{"id":8169,"date":"2015-01-27T11:13:57","date_gmt":"2015-01-27T09:13:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=8169"},"modified":"2015-01-27T11:13:57","modified_gmt":"2015-01-27T09:13:57","slug":"le-patriarcat-oecumenique-au-service-de-l-unite-orthodoxe-et-de-l-unite-chretienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/theologie-orthodoxe\/le-patriarcat-oecumenique-au-service-de-l-unite-orthodoxe-et-de-l-unite-chretienne\/","title":{"rendered":"LE PATRIARCAT \u0152CUMENIQUE AU SERVICE DE L&rsquo;UNITE ORTHODOXE ET DE L&rsquo;UNITE CHRETIENNE"},"content":{"rendered":"<p>par Olivier Cl\u00e9ment<br \/>\nSuppl\u00e9ment au SOP N\u00b0236, mars 1999<\/p>\n<p>Pour \u00e9voquer le service de l&rsquo;unit\u00e9 auquel se voue, aujourd&rsquo;hui plus que jamais, le patriarcat \u0153cum\u00e9nique, je rappellerai d&rsquo;abord quelques donn\u00e9es historiques, puis les efforts r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 notre \u00e9poque, notamment par Ath\u00e9nagoras 1er, enfin le combat actuel que m\u00e8ne Bartholom\u00e9e 1er.<\/p>\n<p>Byzance devint Constantinople en 330 et l&#8217;empereur Th\u00e9odose, \u00e0 la fin du 4\u00e8me si\u00e8cle, y fixa d\u00e9finitivement la capitale de l&rsquo;Empire romain, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon les conceptions de l&rsquo;\u00e9poque, de l&#8217;empire universel, \u00ab\u0153cum\u00e9nique\u00bb. Empire qui allait subsister mille ans en Orient, alors qu&rsquo;il s&rsquo;effondrait en Occident d\u00e8s 476.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Constantinople gagne ainsi une autorit\u00e9 exceptionnelle. Le 3\u00e8me canon du concile de 381 fait de lui un t\u00e9moin et un recours apr\u00e8s Rome car Constantinople est l&rsquo;\u00abautre Rome\u00bb alter Roma.<\/p>\n<p>Le 4\u00e8me concile \u0153cum\u00e9nique, celui de Chalc\u00e9doine, tenu en 451, pr\u00e9cise ce \u00abprivil\u00e8ge d&rsquo;honneur\u00bb comme un droit d&rsquo;appel, fixe le ressort propre de Constantinople et dans son 28\u00e8me canon justifie la pr\u00e9\u00e9minence de ce si\u00e8ge par sa pr\u00e9sence dans la capitale o\u00f9 se trouve l&#8217;empereur et le s\u00e9nat. Rome proteste, affirmant que toute primaut\u00e9 doit avoir un fondement apostolique, plus pr\u00e9cis\u00e9ment p\u00e9trinien, et non un fondement simplement \u00abpolitique\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, faut-il le rappeler, la capitale avait une valeur symbolique de centre cosmique et d&rsquo;anticipation de la J\u00e9rusalem nouvelle. Quoi qu&rsquo;il en soit, le 28\u00e8me canon fut suspendu, mais ne tarda pas \u00e0 entrer dans les faits et, d\u00e8s le 6\u00e8me si\u00e8cle, fut re\u00e7u aussi bien en Orient (dans le Syntagma) qu&rsquo;en Occident (dans la Prisca).<\/p>\n<p>A la fin du 5\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;Empire \u00ab\u0153cum\u00e9nique\u00bb ayant disparu en Occident mais subsistant en Orient, le patriarche de Constantinople (on parlait en effet d\u00e9sormais de \u00abpatriarche\u00bb) prit le nom, qu&rsquo;il garde encore aujourd&rsquo;hui, de \u00abpatriarche \u0153cum\u00e9nique\u00bb. Il devint alors le gardien de la structure conciliaire de l&rsquo;Eglise que symbolisait l&rsquo;uni-diversit\u00e9 de la \u00abPentarchie\u00bb, ces cinq grands patriarcats qui correspondaient \u00e0 des aires de civilisation : Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et J\u00e9rusalem.<\/p>\n<p>Mais bient\u00f4t l&rsquo;invasion de l&rsquo;islam fait de la Pentarchie un fant\u00f4me. Rome et Constantinople, rest\u00e9es face \u00e0 face, s&rsquo;affrontent au 9\u00e8me si\u00e8cle avec la crise photienne, se r\u00e9concilient en 880, mais ensuite s&rsquo;\u00e9loignent l&rsquo;une de l&rsquo;autre (the Dark ages pour Rome, l&rsquo;orgueilleuse apog\u00e9e politique et culturelle pour Byzance). Lorsque se pr\u00e9cise, de 1054 \u00e01204, la s\u00e9paration de l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident chr\u00e9tiens, Constantinople assume en Orient le r\u00f4le qui \u00e9tait celui de Rome aux premiers si\u00e8cles : \u00abmanifester \u00e0 toutes les saintes \u00e9glises de l&rsquo;univers sollicitude et attention\u00bb, d\u00e9fendre et pr\u00e9ciser les r\u00e8gles de foi (par exemple avec les conciles palamites du 14\u00e8me si\u00e8cle), exercer un droit d&rsquo;appel et de secours (ainsi pour les patriarches d&rsquo;Antioche, r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Constantinople \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des croisades et des Etats latins du Levant).<\/p>\n<p>Sans pour autant durcir l&rsquo;opposition avec Rome, \u00e0 la fois reconnue dans son charisme et refus\u00e9e dans ses exc\u00e8s : \u00abC&rsquo;est \u00e0 Pierre, non \u00e0 un autre mais \u00e0 lui seul, que le Seigneur a confi\u00e9 la pr\u00e9sidence sur toutes les brebis de l&rsquo;univers\u00bb (PG 124, 303 A). Et au 12\u00e8me si\u00e8cle, Nicod\u00e8me, m\u00e9tropolite de Nicom\u00e9die : \u00abL&rsquo;Eglise de Rome, \u00e0 laquelle nous ne refusons pas la primaut\u00e9 parmi ses s\u0153urs (&#8230;), s&rsquo;est elle-m\u00eame s\u00e9par\u00e9e, par suite de ses pr\u00e9tentions. Si le pontife romain (&#8230;) veut fulminer contre nous et nous lancer des ordres (&#8230;), s&rsquo;il veut juger nos \u00e9glises, selon son seul avis, quelle fraternit\u00e9, et m\u00eame quelle paternit\u00e9 pourrait-il y avoir en cela?\u00bb (Dialogues, PL. 188, 1219).<\/p>\n<p>Les conciles d&rsquo;union de Lyon (1274) et de Florence (1439), o\u00f9 le patriarche c\u00e8de aux Latins \u00e0 la demande instante d&rsquo;un empereur aux abois sont rapidement rejet\u00e9s : l&rsquo;union de Lyon par le concile de 1285 o\u00f9 le patriarcat encourage la recherche d&rsquo;un d\u00e9passement et d&rsquo;une conciliation sur le probl\u00e8me du Filioque, l&rsquo;union de Florence par le concile de 1454 (confirm\u00e9 en 1484), dans le cadre nouveau, il est vrai, de l&rsquo;Empire ottoman.<\/p>\n<p>Avec la chute de Constantinople en 1453, le patriarche est en effet \u00e0 la fois isol\u00e9 et confirm\u00e9. Isol\u00e9, car le sultan redoute tout rapprochement avec la papaut\u00e9, qu&rsquo;il consid\u00e8re comme la t\u00eate de l&rsquo;Occident ennemi. Confirm\u00e9, car le patriarche est nomm\u00e9 \u00abethnarque\u00bb du millet orthodoxe, c&rsquo;est-\u00e0-dire chef de la \u00abnation\u00bb chr\u00e9tienne au sens musulman pour lequel le religieux et le civil sont ins\u00e9parables.<\/p>\n<p>Dans ce nouveau contexte, la primaut\u00e9 fonctionne utilement jusqu&rsquo;au d\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle. Le patriarche r\u00e9unit en concile ses coll\u00e8gues orientaux et leurs synodes, chaque fois que se pose un probl\u00e8me grave. Les conciles du 16\u00e8me si\u00e8cle r\u00e8glent l&rsquo;instauration d&rsquo;un patriarcat russe, ceux du 17\u00e8me situent l&rsquo;orthodoxie entre R\u00e9forme et Contre-R\u00e9forme. Au 18\u00e8me si\u00e8cle, il faut faire face \u00e0 l&rsquo;offensive romaine &#8211; pros\u00e9lytisme, uniatisme, rebaptisation alors que jusque l\u00e0 la communicatio in sacris persistait de mani\u00e8re sporadique.<\/p>\n<p>Au 19\u00e8me si\u00e8cle, le mouvement des nationalit\u00e9s, qui triomphe en Europe occidentale, gagne irr\u00e9sistiblement les Balkans. Chaque nation devenue Etat instaure d&rsquo;autorit\u00e9 son ind\u00e9pendance eccl\u00e9siastique, d\u00e9tache son Eglise du patriarcat \u0153cum\u00e9nique pour qu&rsquo;elle se d\u00e9clare \u00abautoc\u00e9phale\u00bb. Le fondement eccl\u00e9siologique de l&rsquo;orthodoxie semble devenu ethnique et national.<\/p>\n<p>Au m\u00eame moment, et pour se prot\u00e9ger du m\u00eame mouvement et de l&rsquo;assaut de la modernit\u00e9, l&rsquo;Eglise catholique s&rsquo;enferme dans la forteresse de l&rsquo;infaillibilit\u00e9 et de la juridiction imm\u00e9diate du pape sur tous les fid\u00e8les, l&rsquo;une et l&rsquo;autre proclam\u00e9es en 1870 par le premier concile du Vatican.<\/p>\n<p>Le patriarcat \u0153cum\u00e9nique fait face lucidement \u00e0 ces deux probl\u00e8mes. En 1848, lorsque Pie IX appelle les orthodoxes \u00e0 se rallier \u00e0 Rome dans une perspective qui est d\u00e9j\u00e0 celle de Vatican 1, Constantinople convoque les patriarches orientaux (sans oublier, semble-t-il, mais ce point est controvers\u00e9, le saint-synode de l&rsquo;Eglise russe) et publie une encyclique affirmant que la v\u00e9rit\u00e9 ne peut \u00eatre sauvegard\u00e9e que par le peuple tout entier, les \u00e9v\u00eaques comme \u00abjuges\u00bb, les simples fid\u00e8les comme \u00abboucliers\u00bb.<\/p>\n<p>En 1872, un semblable concile r\u00e9uni \u00e0 Constantinople condamne avec beaucoup de fermet\u00e9 le phyl\u00e9tisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire le nationalisme eccl\u00e9siastique par lequel \u00able dogme de l&rsquo;Eglise une, sainte, catholique et apostolique re\u00e7oit un coup mortel\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quoi, et jusqu&rsquo;aux lendemains de la premi\u00e8re guerre mondiale, rien ne se passe : de nouveaux appels de Rome notamment en 1894, sont repouss\u00e9s. Quant \u00e0 la proposition faite par le patriarche Joachim III, en 1902, que toutes les Eglises autoc\u00e9phales se rencontrent et se consultent tous les deux ans, elle n&rsquo;obtient aucun \u00e9cho.<\/p>\n<p>A la suite de la premi\u00e8re guerre mondiale, l&rsquo;Empire ottoman s&rsquo;effondre, une nation turque \u00e9merge du chaos, les Grecs, engag\u00e9s dans une folle exp\u00e9dition en Asie Mineure, sont vaincus, l&rsquo;\u00ab\u00e9change des populations\u00bb r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, en Turquie m\u00eame, le nombre des fid\u00e8les du patriarcat, r\u00e9duction que la crise de Chypre aggravera encore. La chance du patriarcat, c&rsquo;est d&rsquo;obtenir alors juridiction sur la diaspora grecque dans le monde, diaspora particuli\u00e8rement importante aux Etats-Unis. Le syst\u00e8me du millet a disparu (sauf la clause qui permet au gouvernement turc de rayer qui il veut de la liste des \u00e9ligibles lors de l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un nouveau patriarche). Le trait\u00e9 de Lausanne, en 1923, garantit la situation du patriarcat \u00e0 Constantinople mais ne dit rien de son r\u00f4le hors des fronti\u00e8res de la Turquie. Ce qui permettra \u00e0 celle-ci de fermer en 1971 l&rsquo;\u00e9cole internationale de th\u00e9ologie de Halki.<\/p>\n<p>Durant l&rsquo;entre-deux-guerres, Constantinople prend sous sa protection la plupart des fragments de l&rsquo;Eglise russe qui se trouvent, soit par le nouveau d\u00e9coupage des fronti\u00e8res, soit par \u00e9migration, hors du territoire sovi\u00e9tique. D\u00e9nonc\u00e9 par Moscou, d\u00e9\u00e7u par l&rsquo;attitude d&rsquo;abord ouverte puis nettement unioniste de Rome, le patriarcat se rapproche du monde anglican et protestant. Par l&rsquo;encyclique de 1920, il devient co-fondateur du mouvement \u0153cum\u00e9nique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale o\u00f9 la Turquie est rest\u00e9e neutre, il participe, en 1948, \u00e0 la conf\u00e9rence d&rsquo;Amsterdam qui fonde le Conseil \u0153cum\u00e9nique des Eglises. Constantinople doit alors faire face au patriarcat de Moscou qui, la m\u00eame ann\u00e9e, dans un vaste rassemblement des orthodoxes des pays de l&rsquo;Est, d\u00e9nonce le Conseil comme un instrument du capitalisme universel. On peut le dire : Constantinople a sauv\u00e9 alors le Conseil \u0153cum\u00e9nique en pr\u00e9servant son caract\u00e8re multiconfessionnel. Lorsque, dans les ann\u00e9es 60, s&rsquo;\u00e9bauche entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest une politique de \u00abd\u00e9tente\u00bb, c&rsquo;est encore Constantinople qui, \u00e0 la conf\u00e9rence de New-Delhi, en 1961, assure l&rsquo;entr\u00e9e dans le Conseil \u0153cum\u00e9nique de la plupart des Eglises du monde communiste.<\/p>\n<p>A partir de 1953, tout se pr\u00e9cise et s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re gr\u00e2ce au patriarche Ath\u00e9nagoras 1er. A l&rsquo;int\u00e9rieur comme \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;orthodoxie.<\/p>\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur, Ath\u00e9nagoras entreprend de r\u00e9inventer la primaut\u00e9 dans un contexte qui n&rsquo;est plus celui de la Pentarchie, mais de la multiplicit\u00e9 des autoc\u00e9phalies. Constantinople appara\u00eet comme un centre d&rsquo;intercession pour la sauvegarde de la foi et l&rsquo;union de toutes les Eglise orthodoxes. La primaut\u00e9 ne peut signifier d\u00e9sormais qu&rsquo;une offre sacrificielle de service. Son r\u00f4le est d&rsquo;initiative, de coordination, de pr\u00e9sidence, mais toujours apr\u00e8s avoir sollicit\u00e9 et obtenu l&rsquo;accord des Eglises-s\u0153urs, selon les deux principes de leur concilierait et de non-intervention dans leurs affaires int\u00e9rieures.<\/p>\n<p>A partir de 1961, Ath\u00e9nagoras parvient \u00e0 r\u00e9unir une s\u00e9rie de conf\u00e9rences panorthodoxes (notamment dans l&rsquo;\u00eele de Rhodes), conf\u00e9rences o\u00f9 malgr\u00e9 toutes les tensions politiques, \u00e9clate ce qu&rsquo;on a appel\u00e9 \u00able miracle de l&rsquo;unit\u00e9\u00bb. Le grand patriarche rend visite, dans une r\u00e9elle ferveur, \u00e0 presque toutes les Eglises autoc\u00e9phales, y compris dans les Balkans, \u00e0 celles qui se trouvent \u00e0 l&rsquo;Est du \u00abrideau de fer\u00bb (mais d\u00e9j\u00e0 la Russie se raidit et refuse de l&rsquo;accueillir). Il cr\u00e9e \u00e0 Chamb\u00e9sy, pr\u00e8s de Gen\u00e8ve, un centre de rencontre et de r\u00e9flexion, o\u00f9 il installe un secr\u00e9tariat pr\u00e9conciliaire, car il d\u00e9sire placer cet effort de rassemblement dans une telle perspective, non qu&rsquo;il croie \u00e0 la possibilit\u00e9 rapide d&rsquo;un concile, mais, comme il le disait, pour faire \u00abfermenter la fraternit\u00e9 orthodoxe\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel, cependant, c&rsquo;est le dialogue admirable engag\u00e9 avec Rome par Ath\u00e9nagoras, malgr\u00e9 les r\u00e9ticences des Eglises de l&rsquo;Europe du Sud-est et particuli\u00e8rement de l&rsquo;Athos o\u00f9 le patriarche dut aller se justifier en 1963, avec un succ\u00e8s relatif, au moment m\u00eame o\u00f9 le second concile du Vatican retrouve le minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque comme \u00abordinaire\u00bb, \u00abimm\u00e9diat\u00bb, exerc\u00e9 \u00abpersonnellement au nom du Christ\u00bb et d\u00e9finit l&rsquo;Eglise universelle comme une communion d&rsquo;Eglises locales dont chacune se fonde sur l&rsquo;eucharistie.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il apprend que Paul VI va se rendre \u00e0 J\u00e9rusalem, Ath\u00e9nagoras sugg\u00e8re que tous les responsables des Eglises chr\u00e9tiennes y viennent aussi \u00abpour demander, dans une commune et fervente pri\u00e8re, \u00e0 genoux, les larmes aux yeux, et dans l&rsquo;esprit d&rsquo;unit\u00e9, sur le Golgotha qui a \u00e9t\u00e9 arros\u00e9 par le sang tr\u00e8s saint du Christ, et devant le s\u00e9pulcre de celui dont jaillirent la r\u00e9conciliation et la p\u00e9nitence, que s&rsquo;ouvre pour la gloire du saint Nom du Christ et pour le bien de toute l&rsquo;humanit\u00e9 la voie d&rsquo;un r\u00e9tablissement complet de l&rsquo;unit\u00e9 chr\u00e9tienne, selon la sainte volont\u00e9 du Seigneur\u00bb. Projet qui parut utopique, mais la rencontre du pape et du patriarche, elle, ne l&rsquo;\u00e9tait pas. En janvier 1964, les deux hommes \u00e9changent le baiser de paix \u00e0 J\u00e9rusalem. Un an plus tard les anath\u00e8mes lanc\u00e9s en 1054 sont lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Un long dialogue s&rsquo;engage alors entre Ath\u00e9nagoras et Paul VI, entre qui on sent grandir l&rsquo;amiti\u00e9. Ce dialogue a \u00e9t\u00e9 consign\u00e9 dans le Tomos Agapis, \u00able livre de l&rsquo;Amour\u00bb ou \u00abde la charit\u00e9\u00bb, publi\u00e9 simultan\u00e9ment en 1971 par le Phanar et le Vatican. Paul VI y met l&rsquo;accent sur l&rsquo;\u00e9glise locale comme communaut\u00e9 eucharistique, Ath\u00e9nagoras reprend l&rsquo;expression d&rsquo;Ignace d&rsquo;Antioche qu&rsquo;une \u00abpr\u00e9sidence \u00e0 l&rsquo;amour\u00bb est d\u00e9volue \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise de Rome. Et malgr\u00e9 les d\u00e9viations m\u00e9di\u00e9vales et modernes le charisme p\u00e9trinien de ce si\u00e8ge subsiste, affirme le patriarche.<\/p>\n<p>La fin du pontificat d&rsquo;Ath\u00e9nagoras 1er fut assombrie par le retour en force, autour surtout de l&rsquo;\u00e9ternelle rivale, Moscou, et des \u00e9glises slaves, de l&rsquo;autoc\u00e9phalisme absolu (il faudrait aux assembl\u00e9es panorthodoxes une pr\u00e9sidence tournante) et de la m\u00e9fiance antiromaine. Tout se stabilise et s&rsquo;immobilise avec le successeur, humble et effac\u00e9 d&rsquo;Ath\u00e9nagoras, Dimitrios 1er.<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc le r\u00f4le du patriarche actuel, Bartholom\u00e9e ler, qu&rsquo;il nous faut examiner pour finir.<\/p>\n<p>Le patriarche Bartholom\u00e9e a une excellente connaissance, par l&rsquo;int\u00e9rieur pourrait-on dire, des confessions occidentales. Il a \u00e9tudi\u00e9 trois ans \u00e0 la Gr\u00e9gorienne, \u00e0 Rome, et c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;il a \u00e9labor\u00e9 et soutenu sa th\u00e8se de droit canon. Puis il a approfondi la pens\u00e9e protestante \u00e0 l&rsquo;Institut \u0153cum\u00e9nique de Bossey, pr\u00e8s de Gen\u00e8ve. Il a \u00e9t\u00e9 membre, et m\u00eame pendant huit ans, vice-pr\u00e9sident de la commission du Conseil \u0153cum\u00e9nique intitul\u00e9e \u00abFoi et Constitution\u00bb, la seule du Conseil o\u00f9 les catholiques sont repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, collaborateur du m\u00e9tropolite M\u00e9liton puis du patriarche Dimitrios 1er, il faisait l&rsquo;apprentissage de l&rsquo;orthodoxie dans toute sa complexit\u00e9. Lorsqu&rsquo;il fut \u00e9lu patriarche en novembre 1991, il pr\u00e9cisa sa vision de la primaut\u00e9 dans son discours d&rsquo;intronisation. D&#8217;embl\u00e9e, il la d\u00e9finit comme participation \u00e0 la Croix du Christ, pour \u00able service et le t\u00e9moignage de l&rsquo;orthodoxie\u00bb, dans l&rsquo;entier respect de la \u00abconciliarit\u00e9 \u00e0 travers laquelle l&rsquo;Esprit parle \u00e0 l&rsquo;Eglise\u00bb. Puis, il dit \u00abson baiser de paix et d&rsquo;amour\u00bb aux primats des Eglises non-chalc\u00e9doniennes &#8211; \u00abdont la foi est si proche de la n\u00f4tre\u00bb -, au pape, aux primats de l&rsquo;Eglise anglicane et de l&rsquo;Eglise vieille-catholique, aux responsables de toutes les autres communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes et particuli\u00e8rement du Conseil \u0153cum\u00e9nique des Eglises.<\/p>\n<p>D\u00e8s mars 1992, pour le dimanche de l&rsquo;orthodoxie, il rassemble au Phanar une \u00absynaxe\u00bb des primats orthodoxes. \u00abIls se d\u00e9couvrent face \u00e0 face, dit-il, \u00e9changent le baiser de paix et d&rsquo;amour, partagent la Coupe de la Vie (&#8230; ), recevant ainsi de Dieu le don de l&rsquo;unit\u00e9 orthodoxe\u00bb. Tous affirment leur volont\u00e9 d&rsquo;affronter \u00abcomme un seul corps\u00bb les probl\u00e8mes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui&#8230;<\/p>\n<p>Mais dans les ann\u00e9es suivantes, vers 1995, il se heurte \u00e0 deux difficult\u00e9s aujourd&rsquo;hui mal surmont\u00e9es : d&rsquo;une part les relations avec Moscou, de l&rsquo;autre le profond malaise que la collaboration d&rsquo;une partie de l&rsquo;\u00e9piscopat avec le r\u00e9gime totalitaire a provoqu\u00e9 dans beaucoup d&rsquo;Eglises. Avec Moscou, la crise a cristallis\u00e9 en 1995-96 sur la situation de l&rsquo;Eglise d&rsquo;Estonie. Autonome sous la protection de Constantinople dans l&rsquo;entre-deux-guerres, int\u00e9gr\u00e9e apr\u00e8s 1940-45 dans le patriarcat de Moscou, cette Eglise tente aujourd&rsquo;hui de se reconstituer, mais elle se divise, les Sovi\u00e9tiques ayant largement russifi\u00e9 le pays. D&rsquo;o\u00f9 le conflit entre Constantinople et Moscou, de sorte que le patriarche russe n&rsquo;est pas venu \u00e0 la synaxe tenue \u00e0 Patmos \u00e0 la fin de septembre 1995. Surmont\u00e9e en mai de l&rsquo;ann\u00e9e suivante, la crise pourrait rena\u00eetre \u00e0 propos de l&rsquo;Ukraine o\u00f9 la situation reste chaotique.<\/p>\n<p>En Bulgarie d&rsquo;autre part, le malaise que j&rsquo;\u00e9voquais tout \u00e0 l&rsquo;heure est all\u00e9 jusqu&rsquo;au schisme. Au d\u00e9but d&rsquo;octobre 1998, une troisi\u00e8me synaxe, au complet cette fois, s&rsquo;est r\u00e9unie \u00e0 Sofia. Le schisme a \u00e9t\u00e9 effectivement surmont\u00e9 mais la logique de d\u00e9sint\u00e9gration est telle qu&rsquo;il recommen\u00e7ait dix jours plus tard.<\/p>\n<p>Tout cependant n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vain dans ce dur combat du patriarcat \u0153cum\u00e9nique pour manifester l&rsquo;unit\u00e9 orthodoxe. Deux acquis subsistent : d&rsquo;une part la pratique des synaxes qui rassemblent, pour une r\u00e9flexion et une action communes, tous les primats des Eglises autoc\u00e9phales ; d&rsquo;autre part, dans les pays de la diaspora o\u00f9 se juxtaposaient les juridictions, la formation d&rsquo;Assembl\u00e9es d&rsquo;\u00e9v\u00eaques sous la pr\u00e9sidence du repr\u00e9sentant de Constantinople. En France, cette Assembl\u00e9e, vient de f\u00eater son premier anniversaire.<\/p>\n<p>Dans le domaine \u0153cum\u00e9nique, Bartholom\u00e9e fait face, tant bien que mal, \u00e0 la pouss\u00e9e d&rsquo;int\u00e9grisme anti-occidental qui enfi\u00e8vre actuellement la plupart des Eglises orthodoxes&#8230; Crainte de la modernit\u00e9 dont on ne veut voir que les aspects n\u00e9gatifs, refus des sous-produits de la culture am\u00e9ricaine, maladresses des confessions occidentales, pouss\u00e9e des sectes et maintenant, de plus en plus, du bouddhisme et de l&rsquo;islam d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;exasp\u00e9ration des nationalismes, tout explique ce repliement, voire cette agressivit\u00e9. A quoi s&rsquo;ajoute l&rsquo;influence d&rsquo;une sorte d&rsquo;internationale mill\u00e9nariste qui va de certains monast\u00e8res athonites et des vieux calendaristes grecs \u00e0 l&rsquo;aile droite de l&rsquo;Eglise russe-hors-fronti\u00e8res, maintenant pr\u00e9sente en Russie m\u00eame, en passant par le soi-disant patriarche de Kiev Philar\u00e8te et ses succursales en Occident, sans oublier certains \u00e9v\u00eaques serbes.<\/p>\n<p>Bartholom\u00e9e a maintenu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1993 le travail de la grande commission mixte orthodoxe-catholique. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, \u00e0 Balamand, dans le nord du Liban, cette commission a \u00e9labor\u00e9 un texte d\u00e9cisif o\u00f9 les deux \u00abEglises-soeurs\u00bb ont trouv\u00e9 un accord sur le probl\u00e8me de l&rsquo;uniatisme : les catholiques renon\u00e7ant solennellement \u00e0 celui-ci, les orthodoxes s&rsquo;engageant \u00e0 tol\u00e9rer momentan\u00e9ment les communaut\u00e9s grecques catholiques. Le patriarche veut aller plus loin : il favorise le \u00abgroupe de Kiev\u00bb qui r\u00e9unit des th\u00e9ologiens grecs-catholiques et orthodoxes et cherche les voies d&rsquo;une int\u00e9gration mutuelle, que souhaitent aussi les uniates du Proche-Orient.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;accord de Balamand, sans parier de ces prolongements encore discrets, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 ni par toutes le Eglises orthodoxes, ni par toutes les Eglises grecques-catholiques. Et depuis 1993, la grande commission mixte n&rsquo;a pas pu se r\u00e9unir.<\/p>\n<p>Pire : le patriarche lui-m\u00eame a d\u00fb partiellement c\u00e9der \u00e0 ses int\u00e9gristes sur le probl\u00e8me de la primaut\u00e9 romaine. Depuis deux ans, et malgr\u00e9 des visites ferventes \u00e0 Rome, il n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;affirmer que rien dans les Evangiles ne fonde cette primaut\u00e9. Et certes rien dans les Evangiles ne justifie les Didactus papae de Gr\u00e9goire VII, ni le dogme de 1870, ni l&rsquo;Etat du Vatican, mais la vocation de Pierre est clairement dessin\u00e9e, comme l&rsquo;affirmait le Tomos Agapis. Il est regrettable que devant la mobilisation anti-romaine de l&rsquo;orthodoxie les ouvertures de Jean-Paul Il &#8211; Orientale Lumen, note sur le Filioque, appel \u00e0 \u00e9tudier ensemble les modalit\u00e9s d&rsquo;exercice de la primaut\u00e9 &#8211; aient \u00e9t\u00e9 \u00e0 ce point ignor\u00e9es.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 du monde protestant, le patriarche n&rsquo;a pu emp\u00eacher l&rsquo;assaut en r\u00e8gle contre le Conseil \u0153cum\u00e9nique, ni le retrait total ou partiel de plusieurs Eglises orthodoxes.Il est trop t\u00f4t pour mesurer les cons\u00e9quences de la r\u00e9cente Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;Harare. Peut-\u00eatre, comme en 1948, Constantinople sauvera-t-elle la participation orthodoxe au Conseil.<\/p>\n<p>Le destin de Bartholom\u00e9e 1er est aujourd&rsquo;hui un destin tragique. Quoi qu&rsquo;il arrive, nous sommes s\u00fbrs d&rsquo;une chose, c&rsquo;est qu&rsquo;il continuera de lutter, et ici, je le cite, \u00abpour une conscience eccl\u00e9siale libre de toute structure id\u00e9ologique et d&rsquo;un retrait inerte dans un formalisme institutionnel\u00bb. Dans cette lutte entre la foi et le destin, il nous reste \u00e0 aimer et \u00e0 aider ce grand patriarche : pour la foi, contre le destin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Olivier Cl\u00e9ment Suppl\u00e9ment au SOP N\u00b0236, mars 1999 Pour \u00e9voquer le service de l&rsquo;unit\u00e9 auquel se voue, aujourd&rsquo;hui plus que jamais, le patriarcat \u0153cum\u00e9nique, je rappellerai d&rsquo;abord quelques donn\u00e9es historiques, puis les efforts r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 notre \u00e9poque, notamment par Ath\u00e9nagoras 1er, enfin le combat actuel que m\u00e8ne Bartholom\u00e9e 1er. 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