{"id":8259,"date":"2015-01-28T10:41:29","date_gmt":"2015-01-28T08:41:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=8259"},"modified":"2015-02-06T13:54:48","modified_gmt":"2015-02-06T11:54:48","slug":"la-relation-oppositionnelle-entre-eglise-etablie-localement-et-diaspora-ecclesiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/droit-canon-2\/la-relation-oppositionnelle-entre-eglise-etablie-localement-et-diaspora-ecclesiale\/","title":{"rendered":"La relation oppositionnelle entre \u00c9glise \u00e9tablie localement et \u201cDiaspora\u201d eccl\u00e9siale"},"content":{"rendered":"<p><b>Prof. Hdr. Archim. Grigorios D. Papathomas<\/b><\/p>\n<p><strong>L\u2019<i>unit\u00e9<\/i> <i>eccl\u00e9siologique<\/i> face \u00e0 la <i>co-territorialit\u00e9<\/i> et \u00e0 la <i>multi-juridiction\u00a0<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/strong><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<ul>\n<li>Alors que le premier mill\u00e9naire de l\u2019existence historique de l\u2019\u00c9glise a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des querelles et des questions principalement <i>christologiques<\/i>, l\u2019ensemble du deuxi\u00e8me mill\u00e9\u00adnai\u00adre l\u2019est par des probl\u00e8mes <i>eccl\u00e9siologiques<\/i>, qui, du reste, n\u2019ont pas encore trouv\u00e9 de solution, m\u00eame rudimentaire. En effet, trois probl\u00e8mes eccl\u00e9siologiques majeurs se sont pos\u00e9s en ce deu\u00adxi\u00e8\u00adme mil\u00adl\u00e9\u00adnaire\u00a0: a) la \u201crupture de la communion\u201d, la \u201cd\u00e9sunion\u201d des \u00c9glises (1054) d\u2019O\u00adrient et d\u2019Occident, b) la naissance du <i>Confessionnalisme<\/i> (1517) en Occident et c) l\u2019\u00e9\u00admer\u00adgence de l\u2019<i>Ethno-phyl\u00e9tisme<\/i> <i>eccl\u00e9siologique<\/i> (1872) en Orient. Ces deux derni\u00e8res ques\u00adtions consti\u00adtuent, ainsi que nous le ver\u00adrons par la suite, deux <i>probl\u00e8mes eccl\u00e9siologiques ju\u00admeaux<\/i> et une <i>d\u00e9viation sym\u00e9trique<\/i> en raison, pr\u00e9cis\u00e9ment, de l\u2019\u00e9clatement de l\u2019unit\u00e9 et de la com\u00admu\u00adnion ec\u00adcl\u00e9siales.<\/li>\n<li>Alors que les Conciles \u0153cum\u00e9niques et locaux avaient su efficacement faire face aux probl\u00e8mes <i>christologiques<\/i> du premier mill\u00e9naire, qui avaient \u00e9t\u00e9 formul\u00e9s de mani\u00e8re pr\u00e9cise et syst\u00e9matique, les probl\u00e8mes <i>eccl\u00e9siologiques<\/i> du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire ont suivi d\u2019autres voies, pris d\u2019autres formes, se sont autonomis\u00e9s et perdus dans l\u2019impr\u00e9cision, sans qu\u2019il y ait au\u00adjourd\u2019hui, non seulement la possibilit\u00e9, mais parfois m\u00eame la moindre vell\u00e9it\u00e9 de les r\u00e9gler de fa\u00e7on synodale (m\u00eame si des Synodes sont convoqu\u00e9s \u00e0 cet effet).<\/li>\n<\/ul>\n<p>De ce rapide survol initial, il appara\u00eet clairement que le probl\u00e8me examin\u00e9 concerne, tem\u00adpo\u00adrellement parlant, le deuxi\u00e8me mill\u00e9naire et, principalement, les temps moder\u00adnes, quoique ses racines, ainsi qu\u2019il sera montr\u00e9 par la suite, plongent jusque dans le premier mill\u00e9naire.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette question complexe, trois param\u00e8tres sont \u00e0 examiner, lesquels correspondent en fait aux trois parties du pr\u00e9sent expos\u00e9. La premi\u00e8re porte sur l\u2019image eccl\u00e9siologique que r\u00e9\u00adv\u00e8le \u201cl\u2019espace du dehors\u201d des \u00c9glises orthodoxes \u00e9tablies localement, \u00e0 savoir l\u2019espace qui, comme nous le verrons, est, du point de vue eccl\u00e9siologique, consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 tort comme \u201cdias\u00adpora\u201d\u00a0; la deuxi\u00e8me partie examine, comme le titre l\u2019indique, la relation oppositionnelle qui s\u2019\u00e9tablit entre l\u2019<i>\u00c9glise<\/i> <i>\u00e9tablie localement<\/i> et la <i>\u201cDiaspora\u201d eccl\u00e9siale<\/i>\u00a0; enfin, la troisi\u00e8me par\u00adtie aspire \u00e0 montrer, \u00e0 titre indicatif et \u00e0 l\u2019aide d\u2019exemples et des textes statutaires en vigueur, les probl\u00e8mes eccl\u00e9\u00adsi\u00ado\u00adlogiques pos\u00e9s par la vie institutionnelle statutaire des \u00c9glises \u00e9tablies localement et, par suite, par la communion entre les \u00c9glises. En d\u2019autres termes, le pr\u00e9sent expos\u00e9 aspire \u00e0 illustrer avec <i>co-discernement<\/i>, si cela est possible en si peu d\u2019espace, a) la r\u00e9\u00adalit\u00e9 eccl\u00e9siale, b) la r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siologique, et c) la r\u00e9alit\u00e9 non eccl\u00e9siologique statu\u00adtaire.<\/p>\n<p><strong>A. Co-territorialit\u00e9 confessionnelle et multi-juridiction ethno-eccl\u00e9siale<\/strong><\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9forme (16e s.), le crit\u00e8re canonique exclusif qui, dans un lieu d\u00e9fini, d\u00e9ter\u00admi\u00adnait la constitution ou l\u2019existence d\u2019une \u00c9glise locale, aussi bien que d\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie locale\u00adment, \u00e9tait la <i>territorialit\u00e9<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. (Bien entendu, on sous-entend sur ce point le crit\u00e8re <i>eccl\u00e9\u00adsio\u00adlo\u00adgique<\/i> qui se trouve \u00e0 la base de la constitution d\u2019une \u00c9glise, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019<i>eucharistie<\/i> pr\u00e9sid\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque. N\u00e9anmoins, le crit\u00e8re <i>canonique<\/i> est \u2013 et doit rester \u2013 tributaire du crit\u00e8re <i>eccl\u00e9sio\u00adlogique<\/i>). La R\u00e9forme donc, en raison de son<i> \u00e9loignement<\/i> de l\u2019\u00c9glise occidentale, dont elle \u201c\u00e9tait issue\u201d, non tant du point de vue <i>spatial<\/i> que surtout du point de vue <i>de son mode d\u2019existence<\/i>, introduit par d\u00e9finition une nouvelle donn\u00e9e d\u00e9terminante pour la d\u00e9finition et la constitution d\u2019une \u00c9glise, donn\u00e9e totalement inconcevable, du point de vue eccl\u00e9siologique, jusqu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque. Son seul objectif \u00e9tait de fournir un fondement aux nouvelles communaut\u00e9s eccl\u00e9siales qui se formaient alors et de justifier leur existence depuis leur fondation et, plus encore, leur autonomisation. Ce nouveau \u201ccrit\u00e8re\u201d eccl\u00e9siologique peut \u00eatre d\u00e9sign\u00e9 par le terme de <b><i>co-territorialit\u00e9<\/i><\/b>. Ainsi que son \u00e9tymologie l\u2019indique, <i>co-territorialit\u00e9<\/i> signifie la <i>co-existence<\/i> en un m\u00eame lieu g\u00e9ographique, sur un m\u00eame territoire eccl\u00e9sial, de plusieurs \u00c9glises locales ou \u00c9glises \u00e9tablies localement.<\/p>\n<p>Quoique irrecevable du point de vue eccl\u00e9siologique, la <i>co-territorialit\u00e9<\/i> a donn\u00e9 forme, au cours des cinq si\u00e8cles derniers, \u00e0 un concept et \u00e0 une pratique de nature politico-eccl\u00e9siale qui, comme chacun sait, ont provoqu\u00e9 des r\u00e9actions virulentes, des guerres de religion, des d\u00e9portations et des d\u00e9placements de personnes ou de communaut\u00e9s, une difficult\u00e9 ou un refus de communiquer entre Confessions chr\u00e9tiennes, etc. Et cela, pratiquement jusqu\u2019\u00e0 Napol\u00e9on Ier et au Concile Vatican I (1870) et, surtout, jusqu\u2019\u00e0 la constitution du Mouvement \u0152cum\u00e9nique (d\u00e9but du 20e s.), \u00e0 partir de quoi la co-territorialit\u00e9 est devenue <i>de facto<\/i> une donn\u00e9e eccl\u00e9siologique incontest\u00e9e, commun\u00e9ment admise et, finalement, une <i>donn\u00e9e constitutive de l\u2019ex\u00adpres\u00adsion territoriale<\/i> de toute <i>Confession chr\u00e9tienne \u00e9tablie localement<\/i>. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela qui a conduit \u00e0 la naissance du <i>Confessionnalisme<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, exp\u00e9rience eccl\u00e9siale inconnue jusqu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque. Par cons\u00e9quent, la constitution <i>confessionnelle<\/i> \u2013\u00a0et non <i>territoriale<\/i>\u00a0\u2013 d\u2019une com\u00admu\u00adnaut\u00e9 eccl\u00e9siale en un lieu d\u00e9fini est le premier probl\u00e8me eccl\u00e9siologique grave qui se pose apr\u00e8s 1054, en raison de la \u201c<i>rupture de communion<\/i>\u201d, notamment au sein de l\u2019\u00c9glise d\u2019Oc\u00adci\u00addent. C\u2019est ainsi que le seul crit\u00e8re eccl\u00e9siologique et canonique, qui du 1er si\u00e8cle ap.\u00a0J.-C. jus\u00adqu\u2019au 16e si\u00e8cle, ait donn\u00e9 fondement et existence \u00e0 une \u00c9glise locale ou \u00e0 une \u00c9glise \u00e9tablie lo\u00adca\u00adlement, \u00e0 savoir la <i>territorialit\u00e9 exclusive<\/i>, commence lentement mais solidement \u00e0 se rela\u00adti\u00advi\u00adser et, progressivement, \u00e0 s\u2019affaiblir au niveau tant local qu\u2019\u0153cum\u00e9nique.<\/p>\n<p>Au moment donc o\u00f9 la \u00ab\u00a0<i>co-territorialit\u00e9 confessionnelle<\/i> se substituait d\u00e9finitivement et ir\u00adr\u00e9\u00advocablement \u00e0 la <i>territorialit\u00e9 eccl\u00e9siale exclusive<\/i>\u00a0\u00bb et s\u2019officialisait dans l\u2019esprit, la menta\u00adli\u00adt\u00e9, la pra\u00adtique et les espaces communs des communaut\u00e9s eccl\u00e9siales devenues confession\u00adnelles \u00e0 l\u2019\u00e9po\u00adque de Napol\u00e9on Ier, \u00e0 ce m\u00eame moment, et particuli\u00e8rement \u00e0 partir de la fin du 19e si\u00e8cle, la diaspora nationale des peuples orthodoxes introduisait, \u00e0 sa mani\u00e8re, une autre donn\u00e9e, tout aussi nouvelle pour l\u2019Eccl\u00e9siologie\u00a0: la <b><i>multi-juridiction<\/i><\/b><i> ethno-phyl\u00e9tique<\/i>, et cela, principa\u00adle\u00adment dans les pays occidentaux et sur des territoires que les Orthodoxes consid\u00e9raient comme \u00ab\u00a0d\u00e9pourvus\u00a0\u00bb (<i>sic<\/i>) d\u2019identit\u00e9 et d\u2019existence territoriales eccl\u00e9siales. En effet, dans un m\u00eame pays, sur un m\u00eame territoire, apparaissent presque simultan\u00e9ment plusieurs juridictions eccl\u00e9siales \u201ctransfrontali\u00e8res\u201d (<i>hyperoriae<\/i>), exerc\u00e9es au loin par diverses \u00c9glises nationales orthodoxes, chacune pour son propre compte, sur des communaut\u00e9s eccl\u00e9siales ethniquement homog\u00e8nes (<i>homoethni\u00adques<\/i>), et en fonction de crit\u00e8res nationaux et id\u00e9o\u00adlo\u00adgiques priori\u00adtai\u00adrement, sinon exclusivement. Par cons\u00e9quent, dans le cas des Orthodoxes aussi, la <i>constitution ethno-phyl\u00e9tique<\/i> \u2013\u00a0et non <i>territoriale<\/i>\u00a0\u2013 d\u2019une communaut\u00e9 eccl\u00e9siale en \u201cdi\u00adaspora\u201d \u2013\u00a0et nous verrons que ce pro\u00adbl\u00e8me ne concerne pas seulement l\u2019espace de la \u201cdi\u00adaspora\u201d\u00a0\u2013 constitue \u00e9galement un autre grave probl\u00e8me eccl\u00e9\u00adsiologique au sein de l\u2019\u00c9glise ortho\u00addo\u00adxe, comparable au probl\u00e8me ec\u00adcl\u00e9\u00adsiologique confes\u00adsionnel dont nous avons parl\u00e9 plus haut.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019au cours des 19e et 20e si\u00e8cles, en Europe occidentale et, en g\u00e9n\u00e9ral, dans le monde occidental, s\u2019institutionnalise la <i>co-territorialit\u00e9 confessionnelle<\/i> qui, par la suite, est l\u00e9gitim\u00e9e par la loi et devient la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne et la donn\u00e9e eccl\u00e9siologique \u00e9vidente pour tous \u2013\u00a0particuli\u00e8rement et institutionnellement pour le Conseil \u0152cum\u00e9nique des \u00c9glises (C.O.E.). Durant ces m\u00eames si\u00e8cles, au sein de la \u201cdiaspora\u201d orthodoxe multi-nationale, tou\u00adjours en Occident, la <i>multi-juridiction<\/i>, en d\u00e9pit des r\u00e9actions eccl\u00e9siologiques des th\u00e9o\u00adlogiens et des canonistes, pr\u00e9vaut et s\u2019impose, pour des raisons que tous connais\u00adsent au\u00adjour\u00add\u2019hui, et qui sont essentiellement <i>politico-nationales<\/i> ou, plus famili\u00e8rement, <i>ethno-phyl\u00e9\u00adtiques<\/i>, mais qui tiennent aussi, parall\u00e8lement, \u00e0 une carence de sensibilit\u00e9 eccl\u00e9siologique\u2026<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0suite des \u00e9v\u00e9nements\u00a0\u00bb et leur \u00ab\u00a0d\u00e9veloppement\u00a0\u00bb, toujours en Occident o\u00f9 est n\u00e9e la question de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, nous sont g\u00e9n\u00e9ralement connus. Il conviendrait toute\u00adfois, afin de sp\u00e9cifier et d\u2019approfondir la probl\u00e9matique, de faire une remarque. Du fait que, ces derniers temps, le <i>confessionnalisme<\/i> catholique tout comme le <i>confessionnalisme<\/i> protes\u00adtant ont tr\u00e8s fortement influenc\u00e9 la Th\u00e9ologie orthodoxe, ils ont n\u00e9cessairement contribu\u00e9 <i>volentes nolentes<\/i> \u00e0 l\u2019alt\u00e9ration institutionnelle et eccl\u00e9siologique de l\u2019ensemble des corps ec\u00adcl\u00e9\u00adsiaux orthodoxes des \u00c9glises patriarcales et autoc\u00e9phales. Ainsi, dans ces m\u00eames espaces de l\u2019Occident et de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, lorsque ces deux caract\u00e9ristiques, \u00e0 savoir la <i>co-territorialit\u00e9 confessionnelle<\/i> et la <i>multi-juridiction ethno-phyl\u00e9tique<\/i>, se sont rencontr\u00e9es, elles se sont mutuellement recouvertes et tr\u00e8s facilement fondues l\u2019une dans l\u2019autre, comme s\u2019il s\u2019agissait de tendances et de pratiques similaires, malgr\u00e9 leur divergence conceptuelle. Leur syn\u00adth\u00e8se a engendr\u00e9, non seulement au niveau de l\u2019Eccl\u00e9siologie, mais aussi au niveau du Mouvement \u0152cum\u00e9nique, la conception eccl\u00e9siologique fixe susmentionn\u00e9e qui, aux \u00e9poques an\u00adt\u00e9rieures \u00e0 la R\u00e9forme, et tout particuli\u00e8rement au premier mill\u00e9naire, aurait \u00e9t\u00e9 im\u00adm\u00e9\u00addia\u00adtement condamn\u00e9e, conciliairement et canoniquement, en tant qu\u2019h\u00e9r\u00e9sie eccl\u00e9siologique\u00a0; une h\u00e9r\u00e9sie eccl\u00e9siologique qui aurait r\u00e9pondu au nom de <i>co-territorialit\u00e9 multi-juridic\u00adtion\u00adnelle<\/i> (cf. <i>confusion des \u00c9glises<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>).<\/p>\n<p>En bref, la rupture de l\u2019<i>unit\u00e9 eccl\u00e9siologique<\/i> en Occident a donn\u00e9 naissance au <i>confes\u00adsionalisme<\/i>, tandis que la rupture de l\u2019<i>unit\u00e9 eccl\u00e9siologique<\/i> au sein de la Tradition orthodoxe a entra\u00een\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019<i>ethno-phyl\u00e9tisme<\/i>. Cette rupture a engendr\u00e9 un probl\u00e8me eccl\u00e9siolo\u00adgi\u00adque \u00e0 double face qui, \u00e0 son tour, a produit des fruits palpables, \u00e0 savoir la co-territorialit\u00e9 et la multi-juridiction, en Occident tout comme en Orient. Par cons\u00e9quent, le probl\u00e8me, tant pour les \u00c9glises de l\u2019Occident que pour l\u2019\u00c9glise orthodoxe, n\u2019est essen\u00adtiel\u00adlement ni <i>confes\u00adsion\u00adnel<\/i> ni <i>ethno-phyl\u00e9tique<\/i>, mais avant tout <i>eccl\u00e9siologique<\/i>, et il concerne la communion onto\u00adlogique des \u00c9glises en Christ. Lorsque notre sensibilisation \u00e0 cette question portera ses fruits, l\u2019\u00e9vo\u00adlution des probl\u00e8mes eccl\u00e9siologiques complexes du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire sera toute diff\u00e9\u00adrente et les r\u00e9sultats attendus plus visibles.<\/p>\n<p>Il faut remarquer que, d\u00e8s 1872, le Concile panorthodoxe de Constantinople a condamn\u00e9 l\u2019<i>ethno-phyl\u00e9tisme<\/i> en tant qu\u2019h\u00e9r\u00e9sie. De nos jours, la th\u00e9ologie de ce Synode fait l\u2019unanimit\u00e9, et pourtant la pratique eccl\u00e9siale qui s\u2019est impos\u00e9e apr\u00e8s lui et qui a perdur\u00e9 tout au long du 20e si\u00e8cle, se trouve aux antipodes\u00a0: elle est la pleine affirmation de l\u2019Ethno-phyl\u00e9tisme. Nous vivons ses prolongements, notamment dans les milieux de la \u201cdiaspora\u201d, et nous les vivons m\u00eame comme si cela allait de soi, sans en contester le principe, consentant \u00e0 son insti\u00adtu\u00adtion\u00adna\u00adlisation progressive, discr\u00e8te mais tenace, en tant que principe canonique d\u2019or\u00adganisation de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d contemporaine, sans que les \u00c9glises nationales or\u00adtho\u00addoxes n\u2019\u00e9l\u00e8vent la moindre objection. C\u2019est ainsi que, sur le m\u00eame espace g\u00e9ographique, il existe un pluralisme informel de juridictions eccl\u00e9siales, essentiellement fond\u00e9 sur le principe de la co-territorialit\u00e9. Pour cette raison, s\u2019il existait un terme r\u00e9sultant d\u2019une pratique authen\u00adtique et cons\u00e9quente de l\u2019Ethno-phyl\u00e9tisme, sinon de l\u2019Autoc\u00e9phalisme, et si l\u2019on voulait qu\u2019il caract\u00e9rise \u00e0 la fois l\u2019en\u00adsemble de la structure eccl\u00e9siologique et la situation de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d aujour\u00add\u2019hui, ce terme serait \u201c<i>co-territorialit\u00e9 multi-juridictionnelle<\/i>\u201d.<\/p>\n<p>L\u2019examen de ce double probl\u00e8me eccl\u00e9siologique a montr\u00e9 que la co-territorialit\u00e9 a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la multi-juridiction. C\u2019est aussi ici qu\u2019appara\u00eet l\u2019influence de la th\u00e9ologie confessionnelle sur l\u2019ec\u00adcl\u00e9siologie orthodoxe. Pour l\u2019Orthodoxie, en effet, il n\u2019y a <i>multi-juridiction eccl\u00e9siastique<\/i> que lorsqu\u2019il y a <i>co-territorialit\u00e9<\/i>, jamais l\u2019inverse. La multi-juridiction ne se justifie pas, parce qu\u2019elle ne repose sur aucune assise eccl\u00e9siologique. Cependant \u00e0 partir du moment o\u00f9 la co-ter\u00adritorialit\u00e9 s\u2019impose <i>de facto<\/i>, la multi-juridiction trouve facilement le fondement lui per\u00admet\u00adtant de se cristalliser, d\u2019exister et de se d\u00e9velopper. Or c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette co-ter\u00adri\u00adto\u00adrialit\u00e9 qui, dans la r\u00e9cente eccl\u00e9siologie et pratique orthodoxes, se transforme <i>mutatis mu\u00adtan\u00addis<\/i> en multi-juridiction.<\/p>\n<p>L\u2019acceptation de cette nouvelle conception eccl\u00e9siologique de la part des peuples ortho\u00addo\u00adxes, ou mieux, l\u2019adoption sans pr\u00e9c\u00e9dent de cette pratique eccl\u00e9siologique, alors qu\u2019elle aurait d\u00fb \u00eatre rejet\u00e9e comme indue, dissidente, anticanonique, a donn\u00e9 naissance, dans les m\u00eames espaces, comme nous le disons aujourd\u2019hui erron\u00e9ment et toujours au pluriel, \u00e0 des \u201c<i>juridictions eccl\u00e9siales<\/i>\u201d (<i>sic<\/i>) parall\u00e8les, ou, plus exactement, superpos\u00e9es, mais, en pratique, \u00e0 plusieurs \u00c9glises locales superpos\u00e9es et juxtapos\u00e9es, sur le m\u00eame territoire, dans la m\u00eame ville, dans la m\u00eame province g\u00e9o-eccl\u00e9siastique, <i>dans les m\u00eames fronti\u00e8res et sous la m\u00eame d\u00e9signation<\/i>. L\u2019exp\u00e9rience historique qui va du si\u00e8cle dernier jusqu\u2019\u00e0 nos jours a montr\u00e9 que les \u00c9glises nationales orthodoxes sont celles qui ne cessent d\u2019entretenir la <i>multi-juridiction ethno-eccl\u00e9siale<\/i> de l\u2019ensemble de la \u201cdiaspora\u201d et c\u2019est pour cette raison que, en ces lieux \u2013\u00a0ne nous abusons pas\u00a0\u2013 le corps eccl\u00e9sial ne trouvera jamais la solution eccl\u00e9siologique, par ailleurs souhait\u00e9e par tous (!), et ce qui en d\u00e9coule, \u00e0 savoir son <i>unit\u00e9 eccl\u00e9siale<\/i>, tant que ces proc\u00e9d\u00e9s auront cours et prosp\u00e8reront.<\/p>\n<p><strong>B. L\u2019\u00c9glise locale ou \u00e9tablie localement et la \u201cDiaspora\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Par essence, l\u2019\u00c9glise a toujours \u00e9t\u00e9 <i>eucharistique<\/i> et, en ce qui concerne un lieu, <i>territo\u00adriale<\/i>. La d\u00e9termination g\u00e9ographique d\u2019une \u00c9glise, \u201clocale\u201d ou \u201c\u00e9tablie localement\u201d, comme les termes eux-m\u00eames l\u2019indiquent, est l\u2019unique cat\u00e9gorie de l\u2019eccl\u00e9siologie paulinienne, mais aussi de l\u2019ensemble de l\u2019eccl\u00e9siologie patristique qui a suivi. Le crit\u00e8re permettant de d\u00e9finir une communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, un corps eccl\u00e9sial ou une circonscription eccl\u00e9siastique a toujours \u00e9t\u00e9 le <i>lieu<\/i>, et jamais une cat\u00e9gorie raciale, culturelle, nationale, ritualiste ou confessionnelle. Nous avions et nous avons encore une <i>\u00c9glise du lieu<\/i>, \u00e0 savoir une <i>\u00c9glise locale<\/i> ou <i>\u00e9tablie localement<\/i> (p. ex. \u00c9glise qui est \u00e0 Corinthe<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, \u00c9glise de Galatie<a title=\"\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>, Patriarcat de Serbie, etc.), mais nous n\u2019avons jamais eu, comme aujourd\u2019hui, d\u2019\u00c9glise suivie d\u2019un adjectif <i>qualificatif<\/i> (p. ex. \u00c9glise corin\u00adthi\u00aden\u00adne, \u00c9glise galatienne, \u00c9glise serbe, etc.). Et cela, parce que, dans le premier cas, il s\u2019agit tou\u00adjours de la m\u00eame \u00c9glise, mais incarn\u00e9e en diff\u00e9rents lieux (\u00c9glise se trouvant \u00e0 Corinthe, en Ga\u00adlatie, en Serbie), tandis que, dans le second, il ne semble pas qu\u2019il s\u2019agisse de la m\u00eame \u00c9glise, puisqu\u2019il est n\u00e9cessaire de lui adjoindre un <i>adjectif<\/i> (cat\u00e9gories ethno-phyl\u00e9tiques ou confes\u00adsionnelles) pour la d\u00e9finir et la distinguer d\u2019une autre\u00a0: nous disons ainsi \u00c9glise serbe, \u00c9glise grecque, \u00c9glise russe, exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que nous disons \u00c9glise \u00e9vang\u00e9lique, \u00c9glise catholique, \u00c9glise anglicane ou \u00c9glise luth\u00e9rienne. Et de m\u00eame que, par exemple, l\u2019\u00c9glise luth\u00e9rienne, initialement, apr\u00e8s avoir perdu son assise locale \u201ccanonique\u201d, pour des <i>raisons confes\u00adsionnelles et relatives \u00e0 son expression identitaire<\/i>, a eu recours \u00e0 d\u2019autres formes d\u2019auto-d\u00e9fi\u00adnition, de m\u00eame, dans l\u2019espace de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, alors qu\u2019il est absolument impos\u00adsible de dire \u201c\u00c9glise de Serbie de France\u201d ou \u201c\u00c9glise de Serbie en France\u201d, ce qui serait inadmis\u00adsible du point de vue eccl\u00e9\u00adsiologique \u2013\u00a0parce que nous provoquons et nous sommes en pleine <i>confusion des \u00c9glises\u00a0<\/i>\u2013, mais nous pouvons, pour des raisons purement <i>ethno-phyl\u00e9tiques relatives \u00e0 son expression<\/i>, ais\u00e9ment dire \u2013\u00a0comme nous le disons non seulement oralement, mais aussi institutionnel\u00adlement et statutairement\u00a0\u2013 \u201c\u00c9glise <i>serbe<\/i> en France\u201d\u2026<\/p>\n<p>En effet, pour le luth\u00e9ranisme et le calvinisme, c\u2019est-\u00e0-dire principalement dans le Protes\u00adtantisme traditionnel o\u00f9 le dogme est mis en avant plus que toute autre chose, on observe une d\u00e9pendance de l\u2019\u00c9glise par rapport \u00e0 la <i>Confession de Foi<\/i> (<i>Confessio<\/i> Fidei [cf. Confession d\u2019Augsbourg-1530]). De cette Confession de Foi \u00e9mane le d\u00e9terminant adjectival, c\u2019est-\u00e0-dire la d\u00e9signation de l\u2019\u00c9glise en question par l\u2019adjectif \u201cluth\u00e9rienne\u201d ou \u201ccalviniste\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>. Il en va de m\u00eame de l\u2019\u00c9glise <i>nationale<\/i> orthodoxe, o\u00f9 le <i>messianisme de la Nation<\/i>, autre forme de confession de foi, est, consciem\u00adment ou inconsciemment, mis en avant plus que tout autre chose et o\u00f9, en m\u00eame temps, on observe une relation et une d\u00e9pendance perverses de l\u2019\u00c9glise par rapport \u00e0 la Nation et \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie nationale dominante. Il est donc naturel que, de cette relation de d\u00e9pendance par rapport \u00e0 la Nation-\u00c9tat, \u00e9mane aussi son d\u00e9terminant adjectival, \u00e0 savoir la d\u00e9signation de l\u2019\u00c9glise en question par l\u2019adjectif <i>serbe<\/i>, <i>roumaine<\/i> ou <i>russe<\/i>.<\/p>\n<p>Il est particuli\u00e8rement caract\u00e9ristique que le m\u00eame sympt\u00f4me se manifeste aujourd\u2019hui en Gr\u00e8ce, notamment depuis 1924\/1935, avec l\u2019apparition des \u201cVieux-Calendaristes\u201d. Lorsque ces Communaut\u00e9s religieuses se sont d\u00e9tach\u00e9es du corps de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement en Gr\u00e8ce et ont commenc\u00e9 \u00e0 prolif\u00e9rer de fa\u00e7on atypique, le besoin de se d\u00e9terminer est imm\u00e9\u00addiatement apparu, comme \u00e7\u2019avait \u00e9t\u00e9 jadis le cas pour les Protestants. L\u2019identit\u00e9 eccl\u00e9siale de chaque commu\u00adnau\u00adt\u00e9 des Vieux-Calendaristes avait son caract\u00e8re personnel propre, car chacune \u00e9tait fond\u00e9e par une personne du clerg\u00e9, g\u00e9n\u00e9ralement un \u201cm\u00e9tropolite\u201d, \u00e0 laquelle elle demeurait li\u00e9e. \u00c0 tel point que chaque groupe en est arriv\u00e9 \u00e0 se donner comme \u00e9tiquette le nom de son \u201cfon\u00adda\u00adteur\u201d. C\u2019est ainsi que nous avons de nos jours diff\u00e9rents groupes de \u201c<i>Chr\u00e9tiens Ortho\u00addoxes Au\u00adthen\u00adtiques<\/i>\u201d (\u201cG.O.X.\u201d) \u2013\u00a0ou, en fran\u00e7ais, \u201cVrais Chr\u00e9tiens Orthodoxes\u201d (V.C.O.)\u00a0\u2013, qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme les \u201cMatthieu\u00efstes\u201d (du nom de leur fondateur Mgr Matthieu), \u201cChry\u00adsos\u00adto\u00admi\u00adques\u201d (issus d\u2019une rupture avec les \u201cMatthieu\u00efstes\u201d, \u00e0 l\u2019initiative de leur p\u00e8re spi\u00adrituel et fondateur Mgr Chrysostome), \u201cM\u00e9thodistes\u201d (du nom de leur fondateur Mgr M\u00e9\u00adtho\u00addios), et ainsi de suite, exactement comme cela s\u2019est pass\u00e9 avec Luther, Calvin, etc. De toute fa\u00e7on, ces surnoms, bien qu\u2019ils soient utiles pour \u00e9viter des malentendus, ne simplifient pas la situation, car le d\u00e9terminant adjectival est li\u00e9 \u00e0 chaque Communaut\u00e9 de Vieux-Calendaristes. Par con\u00ads\u00e9\u00adquent, la situation \u00e9tant ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui et, selon une estimation g\u00e9n\u00e9rale, les Communaut\u00e9s des \u201c<i>Chr\u00e9tiens Orthodoxes Authentiques<\/i>\u201d (\u201cG.O.X.\u201d), ind\u00e9\u00adpen\u00addantes entre elles, sont au nombre de dix-sept (17), avec un m\u00eame nombre de \u201cSaints-Synodes\u201d. Chaque \u201cSaint-Synode\u201d est cons\u00adti\u00adtu\u00e9 par des \u201cm\u00e9tropolites\u201d qui exercent leur comp\u00e9tence eccl\u00e9siastique juridiction\u00adnelle sur une r\u00e9gion g\u00e9ographique pr\u00e9cise \u2013\u00a0\u201cM\u00e9tropole\u201d\u00a0\u2013, la m\u00eame que les autres Commu\u00adnau\u00adt\u00e9s des Vieux-Calendaristes et, bien \u00e9videmment, la m\u00eame que celle de l\u2019Eglise orthodoxe de Gr\u00e8ce, dont ils sont issus. On trouve l\u00e0 concr\u00e8tement la combinaison automatique de deux ph\u00e9nom\u00e8\u00adnes jumeaux non eccl\u00e9siolo\u00adgiques \u00e9voqu\u00e9s, celui de la <i>co-territorialit\u00e9<\/i> et celui de la <i>multi-juridiction<\/i>.<\/p>\n<p>Ici encore, pour \u00eatre exhaustif, nous devons mentionner la coexistence en un m\u00eame lieu, dans le cadre confessionnel de l\u2019\u00c9glise catholique, de plusieurs \u00c9glises diff\u00e9renci\u00e9es du fait de <i>rites<\/i>\u00a0: rite latin, rite oriental, parfois d\u2019autres encore. \u00c0 titre d\u2019exemple, en Gr\u00e8ce \u00e9galement, o\u00f9 l\u2019\u00c9glise catho\u00adlique, cons\u00e9quente avec sa d\u00e9claration de 1054 parlant de la <i>\u201crupture de communion\u201d<\/i> en tant que <i>schisme<\/i> (<i>sic<\/i>), fonda \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u201c\u00c9glise [orthodoxe] de Gr\u00e8ce\u201d, qui existait depuis le 1er si\u00e8cle, une \u201c\u00c9glise catholique de Gr\u00e8ce\u201d (1835) de <i>rite<\/i> <i>latin<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire sur le territoire ju\u00adri\u00addic\u00adtionnel <i>homonyme<\/i> de l\u2019\u201c\u00c9glise [orthodoxe] de Gr\u00e8ce\u201d. Un si\u00e8cle plus tard, elle fonda de nou\u00adveau une troisi\u00e8me \u00c9glise \u00e9tablie localement, d\u00e9nomm\u00e9e \u201c\u00c9glise catholique <i>orientale<\/i> de Gr\u00e8ce\u201d (1911\/1932), c\u2019est-\u00e0-dire de <i>rite<\/i> <i>byzantin<\/i>, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u201c\u00c9glise <i>catholique<\/i> de Gr\u00e8ce\u201d de <i>rite latin<\/i>, existant depuis d\u00e9j\u00e0 un si\u00e8cle. C\u2019est ainsi qu\u2019en Gr\u00e8ce, au cours des derniers temps, ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es trois juridictions homonymes d\u2019\u00c9glises \u00e9tablies localement juxtapos\u00e9es. Mais, il existe des ant\u00e9c\u00e9\u00addents \u00e0 cela. On avait vu bien avant exactement la m\u00eame pratique de fon\u00adda\u00adtion d\u2019\u00c9glises territoriales nouvelles, durant l\u2019\u00e9poque des Croisades (1095-1204) \u00e0 J\u00e9rusa\u00adlem, \u00e0 Antioche, etc., o\u00f9 des \u00c9glises \u00e9tablies localement (<i>patriarcales<\/i>) existaient d\u00e9j\u00e0 depuis l\u2019\u00e9poque du Nouveau Testament. Cette pratique de l\u2019\u00c9glise catholique ne faisait rien d\u2019autre qu\u2019anticiper le proc\u00e9d\u00e9 que les Protestants utili\u00adseraient \u00e0 son \u00e9gard au moment de la R\u00e9forme en Occident au 16e si\u00e8cle, en lui faisant subir, au niveau de la <i>co-territorialit\u00e9<\/i>, ce qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 du m\u00eame point de vue eccl\u00e9siologique depuis le 12e si\u00e8cle sur les territoires et au sein de l\u2019\u00c9glise ortho\u00addoxe en Orient (ainsi l\u2019institution du <i>Patriarcat latin<\/i> de J\u00e9rusalem en 1099, survenue lors de la fin de la premi\u00e8re Croisade [1095-1099]). Et pour arriver \u00e0 notre \u00e9poque, le <i>Code de Droit Canonique Oriental<\/i> de l\u2019\u00c9glise catholique, pourtant promul\u00adgu\u00e9 r\u00e9cemment (1991), sauve\u00adgarde la continuit\u00e9 de cette pratique <i>ritualiste<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a><i> confessionnalisante<\/i>, inaugur\u00e9e au Moyen-\u00c2ge, et manifeste un <i>relativisme<\/i> \u00e9galement <i>ritualiste<\/i> de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement. C\u2019est ainsi que l\u2019<i>\u00e9poque<\/i> <i>post-eccl\u00e9sio\u00adlo\u00adgique<\/i> que l\u2019on peut voir aujourd\u2019hui dans le Christianisme commence d\u00e8s le d\u00e9but du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire et d\u00e8s la mise en pratique des conceptions id\u00e9ologiques du mouvement politico-religieux des Croisades (13e si\u00e8cle). Quant au fond de cette question \u00e9pineuse, il n\u2019est pas difficile d\u2019y voir la <i>combinaison int\u00e9rieure<\/i> et notamment l\u2019<i>inter\u00add\u00e9\u00adpen\u00addance<\/i> des trois pro\u00adbl\u00e8mes eccl\u00e9siologiques majeurs de l\u2019en\u00adsemble du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire de l\u2019\u00e8re chr\u00e9\u00adtienne\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Or le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019alt\u00e9ration de la d\u00e9termination locale des \u00c9glises s\u2019explique assez facilement\u00a0: inconsciemment, depuis que le centre de gravit\u00e9 eccl\u00e9siologique s\u2019est d\u00e9plac\u00e9 du <i>territorial<\/i> \u00e0 l\u2019<i>ethno-phyl\u00e9tique<\/i>, ou, selon le cas, du <i>territorial<\/i> au <i>confessionnel<\/i> voire m\u00eame au<i> rituel<\/i>, nous avons remplac\u00e9 le d\u00e9terminant de <i>lieu<\/i> par un sp\u00e9cifiant. Si nous utilisons des sp\u00e9cifiants, c\u2019est exactement pouss\u00e9s par le m\u00eame besoin d\u2019autod\u00e9finition <i>ethno-phyl\u00e9tique<\/i> ou <i>rituel<\/i>, que celui qui avait motiv\u00e9 l\u2019emploi de cat\u00e9gories adjectivales <i>confessionnelles<\/i>. N\u00e9an\u00admoins, il n\u2019existe pas, pour l\u2019Eccl\u00e9siologie, d\u2019\u00c9glise <i>confessionnelle<\/i> ou, dans le cas homologue, <i>nationale <\/i>ou m\u00eame <i>d\u2019un rite<\/i> quelconque\u00a0; il n\u2019existe qu\u2019une \u00c9glise <i>territoriale<\/i> ou, plus exac\u00adtement, une <i>\u00c9glise \u00e9tablie localement <\/i>ou<i> qui est en un lieu<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> avec les d\u00e9terminants g\u00e9ogra\u00adphi\u00adques ap\u00adpropri\u00e9s correspondants. Or l\u2019histoire de la Th\u00e9ologie a montr\u00e9 combien \u00e9tait im\u00adpor\u00adtant pour elle l\u2019emploi du terme convenu et appropri\u00e9, alors qu\u2019un mot malvenu d\u00e9\u00adforme les concepts et les significations et, par extension, les consciences\u2026<\/p>\n<p>De ce point de vue, il en va de m\u00eame des \u201c\u00c9glises s\u0153urs\u201d. En effet, il n\u2019y a pas vraiment d\u2019un point de vue eccl\u00e9siologique et canonique des \u201c\u00c9glises s\u0153urs\u201d en tant que deux corps dif\u00adf\u00e9\u00adrents ou de nature \u2013\u00a0confessionnelle ou rituelle ou m\u00eame nationale\u00a0\u2013 diff\u00e9rente, mais une seule \u00c9glise qui existe tout simplement en diff\u00e9rents lieux. Or ici le mot \u201cs\u0153urs\u201d (au pluriel) est totalement incoh\u00e9rent.<\/p>\n<p>Par ailleurs, si l\u2019on veut s\u2019exprimer de fa\u00e7on exacte, la fameuse question de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la question dont nous venons de parler. Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que l\u2019\u00c9glise a toujours \u00e9t\u00e9 <i>eucharistique<\/i> (en ce qui concerne le <i>mode<\/i>-trovpo\u00a0\u00bb) et <i>territoriale <\/i>(en ce qui concerne la <i>raison<\/i>-lovgo\u00a0\u00bb)<a title=\"\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>\u00a0; en d\u2019autres termes, elle a toujours \u00e9t\u00e9 <i>eucharistiquement territoriale<\/i>. Le sens du mot \u201cdiaspora\u201d et la pratique qu\u2019il recouvre renvoient in\u00e9vitablement \u00e0 l\u2019\u00e9migration juive\u00a0; dans le juda\u00efsme, <i>le Temple est<\/i>,<i> <\/i>au sens propre du mot,<i> unique<\/i>, et cons\u00adti\u00adtue le symbole tangible de l\u2019unit\u00e9 des Juifs, leur point de mire <i>\u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale<\/i>. Cette men\u00adta\u00adlit\u00e9, centr\u00e9e sur l\u2019unicit\u00e9 et l\u2019exclusivit\u00e9, ne reconna\u00eet \u201caucun fr\u00e8re\u201d (ajnavdelfon) parmi les autres peuples\u00a0; elle cr\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9 de type ferm\u00e9, \u00e0 laquelle on appartient par droit h\u00e9\u00adr\u00e9\u00addi\u00adtaire, et qui met l\u2019accent sur la <i>croyance religieuse<\/i> qu\u2019engendre l\u2019unicit\u00e9 du Temple ou sur l\u2019<i>origine<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> qui prend sa source dans la Nation \u201csans fr\u00e8res\u201d, unie au Temple par un lien reli\u00adgieux. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cela que l\u2019on peut d\u00e9plorer en ce qui concerne les <i>\u00c9glises<\/i> <i>nationales<\/i> or\u00adtho\u00addoxes aujourd\u2019hui\u00a0: elles sont trop fix\u00e9es sur le pass\u00e9 et leur <i>centre<\/i> national\u2026 et entre\u00adtiennent manifestement l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u201ch\u00e9ritier\u201d aurait d\u00fb rester <i>l\u00e0-bas<\/i>, pour assurer la continuit\u00e9 exclusive de l\u2019\u201ch\u00e9ritage\u201d, alors que le Royaume est bien entendu <i>ailleurs<\/i> et nous vient non pas d\u2019un pass\u00e9 glorieux mais du futur<a title=\"\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>\u2026 C\u2019est pourquoi nous agissons en fonction d\u2019ex\u00adclusivit\u00e9s et d\u2019exclusions, alors que, justement, nous savons tr\u00e8s bien, et le d\u00e9clarons officiel\u00adlement, que les <i>distinctions sont abolies au sein de l\u2019\u00c9glise<\/i>, communion d\u2019amour et de d\u00e9\u00adpas\u00adse\u00adment\u2026<\/p>\n<p>Si le Temple est donc<i> unique<\/i> dans le Juda\u00efsme, cette conception est impropre et n\u2019a aucune raison d\u2019\u00eatre dans le Christianisme, dans l\u2019eccl\u00e9siologie chr\u00e9tienne et dans notre eccl\u00e9siologie, parce que <i>ni l\u2019\u00c9glise locale ni l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement ne sont uniques<\/i> de cette fa\u00e7on (exclusive), car il existe une <i>pluralit\u00e9 des lieux<\/i> (<i>\u00c9glises locales <\/i>et<i> \u00c9glises \u00e9tablies locale\u00adment<\/i>). En d\u2019autres termes, la diaspora pr\u00e9suppose un <i>centre<\/i>, qui plus est un centre unique, exclusif, alors que pour le peuple de Dieu, le \u201c<i>Temple<\/i> est le Corps du Christ\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>, Son \u00c9glise est l\u00e0 o\u00f9 est l\u2019autel d\u2019une \u00c9glise locale, et c\u2019est <i>partout la m\u00eame \u00c9glise, indiff\u00e9remment du lieu<\/i>. Si telles sont les choses, il appara\u00eet clairement que la question si controvers\u00e9e de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, du point de vue eccl\u00e9siologique, est un mythe. C\u2019est une invention des \u00c9glises natio\u00adnales des 19e et 20e si\u00e8cles, qui, sous l\u2019influence de l\u2019id\u00e9ologie de la Nation-\u00c9tat, ont cherch\u00e9 \u00e0 imiter la politique \u00e9trang\u00e8re de leurs \u00c9tats nationaux. Il n\u2019existe pas de \u201cquestion de la diaspora\u201d dans l\u2019\u00c9glise\u00a0!&#8230; Ce qui existe, par contre, c\u2019est un ethno-phyl\u00e9tisme latent, mais que nous n\u2019avons pas toujours le courage d\u2019avouer, parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 conciliairement en 1872, que cet aveu entra\u00eenerait des cons\u00e9quences et, plus encore, qu\u2019il impliquerait la prise ou l\u2019at\u00adtribution de res\u00adponsabilit\u00e9s eccl\u00e9siologiques\u2026 La diaspora juive retrouve une totale \u00e9quivalence dans la d\u00e9finition de la diaspora nationale ou \u00e9tatique, avec laquelle elle co\u00efncide, puisqu\u2019il existe effectivement une \u00e9migration nationale <i>hors des fronti\u00e8res de l\u2019\u00c9tat<\/i>, et l\u2019\u00c9tat, centre et \u201cTemple\u201d d\u2019une Nation qui \u201cne conna\u00eet pas de fr\u00e8res\u201d (!), est unique, ainsi que l\u2019est le Temple de J\u00e9rusalem. Qu\u2019en est-il de l\u2019\u00c9glise\u00a0? Tout lieu sur la terre a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 devenir, a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre <i>\u00c9glise<\/i>, l\u2019\u00ab\u00a0<i>\u00c9glise<\/i> r\u00e9pandue \u00e0 travers tout l\u2019univers\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a> \u2013\u00a0et non lieu de \u201cdiaspora\u201d\u00a0\u2013 \u00ab\u00a0afin de r\u00e9unir en un seul corps <i>ceux qui sont dispers\u00e9s<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a> dans le Royaume (et non \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res m\u00e9tro\u00adpo\u00adlitaines ou ethniques d\u2019un \u00c9tat)\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise <i>locale<\/i> ou <i>\u00e9tablie localement<\/i> est, par cons\u00e9quent, la seule \u00e0 garantir l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9sio\u00adlogique, tandis que la \u201cdiaspora\u201d ethno-phyl\u00e9tique orthodoxe, telle que l\u2019ont v\u00e9cue les Orthodoxes pendant tout le 20e si\u00e8cle, entra\u00eene in\u00e9vitablement la <i>co-territorialit\u00e9<\/i> et la <i>multi-juridiction<\/i>, sapant ainsi, de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re et continue, l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale dans un lieu donn\u00e9, et, en fait, sapant l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame. Voil\u00e0 pourquoi <i>\u00c9glise<\/i> et <i>Diaspora<\/i> sont des termes et des r\u00e9alit\u00e9s oppos\u00e9s et incompatibles\u00a0: le terme de \u201cDiaspora\u201d d\u00e9signe exclusivement une entit\u00e9 ayant un point de r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cis et <i>unique<\/i> dans le monde entier (\u00c9tat, fronti\u00e8res ethno-\u00e9tatiques), tandis que l\u2019\u00c9glise a pour point de r\u00e9f\u00e9rence eucharistique l\u2019autel de chaque \u00c9glise locale qui constitue l\u2019ic\u00f4ne du Royaume. C\u2019est la pr\u00e9sence permanente de cette image du Royaume qui exclut la pratique de la Diaspora au sein de l\u2019\u00c9glise. Par cons\u00e9quent, une Nation-\u00c9tat peut l\u00e9gitimement avoir sa diaspora nationale. Mais une \u00c9glise locale ou \u00e9tablie locale\u00adment ne peut, par d\u00e9finition, ni avoir, ni cultiver, ni revendiquer de diaspora. Pour la m\u00eame raison, un \u00c9tat peut accorder la na\u00adtio\u00adnalit\u00e9 et d\u00e9livrer un passeport \u00e0 ses citoyens, tandis qu\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie localement, pa\u00adtriarcale ou autoc\u00e9phale, ne peut accorder de \u201cnationalit\u00e9 eccl\u00e9siale\u201d ni d\u00e9livrer de \u201cpasseport eccl\u00e9sial\u201d \u00e0 ses fid\u00e8les, s\u2019ils se trouvent au loin, hors de ses fronti\u00e8res, non seulement parce que sa <i>mono-juridiction<\/i> ne s\u2019exerce qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res canoniques, mais aussi parce que, hors de ses fronti\u00e8res cano\u00adniques, se trouve une autre \u00c9glise \u00e9tablie localement, et ainsi de suite, sur toute la Terre. Cela signifie que, lorsque les fid\u00e8les sortent des fronti\u00e8res ca\u00adnoniques de leur \u00c9glise \u00e9tablie locale\u00adment, ils deviennent au\u00adto\u00admatiquement corps et membres du corps eccl\u00e9sial du lieu de leur s\u00e9jour qui, lui, fait partie int\u00e9\u00adgrante de la m\u00eame, de la seule et unique \u00c9glise, l\u2019unique Corps du Christ.<\/p>\n<p>Tels sont la vision et l\u2019esprit du 28e\u00a0canon du IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine (451), canon aujourd\u2019hui tant d\u00e9cri\u00e9. Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019apporter une solution au \u201cprobl\u00e8me canonique de la diaspora\u201d, nous avons coutume de recourir \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments existant au sein de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise, notamment aux canons conciliaires. Il est vrai que, parmi ces canons, le canon 28\/IVe, important entre tous, est le plus controvers\u00e9. Pour contribuer \u00e0 \u00e9claircir cette question \u00e9pineuse, la pr\u00e9sente recherche pose deux questions\u00a0: la premi\u00e8re est de savoir, si, au sein de l\u2019\u00c9glise, le concept de \u201cdiaspora\u201d existe vraiment, et la deuxi\u00e8me, qui d\u00e9pend directement de la premi\u00e8re, est de d\u00e9terminer dans quelle mesure le canon 28\/IVe a \u00e0 faire avec la solution du probl\u00e8me canonique concret que pose la \u201cdiaspora\u201d.<\/p>\n<p><b>1.<\/b> En effet, le canon 28\/IVe ne parle nullement de diaspora, pas m\u00eame de fa\u00e7on sous-entendue. Il concerne la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er une \u00c9glise \u00e9tablie localement, hors des territoires des autres \u00c9glises patriarcales d\u00e9j\u00e0 d\u00e9finies par ce m\u00eame Concile \u0153cum\u00e9nique, \u00e0 savoir les cinq Patriarcats, en donnant essentiellement au patriarche de Constantinople l\u2019exercice de la diaconie constitutive lui permettant de former les \u00c9glises locales de cette \u201c<i>\u00c9glise \u00e9tablie localement du dehors<\/i>\u201d. Ce canon affirme donc l\u2019existence d\u2019une \u00c9glise hors des fronti\u00e8res des autres \u00c9glises \u00e9tablies localement et d\u00e9signe celui qui en est le primat. Il est remarquable que ce m\u00eame Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine, qui a fond\u00e9 les cinq Patriarcats, ne distribue pas les territoires situ\u00e9s hors des fronti\u00e8res des cinq \u00c9glises \u00e9tablies localement en \u2026cinq juridictions g\u00e9o-eccl\u00e9siales, ne les place pas en situation parall\u00e8le ou superpos\u00e9e pour d\u00e9terminer, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la co-territorialit\u00e9 ou la multi-juridiction, et cela, pr\u00e9cis\u00e9ment <i>pour<\/i> <i>assurer l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique mono-juridictionnelle de ces territoires<\/i> et, par suite, celle des \u00c9glises locales, pr\u00e9sentes ou futures, situ\u00e9es sur ces territoires. C\u2019est d\u2019ailleurs la raison pour laquelle les <i>Archev\u00eaques autoc\u00e9phales<\/i> exer\u00e7ant dans ces territoires d\u00e9pendent, depuis le 5e si\u00e8cle, directement du Saint-Synode patriarcal de Constantinople jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Le canon 28\/IVe concerne donc la mani\u00e8re dont sont envisag\u00e9s, du point de vue eccl\u00e9\u00adsi\u00ado\u00adlogique, les territoires situ\u00e9s \u00ab\u00a0hors des territoires canoniques\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0en pays barbares\u00a0\u00bb), \u00e0 sa\u00advoir les territoires situ\u00e9s hors des <i>\u00c9glises \u00e9tablies localement<\/i> (les <i>cinq<\/i> <i>Patriarcats<\/i>), et cela, uniquement pour pr\u00e9server, sur ces territoires, une <i>unit\u00e9 eccl\u00e9siologique indivisible et<\/i> <i>mono-juridictionnelle<\/i>. En d\u2019autres termes, le canon 28\/IVe est celui qui permet l\u2019existence d\u2019\u00c9glises locales dans tout le monde connu \u00e0 travers l\u2019Univers, excluant de ce fait tout concept ou toute possibilit\u00e9 de \u201cdiaspora\u201d. Bien au contraire, si l\u2019\u00c9glise avait consid\u00e9r\u00e9 les territoires situ\u00e9s hors des fron\u00adti\u00e8res canoniques comme des lieux de diaspora, elle n\u2019aurait eu aucune raison de promulguer le canon 28\/IVe\u2026 Par cons\u00e9\u00adquent, ce canon est peut-\u00eatre le seul qui affirme aussi clairement que toute la Terre est, en puissance et en pratique, lieu de l\u2019\u00c9glise appel\u00e9e \u00e0 devenir lieu des rassemblements eucharisti\u00adques, si bien que le concept de \u201cdiaspora\u201d n\u2019a aucune raison d\u2019\u00eatre en nul point de la Terre que ce soit. Et il est \u00e9tonnant que nous recourions \u00e0 ce canon pour r\u00e9soudre les \u201cquestions relatives \u00e0 la diaspora\u201d, alors que, non seulement ce canon ignore ce concept, mais qu\u2019aussi il l\u2019exclut du point de vue eccl\u00e9siologique.<\/p>\n<p><b>2.<\/b> \u00c0 pr\u00e9sent, une nouvelle question se pose, d\u00e9coulant de tout ce qui vient d\u2019\u00eatre dit, re\u00adla\u00adtivement aux limites g\u00e9ographiques de la \u201cdiaspora\u201d. Sous le terme de \u201cdiaspora\u201d, nous en\u00adglo\u00adbons aujourd\u2019hui, du point de vue territorial, l\u2019Europe occidentale, le continent am\u00e9ricain, l\u2019Australie et l\u2019Extr\u00eame-Orient, regroup\u00e9s en une cat\u00e9gorie unique et homog\u00e8ne de \u201cdiaspora\u201d. Pourtant, le cas de l\u2019Europe de l\u2019Ouest diff\u00e8re de celui des autres continents. Mais, apr\u00e8s avoir une premi\u00e8re fois employ\u00e9 erron\u00e9ment le terme de \u201cdiaspora\u201d, qui, en fait, annihile et an\u00e9antit l\u2019\u00c9glise locale et l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement, nous avons fondu ces deux cas diff\u00e9rents en une seule et unique cat\u00e9gorie canonique et envisag\u00e9, sous un angle eccl\u00e9siologico-canonique com\u00admun, ces deux cat\u00e9gories territoriales. L\u2019Europe occidentale constitue en effet un cas diff\u00e9rent, non seulement parce qu\u2019elle n\u2019est pas un lieu de \u201cdiaspora\u201d \u2013\u00a0\u00e0 supposer qu\u2019il existe une diaspora autre part du point de vue eccl\u00e9siologique\u00a0\u2013, mais aussi parce qu\u2019elle est d\u00e9j\u00e0 une \u00c9glise \u00e9tablie localement et constitu\u00e9e conciliairement (451), \u00e0 savoir celle du Patriarcat de Rome<a title=\"\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>. L\u00e0 encore, une question se pose. Comment expliquer le fait que, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, nous soyons en dialogue afin d\u2019instaurer la pleine communion avec l\u2019\u00c9glise d\u2019Occident apr\u00e8s la \u201crupture de communion\u201d (1054) et que, de l\u2019autre, nous, Orthodoxes, nous consid\u00e9rions son territoire canonique comme un lieu de \u201cdiaspora\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire, selon ce qui est g\u00e9n\u00e9ralement admis, comme une terre vide et, par cons\u00e9quent, comme une \u201c\u00c9glise inexistante\u201d\u00a0!&#8230;, un lieu sur lequel, de surcro\u00eet, chaque <i>\u00c9glise nationale<\/i> orthodoxe s\u2019introduit, s\u2019infiltre et donne un fondement \u00e0 l\u2019<i>\u00e9tendue<\/i> (<i>sic<\/i>) <i>de sa juridiction territoriale propre<\/i>\u00a0? Il y a m\u00eame eu r\u00e9cemment des \u00e9v\u00eaques orthodoxes qui ont re\u00e7u et portent des titres de territorialit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 existants, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00e9v\u00ea\u00adques locaux de cette \u00c9glise. Ainsi, outre l\u2019homonymie des \u00c9glises locales ou \u00e9tablies localement, nous avons aussi r\u00e9cemment l\u2019homonymie des titres \u00e9piscopaux\u00a0!&#8230; De cette mani\u00e8re, nous transformons effectivement une \u00c9glise \u00e9tablie localement, conciliairement cons\u00adti\u00adtu\u00e9e (m\u00eame si aujourd\u2019hui elle est dans une situation de <i>d\u00e9sunion<\/i>), en un lieu \u2013\u00a0\u00e9tymo\u00adlo\u00adgi\u00adque\u00adment parlant\u00a0\u2013 de <i>dispersion<\/i> (\u201c<i>dia-spora<\/i>\u201d)\u00a0!&#8230;<\/p>\n<p><strong>C. Dispositions statutaires \u00e0 teneur non eccl\u00e9siologique<\/strong><\/p>\n<p>Bien que flagrants du point de vue eccl\u00e9siologico-canonique, les probl\u00e8mes th\u00e9ologiques entra\u00een\u00e9s par ces questions ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0. La dislocation de l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique affecte \u00e9galement la vie des \u00c9glises \u00e9tablies localement\u00a0: on peut m\u00eame dire qu\u2019elle habite leur fondement. Pour le voir, il suffit de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9tude comparative des statuts en vigueur de deux \u00c9glises, afin de faire appara\u00eetre le probl\u00e8me eccl\u00e9siologique le plus profond des Chartes statutaires orthodoxes. On se limitera ici \u00e0 examiner un article de la Charte statutaire d\u2019une \u00c9glise <i>hell\u00e9nophone<\/i> et un autre d\u2019une \u00c9glise <i>slavophone<\/i>, \u00e0 savoir la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Chypre et celle de l\u2019\u00c9glise de Russie.<\/p>\n<p>\uf0b7 \u00ab\u00a0<i>Les membres de l\u2019\u00c9glise orthodoxe de Chypre sont<\/i>\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 tous les Chypriotes chr\u00e9tiens orthodoxes, qui sont entr\u00e9s dans le sein de leur \u00c9glise orthodoxe par le bapt\u00eame, r\u00e9sidant en permanence<a title=\"\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a> \u00e0 Chypre, <i>ainsi que<\/i><\/p>\n<p>\u2013<i> tous ceux qui, d\u2019origine chypriote<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>,<i> r\u00e9sident \u00e0 ce jour \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00a0<\/i>\u00bb (Article 2, Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Chypre-<b>1980<\/b>)<a title=\"\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>.<\/p>\n<p>\uf0b7 \u00ab\u00a0<i>La juridiction de l\u2019\u00c9glise orthodoxe russe est \u00e9tendue<\/i>\u00a0:<\/p>\n<p>\u2013 aux personnes <i>de confession orthodoxe <\/i>r\u00e9sidant en URSS [1988]\u00a0; r\u00e9sidant sur le <i>territoire canonique<\/i> de l\u2019\u00c9glise orthodoxe russe [2000], <i>ainsi que<\/i><\/p>\n<p>\u2013 <i>aux personnes<\/i><a title=\"\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a><i> qui r\u00e9sident \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et qui acceptent volontairement sa juri\u00addic\u00adtion<\/i>\u00a0\u00bb (Article I, \u00a7 3, Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie-<b>1988 <\/b>et<b> 2000<\/b>)<a title=\"\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, les articles en question sont repr\u00e9sentatifs de deux Chartes statutaires partageant trois caract\u00e9ristiques essentielles et non eccl\u00e9siologiques\u00a0:<\/p>\n<p><b>a)<\/b> La juridiction de ces \u00c9glises s\u2019\u00e9tend sciemment et principalement sur des <i>personnes<\/i> \u2013\u00a0comme dans l\u2019eccl\u00e9siologie de la R\u00e9forme\u2026\u00a0\u2013 et non exclusivement sur un territoire. Autrement dit, il est possible d\u2019affirmer sans plus d\u2019analyse que l\u2019exercice d\u2019une juridiction eccl\u00e9siale sur des personnes signifie tout simplement que ce seul fait statutaire donne \u00e0 ces \u00c9glises le droit de p\u00e9n\u00e9trer, par d\u00e9finition, dans les fronti\u00e8res canoniques des autres \u00c9glises \u00e9tablies localement\u2026 Sur des \u201cpersonnes\u201d donc, et non sur un \u201cterritoire canonique\u201d qui, comme nous le verrons par la suite, n\u2019est invoqu\u00e9 par ces \u00c9glises qu\u2019en situation de d\u00e9fense, pour emp\u00eacher une intervention eccl\u00e9siastique ext\u00e9rieure sur leur propre territoire eccl\u00e9sial, exer\u00adc\u00e9e par une autre juridiction en vertu des m\u00eames principes, puisque elles-m\u00eames prati\u00adquent statutairement un tel interventionnisme sur le territoire canonique des autres \u00c9glises.<\/p>\n<p><b>b)<\/b> Les \u00c9glises d\u00e9clarent statutairement qu\u2019elles ne sont pas dispos\u00e9es, pour quelque raison que ce soit, \u00e0 limiter l\u2019exercice de leur juridiction aux territoires situ\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res canoniques, ainsi qu\u2019elles y sont tenues du point de vue eccl\u00e9siologique du fait qu\u2019elles sont toutes deux des \u00c9glises \u00e9tablies localement, et ainsi que, d\u2019ailleurs, l\u2019exige le principe de l\u2019autoc\u00e9phalie qui leur a donn\u00e9 leur existence institutionnelle.<\/p>\n<p><b>c)<\/b> Plus important encore, ces \u00c9glises, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des territoires <i>hors de leurs fron\u00adti\u00e8res<\/i> sciemment et en tout \u00e9tat de cause, ne font aucune distinction entre territoires de \u201cdias\u00adpo\u00adra\u201d et territoires canoniques proprement dits des autres \u00c9glises \u00e9tablies localement. Il ap\u00adpa\u00adra\u00eet donc que la r\u00e9f\u00e9rence statutaire \u00e0 des <i>personnes<\/i> nivelle la distinction canonique \u00e9l\u00e9\u00admen\u00adtaire de \u201cterritoires canoniques\u201d et \u201cterritoires de diaspora\u201d, cr\u00e9e en fait une autre cara\u00adct\u00e9\u00adristique et un autre ph\u00e9nom\u00e8ne anti-eccl\u00e9siologiques, une <i>juridiction ethno-eccl\u00e9\u00adsiale mon\u00addiale<\/i>.<\/p>\n<p>En effet, \u00e0 la lumi\u00e8re de ce que nous venons d\u2019examiner, on comprendra sans peine que les innovations eccl\u00e9siologiques de contenu non canonique, introduites dans ces deux Chartes statutaires, et rien moins que dans leurs \u201cDispositions g\u00e9n\u00e9rales\u201d, cr\u00e9ent, par d\u00e9finition, sur les espaces de la \u201cdiaspora\u201d \u2013\u00a0et pas seulement l\u00e0\u00a0\u2013 une situation de <i>co-territorialit\u00e9<\/i>, laquelle engen\u00addre automatiquement son fruit direct, la <i>multi-juridiction<\/i>. De plus, ces deux Chartes sta\u00adtutaires ont \u00e0 commun, lorsqu\u2019elles parlent des membres composant ces \u00c9glises, une absence totale de la distinction eccl\u00e9siologique la plus \u00e9l\u00e9mentaire, qui distingue les \u201cfid\u00e8les de leur diaspora ethno-eccl\u00e9siale\u201d et les \u201cfid\u00e8les des autres \u00c9glises \u00e9tablies localement\u201d. En pratique, cela signifie qu\u2019elles consid\u00e8rent comme leurs membres, non seulement les fid\u00e8les de la premi\u00e8re cat\u00e9gorie, mais aussi tous les fid\u00e8les sans exception, en bloc, \u00e0 savoir <i>les fid\u00e8les se trouvant hors de leurs fronti\u00e8res canoniques<\/i>, qu\u2019ils soient en des lieux de \u201cdiaspora\u201d ou sur le territoire canonique d\u2019une autre \u00c9glise orthodoxe \u00e9tablie localement \u2013\u00a0ou pire, qu\u2019ils soient pleinement et territorialement membres d\u2019une autre \u00c9glise (cf. Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie)\u2026 Enfin, il est donn\u00e9 \u00e0 tous les fid\u00e8les <i>la possibilit\u00e9 statutaire de se placer de leur propre gr\u00e9 sous la juridiction eccl\u00e9siastique de leur choix<\/i> (<i>sic<\/i>), o\u00f9 qu\u2019ils se trouvent, mais aussi o\u00f9 que se trouve l\u2019\u00c9glise de leur choix (Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie)\u2026<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, ces deux Chartes statutaires, quoiqu\u2019elles ne soient pas les seules dans le monde orthodoxe, suscitent, du point de vue eccl\u00e9siologique, une <i>confusion des \u00c9glises<\/i>, pour employer l\u2019expression si appropri\u00e9e du canon 2\/IIe, telle que nous n\u2019en trouvons aucun parall\u00e8le ni aucun pr\u00e9c\u00e9dent institutionnel au cours des deux mill\u00e9naires d\u2019existence de l\u2019\u00c9glise. Un seul exemple suffit. Si ce que ces Chartes statutaires \u00e9noncent s\u2019av\u00e8re exact, un Chypriote habitant Chypre qui, conform\u00e9ment \u00e0 la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie, \u00ab\u00a0se placerait de son propre gr\u00e9 sous la juridiction de l\u2019\u00c9glise de Russie\u00a0\u00bb, aurait la possibilit\u00e9 de ne pas \u00eatre membre de l\u2019\u00c9glise de Chypre, comme la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Chypre pourrait le pr\u00e9tendre, vu que ce fid\u00e8le r\u00e9side \u00e0 Chypre, et pourrait \u00eatre membre de l\u2019\u00c9glise russe. Par suite, cela signifie que, si ces personnes se multipliaient consid\u00e9rablement \u2013\u00a0 il est toujours possible de supposer qu\u2019elles soient ou deviennent nombreuses\u2026\u00a0\u2013, la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie pourrait sur-le-champ accorder \u00e0 cette \u00c9glise le droit canonique de former une communaut\u00e9 eccl\u00e9siale russe au sein de l\u2019\u00c9glise de Chypre, et m\u00eame d\u2019installer un \u00e9v\u00eaque \u00e0 sa t\u00eate, puisque derni\u00e8rement c\u2019est \u201c\u00e0 la mode\u201d vu l\u2019\u201chypermobilit\u00e9\u201d observ\u00e9e dans nombre d\u2019\u00c9glises orthodoxes, afin que cette communaut\u00e9 eccl\u00e9siale soit \u00e9lev\u00e9e, par l\u2019in\u00adtro\u00adnisation d\u2019un \u00e9v\u00eaque, au rang d\u2019\u201c\u00c9glise locale\u201d\u2026 et, bien entendu, ne d\u00e9pende pas de l\u2019\u00c9\u00adgli\u00adse \u00e9tablie localement, mais de l\u2019\u201c\u00c9glise-m\u00e8re\u201d \u00e0 laquelle elle appartient, du point de vue de cette derni\u00e8re, \u201ceccl\u00e9sialement\u201d ou sous la ju\u00adri\u00addiction de laquelle elle s\u2019est plac\u00e9e \u201cde son propre gr\u00e9\u201d\u2026<\/p>\n<p>Pour cette raison, ne nous abusons pas. Si les ph\u00e9nom\u00e8nes statutaires que nous venons d\u2019\u00e9voquer peuvent se produire <i>l\u00e9gitimement parce que statutaires<\/i> \u2013\u00a0et ils se produisent sur les espaces des \u00c9glises \u00e9tablies localement\u00a0\u2013, quel espoir pouvons-nous nourrir de r\u00e9soudre le \u201cprobl\u00e8me de la diaspora\u201d, vu que, sur ces espaces [de la \u201cdiaspora\u201d] il n\u2019existe pas de r\u00e9gime eccl\u00e9sial canonique pour chaque \u00c9glise nationale orthodoxe, et que, par cons\u00e9quent, <i>nous pou\u00advons d\u00e9velopper n\u2019importe quelle forme d\u2019activit\u00e9 eccl\u00e9siale<\/i>, puisque \u201cnotre Charte statu\u00adtaire\u201d, non seulement le permet, mais l\u2019encourage\u00a0? Voil\u00e0 la raison pour laquelle, par d\u00e9finition, au moment o\u00f9 il y a une \u201cco-territorialit\u00e9 <i>intra-confessionnelle<\/i>\u201d, il ne peut exister et il n\u2019existe pas de <i>communion<\/i> entre les \u201c<i>juridictions nationales orthodoxes<\/i>\u201d (<i>sic<\/i>), pas plus qu\u2019il n\u2019existe la moindre <i>coop\u00e9ration<\/i>, humainement parlant, \u00e0 un niveau corpo\u00adra\u00adtif quotidien (pour ne pas dire cette douloureuse v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe que de l\u2019<i>antago\u00adnisme<\/i>\u2026). Et cela, comme il adve\u00adnait autrefois pour les confessions chr\u00e9tiennes d\u2019Occident\u2026<\/p>\n<p>Il appara\u00eet en outre, dans ces dispositions statutaires, un quatri\u00e8me \u00e9l\u00e9ment important, cons\u00e9quence de la combinaison des trois pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0: la cr\u00e9ation d\u2019une <i>juridiction ethno-eccl\u00e9siale mondiale<\/i>, ce qui, bien entendu, va \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019eccl\u00e9siologie de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie lo\u00adcalement et de l\u2019eccl\u00e9siologie de l\u2019autoc\u00e9phalie, pour la simple raison qu\u2019elle abolit et anni\u00adhile express\u00e9ment les autres \u00c9glises patriarcales et autoc\u00e9phales \u00e9tablies localement ou qu\u2019elle laisse a priori tacitement entendre que, en pratique, ces \u00c9glises n\u2019existent pas et, par cons\u00e9\u00adquent, la communion des \u00c9glises non plus. De cette fa\u00ad\u00e7on, toute \u00c9glise nationale orthodoxe disposerait d\u2019une <i>juridiction mondiale<\/i> qui s\u2019exercerait sur deux cat\u00e9gories territoriales\u00a0: a) son territoire canonique et b) tout le reste du territoire du Globe, que ce soit un territoire de ladite \u201cdiaspora\u201d ou un territoire canonique appartenant aux autres \u00c9glises orthodoxes \u00e9tablies localement. Il appara\u00eet d\u00e8s lors clairement qu\u2019il s\u2019agit de Chartes statutaires totalement d\u00e9\u00adpour\u00advues de crit\u00e8res et de priorit\u00e9s eccl\u00e9siologiques, mais r\u00e9dig\u00e9es en fonction de crit\u00e8res id\u00e9o\u00adlogiques, politiques et nationaux, pour ne pas dire nationalistes, et qui, de ce fait, se trou\u00advent \u00e0 mille lieues de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise. Le plus d\u00e9coura\u00adgeant de tout est qu\u2019il s\u2019agit de deux Chartes statutaires d\u2019\u00c9glises \u00e9tablies localement, comptant parmi les plus r\u00e9\u00adcentes et r\u00e9dig\u00e9es par la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration des th\u00e9ologiens orthodoxes.<\/p>\n<p>Pour en revenir \u00e0 notre exemple, si nous tentons d\u2019appliquer la disposition statutaire de l\u2019\u00c9glise de Chypre hors de ses fronti\u00e8res canoniques, la r\u00e9ponse du Patriarcat de Moscou sera que la Russie constitue le <i>territoire canonique<\/i> de l\u2019\u00c9glise de Russie et qu\u2019il n\u2019y est permis aucune intervention eccl\u00e9siastique ext\u00e9rieure, quelle qu\u2019en soit la forme\u2026 L\u2019\u00c9glise de Chypre r\u00e9\u00adpondrait exactement la m\u00eame chose, si l\u2019on voulait appliquer la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie, \u00e0 savoir que l\u2019\u00eele de Chypre constitue le <i>territoire canonique<\/i> de l\u2019\u00c9glise de Chypre. Le r\u00e9sultat douloureux de cette activit\u00e9 et de cette pratique statutaires est que nous avons, en pratique, <i>deux eccl\u00e9siologies<\/i> tragiquement conflictuelles et totalement contradictoires\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, a) une <i>eccl\u00e9siologie du \u201cterritoire canonique\u201d<\/i> de chaque \u00c9glise \u00e9tablie localement et, de l\u2019autre, b) une <i>eccl\u00e9siologie de l\u2019\u00c9glise nationale mondiale<\/i>. Deux eccl\u00e9siologies contradictoires donc, mais alternatives et superpos\u00e9es, appliqu\u00e9es en bloc et simultan\u00e9ment par la quasi-totalit\u00e9 des \u00c9glises nationales orthodoxes. Voil\u00e0 o\u00f9, de nos jours, r\u00e9side le probl\u00e8me eccl\u00e9\u00adsio\u00adlo\u00adgique\u00a0: dans ces deux eccl\u00e9siologies doubles et alternatives qui, \u00e0 leur tour, engendrent de nom\u00adbreuses \u201cjuridictions eccl\u00e9siales\u201d (<i>sic<\/i>) parall\u00e8les et superpos\u00e9es sur un seul et m\u00eame lieu et dans le monde entier, qui veut dire finalement un <i>morcellement juridictionnel du corps eccl\u00e9\u00adsial<\/i>, cr\u00e9ant de la sorte une <i>confusion des \u00c9glises<\/i> sans pr\u00e9c\u00e9dent historique. Rien que cela d\u00e9\u00admontre la d\u00e9ch\u00e9ance eccl\u00e9siologique qui caract\u00e9rise l\u2019\u00c9glise orthodoxe dans le monde aujour\u00add\u2019hui. Enfin, la proposition de la part de l\u2019\u00c9glise de Russie de constituer une \u201cM\u00e9tropole autonome <i>russe<\/i> en Europe occiden\u00adtale\u201d (avril 2003), rassemblant toutes les nu\u00ada\u00adnces des communaut\u00e9s <i>russes<\/i> qui y sont pr\u00e9sentes, est absolument cons\u00e9quente avec l\u2019ec\u00adcl\u00e9siologie statutaire de cette \u00c9glise \u00e9tablie localement.<\/p>\n<p>Pour illustrer ce que nous venons de dire, nous souhaitons raconter ce fait. R\u00e9cemment, \u00e0 Paris, un professeur de th\u00e9ologie catholique, nous parlant du refus que l\u2019\u00c9glise orthodoxe de Russie avait oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en Russie d\u2019eccl\u00e9siastiques catholiques, nous raconta\u00a0: \u00ab\u00a0Lors d\u2019un congr\u00e8s, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 un archimandrite russe th\u00e9ologien (aujourd\u2019hui \u00e9v\u00eaque)\u00a0: O\u00f9 est situ\u00e9e l\u2019\u00c9glise russe\u00a0? Il m\u2019a r\u00e9pondu\u00a0: <i>L\u00e0 o\u00f9 il y a des Orthodoxes russes\u00a0!<\/i>\u2026 [cf. le principe juridique du <i>jus sanguinis<\/i>]. Nous sommes tout \u00e0 fait d\u2019accord, lui ai-je dit. <i>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019eccl\u00e9siologie catholique aussi<\/i>, l\u2019\u00c9glise catholique est l\u00e0 o\u00f9 il y a des fid\u00e8les catholiques. Ce qui vaut pour vous, vaut donc \u00e9galement pour nous. Alors pourquoi ne nous permettez-vous pas l\u2019entr\u00e9e en Russie de la mission d\u2019eccl\u00e9siastiques, puisqu\u2019elle est destin\u00e9e aux com\u00admu\u00adnaut\u00e9s catholiques qui s\u2019y trouvent et qui \u00ab\u00a0se placent de leur propre gr\u00e9 sous la juridiction de l\u2019\u00c9glise catholique\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>, et cela, au moment m\u00eame o\u00f9 nous, avons accueilli des eccl\u00e9siastiques orthodoxes russes sur le territoire canonique de l\u2019\u00c9glise d\u2019Occident\u00a0? Ah non\u00a0!\u2026 m\u2019a-t-il r\u00e9pondu. <i>La Russie est le territoire canonique de l\u2019\u00c9glise de Russie<\/i> [cf. le principe juridique du <i>jus soli<\/i>] et nul autre n\u2019a le droit d\u2019y p\u00e9n\u00e9trer\u00a0!\u2026 \u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc un autre probl\u00e8me suppl\u00e9mentaire de la double eccl\u00e9siologie. L\u2019exemple est parlant et l\u2019on s\u2019interroge comment l\u2019\u00c9glise russe peut-elle ainsi tenir un double langage. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le <i>territoire canonique<\/i>, argument incontestable et permanent d\u2019\u201cautopro\u00adtec\u00adtion\u201d et de d\u00e9fense, et, de l\u2019autre, la <i>juridiction ethno-eccl\u00e9siale mondiale<\/i>, pratique d\u2019ex\u00adpan\u00adsionnisme (pour ne pas dire d\u2019imp\u00e9rialisme) eccl\u00e9siastique. Cela revient \u00e0 dire qu\u2019il y a une eccl\u00e9siologie pour l\u2019int\u00e9rieur du pays et l\u2019int\u00e9rieur du territoire de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie loca\u00adle\u00adment, et une autre eccl\u00e9siologie pour l\u2019\u00e9tranger et les territoires ext\u00e9rieurs de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement, que ceux-ci soient des territoires de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d ou des territoires canoniques d\u2019autres \u00c9glises \u00e9tablies localement ou m\u00eame des territoires du Patriarcat de Rome\u2026 Les principes eccl\u00e9siologiques de ce type, inaugur\u00e9s par les Chartes statutaires, excluent toute possibilit\u00e9 de <i>communion eccl\u00e9siologique<\/i> entre les \u00c9glises et, pire encore, ne prennent nullement en consid\u00e9ration les autres \u00c9glises \u00e9tablies localement, confirmant ainsi clairement la rupture de l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique et l\u2019an\u00e9antissement de la communion des \u00c9gli\u00adses. De tels statuts donnent a priori \u00e0 toute \u00c9glise \u00e9tablie localement, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e de cet esprit, le sentiment d\u2019un <i>\u201c\u00eatre eccl\u00e9sial\u201d absolument auto\u00adnome et unique au niveau mondial<\/i>, cr\u00e9ant ainsi un <i>autoc\u00e9phalisme<\/i> et une <i>hydroc\u00e9phalie<\/i>, mais jamais de <i>communion des \u00c9glises<\/i>\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Enfin, les deux Chartes statutaires que nous examinons sont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es de l\u2019esprit de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es. Elles ne sont pas empreintes du caract\u00e8re statutaire canonique d\u2019une \u00c9glise, mais refl\u00e8tent et diffusent plut\u00f4t l\u2019eccl\u00e9siologie ethno-phyl\u00e9tique dominante du 20e si\u00e8cle, v\u00e9cue dans le climat du Mouvement \u0152cum\u00e9nique et la pratique latente de l\u2019ethno-phyl\u00e9tisme. Il s\u2019agit, comme nous l\u2019avons vu, d\u2019une eccl\u00e9siologie de la <i>juridiction eccl\u00e9siastique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, de la co-territorialit\u00e9 et de la multi-juridiction<\/i>, laquelle im\u00adpose ostensiblement sa pr\u00e9sence dans cette derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de Chartes statu\u00adtaires, et pour\u00adtant demeure totalement irrecevable pour la th\u00e9ologie de l\u2019\u00c9glise. Toutefois, il n\u2019y a pas que les Chartes statutaires qui soient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es de cet esprit eccl\u00e9siologique. Nous rencontrons aussi certaines personnes qui s\u2019occupent d\u2019aspects sensibles de la vie eccl\u00e9siale et partagent de tel\u00adles conceptions eccl\u00e9siologiques. Il suffit d\u2019\u00e9voquer un fait de la vie de la \u201cdiaspora ortho\u00addoxe en Europe occidentale\u201d (<i>sic<\/i>), lequel a trait \u00e0 l\u2019\u00c9glise de Serbie.<\/p>\n<p>En mars 2000, l\u2019\u00c9glise de Serbie a envoy\u00e9 \u00e0 Paris S. \u00c9m. le M\u00e9tropolite Constantin pour qu\u2019il intronise l\u2019\u00c9v\u00eaque Luka dans l\u2019\u00e9glise <i>serbe<\/i>, comme nous avons coutume de le dire, du 23, rue Simplon. Il a lu un texte en rapport avec l\u2019intronisation, un texte des plus laconiques. Nous l\u2019ins\u00e9rons tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 lu\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise orthodoxe <i>serbe<\/i>, comme \u00c9glise canonique, ayant la dignit\u00e9 du Patriarcat, ne cesse de prendre soin de ses membres, <i>o\u00f9 qu\u2019ils se trouvent<\/i>. Au-del\u00e0 des dioc\u00e8ses \u00e9tablis sur un espace canonique traditionnel, o\u00f9 son organisation eccl\u00e9siastique est pr\u00e9sente depuis des si\u00e8cles, l\u2019\u00c9glise orthodoxe <i>serbe<\/i> a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e, \u00e0 la suite des d\u00e9placements de population li\u00e9s \u00e0 des raisons \u00e9conomiques ou politiques, <i>\u00e0 organiser sa mission aussi bien dans le <\/i><i>Nouveau Monde que dans les pays d\u2019Europe<\/i>, dans le but de maintenir la foi parmi ses membres, <i>porter t\u00e9moignage de l\u2019Orthodoxie<\/i> dans des pays non orthodoxes et contribuer ainsi \u00e0 la faire conna\u00eetre dans le monde. <i>La pr\u00e9sence de plusieurs \u00e9v\u00eaques orthodoxes dans cette ville ne porte pas atteinte \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019\u00c9glise orthodoxe<\/i>, \u00e0 l\u2019id\u00e9e qui voudrait que dans une ville il y ait un seul \u00e9v\u00eaque, car <i>chacun des \u00e9v\u00eaques canoniques prend soin des <\/i><i>membres de son \u00c9glise locale<\/i> et l\u2019appartenance \u00e0 une \u00c9glise locale au sein de l\u2019Orthodoxie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme l\u2019appartenance \u00e0 des \u00c9glises diverses et oppos\u00e9es entre elles, mais bien comme l\u2019appartenance \u00e0 une seule \u00c9glise, dont le pasteur supr\u00eame est Notre Seigneur J\u00e9sus Christ, alors que nous sommes tous \u00e0 Son service, chacun de nous ayant des obligations pr\u00e9cises, et en premier lieu l\u2019obligation de pr\u00eacher dans une langue qui soit compr\u00e9hensible et de veiller \u00e0 la tradition chr\u00e9tienne de l\u2019\u00c9glise locale, affirm\u00e9e dans le tr\u00e8s riche patrimoine eccl\u00e9sial. Monseigneur, en vous remettant ce sceptre, symbole de l\u2019autorit\u00e9 \u00e9piscopale, au nom de Sa B\u00e9atitude le patriarche <i>serbe<\/i> Paul et du Saint-Synode des \u00e9v\u00eaques, j\u2019invoque les pri\u00e8res de saint Sava et de tous les saints de la <i>terre serbe<\/i>, de ce pays et du monde entier, afin que votre service d\u2019\u00e9v\u00eaque ainsi que le service de Dieu de votre clerg\u00e9 et du peuple pieux orthodoxe contribuent \u00e0 la gloire de Dieu, \u00e0 la joie de la Sainte \u00c9glise orthodoxe et au salut du troupeau de fid\u00e8les qui vous est confi\u00e9\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>Trois points de ce texte monumental appellent nos remarques, ou plut\u00f4t nos questions, concernant \u00e9galement les deux derniers cas statutaires pr\u00e9c\u00e9dents, sans aucun autre rappel\u00a0:<\/p>\n<p><b>a)<\/b> Sur quel crit\u00e8re est-on consid\u00e9r\u00e9 comme membre d\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0: sur le crit\u00e8re du bapt\u00eame ou celui de l\u2019\u201cethnicit\u00e9\u201d\u00a0? En vertu de quel principe canonique l\u2019\u201cethnicit\u00e9\u201d constitue-t-elle un crit\u00e8re d\u2019adh\u00e9sion \u00e0 une \u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0? Enfin, sur la base de quel droit canonique introduisons-nous une distinction d\u2019\u201cethnicit\u00e9\u201d parmi les membres du Christ et dans la constitution eccl\u00e9siologique de Son Corps, pour former ainsi une <i>entit\u00e9 eccl\u00e9siastique particuli\u00e8re<\/i> et la distinguer d\u2019une autre, sur un m\u00eame lieu\u00a0?<\/p>\n<p><b>b)<\/b> S\u2019il est vraiment possible d\u2019avoir plus d\u2019un \u00e9v\u00eaque dans la m\u00eame ville, sous pr\u00e9texte qu\u2019ils appartiennent tous \u00e0 la m\u00eame \u00c9glise du Christ, pourquoi le canon 8\/Ier ainsi que le canon 12\/IVe l\u2019interdisent-ils express\u00e9ment\u00a0? Ignoraient-ils donc cette \u201cv\u00e9rit\u00e9 eccl\u00e9siologique\u201d que nous invo\u00adquons aujourd\u2019hui, et cela le plus sinc\u00e8rement du monde\u00a0? Et pourtant, les \u201cjuridictions\u201d \u00e9piscopales superpos\u00e9es, m\u00eame en situation de \u201cdiaspora\u201d, constituent un \u00e9norme probl\u00e8me eccl\u00e9siologique entra\u00eenant la peine canonique de \u201c<i>rupture de communion<\/i>\u201d. En ce point, certains diraient\u00a0: Mais il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me eccl\u00e9siologique qui <i>sera r\u00e9gl\u00e9<\/i> un jour\u00a0!\u2026 En ce cas, on pourrait se deman\u00adder pourquoi nous ne sommes pas en pleine com\u00admunion avec les chr\u00e9tiens catholiques, m\u00eame si n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 le probl\u00e8me eccl\u00e9siologique de \u00ab\u00a0rupture de communion\u00a0\u00bb (1054), qui reste en suspens entre nous, puisque, un jour, il sera aussi r\u00e9gl\u00e9\u2026<\/p>\n<p><b>c)<\/b> Le salut des fid\u00e8les a toujours \u00e9t\u00e9 li\u00e9 \u00e0 l\u2019<i>unit\u00e9 eccl\u00e9siale<\/i> et \u00e0 la <i>communion des fid\u00e8les<\/i>. Comment parvenir \u00e0 cette fin en passant outre \u00e0 un probl\u00e8me eccl\u00e9siologique qui alt\u00e8re les consciences, l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale et la <i>communion des fid\u00e8les<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de ce salut\u00a0?<\/p>\n<p>Il est donc \u00e9vident que la situation eccl\u00e9siologique et canonique des \u00c9glises orthodoxes \u00e9tablies localement est, aujourd\u2019hui, souvent diff\u00e9rente des mod\u00e8les eccl\u00e9siaux que nous pr\u00e9\u00adsen\u00adtent les Canons et la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise, surtout dans les Communaut\u00e9s eccl\u00e9\u00adsiales orthodoxes n\u00e9es hors des fronti\u00e8res des \u00c9glises anciennement \u00e9tablies. En tout cas, des conceptions anti-eccl\u00e9siologiques de telle sorte que nous venons de voir plus haut nous ren\u00advoient \u00e0 un autre probl\u00e8me eccl\u00e9siologique\u00a0: \u00e0 celui de la s\u00e9paration du contexte\u2026<\/p>\n<p>Toutefois, on peut se demander pourquoi il faut accorder une telle importance \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019un \u00e9v\u00eaque unique dans chaque \u00c9glise locale et \u00e0 l\u2019exercice d\u2019une <i>mono-juridiction<\/i>. Quelle est, en fait, la raison profonde qui nous emp\u00eache d\u2019accepter une r\u00e9forme eccl\u00e9siologique administrative qui rendrait possible la coexistence de plusieurs \u00e9v\u00eaques dans un m\u00eame district eccl\u00e9siastique\u00a0? S\u2019il s\u2019agissait d\u2019une question de nature purement administrative, on pourrait consid\u00e9rer que la question est d\u2019ordre secondaire. Mais le probl\u00e8me r\u00e9side dans le fait que ce probl\u00e8me, pris dans son ensemble, a des ramifications eccl\u00e9siologiques qui sont li\u00e9es direc\u00adte\u00adment \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise comporte plusieurs aspects. Elle est exprim\u00e9e par l\u2019unit\u00e9 en mati\u00e8re de foi, par la communion existant entre ses membres, etc., mais d\u2019abord et avant tout par la participation des fid\u00e8les au myst\u00e8re de l\u2019unique Eucharistie, car c\u2019est par la participation commune \u00e0 ce sacrement qu\u2019est accomplie la communion \u00e9troite des fid\u00e8les avec le Christ et entre eux<a title=\"\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>. En recevant le Corps du Christ, chacun des membres de la com\u00admu\u00adnaut\u00e9 eccl\u00e9siale entre en communion parfaite avec le Christ et avec tous ceux qui partagent le m\u00eame Corps. Il n\u2019est pas fortuit que dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du Christianisme, la <i>synaxe eucharistique<\/i> et l\u2019<i>\u00c9glise<\/i> \u00e9taient synonymes\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019\u00c9glise n\u2019avait pas alors le sens que nous lui attribuons aujourd\u2019hui\u00a0: celui de l\u2019ensemble du corps des Chr\u00e9tiens qui croient aux v\u00e9rit\u00e9s de la doctrine chr\u00e9tienne et s\u2019y conforment. Le mot signifiait d\u2019abord et avant tout l\u2019assembl\u00e9e eucharistique des fid\u00e8les \u00e0 laquelle prenaient part <i>tous les membres<\/i> de l\u2019\u00c9glise locale. Si le contenu s\u00e9mantique du mot \u00ab\u00a0\u00c9glise\u00a0\u00bb a pu se d\u00e9velopper avec le temps, l\u2019essence en est demeur\u00e9e la m\u00eame. La sainte Eucharistie en tant qu\u2019union des fid\u00e8les avec le Christ et entre eux constitue l\u2019\u00c9glise m\u00eame, et la cons\u00e9quence directe de cette identification est la conservation d\u2019une seule Eucharistie dans chaque \u00c9glise locale. Par extension, l\u2019unit\u00e9 des fid\u00e8les devant l\u2019Eucharistie est \u00e0 la fois une condition pr\u00e9alable de l\u2019unit\u00e9 de chaque \u00c9glise locale et une r\u00e9alit\u00e9 identique \u00e0 elle.<\/p>\n<p>Le privil\u00e8ge de la c\u00e9l\u00e9bration de la sainte Eucharistie a toujours \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 la personne de l\u2019unique \u00e9v\u00eaque qui, officiant en lieu et place du [de l\u2019unique] Christ, est reconnu comme la t\u00eate et le centre de l\u2019assembl\u00e9e eucharistique. Cette r\u00e9alit\u00e9 \u00e9tait plus manifeste dans les pre\u00admiers si\u00e8cles chr\u00e9tiens lorsque dans chaque \u00c9glise locale il y avait une seule et unique c\u00e9l\u00e9\u00adbra\u00adtion de l\u2019Eucharistie, pr\u00e9sid\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque local et par lui seul. En m\u00eame temps, l\u2019\u00c9glise voyait en ce pr\u00e9sident celui qui unit en lui-m\u00eame toute l\u2019\u00c9glise locale en vertu du fait qu\u2019il l\u2019offre comme le corps du Christ \u00e0 Dieu. Cela s\u2019exprimait aussi dans cette conception fon\u00addamentale de l\u2019Eucharistie\u00a0: <i>l\u2019unit\u00e9 de la multitude en un seul<\/i>. C\u2019est juste l\u00e0 la d\u00e9finition de la <i>mono-juridiction<\/i>, qui exige l\u2019existence d\u2019une seule organisation eccl\u00e9siale \u2014 ras\u00adsemblant tous les [quatre] <i>charismes<\/i> (\u00e9v\u00eaque[s], pr\u00eatres, diacres, la\u00efcs) \u2014 dans un lieu d\u00e9termin\u00e9 sous <i>un<\/i> seul \u00e9v\u00eaque local (<i>unus episcopus in uno territorio<\/i>). En effet, c\u2019est de l\u2019autel unique de l\u2019unique Assembl\u00e9e eucharistique que d\u00e9\u00adcoule tout ce qu\u2019op\u00e8re le charisme de l\u2019\u00e9v\u00eaque. Par la suite, ce sont les paroisses qui cons\u00adtituent toutes ensemble une <i>Assembl\u00e9e eucharistique unique<\/i>, l\u2019<i>\u00e9piscopie<\/i>, l\u2019<i>\u00c9glise locale<\/i> qui cons\u00adtitue alors par d\u00e9finition un espace <i>mono-juridictionnel<\/i>. En d\u2019autres termes, la gen\u00e8se historique des paroisses et par suite la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019Eucharistie par des pr\u00eatres n\u2019a pas con\u00adduit, en termes eccl\u00e9\u00adsias\u00adtiques, \u00e0 une fragmentation de l\u2019Eucharistie centr\u00e9e sur l\u2019\u00e9v\u00eaque\u00a0: <i>un \u00c9v\u00eaque\u2014une Eucharistie\u2014une \u00c9glise locale\u2014une Juridiction territoriale<\/i>. Ainsi \u00e9tait pr\u00e9serv\u00e9e l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Eucharistie qui est la condition <i>sine qua<\/i> <i>non <\/i>de l\u2019unit\u00e9 de chaque <i>\u00c9glise ter\u00adri\u00adto\u00adri\u00ada\u00adlement locale<\/i> qui n\u2019a, \u00e0 son tour, rien \u00e0 voir avec la notion et la conception de la <i>diaspora<\/i> (<i>sic<\/i>). De nos jours et au sein de la \u201cdiaspora\u201d eccl\u00e9siale cette fois-ci, ce n\u2019est pas une seule, mais plusieurs assembl\u00e9es eucharistiques qui ont lieu dans le m\u00eame territoire en cons\u00e9quence de sa division en plusieurs dioc\u00e8ses \u00e9piscopaux et multi-juridictions eccl\u00e9siales, et donc la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019Eucharistie a cess\u00e9 de d\u00e9pendre uniquement et exclusivement d\u2019un unique \u00e9v\u00eaque qui garantissait ainsi l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique de l\u2019\u00c9glise manifest\u00e9e dans un lieu donn\u00e9.<\/p>\n<p>Cela montre bien clairement pourquoi l\u2019existence de plus d\u2019un \u00e9v\u00eaque dans un district ec\u00adcl\u00e9\u00adsial <i>mono-juridictionnel<\/i> n\u2019est pas et ne pourrait pas \u00eatre acceptable. Le r\u00e9sultat eccl\u00e9si\u00ado\u00adlo\u00adgi\u00adque d\u2019une telle situation que l\u2019on rencontre fr\u00e9quemment au sein de la \u201cdiaspora\u201d or\u00adtho\u00addoxe, est la fragmentation imm\u00e9diate de l\u2019Eucharistie puisqu\u2019il n\u2019y a plus un seul \u00e9v\u00eaque dans chaque \u00c9glise locale et donc plus un seul corps eccl\u00e9sial. L\u2019institution d\u2019une Eucharistie unique sous son propre \u00e9v\u00eaque local cesse automatiquement d\u2019exister. Cela a pour autre cons\u00e9quence l\u2019\u00e9clatement de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise locale elle-m\u00eame, puisque l\u2019unit\u00e9 de la sainte Eucharistie est la condition pr\u00e9alable de cette unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise. En d\u2019autres termes, l\u2019<i>unit\u00e9<\/i> <i>eccl\u00e9siologique<\/i> sans <i>unit\u00e9 eucharistique<\/i> est inconcevable et une telle unit\u00e9 ne se peut r\u00e9aliser autrement que par le rassemblement de tous les fid\u00e8les de l\u2019\u00c9glise locale sous un seul et unique \u00e9v\u00eaque qui, en lieu et place du Christ, pr\u00e9side la c\u00e9l\u00e9bration de la sainte Eucharistie, fait qui forme la perspective de la <i>mono-juridiction<\/i>. C\u2019est donc justement ici que r\u00e9side le grand probl\u00e8me de la \u201cdiaspora\u201d orthodoxe, qui an\u00e9antit toute la r\u00e9alit\u00e9 eccl\u00e9siologique d\u2019\u00c9glise locale et, par extension, celle de l\u2019\u00c9glise institu\u00e9e localement.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me eccl\u00e9siologique particulier et restaurer la <i>taxis<\/i> canonique, il est essentiel et indispensable que l\u2019organisation des Chr\u00e9tiens orthodoxes de la \u201cdiaspora\u201d soit assur\u00e9e par une autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique unique, responsable de leur organisation en dioc\u00e8ses. Il faut que la conscience eccl\u00e9siale devienne de plus en plus sensible \u00e0 cette n\u00e9cessit\u00e9, en \u00e9cartant toute d\u00e9viation eccl\u00e9siologique dominant aujourd\u2019hui dans notre praxis eccl\u00e9siale. En fait, dans la mesure o\u00f9 l\u2019organisation administrative eccl\u00e9siologique des \u00e9v\u00eaques de la \u201cdiaspora\u201d doit se faire sur des crit\u00e8res territoriaux et non pas nationaux, ce qui suppose l\u2019existence d\u2019un \u00e9v\u00eaque unique dans chaque district eccl\u00e9siastique <i>mono-juridictionnel<\/i>, se pose n\u00e9cessairement la question de l\u2019autorit\u00e9 eccl\u00e9siale qui devra nommer ces \u00e9v\u00eaques et de laquelle ils d\u00e9pendront. Les canons de l\u2019\u00c9glise montrent clairement la voie et fournissent une solution d\u00e9finitive au probl\u00e8me de la \u201cdiaspora\u201d et donc c\u2019est un mensonge d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de soutenir que ces canons ont \u00e9t\u00e9 promulgu\u00e9s pour une autre \u00e9poque\u2026 Aussi longtemps que l\u2019on insistera sur ce mensonge, l\u2019\u00c9glise orthodoxe ne cessera de pr\u00e9senter qu\u2019une apparence et une existence divis\u00e9es, avec la coexis\u00adtence dans un seul et m\u00eame district eccl\u00e9sial <i>mono-juridictionnel<\/i> de plusieurs pasteurs diff\u00e9rents et de plusieurs communaut\u00e9s de fid\u00e8les diff\u00e9rentes, une r\u00e9alit\u00e9 de fait qui provoque par d\u00e9finition l\u2019an\u00e9an\u00adtisse\u00adment de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise sinon l\u2019an\u00e9antissement de l\u2019\u00c9glise elle-m\u00eame\u2026<\/p>\n<p align=\"center\"><b><i>Remarques \u2013 Conclusions<\/i><\/b><\/p>\n<p>La litt\u00e9rature patristique et les tout premiers canons des trois premiers si\u00e8cles portant sur l\u2019\u00c9glise locale parlent de \u201c<i>en-oria<\/i>\u201d [(\u201c\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res\u201d) = circonscription] et par l\u00e0, bien s\u00fbr, entendent, la \u201cville\u201d. Les Conciles \u0153cum\u00e9niques, le Ier, de Nic\u00e9e, le IIe, de Cons\u00adtan\u00adti\u00adnople et le IVe, de Chalc\u00e9doine, ainsi que les Conciles ult\u00e9rieurs, parlent de \u00ab\u00a0ville et de l\u2019int\u00e9\u00adrieur des terres\u00a0\u00bb, d\u00e9signant ainsi une <i>unit\u00e9 territoriale<\/i> unique, ainsi qu\u2019une <i>entit\u00e9 g\u00e9o-eccl\u00e9siale<\/i>. Nous devons identifier \u201cl\u2019eccl\u00e9siologie de la ville\u201d des trois premiers si\u00e8cles avec \u201cl\u2019eccl\u00e9siologie de la ville et de l\u2019int\u00e9rieur des terres\u201d ou \u201cl\u2019eccl\u00e9siologie de la province \u00e9pis\u00adco\u00adpale\u201d du 4e si\u00e8cle et des suivants, afin de prendre conscience du probl\u00e8me que pose au\u00adjour\u00add\u2019hui la \u201cdiaspora\u201d. Cela signifie que, dans chaque \u201cville\u201d (1er-3e s.) et dans chaque \u201cprovince \u00e9piscopale\u201d, ou \u201cdioc\u00e8se\u201d, ou \u201c\u00c9glise locale\u201d (4e-21e s.), nous n\u2019avons et ne pou\u00advons l\u00e9\u00adgi\u00adti\u00adme\u00adment avoir qu\u2019un seul et unique autel, celui de l\u2019\u00e9v\u00eaque, m\u00eame s\u2019il y avait 30, 50 ou 100 pa\u00adroisses. (On tient l\u2019Eucharistie c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par les pr\u00eatres pour l\u2019extension de l\u2019Eucharistie de l\u2019\u00e9v\u00eaque qui, pour cette raison, \u00e9tait c\u00e9l\u00e9br\u00e9e au nom de l\u2019\u00e9v\u00eaque. Les assembl\u00e9es eucha\u00adris\u00adtiques des diverses paroisses \u00e9taient autant de manifestations de l\u2019Eucharistie de l\u2019\u00e9v\u00eaque dont elles d\u00e9pendaient). C\u2019est pourquoi nous ne pouvons l\u00e9gitimement avoir plus d\u2019un <i>autel \u00e9piscopal <\/i>par <i>circonscription \u00e9piscopale<\/i>, que celle-ci se trouve dans une \u00c9glise \u00e9tablie loca\u00adle\u00adment ou dans un lieu de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d. C\u2019est en ce point qu\u2019il appara\u00eet en pleine lumi\u00e8re que l\u2019eccl\u00e9siologie est indissolublement <i>eucharistique<\/i>, <i>territoriale<\/i> et ainsi <i>mono-juri\u00addictionnelle<\/i>. Par cons\u00e9quent, ces deux caract\u00e9ristiques th\u00e9matiques (\u201cville\u201d et \u201cville et int\u00e9rieur des terres\u201d) constituaient le crit\u00e8re eccl\u00e9siologique et canonique exclusif, connu depuis cette \u00e9poque (2e\/4e s.), \u00e0 savoir le crit\u00e8re de territorialit\u00e9, qui est rest\u00e9 unique et incontestable jusqu\u2019au 16e s., \u00e9poque de l\u2019\u00e9mergence de la R\u00e9forme. Depuis lors, les choses ont chang\u00e9 et a \u00e9t\u00e9 introduit le principe de <i>co-territorialit\u00e9<\/i> dans l\u2019Eccl\u00e9siologie, qui, \u00e0 son tour, a favoris\u00e9 l\u2019\u00e9mergence de la <i>multi-juridiction<\/i> et, par extension, la multiplicit\u00e9 de communaut\u00e9s eccl\u00e9siales \u201ch\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes\u201d et \u201cdiff\u00e9rentes\u201d dans la m\u00eame r\u00e9gion, dans le m\u00eame endroit.<\/p>\n<p>On se demande bien s\u00fbr comment une telle Eccl\u00e9siologie, qui a r\u00e9sist\u00e9 au temps pendant de longs si\u00e8cles, a presque disparu pour \u00eatre remplac\u00e9e par une eccl\u00e9siologie <i>confessionnaliste<\/i>, <i>ritualiste<\/i> et ainsi <i>pluri-juridictionnelle<\/i>, dot\u00e9e de garde-fous (<i>co-territorialit\u00e9 multi-juridic\u00adtion\u00adnelle<\/i>), si bien que nous avons tous h\u00e9rit\u00e9 aujourd\u2019hui des syndromes d\u2019une eccl\u00e9siologie ethno-phyl\u00e9tique exog\u00e8ne et d\u2019une juridiction eccl\u00e9siale mondialis\u00e9e, o\u00f9 tous les primats des \u00c9glises \u00e9tablies localement exercent une macro-juridiction <i>hyperoria<\/i> (\u201ctransfrontali\u00e8re\u201d) sur \u201cleurs nationaux\u201d. Bien entendu, il ne suffit pas d\u2019attribuer cette alt\u00e9ration \u00e0 l\u2019enseignement ou \u00e0 l\u2019ap\u00adproche erron\u00e9e des Chr\u00e9tiens d\u2019Occident et de la th\u00e9ologie occidentale. Nous devons re\u00adcon\u00adna\u00ee\u00adtre que nous avons, nous aussi, \u00e9t\u00e9 s\u00e9duits par une id\u00e9ologie nationale \u201c\u00e9onistique\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn25\">[25]<\/a> (de l\u2019<i>\u00e9on<\/i>, <i>s\u00e9culi\u00e8re<\/i>) de port\u00e9e mondiale et que nous avons encore recours \u00e0 une apparence d\u2019ec\u00adcl\u00e9siologie, pour servir des passions ethno-phyl\u00e9tiques s\u00e9cularis\u00e9es, analogues ou \u00e9qui\u00advalentes.<\/p>\n<p>L\u2019eccl\u00e9siologie de la <i>multi-juridiction<\/i> a correspondu r\u00e9cemment \u00e0 la cr\u00e9ation eccl\u00e9siologique de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, un sympt\u00f4me d\u2019ethno-phyl\u00e9tisme et d\u2019insistance sur le \u2018partiel\u2019, au moment o\u00f9 la <i>co-territorialit\u00e9<\/i> \u00e9tait la cr\u00e9ation eccl\u00e9siologique parall\u00e8le, non seulement de l\u2019Eccl\u00e9siologie confessionnaliste et ritualiste, mais aussi du Mouvement \u0152cum\u00e9nique, qui l\u2019a per\u00e7ue comme une r\u00e9alit\u00e9 <i>de facto<\/i> \u00e9vidente, obligatoire et impos\u00e9e par l\u2019\u00e9volution in\u00e9luctable et irr\u00e9versible de la R\u00e9for\u00adme. Paradoxalement et dans le m\u00eame sens, la pratique de la coexistence d\u2019\u00c9glises confes\u00adsion\u00adnelles, parall\u00e8les ou superpos\u00e9es, a tr\u00e8s rapidement contamin\u00e9 l\u2019eccl\u00e9siologie de la \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, qui a accept\u00e9, avec le plus grand naturel \u2013\u00a0et, tout r\u00e9cemment, statu\u00adtairement et institutionnellement\u00a0\u2013, la coexistence d\u2019\u00c9glises orthodoxes parall\u00e8les ou super\u00adpos\u00e9es sur le m\u00eame espace g\u00e9ographique. C\u2019est pourquoi toute tentative de r\u00e8glement statu\u00adtaire ou d\u2019exer\u00adcice d\u2019une juridiction eccl\u00e9siale, quelle qu\u2019en soit la forme, doit tenir compte de ce glissement, favoris\u00e9 tout au long du 20e si\u00e8cle par un climat impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019ethno-phyl\u00e9tisme eccl\u00e9siastique, \u00e0 couvert ou \u00e0 d\u00e9couvert. La \u201cdiaspora\u201d, fabriqu\u00e9e au niveau de la nation et entendue au niveau eccl\u00e9siologique, constitue un terrain propice pour que se produise et s\u2019acc\u00e9l\u00e8re ce glissement eccl\u00e9siologico-canonique. En d\u2019autres termes, une eccl\u00e9siologie statutaire qui aspire \u00e0 rester fi\u00add\u00e8le \u00e0 l\u2019eccl\u00e9siologie canonique de l\u2019\u00c9glise est appel\u00e9e \u00e0 conserver intacte l\u2019orthodoxie chal\u00adc\u00e9\u00addo\u00adnienne du \u00ab\u00a0sans m\u00e9lange et sans division\u00a0\u00bb\u00a0!\u2026 Dans la pratique statutaire, cela veut dire que les \u00c9glises locales aussi bien que les \u00c9glises \u00e9tablies localement sont appel\u00e9es \u00e0 exister et \u00e0 vivre \u00ab\u00a0sans m\u00e9lange et sans division\u00a0\u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire que cette pratique eccl\u00e9siologico-cano\u00adnique exige de proclamer in\u00e9branlablement et contin\u00fbment l\u2019exis\u00adtence et la vie des \u00c9glises de toute la Terre \u00ab\u00a0sans m\u00e9lange\u00a0\u00bb entre elles, certes, mais aussi \u00ab\u00a0sans division\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment en quoi con\u00adsis\u00adte la volont\u00e9 de l\u2019\u00c9glise et de la Tra\u00addi\u00adtion canonique de l\u2019\u00c9glise\u00a0: que les \u00c9glises locales et \u00e9tablies localement se distinguent onto\u00adlo\u00adgiquement, et \u00e9chappent \u00e0 la confusion <i>territoriale<\/i> (de type tant confessionnel que d\u2019infil\u00adtra\u00adtion [<i>ing\u00e9rence<\/i>] de l\u2019une dans l\u2019autre) ou \u00e0 la <i>confusion<\/i> juridictionnelle (situation de \u201cdias\u00adpora\u201d).<\/p>\n<p>Si l\u2019on interpr\u00e8te correctement la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise, il semble qu\u2019elle soit aux antipodes de la source de la philosophie statutaire de chaque \u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0: l\u2019indis\u00adpensable \u201cdistinction\u201d eccl\u00e9siologique des \u00c9glises \u00e9tablies localement, entre elles (tel est le sens des Diptyques), et non l\u2019\u201cexpansion juridictionnelle dans la confusion\u201d, sous pr\u00e9texte que nous sommes en \u201csituation de diaspora\u201d\u00a0! Sur ce point, nous faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019assu\u00adrance r\u00e9ciproque de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 d\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie localement face \u00e0 l\u2019autre. Cela constitue, mais aussi r\u00e9percute l\u2019\u201cexp\u00e9rience de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9\u201d dans l\u2019Eccl\u00e9siologie et, bien entendu, concerne l\u2019\u201cexp\u00e9rience de l\u2019\u00c9glise locale\u201d et l\u2019\u201cexp\u00e9rience de la communion des \u00c9glises\u201d\u2026 Pour cette raison, toute revendication de \u201cmembres\u201d ou de \u201cfid\u00e8les\u201d (\u201cpl\u00e9r\u00f4mes\u201d) de la part d\u2019une \u00c9glise \u00e9ta\u00adblie localement situ\u00e9e hors des fronti\u00e8res reconnues canoniquement, ainsi que l\u2019exercice de toute forme de juridiction <i>hyperoria<\/i> (\u201ctransfrontali\u00e8re\u201d), constituent un \u201cethno-phyl\u00e9tisme eccl\u00e9siologique\u201d, du fait qu\u2019une telle revendication passe tout \u00e0 fait outre \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une communion des \u00c9glises \u00e9tablies localement et suscite finalement une <i>confusion<\/i> d\u2019alt\u00e9rit\u00e9s ec\u00adcl\u00e9\u00adsiales bien distinctes.<\/p>\n<p>L\u2019acceptation du terme, mais, avant tout, de la perspective non eccl\u00e9siologique de la \u201cdiaspora\u201d, due \u00e0 l\u2019influence confessionnelle qu\u2019a subie l\u2019\u00c9glise orthodoxe et qui l\u2019a conduite \u00e0 une \u201ccaptivit\u00e9 babylonienne\u201d eccl\u00e9siologique \u2013\u00a0selon l\u2019expression de G. Florovsky\u00a0\u2013, ont inaugur\u00e9 l\u2019instauration et l\u2019institutionnalisation de ce que, tous, nous avons condamn\u00e9 au 19e si\u00e8cle, l\u2019ethno-phyl\u00e9tisme (1872). Il est vrai que la condamnation de l\u2019ethno-phyl\u00e9tisme, en tant qu\u2019h\u00e9r\u00e9sie, reposait sur <i>l\u2019exp\u00e9rience eccl\u00e9siale de l\u2019\u00c9glise locale et de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie loca\u00adlement\u00a0: pas plus d\u2019une \u00c9glise locale et d\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie localement en un lieu donn\u00e9<\/i> (ca\u00adnons 8\/Ier et 28\/IVe). On peut donc dire qu\u2019accepter l\u2019existence d\u2019une \u201csituation de diaspora\u201d, ce qui, comme nous l\u2019avons vu \u00e0 plusieurs reprises, est purement d\u00fb \u00e0 l\u2019influence confes\u00adsion\u00adnaliste, \u00e9quivaut en fait au consentement eccl\u00e9siologique \u00e0 l\u2019ethno-phyl\u00e9tisme et \u00e0 l\u2019abolition de l\u2019\u00c9glise locale et de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement.<\/p>\n<p>Avant de r\u00e9capituler, rappelons ici un fait qui constitue une cl\u00e9 de la pr\u00e9sente tentative herm\u00e9neutique. Avec un discernement in\u00e9galable, le 28e\u00a0canon du IVe Concile \u0153cum\u00e9nique de Chalc\u00e9doine inaugure une constitution dynamique des \u00c9glises locales et des \u00c9glises \u00e9tablies localement \u00ab\u00a0\u00e0 travers tout l\u2019Univers\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>. Ce canon a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 et promulgu\u00e9 conciliairement, en pr\u00e9vision de l\u2019existence et du fonctionnement d\u2019une \u00c9glise locale, et, par la suite, d\u2019une \u00c9glise \u00e9tablie localement, <i>l\u00e0<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire en des lieux o\u00f9 il n\u2019existait pas d\u2019entit\u00e9s eccl\u00e9siales for\u00adm\u00e9es et distinctes, mais o\u00f9, \u00e0 tout instant, pouvaient na\u00eetre d\u2019autres communaut\u00e9s eccl\u00e9\u00adsiales, o\u00f9 pouvaient aussi arriver et s\u2019installer des fid\u00e8les d\u2019autres r\u00e9gions, m\u00eame pros\u00e9lytes, r\u00e9sultat de d\u00e9placements de population. Prenant comme base eccl\u00e9siologico-canonique l\u2019\u00e9\u00adv\u00ea\u00adque, en qualit\u00e9 de personnalit\u00e9 constitutive r\u00e9capitulative de l\u2019\u00c9glise locale, le IVe Concile \u0153cu\u00adm\u00e9nique (28e\u00a0canon) d\u00e9signe un \u00e9v\u00eaque, sous la <i>mono-juridiction<\/i> duquel sont plac\u00e9es ces com\u00admunaut\u00e9s nouvellement constitu\u00e9es<a title=\"\" href=\"#_ftn27\">[27]<\/a> et qui est charg\u00e9 d\u2019assurer l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siologique des territoires situ\u00e9s hors des autres \u00c9glises \u00e9tablies localement, transformant ces territoires en \u00c9glise locale ou \u00e9tablie localement, et non en lieux de \u201cdiaspora\u201d. Le 28e\u00a0canon, joint aux ca\u00adnons 9 et 17 du m\u00eame Concile, consacre le primat de Constantinople r\u00e9gulateur de l\u2019\u00e9mer\u00adgence eccl\u00e9siastique de ces \u00c9glises locales \u201cde l\u2019ext\u00e9rieur\u201d, dont il est aussi l\u2019interlo\u00adcuteur ca\u00adno\u00adnique, puisque ce canon ne tente pas de r\u00e9soudre des querelles et des questions de dias\u00adpora, mais d\u2019assurer la constitution canonique dynamique d\u2019\u00c9glises locales et \u00e9tablies locale\u00adment. Il \u00e9tait inconcevable, pour le IVe Concile \u0153cum\u00e9nique, de d\u00e9signer les cinq primats, alors patriarches, tous <i>\u00e0 la fois<\/i> responsables juridictionnels des territoires \u00ab\u00a0des pays bar\u00adbar\u00ades\u00a0\u00bb (les territoires situ\u00e9s \u00ab\u00a0hors des territoires canoniques\u00a0\u00bb), ce qui aujourd\u2019hui, mal\u00adheu\u00adreu\u00adsement, tend \u00e0 appara\u00eetre comme <i>pratique de la majorit\u00e9<\/i> et comme eccl\u00e9siologie or\u00adtho\u00addoxe dominante, en d\u00e9pit de l\u2019insistance de l\u2019Eccl\u00e9siologie et de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise sur ce point.<\/p>\n<p>Tous ceux qui, aujourd\u2019hui, \u00c9glises \u00e9tablies localement ou canonistes, contestent, apr\u00e8s plus de 15 si\u00e8cles, cette praxis conciliaire, le font parce qu\u2019ils interpr\u00e8tent sciemment les espa\u00adces \u201cdu dehors\u201d comme \u201cespaces de diaspora\u201d, et non comme \u201cespaces d\u2019une \u00c9glise locale ou \u00e9tablie localement\u201d. Et cela, parce qu\u2019ils savent canoniquement que\u00a0: a) \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une \u201c\u00c9glise locale\u201d, nous n\u2019avons pas l\u00e9gitimement le droit de d\u00e9signer deux \u00e9v\u00eaques ou m\u00eame plus (c. 8\/Ier), et b) que, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une \u201c\u00c9glise \u00e9tablie localement\u201d, nous n\u2019avons pas l\u00e9gitimement le droit, du point de vue eccl\u00e9siologique, d\u2019avoir deux primats ou plus en fonc\u00adtion, tant dans les \u201cterritoires du dedans\u201d que dans les \u201cterritoires du dehors\u201d des \u00c9glises \u00e9ta\u00adblies localement (c. 28\/IVe), tandis que, au contraire, nous avons l\u00e9gitimement le <i>droit<\/i> (<i>sic<\/i>) d\u2019en d\u00e9signer autant que nous voulons dans l\u2019\u201c\u00c9glise locale ou \u00e9tablie localement de forme confessionnaliste [ou ritualiste]\u201d ou encore dans la \u201cdiaspora de forme ethno-phyl\u00e9tique\u201d. Cette derni\u00e8re pratique r\u00e9v\u00e8le combien fait d\u00e9faut <i>l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00c9glise locale<\/i> et donne la me\u00adsure du glissement vers le sch\u00e9ma \u2018\u00e9onistique\u2019 (s\u00e9culier) \u00ab\u00a0du si\u00e8cle pr\u00e9sent\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>, celui de la <i>co-territorialit\u00e9 multi-juridictionelle<\/i>\u2026 Cela montre enfin que les probl\u00e8mes eccl\u00e9siolo\u00adgiques du 2e mill\u00e9naire sont essentiellement les probl\u00e8mes christologiques du 1er mill\u00e9naire manifes\u00adt\u00e9s d\u2019une autre fa\u00e7on et \u00e0 un niveau diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en ce qui concerne la question de la \u201cdiaspora\u201d, l\u2019\u00c9tat, tout \u00c9tat, conform\u00e9\u00adment aux principes du Droit international lui assurant son existence, est en droit d\u2019avoir sa diaspora nationale. Toutefois, ceci ne vaut pas pour l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie localement, patriarcale et autoc\u00e9phale, qui, principalement, de par sa na\u00adture, mais aussi par son identit\u00e9 et son \u00eatre, n\u2019a pas et ne peut avoir, si elle ne veut pas saper son existence eccl\u00e9siologique, <i>deux cat\u00e9gories de corps eccl\u00e9siologique<\/i>, l\u2019un en situation d\u2019\u201c\u00e9gataspora\u201d et l\u2019autre \u2013\u00a0et cela hors de ses fronti\u00e8res eccl\u00e9siologiques, c\u2019est-\u00e0-dire hors de son corps\u00a0\u2013 en situation de \u201cdiaspora\u201d. Cette conception, relativement r\u00e9cente et litt\u00e9ralement novatrice du corps eccl\u00e9sial \u00e0 double aspect (\u201csiamois\u201d), prend sa source dans l\u2019eccl\u00e9sio\u00adlogie confessionnaliste [et ritualiste] et s\u2019appuie sur l\u2019eccl\u00e9siologie de l\u2019\u00c9glise nationale nouvel\u00adle\u00adment n\u00e9e, apr\u00e8s qu\u2019on lui ait impos\u00e9, ou pour \u00eatre franc, qu\u2019elle ait choisi les exigences ethno\u00adcen\u00adtriques de l\u2019\u00e9tatisme sur\/de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, sur les espaces de ladite \u201cdiaspora orthodoxe\u201d, et pas seulement, nous, les Orthodoxes ne b\u00e2tissons pas les \u00c9glises locales de l\u2019avenir\u00a0; simplement, nous abolissons les \u00c9glises qui s\u2019y trouvent d\u00e9j\u00e0 (voir canon 28\/IVe)\u2026 Et nous pr\u00e9parons ainsi l\u2019Histoire \u00e0 ac\u00adcu\u00adeillir les <i>juridic\u00adtions eccl\u00e9\u00adsiales nationales<\/i> orthodoxes d\u2019un lieu\/pays, comme elle a ac\u00adcu\u00adeilli, il y a deux si\u00e8cles, les <i>juri\u00addic\u00adtions eccl\u00e9siales confessionnelles<\/i> dans un m\u00eame lieu\/pays. De cette fa\u00e7on, les <i>confessions<\/i> chr\u00e9tiennes occidentales et les <i>juridictions<\/i> nationales orthodo\u00adxes, toujours dans le m\u00eame lieu\/pays, seront les seuls param\u00e8tres de division et de s\u00e9paration dans la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne ou m\u00eame mondialis\u00e9e de demain\u2026 Ensuite, nous nous demandons tous pourquoi donc l\u2019Union Europ\u00e9enne n\u2019a pas voulu faire r\u00e9f\u00e9rence, dans sa Constitution en cours d\u2019\u00e9laboration, \u00e0 sa principale composante historique, le Christianisme\u00a0? Mais parce que le suc\u00adces\u00adseur historique de ce Christianisme qui, autrefois, unissait l\u2019Empire romain, est au\u00adjour\u00add\u2019hui, <i>dans son ensem\u00adble<\/i> (<i>confessions chr\u00e9tiennes occidentales<\/i> et <i>juridictions nationales or\u00adtho\u00addoxes<\/i>), le seul param\u00e8tre social de division dans l\u2019espace europ\u00e9en et dans notre soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle mondialis\u00e9e de demain\u2026<\/p>\n<p>Les institutions europ\u00e9ennes se tournent non pas vers le pass\u00e9 historique comme nous, qui sommes <i>fiers<\/i> de notre glorieux pass\u00e9 historique, mais s\u2019attachent au pr\u00e9sent et, surtout, \u00e0 l\u2019avenir des peuples europ\u00e9ens et du continent europ\u00e9en, au moment m\u00eame o\u00f9 les Chr\u00e9tiens, parall\u00e8lement, s\u2019organisent aujourd\u2019hui \u00e0 leur mani\u00e8re, en vue d\u2019assurer leur propre \u201cacquis\u201d confessionnel, ritualiste ou ethno-phyl\u00e9tique\u2026 et agissent syst\u00e9matiquement, volontairement ou non, au service de la division\u2026 Nous Chr\u00e9tiens, nous Orthodoxes, nous portons l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 de ce refus d\u2019int\u00e9gration, parce que, aujourd\u2019hui o\u00f9 tous luttent pour l\u2019unit\u00e9 et l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9ennes, nous, nous vivons un r\u00e9veil n\u00e9o-confessionnel et n\u00e9o-ethnona\u00adtio\u00adna\u00adliste, purement post-eccl\u00e9siologique, hommes d\u2019\u00c9glise en t\u00eate, un r\u00e9veil destructeur pour l\u2019unit\u00e9 eccl\u00e9siale, mais aussi pour l\u2019int\u00e9\u00adgration europ\u00e9enne, et cela parce que nous nous em\u00adpres\u00adsons de former des paroisses et des dioc\u00e8ses nationaux, l\u00e0 o\u00f9 existent d\u00e9j\u00e0 des \u00c9glises lo\u00adca\u00adles et des \u00c9glises \u00e9tablies localement. La vie elle-m\u00eame apporte confirmation \u00e0 quelque chose de vrai, parce que rien ne peut \u00eatre vrai qui ne soit manifest\u00e9 ou confirm\u00e9 par la vie. Et nous, aujourd\u2019hui, \u00e0 un moment crucial et peut-\u00eatre unique, nous mon\u00adtrons que notre message, le message de vie et de salut des peuples s\u2019av\u00e8re en fin de compte mensonger et vain, puisqu\u2019il est d\u00e9pourvu de <i>sens<\/i>\u2026 Et cela constitue une responsabilit\u00e9, non plus nationale, non plus confessionnelle, telle que celle qui nous int\u00e9ressait essentiellement jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, mais une responsa\u00adbilit\u00e9 uniquement sot\u00e9riologique face \u00e0 Dieu, \u00e0 l\u2019Histoire et aux peuples du monde entier\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019au sein de la \u201cdiaspora\u201d orthodoxe, dans une probl\u00e9matique complexe de la pluralit\u00e9, l\u2019eccl\u00e9siologie orthodoxe t\u00e2che de montrer comment l\u2019<i>unit\u00e9<\/i> eccl\u00e9siologique mono-juridictionnelle peut bien se conjuguer avec la <i>diversit\u00e9<\/i>. N\u00e9anmoins, au terme de tous ces \u00e9\u00adclair\u00adcis\u00adsements, il n\u2019est plus difficile de comprendre pourquoi la <i>co-territorialit\u00e9 confes\u00adsion\u00adnelle et ritualiste<\/i> des Chr\u00e9tiens d\u2019Occident ainsi que la <i>co-territorialit\u00e9 et <\/i>la <i>multi-juridiction ethno-phyl\u00e9tiques<\/i> des \u00c9glises nationales orthodoxes, constituent un <i>probl\u00e8me eccl\u00e9siologique<\/i> \u00e0 double face et une <i>d\u00e9viation sym\u00e9trique<\/i>. Ils constituent les deux prin\u00adci\u00adpaux probl\u00e8mes ec\u00adcl\u00e9siologiques de notre \u00e9poque, deux probl\u00e8mes jumeaux conflictuels, qui se recoupent, et auxquels, aujourd\u2019hui, l\u2019Eccl\u00e9siologie de l\u2019\u00c9glise du Christ est appel\u00e9e \u00e0 se mesurer et, si ce n\u2019est pas trop ambitieux, les r\u00e9soudre, et cela pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 une \u00e9poque chr\u00e9tienne, par d\u00e9\u00adfi\u00adnition \u201cpost-eccl\u00e9siolo\u00adgique\u201d\u00a0!\u2026 Notre foi est une Personne, elle a \u00e0 faire avec des Personnes, avec une <i>communion de personnes<\/i>, elle n\u2019est pas une <i>patrie \u00e9onisti\u00adque (tem\u00adpo\u00adrelle)<\/i>, pas plus qu\u2019elle n\u2019est <i>li\u00e9e \u00e0 la terre<\/i> (<i>jus soli<\/i>)<a title=\"\" href=\"#_ftn29\">[29]<\/a> ou <i>au sang<\/i> (<i>jus san\u00adgui\u00adnis<\/i>)<a title=\"\" href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. Elle est li\u00e9e \u00e0 l\u2019aventure du salut de l\u2019homme. Une aventure, toutefois, o\u00f9 l\u2019homme est, selon l\u2019Ap\u00f4tre Paul<a title=\"\" href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>, <i>homme<\/i>, <i>image de Dieu<\/i> et <i>citoyen du Royaume<\/i>, qu\u2019il soit Juif ou Grec\u2026<\/p>\n<p align=\"center\">* * * * *<\/p>\n<p>Dans notre vie, aujourd\u2019hui et toujours, nous naissons monophysites\u2026, nous naissons pr\u00e9-chalc\u00e9doniens\u2026, et nous sommes appel\u00e9s \u00e0 participer \u00e0 la vie eccl\u00e9siale tout enti\u00e8re en tant que chalc\u00e9doniens\u2026, ou pour mieux encore, en tant que post-chalc\u00e9doniens\u2026 Appel\u00e9s \u00e0 vivre <i>personnelle\u00adment<\/i> certes, mais aussi <i>institutionnellement<\/i>, et, en l\u2019occurrence <i>statutaire\u00adment<\/i>, \u00ab\u00a0<i>partout, tou\u00adjours et en tout<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>, la relation dialectique du \u201csans confusion et sans di\u00advi\u00adsion\u201d eccl\u00e9siol\u00adgique\u00a0!\u2026 Autrement, nous resterons des monophysites et des pr\u00e9-chal\u00adc\u00e9\u00addo\u00adniens, comme nous l\u2019ont d\u00e9montr\u00e9 les Chartes statutaires que nous avons examin\u00e9es un peu plus haut\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Texte publi\u00e9 dans <i>Synaxie<\/i>, vol. 90 (4-6\/2004), p. 28-44 (en grec). De m\u00eame, in <i>L\u2019Ann\u00e9e canonique<\/i> [Paris], t. 46 (2004), p. 77-99, in <i>Contacts<\/i>, t. 57, n\u00b0 210 (4-6\/2005), p. 96-132, in Ast. Argyriou (Textes r\u00e9unis par), <i>Chemins de la Christologie orthodoxe<\/i>, Paris, Descl\u00e9e (coll. J\u00e9sus et J\u00e9sus-Christ, n\u00b0 91), 2005, XX, p. 349-379, et in Archim. Grigorios D. Papathomas, <i>Essais de Droit canonique orthodoxe<\/i>, Florence, Universit\u00e0 degli Studi di Firenze Facult\u00e0 di Scienze Politiche \u201cCesare Alfieri\u201d (coll. \u201cSeminario di Storia delle istituzioni religiose e relazioni tra Stato e Chiesa-Reprint Series\u201d, n\u00b0 38), 2005, chap. II, p. 25-50, in Archim. Grigorios D. Pa\u00adpa\u00adthomas, <i>Essais d\u2019\u00c9conomie canonique. Esquisse d\u2019introduction \u00e0 la Th\u00e9\u00ado\u00adlogie canonique<\/i> (Manuel pour les \u00e9tudiants), Paris, \u00e9d. de l\u2019Institut de Th\u00e9ologie Or\u00adtho\u00addoxe \u201cSaint Serge\u201d (coll. Formation Th\u00e9ologique par Correspondance [FTC 2]), 2005, p. 137-163, et in Archim. Grigorios D. Papathomas, <i>Kanonika; a[morfa (Dokivmia Kanonikh`\u00a0\u00bb Oijkono<\/i><i>\u00ad<\/i><i>miva\u00a0\u00bb)<\/i> (<i>Questions eccl\u00e9siologico-canoniques (Essais d\u2019\u00c9conomie canonique<\/i>)\u00a0), Thessalonique-Kat\u00e9rini, \u00c9d. \u00c9pektasis (coll. Biblioth\u00e8que nomocanonique, n\u00b0 19), 2006, ch. III, p. 107-144 (en grec).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Les termes canoniques \u00ab\u00a0\u00c9glise locale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0\u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0\u00bb, de m\u00eame que le terme \u00ab\u00a0<i>\u00c9glise r\u00e9pandue \u00e0 travers l\u2019Univers<\/i>\u00a0\u00bb (canons 57 du Concile local de Carthage (419) et 56 du Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique <i>in Trullo<\/i> (691)\u00a0), ont un signifi\u00e9 exclusivement <i>canonique<\/i>, et pas n\u00e9cessairement <i>eccl\u00e9siologique<\/i>. Ici, ils ne doivent \u00eatre entendus que dans leur acception canonique, qui signifie que, du point de vue eccl\u00e9siologique, l\u2019\u00c9glise ne doit \u00eatre entendue qu\u2019en tant qu\u2019\u00a0\u00ab\u00a0\u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0\u00bb (dioc\u00e8se) et \u00ab\u00a0r\u00e9pandue \u00e0 travers l\u2019Univers\u00a0\u00bb, \u00e0 la fois <i>eucharistique<\/i> et <i>conciliaire-synodale<\/i> (voir <i>infra<\/i>). N\u00e9anmoins, dans la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise, ces deux termes se sont sp\u00e9cialis\u00e9s\u00a0: le premier \u00ab\u00a0\u00c9glise locale\u00a0\u00bb signifie dioc\u00e8se, alors que le second \u00ab\u00a0\u00c9glise \u00e9tablie localement\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 l\u2019entit\u00e9 g\u00e9o-eccl\u00e9siastique d\u2019une province (<i>\u00c9glise territoriale<\/i>), form\u00e9e, en tant que telle, en fonction d\u2019un crit\u00e8re territorial canonique pr\u00e9cis, g\u00e9ographique ou \u00e9tatique (p. ex. \u00c9glise de Chypre, \u00c9glise de Russie, etc.).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> \u201cSe confessionaliser\u201d c\u2019est d\u00e9terminer un courant, une approche, une compr\u00e9hension.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Voir les canons 2\/IIe, 71\/Carthage et 10, 20\/IVe.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> 1 Cor 1, 2\u00a0; 2 Cor 1, 1.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Gal 1, 2.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Initialement, on a vu l\u2019apparition des \u00c9glises protestantes de type <i>adjectival<\/i> et par la suite, certainement, des \u00c9glises protestantes <i>territoriales<\/i>. Mais tous les deux types d\u2019\u00c9glise ont finalement favoris\u00e9 par d\u00e9finition la pratique de la <i>co-territorialit\u00e9 eccl\u00e9siale<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Par <i>ritualisme<\/i>, nous entendons les diff\u00e9rents <i>rites<\/i> (les anciennes traditions liturgiques) qui continuent de <i>co-exister<\/i> au sein de l\u2019\u00c9glise catholique romaine et qui instituent des groupes religieux ou des entit\u00e9s eccl\u00e9siales en principe parall\u00e8les, superpos\u00e9s et universels.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Rappelons ici que, pour l\u2019eccl\u00e9siologie, l\u2019\u00c9glise ne d\u00e9finit pas son hypostase par un lieu, mais elle s\u2019incarne en un lieu donn\u00e9 justement pour transformer ontologiquement ce lieu.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> Pour rappeler saint Maxime le Confesseur.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Il est int\u00e9ressant de constater, dans la troisi\u00e8me partie, combien l\u2019origine est un fondement eccl\u00e9siologique des Chartes statutaires de certaines \u00c9glises nationales orthodoxes (voir <i>infra<\/i>).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Voir Hb 13, 14.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Voir Jn 2, 20.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Cf. Canons 57 du Concile local de Carthage (419) et 56 du Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique <i>in Trullo<\/i> (691).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Voir Jn 11, 52.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> Voir Yv. M.-J. Congar, \u201cLe Pape comme patriarche d\u2019Occident. Approche d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 trop n\u00e9glig\u00e9e\u201d, in <i>Istina<\/i>, t. xxviii, n\u00b0 4 (1983), p. 374-390\u00a0; de m\u00eame, in Yv. M.-J. Congar, <i>\u00c9glise et papaut\u00e9. Regards his\u00adto\u00adri\u00adques<\/i>, Paris, Le Cerf (coll. \u201cCogitatio fidei\u201d, n\u00b0 184), p. 11-30.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> C\u2019est le <i>jus soli<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> C\u2019est le <i>jus sanguinis<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> Article 2 de la Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Chypre. Voir le texte de l\u2019\u00e9dition primeur dans la Revue <i>Apostolos Barnabas<\/i>, 3e p\u00e9riode, t. 40, n\u00b0 11 (11\/1979), p. 407-512 (en grec). De m\u00eame, en fran\u00e7ais, dans Archim. Grigorios D. Papathomas, <i>L\u2019\u00c9glise autoc\u00e9phale de Chypre dans l\u2019Europe unie (Approche nomoca\u00adno\u00adnique)<\/i>, Thessalonique-Kat\u00e9rini, \u00c9d. \u00c9pektasis (coll. Biblioth\u00e8que nomoca\u00adno\u00adni\u00adque, n\u00b0 2), 1998, p. 229\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> Probablement, il fait r\u00e9f\u00e9rence aux fid\u00e8les orthodoxes.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> Cf. Charte statutaire de l\u2019\u00c9glise de Russie, <i>supra<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Discours de Monseigneur Constantin lors de l\u2019intronisation de Monseigneur Luka (Paris, 13 mai 2000)\u00a0; passages soulign\u00e9s par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Voir \u00e0 ce propos Jean Zizioulas, <i>L\u2019Eucharistie, l\u2019\u00c9v\u00eaque et l\u2019\u00c9glise durant les trois premiers si\u00e8cles<\/i> (traduit du grec par Jean-Louis Palierne), Paris, Descl\u00e9e de Brouwer (coll. Th\u00e9ophanie), 1994, notamment les pages 73 et ss.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> Selon l\u2019expression du p. Alexandre Schmemann.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> Canons 57 du Concile local de Carthage (419) et 56 du Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique <i>in Trullo<\/i> (691).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> Il s\u2019agit des fameuses communaut\u00e9s eccl\u00e9siales \u201cautoc\u00e9phales\u201d, qui, apr\u00e8s leur constitution, sont dirig\u00e9es par des \u201c\u00e9v\u00eaques autoc\u00e9phales\u201d.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> Voir Rm 12, 2\u00a0; 2 Tm 4, 10.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> \u00ab\u00a0Car nous n\u2019avons pas ici-bas de cit\u00e9 permanente\u2026\u00a0\u00bb (Hb 13, 14).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> \u00ab\u00a0Non du sang, ni de la volont\u00e9 de la chair, ni de la volont\u00e9 de l\u2019homme\u2026\u00a0\u00bb (Jn 1, 13).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a> Voir Gal 3, 28.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a> Cf. \u00ab\u00a0<i>Id teneamus quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est\u00a0<\/i>\u00bb (Saint Vincent de L\u00e9rins).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prof. Hdr. 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