{"id":9681,"date":"2015-03-24T11:03:20","date_gmt":"2015-03-24T09:03:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.eoc.ee\/?p=9681"},"modified":"2015-03-24T11:03:20","modified_gmt":"2015-03-24T09:03:20","slug":"st-jean-chrysostome-homelie-52-sur-la-cananeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eoc.ee\/fr\/peres-de-leglise\/st-jean-chrysostome-homelie-52-sur-la-cananeenne\/","title":{"rendered":"St Jean Chrysostome hom\u00e9lie 52 sur la Canan\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<h1>HOM\u00c9LIE 52<\/h1>\n<p>\u00abAPR\u00c8S, J\u00c9SUS S\u2019EN ALLANT DE CE LIEU, SE RETIRA DU C\u00d4T\u00c9 DE TYR ET DE SIDON, ET UNE FEMME CHANAN\u00c9ENNE QUI \u00c9TAIT SORTIE DE CE PAYS-L\u00c0, S\u2019\u00c9CRIA EN LUI DISANT\u00a0: SEIGNEUR, FILS DE DAVID, AYEZ PITI\u00c9 DE MOI, MA FILLE EST MIS\u00c9RABLEMENT TOURMENT\u00c9E DU D\u00c9MON.\u00a0\u00bb ( CHAP. XV, 21 JUSQU\u2019AU VERSET 32.)<\/p>\n<p>ANALYSE<\/p>\n<p>1. Pourquoi, J\u00e9sus-Christ va chez les Gentils.<\/p>\n<p>2. Humilit\u00e9 et foi admirable de la Canan\u00e9enne.<\/p>\n<p>3. Ce que peut l\u2019assiduit\u00e9 \u00e0 la pri\u00e8re. \u2014 Qu\u2019elle est la vraie aum\u00f4ne.<\/p>\n<p>4.-6. De l\u2019excellence de la charit\u00e9. \u2014 Que c\u2019est la charit\u00e9 qui distingue l\u2019homme du este des animaux. \u2014 Que les plus pauvres peuvent et doivent faire l\u2019aum\u00f4ne. \u2014 Combien il serait cruel de voler le bien des autres pour en faire des charit\u00e9s. \u2014 Des restitutions. \u2014 Ce qui distingue les v\u00e9ritables restitutions d\u2019avec les fausses.<\/p>\n<p align=\"center\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1. Saint Marc dit qu\u2019\u00e9tant entr\u00e9 dans une maison, il voulait que personne ne le s\u00fbt; mais qu\u2019il ne put rester cach\u00e9. D\u2019o\u00f9 vient, mes fr\u00e8res, que le Sauveur allait en ce pays? Aussit\u00f4t qu\u2019il a montr\u00e9 qu\u2019il ne fallait plus \u00e0 l\u2019avenir faire aucune distinction entre les viandes, il avance peu \u00e0 peu et ouvre insensiblement aux gentils l\u2019entr\u00e9e \u00e0 la gr\u00e2ce de son Evangile en les allant trouver lui-m\u00eame. Nous voyons~de m\u00eame dans les Actes, qu\u2019aussit\u00f4t que -saint Pierre eut re\u00e7u l\u2019ordre de ne plus regarder aucune viande comme impure, il fut aussit\u00f4t envoy\u00e9 chez le centenier Corneille. (Act. X.) Que si quelqu\u2019un me demande pourquoi J\u00e9sus-Christ va chez les gentils et chez les pa\u00efens, lui qui d\u00e9fendait \u00e0 ses ap\u00f4tres d\u2019y aller: \u00ab N\u2019allez point, \u00bb leur dit-il, \u00ab dans la voie des gentils (Matt. X, 5);\u00a0\u00bb je r\u00e9ponds en premier lieu que J\u00e9sus-Christ n\u2019\u00e9tait point oblig\u00e9 d\u2019observer lui-m\u00eame ce qu\u2019il commandait \u00e0 ses ap\u00f4tres. En second lieu il n\u2019allait point dans ce pays pour y pr\u00eacher son Evangile, comme saint Marc le fait voir en disant \u00ab qu\u2019il voulut s\u2019y cacher et qu\u2019il ne le put. \u00bb Au reste, si la suite de sa conduite ne Lui permettait pas d\u2019un c\u00f4t\u00e9 d\u2019aller le premier trouver les pa\u00efens chez eux, il \u00e9tait aussi de l\u2019autre indigne de sa gr\u00e2ce et de sa bont\u00e9 de les rebuter, lorsqu\u2019ils le venaient (403) chercher. Si le Fils de Dieu \u00e9tait venu en ce monde pour courir apr\u00e8s ceux qui le fuyaient, comment e\u00fbt-il pu fuir ceux qui d\u2019eux-m\u00eames couraient \u00e0 lui?<\/p>\n<p>Mais admirons ici, mes fr\u00e8res, combien cette femme se rend digne de toutes les gr\u00e2ces du Sauveur. Elle n\u2019ose venir \u00e0 J\u00e9rusalem, parce qu\u2019elle s\u2019en jugeait trop indigne. Si cette crainte si humble et si respectueuse ne. l\u2019e\u00fbt retenue, la foi qu\u2019elle t\u00e9moigne, et le voyage qu\u2019elle fait hors de son pays, nous font assez voir qu\u2019elle f\u00fbt venue chercher J\u00e9sus-Christ au milieu de la Jud\u00e9e.<\/p>\n<p>Quelques-uns ont trouv\u00e9 un sens all\u00e9gorique dans cette histoire. Ils ont remarqu\u00e9 que lorsque J\u00e9sus-Christ commence \u00e0 sortir de la Jud\u00e9e, l\u2019Eglise, que cette femme repr\u00e9sentait, sort aussit\u00f4t de son pays, et se pr\u00e9sente au-devant de lui. \u00ab Oubliez, ma fille, \u00bb lui dit Dieu par son proph\u00e8te, \u00ab votre peuple et la maison de votre p\u00e8re. \u00bb (Ps. XLIV, 12.) Comme J\u00e9sus-Christ de son c\u00f4t\u00e9 sort de son pays, cette femme aussi sort du sien ; et c\u2019est ainsi qu\u2019ils purent se rencontrer et s\u2019entretenir.<\/p>\n<p>\u00ab Car une femme chanan\u00e9enne qui \u00e9tait sortie de ce pays-l\u00e0, s\u2019\u00e9cria en lui disant: Seigneur, fils de David, ayez piti\u00e9 de moi (22). \u00bb L\u2019\u00e9vang\u00e9liste accuse d\u2019abord cette femme, et semble la d\u00e9cr4eren l\u2019appelant \u00ab chanan\u00e9enne .\u00bb mais il parle en effet de la sorte pour nous faire plus admirer sa foi, et pour relever davantage ce miracle. Car cri entendant ce mot de \u00abchanan\u00e9enne, \u00bb il est impossible que nous ne nous souvenions de ces nations d\u00e9testables qui avaient m\u00eame renvers\u00e9 toutes les lois de la nature. Ce souvenir nous doit porter en m\u00eame temps \u00e0 admirer la force et la puissance du Sauveur. Car ces nations qui autrefois avaient \u00e9t\u00e9 chass\u00e9es de peur qu\u2019elles ne pervertissent les Juifs, sont devenues meilleures qu\u2019eux, au point de sortir de leur propre terre pour venir au-devant du Fils de Dieu, lorsque les Juifs le chassent de leur pays m\u00eame o\u00f9 il l\u00e9s \u00e9tait venu visiter.<\/p>\n<p>Cette femme donc s\u2019\u00e9tant approch\u00e9e de J\u00e9sus-Christ, ne lui dit autre chose que ces paroles : \u00abSeigneur, ayez piti\u00e9 de moi!\u00bb ce qu\u2019elle disait avec des cris si touchants que tout le monde s\u2019arr\u00eatait pour la regarder. En effet, qui n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 de compassion en voyant une femme forc\u00e9e par sa douleur de jeter de si grands cris, en consid\u00e9rant une m\u00e8re qui implorait la mis\u00e9ricorde du Sauveur pour sa fille si mis\u00e9rablement afflig\u00e9e? Elle n\u2019ose pas m\u00eame la pr\u00e9senter \u00e0 J\u00e9sus-Christ parce qu\u2019elle \u00e9tait tourment\u00e9e par le d\u00e9mon. Elle la laisse chez elle; elle vient seule faire sa pri\u00e8re. Elle repr\u00e9sente seulement le mal que sa fille endure, sans rien exag\u00e9rer.<\/p>\n<p>Elle ne le conjure point de venir chez elle, comme cet officier du roi qui pria le Sauveur de venir toucher son fils, et de descendre avant qu\u2019il mour\u00fbt. (Matth. IX,17; Jean, IV, 49.) Apr\u00e8s qu\u2019elle lui a repr\u00e9sent\u00e9 en un mot combien sa fille \u00e9tait malade, elle se contente d\u2019implorer sa mis\u00e9ricorde par de grands cris. Elle ne lui dit pas : Ayez piti\u00e9 de ma fille; mais, \u00ab Ayez piti\u00e9 de moi; \u00bb comme si elle disait : Le mal que souffre ma fille lui \u00f4te tout sentiment; mais moi je souffre mille maux, et je sens ce que je souffre; et c\u2019est ce sentiment que j\u2019en ai qui me transporte hors de moi.<\/p>\n<p>\u00ab Mais J\u00e9sus-Christ ne lui r\u00e9pondit pas un seul mot. Et ses disciples s\u2019approchant de lui le priaient en lui disant : Contentez-la afin qu\u2019elle s\u2019en aille, parce qu\u2019elle crie apr\u00e8s nous (23). \u00bb Que cette conduite du Sauveur est nouvelle! qu\u2019elle est surprenante\u00a0! qu\u2019elle est diff\u00e9rente de celle qu\u2019il a gard\u00e9e envers les Juifs! Lorsqu\u2019ils sont le plus rebelles et le plus ingrats, il t\u00e2che de les attirer \u00e0 lui, et il les pr\u00e9vient lui-m\u00eame. Lorsqu\u2019ils le noircissent de blasph\u00e8mes, il les adoucit par ses pri\u00e8res. Lorsqu\u2019ils le tentent, il ne d\u00e9daigne pas de leur r\u00e9pondre. Et au contraire lorsque cette, femme vient d\u2019elle-m\u00eame et qu\u2019elle court \u00e0 lui de son propre mouvement, lorsqu\u2019elle le prie et qu\u2019elle le conjure avec une foi si ardente et une humilit\u00e9 si profonde, quoiqu\u2019elle n\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 instruite ni par la loi, ni par les proph\u00e8tes, il ne lui dit pas m\u00eame un mot.<\/p>\n<p>Qui ne se serait scandalis\u00e9 en voyant J\u00e9sus-Christ oublier en quelque sorte toute sa conduite, et faire le contraire de ce que tout le monde publiait de lui? Le bruit courait de toutes parts qu\u2019il allait. chercher les malades et les afflig\u00e9s .dans toutes les villes pour les soulager; et on le voit au contraire ici rejeter cette femme qui venait de son propre mouvement implorer, son assistance. Qui n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 de voir une m\u00e8re afflig\u00e9e, jeter des cris si lugubres dans la douleur que lui causait la mis\u00e8re de sa fille, et \u00eatre ainsi rebut\u00e9e du Fils de Dieu? (404)<\/p>\n<p>Elle ne demande point cette gr\u00e2ce comme en \u00e9tant digne: elle ne l\u2019exige point comme une dette : elle demande seulement mis\u00e9ricorde. \u00ab\u00a0Ayez piti\u00e9 de moi! \u00bb Elle repr\u00e9sente humblement sa mis\u00e8re, et J\u00e9sus-Christ \u00ab ne lui r\u00e9pond pas m\u00eame une parole! \u00bb Pour moi je ne doute point que plusieurs de ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents alors, ne fussent scandalis\u00e9s, mais cette femme ne se scandalisa point. Mais que dis-je, que plusieurs de ceux qui \u00e9taient pr\u00e9sents s\u2019en scandalis\u00e8rent, puisque les ap\u00f4tres m\u00eames furent touch\u00e9s de l\u2019\u00e9tal de cette femme, et, troubl\u00e9s et attrist\u00e9s? Cependant ils n\u2019osent prier pour elle, ni dire: Accordez-lui la gr\u00e2ce qu\u2019elle demande , mais \u00ab ils s\u2019approchent du Sauveur, et lui disent \u00ab Contentez-la afin qu\u2019elle s\u2019en aille , parce qu\u2019elle crie apr\u00e8s nous. \u00bb Nous agissons souvent de la sorte. Lorsque nous d\u00e9sirons porter quelqu\u2019un \u00e0 une chose, nous lui disons le contraire de ce que nous avons dans l\u2019esprit.<\/p>\n<p>2. \u00ab J\u00e9sus-Christ leur r\u00e9pondit: Je n\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 qu\u2019aux brebis de la maison d\u2019Isra\u00ebl qui \u00e9taient perdues (24). \u00bb Que fait cette femme en entendant cette parole? Demeure-t-elle dans le silence? Cesse-t-elle de prier et se refroidit-elle dans son d\u00e9sir? Ne redouble-t-elle pas au, contraire ses cris et ses pri\u00e8res? Ce n\u2019est pas ainsi que nous agissons nous autres. Quand Dieu diff\u00e8re de nous donner ce que nous lui demandons, nous nous rebutons aussit\u00f4t au lieu de le prier avec encore plus d\u2019instance. Mais qui n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 abattu de cette r\u00e9ponse de J\u00e9sus-Christ? Si son seul silence pouvait faire perdre \u00e0 cette femme l\u2019esp\u00e9rance d\u2019\u00eatre exauc\u00e9e, combien plus le devait faire cette r\u00e9ponse? Ne devait-elle pas encore d\u00e9sesp\u00e9rer de la gu\u00e9rison de sa fille, en voyant, que ceux m\u00eame qui priaient pour elle \u00e9prouvaient un refus; et que J\u00e9sus-Christ dit clairement que c\u2019est une gr\u00e2ce qu\u2019il ne lui pouvait accorder?<\/p>\n<p>Cependant elle ne perd point courage. Voyant que les ap\u00f4tres n\u2019avaient rien gagn\u00e9 aupr\u00e8s du Sauveur pour elle, elle use alors d\u2019une sainte impudence. Elle n\u2019avait os\u00e9 d\u2019abord se pr\u00e9senter en face devant J\u00e9sus-Christ. Elle s\u2019\u00e9tait content\u00e9e \u00ab de crier \u00bb seulement \u00ab\u00a0derri\u00e8re lui. \u00bb Mais lorsqu\u2019il semblait qu\u2019elle n\u2019avait plus qu\u2019\u00e0 s\u2019en aller et que la gu\u00e9rison de sa fille \u00e9tait enti\u00e8rement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, elle s\u2019approche plus pr\u00e8s du Sauveur, elle l\u2019adore et le prie de l\u2019assister.<\/p>\n<p>\u00ab Mais elle, s\u2019approchant, l\u2019adora en lui disant: Seigneur, assistez-moi (25).\u00bb O femme! que faites-vous? Avez-vous plus d\u2019acc\u00e8s aupr\u00e8s du Sauveur que ses ap\u00f4tres m\u00eames? Esp\u00e9rez-vous d\u2019\u00eatre plus puissante qu\u2019eux? Nullement, nous r\u00e9pond-elle. Je reconnais que je n\u2019ai ni acc\u00e8s ni pouvoir aupr\u00e8s de J\u00e9sus : je n\u2019ai qu\u2019une grande hardiesse et une grande impudence, et c\u2019est cette impudence m\u00eame qui me tient lieu de pri\u00e8re. J\u2019esp\u00e8re que mon impudence lui donnera de la pudeur \u00e0 lui-m\u00eame, et que cette libert\u00e9 avec laquelle je le prie lui \u00f4tera la libert\u00e9 de me refuser.<\/p>\n<p>Mais ne venez-vous pas de lui entendre dire \u00e0 lui-m\u00eame: \u00ab Qu\u2019il n\u2019\u00e9tait envoy\u00e9 que pour les brebis de la maison d\u2019Isra\u00ebl qui \u00e9taient \u00ab.perdues?\u00bb Oui, je sais qu\u2019il l\u2019a dit, mais je sais aussi qu\u2019il est le Ma\u00eetre souverain de toutes choses, C\u2019est pourquoi elle ne dit point \u00e0 J\u00e9sus-Christ: Priez ou invoquez un autre pour moi, mais\u00a0: \u00ab assistez moi vous-m\u00eame \u00bb Que fera donc enfin J\u00e9sus-Christ dans cette rencontre? Il ne se rend pas encore: il ne se contente pas de cette foi, et il semble ne parler que pour rebuter encore davantage cette femme.<\/p>\n<p>\u00ab Il n\u2019est pas juste de prendre le pain des enfants pour le donner aux chiens (26). \u00bbIl l\u2019avait d\u2019abord rebut\u00e9e par son silence, mais lorsqu\u2019il lui parle, ce n\u2019est que pour la rebuter encore plus par ses paroles qu\u2019il n\u2019avait fait par son silence. Il ne s\u2019excuse plus par d\u2019autres raisons, il ne dit plus: \u00ab qu\u2019il n\u2019est envoy\u00e9 que pour les brebis de la maison d\u2019Isra\u00ebl. \u00bb Plus cette femme fait d\u2019instances pour le prier, plus il est ferm\u00e9 \u00e0 la refuser. Il n\u2019appelle plus les Juifs des \u00ab brebis, \u00bb mais des \u00ab enfants, \u00bb et il appelle au contraire celle qui le prie \u00ab un chien.\u00bb<\/p>\n<p>Que fait cette femme admirable ? Elle trouve dans les paroles m\u00eames du Sauveur, de quoi le forcer \u00e0 lui faire mis\u00e9ricorde. Si je suis une, \u00ab chienne, \u00bb dit-elle, je suis donc aussi du logis, et je ne suis point \u00e9trang\u00e8re. J\u00e9sus-Christ, mes fr\u00e8res, avait bien raison de dire, qu\u2019il \u00e9tait venu en ce monde pour y faire un discernement. Cette femme \u00e9trang\u00e8re t\u00e9moigne une vertu, une patience, et une foi incomparable, au milieu des injures dont on l\u2019outrage; et les Juifs, apr\u00e8s avoir eu tant de gr\u00e2ces du Sauveur, n\u2019ont pour lui que de l\u2019ingratitude. Je sais, dit-elle, Seigneur, que le pain est n\u00e9cessaire aux enfants ; mais puisque vous dites que je suis \u00ab une chienne \u00bb, vous ne me d\u00e9fendez (405) pas d\u2019y avoir part. Si j\u2019en \u00e9tais enti\u00e8rement s\u00e9par\u00e9e, et qu\u2019il me f\u00fbt d\u00e9fendu d\u2019y participer, je ne pourrais pas m\u00eame pr\u00e9tendre aux miettes. Mais quoique je n\u2019y doive avoir qu\u2019une tr\u00e8s-petite part, je n\u2019en puis \u00eatre n\u00e9anmoins tout \u00e0 fait priv\u00e9e, bien que je ne sois qu\u2019une chienne; c\u2019est au contraire parce que je suis une chienne que j\u2019y dois participer.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait certainement pour donner lieu \u00e0 une foi si humble et si vive que J\u00e9sus-Christ avait rebut\u00e9 cette femme jusqu\u2019alors. Comme il pr\u00e9voyait ce qu\u2019elle allait lui dire, il rejetait ses pri\u00e8res, et demeurait sourd \u00e0 ses demandes pour faire conna\u00eetre \u00e0 tout le monde jusqu\u2019o\u00f9 allait sa foi et l\u2019excellence de sa vertu. S\u2019il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu d\u2019abord de ne lui point accorder cette gr\u00e2ce, il ne la lui aurait pas m\u00eame accord\u00e9e apr\u00e8s ces paroles, il n\u2019aurait pas pris la peine m\u00eame de lui r\u00e9pondre une seconde fois. Il la traite comme il avait trait\u00e9 le centenier, lorsqu\u2019il lui dit: \u00ab J\u2019irai chez vous, et je gu\u00e9rirai votre fils (Matth. VIII, 7), \u00bb ce qu\u2019il ne fit qu\u2019afin de nous donner lieu de voir quelle \u00e9tait la foi de cet homme, qui lui r\u00e9pondit:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne suis pas digne, Seigneur, que vous entriez chez moi; \u00bb comme il avait trait\u00e9 l\u2019h\u00e9morrho\u00efsse, \u00e0 laquelle il dit: \u00ab Je sais qu\u2019il est sorti de moi quelque vertu (Luc VII, 46),\u00bbafin de nous apprendre quelle avait \u00e9t\u00e9 la foi de cette femme: enfin il tient encore la ni\u00e8me conduite envers la Samaritaine, et il lui rappelle les d\u00e9sordres de sa vie pass\u00e9e pour nous montrer qu\u2019ainsi confondue cette, femme ne laisse pas de rester attach\u00e9e au Sauveur.<\/p>\n<p>C\u2019est donc la m\u00eame r\u00e8gle que J\u00e9sus-Christ suit ici envers cette femme. Il ne voulait pas que cette vertu si rare nous f\u00fbt cach\u00e9e. Toutes ces paroles rebutantes qu\u2019il lui disait ne venaient d\u2019aucun m\u00e9pris pour elle, mais du d\u00e9sir de l\u2019exercer et de d\u00e9couvrir \u00e0 tout le monde le tr\u00e9sor inestimable qui \u00e9tait cach\u00e9 dans sou coeur. Et admirez ici, mes fr\u00e8res, non-seulement la foi, mais encore la modestie de cette femme. J\u00e9sus-Christ ayant appel\u00e9 les Juifs \u00ab enfants\u00bb, elle ne se contente pas de leur donner ce nom auguste; mais elle les appelle \u00ab ses ma\u00eetres \u00bb, tant elle \u00e9tait \u00e9loign\u00e9e de s\u2019affliger ou d\u2019\u00eatre envieuse des louanges que le Sauveur donnait aux autres.<\/p>\n<p>\u00ab Il est vrai, Seigneur, r\u00e9pliqua-t-elle, mais les petits chiens mangent au moins des miettes qui tombent de la table de leurs ma\u00eetres (27).\u00a0\u00bb Peut-on assez admirer. la sagesse et l\u2019humilit\u00e9 de cette femme, qui ne s\u2019oppose joint aux paroles de J\u00e9sus-Christ, et qui n\u2019est point envieuse des louanges qu\u2019on donne aux autres en sa pr\u00e9sence? Peut-on assez admirer cette patience qui ne se rebute d\u2019aucun m\u00e9pris, et cette fermet\u00e9 de courage qui ne petit s\u2019abattre de rien? J\u00e9sus-Christ dit : \u00ab Il n\u2019est pas juste de prendre le pain des enfants pour le donner aux chiens. \u00bb Et elle r\u00e9pond : \u00ab Il est vrai, Seigneur.\u00a0\u00bb J\u00e9sus-Christ appelle les Juifs \u00ab enfants \u00bb ; et elle les appelle \u00ab\u00a0ses seigneurs et ses ma\u00eetres. \u00bb J\u00e9sus-Christ lui donne le nom \u00ab de chienne\u00a0\u00bb, et elle accepte cette injure, elle s\u2019y soumet et se rabaisse aussit\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9tat et \u00e0 la nourriture des chiens.<\/p>\n<p>Pour voir encore mieux l\u2019humilit\u00e9 de cette femme, il ne faut que la comparer avec l\u2019orgueil insupportable, des Juifs, qui lorsque J\u00e9sus-Christ leur parle ont la hardiesse de lui r\u00e9pondre: \u00ab Nous sommes la race d\u2019Abraham, et nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 asservis, \u00e0 personne, mais nous sommes n\u00e9s de Dieu. \u00bb (Jean, VIII, 33.) Ce. n\u2019est pas ainsi qu\u2019agit cette femme, Elle prend pour, elle le nom de \u00abchienne\u00a0\u00bb;et donne aux Juifs celui de \u00ab ma\u00eetres \u00bb et de \u00abseigneurs;\u00a0\u00bb et c\u2019est ce qui la fit entrer elle-m\u00eame au rang des \u00abenfants. \u00bb Car que r\u00e9pond J\u00e9sus-Christ?\u2019<\/p>\n<p>\u00ab Alors J\u00e9sus lui dit: O femme, votre foi est grande\u00a0! qu\u2019il vous soit fait comme vous le d\u00e9sirez\u00a0! et sa fille fut gu\u00e9rie \u00e0 la m\u00eame heure (28). \u00bb Il ne lui avait dit toutes ces dures paroles que pour avoir occasion de lui dire celle-ci: \u00ab O femme, votre foi est grande, \u00bb et de lui rendre ainsi la gloire qu\u2019elle m\u00e9ritait : \u00ab Qu\u2019il vous soit fait comme vous le \u00ab d\u00e9sirez; \u00bb comme s\u2019il lui disait : il est vrai que votre foi pourrait obtenir beaucoup plus que vous ne demandez; n\u00e9anmoins \u00ab qu\u2019il vous soit fait comme vous le d\u00e9sirez. \u00bb Cette parole a du rapport avec celle de Dieu, lorsqu\u2019il dit : \u00ab Que le ciel soit fait; et le ciel se fit. \u00bb Car \u00ab sa fille, \u00bb dit l\u2019\u00e9vangile, \u00abfut gu\u00e9rie \u00e0 la m\u00eame heure. \u00bb Nous voyons dans ces paroles, combien la m\u00e8re contribua \u00e0 la gu\u00e9rison de sa fille. Car J\u00e9sus-Christ ne dit pas:<\/p>\n<p>Que votre fille soit gu\u00e9rie , mais: \u00ab O femme, votre foi est grande ; qu\u2019il vous soit fait comme vous le d\u00e9sirez. \u00bb Il voulait nous faire voir par cette parole que ce n\u2019\u00e9tait point par complaisance ou par flatterie qu\u2019il lui parlait de la sorte ; mais pour rendre un t\u00e9moignage (406) illustre \u00e0 sa vertu et \u00e0 sa foi, \u00e0 laquelle il voulut que l\u2019\u00e9v\u00e9nement m\u00eame, serv\u00eet de preuve. Car \u00ab sa fille fut gu\u00e9rie \u00e0 la m\u00eame heure. \u00bb<\/p>\n<p>3. N\u2019admirez-vous point, mes fr\u00e8res, comment cette femme vint par elle-m\u00eame \u00e0 bout de son dessein, lorsque les ap\u00f4tres m\u00eames n\u2019avaient pu r\u00e9ussir \u00e0 l\u2019aider? tant une pri\u00e8re ardente et continuelle a de force pour fl\u00e9chir Dieu\u00a0! Il aime mieux les pri\u00e8res que nous lui faisons pour nous-m\u00eames, quoique nous soyons coupables, que celles que les autres lui font pour nous. Les ap\u00f4tres avaient plus d\u2019acc\u00e8s aupr\u00e8s de J\u00e9sus-Christ que. cette femme; mais cette femme avait plus de constance et de pers\u00e9v\u00e9rance que les ap\u00f4tres. Et J\u00e9sus-Christ leur fit assez voir par l\u2019\u00e9v\u00e9nement la sagesse de sa conduite, lorsqu\u2019il diff\u00e9rait de l\u2019exaucer, qu\u2019il n\u2019\u00e9coutait point ses pri\u00e8res, et qu\u2019il rejetait m\u00eame celles que ses ap\u00f4tres lui adressaient en sa faveur.<\/p>\n<p>\u00abJ\u00e9sus quittant ce lieu vint le long de la mer de Galil\u00e9e et montant sur une montagne il, s\u2019y assit (29). Et une grande multitude s\u2019approcha de lui, ayant avec eux des boiteux, des aveugles, des muets, des estropi\u00e9s, et beaucoup d\u2019autres malades qu\u2019ils mirent aux pieds de J\u00e9sus, et il les gu\u00e9rit (30). De sorte qu\u2019ils \u00e9taient tous dans l\u2019admiration, voyant que les muets parlaient, que les estropi\u00e9s \u00e9taient gu\u00e9ris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient et ils rendaient gloire au Dieu d\u2019Isra\u00ebl (31).\u00bb J\u00e9sus-Christ va quelquefois de lieu en lieu chercher les malades pour les gu\u00e9rir. D\u2019autres fois il attend qu\u2019ils viennent \u00e0 lui, et il souffre que les boiteux montent avec peine au haut des montagnes pour y aller chercher leur gu\u00e9rison. Ces malades dont il est parl\u00e9 ici ne demandent plus \u00e0 toucher le bord de sa robe, comme on voit qu\u2019ils le souhaitaient auparavant. Ils semblent d\u00e9j\u00e0 plus avanc\u00e9s, et, on voit que leur foi s\u2019est augment\u00e9e. Ils se contentent de se prosterner \u00e0 ses pieds; et ils donnent ainsi une double preuve de leur foi; la premi\u00e8re en montant, quoique boiteux sur les plus hautes montagnes dans la ferme esp\u00e9rance qu\u2019ils ont de leur gu\u00e9rison; et la seconde, en ce qu\u2019ils croyaient qu\u2019il suffit pour l\u2019obtenir de se jeter aux pieds de leur Sauveur.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un prodige bien surprenant de voir des personnes qu\u2019on \u00e9tait auparavant oblig\u00e9 de porter, marcher tout d\u2019un coup sans aucune peine, et des aveugles qui ne pouvaient faire un pas sans guide, voir clair en un moment et n\u2019avoir plus ,besoin de personne pour les conduire. On \u00e9tait \u00e9galement surpris, et de la multitude de ces malades qui \u00e9taient miraculeusement gu\u00e9ris, et de la facilit\u00e9 avec laquelle J\u00e9sus-Christ les gu\u00e9rissait.<\/p>\n<p>Mais remarquez ici, mes fr\u00e8res, la conduite du Fils de Dieu, Il n\u2019exauce cette femme chanan\u00e9enne qu\u2019apr\u00e8s beaucoup de rebuts, il gu\u00e9rit au contraire tous ces malades, au moment m\u00eame qu\u2019ils se pr\u00e9sentent. Ce n\u2019\u00e9tait point parce que ces derniers \u00e9taient pr\u00e9f\u00e9rables \u00e0 cette femme, mais parce que tette femme avait plus de foi qu\u2019eux tous. J\u00e9sus-Christ en diff\u00e9rant de la gu\u00e9rir voulait faire voir sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et sa constance, et il gu\u00e9rissait au contraire ces malades sans diff\u00e9rer, pour fermer la bouche \u00e0 l\u2019ingratitude des Juifs, et pour leur \u00f4ter toute excuse. Car plus nous avons re\u00e7u de gr\u00e2ces, plus nous devenons coupables si nous sommes ingrats, et si les faveurs dont Dieu nous honore ne nous rendent pas meilleurs.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cette raison que, les riches qui auront mal v\u00e9cu , seront bien plus punis que les pauvres parce que l\u2019abondance o\u00f9 ils se sont vus ne les a pas rendus plus reconnaissants envers Dieu, et plus charitables envers leurs fr\u00e8res. Et ne me dites, point qu\u2019ils ont fait quelques aum\u00f4nes. Si les aum\u00f4nes qu\u2019ils ont faites ne sont en rapport avec leurs richesses, elles ne les d\u00e9livreront pas de la peine qu\u2019ils m\u00e9ritent. Dieu ne jugera pas de nos charit\u00e9s par la mesure que nous y aurons gard\u00e9e: mais par la pl\u00e9nitude du coeur, et par l\u2019ardeur de la volont\u00e9 avec laquelle nous les aurons faites. Que si ceux qui ne donnent pas autant qu\u2019ils le peuvent seront condamn\u00e9s de Dieu, combien le seront davantage, ceux qui amassent, des biens superflus, qui font des b\u00e2timents immenses, et qui n\u00e9gligent en m\u00eame temps les pauvres; qui appliquent tous leurs soins \u00e0 augmenter leurs richesses, et qui n\u2019ont jamais la moindre pens\u00e9e de les partager \u00e0 ceux qui souffrent de la faim?<\/p>\n<p>Mais puisque nous sommes tomb\u00e9s sur le sujet, de l\u2019aum\u00f4ne, je vous prie de trouver bon que nous reprenions aujourd\u2019hui le discours que nous laiss\u00e2mes imparfait, il y a trois jours. Vous vous souvenez que lorsque je vous parlais de la charit\u00e9 envers .les pauvres, notre sujet (407) nous voil\u00e0 insensiblement \u00e0 condamner les d\u00e9penses superflues qui la pouvaient diminuer, et que nous descend\u00eemes dans les d\u00e9tails, jusqu\u2019\u00e0 parler du soin qu\u2019on apporte \u00e0 orner ses chaussures et de mille autres vains ornements pour lesquels la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui est si fort passionn\u00e9e, Vous savez que je commen\u00e7ai \u00e0 vous repr\u00e9senter alors que la charit\u00e9 \u00e9tait comme un art divin. Que l\u2019\u00e9cole o\u00f9 l\u2019on apprenait cet art \u00e9tait le ciel, et que le ma\u00eetre qui nous en instruisait, \u00e9tait-non un homme, mais Dieu m\u00eame.<\/p>\n<p>Nous nous \u00e9tend\u00eemes ensuite sur la question de savoir ce que c\u2019\u00e9tait proprement qu\u2019un art, ou ce qui ne m\u00e9ritait pas ce nom. Enfin nous f\u00eemes une longue digression sur la vanit\u00e9 de la plupart des arts d\u2019aujourd\u2019hui, et nous nous appliqu\u00e2mes particuli\u00e8rement \u00e0 montrer la superfluit\u00e9 que l\u2019on recherche dans les chaussures. Reprenons donc encore aujourd\u2019hui ce sujet, et faisons voir que la charit\u00e9 est l\u2019art le plus excellent et le plus divin de tous. Car si le propre d\u2019un art est d\u2019avoir pour objet quelque chose qui soit utile; et s\u2019il n\u2019y a rien de plus utile que la charit\u00e9 que nous exer\u00e7ons envers les pauvres, n\u2019est-il pas clair que la charit\u00e9 est le plus excellent de tous les arts ?<\/p>\n<p>Cet art c\u00e9leste ne nous apprend pas \u00e0 faire un soulier avec \u00e9l\u00e9gance, \u00e0 faire des \u00e9toffes bien fines, ou \u00e0 b\u00e2tir des maisons de boue, mais \u00e0 h\u00e9riter la vie \u00e9ternelle; \u00e0 nous d\u00e9livrer de la mort, \u00e0 nous rendre illustres dans cette vie et dans l\u2019autre. Cet art divin nous apprend \u00e0 nous b\u00e2tir une demeure dans le ciel, \u00e0 nous pr\u00e9parer des tentes c\u00e9lestes et \u00e0 nous construire des tabernacles \u00e9ternels. Il ne nous laisse point \u00e9teindre nos lampes. Il ne souffre point que nous nous pr\u00e9sentions aux noces c\u00e9lestes de l\u2019\u00e9poux avec un habit sale et en d\u00e9sordre, mais il lave nos v\u00eatements et les rend plus blancs que la neige. \u00ab Quand vos p\u00e9ch\u00e9s \u00bb, dit Dieu, \u00ab auraient rendu vos habits plus rouges que l\u2019\u00e9carlate, je les rendrai plus blancs que la neige.\u00bb (Isa\u00efe, I,17.) C\u2019est cet art qui nous emp\u00eache de tomber dans le malheur du mauvais riche, et d\u2019entendre les paroles terribles qui lui furent dites, mais qui nous conduit dans le bienheureux sein d\u2019Abraham.<\/p>\n<p>4. De plus chaque art en cette vie n\u2019a qu\u2019un but et une fin qui lui est particuli\u00e8re. On n\u2019exerce l\u2019agriculture que pour avoir de quoi se nourrir. La draperie ne se met en peine que du v\u00eatement. Nous voyons m\u00eame qu\u2019un seul de ces arts ne peut de lui-m\u00eame atteindre sa fin ni se donner ce qui lui est n\u00e9cessaire pour agir. Comment, par exemple, pourrait subsister 1\u2019agriculture, si les forgerons ne lui pr\u00e9paraient le hoyau, la faux, la hache et tous les instruments dont elle a besoin ; si les charpentiers ne lui faisaient des charrues; si les bourreliers ne lui taillaient les cuirs qui lui sont n\u00e9cessaires ; si l\u2019architecture n\u2019\u00e9levait quelque toit ou pour les boeufs qui labourent, ou pour les hommes qui les conduisent; si d\u2019autres n\u2019allaient abattre et \u00e9quarrir le bois dans les for\u00eats ; enfin, si les boulangers ne savaient faire le dernier usage du bl\u00e9 que le laboureur recueille par ses travaux?<\/p>\n<p>Combien de choses aussi sont n\u00e9cessaires \u00e0 la draperie, et de combien d\u2019autres arts d\u00e9pend-elle sans lesquels elle ne pourrait pratiquer le sien? Ainsi chaque art a besoin des autres, et il tomberait s\u2019il n\u2019en \u00e9tait soutenu. Mais l\u2019art divin de la charit\u00e9 n\u2019a besoin que de lui seul. Lorsque nous voulons l\u2019exercer, nous sommes ind\u00e9pendants de tous les hommes. La seule volont\u00e9 suffit.<\/p>\n<p>Que si vous me dites que pour l\u2019exercer il faut avoir de grands biens, souvenez-vous de ce que J\u00e9sus-Christ dit de cette veuve de l\u2019Evangile, et d\u00e9trompez-vous de cette fausse pens\u00e9e. Quand vous seriez pauvre jusqu\u2019\u00e0 mendier votre pain, si vous donnez seulement, deux oboles, vous pratiquez divinement la charit\u00e9. Quand vous ne donneriez qu\u2019un morceau de pain, si vous ne pouvez donner davantage, vous excellez en cet art c\u00e9leste.<\/p>\n<p>Appliquons-nous donc, mes fr\u00e8res, \u00e0 cet art divin. Exer\u00e7ons-le avec amour. Il vaut sans comparaison mieux s\u2019y rendre habile que d\u2019\u00eatre roi et de porter une couronne. Car l\u2019avantage que cet art a sur les autres n\u2019est pas seulement qu\u2019il ne d\u00e9pend point des autres arts. Il nous devient encore lui seul une source f\u00e9conde de mille biens. Il nous dresse dans le ciel des \u00e9difices qui subsisteront \u00e9ternellement. Il apprend \u00e0 ceux qui le pratiquent \u00e0 fuir une immortelle mort. Il nous enrichit et nous fait trouver des tr\u00e9sors in\u00e9puisables, qui ne craignent ni les voleurs ni la rouille ni la loi du temps, qui consume toutes les choses d\u2019ici-bas. Si l\u2019on vous promettait de vous enseigner un moyen de garder votre bl\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es sans se corrompre, que (408) ne donneriez-vous point pour l\u2019apprendre? Et cet art admirable dont nous parlons vous apprend \u00e0 garder en toute s\u00fbret\u00e9 non votre bl\u00e9, mais vos biens, votre corps et votre \u00e2me pure et incorruptible; et vous ne le recherchez pas?<\/p>\n<p>Mais pourquoi m\u2019arr\u00eat\u00e9-je \u00e0 dire en d\u00e9tail tous les avantages de cet art divin? Il suffit de dire en g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019il nous apprend le moyen de nous rendre semblables \u00e0 Dieu m\u00eame; ce qui seul sans doute est le plus grand de tous les biens. Ainsi vous voyez que cet art ne se borne pas \u00e0 un seul objet, et que sans avoir besoin d\u2019autre appui que de lui-m\u00eame, il b\u00e2tit des \u00e9difices admirables, il fait des v\u00eatements d\u2019une beaut\u00e9 extraordinaire il amasse des tr\u00e9sors qui ne p\u00e9rissent jamais, il nous fait surmonter la mort et le diable, et nous rend semblables \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>Quel autre art donc peut \u00eatre aussi utile que celui-ci? Les autres, outre ce que nous en avons d\u00e9j\u00e0 dit, p\u00e9rissent avec cette vie, et cessent m\u00eame par la moindre maladie. Leurs ouvrages ne peuvent subsister toujours, et il faut, pour les achever, beaucoup de peine et de temps. Mais quand le monde passera, c\u2019est alors que cet art divin dont nous parlons \u00e9clatera davantage.. C\u2019est alors qu\u2019il fera briller ces ouvrages merveilleux et qu\u2019il les fera subsister avec plus de fermet\u00e9. Il n\u2019a besoin pour agir ni de temps, ni de peine, ni de travail. La maladie n\u2019interrompt point son action. La vieillesse ne l\u2019affaiblit pas. Il nous accompagne jusque dans l\u2019autre vie. Il ne nous quitte point \u00e0 notre mort, et ne nous abandonne jamais.<\/p>\n<p>Il nous met au-dessus des plus grands philosophes et des orateurs de ce si\u00e8cle. Et au lieu que ceux-ci, lorsqu\u2019ils sont habiles, ont mille envieux qui les d\u00e9chirent, ceux au contraire qui excellent en cet art divin, sont estim\u00e9s de tout le monde. Les orateurs ne peuvent d\u00e9fendre les autres qu\u2019aux tribunaux de la terre. C\u2019est la seulement qu\u2019ils soutiennent la cause de ceux qui ont souffert quelque injustice, et souvent m\u00eame de ceux qui l\u2019ont faite; mais cet art c\u00e9leste nous rend puissants au tribunal de J\u00e9sus-Christ; non-seulement il parle en faveur des autres devant ce redoutable juge, mais il oblige le juge m\u00eame \u00e0 parler en faveur du coupable, \u00e0 le prot\u00e9ger ; et \u00e0 lui prononcer une sentence favorable. Quand il aurait commis cent crimes, s\u2019il a l\u00e2ch\u00e9 de les laser par une charit\u00e9 sinc\u00e8re, Dieu est comme forc\u00e9 de les lui pardonner, de le couronner et de le combler de gloire. \u00ab Donnez,\u00a0\u00bb dit-il, \u00ab\u00a0l\u2019aum\u00f4ne, et toutes, choses vous seront pures. \u00bb<\/p>\n<p>Mais pourquoi parler de l\u2019autre monde? Si dans celui-ci m\u00eame on donnait le choix aux hommes, et qu\u2019on leur demand\u00e2t lequel ils aimeraient qu\u2019il y e\u00fbt, ou beaucoup d\u2019habiles orateurs, ou beaucoup d\u2019hommes charitables, on les verrait pr\u00e9f\u00e9rer la charit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9loquence. Et n\u2019aurait-on pas raison, mes fr\u00e8res, de faire ce choix, puisque quand ces ornements de discours seraient bannis de toute la terre, elle n\u2019en serait pas moins heureuse, et qu\u2019elle a subsist\u00e9 sans cela durant tant de si\u00e8cles? mais si vous en \u00f4tiez la charit\u00e9, tout le monde tomberait aussit\u00f4t dans une confusion et dans une ruine g\u00e9n\u00e9rale? On ne pourrait aller sur la mer, si l\u2019in en d\u00e9truisait les ports et les autres lieux favorables aux vaisseaux qui s\u2019y retirent, et il serait impossible de m\u00eame que les hommes subsistassent sans la charit\u00e9 et sans la mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>5. C\u2019est pourquoi Dieu n\u2019a pas voulu que les hommes ne fussent charitables que par \u00e9tude et par la force des raisonnements. Il a comme ent\u00e9 cette vertu dans la nature m\u00eame, et il a voulu qu\u2019un instinct et une loi naturelle rendit les hommes doux et compatissants les uns envers les. autres. C\u2019est cette loi int\u00e9rieure qui inspire aux p\u00e8res et aux m\u00e8res la tendresse pour Feurs enfants, et qui donne r\u00e9ciproquement aux enfants de l\u2019amour et du respect pour leurs p\u00e8res; ce qui se retrouve jusque dans les b\u00eates m\u00eames. C\u2019est elle qui lie tous les hommes par une amiti\u00e9 mutuelle.<\/p>\n<p>Car nous avons tous une pente naturelle qui nous porte \u00e0 la mis\u00e9ricorde. Et c\u2019est ce secret instinct de la nature qui fait que nous ressentons de l\u2019indignation lorsque l\u2019on fait injustice aux autres et que nous pleurons lorsque nous en voyons d\u2019autres qui pleurent. Comme Dieu veut que nous ressentions cette compassion. pour tous les hommes, il l\u2019a lui-m\u00eame imprim\u00e9e et comme grav\u00e9e dans la nature. Il semble lui avoir voulu commander de contribuer de sa part \u00e0 produire en nous ces sentiments, afin que nous reconnaissions dans cet instinct naturel, combien la mis\u00e9ricorde lui est agr\u00e9able, et combien il d\u00e9sire de nous que nous l\u2019exercions envers tout le monde.<\/p>\n<p>Pensons donc \u00e0 ceci, mes fr\u00e8res. Allons \u00e0 cette \u00e9cole c\u00e9leste, et conduisons-y nos enfants, (409) nos parents et nos proches. Que l\u2019homme apprenne avant toutes choses \u00e0 \u00eatre charitable, puisque c\u2019est la charit\u00e9 qui le rend proprement homme. C\u2019est une grande chose, mes fr\u00e8res, que d\u2019\u00eatre homme, Mais un homme charitable est une chose bien plus pr\u00e9cieuse. Celui qui n\u2019a pais cette charit\u00e9 cesse d\u2019\u00eatre homme, puisque c\u2019est elle, comme j\u2019ai dit, qui fait qu\u2019il est homme. Et vous \u00e9tonnez-vous que ce soit le propre de l\u2019homme d\u2019\u00eatre charitable, puisque c\u2019est le propre de Dieu m\u00eame? \u00ab Soyez mis\u00e9ricordieux, \u00bb dit-il, \u00ab comme votre P\u00e8re c\u00e9leste est mis\u00e9ricordieux. \u00bb (Luc, VI, 36.)<\/p>\n<p>Apprenons donc \u00e0 devenir charitables, non-seulement pour les raisons que nous avons dites et .pour l\u2019utilit\u00e9 des autres, mais, encore pour notre avantage particulier, puisque nous avons aussi besoin nous autres d\u2019une grande mis\u00e9ricorde. Tenons pour perdu tout le temps, que nous n\u00e9 consacrons point \u00e0 la pratique de la charit\u00e9. Mais j\u2019appelle ici charit\u00e9 celle qui est exempte de toute avarice. Car si celui qui se contente de poss\u00e9der paisiblement ce qu\u2019il a sans en faire part aux autres, est bien \u00e9loign\u00e9 d\u2019\u00eatre charitable, que sera-ce de celui qui ravit le bien de ses fr\u00e8res, quand il ferait des aum\u00f4nes infinies? Si c\u2019est \u00eatre cruel et inhumain que de jouir seul de ses richesses, que sera-ce de voler le bien des autres? Si ceux qui ne font aucune injustice sont punis parce qu\u2019ils n\u2019ont pas fait l\u2019aum\u00f4ne, que deviendront ceux qui font tant d\u2019actions injustes?<\/p>\n<p>Ne me dites donc point qu\u2019\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 vous avez vol\u00e9 cet homme, mais que c\u2019\u00e9tait pour en faire l\u2019aum\u00f4ne \u00e0 un autre. C\u2019est un crime qu\u2019on ne peut souffrir. Ne fallait-il pas rendre cet argent \u00e0 celui-l\u00e0 m\u00eame \u00e0 qui vous l\u2019aviez \u00f4t\u00e9?<\/p>\n<p>Vous avez fait une plaie \u00e0 un homme et vous voulez gu\u00e9rir un autre que vous n\u2019avez pas bless\u00e9. C\u2019\u00e9tait \u00e0 ce premier que vous deviez appliquer vos rem\u00e8des, ou plut\u00f4t que vous deviez ne point faire de plaie. Ce n\u2019est pas \u00eatre mis\u00e9ricordieux que de frapper les autres et de les gu\u00e9rir ensuite. il faut que nous gu\u00e9rissions ceux que nous n\u2019avons pas bless\u00e9s. Portez donc les premiers rem\u00e8des aux maux que vous avez faits vous-m\u00eames, et vous penserez ensuite au reste. Qu plut\u00f4t, comme je vous l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, ne faites tort \u00e0 personne, et ne faites point de plaie que vous soyez oblig\u00e9 de refermer. Ce serait se jouer de Dieu que d\u2019\u00f4ter le bien d\u2019autrui pour lui rendre ensuite ce qu\u2019on lui avait \u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Il est impossible aussi qu\u2019un avare r\u00e9pare le mal qu\u2019il a fait par son avarice, lorsqu\u2019il ne rend qu\u2019autant qu\u2019il a pris. Il ne suffit pas, pour une obole qu\u2019il a vol\u00e9e de donner une, obole aux pauvres. Il faut qu\u2019il rende un talent pour se laver de son crime devant Dieu. Lorsqu\u2019un voleur est surpris il est oblig\u00e9 de rendre quatre fois plus qu\u2019il n\u2019a vol\u00e9. Ceux qui, par des voies injustes. ravissent le bien des autres, sont pires que des voleurs d\u00e9clar\u00e9s. Si donc ces derniers doivent restituer quatre fois au. tant, n\u2019est-il pas visible que ceux qui ravissent le bien d\u2019autrui doivent rendre dix fois davantage?<\/p>\n<p>Et Dieu veuille encore qu\u2019en restituant de cette mani\u00e8re, leurs injustices et leurs rapines soient effac\u00e9es aux yeux de Dieu! car pour esp\u00e9rer d\u2019\u00eatre r\u00e9compens\u00e9s , comme s\u2019ils avaient fait de grandes aum\u00f4nes, c\u2019est ce que je ne crois pas qu\u2019ils doivent pr\u00e9tendre. C\u2019est pourquoi Zach\u00e9e disait\u00a0: \u00ab Si j\u2019ai fait tort \u00e0 quelqu\u2019un, je lui rends le quadruple, et je donne la moiti\u00e9 de mon bien aux pauvres.\u00a0\u00bb (Luc, XIX, 8.) Si la loi obligeait de rendre quatre fois autant, \u00e0 combien plus nous obligera le temps de la gr\u00e2ce du Sauveur? Et si un voleur \u00e9tait oblig\u00e9 \u00e0 cette rigueur, celui qui ravit le bien d\u2019autrui est oblig\u00e9 \u00e0 une s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 bien plus grande. Car outre le tort qu\u2019il fait \u00e0 son fr\u00e8re, il t\u00e9moigne encore avoir pour lui un si grand m\u00e9pris que quand il lui rendrait le centuple de ce qu\u2019il lui a \u00f4t\u00e9, \u00e0 peine pourrait-il satisfaire.<\/p>\n<p>Vous voyez donc que j\u2019ai eu raison de dire que si vous avez vol\u00e9 un sou, vous aurez peine \u00e0 r\u00e9parer cette offense en rendant m\u00eame un talent. Que si en restituant de la sorte, tout ce que vous pouvez faire c\u2019est d\u2019\u00e9viter de vous perdre pour jamais, que pouvez-vous pr\u00e9tendre si vous renversez cet ordre, et si, ravissant des successions tout enti\u00e8res, vous vous contentez de rendre de l\u00e9g\u00e8res sommes, et non pas m\u00eame \u00e0 ceux \u00e0 qui vous avez fait tort, mais \u00e0 d\u2019autres au lieu d\u2019eux? Quelle esp\u00e9rance peut-il vous rester, et quel salut devez-vous attendre? Voulez-vous savoir le mal que vous faites par cette fausse mis\u00e9ricorde\u00a0? Ecoutez l\u2019Ecriture qui vous l\u2019apprend : \u00ab\u00a0Celui \u00bb, dit-elle, \u00ab\u00a0qui offre \u00e0 Dieu un sacrifice du bien des pauvres ressemble \u00e0 celui qui \u00e9gorge le fils devant son p\u00e8re.\u00bb (Eccl\u00e9s. XXXIV, 22.)<\/p>\n<p>Ne sortons donc de ce saint lieu, mes fr\u00e8res, qu\u2019apr\u00e8s avoir grav\u00e9 cette parole de l\u2019Ecriture (410) dans notre coeur; gravons-la aussi sur nos mains et sur nos murailles. Imprimons-la partout, afin qu\u2019elle soit toujours-pr\u00e9sente devant nos yeux, et que cette crainte \u00e9tant vivante dans nous, retienne nos mains et les emp\u00eachent de se tremper dans le sang des pauvres. Car, celui qui vole le pauvre fait pis que s\u2019il le tuait; et cette mort qu\u2019il lui cause par son avarice est d\u2019autant plus cruelle qu\u2019elle est plus lente.<\/p>\n<p>Afin donc que nous puissions nous d\u00e9livrer d\u2019un crime si horrible aux yeux de Dieu, comprenons-en nous-m\u00eames l\u2019exc\u00e8s, et faisons-le comprendre aux autres. Ce sera ainsi que nous deviendrons plus ardents \u00e0 faire l\u2019aum\u00f4ne, et que nous recevrons d\u00e8s ici la r\u00e9compense de nos charit\u00e9s, qui sera enfin suivie des biens \u00e9ternels que je vous souhaite, par la gr\u00e2ce et par la mis\u00e9ricorde de Notre-Seigneur J\u00e9sus-Christ, \u00e0 qui est la gloire et l\u2019empire, avec le P\u00e8re et le Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans tous les si\u00e8cles des si\u00e8cles. Ainsi soit-il.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>HOM\u00c9LIE 52 \u00abAPR\u00c8S, J\u00c9SUS S\u2019EN ALLANT DE CE LIEU, SE RETIRA DU C\u00d4T\u00c9 DE TYR ET DE SIDON, ET UNE FEMME CHANAN\u00c9ENNE QUI \u00c9TAIT SORTIE DE CE PAYS-L\u00c0, S\u2019\u00c9CRIA EN LUI DISANT\u00a0: SEIGNEUR, FILS DE DAVID, AYEZ PITI\u00c9 DE MOI, MA FILLE EST MIS\u00c9RABLEMENT TOURMENT\u00c9E DU D\u00c9MON.\u00a0\u00bb ( CHAP. XV, 21 JUSQU\u2019AU VERSET 32.) 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