{"id":8263,"date":"2015-01-28T11:01:55","date_gmt":"2015-01-28T09:01:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=8263"},"modified":"2015-01-28T11:01:55","modified_gmt":"2015-01-28T09:01:55","slug":"l-enfant-qui-vient-et-sa-naissance-vus-par-la-tradition-canonique-de-l-eglise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/orthodoxie\/societe\/l-enfant-qui-vient-et-sa-naissance-vus-par-la-tradition-canonique-de-l-eglise\/","title":{"rendered":"L\u2019enfant qui vient et sa naissance, vus par la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise"},"content":{"rendered":"<p><b>Prof. Hdr. Archim. Grigorios D. Papathomas<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b>L\u2019enfant qui vient et sa naissance,\u00a0<\/b><b>vus par la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise<\/b><a title=\"\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<b><i>Status Quaestionis<\/i><\/b><\/p>\n<p>Pour aborder le sujet propos\u00e9, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la Cr\u00e9ation qu\u2019il convient de se r\u00e9f\u00e9rer tout d\u2019abord car c\u2019est \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement que la vie humaine dans son ensemble est organiquement li\u00e9e. En effet, le Dieu incr\u00e9\u00e9 a cr\u00e9\u00e9 l\u2019\u00eatre hu\u00admain, l\u2019homme, lui offrant, gracieusement, la vie dont Il est Lui-m\u00eame la Source, et cela, par pur amour et sans aucune condition, c\u2019est-\u00e0-dire en pleine libert\u00e9. C\u2019est \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement que nous renvoie le Christ, lorsqu\u2019il dit de Lui-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis le chemin, la v\u00e9rit\u00e9 et la Vie\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. La vie de l\u2019homme, depuis sa cr\u00e9ation, n\u2019est pas seulement ou uniquement une r\u00e9alit\u00e9 psycho-biologique, mais elle est bien plus que ce que l\u2019on en per\u00e7oit. La vie de l\u2019homme est principalement <i>ontologique<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle tire son exis\u00adtence v\u00e9ritable de Celui qui est \u2014 selon les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise \u2014 l\u2019\u00ab\u00a0o[ntw\u00a0\u00bb\u00a0 [On\u00a0\u00bb, l\u2019\u00eatre vrai, l\u2019\u00eatre <i>existentialement<\/i> vrai. Bien que l\u2019homme ne jouisse que d\u2019une existence cr\u00e9\u00e9e sous le regard de son \u201cCr\u00e9ateur incr\u00e9\u00e9\u201d, il a acquis de Dieu la capacit\u00e9 et la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre lui aussi \u2014 \u00e0 l\u2019image ressemblante<a title=\"\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a> de son Cr\u00e9ateur incr\u00e9\u00e9 \u2014 cr\u00e9ateur d\u2019autres \u00eatres humains, qui sont ses <i>pro\u00adchains<\/i>.<\/p>\n<p>L\u2019homme-cr\u00e9ature, \u00eatre unique dans l\u2019ensemble de la Cr\u00e9ation, devient ainsi (pro)cr\u00e9a\u00adteur, ou, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, <i>co-cr\u00e9ateur<\/i> (sun-dhmiourgo;\u00a0\u00bb) \u2014 un \u201ccr\u00e9ateur cr\u00e9\u00e9\u201d en communion avec son Cr\u00e9ateur incr\u00e9\u00e9. La nais\u00adsance d\u2019un enfant, autrement dit, l\u2019\u00e9v\u00e9nement de \u201c<i>co-cr\u00e9ation<\/i> d\u2019un enfant\u201d, est, dans son essence <i>synerg\u00e9tique<\/i>. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9v\u00e9nement <i>ontologique<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00e9v\u00e9\u00adnement constitutif d\u2019une autre existence, pr\u00e9cis\u00e9ment car c\u2019est l\u2019aboutisse\u00adment d\u2019une <i>co-cr\u00e9ation<\/i>. Ce point est capital pour une juste appr\u00e9ciation de la ques\u00adtion que nous examinons aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Etre \u201ccr\u00e9ateur cr\u00e9\u00e9\u201d signifie avoir la m\u00eame intention et les m\u00eames ca\u00adract\u00e9ristiques que le Cr\u00e9ateur incr\u00e9\u00e9\u00a0: vouloir offrir la vie, de fa\u00e7on gracieuse, sans aucune condition, en pleine libert\u00e9 et par amour <i>ontologiques<\/i>, \u00e0 de nouveaux \u00eatres cr\u00e9\u00e9s, juste\u00adment en raison de la volont\u00e9 cr\u00e9atrice com\u00admu\u00adne de l\u2019homme et de la femme. De nouveau, le terme \u201contologique\u201d ici ren\u00advoie, comme auparavant, \u00e0 la libert\u00e9 et l\u2019amour de Dieu. Le fait donc d\u2019avoir \u201cun enfant qui vient et un enfant-n\u00e9\u201d est li\u00e9 \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement cr\u00e9ateur\u00a0: dans la libert\u00e9 et l\u2019amour, les parents mettent en \u0153uvre le don qui leur a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 par Dieu. Toute existence est un don de libert\u00e9 et d\u2019amour, redisons-le. C\u2019est ainsi que cette confiance divine les institue comme gardiens de l\u2019int\u00e9\u00adgrit\u00e9 de la vie de l\u2019\u201cenfant qui vient\u201d, nouvelle cr\u00e9ation, fruit de la <i>co-cr\u00e9a\u00adtion<\/i> librement exerc\u00e9e dans l\u2019amour, et aussi comme protecteurs de la croissance de l\u2019\u201cenfant-n\u00e9\u201d, au moins jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, selon la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Si ces remarques pr\u00e9liminaires th\u00e9ologiques sont pertinentes, elles doi\u00advent se retrouver \u00e9videmment dans la tradition biblique et patristique mais aussi dans les canons eccl\u00e9siaux et les textes de la Tradition cano\u00adnique de l\u2019\u00c9glise, en expliquant bien leur sens profond et leurs intuitions th\u00e9\u00adologiques. Il est vrai que ces sources canoniques expriment l\u2019exp\u00e9rience de la vie de l\u2019\u00c9glise. C\u2019est \u00e0 ce travail que nous allons maintenant nous attacher et \u00e9tudier en d\u00e9tail les canons eccl\u00e9siaux sur le sujet propos\u00e9.<\/p>\n<p>Le fond canonique \u00e0 \u00e9tudier est assez restreint. Pour des raisons m\u00e9thodologiques, nous distinguerons\u00a0: Les donn\u00e9es canoniques concernant l\u2019en\u00adfant \u00e0 na\u00eetre d\u2019une part, et, d\u2019autre part, celles qui sont relatives \u00e0 l\u2019enfant n\u00e9. Nous les examinerons successivement apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 rapidement, en guise d\u2019introduction, les sources canoniques indirectes (non <i>ad hoc<\/i>).<\/p>\n<p>Il convient donc de rappeler ici la parole de saint Basile de C\u00e9sar\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0En premier lieu, nous citerons ce qui, en pareil cas, est primordial, la cou\u00adtume en vigueur <i>chez nous<\/i>, que nous pouvons avancer comme ayant validit\u00e9 d\u2019autorit\u00e9 puisque nos institutions nous ont \u00e9t\u00e9 transmises par des saints\u00a0; or, la voici\u00a0:\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">I. Les Textes canoniques \u201cnon <i>ad hoc<\/i>\u201d<\/span><\/b><\/p>\n<p><b>La \u201c<i>Didach\u00e8<\/i> des Douze Ap\u00f4tres\u201d (<i>Doctrina apostolorum<\/i>)<\/b><\/p>\n<p>Le premier texte canonique \u2014 non <i>ad hoc<\/i> \u2014, qui importe \u00e0 notre su\u00adjet est le texte connu sous le nom de \u201c<i>Didach\u00e8<\/i> des Douze Ap\u00f4tres\u201d (<i>Doctri\u00adna apostolorum<\/i>). Dat\u00e9 des ann\u00e9es 100-120 ap. J.-C., c\u2019est-\u00e0-dire quelques ann\u00e9es apr\u00e8s le dernier livre du Nouveau Testament, cet \u00e9crit est divis\u00e9 en quatre parties. Seule la premi\u00e8re, compos\u00e9e de six chapitres, nous int\u00e9resse ici. Elle introduit de prime abord une distinction importante et significative, pr\u00e9sen\u00adt\u00e9e sous la forme du <i>Duae viae<\/i>\u00a0: \u00ab\u00a0I. 1. Il y a deux voies, l\u2019une de la vie, l\u2019autre de la mort\u00a0; mais la diff\u00e9rence est grande entre ces deux voies. 2. Or la voie de la vie est la suivante\u00a0: D\u2019abord, tu aimeras Dieu qui t\u2019a fait\u00a0; en second lieu, <i>ton prochain<\/i> comme toi-m\u00eame, et tout ce que tu ne voudrais pas qu\u2019il te soit fait, toi non plus, ne le fais pas \u00e0 <i>autrui<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019\u201cenfant qui vient\u201d fait partie des personnes qu\u2019on qualifie ici des termes \u201cprochain\u201d et \u201cautrui\u201d. Ce fait s\u2019explicite dans le IIe chapitre du m\u00eame livre\u00a0: \u00ab\u00a0II. 1. Deuxi\u00e8me commandement de la doctrine\u00a0: 2. Tu ne tueras personne, [&#8230;], tu ne feras pas mourir par le poison, tu ne tueras pas l\u2019enfant\/le f\u0153tus par avortement et tu ne tueras point l\u2019enfant d\u00e9j\u00e0 n\u00e9 [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. \u00ab\u00a0[&#8230;]. IV. 14. Telle est la voie de la vie\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>. Selon cette doctrine, il faut donc lire\u00a0: \u201cVoici l\u2019instruction relative \u00e0 ces commandements (amour <i>de Dieu<\/i> et <i>du prochain<\/i>)\u00a0: Tu ne tueras point, etc.\u201d. D\u2019apr\u00e8s cette clarification des diff\u00e9rents aspects, tout devient parfaitement naturel.<\/p>\n<p>Le texte de la <i>Didach\u00e8<\/i> envisage non seulement l\u2019enfant \u201cengendr\u00e9\u201d, et donc con\u00e7u, mais \u201cn\u00e9 de fait\u201d, comme le suppose le parall\u00e9lisme des situa\u00adtions. Dans la <b><i>Lettre<\/i><\/b><i> <b>\u00e0<\/b> <b>Diogn\u00e8te<\/b><\/i> du 3e si\u00e8cle, le sens est clair. En effet, dans le cadre de la soci\u00e9t\u00e9 pa\u00efenne, une des caract\u00e9ristiques des chr\u00e9tiens est qu\u2019\u00ab\u00a0ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais <i>ils n\u2019abandonnent pas leurs nouveau-n\u00e9s<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Cela signifie qu\u2019une telle pratique \u00e9tait impensable pour les chr\u00e9tiens des trois premiers si\u00e8cles.<\/p>\n<p>De m\u00eame, nous poss\u00e9dons un bon nombre de textes se rapportant aux enfants abandonn\u00e9s et, par suite, recueillis ejk kopriva\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire du d\u00e9po\u00adtoir commun. \u00ab\u00a0On sait quelle \u00e9tait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la pratique du monde gr\u00e9co-romain. Si l\u2019on est g\u00e9n\u00e9\u00adralement heureux d\u2019avoir un fils, et, \u00e0 d\u00e9faut, une fille, la naissance des fils pu\u00een\u00e9s, susceptibles de diviser le patri\u00admoine, des filles en surnombre, et \u00e0 plus forte raison des enfants ill\u00e9gitimes, est souvent regard\u00e9e, au contraire, comme un encombrement domestique tout \u00e0 fait in\u00add\u00e9sirable. La coutume, principalement appuy\u00e9e sur le droit imm\u00e9\u00admorial du p\u00e8re de famille, \u00e0 l\u2019exer\u00adcice duquel, en cette mani\u00e8re, semble con\u00adsentir le si\u00adlence des lois de la Cit\u00e9, offre alors deux issues possibles, \u00e9ga\u00adle\u00adment accep\u00adt\u00e9es sinon m\u00eame ju\u00adg\u00e9es normales\u00a0: ou bien la drogue qui procurera l\u2019avortement \u2014 c\u2019est la solution pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u2014, ou bien l\u2019\u201cexposi\u00adtion\u201d du petit \u00eatre anonyme en nul autre lieu, le plus souvent, le d\u00e9potoir commun, kopriva\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans le monde pa\u00efen, \u00ab\u00a0supprimer l\u2019enfant con\u00e7u ou d\u00e9j\u00e0 n\u00e9, c\u2019\u00e9tait, pour en beaucoup de situations g\u00eanantes, la voie des solutions faciles. Sur ce point comme sur beaucoup d\u2019autres, on peut dire que le monde v\u00e9t\u00e9ro-testamentaire, dans son ensemble, a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l\u2019entra\u00eenement de son entourage, moins toutefois en vertu d\u2019une disposition expresse de la loi ancienne, qu\u2019en vertu du respect profond de la vie que toute sa tradition lui avait inspir\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>. La f\u00e9\u00adcondit\u00e9 est la premi\u00e8re des \u201cb\u00e9n\u00e9dictions\u201d divines apr\u00e8s celle de la long\u00e9vit\u00e9. Long\u00e9vit\u00e9 et f\u00e9condit\u00e9, l\u2019une et l\u2019autre ont longtemps constitu\u00e9, dans l\u2019\u00e2me du peuple d\u2019Isra\u00ebl, la meilleure part de cette esp\u00e9rance de la faveur de Dieu que semblait promettre la \u201cjustice\u201d. Le moment venu, le pros\u00e9lytisme n\u2019a pas manqu\u00e9, on le pense bien, de voir dans cette attitude une sup\u00e9riorit\u00e9 et un avantage, ce en quoi il s\u2019est rencontr\u00e9 avec les apologistes simplement d\u00e9sireux d\u2019expliquer leur particularisme aupr\u00e8s du monde pa\u00efen. Il a condamn\u00e9 comme un homicide toute pratique attentatoire \u00e0 la vie de l\u2019enfant\u00a0: la teknoktoniva (le meurtre de l\u2019enfant) par avortement ou l\u2019infanticide qui n\u2019est pas un crime moins grave que l\u2019ajndrofoniva [homicide]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on tr\u00e8s significative, le <i>Duae viae<\/i> de la <i>Didach\u00e8<\/i> range, dans la suite de ses commandements, notre cas sp\u00e9cifique imm\u00e9diatement apr\u00e8s le meurtre \u2014 compris en g\u00e9n\u00e9ral \u2014 et l\u2019adult\u00e8re. \u00c0 ce propos, il semble \u00e9gale\u00adment significatif que la suite du texte fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une consid\u00e9ration g\u00e9\u00adn\u00e9\u00adrale qui para\u00eet bien encore un cas de d\u00e9but\u00a0: \u00ab\u00a0Mon fils, fuis toute esp\u00e8ce de mal, m\u00eame tout ce qui en aurait l\u2019apparence\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>&#8230;<\/p>\n<p>Si ces observations sont \u00e9galement exactes, elles peuvent aider \u00e0 fixer le sens du meurtre du <i>Duae viae<\/i> dans son ensemble par rapport aux deux dis\u00adtinctions de notre sujet\u00a0: de \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d d\u2019une part, et de \u201cl\u2019enfant apr\u00e8s sa naissance\u201d, d\u2019autre part. Les motifs de l\u2019\u201cinstruction\u201d sont tout en\u00adtiers contenus dans les deux com\u00admandements\u00a0: \u00ab\u00a0Tu aimeras d\u2019abord Dieu qui t\u2019a fait, puis <i>ton prochain<\/i> comme toi-m\u00eame\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>, auxquels [motifs] s\u2019ajoute une exhortation de l\u2019ordre de recommandation inspir\u00e9e par le commandement, cens\u00e9 \u00eatre issu directement de Dieu\u00a0: \u00ab\u00a0Ce que tu ne voudrais pas qu\u2019il te soit fait, toi non plus ne le fais pas \u00e0 autrui\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>. Il est vrai que les com\u00adman\u00adde\u00adments sont \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du singulier\u00a0: C\u2019est Dieu qui est cens\u00e9 parler (\u201cdidach; Kurivou\u201d)\u00a0; il s\u2019adresse \u00e0 l\u2019individu \u2014 pas au couple\u00a0: \u00ab\u00a0Tu ne tueras point, etc.\u00a0\u00bb. Ici l\u2019accent, portant sur la responsabilit\u00e9 indi\u00advi\u00adduelle ou personnelle, peut para\u00eetre ineffable, n\u00e9anmoins elle de\u00admeure flagrante.<\/p>\n<p>La prescription de la <i>Didach\u00e8<\/i> ne s\u2019arr\u00eate pas-l\u00e0\u00a0; elle continue en \u00e9tablissant une liste d\u2019actes n\u00e9gatifs \u00e0 commencer par le meurtre. \u00ab\u00a0V. 1. Voici maintenant quelle est la voie de la mort\u00a0: avant tout elle est mauvaise et pleine de mal\u00e9diction\u00a0: meurtres, [&#8230;], [et ainsi de suite]. 3. [&#8230;], [Il y a des personnes] qui sont tueurs d\u2019enfants, par avortement ou autres mani\u00e8res, et ainsi destructeurs de la cr\u00e9ature de Dieu, [&#8230;]. Mes enfants, tenez-vous loin de tout cela\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. Et la premi\u00e8re partie de la <i>Didach\u00e8<\/i> finit en disant que\u00a0: \u00ab\u00a0VI. 1. Veille \u00e0 ce que nul ne t\u2019\u00e9carte de cette voie de la Doctrine\u00a0; car ce\u00adlui-l\u00e0 te propose un enseignement \u00e9tranger \u00e0 Dieu\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>. Vu son contexte, le texte aligne, sans se donner beaucoup de peine, commandements et transgres\u00adsions.<\/p>\n<p>La \u201cvoie de la vie\u201d est celle de la fid\u00e9lit\u00e9 aux commandements, c\u2019est-\u00e0-dire la voie exprimant une orientation eschatologique, tandis que la \u201cvoie de la mort\u201d est celle de la transgression. Toute l\u2019<i>exhortation<\/i> int\u00e9rieure de la <i>Didach\u00e8<\/i> trouve l\u00e0 sa racine. De fa\u00e7on tr\u00e8s significative, on a \u00e9cart\u00e9 l\u2019esprit juridique de la Loi v\u00e9t\u00e9ro-testamentaire ou la restriction de n\u2019importe quelle loi de chaque soci\u00e9t\u00e9 humaine et on s\u2019adresse de fa\u00e7on <i>paternelle<\/i>, <i>exhortative<\/i>, aimant \u00e0 entourer la r\u00e9v\u00e9lation des perspectives correctes de l\u2019exp\u00e9rience du Royaume de Dieu-P\u00e8re et \u00e0 pr\u00e9senter son enseignement dans la ligne de la paternit\u00e9 divine\u00a0: tevknon mou, tekniva mou, \u201cmon fils\u201d, \u201cmes enfants\u201d. La forme adop\u00adt\u00e9e du texte est impr\u00e9gn\u00e9e de l\u2019atmosph\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience apos\u00adtolique et l\u2019ex\u00adprime. C\u2019est \u00e0 ce sujet \u00e9galement que la simple proposition du commandement commence \u00e0 porter, de fa\u00e7on plus sensible, <i>vers l\u2019exhorta\u00adtion<\/i> et se montrer du m\u00eame coup soucieuse de se justifier par l\u2019exp\u00e9rience de la \u201cvoie de la vie\u201d. Il faut souligner ici le fait que la nuance est bien comprise si l\u2019on compare ce style d\u2019expression et d\u2019exhortation aux imp\u00e9ratifs de la loi&#8230;<\/p>\n<p>Il reste peu de chose \u00e0 ajouter \u00e0 ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 dire du <i>Duae viae<\/i>. Pour le fond, en lisant la Bible, l\u2019\u00c9vangile se trouve ax\u00e9 sur les deux grands commandements de l\u2019amour\u00a0: celui de Dieu et celui du prochain. La question que nous traitons ici est plac\u00e9e dans ce con\u00adtexte qui touche notre orientation eschatologique la plus intime\u00a0: elle doit \u00eatre abord\u00e9e en liaison avec ce fait. Les deux instructions principales du <i>Duae viae<\/i> sont des <i>exhortations<\/i> adress\u00e9es au \u201cpeuple\u201d. Celui-ci sans doute n\u2019est pas oubli\u00e9, et en d\u00e9finitive c\u2019est m\u00eame toujours lui qui est le d\u00e9positaire des en\u00adgagements. Il reste n\u00e9anmoins vrai que le choix entre le \u201cchemin de la vie\u201d et le \u201cchemin de la mort\u201d dans le contexte de notre question, entre la \u201cb\u00e9n\u00e9\u00addic\u00adtion\u201d et la \u201cmal\u00e9diction\u201d, est beaucoup plus que jamais dans le pass\u00e9 res\u00adsen\u00adti comme relevant de la responsabilit\u00e9 individuelle ou personnelle&#8230;<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">II. Les Canons (<i>Corpus canonum<\/i>) de l\u2019\u00c9glise<\/span><\/b><\/p>\n<p>Les textes canoniques ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme ayant tout dit de la question qui nous pr\u00e9occupe. Apr\u00e8s avoir faite n\u00f4tre l\u2019interrogation de saint Basile, \u00ab\u00a0nous, que devons-nous faire\u00a0? Dire ce qui fut \u00e9crit ou bien recherch\u00e9 ce qui fut tu\u00a0?\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>, nous r\u00e9pondons qu\u2019il faut s\u2019acquitter des deux t\u00e2ches.<\/p>\n<p>Douze canons traitent explicitement du sujet de notre r\u00e9flexion. Ces canons ont \u00e9t\u00e9 conciliairement promulgu\u00e9s entre le 3e et le 7e si\u00e8cles. Leur contenu t\u00e9moigne d\u2019une belle unanimit\u00e9 et montre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que la volont\u00e9 constante de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise a \u00e9t\u00e9 d\u2019aborder le probl\u00e8me difficile de l\u2019infanticide en ayant d\u2019abord la pr\u00e9occupation de fa\u00e7on gu\u00e9rissante et sot\u00e9riologique.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la br\u00e8ve introduction que nous avons faite des textes canoniques non <i>ad hoc<\/i> (\u201c<i>Didach\u00e8<\/i> des Douze Ap\u00f4tres\u201d et \u201cLettre \u00e0 Diogn\u00e8te\u201d), qui enre\u00adgistrent la coutume et les us canoniques des trois premiers si\u00e8cles, passons maintenant \u00e0 \u201cce qui fut \u00e9crit\u201d tant dans les textes canoniques que dans leurs commentaires (herm\u00e9neutique canonique). Comme nous l\u2019avons annonc\u00e9, nous \u00e9tudierons d\u2019abord a) les donn\u00e9es canoniques concernant \u201cl\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre\u201d, puis b) celles concernant l\u2019enfant-n\u00e9.<\/p>\n<p>Une remarque pr\u00e9liminaire s\u2019impose. Les canons consid\u00e8rent d\u2019une part \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d (autrement dit, l\u2019embryon), et d\u2019autre part, \u201cl\u2019enfant apr\u00e8s sa naissance\u201d d\u2019une mani\u00e8re semblable. Ils utilisent les m\u00eames termes canoniques pour qualifier l\u2019interruption de la ligne de leur vie, une vie qui commence au moment et \u00e0 partir de sa conception. St Basile le dit <i>expressis verbis<\/i>\u00a0: \u00ab\u00a0La distinction entre f\u0153tus d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 et f\u0153tus non-form\u00e9 n\u2019existe pas chez nous [chr\u00e9tiens]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>. Mais on va voir par la suite les diff\u00e9rents aspects de cette question qui apparemment demeure ouverte depuis l\u2019Antiquit\u00e9 idol\u00e2trique, d\u2019une part, et l\u2019Antiquit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque, d\u2019autre part.<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">A. L\u2019enfant <i>avant sa naissance<\/i> (l\u2019enfant con\u00e7u et le f\u0153tus)<\/span><\/b><\/p>\n<p>Selon les donn\u00e9es des canons, avant sa naissance, l\u2019enfant con\u00e7u, l\u2019embryon, et l\u2019enfant form\u00e9 dans le sein de sa m\u00e8re sont concern\u00e9s, par les deux cas suivants\u00a0: a) l\u2019avortement et b) la fausse-couche.<\/p>\n<p><b>a) L\u2019avortement (<i>meurtre volontaire<\/i>)<\/b><\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 vu plus haut dans la <i>Didach\u00e8<\/i>, l\u2019avortement est consid\u00e9r\u00e9 comme un meurtre volontaire. Le Concile local d\u2019Ancyre (314) enregistre une coutume pr\u00e9existante, une \u201cancienne ordonnance\u201d, des trois premiers si\u00e8cles, qui est ainsi con\u00e7ue\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers<\/i>. Pour les meurtres vo\u00adlontaires, ils devront \u00eatre <i>substrati<\/i> (retranch\u00e9s) et ne pourront \u00eatre re\u00e7us compl\u00e8tement qu\u2019\u00e0 la fin de leur vie\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. Dans la rubrique \u201cancienne ordon\u00adnance\u201d, on doit voir une r\u00e9miniscence de l\u2019ancienne discipline plus rigou\u00adreuse, qui s\u2019exprime ici par ce canon 22 du Concile local d\u2019Ancyre. Pour comprendre l\u2019<i>a priori<\/i> de cette \u201cordonnance\u201d, il faut encore rappeler ici que le niveau spirituel du corps eccl\u00e9sial des trois premiers si\u00e8cles des pers\u00e9cutions n\u2019est pas le m\u00eame par rapport \u00e0 ce qui se forme juste apr\u00e8s la tol\u00e9rance de l\u2019\u00c9dit de Milan (313)&#8230;<\/p>\n<p>Presque quatre si\u00e8cles plus tard, le Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique <i>in Trullo<\/i> (691) voit et aborde les r\u00e9alit\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Des peines canoniques contre celles qui donnent et re\u00e7oivent des poisons abortifs<\/i>. Les femmes qui procurent les rem\u00e8des abortifs et celles qui absorbent les poisons destin\u00e9s \u00e0 tuer l\u2019enfant qu\u2019elles portent, nous les soumettons \u00e0 la peine cano\u00adni\u00adque du meurtrier\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>De cela nous pouvons tirer six conclusions successives\u00a0:<\/p>\n<p><b>1\u00b0) <\/b>l\u2019avortement est consid\u00e9r\u00e9 par les canons comme un meurtre\u00a0;<\/p>\n<p><b>2\u00b0) <\/b>en conformit\u00e9 avec la <i>Didach\u00e8<\/i>, il s\u2019agit d\u2019un meurtre volontaire\u00a0;<\/p>\n<p><b>3\u00b0) <\/b>il n\u2019y a aucune distinction de forme de \u201cl\u2019enfant que les femmes portent\u201d, lorsqu\u2019elles sont enceintes\u00a0;<\/p>\n<p><b>4\u00b0) <\/b>soumission des femmes qui se font avorter \u00e0 la peine canonique du meurtrier\u00a0;<\/p>\n<p><b>5\u00b0) <\/b>la m\u00eame sanction canonique sera impos\u00e9e \u00e9galement \u00e0 celles [femmes] ou \u00e0 ceux [\u00e9poux, m\u00e9decins, amis, etc.], qui \u201cprocureront les rem\u00e8des abortifs\u201d et qui les aideront \u00e0 se faire avorter\u00a0;<\/p>\n<p><b>6\u00b0) <\/b>l\u2019\u00e9pitimie canonique propos\u00e9e par l\u2019\u201cancienne ordonnance\u201d et les canons touchent la privation de la communion jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie.<\/p>\n<p>Cette \u00e9num\u00e9ration un peu s\u00e8che nous invite \u00e0 l\u2019\u00e9vidence \u00e0 rechercher plus exactement comment la conscience de l\u2019\u00c9glise percevait alors l\u2019infantici\u00adde.<\/p>\n<p>La conception et la naissance d\u2019un enfant, autrement dit, la cr\u00e9ation d\u2019un \u00eatre humain, se font par amour, c\u2019est-\u00e0-dire dans une volont\u00e9 constante de cr\u00e9er des \u00eatres en vue d\u2019\u00e9tablir avec eux une communion en pleine libert\u00e9, comme Dieu l\u2019a fait pour l\u2019homme. Les canons veulent sauvegarder la voca\u00adtion cr\u00e9atrice donn\u00e9e par Dieu \u00e0 l\u2019homme ainsi que la communion qui en est le but. Cela est clairement montr\u00e9 dans les ca\u00adnons du 4e si\u00e8cle chr\u00e9tien qui se rappor\u00adtent \u00e0 la question que nous traitons aujourd\u2019hui. St Basile de C\u00e9sar\u00e9e est le premier \u00e0 l\u2019exposer d\u2019une mani\u00e8re syst\u00e9matique et claire dans sa pre\u00admi\u00e8re lettre \u00e0 Amphiloque, \u00e9v\u00eaque d\u2019Iconium.<\/p>\n<p>Dans son canon 2, il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De celle qui s\u2019est employ\u00e9e \u00e0 tuer l\u2019en\u00adfant qu\u2019elle portait dans son sein<\/i>. Celle qui a us\u00e9 des moyens de tuer l\u2019enfant qu\u2019elle portait dans son sein est responsable d\u2019un meurtre. La distinction entre f\u0153tus d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 et f\u0153tus non-form\u00e9 n\u2019existe pas chez nous. Dans notre cas, on ne venge pas seulement l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre, mais on punit aussi \u201ccelui qui a attent\u00e9 \u00e0 sa propre vie\u201d, vu que le plus souvent les femmes succom\u00adbent \u00e0 de tels actes. La mort de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre s\u2019y ajoute, comme un autre meurtre, dans l\u2019estimation du moins de celles qui osent cela. Il ne faut cepen\u00addant pas diff\u00e9rer leur absolution jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure de la mort, mais les admettre \u00e0 la p\u00e9nitence des dix ans, et juger de leur gu\u00e9rison non pas d\u2019apr\u00e8s le temps, mais d\u2019apr\u00e8s leurs dispositions\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>St Basile consid\u00e8re donc, lui aussi, \u201cla femme qui a us\u00e9 des moyens de tuer l\u2019enfant qui vient\u201d comme responsable d\u2019un meurtre. Il ne pr\u00e9cise pas ici le cas d\u2019avortement <i>expressis verbis<\/i>, mais il pose la question d\u2019une mani\u00e8re plus large et plus ample parlant \u201cdes moyens de tuer l\u2019enfant qui vient\u201d. De plus, comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit, il n\u2019accepte pas la distinction, fait \u00e0 son \u00e9poque \u2014 et auparavant \u2014 par les m\u00e9decins (lui-m\u00eame \u00e9tant m\u00e9decin), ou par la loi de Mo\u00efse<a title=\"\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>, \u201centre f\u0153tus d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 et f\u0153tus non-form\u00e9\u201d. C\u2019est par rapport \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience h\u00e9rit\u00e9e des \u00e2ges pr\u00e9c\u00e9dents qu\u2019il pr\u00e9cise que \u201ccette distinction n\u2019existe pas chez nous\u201d. De m\u00eame, il consid\u00e8re \u2014 et cela on le rencontre pour la premi\u00e8re fois au sein de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise \u2014 la femme qui meurt, comme ayant commis un double meurtre\u00a0: d\u2019une part, contre elle-m\u00eame \u2014 son acte \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme suicide<a title=\"\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle savait ce qu\u2019elle utilisait \u2014 et, d\u2019autre part, contre l\u2019embryon, \u201cl\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre\u201d. Ici encore, le meurtre de l\u2019embryon est consid\u00e9r\u00e9 comme un homicide. N\u00e9anmoins, connaissant la faiblesse humaine et la diff\u00e9rence flagrante du niveau des Chr\u00e9tiens du 4e si\u00e8cle par rapport \u00e0 ceux des trois premiers si\u00e8cles, st Basile r\u00e9duit l\u2019\u00e9pitimie canonique de \u201cl\u2019heure de la mort, \u00e0 les admettre apr\u00e8s dix ans de p\u00e9nitence\u201d.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019avortement est aussi pr\u00e9sent\u00e9 par les sources canoniques comme un \u201cacte contre nature\u201d. \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont p\u00e9ch\u00e9 contre nature, et d\u2019autres grands p\u00e9cheurs<\/i>. Ceux qui ont p\u00e9ch\u00e9 [&#8230;], les meurtriers, les empoi\u00adsonneurs, [&#8230;], sont sujets \u00e0 la m\u00eame peine. Gardez donc \u00e0 leur sujet la norme que vous avez d\u00e9j\u00e0 pour les autres\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p>Il faut ici ajouter que le Concile local d\u2019Ancyre, porteur du m\u00eame es\u00adprit au tournant du 4e si\u00e8cle, pr\u00e9sente un adoucissement par rapport \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 auparavant stipul\u00e9 canoniquement, appliquant une large \u00e9cono\u00admie \u00e0 propos des sanctions, des \u00e9pitimies d\u2019un tel acte. Cependant il ne minimise en rien l\u2019importance du fait, usant des termes suivants\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De celles qui tuent avec des abortifs les enfants con\u00e7us dans l\u2019adult\u00e8re<\/i>. Les femmes qui se prostituent, et tuent leurs nouveau-n\u00e9s ou qui cherchent \u00e0 les d\u00e9truire dans leur sein, \u00e9taient exclues de la communion par l\u2019<i>ancienne ordonnance<\/i> jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie\u00a0; et quelques-uns approuvent cette s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Nous avons adouci cette me\u00adsure et leur ordonnons de faire dix ans de p\u00e9nitence selon les divers de\u00adgr\u00e9s\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>.<\/p>\n<p>Comme nous pouvons le constater en comparant les deux textes cano\u00adniques pr\u00e9cit\u00e9s, st Basile reprend la m\u00eame praxis que le Concile local d\u2019An\u00adcyre (314), au lendemain (de la tol\u00e9rance) de l\u2019\u00c9dit de Milan (313). Il ap\u00adpa\u00adra\u00eet clairement qu\u2019\u00e0 partir du 4e si\u00e8cle, la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise a adouci les sanctions canoniques concernant l\u2019avortement, mais elle demeure unanime sur le principe qui en est le fondement\u00a0: \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d est un \u00eatre, une existence <i>d\u00e8s sa conception<\/i>, sans aucune distinction de forme, sans aucune fluctuation au niveau ou \u00e0 la ligne de son existence.<\/p>\n<p>Notre sujet peut aussi \u00eatre trait\u00e9 en fonction de l\u2019axiome m\u00e9thodolo\u00adgi\u00adque selon lequel, directement ou indirectement, \u201cles canons interpr\u00e8tent les canons\u201d, d\u2019une fa\u00e7on directe ou indirecte. Pour ce faire, il convient de pren\u00addre en compte les canons suivants\u00a0: \u00ab\u00a0<i>[Du meurtre et du meurtrier] Quel p\u00e9ch\u00e9 est volontaire et quel p\u00e9ch\u00e9 est involontaire<\/i>. [&#8230;] \u00c9galement, m\u00eame si quel\u00adqu\u2019un, pour un motif de magie, verse \u00e0 boire un philtre et cause la mort, nous consid\u00e9rons cela comme un meurtre volontaire\u00a0; ainsi agissent souvent les femmes, cherchant au moyen d\u2019incantations et de charmes \u00e0 se faire aimer par les hommes et en leur faisant prendre des philtres qui provoquent des \u00e9tour\u00addissements d\u2019esprit\u00a0; celles-l\u00e0, si elles causent la mort, bien qu\u2019elles se fussent propos\u00e9 pour autre chose que ce qu\u2019elles firent, elles sont cependant compt\u00e9es par\u00admi les meurtriers volontaires, \u00e0 cause de la magie et de l\u2019interdiction des pratiques de cette sorte. Celles-l\u00e0 aussi qui donnent les poisons abortifs sont des meurtri\u00e8res, comme celles qui re\u00e7oivent les poisons pour tuer les en\u00adfants qu\u2019elles portent dans leur sein. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le canon de st Basile que nous allons citer, bien qu\u2019il soit \u00e9trange \u00e0 premi\u00e8re vue, doit aussi \u00eatre pris en compte dans la m\u00eame perspective des choses. \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers vo\u00adlontaires<\/i>. Celui qui a tu\u00e9 volontairement, puis s\u2019en est repenti, restera vingt ans sans communier aux dons sanctifi\u00e9s. Les vingt ann\u00e9es lui seront compt\u00e9es de la mani\u00e8re suivante\u00a0: pendant quatre ans, il devra \u00eatre avec les pleurants se tenant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la porte de la maison de pri\u00e8re, et demandera aux fid\u00e8les qui entrent de prier pour lui, en confessant publiquement son ini\u00adqui\u00adt\u00e9\u00a0; apr\u00e8s ces quatre ans, il sera re\u00e7u parmi les audi\u00adteurs et sortira avec eux de l\u2019\u00e9glise, cela pendant cinq ans\u00a0; pendant sept ans, il priera avec les pros\u00adtern\u00e9s et sortira de l\u2019\u00e9glise avec eux\u00a0; pendant quatre ans, il assistera sim\u00adple\u00adment parmi les fid\u00e8les, mais ne participera pas \u00e0 l\u2019offrande\u00a0; et lorsque tout cela sera accompli, il prendra part aux dons sanctifi\u00e9s\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p>Un rappel de l\u2019arri\u00e8re plan th\u00e9ologique des canons que nous examinons est ici souhaitable pour en comprendre la perspective de cette prescription ou plut\u00f4t exhortation. Dieu a cr\u00e9\u00e9 des \u00eatres humains, des \u00eatres libres et dif\u00adf\u00e9\u00adrents de Lui, en dehors de Lui, pour les faire participer \u00e0 sa commu\u00adnion. En cela, il s\u2019\u00e9panchait Lui-m\u00eame, \u00e9tant Lui-m\u00eame Amour et communion, causes \u00e9quivalentes (tautovshme\u00a0\u00bb) de la cr\u00e9ation. Lorsque l\u2019homme commet un in\u00adfanticide (que ce soit \u201cavant ou apr\u00e8s sa naissance\u201d), il interrompt la dyna\u00admi\u00adque de la communion ontologique qu\u2019il a engag\u00e9e lui-m\u00eame en pleine libert\u00e9 et dans l\u2019amour, et, par cet acte, se s\u00e9pare de Celui dont il est l\u2019image et qui l\u2019a voulu et institu\u00e9 comme <i>co-cr\u00e9ateur<\/i>. Par cet acte \u00e9galement, on revient \u00e0 la base de z\u00e9ro\/point de d\u00e9part de la qualit\u00e9 chr\u00e9tienne. C\u2019est ainsi que, par leur silence (<i>a silentio<\/i>), les canons affirment que si quelqu\u2019un, librement, ne peut pas assumer la responsabilit\u00e9 unique du <i>co-cr\u00e9ateur<\/i>, il vaut mieux, \u00e0 tout point de vue, s\u2019abstenir totalement.<\/p>\n<p>L\u2019infanticide, agissant donc contre <i>autrui<\/i>, contre son <i>prochain<\/i> \u2014 qui est bien l\u2019enfant \u2014, c\u2019est-\u00e0-dire contre la <i>communion<\/i> [eccl\u00e9siale], \u00e9tait \u201cex-communi\u00e9\u201d, il perdait sa place au sein de la Communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, se mettant lui-m\u00eame en dehors du Corps du Christ. Or \u201cex-communication\u201d signifie d\u2019abord \u201crester en dehors de la Communaut\u00e9\u201d et, par extension, \u201cre\u00adtranche\u00adment du Corps\u201d. La cons\u00e9quence en \u00e9tait la privation des \u201cdons sanc\u00adtifi\u00e9s\u201d puisque, ne participant plus \u00e0 la communion eccl\u00e9siale, l\u2019infanticide ne pouvait plus entrer dans l\u2019\u00e9glise. Le moyen d\u2019\u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9, lorsqu\u2019on avait \u00e9t\u00e9 \u201cretranch\u00e9\/amput\u00e9\/ex-communi\u00e9\u201d, \u00e9tait la <i>m\u00e9tanoia<\/i>, le repentir, lequel, historiquement, au d\u00e9but \u2014 toutes les sources l\u2019indiquent (aussi bien ici qu\u2019ailleurs) \u2014 \u00e9tait un processus de r\u00e9conciliation avec la Communaut\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire ce processus concernant directement la Communaut\u00e9, dont la personne faisait cor\u00adporellement partie. C\u2019est juste le sens du repentir. La confession pro\u00adprement dite \u00e9tait une \u00e9tape du repentir dans la proc\u00e9dure de r\u00e9conciliation avec la Communaut\u00e9. Ce processus de repentir \u00e9tait formalis\u00e9 par l\u2019appar\u00adtenance de la personne \u00e0 divers niveaux successifs, participant de plus en plus compl\u00e8tement \u00e0 la synaxe eucharistique\u00a0: les pleurants, les au\u00addi\u00adteurs, les prostern\u00e9s, etc. (La conduite spirituelle par ailleurs des hommes\/fid\u00e8les [ou non] relevait d\u2019un autre charisme diff\u00e9rent et sp\u00e9cifique, celui de gu\u00e9risseur). On comprend donc pourquoi saint Basile \u00e9tablit des \u00e9tapes dans la r\u00e9int\u00e9gration da la personne dans la Commu\u00adnaut\u00e9 et donc dans la restauration de sa communion eucharistique.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de ce processus de r\u00e9conciliation, saint Gr\u00e9goire de Nysse apporte une pr\u00e9cision capitale\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;] La volont\u00e9 du p\u00e9nitent sera examin\u00e9e, en sorte que si son repentir le m\u00e9rite, on n\u2019observera absolument pas le nombre des ann\u00e9es, mais, par un chemin raccourci, on lui accordera <i>d\u2019\u00eatre r\u00e9tabli dans l\u2019\u00e9glise<\/i> et <i>de participer au saint don<\/i>. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>. St Basile \u00e9ga\u00adle\u00adment va dans le m\u00eame sens lorsqu\u2019il d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0Quant \u00e0 ceux qui ont ac\u00adcompli une p\u00e9nitence de trente ans pour l\u2019impuret\u00e9 commise par ignorance, <i>il n\u2019y avait pas \u00e0 h\u00e9siter de les r\u00e9concilier<\/i>. [&#8230;] Veuillez donc ordonner <i>qu\u2019on les r\u00e9concilie sans aucun retard<\/i> <i>d\u00e9sormais<\/i>, surtout s\u2019ils implorent avec larmes votre mis\u00e9ricorde et montrent une vie digne de toute condescen\u00addan\u00adce\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>. De nos jours, cet aspect du repentir et la <i>m\u00e9tanoia<\/i> s\u2019est estomp\u00e9. La p\u00e9nitence est devenue un acte purement individuel ne concernant que peu la Communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, alors qu\u2019il s\u2019agit \u00e0 l\u2019origine d\u2019une praxis li\u00e9e directe\u00adment \u00e0 l\u2019\u201c\u00e9v\u00e9nement de l\u2019\u00c9glise\u201d et le rassemblement de la Synaxe euchari\u00adsti\u00adque.<\/p>\n<p><b>b) La fausse-couche (\u201c<i>meurtre involontaire<\/i>\u201d)<\/b><\/p>\n<p>Le cas de fausse-couche <i>est pass\u00e9 sous silence<\/i> et n\u2019est envisag\u00e9 \u2014 d\u2019une mani\u00e8re directe et \u201cad hoc\u201d \u2014 par aucun des textes et des sources de la Tradition canonique\u00a0; ils l\u2019ignorent totalement. Que cela signifie-t-il\u00a0? L\u2019a-t-on oubli\u00e9e ou refuse-t-on de la classer parmi les meurtres involontaires\u00a0? Pourtant, tant les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise que l\u2019Euchologe consid\u00e8rent la fausse-couche comme un \u201cmeurtre involontaire\u201d. (La fausse-couche y est manifest\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re indirecte).<\/p>\n<p>Voici en effet en quels termes la pri\u00e8re de l\u2019\u00c9glise orthodoxe s\u2019articule pour la femme qui a fait une fausse-couche. L\u2019Euchologe dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ma\u00eetre et Seigneur Notre Dieu [&#8230;] en Ta grande mis\u00e9ricorde aie piti\u00e9 de Ta servante X [nom] qui, au\u00adjourd\u2019hui, est dans les p\u00e9ch\u00e9s pour la faute volontaire ou in\u00advolontaire, qui a caus\u00e9 la mort de ce qui \u00e9tait con\u00e7u en elle. [&#8230;]. (Avant la fin de la pri\u00e8re) Avec crainte nous Te crions et disons\u00a0: \u201cRegarde du haut du ciel et vois notre impuissance de condamn\u00e9s\u00a0; rends gr\u00e2ce \u00e0 Ta servante X [nom] qui est tomb\u00e9e dans les p\u00e9ch\u00e9s et qui, volontairement ou involontaire\u00adment, a caus\u00e9 la mort de ce qui \u00e9tait con\u00e7u en elle\u00a0; et \u00e0 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e8s d\u2019elle et qui l\u2019ont touch\u00e9e, pardonne, selon Ta grande piti\u00e9. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. L\u2019\u00c9glise donc prie pour un acte concret, consid\u00e9rant la fausse-couche comme inter\u00adruption involontaire de la ligne de vie et du devenir de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre.<\/p>\n<p>De fa\u00e7on \u00e9clairante st Basile de C\u00e9sar\u00e9e fait la distinction suivante\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;] Il y a de nombreuses distinctions \u00e0 faire entre meurtres volontaires et involontaires. C\u2019est un meurtre totalement involontaire et \u00e9loign\u00e9 de l\u2019inten\u00adtion de celui qui l\u2019a commis que d\u2019avoir [par exemple] touch\u00e9 un homme en lan\u00ad\u00e7ant une pierre contre un chien ou vers un arbre\u00a0; le but, c\u2019\u00e9tait de se d\u00e9\u00adfendre contre la b\u00eate ou de faire tomber le fruit, le passant n\u2019a re\u00e7u le coup que par hasard\u00a0; par cons\u00e9quent, un tel fait est involontaire [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019irresponsabilit\u00e9 totale de la personne dans un tel cas, les ca\u00adnons n\u2019ignorent cependant pas l\u2019acte\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers involontaires<\/i>. Quant au meurtre involontaire, la premi\u00e8re ordonnance exigeait sept ans dans les divers degr\u00e9s pour \u00eatre admis \u00e0 la communion, la seconde n\u2019en demande que cinq\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>. Une seule explication de cette mansu\u00e9tude peut \u00eatre donn\u00e9e ici. La \u201cpremi\u00e8re ordonnance\u201d est l\u2019usage ancien, celui des trois premiers si\u00e8cles<a title=\"\" href=\"#_ftn33\">[33]<\/a> de la vie de l\u2019\u00c9glise, la deuxi\u00e8me est le pr\u00e9sent canon. Cette distinction est bien mise en \u00e9vidence par les anciennes versions canoniques.<\/p>\n<p>St Gr\u00e9goire de Nysse touche aussi \u00e0 cette question dans son 5e canon\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;] Quant au meurtre involontaire, il fut certes jug\u00e9 excusable, mais point louable\u00a0; j\u2019ai dit cela pour expliquer pourquoi la r\u00e8gle traditionnelle ordonne que, m\u00eame si l\u2019on est tomb\u00e9 involontairement dans la souillure du meurtre, on sera [p. ex.] priv\u00e9 de la gr\u00e2ce du sacerdoce, parce que l\u2019on aura \u00e9t\u00e9 pro\u00adfan\u00e9 par ce crime sacril\u00e8ge. Le temps de purification, [&#8230;], est aussi celui qu\u2019on a cru bon d\u2019appliquer aux meurtriers involontaires. \u00c9videmment, m\u00eame dans ce cas, la volont\u00e9 du p\u00e9nitent sera examin\u00e9e, en sorte que si son repentir le m\u00e9rite, on n\u2019observera absolument pas le nombre des ann\u00e9es, mais, par un chemin raccourci, on lui accordera d\u2019\u00eatre r\u00e9tabli dans l\u2019\u00e9glise et de participer au saint don. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn34\">[34]<\/a>.<\/p>\n<p>Enfin, st Basile revient une fois de plus sur la m\u00eame question\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De l\u2019explication d\u00e9j\u00e0 faite sur les diff\u00e9rences entre meurtres involontaires<\/i>. Les diff\u00e9rences que pr\u00e9sentent les meurtres involontaires, je me rappelle les avoir expos\u00e9es autant que cela m\u2019\u00e9tait possible dans ma lettre d\u2019il y a quelque temps \u00e0 votre pi\u00e9t\u00e9<a title=\"\" href=\"#_ftn35\">[35]<\/a>\u00a0; je n\u2019y puis rien ajouter, et il appartient \u00e0 votre pru\u00addence <i>de renforcer<\/i> ou <i>de diminuer<\/i> les p\u00e9nitences, <i>selon la particularit\u00e9 de chaque cas<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn36\">[36]<\/a>.<\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">B. L\u2019enfant <i>apr\u00e8s sa naissance<\/i> (l\u2019enfant n\u00e9)<\/span><\/b><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 notre premi\u00e8re partie concernant \u201cl\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre\u201d, nous examinons maintenant ce qu\u2019il en est de l\u2019infanticide, lorsqu\u2019il concerne un enfant n\u00e9, \u00e0 partir des donn\u00e9es canoniques. Les canons envisagent deux cas de figure\u00a0: a) Le meurtre de l\u2019enfant (<i>meurtre direct<\/i>) et b) L\u2019abandon du nouveau-n\u00e9 (<i>meurtre indirect<\/i>).<\/p>\n<p><b>a) Le meurtre de l\u2019enfant<\/b><\/p>\n<p>Saint Athanase d\u2019Alexandrie le Grand (4e si\u00e8cle) s\u2019exprime en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;]. M\u00eame pour les autres actes de la vie, nous constaterons ces diff\u00e9\u00adren\u00adces d\u2019appr\u00e9ciations selon les circonstances o\u00f9 ils ont lieu\u00a0; par exemple, il n\u2019est pas permis de tuer, [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn37\">[37]<\/a>. Or \u201cil n\u2019est pas permis de tuer\u201d un homme qui demeure conscient de la valeur ontologique de la vie. C\u2019est encore beau\u00adcoup plus grave, lorsque cette tentative de meurtre concerne un enfant qui ne peut pas se d\u00e9fendre et qui n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 comprendre les raisons d\u2019un tel infanticide.<\/p>\n<p>Les raisons de l\u2019infanticide peuvent \u00eatre nombreuses. \u00c0 titre d\u2019exem\u00adple, les canons citent deux cas. a) \u00ab\u00a0Les femmes qui se prostituent, et tuent leurs nouveau-n\u00e9s [&#8230;], \u00e9taient exclues de communion par l\u2019ancienne ordonnance jus\u00adqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn38\">[38]<\/a>. Les raisons ici pour proc\u00e9der \u00e0 un meurtre du nouveau-n\u00e9 sont la prostitution et une naissance ind\u00e9sirable. b) \u00ab\u00a0[La femme] qui, pendant le voyage, a laiss\u00e9 mourir l\u2019enfant qu\u2019elle venait de met\u00adtre au monde, si pouvant le sauver elle a n\u00e9glig\u00e9 de le faire, soit qu\u2019elle cr\u00fbt cacher par l\u00e0 son p\u00e9ch\u00e9, soit qu\u2019elle y f\u00fbt pouss\u00e9e par une pens\u00e9e bestiale et inhumaine, sera consid\u00e9r\u00e9e comme coupable de meurtre. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn39\">[39]<\/a>. Les rai\u00adsons \u00e9voqu\u00e9es ici sont la n\u00e9gligence, le d\u00e9sir de cacher un p\u00e9ch\u00e9 \u00e0 des pro\u00adches, ou \u201cune pens\u00e9e bestiale et inhumaine\u201d. Quels que soient ces raisons ou les pr\u00e9textes pour proc\u00e9der \u00e0 un tel acte, les canons n\u2019acceptent aucune raison pour le faire, car une telle conduite d\u00e9truit la cr\u00e9ation de Dieu et rompt la communion avec Lui.<\/p>\n<p><b>b) L\u2019abandon du nouveau-n\u00e9 (<i>meurtre indirect<\/i>)<\/b><\/p>\n<p>L\u2019abandon du nouveau-n\u00e9 est clairement consid\u00e9r\u00e9 par les canons comme meurtre. C\u2019est un meurtre indirect, mais les canons y reconnaissent les m\u00eames conditions pr\u00e9alables, les m\u00eames causes et les m\u00eames dispositions que dans le cas d\u2019un meurtre volontaire. Aux termes de st Basile\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De celle qui a accouch\u00e9 d\u2019un enfant pendant le voyage et n\u00e9glig\u00e9 le nouveau-n\u00e9<\/i>. La femme qui a accouch\u00e9 d\u2019un enfant pendant le voyage et n\u00e9glig\u00e9 le nouveau-n\u00e9, qu\u2019elle ait \u00e0 r\u00e9pondre du meurtre\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn40\">[40]<\/a>.<\/p>\n<p>Le m\u00eame P\u00e8re de l\u2019\u00c9glise, dans un autre canon, est encore plus expli\u00adcite, tout en introduisant \u00e9galement une distinction qui constitue un crit\u00e8re pour l\u2019application de l\u2019\u00e9conomie. \u00ab\u00a0<i>De celle qui a mis au monde pendant le voyage<\/i>. Celle qui, pendant le voyage, a laiss\u00e9 mourir l\u2019enfant qu\u2019elle venait de mettre au monde, si pouvant le sauver elle a n\u00e9glig\u00e9 de le faire, soit qu\u2019elle cr\u00fbt cacher par l\u00e0 son p\u00e9ch\u00e9, soit qu\u2019elle y f\u00fbt pouss\u00e9e par une pens\u00e9e bestiale et inhumaine, sera consid\u00e9r\u00e9e comme coupable de meurtre. Mais si elle n\u2019a pu l\u2019entourer de soins, et le nouveau-n\u00e9 a p\u00e9ri par suite de la solitude et du manque du n\u00e9cessaire, la m\u00e8re doit en \u00eatre excus\u00e9e\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn41\">[41]<\/a>.<\/p>\n<p>Deux mots encore pour finir avec cette partie concernant les textes ca\u00adnoniques. Remarquons en tout ceci l\u2019<i>exhortation<\/i> des canons adress\u00e9e au corps eccl\u00e9sial et la <i>priorit\u00e9<\/i> donn\u00e9e \u201c\u00e0 la personne et \u00e0 ses dispositions\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn42\">[42]<\/a> quel que soit son acte.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">III. L\u2019Herm\u00e9neutique canonique<\/span><\/b><\/p>\n<p>L\u2019Herm\u00e9neutique canonique et les commentaires<a title=\"\" href=\"#_ftn43\">[43]<\/a>, faits par les cano\u00adnistes (le moine Jean Zonaras [fin 11e s.], le patriarche d\u2019Antioche Th\u00e9odore Balsamon [1130\/40-apr\u00e8s 1195], le diacre Alexis Arist\u00e8ne [d\u00e9but 12e s.] et le saint Nicod\u00e8me l\u2019Hagiorite [fin 18e-d\u00e9but 19e s.]), sont conformes aux ca\u00adnons et vont dans le m\u00eame sens que les sources canoniques. L\u2019ampleur des canons qu\u2019on a \u00e9tudi\u00e9s est assez stricte pour juger l\u2019\u0153uvre herm\u00e9neutique et les commentaires des canonistes pr\u00e9cit\u00e9s. N\u00e9anmoins, on doit dire qu\u2019ils ne font que r\u00e9p\u00e9ter d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre ce que les canons disent. Mais cela suffit pour nous donner une id\u00e9e et nous offrir une vue globale de leur interpr\u00e9tation canonique sur le sujet que nous examinons ici.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, s\u2019il est permis de syst\u00e9matiser et de pr\u00e9senter l\u2019ensemble de l\u2019herm\u00e9neutique des commentaires canoniques, on peut conclure\u00a0:<\/p>\n<p><b>1\u00b0) <\/b>Les canonistes consid\u00e8rent l\u2019avortement comme un meurtre volontaire.<br \/>\n<b>2\u00b0) <\/b>Suivant l\u2019optique de st Basile de C\u00e9sar\u00e9e, ils ne font pas de distinction entre \u201cenfant non-form\u00e9\u201d et \u201cenfant d\u00e9j\u00e0 form\u00e9\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire entre \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d et \u201cl\u2019enfant avant sa naissance\u201d.<br \/>\n<b>3\u00b0) <\/b>Ils mettent en valeur le fait que l\u2019\u00c9glise a toujours regard\u00e9 l\u2019avortement comme un homicide.<br \/>\n<b>4\u00b0) <\/b>Ils montrent quelle sensibilit\u00e9 l\u2019\u00c9glise a eue de l\u2019homicide volontaire (l\u2019avortement ou toute autre sorte du meurtre), en le consid\u00e9rant comme une destruction de la cr\u00e9ation.<br \/>\n<b>5\u00b0) <\/b>Ils expliquent aussi ce que les P\u00e8res ont pens\u00e9 de ceux qui tuent pour se d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>Cependant, il existe des cas o\u00f9 les canonistes avancent encore plus et se montrent plus s\u00e9v\u00e8res que les canons eux-m\u00eames. L\u2019abandon de l\u2019enfant en est un exemple (une seule exception) \u00e0 propos duquel (de laquelle) les commen\u00adta\u00adteurs sont plus stricts que l\u2019acribie des canons. Les canonistes indiquent en effet que m\u00eame si, apr\u00e8s l\u2019abandon arbitraire du nouveau-n\u00e9, l\u2019enfant a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 en raison de l\u2019intervention d\u2019une autre personne, la femme qui a abandonn\u00e9 son enfant, demeure dans tous les cas meurtri\u00e8re<a title=\"\" href=\"#_ftn44\">[44]<\/a>, jugement que l\u2019on ne trouve <i>expressis verbis<\/i> nulle part dans le <i>Corpus canonum<\/i>. Probablement, veulent-ils mettre l\u2019accent sur la responsabilit\u00e9 de la personne et les causes de l\u2019action, plut\u00f4t que sur ses cons\u00e9quences de fait.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019herm\u00e9neutique et des commentaires canoniques, on peut aussi faire r\u00e9f\u00e9rence au canon 102 du Quinisexte Concile \u0153cum\u00e9nique <i>in Trullo<\/i>, qui ouvre la voie royale en offrant la cl\u00e9 herm\u00e9neutique de notre su\u00adjet. Le canon veut souligner la priorit\u00e9 du salut du p\u00e9cheur et met l\u2019accent sur une orientation sot\u00e9riologique et eschatologique des choses. Le texte du canon est ainsi con\u00e7u\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Qu\u2019il faut examiner les dispositions du p\u00e9cheur et la qualit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9<\/i>. Ceux qui ont re\u00e7u de Dieu le pouvoir de d\u00e9lier et de lier doivent examiner la qualit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 et la promptitude au retour du p\u00e9cheur lui-m\u00eame, et alors seulement ordonner le rem\u00e8de appropri\u00e9, de peur qu\u2019en manquant de mesure dans l\u2019un ou l\u2019autre sens, il n\u2019obtienne point le salut du malade. En effet, la maladie du p\u00e9ch\u00e9 n\u2019est pas simple dans sa nature, mais complexe et vari\u00e9e, poussant des ramifications nombreuses du mal, gr\u00e2ce auxquelles le mal s\u2019\u00e9tend et progresse, jusqu\u2019au moment o\u00f9 il est arr\u00eat\u00e9 gr\u00e2ce au pouvoir du m\u00e9decin. Le praticien de la m\u00e9decine du Saint Esprit doit donc en tout premier lieu examiner la disposition du p\u00e9cheur, et voir s\u2019il tend de lui-m\u00eame vers la sant\u00e9, ou si au contraire par sa conduite il provoque sa propre maladie\u00a0; comment il se conduit dans le temps de la cure, s\u2019il ne s\u2019op\u00adpose pas \u00e0 l\u2019art du praticien et que l\u2019ulc\u00e8re de l\u2019\u00e2me ne s\u2019\u00e9tale pas \u00e0 cause des m\u00e9dicaments appos\u00e9s\u00a0; et mesurer la mis\u00e9ricorde en cons\u00e9quence. La vo\u00adlon\u00adt\u00e9 de Dieu et de l\u2019homme \u00e0 qui fut confi\u00e9 l\u2019office pastoral est de ramener la brebis \u00e9gar\u00e9e, de gu\u00e9rir la morsure du serpent, sans pousser l\u2019homme dans le pr\u00e9cipice de la d\u00e9sesp\u00e9rance, ni lui rel\u00e2cher les r\u00eanes jusqu\u2019\u00e0 une vie dis\u00adso\u00adlue et pleine de m\u00e9pris\u00a0; de toutes mani\u00e8res, soit par des rem\u00e8des aust\u00e8res et amers, soit par d\u2019autres doux et calmants, s\u2019opposer au mal et s\u2019efforcer de cicatriser l\u2019ulc\u00e8re, est l\u2019unique but de celui qui juge des fruits du repentir et avec prudence prend soin de l\u2019homme appel\u00e9 \u00e0 l\u2019illumination c\u00e9leste. Donc, \u201cil nous faut conna\u00eetre les deux m\u00e9thodes, celle de l\u2019observation exacte des commandements et celle de l\u2019exp\u00e9rience, et suivre, \u00e0 propos de ceux qui ne consentent pas \u00e0 accepter la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, la m\u00e9thode traditionnelle\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn45\">[45]<\/a>, comme nous l\u2019enseigne saint Basile\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn46\">[46]<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">IV. La mis\u00e9ricorde de l\u2019\u00c9glise \u00e0 travers son <i>\u00e9conomie canonique<\/i><\/span><\/b><\/p>\n<p><i>La priorit\u00e9 de la mis\u00e9ricorde<\/i> envers l\u2019homme, la <i>philanthropie<\/i>, est la caract\u00e9ristique frappante des canons et des textes canoniques qu\u2019on vient de citer. Dans le m\u00eame canon, coexiste l\u2019absolue s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 en faveur du respect de \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d \u2014 sans distinction de la forme d\u2019embryon, de f\u0153tus et d\u2019enfant \u2014 et du \u201cnouveau-n\u00e9\u201d, et une totale mis\u00e9ricorde pour les p\u00e9cheurs. En d\u2019autres termes, l\u2019<i>acribie<\/i> et l\u2019<i>\u00e9conomie<\/i> s\u2019allient dans le m\u00eame canon.<\/p>\n<p>L\u2019occasion est bonne de rappeler que les textes canoniques sont bien structur\u00e9s. Ils comportent le <i>th\u00e9matisme<\/i> (la position du probl\u00e8me), l\u2019<i>exhortation<\/i> (\u00e0 \u00e9viter la faute ou une aberration dans la vie), et, pour ceux qui n\u2019arrivent pas \u00e0 comprendre et assumer leur responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis de la Communaut\u00e9 et de la communion eccl\u00e9siales, ils proposent <i>les \u00e9pitimies spirituelles<\/i> <i>et canoniques<\/i>, des mesures destin\u00e9es non pas \u00e0 p\u00e9naliser mais \u00e0 permettre aux hommes d\u2019\u00e9valuer leurs actes, d\u2019y devenir sensibles en les comprenant et, finalement, de les amener au repentir (<i>m\u00e9tanoia<\/i>).<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, comme toujours, l\u2019essentiel demeure dans l\u2019esprit, non dans la lettre. Et la v\u00e9rit\u00e9 que l\u2019esprit \u00e9voque d\u00e9borde largement la lettre qui ne l\u2019exprime que partiellement. St Basile de C\u00e9sar\u00e9e affirme clairement qu\u2019\u201cil convient de tenir davantage compte du repentir de la personne que de l\u2019accomplissement du temps des \u00e9pitimies\u201d, dans ses propres termes, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9s plus haut\u00a0: \u00ab\u00a0Il ne faut cependant pas diff\u00e9rer leur absolution jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure de la mort, mais les admettre \u00e0 la p\u00e9nitence des dix ans, et ju\u00adger de leur gu\u00e9rison non pas d\u2019apr\u00e8s le temps, mais d\u2019apr\u00e8s leurs dispositions\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn47\">[47]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette voie de la mis\u00e9ricorde est pr\u00e9conis\u00e9e dans un autre canon, le 74e, \u00e9galement de st Basile, qui est en fait un canon essentiellement interpr\u00e9tatif, lorsqu\u2019il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ceux qui furent condamn\u00e9s \u00e0 cause des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9ci\u00adt\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De ceux qui furent condamn\u00e9s \u00e0 cause des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s<\/i>. Si n\u00e9an\u00admoins chacun de ceux qui sont tomb\u00e9s dans les p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s se montre plein de z\u00e8le dans le temps de la p\u00e9nitence, celui \u00e0 qui la bont\u00e9 de Dieu a confi\u00e9 le pouvoir de lier et de d\u00e9lier ne m\u00e9ritera pas de bl\u00e2me s\u2019il se montre mis\u00e9ricordieux et diminue la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence en constatant le repentir extraordinaire du p\u00e9cheur, puisque le r\u00e9cit de l\u2019\u00c9criture sainte nous apprend que le repentir accompagn\u00e9 d\u2019une douleur tr\u00e8s grande obtient rapidement le pardon de la bont\u00e9 de Dieu\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn48\">[48]<\/a>. Mais st Basile ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0\u00a0; \u00e0 propos de la nuance de la p\u00e9nitence, il apporte les pr\u00e9cisions suivantes\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De ceux qui font bon usage des p\u00e9nitences impos\u00e9es<\/i>. Nous vous avons expos\u00e9 tout cela afin que vous examiniez bien les fruits de la p\u00e9nitence\u00a0; certainement, ce n\u2019est pas sur la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence que se fondera notre jugement, mais nous ferons attention \u00e0 la qualit\u00e9 du repentir. Si cependant ils se laissent dif\u00adficilement arracher \u00e0 leurs habitudes, et pr\u00e9f\u00e8rent \u00eatre esclaves [de leurs actes\/plaisirs de la chair] que de servir le Seigneur et n\u2019acceptent pas de vivre selon l\u2019\u00c9vangile, nous n\u2019aurons rien de commun avec eux\u00a0; on nous a en ef\u00adfet enseign\u00e9, \u00e0 propos d\u2019un peuple d\u00e9sob\u00e9issant et ent\u00eat\u00e9, d\u2019ob\u00e9ir au pr\u00e9cepte\u00a0: \u201cT\u00e2che de sauver ton \u00e2me \u00e0 toi\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn49\">[49]<\/a>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn50\">[50]<\/a>. Par cons\u00e9quent, \u00ab\u00a0[&#8230;], en cette question aussi, tout homme qui s\u2019approche de Dieu le fasse en se jugeant lui-m\u00eame en bonne conscience et toute franchise. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn51\">[51]<\/a>.<\/p>\n<p>Saint Gr\u00e9goire de Nysse t\u00e9moigne du m\u00eame avis ou plut\u00f4t de la m\u00eame \u00e9conomie canonique lorsqu\u2019il examine le cas du meurtrier volontaire\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;] \u00c9videmment, la m\u00eame distinction sera faite \u00e0 son \u00e9gard par celui qui admi\u00adnistre l\u2019\u00e9glise, et en proportion de son repentir on lui abr\u00e9gera la dur\u00e9e de sa p\u00e9nitence, en sorte qu\u2019au lieu de neuf ans dans chaque degr\u00e9 il n\u2019en fasse que huit ou sept ou six ou m\u00eame cinq, si, certes, la grandeur de son repentir l\u2019emporte sur la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence et que par l\u2019ardeur mise \u00e0 se corriger il surpasse ceux qui dans la longue p\u00e9nitence se purifient de leur souillure avec un peu trop de nonchalance. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn52\">[52]<\/a>. Dans l\u2019ampleur du m\u00eame canon, st Gr\u00e9goire de Nysse, on l\u2019a vu plus haut, parlant du meurtre involon\u00adtaire cette fois, \u00e9voque une r\u00e9alit\u00e9 dans le m\u00eame esprit\u00a0: \u00ab\u00a0[&#8230;] Quant au meurtre invo\u00adlontaire, il fut certes jug\u00e9 excusable, mais point louable\u00a0; j\u2019ai dit cela pour expliquer pourquoi la r\u00e8gle traditionnelle ordonne que, m\u00eame si l\u2019on est tomb\u00e9 involontairement dans la souillure du meurtre, [&#8230;] on a \u00e9t\u00e9 profan\u00e9 par ce crime sacril\u00e8ge. [&#8230;]. \u00c9videmment, m\u00eame dans ce cas, la volont\u00e9 du p\u00e9nitent sera examin\u00e9e, en sorte que si son repentir le m\u00e9rite, on n\u2019observera absolument pas le nombre des ann\u00e9es, mais, par un chemin raccourci, on lui accordera d\u2019\u00eatre r\u00e9tabli dans l\u2019\u00e9glise et de participer au saint don. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn53\">[53]<\/a>.<\/p>\n<p>Il nous semble opportun de faire une remarque sur ce point. Le meur\u00adtre est un comportement qui d\u00e9truit <i>de facto<\/i> la cr\u00e9ation et la communion, d\u00e9\u00adniant ainsi de l\u2019amour qui nous unit avec Dieu. Lorsque l\u2019\u00c9glise revient par ses \u00e9pitimies, elle ne le fait que pour manifester visiblement ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 spirituelle. Car il s\u2019agit d\u2019un comportement hu\u00admain, proc\u00e9d\u00e9 de notre choix en pleine liber\u00adt\u00e9, qui n\u00e9anmoins d\u00e9truit la communion avec Dieu Lui-m\u00eame et avec les autres (membres de la Communaut\u00e9). Or l\u2019ex\u00adcommunication prononc\u00e9e par les canons est un <i>acte-miroir<\/i> qui indique de fa\u00e7on analogique cette rupture de la communion pour nous amener au re\u00adpen\u00adtir (la nostalgie de la communion avec Dieu et avec les autres) et \u00e0 la re\u00adcher\u00adche de l\u2019amour perdu ou ali\u00e9n\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat des canons ne consiste pas en ce qu\u2019ils p\u00e9nalisent juridiquement ou judiciairement l\u2019homme pour ses actes n\u00e9\u00adgatifs et aberrants et qu\u2019ils \u00f4tent ainsi les culpabilit\u00e9s (ejnoce;\u00a0\u00bb) qui d\u00e9rangent jour et nuit la con\u00adscience. Le propos des canons n\u2019est pas juri\u00addique pour \u201csatisfaire la justice divine\u201d, mais leur int\u00e9r\u00eat est focalis\u00e9 et re\u00adpose sur une orientation sot\u00e9riologi\u00adque et donc sur la perspective eschato\u00adlo\u00adgique de la vie.<\/p>\n<p>Redisons-le, les canons sont destin\u00e9s \u00e0 gu\u00e9rir et \u00e0 aider l\u2019homme, par le moyen de la <i>m\u00e9tanoia<\/i>, pour qu\u2019il mesure la port\u00e9e de son acte. Le chemin de retour est toujours ouvert et il revient \u00e0 Dieu de remettre les fautes et les agissements aberrants. Car, dans le fait, un tel comportement est le produit d\u2019une mauvaise utilisation (<i>n\u00e9gative<\/i>) de la libert\u00e9, dont la cons\u00e9quence est la rupture de la communion et l\u2019absence d\u2019amour qui conduisent \u00e0 la consoli\u00addation (eJdraivwsi\u00a0\u00bb) de l\u2019individualisme et donc \u00e0 l\u2019autod\u00e9ification de l\u2019homme. L\u2019exercice de la libert\u00e9, au sens positif, c\u2019est <i>l\u2019offrande de la<\/i> <i>libert\u00e9 \u00e0 \u201cl\u2019enfant qui vient\u201d d\u2019\u00eatre autrui et devenir un prochain<\/i>. Cette libert\u00e9 n\u2019est pas une libert\u00e9 <i>\u00e0 l\u2019\u00e9gard de<\/i> l\u2019autre mais une libert\u00e9 <i>voulue pour<\/i> l\u2019autre. Libert\u00e9 devient ici synonyme d\u2019<i>amour<\/i>. Nous ne pouvons aimer que si nous sommes \u2014 non pas des individus mais \u2014 des personnes, qui permettent \u00e0 l\u2019autre d\u2019\u00eatre vraiment l\u2019autre, vraiment diff\u00e9rent de nous, tout en demeurant en communion avec nous. Si nous aimons absolument l\u2019autre, alors nous vivons la libert\u00e9 en tant qu\u2019amour et l\u2019amour en tant que libert\u00e9.<\/p>\n<p>Autrement dit, l\u2019infanticide, lui, au nom de la libert\u00e9, d\u00e9truit la com\u00admunion, d\u00e9truit l\u2019amour. Tel est le sens profond des conditions pr\u00e9alables th\u00e9ologiques et des dispositions des canons. La question ne porte pas sur l\u2019\u00e9tat du f\u0153tus-embryon (form\u00e9 ou non) \u2014 pour agir selon le cas sans avoir des probl\u00e8mes moraux \u2014, mais sur la sauvegarde simultan\u00e9e de la libert\u00e9 et de l\u2019amour, en tant qu\u2019exp\u00e9rience unitaire et unique. Sauvegarder la libert\u00e9 et l\u2019amour dans leur int\u00e9gralit\u00e9 et tenir ensemble ces deux param\u00e8tres critiques et limitrophes de l\u2019existence est l\u2019enjeu de l\u2019existence humaine. Si notre li\u00adbert\u00e9 exclut l\u2019amour, notre vie est r\u00e9duite \u00e0 n\u2019\u00eatre que la survie d\u2019une indi\u00advi\u00addualit\u00e9 hors de toute communion.<\/p>\n<p>Le sujet que nous avons \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 traiter ne doit donc pas d\u2019abord \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me moral (transgression ou non, application des canons et, par cons\u00e9quent, punition et ch\u00e2timent), car, dans ce cas-l\u00e0, notre d\u00e9marche est d\u00e9pourvue de sens. Le probl\u00e8me n\u2019est pas moral ni juridique, mais ontologique\u00a0; c\u2019est une question de l\u2019existence aimante et libre.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il existe des personnes qui, apr\u00e8s avoir commis de p\u00e9ch\u00e9 de la mani\u00e8\u00adre que nous examinons ici, ont pris une distance vis-\u00e0-vis des sacrements de l\u2019\u00c9gli\u00adse \u00e0 leur propre initiative. Rappelons pour finir les dispositions que pr\u00e9conise saint Basile \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux qui ont accompli une longue p\u00e9ni\u00adtence\u00a0: \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont p\u00e9ch\u00e9 contre nature, et d\u2019autres grands p\u00e9cheurs<\/i>. [&#8230;]. Quant \u00e0 ceux qui ont accompli une p\u00e9nitence de trente ans pour l\u2019impu\u00adret\u00e9 commise par ignorance, il n\u2019y avait pas \u00e0 h\u00e9siter de les r\u00e9concilier\u00a0; car l\u2019ignorance les rend d\u00e9j\u00e0 dignes de pardon, de plus la confession faite sponta\u00adn\u00e9ment et la dur\u00e9e d\u2019un si long laps de temps\u00a0: C\u2019est presque pendant toute une vie d\u2019homme qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 Satan, pour apprendre \u00e0 ne pas commettre d\u2019impuret\u00e9. Par cons\u00e9quent, veuillez ordonner qu\u2019on les r\u00e9concilie sans au\u00adcun retard d\u00e9sormais, surtout s\u2019ils implorent avec larmes votre mis\u00e9ricorde et montrent une vie digne de toute condescendance\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn54\">[54]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0[&#8230;]. Nombreux sont certes les actes menant au p\u00e9ch\u00e9, et tous mau\u00advais\u00a0; mais nos P\u00e8res se sont plu \u00e0 ne pas chercher \u00e0 tous les pr\u00e9ciser ni n\u2019ont estim\u00e9 important de chercher le moyen de gu\u00e9rir toutes les fautes pro\u00advenant de chaque acte mauvais, bien que l\u2019\u00c9criture interdise non seulement les coups, mais m\u00eame toute injure et tout blasph\u00e8me et tout acte semblable, qu\u2019il fait commettre\u00a0; et ils ne nous ont mis en garde par les p\u00e9nitences fix\u00e9es que contre le crime sacril\u00e8ge du meurtre. On distinguera pour ce p\u00e9\u00adch\u00e9 selon qu\u2019il fut volontaire ou involontaire. [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn55\">[55]<\/a>. Aux termes de st Basile\u00a0: \u00ab\u00a0Il appartient [donc] \u00e0 votre prudence de <i>renforcer<\/i> ou de <i>diminuer<\/i> les p\u00e9nitences, selon <i>la particularit\u00e9 de chaque cas<\/i>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn56\">[56]<\/a>, en nous donnant ainsi une id\u00e9e d\u2019action d\u2019or et, de plus, la d\u00e9finition de l\u2019<i>\u00e9conomie canonique<\/i>, qui n\u2019est pas seulement un <i>recul<\/i> par rapport \u00e0 l\u2019acribie, comme beaucoup le pen\u00adsent aujourd\u2019hui, mais \u00e9galement la <i>transcendance<\/i> de celle-ci.<\/p>\n<p>Enfin, st Athanase d\u2019Alexandrie, s\u2019adressant au moine Ammoun, rap\u00adpelle un param\u00e8tre pastoral qui nous concerne directement. \u00ab\u00a0Soutiens donc, cher p\u00e8re, dit-il, les troupeaux que tu diriges, en les <i>exhortant<\/i> avec les ensei\u00adgnements de l\u2019ap\u00f4tre, en les charmant avec ceux de l\u2019\u00c9vangile, en les conseillant avec ceux des psaumes et disant\u00a0: \u201cVivifie-moi selon ta paro\u00adle\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn57\">[57]<\/a>\u00a0; or \u201csa parole\u201d, c\u2019est de l\u2019adorer d\u2019un c\u0153ur pur\u00a0; le m\u00eame proph\u00e8te savait cela et l\u2019applique pour ainsi dire \u00e0 soi, en disant\u00a0: \u201cCr\u00e9e en moi un c\u0153ur pur, mon Dieu\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn58\">[58]<\/a> afin que des pens\u00e9es impures ne me troublent point\u00a0; et David ajoute\u00a0: \u201cEt soutiens-moi de ton esprit tout-puissant\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn59\">[59]<\/a>, afin que, si jamais des pens\u00e9es me troublaient, une force venant de toi me soutienne, en \u00e9tant pour moi comme un contrefort de sout\u00e8nement. Donne-leur ces con\u00adseils et d\u2019autres semblables et dit \u00e0 ceux qui se laissent difficilement con\u00advaincre par la v\u00e9rit\u00e9\u00a0: \u201cJ\u2019enseignerai aux iniques vos voies\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn60\">[60]<\/a>\u00a0; et con\u00adfiant dans le Seigneur que tu arrives \u00e0 les convaincre de s\u2019abstenir d\u2019un tel vice, chante\u00a0: \u201cEt les impies se convertiront \u00e0 toi\u201d<a title=\"\" href=\"#_ftn61\">[61]<\/a>\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn62\">[62]<\/a>&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0* * * * *<\/p>\n<p>En <b>conclusion<\/b>, nous devons dire que nous n\u2019avons fait que laisser par\u00adler les canons eccl\u00e9siaux et les p\u00e8res synodaux. Et cela parce que notre priorit\u00e9 \u00e9tait de mettre l\u2019auditeur et le lecteur en contact avec les textes de la Tradition canonique de l\u2019\u00c9glise, qui concernent notre question, et de consid\u00e9rer notre sujet aussi bien dans son extension que dans sa profondeur. Ici encore, sans m\u00eame y prendre garde, nous avons \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 montrer comment la Bio\u00e9thique entre directement ou indirectement dans l\u2019espace de la Pastorale de l\u2019\u00c9glise. Nous aussi pouvons dire, en citant les paroles de saint Basile, que \u00ab\u00a0[&#8230;] ce\u00adpendant, [&#8230;], vu que par la gr\u00e2ce de Dieu l\u2019\u00c9glise va gagnant tou\u00adjours plus d\u2019influence et que le non-respect de la vie de l\u2019enfant \u201cqui vient\u201d et de l\u2019enfant \u201cavant sa naissance\u201d \u2014 et parfois m\u00eame de l\u2019enfant \u201capr\u00e8s sa nais\u00adsance\u201d \u2014 est aujourd\u2019hui devenu si fr\u00e9quent et r\u00e9pandu, on doit pr\u00eater une attention s\u00e9v\u00e8re tant \u00e0 la signification profonde des faits qu\u2019au sentiment de l\u2019\u00c9criture sainte [&#8230;]\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_ftn63\">[63]<\/a>. Or la question que nous avons examin\u00e9e ici n\u2019est pas exclusivement li\u00e9e \u00e0 une Bio\u00e9thique pr\u00e9tendue orthodoxe, mais surtout elle est li\u00e9e au t\u00e9moignage, t\u00e9moignage salutaire et eschatologique que nous por\u00adtons, nous chr\u00e9tiens, dans un monde fonci\u00e8rement s\u00e9cularis\u00e9 o\u00f9 nous vivons&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Annexes<\/span><\/b><b><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">A. Canons <i>\u201cad hoc\u201d<\/i> sur la question<\/span><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">(par ordre chronologique)<\/p>\n<p>\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">21\/Ancyre (314)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celles qui tuent avec des abortifs les enfants con\u00e7us dans l\u2019adult\u00e8re<\/i>. Les femmes qui se prostituent, et tuent leurs nouveau-n\u00e9s ou qui cherchent \u00e0 les d\u00e9truire dans leur sein, \u00e9taient excommuni\u00e9es par l\u2019an\u00adcienne ordonnance jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie\u00a0; et quelques-uns approuvent cette s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Nous avons adouci cette mesu\u00adre et leur ordonnons de faire dix ans de p\u00e9nitence selon les divers degr\u00e9s\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">22\/Ancyre (314)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers<\/i>. Pour les meurtres volontaires, ils de\u00advront \u00eatre <i>substrati<\/i> (retranch\u00e9s) et ne pourront \u00eatre re\u00e7us compl\u00e8tement qu\u2019\u00e0 la fin de leur vie\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">23\/Ancyre (314)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers involontaires<\/i>. Quant au meurtre invo\u00adlon\u00adtaire, la premi\u00e8re ordonnance exigeait sept ans dans les divers degr\u00e9s pour \u00eatre admis \u00e0 la communion, la seconde n\u2019en demande que cinq\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">2\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celle qui s\u2019est employ\u00e9e \u00e0 tuer l\u2019enfant qu\u2019elle portait dans son sein<\/i>. Celle qui a us\u00e9 des moyens de tuer l\u2019enfant qu\u2019elle portait dans son sein est responsable d\u2019un meurtre. La distinction entre f\u0153tus d\u00e9j\u00e0 form\u00e9 et f\u0153tus non-form\u00e9 n\u2019existe pas chez nous. Dans notre cas, on ne venge pas seulement l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre, mais on punit aussi \u201ccelui qui a attent\u00e9 \u00e0 sa propre vie\u201d, vu que le plus souvent les femmes succombent \u00e0 de tels actes. La mort de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre s\u2019y ajoute, comme un autre meurtre, dans l\u2019esti\u00admation du moins de celles qui osent cela. Il ne faut cependant pas diff\u00e9\u00adrer leur absolution jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure de la mort, mais les admettre \u00e0 la p\u00e9nitence des dix ans, et juger de leur gu\u00e9rison non pas d\u2019apr\u00e8s le temps, mais d\u2019apr\u00e8s leurs dispositions\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">7\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont p\u00e9ch\u00e9 contre nature, et d\u2019autres grands p\u00e9\u00adcheurs<\/i>. Ceux qui ont p\u00e9ch\u00e9 [&#8230;], les meurtriers, les empoisonneurs, [&#8230;], sont sujets \u00e0 la m\u00eame peine. Gardez donc \u00e0 leur sujet la norme que vous avez d\u00e9j\u00e0 pour les autres. Quant \u00e0 ceux qui ont accompli une p\u00e9nitence de trente ans pour l\u2019impuret\u00e9 commise par ignorance, il n\u2019y avait pas \u00e0 h\u00e9siter de les r\u00e9\u00adconcilier\u00a0; car l\u2019ignorance les rend d\u00e9j\u00e0 dignes de pardon, de plus la confes\u00adsion faite spontan\u00e9ment et la dur\u00e9e d\u2019un si long laps de temps\u00a0: c\u2019est presque pendant toute une vie d\u2019homme qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 Satan, pour ap\u00adpren\u00addre \u00e0 ne pas commettre d\u2019impuret\u00e9. Par cons\u00e9quent, veuillez ordonner qu\u2019on les r\u00e9conci\u00adlie sans aucun retard d\u00e9sormais, surtout s\u2019ils implorent avec lar\u00admes votre mi\u00ads\u00e9ricorde et montrent une vie digne de toute condescendan\u00adce\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">8\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>[Du meurtre et du meurtrier] Quel p\u00e9ch\u00e9 est volontaire et quel est involontaire<\/i>. Celui qui, dans sa col\u00e8re, s\u2019est servi d\u2019une hache contre son \u00e9pouse est un meurtrier. Vous avez bien fait de me rappeler \u2014 et c\u2019est digne de votre pru\u00addence \u2014, de vous en parler plus longuement, car il y a de nombreuses distinctions \u00e0 faire entre meurtres volontaires et involontaires. C\u2019est un meurtre totalement involontaire et \u00e9loign\u00e9 de l\u2019intention de celui qui l\u2019a commis que d\u2019avoir touch\u00e9 un homme en lan\u00e7ant une pierre contre un chien ou vers un arbre\u00a0; le but, c\u2019\u00e9tait de se d\u00e9fendre contre la b\u00eate ou de faire tomber le fruit, le passant n\u2019a re\u00e7u le coup que par hasard\u00a0; par cons\u00e9quent, un tel fait est involontaire. De l\u2019involontaire aussi, c\u2019est de frapper quelqu\u2019un avec une lani\u00e8re ou un b\u00e2ton flexible pour l\u2019amener \u00e0 de meilleurs sentiments et que celui-ci meure sous les coups\u00a0; c\u2019est l\u2019intention qu\u2019il faut examiner ici\u00a0: qu\u2019il voulait corriger le p\u00e9cheur, non le tuer. Parmi les invo\u00adlontaires aussi est \u00e0 placer le fait qu\u2019en se d\u00e9fendant dans une lutte on a port\u00e9 des coups sans merci avec un b\u00e2ton ou de la main contre les parties vitales, pour faire du mal, non pour tuer\u00a0; bien que cela approche d\u00e9j\u00e0 du volon\u00adtai\u00adre, car celui qui s\u2019est servi d\u2019un tel instrument pour sa d\u00e9fense ou qui a port\u00e9 le coup sans merci, d\u00e9montre qu\u2019il n\u2019a pas voulu \u00e9pargner son adver\u00adsaire, parce qu\u2019il \u00e9tait emport\u00e9 par sa passion. \u00c9galement, celui qui s\u2019est m\u00eame servi d\u2019un lourd b\u00e2ton ou d\u2019une pierre plus grande que ne le permet la force humaine, est rang\u00e9 parmi les meurtriers involontaires, se proposant de faire autre chose que ce qu\u2019il a fait\u00a0; car, sous l\u2019effet de la col\u00e8re, il porta un tel coup que l\u2019adversaire frapp\u00e9 en mourut, bien que son intention f\u00fbt de lui rompre peut-\u00eatre les os, non de le tuer compl\u00e8tement. Tandis que celui qui s\u2019est servi d\u2019une \u00e9p\u00e9e ou d\u2019un objet semblable n\u2019a aucune excuse, surtout ce\u00adlui qui a lanc\u00e9 la hache\u00a0; car il n\u2019a pas frapp\u00e9 de la main, de mani\u00e8re \u00e0 pou\u00advoir mesurer ses coups, mais il a lanc\u00e9 la hache, en sorte que le coup fut for\u00adc\u00e9ment fatal par suite du poids du fer, de son tranchant et de l\u2019\u00e9lan imprim\u00e9. Volontaire est encore, totalement et sans laisser de doute, le fait des bandits et des combats de guerre\u00a0; ceux-l\u00e0, en effet, voulant avoir l\u2019argent, tuent afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 toute investigation, et ceux qui sont en guerre en viennent \u00e0 tuer en se proposant ouvertement, non de faire peur ou de corriger, mais de tuer les adversaires. \u00c9galement, m\u00eame si quelqu\u2019un, pour un motif de magie, verse \u00e0 boire un philtre et cause la mort, nous consid\u00e9rons cela comme un meurtre volontai\u00adre\u00a0; ainsi agissent souvent les femmes, cherchant au moyen d\u2019incantations et de charmes \u00e0 se faire aimer par les hommes et leur faisant prendre des philtres qui provoquent des \u00e9tourdis\u00adse\u00adments d\u2019esprit\u00a0; celles-l\u00e0, si elles causent la mort, bien qu\u2019elles se fussent propos\u00e9 autre chose que ce qu\u2019elles firent, ce\u00adpendant sont compt\u00e9es parmi les meurtriers volon\u00adtaires, \u00e0 cause de la magie et de l\u2019interdiction des pratiques de cette sorte. Celles-l\u00e0 aussi qui donnent les poisons abortifs sont des meurtri\u00e8res, comme celles qui re\u00e7oivent les poisons \u00e0 tuer les enfants qu\u2019elles portent dans leur sein. En voil\u00e0 donc pour ces cas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">33\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celle qui a accouch\u00e9 d\u2019un enfant pendant le voyage et n\u00e9glig\u00e9 le nouveau-n\u00e9<\/i>. La femme qui a accouch\u00e9 d\u2019un enfant pendant le voyage et n\u00e9glig\u00e9 le nouveau-n\u00e9, qu\u2019elle ait \u00e0 r\u00e9pondre du meurtre\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">52\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celle qui a mis au monde pendant le voyage<\/i>. Celle qui, pendant le voyage, a laiss\u00e9 mourir l\u2019enfant qu\u2019elle venait de mettre au monde, si pouvant le sauver elle a n\u00e9glig\u00e9 de le faire, soit qu\u2019elle cr\u00fbt cacher par l\u00e0 son p\u00e9ch\u00e9, soit qu\u2019elle y f\u00fbt pouss\u00e9e par une pens\u00e9e bestiale et in\u00adhu\u00admaine, sera consid\u00e9r\u00e9e comme coupable de meurtre. Mais si elle n\u2019a pu l\u2019entourer de soins, et le nouveau-n\u00e9 a p\u00e9ri par suite de la solitude et du manque du n\u00e9cessaire, la m\u00e8re doit en \u00eatre excus\u00e9e\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">54\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De l\u2019explication d\u00e9j\u00e0 faite sur les diff\u00e9rences entre meur\u00adtres involontaires<\/i>. Les diff\u00e9rences que pr\u00e9sentent les meurtres involon\u00adtai\u00adres, je me rappelle les avoir expos\u00e9es autant que cela m\u2019\u00e9tait possible dans ma lettre d\u2019il y a quelque temps \u00e0 votre pi\u00e9t\u00e9\u00a0; je n\u2019y puis rien ajouter, et il ap\u00adpartient \u00e0 votre prudence de renforcer ou de diminuer les p\u00e9nitences, selon la particularit\u00e9 de chaque cas\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">56\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Des meurtriers volontaires<\/i>. Celui qui a tu\u00e9 volontaire\u00adment, puis s\u2019en est repenti, restera vingt ans sans communier aux dons sanc\u00adtifi\u00e9s. Les vingt ann\u00e9es lui seront compt\u00e9es de la mani\u00e8re suivante\u00a0: pendant quatre ans, il devra \u00eatre avec les pleurants se tenant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la porte de la maison de pri\u00e8re, et demandera aux fid\u00e8les qui entrent de prier pour lui, en confessant publiquement son iniquit\u00e9\u00a0; apr\u00e8s ces quatre ans, il sera re\u00e7u parmi les auditeurs et sortira avec eux de l\u2019\u00e9glise, cela pendant cinq ans\u00a0; pendant sept ans, il priera avec les prostern\u00e9s et sortira de l\u2019\u00e9glise avec eux\u00a0; pendant quatre ans, il assistera simplement parmi les fid\u00e8les, mais ne participera pas \u00e0 l\u2019offrande\u00a0; et lorsque tout cela sera accompli, il prendra part aux dons sanctifi\u00e9s\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">57\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Des meurtres involontaires<\/i>. Celui qui a tu\u00e9 involontaire\u00adment restera dix ans sans communier aux dons sanctifi\u00e9s. Les dix ans lui se\u00adront fix\u00e9s de la mani\u00e8re suivante\u00a0: il sera deux ans parmi les pleurants, trois avec les auditeurs, quatre parmi les prostern\u00e9s, il assistera simplement pen\u00addant un an et ensuite il sera admis aux saints dons\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">5\/Gr\u00e9goire Nys. (\u2020 395)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>(a) De la partie irascible de l\u2019\u00e2me<\/i>. Il nous reste encore \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 l\u2019examen de la partie irascible de l\u2019\u00e2me, lorsque celle-ci, d\u00e9laissant le bon usage de la col\u00e8re, tombe dans le p\u00e9ch\u00e9. Nombreux sont certes les actes de la col\u00e8re menant au p\u00e9ch\u00e9, et tous mauvais\u00a0; mais nos P\u00e8res se sont plu \u00e0 ne pas chercher \u00e0 tous les pr\u00e9ciser ni n\u2019ont estim\u00e9 impor\u00adtant de chercher le moyen de gu\u00e9rir toutes les fautes provenant de la col\u00e8re, bien que l\u2019Ecriture interdise non seulement les coups, mais m\u00eame toute in\u00adjure et tout blasph\u00e8me et tout acte semblable, que la col\u00e8re fait commettre\u00a0; et ils ne nous ont mis en garde par les p\u00e9nitences fix\u00e9es que contre le crime sacril\u00e8ge du meurtre. On distinguera pour ce p\u00e9ch\u00e9 selon qu\u2019il fut volontaire ou involontaire. Parmi les meurtres sera volontaire premi\u00e8rement celui qu\u2019on a os\u00e9 perp\u00e9trer apr\u00e8s pr\u00e9m\u00e9ditation, en arrangeant tout pour com\u00admettre ce crime sacril\u00e8ge\u00a0; on a ensuite compt\u00e9 parmi les meurtres volon\u00adtaires, si quelqu\u2019un dans une rixe et un combat, donnant et recevant des coups, porte de sa propre main un coup fatal contre l\u2019adversaire\u00a0; car \u00e0 celui qui fut d\u00e9j\u00e0 domin\u00e9 par l\u2019ire et s\u2019est abandonn\u00e9 \u00e0 l\u2019explosion de la col\u00e8re, il ne saurait pendant l\u2019emporte\u00adment de la passion venir \u00e0 l\u2019esprit aucun des moyens capables d\u2019arr\u00eater le mal\u00a0; par cons\u00e9quent, le meurtre qui a r\u00e9sult\u00e9 de la rixe sera at\u00adtribu\u00e9 \u00e0 la volont\u00e9 libre comme son \u0153uvre et non point \u00e0 un hasard malheu\u00adreux. Quant aux meurtres involontaires, ils ont pour signe dis\u00adtinctif \u00e9vident, qu\u2019en s\u2019appliquant \u00e0 autre chose l\u2019on commet par un hasard malheureux quelque chose d\u2019irr\u00e9parable. En cette mati\u00e8re donc, le vrai meurtre requiert trois p\u00e9riodes de temps pour ceux qui, repentant, font p\u00e9ni\u00adtence pour le crime sacril\u00e8ge volontaire\u00a0; en ef\u00adfet, ils ont \u00e0 accomplir trois s\u00e9ries de neuf ans, neuf ans \u00e9tant fix\u00e9s pour chaque degr\u00e9\u00a0; ainsi dans la to\u00adtale excommunication le meurtrier passera neuf ans exclu de l\u2019\u00e9glise\u00a0; autant d\u2019ann\u00e9es, il demeurera parmi les auditeurs, autoris\u00e9s \u00e0 n\u2019entendre que la lecture des P\u00e8res et celle de l\u2019\u00c9criture et \u00e0 y assis\u00adter avec le peuple fid\u00e8le\u00a0; la troisi\u00e8me s\u00e9rie de neuf ans, il priera avec les prostern\u00e9s p\u00e9nitents et alors seulement il en arrivera \u00e0 la participation au saint don. \u00c9videmment, la m\u00eame distinction sera faite \u00e0 son \u00e9gard par celui qui administre l\u2019\u00e9glise, et en proportion de son repentir on lui abr\u00e8gera la dur\u00e9e de sa p\u00e9nitence, en sorte qu\u2019au lieu de neuf ans dans chaque degr\u00e9 il n\u2019en fasse que huit ou sept ou six ou m\u00eame cinq, si certes la grandeur de son repentir l\u2019emporte sur la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence et que par l\u2019ardeur mise \u00e0 se corriger il surpasse ceux qui dans la longue p\u00e9nitence se purifient de leur souillure avec un peu trop de noncha\u00adlance. Quant au meurtre involontaire, il fut certes jug\u00e9 excu\u00adsable, mais point louable\u00a0; j\u2019ai dit cela pour expliquer pourquoi la r\u00e8gle tradition\u00adnelle ordonne que, m\u00eame si l\u2019on est tomb\u00e9 involontairement dans la souillure du meurtre, on sera priv\u00e9 de la gr\u00e2ce du sacerdoce, parce que l\u2019on aura \u00e9t\u00e9 profan\u00e9 par ce crime sacril\u00e8ge. Le temps de purification, fix\u00e9 pour la simple fornication, est aussi celui qu\u2019on a cru bon d\u2019appliquer aux meurtriers involontaires. \u00c9videmment, m\u00eame dans ce cas, la volont\u00e9 du p\u00e9nitent sera examin\u00e9e, en sorte que si son repentir le m\u00e9rite, on n\u2019observera absolument pas le nombre des ann\u00e9es, mais, par un chemin raccourci, on lui accordera d\u2019\u00eatre r\u00e9tabli dans l\u2019\u00e9glise et de participer au saint don.<\/p>\n<p><i>(b) De ceux qui, avant d\u2019accomplir le temps de leur p\u00e9nitence, sont sur le point de tr\u00e9passer<\/i>. Si d\u2019autre part, quelqu\u2019un avant d\u2019avoir accompli le temps fix\u00e9 par les r\u00e8gles traditionnelles tr\u00e9passe, la mis\u00e9ricorde de nos p\u00e8res veut qu\u2019il entreprenne ce dernier et long voyage, apr\u00e8s avoir re\u00e7u les dons sancti\u00adfi\u00e9, et non point priv\u00e9 du viatique. Si cependant apr\u00e8s avoir pris part au don sanctifi\u00e9, il revient \u00e0 la vie, il attendra le temps fix\u00e9, restant dans le degr\u00e9 m\u00eame de p\u00e9nitence, dans lequel il se trouvait au moment o\u00f9 par n\u00e9cessit\u00e9 il avait re\u00e7u la communion\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">91\/Quinisexte (691)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Des peines canoniques contre celles qui donnent et re\u00e7oivent des poisons abortifs<\/i>. Les femmes qui procurent les rem\u00e8des abor\u00adtifs et celles qui absorbent les poisons destin\u00e9s tuer l\u2019enfant qu\u2019elles por\u00adtent, nous les soumettons \u00e0 la sanction canonique du meurtrier\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b><span style=\"text-decoration: underline;\">B. Canons <i>\u201cnon ad hoc\u201d<\/i> sur la question<\/span><\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">(par ordre chronologique)<\/p>\n<p>\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">27\/Ap\u00f4tres (2<sup>e<\/sup>-3<sup>e<\/sup> s.)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De tout clerc qui bat les fid\u00e8les p\u00e9cheurs<\/i>. Si un \u00e9v\u00eaque, un pr\u00eatre ou un diacre frappe les fid\u00e8les p\u00e9cheurs, ou les infi\u00add\u00e8les qui ont fait du mal, et veut par l\u00e0 leur faire peur, nous ordonnons que celui-l\u00e0 soit d\u00e9pos\u00e9\u00a0; car le Seigneur ne nous a nulle part enseign\u00e9 cela, bien au contraire, frapp\u00e9, il n\u2019a pas rendu les coups, \u201cinsult\u00e9, il n\u2019a pas insult\u00e9 en retour, sou\u00admis \u00e0 des souffrances, il n\u2019a pas menac\u00e9 de les rendre\u201d\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">66\/Ap\u00f4tres (2<sup>e<\/sup>-3<sup>e<\/sup> s.)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celui qui a donn\u00e9 un seul coup \u00e0 quelqu\u2019un et l\u2019a tu\u00e9<\/i>. Si un clerc pendant une dispute frappe quelqu\u2019un et le tue du premier coup donn\u00e9, qu\u2019il soit d\u00e9pos\u00e9 pour ne s\u2019\u00eatre pas domin\u00e9. Si c\u2019est un la\u00efc, qu\u2019il soit excommuni\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">12\/Ier (325)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont quitt\u00e9 les rangs de l\u2019arm\u00e9e, puis retourn\u00e8rent dans le \u201c\u00e9on pr\u00e9sent\u201d<\/i>. [&#8230;] Mais pour ces p\u00e9nitents il faut avoir soin d\u2019\u00e9tudier leurs sentiments et leur genre de contrition\u00a0; en effet, ceux d\u2019entre eux qui avec crainte et des larmes accompagn\u00e9es de pa\u00adtience et de bonnes \u0153uvres, montrent ainsi par des faits la sinc\u00e9rit\u00e9 d\u2019un re\u00adtour r\u00e9el, apr\u00e8s avoir ac\u00adcompli le temps de leur p\u00e9nitence parmi les <i>audientes<\/i>, pourront \u00eatre admis \u00e0 prier avec les fid\u00e8les, et il d\u00e9pend m\u00eame de l\u2019\u00e9v\u00eaque de les traiter avec quelque plus d\u2019indulgence. Quant \u00e0 ceux qui sup\u00adportent avec indiff\u00e9rence la p\u00e9nitence impos\u00e9e et pensent que cette sorte d\u2019admission \u00e0 l\u2019\u00c9glise suffit \u00e0 leur retour, ceux-l\u00e0 seront tenus de faire tout le temps prescrit\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">13\/Ier (325)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui demandent \u00e0 \u00eatre re\u00e7us \u00e0 la communion \u00e0 l\u2019heure de la mort<\/i>. On doit observer \u00e0 l\u2019\u00e9gard des mourants l\u2019antique et tradition\u00adnelle loi de ne pas priver du dernier et si n\u00e9cessaire viatique celui qui est pr\u00e8s de mourir. Si apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 dans un \u00e9tat d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et admis \u00e0 la com\u00admunion, il revient \u00e0 la vie, il doit \u00eatre plac\u00e9 parmi ceux qui ne participent qu\u2019\u00e0 la pri\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accomplissement du temps fix\u00e9 par ce grand Concile \u0153cum\u00e9nique. De m\u00eame, l\u2019\u00e9v\u00eaque ne doit donner l\u2019eucharistie qu\u2019apr\u00e8s en\u00adqu\u00eate \u00e0 toute per\u00adsonne qui, \u00e9tant sur ce point de mourir, la demande\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">1\/Athanase (\u2020 373)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0[&#8230;]. Car, m\u00eame pour les autres actes de la vie, nous constaterons ces diff\u00e9rences d\u2019appr\u00e9ciations selon les circonstances o\u00f9 ils ont lieu\u00a0; par exemple, il n\u2019est pas permis de tuer, [&#8230;]\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">3\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0[&#8230;] Voil\u00e0 ce qu\u2019il en est des normes re\u00e7ues de p\u00e9nitence. Mais la vraie gu\u00e9rison, c\u2019est de fuir le p\u00e9ch\u00e9\u00a0; par cons\u00e9quent, celui qui a trahi la gr\u00e2ce pour le plaisir charnel nous donnera la parfaite preuve de sa gu\u00e9rison en ch\u00e2tiant sa chair et la soumettant enti\u00e8rement \u00e0 la temp\u00e9rance par la fuite des plaisirs qui ont caus\u00e9 sa ruine. Il nous faut donc conna\u00eetre les deux voies, celle de la stricte observance et celle de la coutume, et suivre la norme \u00e9tablie par l\u2019usage \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ceux qui se refusent \u00e0 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">11\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont tu\u00e9 involontairement<\/i>. Celui qui a commis le meurtre involontaire est suffisamment puni par la p\u00e9nitence de onze ans\u00a0; il est \u00e9vident qu\u2019\u00e0 propos des bless\u00e9s nous observerons la remarque de Mo\u00efse, et celui qui s\u2019est affaiss\u00e9 sous les coups re\u00e7us, mais s\u2019est remis \u00e0 marcher en s\u2019appuyant sur son b\u00e2ton, nous ne le consid\u00e9rerons pas comme un homme tu\u00e9\u00a0; et m\u00eame s\u2019il ne s\u2019est pas relev\u00e9 apr\u00e8s les coups, le donneur des coups, parce qu\u2019il ne s\u2019est pas propos\u00e9 de le faire mourir, sera certes un meurtrier, mais involontaire \u00e0 cause de son intention\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">13\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui ont tu\u00e9 en guerre<\/i>. Les meurtres commis pen\u00addant les combats de la guerre, nos p\u00e8res ne les ont pas consid\u00e9r\u00e9s comme des meurtres, excusant par l\u00e0, me semble-t-il, ceux qui ont pris la d\u00e9fense de la justice et de la religion. Il serait cependant bien de leur conseiller de s\u2019abstenir de la communion seule pendant trois ans, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas les mains pures\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">43\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De celui qui a donn\u00e9 \u00e0 son prochain un coup mortel<\/i>. Celui qui a donn\u00e9 \u00e0 son prochain un coup causant la mort est un meurtrier, soit qu\u2019il ait commenc\u00e9, soit qu\u2019il f\u00fbt en \u00e9tat de d\u00e9fense\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">55\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui entr\u00e8rent en campagne contre les bandits<\/i>. Ceux qui entr\u00e8rent en campagne contre les bandits, si ce sont des la\u00efcs, seront priv\u00e9s de la participation aux saints dons\u00a0; et s\u2019ils sont clercs, d\u00e9pos\u00e9s\u00a0; car \u201cQuiconque s\u2019est servi de l\u2019\u00e9p\u00e9e, dit l\u2019\u00c9criture, p\u00e9rira par l\u2019\u00e9p\u00e9e\u201d\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">74\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui furent condamn\u00e9s \u00e0 cause des p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s<\/i>. Si n\u00e9anmoins chacun de ceux qui sont tomb\u00e9s dans les p\u00e9ch\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9s se montre plein de z\u00e8le dans le temps de la p\u00e9nitence, celui \u00e0 qui la bont\u00e9 de Dieu a confi\u00e9 le pouvoir de lier et de d\u00e9lier ne m\u00e9ritera pas de bl\u00e2me s\u2019il se montre mis\u00e9ricordieux et diminue la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence en constatant le repentir extraordinaire du p\u00e9cheur, puisque le r\u00e9cit de l\u2019\u00c9criture sainte nous apprend que le repentir accompagn\u00e9 d\u2019une douleur tr\u00e8s grande obtient rapi\u00addement le pardon de la bont\u00e9 de Dieu\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">84\/Basile (\u2020 378)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>De ceux qui font bon usage des p\u00e9nitences impos\u00e9es<\/i>. Nous vous avons expos\u00e9 tout cela afin que vous examiniez bien les fruits de la p\u00e9ni\u00adtence\u00a0; certainement, ce n\u2019est pas sur la dur\u00e9e de la p\u00e9nitence que se fon\u00addera notre jugement, mais nous ferons attention \u00e0 la qualit\u00e9 du repentir. Si cepen\u00addant ils se laissent difficilement arracher \u00e0 leurs habitudes, et pr\u00e9f\u00e8\u00adrent \u00eatre esclaves des plaisirs de la chair que de servir le Seigneur et n\u2019acceptent pas de vivre selon l\u2019\u00c9vangile, nous n\u2019aurons rien de commun avec eux\u00a0; on nous a en effet enseign\u00e9, \u00e0 propos d\u2019un peuple d\u00e9sob\u00e9issant et ent\u00eat\u00e9, d\u2019ob\u00e9ir au pr\u00e9cepte\u00a0: \u201cT\u00e2che de sauver ton \u00e2me \u00e0 toi\u201d\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u2014 <b><span style=\"text-decoration: underline;\">102\/Quinisexte (691)<\/span>\u00a0:<\/b> \u00ab\u00a0<i>Qu\u2019il faut examiner les dispositions du p\u00e9cheur et la qualit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9<\/i>. Ceux qui ont re\u00e7u de Dieu le pouvoir de d\u00e9lier et de lier doivent examiner la qualit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 et la promptitude au retour du p\u00e9cheur lui-m\u00eame, et alors seulement ordonner le rem\u00e8de appropri\u00e9, de peur qu\u2019en manquant de mesure dans l\u2019un ou l\u2019autre sens, il n\u2019obtienne point le salut du malade. En effet, la maladie du p\u00e9ch\u00e9 n\u2019est pas simple dans sa nature, mais complexe et vari\u00e9e, poussant des ramifications nombreuses du mal, gr\u00e2ce auxquelles le mal s\u2019\u00e9tend et progresse, jusqu\u2019au moment o\u00f9 il est arr\u00eat\u00e9 gr\u00e2ce au pouvoir du m\u00e9decin. Le praticien de la m\u00e9decine du Saint Esprit doit donc en tout premier lieu examiner la disposition du p\u00e9cheur, et voir s\u2019il tend de lui-m\u00eame vers la sant\u00e9, ou si au contraire par sa conduite il provoque sa propre maladie\u00a0; comment il se conduit dans le temps de la cure, s\u2019il ne s\u2019oppose pas \u00e0 l\u2019art du praticien et que l\u2019ulc\u00e8re de l\u2019\u00e2me ne s\u2019\u00e9tale pas \u00e0 cause des m\u00e9dicaments appos\u00e9s\u00a0; et mesurer la mis\u00e9ricorde en cons\u00e9quence. La vo\u00adlont\u00e9 de Dieu et de l\u2019homme \u00e0 qui fut confi\u00e9 l\u2019office pastoral est de ramener la brebis \u00e9gar\u00e9e, de gu\u00e9rir la morsure du serpent, sans pousser l\u2019homme dans le pr\u00e9cipice de la d\u00e9sesp\u00e9rance, ni lui rel\u00e2cher les reines jusqu\u2019\u00e0 une vie dis\u00adsolue et pleine de m\u00e9pris\u00a0; de toutes mani\u00e8res, soit par des rem\u00e8des aust\u00e8res et amers, soit par d\u2019autres doux et calmants, s\u2019opposer au mal et s\u2019efforcer de cicatriser l\u2019ulc\u00e8re, est l\u2019unique but de celui qui juge des fruits du repentir et avec prudence prend soin de l\u2019homme appel\u00e9 \u00e0 l\u2019illumination c\u00e9leste. Donc, \u201cil nous faut conna\u00eetre les deux m\u00e9thodes, celle de l\u2019exacte observation des commandements et celle de l\u2019exp\u00e9rience, et suivre, \u00e0 propos de ceux qui ne consentent pas \u00e0 accepter la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, la m\u00e9thode traditionnelle\u201d, comme nous l\u2019enseigne saint Basile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><b>Sommaire<\/b><\/p>\n<p><b><\/b><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Texte<\/span><\/b><\/p>\n<p>\u2014 <i>Status Quaestionis<\/i><\/p>\n<p><b>I. Les Textes canoniques \u201cnon <i>ad hoc<\/i>\u201d<\/b><\/p>\n<p>\u2022 La \u201c<i>Didach\u00e8<\/i> des Douze Ap\u00f4tres\u201d<br \/>\n\u2022 La \u201cLettre \u00e0 Diogn\u00e8te\u201d<\/p>\n<p><b>II. Les Canons (<i>Corpus canonum<\/i>) de l\u2019\u00c9glise<\/b><\/p>\n<p>A. L\u2019enfant \u201c<i>avant<\/i> sa naissance\u201d (l\u2019enfant con\u00e7u et le f\u0153tus)<\/p>\n<p>a) L\u2019avortement (<i>meurtre volontaire<\/i>)<br \/>\nb) La fausse-couche (\u201c<i>meurtre involontaire<\/i>\u201d)<\/p>\n<p>B. L\u2019enfant \u201c<i>apr\u00e8s<\/i> sa naissance\u201d (l\u2019enfant n\u00e9)<\/p>\n<p>a) Le meurtre de l\u2019enfant (<i>meurtre direct<\/i>)<br \/>\nb) L\u2019abandon du nouveau-n\u00e9 (<i>meurtre indirect<\/i>)<\/p>\n<p><strong>III. L\u2019Herm\u00e9neutique canonique<\/strong><\/p>\n<p><b>IV. La mis\u00e9ricorde de l\u2019\u00c9glise \u00e0 travers son <i>\u00e9conomie canonique<\/i><\/b><\/p>\n<p><b><span style=\"text-decoration: underline;\">Annexes<\/span><\/b><\/p>\n<p>A. Canons <i>\u201cad<b> <\/b>hoc\u201d<\/i> sur la question (par ordre chronologique)<br \/>\nB. Canons <i>\u201cnon ad hoc\u201d<\/i> sur la question (par ordre chronologique)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>\u00a0\u00a0 Texte publi\u00e9 dans <i>Bio\u00c9thique orthodoxe<\/i> (Actes du 3<sup>e<\/sup> Colloque-15 avril 2000), t. III, Paris, Association orthodoxe d\u2019\u00c9tudes Bio-\u00c9thiques\/Institut de Th\u00e9ologie Orthodoxe Saint-Serge, 2001, p. 57-102, et dans <i>Usk ja Elu<\/i> [Tallinn], vol. 7 (1\/2009), p. 19-43 (en estonien).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0\u00a0 <i>Jn<\/i> 14, 6.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0\u00a0 Cf. <i>Gn<\/i> 1, 26-27.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>\u00a0\u00a0 Canon 87\/Basile\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a><i>\u00a0\u00a0 Didach\u00e8 des Douze Ap\u00f4tres<\/i>, I, 1-2\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a><i>\u00a0\u00a0 Ibid<\/i>., II, 1-2.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a><i>\u00a0\u00a0 Ibid<\/i>., IV, 14.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a><i>\u00a0\u00a0 Lettre \u00e0 Diogn\u00e8te<\/i>, V, 6\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a>\u00a0\u00a0 J.-P. Audet, <i>La Didach\u00e9. Instructions des Ap\u00f4tres<\/i>, Paris, J. Gabalda et Cie\u00a0(coll. \u00c9tudes Bibliques), 1958, p. 288.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a>\u00a0 Cf. <i>Ex<\/i> 21, 22.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a><i>\u00a0 Ibid<\/i>., p. 289.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a><i>\u00a0 Didach\u00e8 des Douze Ap\u00f4tres<\/i>, III, 1.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a><i>\u00a0 Ibid<\/i>., I, 2.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a><i>\u00a0 Ibid<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a><i>\u00a0 Ibid<\/i>., V, 1. 3.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a><i>\u00a0 Ibid<\/i>., VI, 1.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a>\u00a0 Canon 87\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a>\u00a0 Canon 2\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a>\u00a0 Canon 22\/Ancyre.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0 Canon 91\/Quinisexte.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a>\u00a0 Canon 2\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a>\u00a0 Cf. <i>Ex<\/i>. 21, 22-25.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a>\u00a0 Voir le commentaire canonique sur le canon 2\/Basile de Th. Balsamon, in <i>Syntagma<\/i>, vol. 4, p. 98.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a>\u00a0 Canon 7\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a>\u00a0 Canon 21\/Ancyre\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a>\u00a0 Canon 8\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a>\u00a0 Canon 56\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a>\u00a0 Canon 5\/Gr\u00e9goire Nysse\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a>\u00a0 Canon 7\/Basile\u00a0; soulign\u00e9 par nous.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a>\u00a0 Voir <i>Euchologe ou Rituel de l\u2019\u00c9glise orthodoxe<\/i> (Textes r\u00e9unis et traduits par l\u2019Archimandrite Alexandre Nelidow et Antoine Nivi\u00c8re), \u00e9d. Paix, Messager du Monast\u00e8re orthodoxe fran\u00e7ais Saint Nicolas de la Dalmerie, Le Bousquet d\u2019Orb, 1979, p. 4-5. De m\u00eame, D. Guillaume (\u00e9dit\u00e9 par) <i>Grand Euchologe et Arkhi\u00e9ratikon<\/i>, Parma, Dia\u00adconie Apostolique, 1992, p. 10-11. Texte rectifi\u00e9 par nous \u00e0 partir du texte original hel\u00adl\u00e8ne.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a>\u00a0 Canon 8\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a>\u00a0 Canon 23\/Ancyre.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a>\u00a0 Voir <i>supra<\/i>. De m\u00eame, cette \u201cpremi\u00e8re ordonnance\u201d peut \u00eatre discern\u00e9e dans le canon sui\u00advant\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Des meurtres involontaires<\/i>. Celui qui a tu\u00e9 involontai\u00adrement restera dix ans sans communier aux dons sanctifi\u00e9s. Les dix ans lui seront fix\u00e9s de la mani\u00e8re suivante\u00a0: il sera deux ans parmi les pleurants, trois avec les auditeurs, quatre parmi les prostern\u00e9s, il assis\u00adtera simplement pendant un an et ensuite il sera admis aux saints dons\u00a0\u00bb (canon 57\/Ba\u00adsi\u00adle).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a>\u00a0 Canon 5\/Gr\u00e9goire Nysse.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a>\u00a0 Il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son canon 8 (voir <i>supra<\/i>, et dans l\u2019Annexe A), qui est une lettre cano\u00adnique (\u00e9p\u00eetre A) \u00e0 Amphiloque, \u00e9v\u00eaque d\u2019Iconium.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a>\u00a0 Canon 54\/Basile\u00a0; soulign\u00e9 par nous. L\u00e0, c\u2019est vraiment la d\u00e9finition de l\u2019\u00c9conomie adop\u00adt\u00e9e au sein de l\u2019\u00c9glise.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a>\u00a0 Canon 1\/Athanase.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a>\u00a0 Canon 21\/Ancyre.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a>\u00a0 Canon 52\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref40\">[40]<\/a>\u00a0 Canon 33\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref41\">[41]<\/a>\u00a0 Canon 52\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref42\">[42]<\/a>\u00a0 Cf. le commentaire canonique sur le canon 101\/Quinisexte de Th. Balsamon, in <i>Syntag\u00adma<\/i>, vol. 2, p. 520.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref43\">[43]<\/a>\u00a0 Voir les deux collections canoniques comment\u00e9es de l\u2019\u00c9glise orthodoxe, a) G. A. Rhallis-M. Potlis, <i>Syntagma des saints Canons <\/i>[Recueil de canons], t. i-vi, Ath\u00e8nes, 1852-1859 (en grec), et b) <i>Pidalion<\/i> [Recueil de canons] des St Nicod\u00e8me l\u2019Hagiorite et Agapios L\u00e9onardos, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Leibzig en 11800\u00a0; Ath\u00e8nes, Astir, 111993, 789 p. (en grec). De m\u00eame, sa traduction en anglais [faite par D. Cummings]\u00a0: <i>The Rudder of the Orthodox Catholic Church<\/i>, Chicago, The Orthodox Christian Educational Society, 11957\u00a0; New York, 21983, 1084 p. Cf. <i>Kormcha\u00efa Kniga<\/i> (11649-1653) et <i>Kniga Pravil<\/i> (11839).<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref44\">[44]<\/a>\u00a0 Voir le commentaire canonique sur le canon 33\/Basile de Th. Balsamon, in <i>Syntagma<\/i>, vol. 4, p. 176.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref45\">[45]<\/a>\u00a0 Citation du canon 3\/Basile, <i>in fine<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref46\">[46]<\/a>\u00a0 Canon 102\/Quinisexte.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a>\u00a0 Canon 2\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref48\">[48]<\/a>\u00a0 Canon 74\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref49\">[49]<\/a>\u00a0 <i>Gn<\/i> 19, 17.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref50\">[50]<\/a>\u00a0 Canon 84\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref51\">[51]<\/a>\u00a0 Canon 4\/Denys.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref52\">[52]<\/a>\u00a0 Canon 5\/Gr\u00e9goire Nysse.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref53\">[53]<\/a>\u00a0 Canon 5\/Gr\u00e9goire Nysse.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref54\">[54]<\/a>\u00a0 Canon 7\/Basile.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref55\">[55]<\/a>\u00a0 Canon 5\/Gr\u00e9goire Nysse\u00a0; adapt\u00e9 par nous au cadre de notre propos.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref56\">[56]<\/a>\u00a0 Canon 54\/Basile\u00a0; soulign\u00e9 par nous. Cf. le commentaire canonique sur le canon 2\/Basile de Th. Balsamon, in <i>Syntagma<\/i>, vol. 4, p. 98.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref57\">[57]<\/a><i>\u00a0 Ps<\/i> 118, 17.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref58\">[58]<\/a><i>\u00a0 Ps<\/i> 50, 11.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref59\">[59]<\/a><i>\u00a0 Ps<\/i> 50, 13.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref60\">[60]<\/a><i>\u00a0 Ps<\/i> 50, 14.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a><i>\u00a0 <\/i><i>Ibid<\/i>.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref62\">[62]<\/a>\u00a0 Canon 1\/Athanase.<br \/>\n<a title=\"\" href=\"#_ftnref63\">[63]<\/a>\u00a0 Canon 18\/Basile.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prof. Hdr. Archim. Grigorios D. 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