{"id":8233,"date":"2015-01-28T09:33:56","date_gmt":"2015-01-28T07:33:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=8233"},"modified":"2015-03-06T12:36:33","modified_gmt":"2015-03-06T10:36:33","slug":"au-temps-de-la-post-ecclesialite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/au-temps-de-la-post-ecclesialite\/","title":{"rendered":"Au temps de la Post-Eccl\u00e9sialit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><b>La naissance de la modernit\u00e9 post-eccl\u00e9siologique<br \/>\n<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b>\u00a0<\/b><b>De l\u2019Eglise Une aux nombreuses Eglises, et donc\u00a0<\/b><b>De la dispersion de l\u2019Eglise \u00e0 l\u2019an\u00e9antissement du Corps du Christ<\/b><\/p>\n<p>Le 16e si\u00e8cle ouvre une p\u00e9riode nouvelle dans l\u2019Histoire et la Th\u00e9ologie de l\u2019Eglise et du Christianisme. Une p\u00e9riode que nous pourrions litt\u00e9ralement qualifier de \u201cpost-eccl\u00e9siolo\u00adgique\u201d pour les raisons que nous examinerons plus bas. Le d\u00e9but de cette p\u00e9riode est marqu\u00e9 par la R\u00e9forme (1517), quoique des signes pr\u00e9curseurs soient bien s\u00fbr apparus beaucoup plus t\u00f4t, notamment dans l\u2019Eccl\u00e9siologie n\u00e9e au temps des Croisades (1095-1204).<\/p>\n<p>Les cinq si\u00e8cles qui ont suivi (16e-20e si\u00e8cles) nous livrent suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments historiques et de donn\u00e9es th\u00e9ologiques pour bien cerner cette \u00e9poque nouvelle, cette inno\u00advation eccl\u00e9siologique de cr\u00e9ation r\u00e9cente \u2013\u00a0par rapport \u00e0 une pratique eccl\u00e9sio\u00adlo\u00adgique ant\u00e9rieure totalement diff\u00e9rente\u00a0\u2013 mais aussi un nouveau concept inconnu jusqu\u2019alors, qui marque la fin de l\u2019Eccl\u00e9siologie que l\u2019Eglise avait v\u00e9cue et exprim\u00e9e d\u00e8s sa fondation et au cours des quinze premiers si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette d\u00e9viation eccl\u00e9siologique constat\u00e9e et son entr\u00e9e dans les faits, et non pas en raison de quelque \u00e9volution eccl\u00e9siologique, dans cette \u00e9poque \u201cpost-eccl\u00e9siologique\u201d, il est naturel qu\u2019aient vu le jour des eccl\u00e9siologies nou\u00advelles et vari\u00e9es, telles que des eccl\u00e9siologies confessionnelles (Protestants), des eccl\u00e9sio\u00adlo\u00adgies ritualistes<a title=\"\" href=\"#_edn1\">[i]<\/a> (Catholiques) et des eccl\u00e9\u00adsio\u00adlogies ethno-phyl\u00e9tiques (Orthodoxes), ou mieux, pour respecter leur ordre d\u2019appa\u00adrition histo\u00adrique, des eccl\u00e9siolo\u00adgies ritualistes, puis confessionnelles puis ethno-phyl\u00e9tiques. Il s\u2019agit en fait d\u2019eccl\u00e9sio\u00adlogies h\u00e9t\u00e9ro-collectives, qui se sont constitu\u00e9es selon des principes mili\u00adtants, qui, dominantes depuis lors, non seule\u00adment caract\u00e9risent toute la vie eccl\u00e9siale, mais aussi dictent les textes statutaires r\u00e9glant l\u2019existence et le fonctionnement des Eglises de l\u2019ensemble de cette \u00e9poque et d\u2019aujour\u00add\u2019hui.<\/p>\n<p>De nos jours, nous sommes dans une situation historico-th\u00e9olo\u00adgi\u00adque qui peut nous permettre de prendre un certain recul vis-\u00e0-vis des \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 historique ec\u00adcl\u00e9\u00adsiastique et de r\u00e9viser les causes qui ont provoqu\u00e9 les di\u00adver\u00adgences eccl\u00e9siolo\u00adgiques. Nous nous proposons d\u2019examiner maintenant, dans un esprit purement dialectique et critique, d\u00e9pourvu de toute tentation pol\u00e9mique, ces trois eccl\u00e9siologies qui, diff\u00e9rentes quant \u00e0 leur origine et leur perspective, pr\u00e9\u00adsentent n\u00e9anmoins un d\u00e9nominateur commun et, finalement, se ressemblent, se c\u00f4toient et co-existent, sans toutefois communier ni s\u2019unifier. Le d\u00e9nominateur commun r\u00e9side dans le terme et dans le fait de la co-territorialit\u00e9, qui pose un probl\u00e8me eccl\u00e9siolo\u00adgi\u00adque des plus graves, s\u2019inscrivant dans tout le deuxi\u00e8me mill\u00e9naire, ce mill\u00e9naire qui a \u00e9t\u00e9 con\u00adfront\u00e9 \u00e0 diverses questions insolubles, d\u2019ordre exclusi\u00advement eccl\u00e9\u00adsio\u00adlogique, con\u00adtrairement au premier mill\u00e9naire qui avait pos\u00e9 des questions chris\u00adto\u00adlogiques, r\u00e9solues pour la plupart. En d\u2019autres termes, lorsque se posait un pro\u00adbl\u00e8me christologique, l\u2019Eglise du premier mill\u00e9\u00adnaire a su interve\u00adnir conciliairement et la r\u00e9soudre, ce qui, ainsi qu\u2019on l\u2019a vu par la suite, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas au deuxi\u00e8me mill\u00e9naire. Ces trois eccl\u00e9siologies sont donc les suivantes\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li><b>\u00a0 \u00a0\u00a0<\/b>L\u2019Eccl\u00e9siologie des Croisades (13e si\u00e8cle)<\/li>\n<li><b>\u00a0 \u00a0\u00a0<\/b>L\u2019Eccl\u00e9siologie de la R\u00e9forme (16e si\u00e8cle)<\/li>\n<li><b>\u00a0 \u00a0\u00a0<\/b>L\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Ethno-phyl\u00e9tisme (19e si\u00e8cle)<\/li>\n<\/ol>\n<p>Examinons \u00e0 pr\u00e9sent plus en d\u00e9tail cette trilogie eccl\u00e9siologique jumelle tripare, nouvellement apparue et totalement h\u00e9t\u00e9ro-centrique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b>1. L\u2019Eccl\u00e9siologie des Croisades (13e si\u00e8cle)<\/b><\/p>\n<p>En tant que fait eccl\u00e9siologique, la rupture r\u00e9ciproque de communion eccl\u00e9siale de 1054 ne concernait que deux Patriarcats de l\u2019Eglise, le Patriarcat de Rome et le Patriarcat de Constantinople. Toutefois, cette rupture s\u2019\u00e9tendit de fait aux autres Patriarcats d\u2019Orient, apr\u00e8s que les Crois\u00e9s eurent qualifi\u00e9 la rupture de schisme. Il s\u2019est en effet r\u00e9v\u00e9l\u00e9 a posteriori que l\u2019usage de ce terme renvoyait \u00e0 une situation radicalement nouvelle qui, d\u2019un point de vue eccl\u00e9siologique et canonique, pouvait l\u00e9gitimer la fondation \u00e0 nouveau d\u2019Eglises homonymes sur les territoires des Patriarcats et Eglises d\u2019Orient pr\u00e9existants, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 elle seule, la rupture de communion ne pouvait rien l\u00e9gitimer de tel.<\/p>\n<p>En effet, le mouvement politique des Croisades conf\u00e9ra une autre port\u00e9e \u00e0 la rupture de communion de 1054. En proclamant le schisme, entendons un fait canonique qui consid\u00e8re une partie du corps eccl\u00e9sial comme d\u00e9tach\u00e9 de l\u2019ensemble du corps et, par cons\u00e9quent, inexistant pour un lieu donn\u00e9, imprima une autre direction au nouvel ordre des choses eccl\u00e9siologique qu\u2019il instaurait. Se sont ainsi form\u00e9es deux cat\u00e9gories d\u2019Eglises \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des anciens Patriarcats d\u2019Orient. Des Patriarcats homonymes latins se constituent en Orient (le Patriarcat latin de J\u00e9ru\u00adsalem [dont la formation remonte \u00e0 la fin de la Premi\u00e8re Croisade-1099], suivi imm\u00e9diatement par le Patriarcat latin d\u2019Antioche [1100], puis l\u2019Eglise catholique non-autoc\u00e9phale<a title=\"\" href=\"#_edn2\">[ii]<\/a> de Chypre [1191], etc.), et ce fait, en lui-m\u00eame \u2013\u00a0si l\u2019on admet qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une rupture de communion et non d\u2019un schisme\u00a0\u2013 engendre implici\u00adte\u00adment, mais officiellement au sein de l\u2019Eglise le <b>probl\u00e8me eccl\u00e9siologique de la co-territorialit\u00e9<\/b> (1099).<\/p>\n<p>Cependant, l\u2019apparition de cette innovation qu\u2019est le concept de \u201cco-territorialit\u00e9\u201d n\u2019en reste pas l\u00e0. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces entit\u00e9s eccl\u00e9siastiques latines se constituent des Patriarcats ritualistes latins et des Eglises catholiques orientales (Patriarcats maronite, melchite, syrien catholique, etc.), plac\u00e9s sous la juridiction transfronti\u00e8re (hyperoria) et hi\u00e9rarchiquement isoc\u00e8le (\u00e9quivalente) du Patriarcat et du Pape de Rome, et cela, sur un seul et m\u00eame territoire.<\/p>\n<p>La juridiction devenait ainsi transfronti\u00e8re (hyperoria) \u2013\u00a0toujours dans le cas d\u2019une rupture de communion\u00a0\u2013 parce que de nouveaux Patriarcats de rite la\u00adtin et ritualistes \u201corientaux\u201d \u00e9taient ainsi cr\u00e9\u00e9s sur le territoire canonique d\u2019une Eglise d\u2019Orient, mais elle devenait aussi isoc\u00e8le, en ce sens que, m\u00eame si ces Patriarcats \u00e9taient \u00e9gaux entre eux, ils \u00e9taient cependant tous subordonn\u00e9s et plac\u00e9s dans une situation de commune d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Patriarcat de Rome. Cette aber\u00adration eccl\u00e9siologique, nouvelle elle aussi, s\u2019est maintenue jusqu\u2019\u00e0 nos jours (cf. l\u2019existence de deux diff\u00e9rents types d\u2019Eglises sur le m\u00eame territoire (conviventia), mais aussi de deux Codes de Droit canonique totalement ind\u00e9pendants et non communiquants l\u2019un de l\u2019autre). C\u2019est \u00e9galement l\u2019\u00e9poque o\u00f9 appara\u00eet une nouvelle version de la Primaut\u00e9 du Patriarche et Pape de Rome et assez diff\u00e9rente par rapport \u00e0 l\u2019ex\u00adp\u00e9\u00adrience eccl\u00e9siologique du premier mill\u00e9naire. On peut consid\u00e9rer que Pa\u00adtriar\u00adche et Pape de Rome est de fait un \u201cPrimus inter inferiores\u201d [Primaut\u00e9 mono-juridictionnelle universaliste], alors que, dans l\u2019Eccl\u00e9siologie et la praxis de l\u2019Eglise du pre\u00admier mill\u00e9naire, le Premier Patriarche (le Pr\u00e9sident) de la communion eccl\u00e9siale de cinq Patriarcats (Pentarchie conciliaire) issus du IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chal\u00adc\u00e9doine (451), \u00e9tait un \u201cPrimus inter pares\u201d (Primaut\u00e9 synodale commu\u00adnion\u00adnelle). Une structure de type pyramidal vient se substituer \u00e0 une structure de type constellation. Mais l\u00e0 c\u2019est une autre question qui d\u00e9borde la perspective du pr\u00e9sent texte.<\/p>\n<p>\u00c0 partir du 13e si\u00e8cle, l\u2019eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise catholique de cette \u00e9poque introduit, pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire, une forme eccl\u00e9siologique (fon\u00addation d\u2019une Eglise en un lieu) de double co-territorialit\u00e9\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, co-terri\u00adto\u00adria\u00adlit\u00e9 avec des Patriarcats avec lesquels elle se trouve ou non en rupture de com\u00admunion et, de l\u2019autre, co-territorialit\u00e9 avec d\u2019autres Eglises auto-constitu\u00e9es et de ritus diff\u00e9rent. Ces derni\u00e8res, cependant, se trouvent en totale communion ou, comme on le dit couramment, rattach\u00e9es ou unies \u00e0 Rome, mais, toutes ensem\u00adble, elles coexistent en tant que corps et entit\u00e9s eccl\u00e9siastiques sur un seul et m\u00eame lieu. C\u2019est ainsi que nous en arrivons, d\u00e8s la fin du Moyen \u00c2ge, \u00e0 avoir des Eglises catholiques de rite diff\u00e9rent sur un seul et m\u00eame territoire. Telle est ce qu\u2019on pourrait appeler la co-territorialit\u00e9 d\u2019origine int\u00e9rieure (ad intra). Cepen\u00addant, il se trouve \u00e9galement un Patriarcat latin catholique avec d\u2019autres Pa\u00adtriar\u00adcats ritualistes catholiques romains, l\u00e0 o\u00f9 existe d\u00e9j\u00e0 un Patriarcat \u2013\u00a0rappelons, par exemple, le cas\u00a0\u2013 de J\u00e9rusalem. Voil\u00e0 la co-territorialit\u00e9 d\u2019origine ext\u00e9rieure (ad extra), et donc toutes les deux simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p>Cette double co-territorialit\u00e9, qui r\u00e9sultait de la situation politique cr\u00e9\u00e9e par les Croisades, s\u2019imposa et se perp\u00e9tua avec cette structure homog\u00e8ne jus\u00adqu\u2019\u00e0 la R\u00e9forme. En d\u2019autres termes, du 13e au 16e si\u00e8cle, nous avons, d\u2019une part, mono-territorialit\u00e9 et mono-juridiction eccl\u00e9siastique en Europe occiden\u00adtale, sur le territoire du Patriarcat de Rome, cependant que, d\u2019autre part, simultan\u00e9ment ce m\u00eame Patriarcat encourage \u00e0 la co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siastique et, par suite, \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une (multi)juridiction transfronti\u00e8re (hyperoria) sur les territoires des autres Eglises d\u2019Orient, sur lesquels s\u2019instaure d\u00e9sormais une co-territorialit\u00e9 \u00e0 la fois ext\u00e9rieure (extra-communionnelle) et int\u00e9rieure (intra-communionnelle). Dans ces idiomes eccl\u00e9siologiques nouvellement n\u00e9s, on pouvait d\u00e9\u00adpister aussi les pr\u00e9mices d\u2019une eccl\u00e9siologie universaliste d\u00e9velopp\u00e9e ult\u00e9rieu\u00adre\u00adment \u2013\u00a0et notamment juste apr\u00e8s la R\u00e9forme\u2026<\/p>\n<p>Toutefois, en d\u00e9pit des pressions politiques de cette \u00e9poque, une autre posi\u00adtion persiste au cours de ces si\u00e8cles dans le monde chr\u00e9tien occidental, une posi\u00adtion th\u00e9ologique, anim\u00e9e par le souhait d\u2019un r\u00e9tablissement de la communion eccl\u00e9\u00adsiale et du r\u00e8glement du probl\u00e8me eccl\u00e9siologique. Les deux Conciles, p. ex. de Lyon (1274) et de Ferrare-Florence (1438-39), qui rassembl\u00e8rent des \u00e9v\u00eaques \u2013\u00a0notons que, durant ces Conciles, ils s\u2019appelaient mutuellement fr\u00e8res\u00a0\u2013 qui se trouvaient en situation de rupture de communion et non de schisme (autrement, il n\u2019y aurait eu aucune raison de convoquer de tels Conciles), mais aussi le fait que des moines d\u2019Occident continu\u00e8rent \u00e0 s\u2019installer au Mont Athos jusqu\u2019aux d\u00e9buts du 14e si\u00e8cle, montrent clairement qu\u2019une solution eccl\u00e9siolo\u00adgique \u00e0 la rupture de communion \u00e9taient encore vivement d\u00e9sir\u00e9e, malgr\u00e9 tous les comportements de co-territorialit\u00e9 qui \u00e9taient dict\u00e9s par la politique, mais qui alors pouvaient encore \u00eatre affront\u00e9s\u2026<\/p>\n<p><b>2. L\u2019Eccl\u00e9siologie de la R\u00e9forme (16e si\u00e8cle)<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est la R\u00e9forme qui fit appara\u00eetre le probl\u00e8me eccl\u00e9siologique de la co-territorialit\u00e9 sur le territoire du Patriarcat et de l\u2019Eglise de Rome. En effet, au 16e si\u00e8cle, cette ali\u00e9nation eccl\u00e9siologique qu\u2019est la co-territorialit\u00e9 se transmet pour la premi\u00e8re fois en Europe centrale et occidentale et fragmente le Patriarcat de Rome int\u00e9rieurement et territorialement, exactement de la m\u00eame fa\u00e7on que les autres Patriarcats d\u2019Orient avaient \u00e9t\u00e9 auparavant fragment\u00e9s int\u00e9rieurement. Il vaut la peine de rappeler<a title=\"\" href=\"#_edn3\">[iii]<\/a> \u00e0 ce propos que, cette fois, la co-territorialit\u00e9 a \u00e9merg\u00e9 sous une forme confessionnelle et a largement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019aggravation de ce probl\u00e8me eccl\u00e9siologique. C\u2019est alors qu\u2019on vit appara\u00eetre le terme \u201cd\u00e9nomina\u00adtion\u201d dans le domaine de l\u2019eccl\u00e9siologie.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience eccl\u00e9siologique du premier mill\u00e9naire \u00e9tait que, dans un lieu donn\u00e9, l\u2019unique crit\u00e8re canonique permettant la fondation et l\u2019existence d\u2019une Eglise \u201clocale\u201d ou \u201c\u00e9tablie localement\u201d \u00e9tait la territorialit\u00e9 exclusive et la mono-juridiction eccl\u00e9siologique. Or la R\u00e9forme, en raison de son \u00e9loignement de l\u2019Eglise occidentale, dont elle \u201c\u00e9tait issue\u201d, non tant du point de vue spatial que surtout du point de vue de son mode d\u2019existence, introduit par d\u00e9finition une nou\u00advelle donn\u00e9e d\u00e9terminante pour la fondation d\u2019une Eglise, \u00e9l\u00e9ment inconce\u00advable jusqu\u2019alors du point de vue eccl\u00e9siologique et canonique. En effet, les Com\u00admunaut\u00e9s eccl\u00e9siales nouvellement n\u00e9es, qui se form\u00e8rent \u00e0 cette \u00e9poque et dont l\u2019existence \u00e9tait purement autonomis\u00e9e, avaient besoin, en raison de leur diff\u00e9\u00adrence confessionnelle, d\u2019une hypostase eccl\u00e9siologique, qui, toutefois, ne pouvait \u00eatre fond\u00e9e ni sur l\u2019exp\u00e9rience eccl\u00e9siologique de l\u2019Eglise, telle qu\u2019elle \u00e9tait v\u00e9cue jusqu\u2019alors, ni sur la structure institutionnelle de l\u2019Eglise locale-dioc\u00e8se. La raison en est simple\u00a0: ces Communaut\u00e9s commenc\u00e8rent \u00e0 se former et \u00e0 co-exister sur un territoire o\u00f9 existait d\u00e9j\u00e0 une Eglise, qui plus est une Eglise poss\u00e9dant une identit\u00e9 territoriale eccl\u00e9siologique (Eglise en un lieu-Ecclesia in loco\u00a0: Eglise \u2018qui est \u00e0 Rome\u2019).<\/p>\n<p>Il \u00e9tait cependant imp\u00e9ratif de trouver un moyen, d\u2019une part, de faire de ces Communaut\u00e9s une Eglise, ce qui \u00e9tait d\u2019ailleurs l\u2019objet de la R\u00e9forme, et, d\u2019autre part, un \u00e9l\u00e9ment permettant de les diff\u00e9rencier d\u2019avec l\u2019Eglise existante, avec laquelle elles ne voulaient justement plus \u00eatre identifi\u00e9es. L\u2019adoption d\u2019une d\u00e9signation locale quelconque aurait sem\u00e9 la confusion, d\u2019autant plus qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019adopter les m\u00eames structures institutionnelles (\u00e9v\u00eaque, dioc\u00e8se et nom de lieu). On ne pouvait donc plus proc\u00e9der comme l\u2019avaient fait les Croisades, puisque celles-ci avaient a priori ouvertement proclam\u00e9 le schisme (sic), qui permettait l\u00e9gitimement de reprendre, telles quelles, les structures et les d\u00e9signations territoriales des Patriarcats et Eglises d\u2019Orient.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la R\u00e9forme, de m\u00eame qu\u2019elle n\u2019avait pas proclam\u00e9 de schisme avec l\u2019Eglise d\u2019Occident, dont elle \u00e9tait \u201cissue\u201d, de m\u00eame elle ne s\u2019engagea pas dans un processus eccl\u00e9siologique de rupture de communion ni rien d\u2019approchant. La R\u00e9forme visait \u00e0 l\u2019acquisition d\u2019un fondement eccl\u00e9siastique, mais, en tant que R\u00e9forme, tenait aussi absolument \u00e0 se distinguer de l\u2019Eglise existante. Dans le Luth\u00e9rianisme et le Calvinisme, c\u2019est-\u00e0-dire dans le Protestantisme principalement traditionnel, o\u00f9 pr\u00e9vaut le dogme, on observe une d\u00e9pendance de l\u2019Eglise, exclusivement par rapport \u00e0 la Confession de Foi (Confessio Fidei [cf. Confes\u00adsion d\u2019Augsbourg-1530]). C\u2019est pourquoi la R\u00e9forme choisit, fatalement mais aussi n\u00e9cessairement, de se d\u00e9signer par une \u00e9pith\u00e8te, un d\u00e9terminant adjectival provenant de la confession de chaque chef protestant, ce qui \u00e9vitait l\u2019emploi d\u2019une d\u00e9signation locale. C\u2019est ainsi que naquit le besoin du confessionalismus au sein de l\u2019Eccl\u00e9siologie de m\u00eame que la confessionalisation de l\u2019Eglise, tout d\u2019abord dans l\u2019espace protestant, puis au-del\u00e0. En bref, la scission de l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique en Occident donna naissance au confessionalisme et d\u00e9termina la d\u00e9signation des Eglises naissantes, laquelle n\u2019\u00e9tait plus territoriale, mais confessionnelle. Non pas une r\u00e9f\u00e9rence locale donc, mais une d\u00e9termination de confession et de d\u00e9ter\u00adminant adjectival (p. ex., Eglise luth\u00e9rienne, Eglise calviniste, Eglise m\u00e9thodiste, Eglise \u00e9vang\u00e9lique, etc.).<\/p>\n<p>Pour r\u00e9capituler, la R\u00e9forme, m\u00eame si ce n\u2019\u00e9tait pas son objet principal, \u00e9largit et syst\u00e9matisa la co-territorialit\u00e9 comme forme d\u2019existence eccl\u00e9siolo\u00adgi\u00adque, mais, par la suite, son auto-fragmentation en plusieurs et diverses Eglises confessionnelles conduisit au m\u00eame sympt\u00f4me d\u2019ali\u00e9nation de l\u2019Eccl\u00e9siologie. D\u2019une mani\u00e8re \u00e9tonnamment sem\u00adblable, elle produisit \u00e0 son tour ce m\u00eame sympt\u00f4me eccl\u00e9siologique de la double co-territorialit\u00e9\u00a0: co-territorialit\u00e9 externe (extra-communionnelle) en raison de la coexistence de toutes les Eglises protestantes confessionnelles \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Eglise catholique dont elle sont issues, mais aussi co-territorialit\u00e9 interne (intra-communionnelle) vu que plusieurs Eglises protestantes coexistent sur un m\u00eame lieu et dans la m\u00eame ville (conviventia), sans qu\u2019elles parviennent \u00e0 la pl\u00e9nitude de communion du corps eccl\u00e9sial se trouvant en un lieu donn\u00e9, cette communion \u2013 id\u00e9al qui nous \u00e9tait cependant bien propos\u00e9 par l\u2019Eccl\u00e9siologie paulinienne du Nouveau Testament, fondement exclusif de l\u2019eccl\u00e9siologie protestante (sola scriptura et fundamentum fidei). Or il n\u2019y a pas de mono-confessionalit\u00e9 au sein de la Confession protestante, initialement une et unique, mais d\u2019auto-fragmentation et de prolif\u00e9ration confessionnelles. Ainsi, bien que le protestantisme se fonde sur l\u2019Eccl\u00e9siologie paulinienne et la proclame vigoureu\u00adsement seule v\u00e9rit\u00e9 n\u00e9o-testamentaire, non seulement il porte en son sein l\u2019eccl\u00e9\u00adsiologie confessionnelle de la co-territorialit\u00e9, ce qui efface toute trace de la vision paulinienne et n\u00e9o-testamentaire relativement \u00e0 la fondation d\u2019une Eglise en un lieu donn\u00e9, mais de plus il relativise la position r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, et pourtant soulign\u00e9e avec persistance \u00e0 maintes reprises, de la sola scriptura.<\/p>\n<p><b>3. L\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Ethno-phyl\u00e9tisme (19e si\u00e8cle)<\/b><\/p>\n<p>Pour les Orthodoxes, la situation est encore plus complexe et nous pour\u00adrions nous y arr\u00eater un long moment. Nous nous limiterons cependant \u00e0 deux aspects\u00a0: a) l\u2019existence d\u2019une co-territorialit\u00e9 int\u00e9rieure (intra-communionnelle) dans l\u2019eccl\u00e9siologie or\u00adtho\u00addoxe, \u00e0 laquelle s\u2019ajoute une deuxi\u00e8me caract\u00e9ristique eccl\u00e9siologique n\u00e9ga\u00adtive, la multi-juridiction, mais aussi b) la non-existence d\u2019une co-territorialit\u00e9 ext\u00e9rieure (extra-communionnelle). Commen\u00e7ons par la seconde, vu que, en pratique, le choix de cette position eccl\u00e9siologique est historiquement ant\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Avant tout, malgr\u00e9 les points de vue contradictoires qui divisent aujour\u00add\u2019hui les Orthodoxes, l\u2019ann\u00e9e 1054, pour l\u2019Eglise orthodoxe, ne fut pas qualifi\u00e9e de \u201cschisme\u201d, mais d\u2019une \u201crupture de communion\u201d. Jamais l\u2019Eglise orthodoxe ne proclama de schisme tout au long du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire. Parce que, en de\u00adhors du fait que \u00ab\u00a0Tout schisme durable devient une h\u00e9r\u00e9sie\u00a0\u00bb (Jean Chrysosto\u00adme) et que, par cons\u00e9quent, le d\u00e9tachement devient total d\u2019avec le corps eccl\u00e9sial, l\u2019Eglise orthodoxe, s\u2019il y avait eu schisme, aurait d\u00fb suivre le m\u00eame processus eccl\u00e9siologique que l\u2019Eglise de Rome apr\u00e8s les Croisades, et constituer un \u201cPatriarcat orthodoxe de Rome\u201d, ce que, absolument cons\u00e9quente avec elle-m\u00eame, elle n\u2019a pas fait pendant un mill\u00e9naire et que, heureusement, elle refuse toujours \u00e9nergiquement de le faire. Par ailleurs, pour la m\u00eame raison, elle n\u2019aurait pas d\u00fb accepter que se tiennent les trois Conciles communs du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire et, encore moins, d\u2019y participer (Lyon [1274]-Ferrare-Florence [1438\/39]-Brest-Litovsk [1596]). (Il se trouve, d\u2019ailleurs, que le troisi\u00e8me Concile, celui de Brest-Litovsk (1596), a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 au m\u00eame si\u00e8cle que le d\u00e9but de la R\u00e9forme. Toutefois, apr\u00e8s le Concile de Trente (1545-1563), qui donna le coup de gr\u00e2ce \u00e0 toute tentative d\u2019unit\u00e9, et \u00e0 partir du 17e si\u00e8cle, le bouleversement des donn\u00e9es eccl\u00e9\u00adsio\u00adlogiques au sein de l\u2019Eglise catholique, conjointement aux guerres de religion en Occident, engendra d\u2019autres priorit\u00e9s et les choses prirent une autre tournure, ce qui est clairement apparu lors de Vatican II (1962-64)\u00a0).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, en employant le terme de \u201cschisme\u201d pour caract\u00e9riser 1054, les Orthodoxes commettent une erreur eccl\u00e9siologique. C\u2019est encore l\u00e0 une caract\u00e9ristique de la \u00ab\u00a0captivit\u00e9 babylonienne de la Th\u00e9ologie orthodoxe\u00a0\u00bb (G. Florovsky). En cons\u00e9quence, le refus de l\u2019Eglise orthodoxe de d\u00e9clarer la \u201crup\u00adture de communion de 1054\u201d comme un \u201cschisme\u201d, ainsi que le refus cons\u00e9\u00adquent, par extension, de constituer un \u201cPatriarcat orthodoxe de Rome\u201d, prouvent qu\u2019elle a longtemps v\u00e9cu et vit toujours dans l\u2019espoir tenace du r\u00e9tablissement de la communion et que, pour cette seule et unique raison, elle ne pratique pas de co-territorialit\u00e9 ext\u00e9rieure. Nous devons donc reconna\u00eetre ici que, sur cette question, l\u2019Eccl\u00e9siologie paulinienne, de m\u00eame que l\u2019Eccl\u00e9siologie conciliaire et patristique \u201cd\u2019une seule Eglise en un lieu\u201d sont rest\u00e9es intactes dans l\u2019Eglise ortho\u00addoxe et son eccl\u00e9siologie.<\/p>\n<p>Cependant, il n\u2019en va pas de m\u00eame de la co-territorialit\u00e9 int\u00e9rieure chez les Orthodoxes. Nous devons m\u00eame ajouter qu\u2019\u00e0 cet \u00e9gard, les Orthodoxes ont surpass\u00e9 les Catholiques et les Protestants pour ce qui est des d\u00e9viations eccl\u00e9sio\u00adlogiques, car, outre la co-territorialit\u00e9, ils exercent aussi une co-juridiction ainsi qu\u2019une multi-juridiction de fait multilat\u00e9raliste et hyperoria. (Nous pr\u00e9tendons \u00eatre en communion, sans tou\u00adtefois qu\u2019il existe de com\u00admu\u00adnion r\u00e9elle, puisque, comme nous en verrons la raison, chaque Eglise ethnique, avec un soin et une vigilance extr\u00eame, privil\u00e9gie l\u2019acquis ethno-phy\u00adl\u00e9tique et non la communion eccl\u00e9siologique). C\u2019est justement l\u00e0 que l\u2019on peut constater, dans l\u2019ec\u00adcl\u00e9\u00adsio\u00adlogie orthodoxe contempo\u00adraine, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une eccl\u00e9siologie non d\u00e9pourvue de stratifications et de d\u00e9\u00adviations sym\u00e9triques. Ceci appara\u00eet non seulement dans la pratique eccl\u00e9siologique orthodoxe r\u00e9pandue dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, mais cela va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 s\u2019inscrire explicitement et juridiquement dans la praxis statutaire des Eglises nationales orthodoxes, ainsi que nous allons le voir dans un instant. Un double exemple de dispositions statutaires de contenu non eccl\u00e9siologique suffira \u00e0 lui seul \u00e0 mettre en relief le probl\u00e8me ec\u00adcl\u00e9siologique dans toute sa grandeur. Con\u00adtentons-nous ici de rappeler de nouveau un article des Chartes statutaires d\u2019une Eglise hell\u00e9nophone et d\u2019une Eglise slavo\u00adphone, en l\u2019occurrence la Charte statutaire de l\u2019Eglise de Chypre et celle de l\u2019Eglise de Russie, afin de les placer dans la perspective de notre recherche eccl\u00e9siologique.<\/p>\n<p>\uf0b7 \u00ab\u00a0Les membres de l\u2019Eglise orthodoxe de Chypre sont\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 tous les Chypriotes chr\u00e9tiens orthodoxes, qui sont entr\u00e9s dans le sein de leur Eglise orthodoxe par le bapt\u00eame, r\u00e9sidant en permanence<a title=\"\" href=\"#_edn4\">[iv]<\/a> \u00e0 Chypre, ainsi que<\/p>\n<p>\u2013 tous ceux qui, d\u2019origine chypriote<a title=\"\" href=\"#_edn5\">[v]<\/a>, r\u00e9sident \u00e0 ce jour \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00a0\u00bb (Article 2, Charte statutaire de l\u2019Eglise de Chypre-<b>1980<\/b>)<a title=\"\" href=\"#_edn6\">[vi]<\/a>.<\/p>\n<p>\uf0b7 \u00ab\u00a0La juridiction de l\u2019Eglise orthodoxe russe est \u00e9tendue\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 aux personnes de confession orthodoxe r\u00e9sidant en URSS [1988]\u00a0; r\u00e9sidant sur le territoire canonique de l\u2019Eglise orthodoxe russe [2000], ainsi que<\/p>\n<p>\u2013 aux personnes<a title=\"\" href=\"#_edn7\">[vii]<\/a> qui r\u00e9sident \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et qui acceptent volontairement sa juridiction\u00a0\u00bb (Article I, \u00a7 3, Charte statutaire de l\u2019Eglise de Russie-<b>1988 <\/b>et<b> 2000<\/b>)<a title=\"\" href=\"#_edn8\">[viii]<\/a>.<\/p>\n<p>Les articles en question sont repr\u00e9sentatifs de Chartes statutaires partageant trois principales caract\u00e9ristiques non eccl\u00e9siologiques\u00a0:<\/p>\n<p><b>a)<\/b> La juridiction de ces Eglises s\u2019exerce sciemment et avant tout sur des personnes \u2013\u00a0comme dans l\u2019eccl\u00e9siologie de la R\u00e9forme\u2026\u00a0\u2013 et non exclusivement sur un territoire. Autrement dit, il est possible d\u2019affirmer sans plus d\u2019analyse que l\u2019exercice d\u2019une juridiction eccl\u00e9siale sur des personnes signifie tout simplement que ce fait statutaire donne, \u00e0 lui seul et par d\u00e9finition, \u00e0 ces Eglises le droit de p\u00e9n\u00e9trer dans les fronti\u00e8res canoniques des autres Eglises \u00e9tablies localement\u2026 Alors que nous savons tous que l\u2019autoc\u00e9phalie, en conformit\u00e9 avec l\u2019eccl\u00e9\u00adsiologie paulinienne, est octroy\u00e9e \u00e0 un lieu donn\u00e9, \u00e0 un territoire qui a des limites concr\u00e8tes observant des crit\u00e8res g\u00e9ographiques \u2013\u00a0et de nos jours principalement g\u00e9o-\u00e9tatiques\u00a0\u2013 et non \u00e0 une nation. Or le contenu de l\u2019autoc\u00e9phalie est ainsi essentiellement celui du Nouveau Testament, oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019Ancien dans la mesure o\u00f9 ce dernier identifiait le peuple \u00e9lu avec la Nation. Par cons\u00e9quent, la juridiction d\u2019une Eglise autoc\u00e9phale \u00e9tablie localement s\u2019\u00e9puise sur un territoire concret et jamais \u00e0 l\u2019ensemble d\u2019une nation, \u00e0 plus forte raison \u00e0 des personnes \u00e9parpill\u00e9es et dispers\u00e9es. Sur des \u201cpersonnes\u201d donc, et non sur un \u201cterritoire canonique\u201d qu\u2019elles invoquent certes, mais uniquement en situation de d\u00e9fense contre des \u201cintrus\u201d qui, confor\u00adm\u00e9\u00adment \u00e0 leur Charte statutaire, s\u2019appr\u00eatent \u00e0 exercer une co-territorialit\u00e9 externe (transfronti\u00e8re-hyperoria) sur leur terri\u00adtoire. Et cela, dans le but d\u2019emp\u00eacher, sur leur propre territoire, une intervention eccl\u00e9\u00adsiastique ext\u00e9\u00adrieure justifi\u00e9e par une autre juridiction (ou une autre \u201cd\u00e9nomination\u201d) en vertu des m\u00eames principes, alors que elles-m\u00eames pratiquent statutairement un tel interventionnisme eccl\u00e9si\u00adas\u00adti\u00adque de co-territorialit\u00e9 externe sur le territoire canonique des autres Eglises.<\/p>\n<p><b>b)<\/b> Les Eglises d\u00e9clarent statutairement qu\u2019elles ne sauraient admettre de li\u00admites, pour quelque raison que ce soit, \u00e0 l\u2019exercice de leur juridiction aux territoires situ\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res canoniques, ainsi qu\u2019elles y sont tenues du point de vue eccl\u00e9siologique, puisqu\u2019elles sont toutes deux des Eglises \u00e9tablies localement, et ainsi que l\u2019exige d\u2019ailleurs le principe de l\u2019autoc\u00e9phalie sur lequel repose leur existence eccl\u00e9siologique et institutionnelle. Au contraire, elles per\u00adsistent \u00e0 s\u2019\u00e9tendre au-del\u00e0 de leurs fronti\u00e8res canoniques, all\u00e9guant que leur Char\u00adte statutaire leur en octroie le droit<a title=\"\" href=\"#_edn9\">[ix]<\/a>. Cependant, dans la pratique ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologique, cela s\u2019appelle ing\u00e9rence institutionnelle, et surtout, confir\u00adma\u00adtion institutionnelle et statutaire de la co-territorialit\u00e9. En d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019une tentative ins\u00adtitutionnelle flagrante pour affermir la co-territorialit\u00e9 de mani\u00e8re eccl\u00e9siolo\u00adgique.<\/p>\n<p><b>c)<\/b> Plus important encore, ces Eglises, parlant des territoires situ\u00e9s hors de leurs fronti\u00e8res, sciemment et en tout \u00e9tat de cause, n\u2019aper\u00e7oivent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de leur territoire canonique que des \u201czones de diaspora\u201d, sans y reconna\u00eetre l\u2019existence ca\u00adnonique d\u2019autres Eglises \u00e9tablies localement \u2013\u00a0cependant tout aussi l\u00e9gitimes ou canoniques qu\u2019elles. Par suite, la r\u00e9f\u00e9rence statu\u00adtaire \u00e0 des personnes an\u00e9antit la distinction canonique \u00e9l\u00e9mentaire de \u201cterritoires canoniques\u201d et \u201cterritoires de Diaspora\u201d, cr\u00e9\u00adant de ce fait non seulement la d\u00e9finition de la co-territorialit\u00e9 int\u00e9rieure \u2013\u00a0fond\u00e9e cette fois-ci sur une base statutaire\u00a0\u2013 mais aussi un autre ph\u00e9nom\u00e8ne anti-eccl\u00e9siologique, une juridiction ethno-eccl\u00e9siastique univer\u00adselle. Cet idiome eccl\u00e9siologique nouvellement n\u00e9, comme d\u2019ailleurs cela s\u2019est pass\u00e9 avec l\u2019Eglise catholique du Moyen \u00c2ge, commence \u00e0 fonder une eccl\u00e9siologie universaliste mais fortement restreinte \u00e0 un niveau national(iste) cette fois-ci, ou, mieux encore, provoque la naissance de plusieurs eccl\u00e9siologies universalistes nationales et la comp\u00e9tition entre elles.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la contradiction qu\u2019en ressort, les Chartes statutaires des Eglises de Chypre et de Russie introduisent un double syst\u00e8me eccl\u00e9siologico-canonique d\u2019exercice de leur juridiction eccl\u00e9siastique, dualit\u00e9 inadmissible du point de vue eccl\u00e9siolo\u00adgique. Car\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Du point de vue eccl\u00e9siologique, elles privil\u00e9gient le \u201cterritoire canonique\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire la territorialit\u00e9 et la mono-juridiction \u00e0 l\u2019<b>int\u00e9rieur<\/b> des fronti\u00e8res du corps de l\u2019Eglise \u00e9tablie localement.<\/li>\n<\/ul>\n<p align=\"center\">Mais<\/p>\n<ul>\n<li>Du point de vue statutaire, elles revendiquent une \u201cjuridiction transfronti\u00e8re (hy\u00adperoria)\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire la co-territorialit\u00e9 et la multi-juridiction \u00e0 l\u2019<b>ext\u00e9\u00adrieur<\/b> des fronti\u00e8res du corps de l\u2019Eglise \u00e9tablie localement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce fait \u00e0 lui seul constitue par d\u00e9finition une alt\u00e9ration et une ali\u00e9nation de l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise et engendre, en deux mots, si l\u2019on peut se permettre l\u2019expression, un bricolage (bric-\u00e0-brac) eccl\u00e9siologique. L\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019E\u00adglise du Nouveau Testament, des Canons et des P\u00e8res n\u2019a, \u00e0 ce sujet, rien de rien \u00e0 voir avec les Chartes statutaires en question, et inversement. On confirme ainsi le fameux adage qui souligne les priorit\u00e9s \u00e9onistiques des Chr\u00e9tiens\u00a0: \u00ab\u00a0Siamo primo Veneziani e poi Christiani\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est cependant devenu tout \u00e0 fait g\u00e9n\u00e9ral de nos jours que les Eglises des nations de tradition orthodoxe se dotent de textes de nature statutaire et l\u00e9gislative qu\u2019elles consid\u00e8rent comme l\u2019\u00e9quivalent eccl\u00e9siastique de la Constitution et des principaux codes de leur Etat (les Slaves parlent d\u2019Ustav). Cette r\u00e9glementation fixe les normes de fonctionnement hi\u00e9rarchique de l\u2019Eglise, ses structures de gouvernement (en g\u00e9n\u00e9ral il y a un Synode restreint, ce qui n\u2019est pas toujours canonique) et des dispositions d\u2019ordre judiciaire et tentent de le faire mieux que les canons qui composent le Corpus canonum transmis par la Tradition diachronique de l\u2019Eglise. Faut-il faire remarquer que l\u2019apparent professionnalisme de ces textes est illusoire. Ils n\u2019ajoutent aucune pr\u00e9cision significative aux canons et recouvrent la nature inspir\u00e9e de la structure canonique de l\u2019Eglise d\u2019une vaine apparence de rationalit\u00e9 syst\u00e9matique. Les canons sont l\u2019explicitation d\u2019une Tradition en r\u00e9ponse \u00e0 des circonstances pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les temps sont accomplis\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn10\">[x]<\/a> et il nous faut prendre conscience que l\u2019eccl\u00e9\u00adsio\u00adlogie statutaire des Eglises nationales orthodoxes est profond\u00e9ment probl\u00e9\u00admatique. La d\u00e9ficience des Chartes statutaires est moins sensible \u00e0 l\u2019int\u00e9\u00adrieur d\u2019un pays, mais l\u2019innovation canonique d\u2019un \u201cterritoire canonique\u201d ethno-culturel \u2013\u00a0rap\u00adpelant le principe juridique international du jus soli\u00a0\u2013 laisse pr\u00e9voir un bon nombre de d\u00e9sordres dans les pays situ\u00e9s en dehors des fronti\u00e8res et que nous appelons, \u00e0 tort, la \u201cdiaspora\u201d<a title=\"\" href=\"#_edn11\">[xi]<\/a>. La d\u00e9ficience de ces Chartes r\u00e9side aussi en ce qu\u2019elles pr\u00e9sentent des \u00e9l\u00e9ments non pas seulement ethno-phyl\u00e9tiques, mais aussi confessionnels, juridiques, et surtout, non-canoniques et non-eccl\u00e9sio\u00adlogiques. Elles ressemblent, par la perspective qu\u2019elles adoptent, aux pages d\u2019un manifeste ethno-\u00e9tatique plus qu\u2019elles ne refl\u00e8tent l\u2019Eccl\u00e9siologie et la Th\u00e9ologie de l\u2019Eglise. Ces textes statutaires officiels du 20e si\u00e8cle t\u00e9moignent encore une fois de la \u201ccaptivit\u00e9 babylonienne\u201d dans laquelle se trouve la Th\u00e9ologie de l\u2019E\u00adglise orthodoxe, prisonni\u00e8re cette fois, du nationalisme \u00e9tatique et de l\u2019id\u00e9ologie nationale do\u00admi\u00adnante. Ils t\u00e9moignent \u00e9galement de sa m\u00e9tamorphose en une ethno-th\u00e9ologie que l\u2019Eglise a elle-m\u00eame engendr\u00e9e et qui a abouti \u00e0 l\u2019ethno-eccl\u00e9siologie, caract\u00e9ristique principale de l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siale pour les Orthodoxes. Bien entendu, ce n\u2019est pas un simple concept juridique qui carac\u00adt\u00e9\u00adrise l\u2019\u00e9poque, ce sont les r\u00e9alit\u00e9s que ce terme refl\u00e8te, o\u00f9 l\u2019on peut d\u00e9pister quelque chose de plus profond\u00a0: de l\u2019ethno-cul\u00adturalisme (ethnoculturalismus) eccl\u00e9siastique.<\/p>\n<p>Acteurs du \u201cmultilat\u00e9ralisme\u201d (multilateralismus), pour des raisons qui, au\u00adjourd\u2019hui, nous sont connues, claires et \u00e9videntes, les Orthodoxes de notre \u00e9poque bl\u00e2ment les Croisades des Chr\u00e9tiens d\u2019Occident, mais ils sont incapables de comprendre que leur position eccl\u00e9siologique les place, statutairement et institu\u00adtionnellement, dans la suite des Croisades et de l\u2019eccl\u00e9siologie qui en est issue. Un regard eccl\u00e9siologique \u2013\u00a0et non ethno-phyl\u00e9tique\u00a0\u2013 sur les cas de co-territorialit\u00e9, par exemple, en Estonie, en Moldavie ou dans l\u2019ex-R\u00e9publique yougoslave de Mac\u00e9doine (fyrom), suffit \u00e0 montrer la confusion eccl\u00e9siologico-canonique qui r\u00e8gne dans les espaces g\u00e9oeccl\u00e9siastiques orthodoxes d\u2019aujour\u00add\u2019hui.<\/p>\n<p>Pour compl\u00e9ter cette analyse, examinons une question de m\u00eame type, cette fois en rapport avec l\u2019esprit que r\u00e9pandent de telles dispositions statutaires de contenu ethno-phyl\u00e9tique et de perspective ethno-culturaliste.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Par essence, l\u2019Eglise a toujours \u00e9t\u00e9 eucharistique et, en ce qui concerne un lieu, territo\u00adriale. La d\u00e9termination g\u00e9ographique d\u2019une Eglise, \u201clocale\u201d ou \u201c\u00e9tablie localement\u201d, comme les termes eux-m\u00eames l\u2019indiquent, est l\u2019unique cat\u00e9gorie de l\u2019eccl\u00e9siologie conciliaire paulinienne, mais aussi de l\u2019ensemble de l\u2019eccl\u00e9siologie patristique qui lui a succed\u00e9. Le crit\u00e8re permettant de d\u00e9finir une communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, un corps eccl\u00e9sial ou une circonscription eccl\u00e9siastique a toujours \u00e9t\u00e9 le lieu, et jamais une cat\u00e9gorie raciale, culturelle, ritualiste, nationale ou confessionnelle. L\u2019espace est en effet la cat\u00e9gorie la plus inclusive de nos vies quotidiennes. Nous avions et nous avons encore une Eglise dans un lieu, \u00e0 savoir une Eglise locale ou \u00e9tablie localement (p. ex. Eglise qui est \u00e0 Corinthe<a title=\"\" href=\"#_edn12\">[xii]<\/a>, Eglise de Galatie<a title=\"\" href=\"#_edn13\">[xiii]<\/a>, Patriarcat de J\u00e9rusalem, Patriarcat de Rome, Eglise de Russie, etc.), mais nous n\u2019avons jamais eu, comme aujourd\u2019hui, d\u2019Eglise suivie d\u2019un adjectif qualificatif ou une Eglise \u00e9pith\u00e9tique (p. ex. Eglise corinthienne, Eglise galatienne, Eglise j\u00e9rusal\u00e9mite, Eglise romaine, Eglise russe, etc.). Et cela, parce que, dans le premier cas, il s\u2019agit tou\u00adjours de la m\u00eame Eglise, mais incarn\u00e9e en diff\u00e9rents lieux (Eglise se situant \u00e0 Corinthe, en Galatie, \u00e0 J\u00e9rusalem, \u00e0 Rome, en Russie, etc.), tandis que, dans le second cas, il n\u2019appara\u00eet pas clairement qu\u2019il s\u2019agisse de la m\u00eame Eglise, puisqu\u2019il est n\u00e9cessaire de lui adjoindre un adjectif (repr\u00e9sentant des cat\u00e9gories ethno-phyl\u00e9tiques ou confessionnelles) pour la d\u00e9finir et la distinguer d\u2019une autre\u00a0: nous disons ainsi Eglise serbe, Eglise grecque, Eglise russe, exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que nous disons Eglise \u00e9vang\u00e9lique, Eglise catholique, Eglise anglicane ou Eglise luth\u00e9rienne. Et de m\u00eame que, par exemple, l\u2019Eglise luth\u00e9rienne initialement, ayant perdu son assise locale \u201ccanonique\u201d, pour des raisons confes\u00adsionnelles et relatives \u00e0 son expression identitaire, a eu recours \u00e0 d\u2019autres formes d\u2019auto-d\u00e9fi\u00adnition, de m\u00eame, dans l\u2019espace de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, alors qu\u2019il est absolument impos\u00adsible de dire \u201cEglise de Serbie de France\u201d ou \u201cEglise de Serbie en France\u201d, ce qui serait inadmis\u00adsible du point de vue eccl\u00e9\u00adsiologique \u2013\u00a0parce que nous provoquons et nous sommes en pleine confusion des Eglises\u00a0\u2013, mais nous pouvons, pour des raisons purement ethno-phyl\u00e9tiques relatives \u00e0 son expression ou d\u2019exercice de sa juridiction ethno-eccl\u00e9siastique hyperoria, ais\u00e9ment dire \u2013\u00a0comme nous le disons non seulement oralement, mais aussi institutionnel\u00adlement et statutairement\u00a0\u2013 \u201cEglise serbe en France\u201d\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn14\">[xiv]<\/a>\u2026<\/p>\n<p>La conclusion que nous pouvons tirer de cette br\u00e8ve analyse de la qualifi\u00adcation eccl\u00e9siologique attributive est que nous avons une seule et unique Eglise \u00e0 Corinthe, une seule et unique Eglise en Galatie, une seule et unique Eglise \u00e0 J\u00e9rusalem. Cependant, il ne s\u2019agit pas de trois Eglises, mais d\u2019une seule Eglise, la seule et unique Eglise-Corps du Christ, qui se trouve \u00e0 Corinthe, en Galatie et \u00e0 J\u00e9rusalem. En ce sens, il n\u2019existe pas et ne peut exister d\u2019\u201cEglises s\u0153urs\u201d, car il n\u2019y a pas deux corps dis\u00adtin\u00adgu\u00e9s, mais une Eglise qui est et s\u2019incarne en diff\u00e9rents lieux. Dans ce contexte eccl\u00e9siologique, le mot \u201cs\u0153ur\u201d est totalement infond\u00e9, car il implique deux corps l\u00e0 o\u00f9, sans aucune discussion possible, il n\u2019y en a qu\u2019un. Cette d\u00e9signation n\u2019existe pas dans l\u2019Eglise du premier mill\u00e9naire. L\u2019emploi de ce terme suppose, et surtout sous-tend, des influences et des pro\u00adjections culturelles implicites dans le Corps un et indivisible de l\u2019Eglise. En ce sens \u00e9galement, nous n\u2019avons pas une Eglise russe, une Eglise bulgare, une Eglise j\u00e9rusal\u00e9mite\u00a0; ces Eglises seraient ainsi au nombre de trois. Par contre, nous avons une Eglise, une seule et unique Eglise-Corps du Christ, qui se trouve en Russie, en Bulgarie et \u00e0 J\u00e9rusalem. Ainsi s\u2019explique pourquoi les Chartes statu\u00adtaires ethno-eccl\u00e9siastiques se dirigent, par leur position et par leur d\u00e9finition initiales, vers des perspectives divergentes \u2013\u00a0et non vers la communion des Eglises locales, comme c\u2019\u00e9tait le cas pour les canons des Eglises qui \u00e9taient universelle\u00adment communs et les m\u00eames pour tous.<\/p>\n<p>Comparant les principes qui r\u00e9gissent nos trois eccl\u00e9siologies, nous consta\u00adtons qu\u2019elles pr\u00e9sentent certains \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs \u00e9tonnamment communs. Chez les Catholiques, par exemple, c\u2019est du rite que provient l\u2019\u00e9pith\u00e8te d\u00e9\u00adsi\u00adgnant l\u2019Eglise locale, \u00e0 savoir \u201cmaronite\u201d, \u201cmelkite\u201d, \u201ccatholique grecque\u201d ou \u201cu\u00adni\u00adate\u201d, etc. Chez les Protestants aussi, c\u2019est de la confession que provient l\u2019\u00e9\u00adpi\u00adth\u00e8te d\u00e9signant chacune des \u201cd\u00e9nominations\u201d, \u00e0 savoir \u201cluth\u00e9rienne\u201d ou \u201ccal\u00advi\u00adniste\u201d, etc. Pareillement et par analogie, ceci advient aussi dans l\u2019Eglise nationale orthodoxe, o\u00f9 le messianisme de la Nation, autre forme de confession de foi, est, consciemment ou inconsciemment, accentu\u00e9 plus que tout autre aspect, et o\u00f9, en m\u00eame temps, on observe une relation et une d\u00e9pendance affectives et m\u00eame lascives de l\u2019Eglise par rapport \u00e0 la Nation et \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie nationale dominante. Il est, d\u00e8s lors, naturel que ce soit de cette relation de d\u00e9pendance r\u00e9ciproque par rapport \u00e0 la Nation \u00e9tatique que provienne l\u2019\u00e9pith\u00e8te d\u00e9signant les Eglises locales, \u00e0 savoir Eglise serbe, Eglise roumaine ou Eglise russe.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019innovation eccl\u00e9siologique attributive r\u00e9cemment n\u00e9 s\u2019explique d\u00e9sormais sans grande difficult\u00e9, du fait que incon\u00adsciem\u00adment, depuis que le centre de gravit\u00e9 eccl\u00e9siologique, de territorial qu\u2019il \u00e9tait, est devenu confessionnel, nous avons remplac\u00e9 la d\u00e9signation locale par une \u00e9pith\u00e8te d\u00e9terminante qui correspond \u00e0 des exp\u00e9riences eccl\u00e9siologiques divergentes. Si nous utilisons des cat\u00e9gories d\u2019\u00e9pith\u00e8tes, c\u2019est parce que nous sommes mus pr\u00e9cis\u00e9ment par ce m\u00eame besoin d\u2019auto-d\u00e9signation qui impose l\u2019emploi de cat\u00e9gories d\u2019\u00e9pith\u00e8tes confes\u00adsionnels. Toute\u00adfois, pour l\u2019Eccl\u00e9siologie, il n\u2019existe ni Eglise ritualiste ni Eglise confessionnelle, ni Eglise ethnico-ethnophyl\u00e9tique respectivement.<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il peut para\u00eetre \u00e9quivalent (isomorphique) de parler par exemple d\u2019Eglise de Roumanie ou d\u2019Eglise roumaine, et bien que la diff\u00e9rence de terminologie semble bien superficielle, nous devons constater, d\u2019apr\u00e8s ce que l\u2019on a vu plus haut, qu\u2019elle est r\u00e9ellement significative entre l\u2019usage d\u2019un nom de lieu et l\u2019usage \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re d\u2019un attributif distinctif, car les intentions, soit eccl\u00e9siolo\u00adgiques, soit divergentes et h\u00e9t\u00e9ro-centriques renvoient \u00e0 deux conceptions diff\u00e9rentes de l\u2019Eglise. L\u2019Eglise est communion et non divergence. Le foss\u00e9 qui s\u00e9pare ces deux conceptions est large, aussi large que celui qui existe entre l\u2019\u201ceccl\u00e9siologique\u201d et le \u201cnon eccl\u00e9siologique\u201d\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Ces trois eccl\u00e9siologies divergentes, qui se sont d\u00e9velopp\u00e9es tout au long des huit derniers si\u00e8cles du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire (13e-20e si\u00e8cles), ont en fait ouvert pour l\u2019Eglise l\u2019\u00e9poque de la post-eccl\u00e9siologie. Telle est l\u2019\u00e9poque que nous traversons, une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on tente de donner des solutions superficielles, soit par des conciles tels que Vatican II qui a pr\u00e9conis\u00e9 l\u2019\u00e9largissement de l\u2019\u0153cum\u00e9\u00adnisme, soit par une tentative accrue de f\u00e9d\u00e9ralisation des Eglises protestantes, soit par la lutte infructueuse pour convoquer un Concile panorthodoxe, pr\u00e9par\u00e9, sans r\u00e9sultat, depuis bient\u00f4t un demi-si\u00e8cle. Il est certain que la solution ne pourra \u00eatre ni ritualiste ni \u0153cum\u00e9niste, elle ne sera ni confessionnelle ni f\u00e9d\u00e9rative et s\u00fbrement pas ethno-phyl\u00e9tique et multi-juridictionnelle\u00a0; elle ne pourra qu\u2019\u00eatre eccl\u00e9sio\u00adlogique et canonique, et c\u2019est peut-\u00eatre pourquoi elle para\u00eet tr\u00e8s lointaine, sinon utopique, \u00e0 l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siale que nous traversons et qui s\u2019est instau\u00adr\u00e9e comme l\u2019\u00e9poque du Christianisme moderniste, un Christianisme qui de\u00admeure tragiquement multilat\u00e9raliste et nullement eccl\u00e9siologique.<\/p>\n<p>Dans cette approche comparatiste de la question, nous pourrions ajouter que l\u2019\u00e9mergence de la R\u00e9forme a impos\u00e9 une situation de facto de co-territorialit\u00e9 et que, l\u00e0 o\u00f9 existait une Eglise (Patriarcat) d\u2019Occident, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, apr\u00e8s les guerres de religion et, beaucoup plus tard, \u00e0 la naissance de l\u2019\u0153cum\u00e9nisme, l\u2019\u00e9vi\u00addent et incontestable acquis \u2014 l\u2019\u00e9vidence irr\u00e9versible \u2014 de la co-territorialit\u00e9 de l\u2019eccl\u00e9siologie contem\u00adporaine. Depuis lors, la co-territorialit\u00e9 se transforme exclusivement en situation eccl\u00e9siologique de facto pour tous et en donn\u00e9e eccl\u00e9siologique p\u00e9renne, accep\u00adt\u00e9es \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, au point de devenir finalement un \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019expression territoriale de toute Eglise et Confession chr\u00e9tiennes \u00e9tablies localement. C\u2019est ainsi qu\u2019au\u00adjourd\u2019hui, elle constitue la caract\u00e9ristique commune et fondamentale de toutes les eccl\u00e9siologies des Eglises chr\u00e9tiennes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Pour l\u2019Eglise catholique, citons un exemple\u00a0: \u00e0 J\u00e9rusalem, cinq Patriar\u00adcats catholiques co-existent, gouvern\u00e9s par deux Codes de Droit canonique unilat\u00e9\u00adraux<a title=\"\" href=\"#_edn15\">[xv]<\/a>. Dans le m\u00eame contexte que celui sous-tendant le probl\u00e8me eccl\u00e9siolo\u00adgi\u00adque de la co-territorialit\u00e9 s\u2019inscrit \u00e9galement l\u2019\u00e9mergence de l\u2019Uniatisme, ainsi que la volont\u00e9 tenace de Rome d\u2019en pr\u00e9server l\u2019existence\u2026<\/li>\n<li>Les Eglises protestantes se multiplient en un m\u00eame lieu et \u00e0 travers le monde, et tentent de r\u00e9soudre le probl\u00e8me par des f\u00e9d\u00e9ralisations.<\/li>\n<li>Pour les Eglises orthodoxes \u00e9tablies localement, citons aussi un exemple\u00a0: \u00e0 Paris, six \u00e9v\u00eaques orthodoxes co-existent, dont les juridictions eccl\u00e9siastiques \u00e9quivalentes ou synonymes \u2013\u00a0et m\u00eame parfois homonymes\u00a0\u2013 se chevau\u00adchent (malgr\u00e9 l\u2019interdiction explicite \u00e9dict\u00e9e par le Ier Concile \u0153cum\u00e9nique de Nic\u00e9e [325]<a title=\"\" href=\"#_edn16\">[xvi]<\/a> et le IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine [451]<a title=\"\" href=\"#_edn17\">[xvii]<\/a>), et les Eglises \u00e9ta\u00adblies localement pr\u00e9sentent aussi toutes les donn\u00e9es statutaires de co-territo\u00adria\u00adlit\u00e9 mentionn\u00e9es plus haut.<\/li>\n<li>\u00c0 ces quelques exemples repr\u00e9sentatifs, on pourrait ajouter l\u2019eccl\u00e9siologie du Conseil \u0152cum\u00e9nique des Eglises (COE), pour lequel la coexistence pluraliste cons\u00adtitue un crit\u00e8re eccl\u00e9siologique essentiel, sans parler, bien s\u00fbr, de la com\u00admu\u00adnion des Eglises anglicanes, des Eglises arm\u00e9niennes et de l\u2019Eglise Catholique Or\u00adtho\u00addoxe de France (ECOF), mais aussi<\/li>\n<li>Dans les 17 Eglises diff\u00e9rentes des Vieux Calendaristes en Gr\u00e8ce, qui pr\u00e9sen\u00adtent, \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9tonnamment \u00e9lev\u00e9, ce m\u00eame sympt\u00f4me caract\u00e9ristique de la double co-territorialit\u00e9 (ext\u00e9rieure, par rapport \u00e0 l\u2019Eglise orthodoxe de Gr\u00e8ce, mais aussi int\u00e9rieure, par rapport aux 17 \u201cVrais (sic) Eglises Orthodoxes de Gr\u00e8ce\u201d homonymes et autoproclam\u00e9es), sans oublier l\u2019Eglise russe hors-fronti\u00e8\u00adres avec une juridiction eccl\u00e9siastique universelle et un compor\u00adtement par d\u00e9fi\u00adni\u00adtion de co-territorialit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Par cons\u00e9quent, pour les Eglises, le probl\u00e8me n\u2019est pas ritualiste, confes\u00adsionnel ou ethno-phyl\u00e9tique, mais concerne avant tout l\u2019Eccl\u00e9siologie et la communion ontologique des Eglises en Christ.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b>Remarques-Conclusions<\/b><\/p>\n<p>Jamais, dans l\u2019Histoire deux fois mill\u00e9naire du Christianisme, l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise n\u2019a connu d\u2019ali\u00e9nation aussi g\u00e9n\u00e9rale et d\u2019une telle port\u00e9e, qu\u2019au cours des huit derniers si\u00e8cles (13e-20e si\u00e8cles), en cette \u00e9poque que nous pou\u00advons qualifier comme \u201cpost-eccl\u00e9siologique\u201d. Nous en portons tous la respon\u00adsa\u00adbilit\u00e9, Catholiques, Protestants et Orthodoxes. L\u2019organisation selon un code de droit canonique, un rite, une confession ou des statuts nationaux des Eglises a, syst\u00e9matiquement et consciem\u00adment, ignor\u00e9 et ignore encore totalement la tradition eccl\u00e9siologique canonique, issue de la praxis eccl\u00e9siastique vitale de l\u2019Eglise du Christ, du Nouveau Testa\u00adment, des Conciles \u0153cum\u00e9niques et locaux et des P\u00e8res. Elle s\u2019inspire \u00e0 tort de donn\u00e9es et de conditions propres \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e9onistique \u201cpost-eccl\u00e9siologique\u201d, sans laisser la moindre possibilit\u00e9, ni manifester la moindre volont\u00e9 de trouver le chemin du retour vers \u00ab\u00a0d\u2019o\u00f9 nous sommes tomb\u00e9s\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn18\">[xviii]<\/a>.<\/p>\n<p>Au terme de cette analyse, s\u2019il en est vraiment ainsi, pour nous r\u00e9sumer, nous constatons que les Croisades ont effectivement cr\u00e9\u00e9 une nouvelle situation eccl\u00e9siastique de facto qui, depuis, a influenc\u00e9 \u2013\u00a0pour ne pas dire impos\u00e9\u00a0\u2013 l\u2019Ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologie et son sens. La R\u00e9forme a aggrav\u00e9 le probl\u00e8me de la co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siologique, qui avait pris naissance d\u00e8s les Croisades (1<sup>\u00e8re<\/sup> Croisade-1099). Le trait principal de cette nouvelle organisation eccl\u00e9\u00adsio\u00adlogique \u00e9tait la fondation d\u2019Eglises non plus territoriales, mais co-territoriales. D\u2019o\u00f9 le probl\u00e8me eccl\u00e9siologique de la co-territorialit\u00e9. En d\u2019au\u00adtres termes, des Eglises non plus en pl\u00e9nitude de communion mais en coexistence avec d\u2019autres Eglises. Des Eglises dont le fondement n\u2019est plus eccl\u00e9siologique, mais ritualiste, confes\u00adsionnel ou ethno-phyl\u00e9tique (conviventia ritualiste, confessionnelle et ethno-phyl\u00e9tique). Un fondement ritualiste, confessionnel ou ethno-phyl\u00e9tique cependant, qui d\u00e9termine et dicte les Codes de Droit canonique, les textes officiels des Confessions protestantes, les Chartes statutaires, mais aussi l\u2019ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologie qu\u2019ils sous-tendent. Tout cela constitue l\u2019image et les caract\u00e9\u00adris\u00adtiques de l\u2019\u00e9poque \u201cpost-eccl\u00e9siologique\u201d qui, \u00e0 l\u2019heure actuelle, culmine et pros\u00adp\u00e8re.<\/p>\n<p>De cette br\u00e8ve recherche, il ressort que, dans les Temps Modernes, l\u2019eccl\u00e9siologie orthodoxe a \u00e9t\u00e9 davantage influenc\u00e9e par l\u2019eccl\u00e9siologie protes\u00adtante lorsqu\u2019elle s\u2019est d\u00e9finie et affirm\u00e9e que par l\u2019eccl\u00e9siologie catholique, du fait que cette derni\u00e8re pr\u00e9sente une structure eccl\u00e9siastique unidimensionnelle \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, suite \u00e0 la rupture de communion survenue en 1054 et au d\u00e9\u00adve\u00adloppement eccl\u00e9siologique ult\u00e9\u00adrieur se fondant sur l\u2019existence d\u2019un seul Pa\u00adtriarcat-Eglise pour le monde entier. C\u2019est peut-\u00eatre cela qui explique aussi la co\u00adexistence facile des Orthodoxes et des Pro\u00adtestants au Conseil \u0152cum\u00e9nique des Eglises (COE), qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le couronnement de l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siologique.<\/p>\n<p><b><\/b>Il serait possible de repr\u00e9senter cette \u00e9poque post-eccl\u00e9siale dans le tableau suivant\u00a0:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<table border=\"1\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\" width=\"461\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">L\u2019Eccl\u00e9siologie \u00e0 l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siologique<\/span><\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Eglise catholique<\/span><\/b>\u00a0<b>: Poly-ritualisme\u00a0;<\/b> <b>Co-territorialit\u00e9<\/b>\u00a0:<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>\u2022 Ext\u00e9rieure\u00a0<\/b>: Fondation d\u2019Eglises sur le territoire d\u2019autres Eglises (conviventia intraeccl\u00e9siale).<\/p>\n<p><b>\u2022 Int\u00e9rieure\u00a0<\/b>: Eglises sous forme de rite, acceptation de l\u2019Uniatisme et recouvrement territorial mutuel en un m\u00eame lieu (conviventia ritualiste-intracatholique).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Eglises protestantes<\/span><\/b>\u00a0: <b>Multi-confessionalisme\u00a0;<\/b> <b>Co-territorialit\u00e9\u00a0<\/b>:<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>\u2022 Ext\u00e9rieure\u00a0<\/b>: Fondation d\u2019Eglises sur le territoire d\u2019autres Eglises d\u00e8s le jour de leur naissance confessionnelle (conviventia intraeccl\u00e9siale).<\/p>\n<p><b>\u2022 Int\u00e9rieure\u00a0<\/b>: Eglises sous forme de multiplication informelle des Communaut\u00e9s et recouvrement territorial mutuel en un m\u00eame lieu (conviventia confessionnelle-intra\u00adprotestante).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Eglises orthodoxes \u00e9tablies localement<\/span><\/b>\u00a0: <b>Multi-juridiction\u00a0; Co-territorialit\u00e9\u00a0<\/b>:<\/li>\n<\/ul>\n<p><b>\u2022 Ext\u00e9rieure\u00a0<\/b>:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00d8<\/p>\n<p><b>\u2022 Int\u00e9rieure\u00a0<\/b>: Eglises et juridictions eccl\u00e9siastiques sous forme de multi-juridiction ethno-phyl\u00e9tique et culturelle et recouvrement territorial mutuel en un m\u00eame lieu (con\u00adviventia ethnophyl\u00e9tique-intraorthodoxe).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voil\u00e0 le puzzle illustrant le sens, les caract\u00e9ristiques et les perspectives de l\u2019\u00e9poque \u201cpost-eccl\u00e9siologique\u201d\u2026<\/p>\n<p>Encore une remarque. De ces trois eccl\u00e9siologies\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019Eglise catholique n\u2019a jamais condamn\u00e9 l\u2019<b>eccl\u00e9siologie<\/b> <b>ritualiste<\/b> (qui est n\u00e9e au 13e si\u00e8cle) comme d\u00e9viante par rapport \u00e0 l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise. Bien au contraire, le Ritualisme eccl\u00e9siologique continue \u00e0 inspirer les Eglises catholiques de rites divers et \u00e0 d\u00e9terminer leur naissance.<\/li>\n<li>Les Protestants non plus n\u2019ont jamais condamn\u00e9 l\u2019<b>eccl\u00e9siologie<\/b> <b>confession\u00adna\u00adliste<\/b> (qui est n\u00e9e au 16e si\u00e8cle) comme d\u00e9viante par rapport \u00e0 l\u2019Eccl\u00e9siologie paulinienne. Bien au contraire, le Confessionnalisme eccl\u00e9siologique continue \u00e0 inspirer les Eglises protestantes et \u00e0 d\u00e9\u00adterminer leur naissance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 l\u2019absence de condamnation de toute sorte (conciliaire ou autre) que ces Eglises, quoiqu\u2019elles ne se justifient pas th\u00e9ologiquement, doivent en quelque sorte de ne porter aucune responsabilit\u00e9\u2026<\/p>\n<ul>\n<li>Les Orthodoxes, pour leur part, lorsque l\u2019<b>eccl\u00e9siologie<\/b> <b>ethno-phyl\u00e9tique<\/b> a commenc\u00e9 \u00e0 fleurir et prosp\u00e9rer (elle est n\u00e9e au 19e si\u00e8cle, d\u00e8s l\u2019\u00e9mergence des Nations-Etats), ont imm\u00e9diatement convoqu\u00e9 un Concile panorthodoxe \u00e0 Cons\u00adtan\u00adtinople et ont condamn\u00e9 l\u2019Ethno-phyl\u00e9tisme eccl\u00e9siologique comme h\u00e9r\u00e9sie (1872). De tous les Chr\u00e9tiens, seuls les Ortho\u00addoxes ont eu le courage th\u00e9ologique de se mobiliser synodalement et de condam\u00adner comme h\u00e9r\u00e9sie une telle forme de d\u00e9viance eccl\u00e9siologique, ce qui montre l\u2019acuit\u00e9 de la sensibilit\u00e9 eccl\u00e9siologique qui les animait, tout du moins \u00e0 ce moment-l\u00e0. Toutefois, depuis ce Concile, la quasi-totalit\u00e9 des Eglises nationales orthodoxes n\u2019ont rien d\u2019autre \u00e0 montrer, statutairement et canoniquement, qu\u2019une eccl\u00e9\u00adsiologie ethno-phyl\u00e9tique, c\u2019est-\u00e0-dire, statutairement parlant, l\u2019h\u00e9r\u00e9sie qu\u2019elles avaient peu auparavant condam\u00adn\u00e9e conciliairement. Ainsi, de nos jours, tous se comportent de mani\u00e8re ethno-phy\u00adl\u00e9tique, agissent de mani\u00e8re ethno-phyl\u00e9tique, organisent leur \u201cdiaspora ethno-ec\u00adcl\u00e9\u00adsiastique\u201d (sic) et, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui (20e si\u00e8cle), s\u2019organisent de ma\u00adni\u00e8re ethno-phyl\u00e9tique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019est pourquoi, contrairement aux Catholiques et aux Protestants, les Or\u00adtho\u00addoxes seront inexcusables d\u2019avoir aujourd\u2019hui adopt\u00e9 un comportement anti-eccl\u00e9siastique, malgr\u00e9 les d\u00e9cisions et recommandations conciliaires ad hoc, con\u00adtri\u00adbuant ainsi \u00e0 la fragmentation du corps eccl\u00e9sial partout o\u00f9 celui-ci est invit\u00e9 \u00e0 \u00eatre constitu\u00e9 sur la terre.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 justement ce qui atteste clairement que l\u2019\u00e9poque que nous traversons est de toute \u00e9vidence post-eccl\u00e9siologique, au moment o\u00f9 on sait tr\u00e8s bien que l\u2019Eccl\u00e9siologie concerne le mode d\u2019existence de l\u2019Eglise. Et s\u2019il en est vraiment ainsi, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 tous (Catholiques, Protestants et Orthodoxes) parlent d\u2019une Eccl\u00e9siologie eucharistique, une question se pose\u00a0: \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 l\u2019Ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologie n\u2019est pas correcte, \u00e0 quel point l\u2019Eucharistie est-elle possible\u00a0? En tout cas, pour les P\u00e8res de l\u2019Eglise, lorsque la foi n\u2019\u00e9tait pas correcte, l\u2019Eucharistie \u00e9tait impossible\u00a0! Qu\u2019en est-il donc de l\u2019Eccl\u00e9siologie\u00a0?\u2026<\/p>\n<p>En fin de compte, la pathologie des trois eccl\u00e9siologies que nous avons exa\u00admin\u00e9es est commune, malgr\u00e9 quelques diff\u00e9rences dans la th\u00e9ologie ou la con\u00adfes\u00adsion ou encore dans l\u2019Eglise, si bien que, ce qui est dit de la pathologie de l\u2019ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologie d\u2019une Eglise est, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, \u00e9galement valable pour l\u2019ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologie des autres Eglises, avec tout ce qui en d\u00e9coule, toutes proportions gar\u00add\u00e9es sauf le respect des particularit\u00e9s sp\u00e9cifiques des unes et des autres. Par con\u00ads\u00e9\u00adquent, il s\u2019agit de trois eccl\u00e9siologies-\u201cs\u0153urs\u201d (par analogie avec les Eglises-\u201cs\u0153urs\u201d), dont les caract\u00e9ristiques se croisent et se r\u00e9pondent, et non pas d\u2019eccl\u00e9\u00adsiologies en communion, parce que tout simplement ces caract\u00e9ristiques sont r\u00e9parties de part et d\u2019autre. Trois eccl\u00e9siologies \u201cs\u0153urs\u201d donc, mais qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise\u2026 Il faudrait \u2026r\u00e9\u00e9crire le Nou\u00adveau Tes\u00adtament pour pouvoir justifier th\u00e9ologiquement les eccl\u00e9siologies chr\u00e9tiennes con\u00adtemporaines\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, dans notre soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle, les revendications cultu\u00adrelles s\u2019entendent davantage que les r\u00e9ponses ontologiques tr\u00e8s faibles des Eglises. Les Eglises devront choisir, \u00e0 l\u2019avenir, si elles conserveront l\u2019Eccl\u00e9siologie paulinienne n\u00e9o-testamentaire qui a guid\u00e9 l\u2019Eglise durant quinze si\u00e8cles ou si elles c\u00e8deront aux revendications confessionnelles, ritualistes, culturelles ou ethniques de l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siologique, qui ont \u00e9t\u00e9 incontestablement consacr\u00e9es comme eccl\u00e9siologie \u2013\u00a0ayons le courage de le dire\u00a0\u2013 du pass\u00e9 et, selon toute apparence, du futur. Dans le second cas, l\u2019Eglise du Christ deviendra la cinqui\u00e8me roue du carrosse dans la tragique marche \u00e9onistique des peuples \u2013\u00a0et cela, par la faute des Eglises\u00a0\u2013 et non pas le leader sur la voie d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9e par la R\u00e9surrection de leur cheminement eschatologique<a title=\"\" href=\"#_edn19\">[xix]<\/a>\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Le vote de la France et de la Hollande lors du r\u00e9f\u00e9rendum europ\u00e9en (29-5 et 31-5-2005 respectivement) nous a d\u00e9montr\u00e9 que des peuples, qui se sont lib\u00e9r\u00e9s du nationalisme et d\u2019un \u00e9tatisme inflexible, des peuples tenant un r\u00f4le de leader dans le devenir europ\u00e9en et l\u2019id\u00e9e europ\u00e9enne, des peuples qui ont com\u00adbattu sinc\u00e8rement le pass\u00e9 nationaliste en Europe, ne sont finalement pas par\u00advenus \u00e0 lui \u00e9chapper\u2026 Comment donc y seraient parvenus et y parviendraient ceux qui ne s\u2019en sont jamais lib\u00e9r\u00e9s\u2026 Et que non seulement les Europ\u00e9ens ne s\u2019en sont pas lib\u00e9r\u00e9s, mais, jusqu\u2019\u00e0 cet instant, ils surench\u00e9rissent, par un moyen eccl\u00e9siastique institutionnel ou un autre, en affirmant que c\u2019est l\u2019id\u00e9e de la Nation-Etat, autre\u00adment dit le nationalisme d\u2019Etat ou mieux le nationalisme phyl\u00e9tique, qui d\u00e9termine l\u2019eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise et le r\u00e8glement canonique de toute question ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologique. En ce cas, la voix des canons de l\u2019Eglise et de son Eccl\u00e9siologie est tr\u00e8s faible face au puissant \u00e9cho des Chartes statutaires ethno-phyl\u00e9tistes ortho\u00addoxes actuelles. C\u2019est pourquoi cette voix n\u2019est pas entendue dans le tu\u00admulte qu\u2019\u00e9met, en cette \u00e9poque post-eccl\u00e9siologique, l\u2019\u00e9cho d\u00e9form\u00e9 de l\u2019Eccl\u00e9\u00adsiologie\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref1\">[i]<\/a> Par ritualisme, nous entendons les diff\u00e9rents rites (les anciennes traditions liturgiques) qui continuent de co-exister au sein de l\u2019Eglise catholique romaine et qui instituent des groupes religieux ou des entit\u00e9s eccl\u00e9siales en principe parall\u00e8les, superpos\u00e9s et universels.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref2\">[ii]<\/a> Voir notre article intitul\u00e9 \u201cL\u2019\u00e9poque de la X\u00e9nocratie \u00e0 Chypre (1191-1960)-Note historico-canonique\u201d, in Hydor ek P\u00e9tras [Cr\u00e8te], vol. xii-xvi (2000), p. 205-209.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref3\">[iii]<\/a> Voir notre article intitul\u00e9 \u201cLa relation oppositionnelle de l\u2019Eglise locale et de la \u2018Diaspora\u2019 eccl\u00e9siastique (L\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique face \u00e0 la \u2018co-territorialit\u00e9\u2019 et \u00e0 la \u2018multi-juridiction\u2019)\u201d, in Synaxie, vol. 90 (4-6\/2004), p. 28-44 (en grec). De m\u00eame, \u201cLa relation d\u2019opposition entre Eglise \u00e9tablie localement et \u2018Diaspora\u2019 eccl\u00e9siale (L\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique face \u00e0 la \u2018co-territorialit\u00e9\u2019 et la \u2018multi-juridiction\u2019)\u201d, in L\u2019Ann\u00e9e canonique [Paris], t. 46 (2004), p. 77-99, in Contacts, t. 57, n\u00b0 210 (4-6\/2005), p. 96-132, in Ast. Argyriou (Textes r\u00e9unis par), Chemins de la Christologie orthodoxe, Paris, Descl\u00e9e (coll. J\u00e9sus et J\u00e9sus-Christ, n\u00b0 91), 2005, XX, p. 349-379, et in Archim. Grigorios D. PAPATHOMAS, Essais de Droit canonique orthodoxe, Florence, Universit\u00e0 degli Studi di Firenze Facolt\u00e0 di Scienze Politiche \u201cCesare Alfieri\u201d (coll. \u201cSeminario di Storia delle istituzioni religiose e relazioni tra Stato e Chiesa-Reprint Series\u201d, n\u00b0 38), 2005, chap. II, p. 25-50.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref4\">[iv]<\/a> C\u2019est le jus soli.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref5\">[v]<\/a> C\u2019est le jus sanguinis.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref6\">[vi]<\/a> Article 2 de la Charte statutaire de l\u2019Eglise de Chypre. Voir le texte de l\u2019\u00e9dition primeur dans la Revue Apostolos Barnabas, 3e p\u00e9riode, t. 40, n\u00b0 11 (11\/1979), p. 407-512 (en grec). De m\u00eame, en fran\u00e7ais, dans Archim. Grigorios D. Papathomas, L\u2019Eglise autoc\u00e9phale de Chypre dans l\u2019Europe unie (Approche nomoca\u00adno\u00adnique), Thessalonique-Kat\u00e9rini, Ed. Epektasis (coll. Biblioth\u00e8que nomoca\u00adno\u00adni\u00adque, n\u00b0 2), 1998, p. 229\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref7\">[vii]<\/a> Probablement, il fait r\u00e9f\u00e9rence aux fid\u00e8les orthodoxes.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref8\">[viii]<\/a> Soulign\u00e9 par nous.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref9\">[ix]<\/a> C\u2019est dans ce m\u00eame esprit que le Patriarcat de Russie a si facilement accord\u00e9 les promesses r\u00e9centes dans tous le sens (Europe occidentale, Estonie, Eglise russe \u201chors-fronti\u00e8res\u201d, etc.) pour une \u201clarge (sic) autonomie\u201d eccl\u00e9siastique. Un \u00e9v\u00e9nement r\u00e9cent explique cet \u00e9tat d\u2019esprit. Au sujet de r\u00e9tablissement de l\u2019unit\u00e9 entre le Patriarcat de Russie et l\u2019 Eglise russe \u201chors-fronti\u00e8res\u201d, quatre documents ont \u00e9t\u00e9 rendus publics. \u00ab\u00a0Il ressort de ces documents publi\u00e9s que les responsables actuels de l\u2019 Eglise russe \u201chors-fronti\u00e8res\u201d abandonnent tous les griefs qu\u2019ils faisaient auparavant au Patriarcat de Moscou. [\u2026]. En echange de sa reconnaissance de la juridiction du Patriarcat de Moscou, l\u2019Eglise russe \u201chors-fronti\u00e8res\u201d obtient \u201cpar souci d\u2019\u00e9conomie\u201d un statut d\u2019\u201cauto-administration\u201d, lui permettant de continuer \u00e0 exister en tant que structure eccl\u00e9siale particuli\u00e8re dans les diff\u00e9rentes parties du monde o\u00f9 elle est implant\u00e9e, parall\u00e8lement aux structures dioc\u00e9saines du Patriarcat de Moscou d\u00e9j\u00e0 existantes sur ces m\u00eames territoires\u00a0\u00bb (SOP, n\u00b0 300 (7-8\/2005), p. 21-22\u00a0; soulign\u00e9 par nous).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref10\">[x]<\/a> Cf. Gal. 4, 4.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref11\">[xi]<\/a> Le terme de \u201cdiaspora\u201d (sic) est erron\u00e9 pour d\u00e9signer des territoires dont l\u2019Eglise voulait qu\u2019ils soient et constituent des Eglises locales. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, cela reste un probl\u00e8me eccl\u00e9siologique que nous avons quelque peu abord\u00e9 dans une pr\u00e9c\u00e9dente publication (voir notre article, op. cit.). Il serait bon d\u2019y ajouter quelque chose. Quand l\u2019Eglise accepte, du point de vue eccl\u00e9siologique, le terme \u00e9trange \u00e0 sa nature de \u201cdiaspora\u201d \u2013\u00a0et maintenant incontestablement accept\u00e9 par tous\u00a0\u2013 pour d\u00e9signer le Corps du Christ, son propre Corps, c\u2019est comme si elle donnait priorit\u00e9, non pas \u00e0 la raison eschatologique de l\u2019existence de l\u2019Eglise du Christ, mais au centre eccl\u00e9siastique national d\u2019un peuple, et donc \u00e0 l\u2019Etat national qui le repr\u00e9sente. Et ce ph\u00e9nom\u00e8ne a pris son origine \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 nous avons commenc\u00e9 \u00e0 avoir des Eglises nationales, et non de l\u2019\u00e9poque des Villes-Patriarcats. Autrement dit, tout corps eccl\u00e9sial qui donne priorit\u00e9 au centre \u00e9tatique national d\u2019un peuple, et non \u00e0 sa vision eschatologique commet une erreur th\u00e9ologique\u2026 Et pour l\u2019Eglise, il n\u2019existe pas d\u2019autres centres que l\u2019autel de chaque Eglise locale \u00e0 travers le monde\u2026<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref12\">[xii]<\/a> 1 Cor 1, 2\u00a0; 2 Cor 1, 1.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref13\">[xiii]<\/a> Gal 1, 2.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref14\">[xiv]<\/a> Extrait de notre article op. cit., in Synaxie, vol. 90 (4-6\/2004), p. 32-33, in L\u2019Ann\u00e9e canonique [Paris], t. 46 (2004), p. 81-82, in Contacts, t. 57, n\u00b0 210 (4-6\/2005), p. 102-103, et in Archim. Grigorios D. PAPATHOMAS, Essais de Droit canonique orthodoxe, chap. II, p. 29-30.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref15\">[xv]<\/a> La pathologie de l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019Eglise catholique se manifeste dans l\u2019existence de deux Codes de Droit canonique, le Code latin et le Code oriental, qui admettent la co-territorialit\u00e9 ritualiste et culturelle (du statut personnel) comme un a priori eccl\u00e9siologique dans la fondation d\u2019une Eglise ou d\u2019une Communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, ind\u00e9pendamment de la pr\u00e9existence d\u2019une autre Eglise, non seulement d\u2019une autre confession, mais aussi de la m\u00eame confession ou du m\u00eame rite. \u00c0 notre avis, la coexistence de deux codes, ind\u00e9pendants l\u2019un de l\u2019autre (cf. mariage des pr\u00eatres, interdit par l\u2019un et accept\u00e9 par l\u2019autre selon un crit\u00e8re purement g\u00e9oculturel, etc.), correspond pleinement \u00e0 l\u2019esprit de l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siologique. Il \u00e9tait inconcevable pour tout Concile de l\u2019Eglise, \u0153cum\u00e9nique ou local, de formuler deux cat\u00e9gories de dogmes ou deux cat\u00e9gories de canons, destin\u00e9s \u00e0 deux cat\u00e9gories diff\u00e9rentes de personnes, selon des crit\u00e8res culturels, ritualistes ou confessionnels, ainsi qu\u2019il est advenu lors de Vatican II. En ce sens, Vatican I, qui a publi\u00e9 un Code, \u00e9tait plus progressiste que Vatican II qui en a publi\u00e9 deux, qui en plus sont divergents. Or ici il ne s\u2019agit pas d\u2019inculturation, mais d\u2019un traitement discriminatoire des fid\u00e8les et des peuples. N\u00e9anmoins, il est vrai que Vatican II a fait de nombreux efforts, et parmi eux, de grands efforts positifs, pour se sortir de la situation d\u00e9sastreuse que l\u2019\u00e9poque post-eccl\u00e9siologique a impos\u00e9e et impose encore in\u00e9luctablement. L\u2019adoption de deux Codes, qui de plus sont unilat\u00e9raux et ind\u00e9pendants l\u2019un de l\u2019autre, montre qu\u2019il reste encore beaucoup de chemin \u00e0 parcourir pour que l\u2019Eglise catholique r\u00e9solve le probl\u00e8me eccl\u00e9siologique de la co-territorialit\u00e9, d\u2019abord en son sein puis au-del\u00e0, par une coop\u00e9ration \u0153cum\u00e9nique avec les autres Eglises.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref16\">[xvi]<\/a> Canon 8\/Ier\u00a0: \u00ab\u00a0[\u2026], qu\u2019il n\u2019y ait point deux \u00e9v\u00eaques dans une m\u00eame ville\u00a0\u00bb\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref17\">[xvii]<\/a> Canon 12\/IVe\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons appris que certains, agissant en opposition avec les institutions de l\u2019Eglise, s\u2019adressent aux pouvoirs publics pour faire diviser une province en deux par des lettres pragmatiques imp\u00e9riales, si bien qu\u2019\u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, on peut voir deux m\u00e9tropolites coexister dans une m\u00eame province eccl\u00e9siastique. Le saint concile d\u00e9cr\u00e8te qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir aucun \u00e9v\u00eaque ne devra oser agir ainsi, et que s\u2019il le fait, ce sera \u00e0 ses propres risques. [\u2026]\u00a0\u00bb\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref18\">[xviii]<\/a> Cf. Ap. 2, 5.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref19\">[xix]<\/a> Ap. 22, 20.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Prof. Grigorios Papathomas<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La naissance de la modernit\u00e9 post-eccl\u00e9siologique \u00a0De l\u2019Eglise Une aux nombreuses Eglises, et donc\u00a0De la dispersion de l\u2019Eglise \u00e0 l\u2019an\u00e9antissement du Corps du Christ Le 16e si\u00e8cle ouvre une p\u00e9riode nouvelle dans l\u2019Histoire et la Th\u00e9ologie de l\u2019Eglise et du Christianisme. 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