00e8cle, le rite rappelle dans ses grandes lignes la liturgie des pr\u00e9sanctifi\u00e9s. Selon le codex Barberini, la coupe \u00e9tait eucharistique. Tertullien note, pour son \u00e9poque, que la b\u00e9n\u00e9diction nuptiale \u00e9tait donn\u00e9e pendant la messe. Le recueil canonique orthodoxe dit, pour l&rsquo;\u00e9poque r\u00e9cente : \u00abLe mariage est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 apr\u00e8s la liturgie\u00bb. (Kormichaya Kniga). Voir aussi les rituels grecs du XIII\u00e8me si\u00e8cle et les manuscrits slavons du XV\u00e8me si\u00e8cle. A. Katanski : Pour une histoire de l&rsquo;aspect liturgique du sacrement de Mariage Khristianskoe chienie, 1880, (en russe).<br \/>\n14.- Elie MELIA : \u00abLe Sacrement du Mariage\u00bb Le Messager Orthodoxe Paris, 1971, p. 38.<br \/>\n15.- Voir 1Tim 3, 24 : Canon Apostolique 17 : le mariage des membres du clerg\u00e9 doit \u00eatre en accord avec la doctrine chr\u00e9tienne du mariage. R\u00e8gle Apostolique 26 : est reconnue comme parfaitement l\u00e9gitime l&rsquo;ordination de personnes mari\u00e9es, mais le mariage est interdit apr\u00e8s l&rsquo;ordination (voir aussi \u00e0 ce sujet le cas exceptionnel de la r\u00e8gle 10 du concile d&rsquo;Ancyre concernant le mariage sous certaines conditions du diacre apr\u00e8s son ordination).<br \/>\n16.- 13e Canon du concile in Trullo (691) D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;Eglise de Rome avait coutume d&rsquo;un clerg\u00e9 non mari\u00e9.<br \/>\n17.- La r\u00e8gle 14 du 6\u00e8me Concile Oecum\u00e9nique impose comme \u00e2ge canonique les trente ans pour l&rsquo;ordination des pr\u00eatres. Cet \u00ab\u00e2ge canonique\u00bb vise \u00e0 rappeler ce principe de maturit\u00e9 spirituelle dont nous venons de parler ici. Saint Cyrille d&rsquo;Alexandrie (canon 4) insiste sur le fait que celui qui est appel\u00e9 au minist\u00e8re eccl\u00e9siastique doit auparavant avoir orient\u00e9 sa vie dans l&rsquo;une des deux voies normales : soit fonder un foyer et y mener une vie familiale exemplaire, soit accepter le c\u00e9libat, en connaissance de cause, non comme solution \u00e9go\u00efste, mais dans un esprit de renoncement asc\u00e9tique.<br \/>\n18.- Sym\u00e9on de Thessalonique : De matrimonio., PG 155, 504-505 et 508.<br \/>\n19.- De sacerdotio III, 4. PG 48-642.<br \/>\n20.- L\u00e9on le Sage, nov. 3 ; Balsamon, 39\u00e8me r\u00e9ponse \u00e0 Marc d&rsquo;Alexandrie, Rh. P. IV, pp. 477-478 ; Pidalion (en grec). \u00e9d. d&rsquo;Ath\u00e8nes, 1957, p. 224, note 1.<br \/>\n21.- Un d\u00e9veloppement relativement tardif et purement disciplinaire du droit canon impose le c\u00e9libat aux \u00e9v\u00eaques. La l\u00e9gislation conciliaire et imp\u00e9riale fut en effet institu\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;on ne manquait pas de candidats issus du monachisme. En fait ces moines constituaient l&rsquo;\u00e9lite de la soci\u00e9t\u00e9 chr\u00e9tienne d&rsquo;alors. Cette nouvelle l\u00e9gislation utilisa aussi l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un mariage mystique de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque avec son Eglise.<br \/>\n22.- Pierre L&rsquo;HUILLIER, Messager de l&rsquo;Exarchat du Patriarche Russe, Paris, 1965, n\u00b0 52, pp. 210-222.<br \/>\nSaint Gr\u00e9goire le Th\u00e9ologien : \u00abLe mariage est bon, mais je ne puis dire qu&rsquo;il soit meilleur que l&rsquo;\u00e9tat de virginit\u00e9, D&rsquo;ailleurs ta virginit\u00e9 ne serait pas tellement excellente si elle ne l&#8217;emportait pr\u00e9cis\u00e9ment sur une chose d\u00e9j\u00e0 bonne en ellem\u00eame\u00bb (Orat. 37, PC, 36,293).<br \/>\n23.- L&rsquo;Eglise orthodoxe, fid\u00e8le au principe \u00e9nonc\u00e9 par saint Paul (1 Cor.7, 9) tol\u00e8re les secondes noces comme une d\u00e9rogation \u00e0 la norme chr\u00e9tienne, \u00e0 cause de la faiblesse humaine. Saint Basile le Grand (r\u00e8gle 4) pr\u00e9cise que le second mariage, apr\u00e8s veuvage ou divorce, suppose un an ou deux de \u00abp\u00e9nitence\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;interdiction de communion ; et le troisi\u00e8me mariage, quatre ou m\u00eame cinq ans d&rsquo;excommunication, (voir aussi r\u00e8gle 2 de saint Nic\u00e9phore, Patriarche de Constantinople de 806 \u00e0 816 et Rhalles-Potles, Syntagma V, 441). Le \u00abrite des Secondes Noces\u00bb d&rsquo;ailleurs se distingue du rite ordinaire du mariage. Il n&rsquo;est pas pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de l&rsquo;ephon\u00e8se \u00abB\u00e9ni soit le R\u00e8gne&#8230;\u00bb (qui lie le mariage \u00e0 l&rsquo;Eucharistie) et les pri\u00e8res nuptiales habituelles font place \u00e0 d&rsquo;autres, \u00e0 caract\u00e8re p\u00e9nitentiel. Rappelons aussi que l&rsquo;Eglise orthodoxe n&rsquo;admet en aucun cas l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 d&rsquo;un quatri\u00e8me mariage.<br \/>\n24.- L.&rsquo;amour est une donn\u00e9e que l&rsquo;on ne con\u00e7oit que par l&rsquo;exp\u00e9rience ; il n&rsquo;est pas compatible avec \u00abl&rsquo;adult\u00e8re\u00bb : en cas d&rsquo;adult\u00e8re, l&rsquo;Eglise ne \u00abdissout\u00bb pas le mariage ; en fait elle n&rsquo;a pas lieu de le faire : le mariage en tant qu&rsquo;union d&rsquo;amour n&rsquo;existe plus. Aussi, l&rsquo;homme est priv\u00e9 de la possibilit\u00e9 ou du d\u00e9sir de recevoir ipso facto un droit \u00e0 contracter un autre mariage : toute conclusion dans ce sens risquerait d&rsquo;\u00eatre vici\u00e9e par une fausse pr\u00e9misse.<br \/>\nVoir Elie MELIA, \u00ab Le Sacrement du Mariage \u00bb, Le Messager Orthodoxe, loc. cit. Paris, 1971, p. 43, et Le Lien Matrimonial loc.cit. Strasbourg 1970.<br \/>\n25.- CLEMENT D&rsquo;ALEXANDRIE, Strom. 13, 92 -Note : Point de vue orthodoxe sur le contr\u00f4le des naissances : a) 1er pr\u00e9ambule : \u00abLa premi\u00e8re raison du mariage, c&rsquo;est d&rsquo;ordonner la sexualit\u00e9, maintenant et surtout que le genre humain a rempli toute la terre\u00bb, \u00e9crit saint Jean Chrysostome au IV\u00e8me si\u00e8cle dans son \u00abDiscours sur le mariage\u00bb. Il faut comprendre cela comme un antidote au \u00ablapinisme\u00bb, cet instinct animal de se multiplier aveugl\u00e9ment, qui serait en outre accept\u00e9 comme but du mariage, ce qui d&rsquo;une part met en question le mariage lui-m\u00eame et d&rsquo;autre part pose un probl\u00e8me des plus graves \u00e0 la conscience d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Par ailleurs, comment aussi ignorer l&rsquo;extraordinaire responsabilit\u00e9 que poss\u00e8de l&rsquo;homme de donner la vie : refuser cette responsabilit\u00e9 de procr\u00e9ation signifierait que l&rsquo;\u00eatre humain rejette sa ressemblance avec Dieu, rejette son Cr\u00e9ateur et par l\u00e0 alt\u00e8re sa propre humanit\u00e9. b) 2\u00e8me pr\u00e9ambule : Si l&rsquo;Eglise orthodoxe devant les formes de limitation des naissances n&rsquo;a jamais port\u00e9 de jugement pr\u00e9alable pr\u00e9cis et absolu dans ce domaine, elle n&rsquo;a jamais, au contraire, h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 condamner sans \u00e9quivoque, comme un acte d&rsquo;assassinat, non seulement toute forme d&rsquo;avortement mais aussi toute tentative d&rsquo;interrupfion d&rsquo;une vie humaine d\u00e9j\u00e0 con\u00e7ue (VI, Concile, Can. 101 ; Ath\u00e9nagore, Apologie 35 ; saint Jean Chrysostome : Hom. V, 12 in Gal. et Hom, XIX, 1, in ic.). c) Eu \u00e9gard \u00e0 ces deux pr\u00e9ambules nous dirons que pour l&rsquo;Eglise orthodoxe : 1) il est parfaitement clair qu&rsquo;il convient d&rsquo;\u00e9carter toute attitude chez l&rsquo;homme qui abdique ses responsabilit\u00e9s ou qui invoque trop l\u00e9g\u00e8rement la Providence divine ; 2) l&rsquo;Episcopat orthodoxe a toujours pris au s\u00e9rieux la notion du Sacerdoce royal des fid\u00e8les. Le couple chr\u00e9tien vit donc \u00e0 part enti\u00e8re son destin \u00e9ternel entre sa conscience et le regard de Dieu et en cela aucun tiers ne peut intervenir. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;Eglise orthodoxe est, d&rsquo;une part bien consciente que la formulation d&rsquo;interdits g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et absolus ne peut \u00eatre une solution positive quand ce n&rsquo;est pas librement accept\u00e9 par les int\u00e9ress\u00e9s car alors on blesse l&rsquo;amour ou on r\u00e9duit l&rsquo;\u00e9ros au niveau animal, d&rsquo;autre part elle admet qu&rsquo;il y a des moyens de \u00ablimitation des naissances\u00bb qui peuvent \u00eatre accept\u00e9s dans certains cas et p\u00e9ch\u00e9s dans d&rsquo;autres. Pastoralement parlant donc, et puisque par-dessus tout Elle d\u00e9fend la dignit\u00e9 des \u00e9poux, l&rsquo;Eglise Orthodoxe sera toujours soucieuse de r\u00e9pondre \u00e0 leur attente en fonction de leur situation particuli\u00e8re et selon le degr\u00e9 de maturit\u00e9 de leur \u00e2ge spirituel sur la base principalement de leur amour et de la gr\u00e0ce qui le prot\u00e8ge et non par rapport \u00e0 la conception sociologique et finaliste de la procr\u00e9ation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Mgr Stephanos, M\u00e9tropolite de Tallinn et de toute l&rsquo;Estonie \u00abCouple et mariage\u00bb in Chronique Sociale Coll. L&rsquo;essentiel Lyon 2\u00e8me Trim 1987. Les fondements du mariage chr\u00e9tien L&rsquo;homme et la femme s&rsquo;unissent \u00e0 Dieu La facult\u00e9 d&rsquo;aimer est le sceau de [&lsquo;image de Dieu en l&rsquo;homme (1 Jn 3\/1). 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